• Notre mission des prêtres?

    Pourquoi l'agenda a une place importante parmi les choses que nous sommes amenés à faire? Pourquoi prévoir le temps de prière et de méditation, voir le temps de célébrer la messe chaque jour? Les prêtres sont des hommes mangés, comestibles de manière symbolique dans la gestion de l'emploi du temps, des agendas. Mais combien des paroissiens, des personnes de bonne volonté sollicitent-ils les prêtres pour des besoins pastoraux, voir extra-pastoraux, simplement humains? Le temps que nous donnons à la prière nourrit notre vie de croyant, la mission qui nous ai confiée et notre ministère.La prière est la nourriture véritable. La parole doit nourrir notre ministère. Le prêtre annonce l'évangile de Dieu à tous les hommes, nous nourrit par une parole qui nous porte et que nous donnons aux gens comme une parole qui leur permet de tenir. Être branché sur le Seigneur est une démarche essentielle. Il s'agit de nous tourner vers le Seigneur qui nous précède sur le chemin de la mission: on s'engage dans l'Église en regardant vers le Christ. Le programme: l'Evangile et Tradition vivante, centrées sur le Christ, sur sa personne. Tout ce que nous faisons doit être suspendu à travers la mission du Christ. " Je suis venu pour que vous ayez la vie et la vie en abondance". Être au service de la vie, sur le combat pour promouvoir la qualité de la vie. Le Christ est  source de la vie et d'une vie abondante. Le Seigneur nous appelle à vivre en plénitude notre mission, celle de l'Église et celle de chacun de nous. Être des éveilleurs d'humanité qui savent ouvrir le monde à l'inespéré qui vient de Dieu:" Le Royaume de Dieu ". Notre mission dans l'Église ne peut tenir qu'en dépendance de Jésus-Christ. Nous sommes tous des serviteurs. Personne ne travaille pour son compte. Dans l'Église personne n'a un statut d'independant: C'est le Seigneur qui fait l'essentiel: cherchez le Royaume, le reste vous sera donné par surcroît. Psaume 126: Dieu reste à jamais le premier artisan de son Église, l'Unique pasteur de son Église. Prenons appui sur le Seigneur. Je dois tout au Seigneur qui travaille secrètement dans les coeurs des gens, de son peuple. Tout ministère ecclésial est un service d'Église. Il faut refuser de faire soi-même le centre de gravité. Notre Église a besoin des mystiques et des spirituels: des personnes capables de se livrer à la présence du Seigneur qui batît son Église. La prière nous rappelle le primat du Christ, de la vie intérieure et de la sainteté. Prendre conscience de cette constante initiative du Christ:ça doit être libérant pour tenir dans l'Église en dépit des nos fragilités. L'Église a à s'accepter vulnérable pour accueillir la force de Dieu au sein de sa fragilité. Nous voilà donc appelés à une mission qui nous dépasse. Ce que nous sommes appelés à faire, nous dépassera toujours car nous sommes invités à prendre part à cette mission qui nous dépasse, être des éveilleurs d'humanité. Jn10: Le Bon Pasteur. Ps 22: Le Seigneur est mon Berger. Que faire pour être Berger? Avoir le sens du troupeau, le connaître et être avec, présence, stabilité, durabilité.-Avoir le sens du pâturage et de la source: conduire le troupeau vers la source, vers la nourriture, vers la table de la Parole de Dieu et la table de l'Eucharistie, voir la table de tous les sacrements et sacramentaux. Le berger accompagne, laisse passer le troupeau, se retirer, est attentif et présent. Il conduit sans violence dans le respect de la liberté, rythme sa marche sur les petits. Ezechiel 34. Le Christ se fait lui même Pasteur, devant les faux et mauvais bergers. Mais que fait le bon Berger? Il se dessaisit( de sa vie ): donne-depouillé, risque, s'expose, est vulnérable. Il connaît ses brebis. Il ouvre ses brebis à la vie, à la liberté des enfants de Dieu, à la joie spirituelle. Pour cela il doit réaliser certaines conditions d'apostolicité:-1-Le dénouement: les Pasteurs sont des gens exposés. Philippiens 3: perte à cause du Christ.  1-17: ordure, (l'essentiel: gagner le Christ). Paul. Imitateur du Christ. A quel dessaisissement sous-je appelé à réaliser dans l'exercice concret de mon ministère? -2- La reciprocité dans la connaissance: relations réciproques dans la connaissance. Entendre la voix du Christ au fond de sa conscience, connaître la voix... Notre mission pastorale: faire connaître le Christ. Inviter à entendre non seulement sa Parole, mais sa voix, c'est-à-dire faire entrer en relation avec le Christ. Le bon Pasteur doit accepter aussi de se laisser connaître: nous sommes à découvert. Nous sommes vulnérables, exposés. Nous sommes des témoins, même dans la fragilité de nos personnes, même dans notre pauvreté anthropologique. Apprendre à se donner à connaître les uns, aux autres. Se donner à connaître entre confrères:"Ils ne se portent bien qu'ensemble comme témoins du Christ, l'unique pasteur". Est-ce réellement le cas au quotidien? Comment être supporteurs les uns des autres pour que chacun se dépasse et donne le meilleur de lui-même? Y-a-il pas Urgence? Vivre cette dimension de fraternité entre prêtres pour porter ensemble le signe de l'Unique Pasteur? Sinon nous serons des mercenaires, des fonctionnaires...? Le chemin de Pasteur est celui de la rencontre. Le prêtre doit être rencontré par les paroissiens, par ses confrères, par tout le monde. Le bon Pasteur ouvre: le Berger n'est pas seulement celui des brebis fidèles. Comme prêtres, il nous revient d'avoir le sens de ceux qui sont proches et de ceux qui sont loin. Une priorité?: Osez affranchir les frontières, allez même aux exclus? Jésus déverrouille les coeurs des tous et de chacun. Jésus accueille les gens dans leurs demandes. Il les accueille. Accueil des gens comme ils sont et assume la mission d'aller plus loin pour les acheminer à la source. Jésus accueille, respecte la liberté, l'autonomie, s'expose aux incompréhensions, mais il prend le temps, il chemine, il marche, accompagne jusqu'à la source de vie. Jésus ôse se risquer quand il parle, quand il rencontre. Il ya quelque chose à rapporter de Jésus. Notre mission pastorale est d'ouvrir les gens vers la source, ouvrir les gens à un mystère plus grand qui les dépasse. Notre mission est de brancher tous à la source qui nous fait vivre et vivre en abondance avec le Christ, point d'appui, notre REFUGE. Psaume 83,6: "Heureux les hommes dont le Seigneur est la force, des chemins s'ouvrent dans leurs coeurs ". Mais quelle est la mission de toute l'Église? La mission du Christ est donnée en partage à tous les baptisés en dépit de la mission spécifique des prêtres. Prise de conscience renouvelée de l'identité de l'Église et de la mission. La mission du prêtre se vit à l'intérieur de la mission de l'Église. Redécouvrir l'Église à l'intérieure d'une Église missionnaire c'est une grande bénédiction. La grande grâce de notre temps: Église peuple de Dieu, solidaire, partenaire de la mission dans la diversité et la complémentarité de la mission. L'Église a besoin des prêtres et des laïcs, chrétiens, ensemble pour annoncer, célébrer et vibre l'Église. L' horizon du ministère du prêtre  c'est la mission de toute l'Église. D'autres baptisés ont aussi leurs vocations. Mis à part pour prendre part. Vivre notre situation du prêtre au sein du peuple de Dieu. L'Esprit est donné à chacun en vue du bien de tous. l'Eglise a aussi besoin des pauvres et des petits pour accomplir sa mission. Vivre avec d'autres chrétiens c'est aussi recevoir d'eux, leur vocation. La situation des pauvres doit nous interpeller et faire de nous des pasteurs. Laissons-nous bousculer sur le terrain pastoral. Nous redécouvrir prêtre au sein d'une Église toute entière appelée à annoncer, à témoigner, à vivre. L'Église vit de deux mouvements: -Rassemblement( se ressourcer en lui par rassemblement).-Dispersion (apporter la Bonne Nouvelle). Nous rassemblons des gens pour qu'ils reçoivent dans l'eucharistie ce visage des témoins. La communion est missionnaire. La mission est pour la communion. Jésus rassemble et envoie. Nous avons besoin de la présence des chrétiens partout où se vit la vie. Recevoir de la communauté chrétienne notre mission est également une bénédiction. Notre mission des prêtres?:-1-Tenir l'Église branchée sur le Christ. Le Christ est toujours à l'oeuvre dans l'Église.-2-Notre ministère assure à l'Église de rester ouverte à cette dimension transcendante de la mission. Pas animateur, coordonnateur. Pas association de bonne volonté.-3- Pas d'Église sans prêtres car le Christ est à l'oeuvre. -4- Mission: Être garant, de l'identité ecclésiale (manifester sacramentellement par notre ministère des prêtres qu'il n'y a pas d'Église sans Christ. Nous sommes plutôt des gérants(aspects négatifs). Les prêtres garants mais pas gérants ou gestionnaires, hommes d'orchestres, ou chefs d'orchestres. (Diacres, religieux, religieuses, laïcs). Pas gérants de la vie de l'Église, fonctionnaires. Les prêtres sont appelés à tenir l'Église branchée sur le Christ. Quelle vision sacramentelle? Nous sommes branchés sur la source qui est le Christ à travers les rites. Sources: Christ, sa Parole, sa Grâce. L'Esprit donné à chacun. Nous avons mission de discerner l'esprit qui agit dans nos communautés, dans ceux qui sont proches ou loins. Nous avons mission de vigilance: nous avons mission de mettre en oeuvre l'initiative du Christ dans un double rapport de proximité et d'alterité. Nous avons à garantir une proximité: être frèreet proche pour tous ceux et celles auxquels nous sommes envoyés et que nous rencontrons. Nous ne sommes pas au dessus du peuple de Dieu. Proximité: En étant frères des autres (hommes) nous nous remettons sur la route des hommes ( frères des hommes ). L'homme est la première route que l'homme doit parcourir pour accomplir sa mission. L'homme est le chemin de l'humanité, chemin de l'Église, chemin d'enfouissement pour se faire parmi les hommes bien plus qu'être avec. Le Christ nous précède sur le chemin de l'humanité: tout un peuple au service de Dieu, tourné vers Dieu, au nom de Dieu: Chemin d'incarnation. ALTERITE: Dire le Tout Autre. Notre service c'est d'être vis-à-vis pour manifester que l'Église ne peut tenir que branché sur le Christ. Les prêtres sont là pour dire, le signaler sacramentellement , pour dire le Seigneur soit avec vous ( que le Seigneur est toujours à l'oeuvre). Nous le signifions particulièrement dans l'eucharistie,dans la liturgie. Nous avons à signifier que le Seigneur est avec vous quand l'Église se rassemble ou quand elle se disperse, dans les engagements familiaux, sociaux, écologiques, économiques, politiques, culturelles,dans la qualité de la vie. Le Seigneur nous appelle à être des prêtres heureux, épanouis sur le terrain concret de notre ministère. Retrouver notre spiritualité sur le terrain de nos engagements pour entendre le Seigneur qui nous appelle et nous fait prêtre est une grâce qui nous permet de nous donner tout entier à la tâche qui nous est confiée. Suivons les traces, les intuitions et l'esprit du Curé d'Ars, canonisé comme curé. Sur le terrain de notre ministère, apprenons à redecouvrir l'appel et la mission spécifique. C'est la mission pastorale qui nous convertit et nous fait grandir dans notre attachement au Christ et à l'Église. Un prêtre ne s'use que si on s'en sert mal. "JE CROIS,LORS MEME QUE JE DIS:"(Psaume 116(114-115),1O ss. Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé de la Paroisse Saint-Lambert à Orbais.(Perwez).

  • La pratique et les fruits de la " lectio divina"

    "1)-Lire la Parole de Dieu: Parle, Seigneur, ton serviteur écoute...(I Sm3,9).-L'Eglise qui chaque jour propose un morceau de ce pain précieux...(Card. Dannels).-Dès le départ ajuster le soc... et ne pas dévier!.-Entrer à genoux dans la lectio divina.-Il éveille chaque matin, il éveille mon oreille...pour que j'écoute comme un disciple...(Is.50,4-5).-Le Verbe, tout petit, qui n'attend que de grandir en nous pour nous faire grandir en lui...-Dieu se livre aux hommes dans la Bible comme il se livre aux hommes dans son Fils... (S. de Dietrich). 2) Méditer la Parole de Dieu: Marie conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son coeur...(Lc 2,19).-Labourer, creuser, retourner la terre du texte...-Labourer, creuser, retourner la terre du texte...:sentier abrupt! -Labourer, creuser, retourner la terre du texte... de toutes les manières! -Une voie royale... -Ta parole en se découvrant illumine, et les simples comprennent...(Ps.119,130).-Une parole... un beau matin! -Il attendait de beaux raisins... (Is.5,2).-Nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre. (Lc5,5)... Et puis, un beau matin...-Je la connais, la source, elle coule, elle court, mais c'est de nuit...(Saint Jean de la Croix).-Celui qui avait beaucoup recueilli n'en n'avait pas trop, et celui qui avait peu recueilli en avait assez... (Ex.16,18). -La parole de Yahvé fut adressée à Jonas... Jonas se mit en route pour fuir... (Jon.1,1-2). -Murmurer, ruminer, remâcher la parole reçue... -Que déjà en quelques premiers pas s'amorce et s'annonce la conversion... 3) Prier à partir de la Parole de Dieu: Mon coeur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant... (Ps.83,3-LH).-Répondre à la visitation de la Parole...-Passer du "Il" au "Tu".-Répondre à la Parole de Dieu par la Parole de Dieu...-Les psaumes: Les mots pour le dire (M. Cardinal)...-Les mots pour le dire....: un témoignage!-Les psaumes: réponses d'emprunt?-Les psaumes: réponses édifiantes?-Peut-on mettre une limite à la liberté de l'amour?-Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait?...(Ps 116,12) 4) Se laisser conduire à contempler (fruit): Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur... (Ps.34,9).-Goûter la présence du Seigneur comme le bon fruit gracieusement offert.-Feu, illumination, source, torrent, rosée, onction, étreinte...-Reviens !...( Saint Bernard de Clairvaux ).-J'ai, moi aussi, reçu la visite du Verbe, et cela à plusieurs reprises... Vous me demanderez comment j'ai pu connaître sa présence... (Saint Bernard de Clairvaux).-Un regard nouveau... -Regard nouveau, dans une visite toute d'ivresse... ou (et de) de sobriété. 5) Etre amené à se convertir (fruit): engendrés de nouveau d'une semence non point corruptible, mais incorruptible: La Parole de Dieu...(1 Pi 1,23).-Ce n'est plus moi qui vis, mais le Seigneur qui vit en moi... (Ga 2,20).-Ce n'est plus moi qui vis, mais le Seigneur qui vit en moi... : deux textes à méditer! -Ta beauté même sera la mienne... (Saint Jean de la Croix) -Le bain d'eau qu'une parole accompagne...(Ep. 3,26) -Ciel nouveau, terre nouvelle... (Ap.21,1). -Et si nous prenions la route!... I) La préparation à la lectio divina. Entrer dans le parcours de la lectio divina implique l'aménagement de temps et d'espaces. Mais surtout, il importe d'inscrire le parcours, dès le début et tout au long, dans la mouvance de l'Esprit Saint. 1) Déterminer des temps: laissant tout, ils le suivirent.(Lc5,11). 2) Choisir un lieu: Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre...(Mt6,6). 3) Invoquer l'Esprit Saint: l'Esprit vient au secours de notre faiblesse. (Rm 8,26). II La pratique et les fruits de la lectio divina. Aux quatre étapes du parcours selon Guigues II le Chartreux nous ajoutons la conversion. 1) Lire la Parole de Dieu: Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.( 1 Sm3,9) (1er degré de la lectio divina chez Guigues II le Chartreux: lectio). 2 Méditer la Parole de Dieu: Marie conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son coeur. (Lc 2,19) (2eme degré de la lectio divina chez Guigues II le Chartreux: meditatio ). 3) Prier à partir de la Parole de Dieu: Mon coeur et ma chair crient de joie vers le Dieu vivant. (Ps 84,4). (3eme degré de la lectio divina chez Guigues II le Chartreux: oratio ). 4) Se laisser conduire à contempler ( fruit ): Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur. (Ps.34,9) ( 4éme degré de la lectio divina chez Guigues II le Chartreux: contemplatio ). 5) Etre amené à se convertir (fruit): engendrés de nouveau d'une semence non point corruptible, mais incorruptible: la Parole de Dieu...(1 Pi 1,23)." "Puisse la prière par laquelle Guigues II le Chartreux terminait sa lectio divina nous donner goût pour la commencer à notre tour: Seigneur, quand vous me rompez le pain de la sainte Ecriture, vous m'êtes connu, par cette fraction du pain: plus je vous connais, plus je désire vous connaître, non plus seulement dans l'écorse de la lettre, mais dans la connaissance savourée de l'expérience. Et je ne demande pas ce don à cause de mes mérites, mais en raison de votre miséricorde. Donnez-moi, Seigneur, les arrhes de l'héritage futur, une goutte au moins de la pluie céleste pour étancher ma soif, car je brûle d'amour. (Cité par J. Simonart, Les chemins de la prière,pp.60-61). -"Le deroulement d'une rencontre de lectio divina (suite). Dans le déroulement de la lectio divina intervient, à la fin de la démarche, le moment du partage. Je donne ci-dessous quelques pistes pour aider à ce que ce partage se vive au mieux, tant du point de vue humain que du point de vue spirituel. Je fais appel aux cinq premières lettres de l'alphabet, lesquelles peuvent servir d'aide-mémoire pour situer les conditions de la bonne marche du partage. A: Audible... Parler de telle sorte que chacun entende. A cet effet, il importe davantage de bien articuler (les consonnes! ) que de hausser la voix... Faites-vous entendre!...(Jr 31,7). B: Bref... Limiter la durée de son intervention. Pour s'y aider, il peut être utile de s'en tenir à deux ou trois mots-clé... Résume ton discours, dis beaucoup en peu de mots... (Si 32,8). C: Christ... Mettre le Christ au centre de ce qu'on partage, plutôt que soi-même. Ce n'est pas le moment de raconter sa vie, encore moins de se mettre en valeur... non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom rapporte la gloire. (Ps.114,1). D: Discernement...Juger de ce qui est à dire ou à taire. La question à se poser:" Est-ce que ce que je partage va aider les frères à grandir spirituellement?... Que tout se passe de manière à édifier. (1 Co 14,26). Par ailleurs, la discrétion s'impose quant à des expériences spirituelles trop intimes... Il convient de garder le secret du roi. (Tb 12,7). E/ Ecoute... Ecouter l'autre avec la même attention qu'on met à écouter le Seigneur lui-même... Il arrive parfois qu'on ne soit pas accueillant aux paroles du frère, du fait qu'on est trop concentré sur sa propre intervention... Parle-nous, toi, et nous t'écouterons. (Ex.20,19). A...B...C...D...E: Fin...Que l'animateur puisse opportunément mettre un terme au partage de l'un ou de l'autre, ou encore au partage de l'ensemble de la communauté... avec douceur et fermeté...Il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler. (Qo 3,7). Voici quelques textes de refléxion: 1-Jean-Louis Chrétien, Pour le regard de la Bible. ed Bayard, Paris, 2008, p15-16:" Ecouter...et recevoir encore: La Parole dont la Bible parle, et qui parle dans la Bible, veut faire acte de présence en nous, étant la Parole de celui qui vient. Cet acte de présence forme un acte de naissance: quand ma vie et mon esprit s'ouvrent aujourd'hui à cette Parole, quelque chose de cette Parole naît en moi, il y a une nativité de sens, une nouvelle aurore de l'éternelle vérité, un humble et petit Noël qui n'en est pas moins un vrai Noël. Ce qui de la Parole voulait notre écoute et notre réponse s'engendre en nous quand nous l'écoutons et lui répondons, ce qui du reste est la même chose. Que le Verbe comme homme naisse dans une étable, et non dans un palais, fût-ce un palais de la culture, manifeste que nul n'est exclu de cette possibilité, que chacun de nous peut faire de son esprit un Bethléem, quand il lit la Bible aujourd'hui. Le Blanc dans les marges de la Bible, ce vide qui entoure l'écrit, ce non-dit qui borde et ourle le dit, c'est le lieu non bâti, mais à jamais constructible, où tu peux édifier, auditeur, si tu veux, et comme tu le peux, le Bethléem de ta lecture et de ta réponse, l'avenir en toi, et pour toi, de l'histoire sainte. Peu importe que tu le fasses dans la hâte, et que renaisse en toi un seul mot, un seul verset, car alors tu te coucheras tout à l'heure dans un autre aujourd'hui que celui où tu t'es ce matin levé. Car chaque fois que Dieu parle, et qu'il est entendi, l'histoire sainte, c'est aujourd'hui, et aujourd'hui, c'est l'histoire sainte". "2- Dieu se livre aux hommes dans la Bible comme il se livre aux hommes dans son Fils.(S. de Dietrich): Si nous ne savions rien de la Bible et qu'on nous dise que Dieu s'est révélé aux hommes par un livre où ceux qui l'ont vu et entendu témoignent de lui, nous imaginerions, je pense, un livre d'une logique su éblouissante et si forte qu'il convaincrait tous ceux qui le liraient. Et voici que la Bible est un livre humain, plein d'obscurités et de contradictions. Luther a comparé l'Ancien Testament à de pauvres langes dans lesquels l'enfant Jésus est enveloppé. Dieu a choisi l'infirmité des paroles humaines pour se révéler à travers elles comme il a choisi pour son Fils l'humble pauvreté de la crèche. Et c'est justement dans cette pauvreté que sa gloire éclate; car cet éclat n'est pas de ce monde; il est d'un autre ordre, l'ordre de la Charité. Le mystère de l'amour divin est un mystère d'abaissement; pour élever jusqu'à lui sa créature Dieu commence par descendre jusqu'à elle: il lui parle son langage, il prend sa chair. Dieu se livre aux hommes dans la Bible comme il se livre aux hommes dans son Fils. Les hommes peuvent faire de ce livre ce qu'ils veulent, le disséquer, le bafouer, en rejeter l'esprit et ne retenir que la lettre; et ils s'en sont donné à coeur joie de faire tout cela. Mais pour celui à qui Dieu ouvre les yeux, les ténèbres deviennent lumière et la Bible devient les "Gesta Deil per Christum" en qui toutes les détresses de l'homme et toutes les énigmes de l'histoire trouvent leur réponse.(de Dietrich, S. Le dessein de Dieu-Itinéraire biblique. Delachaux et Niestlé, 1976,pp.10-11-". "3-BIANCHI, E.,Ecouter la Parole. Les enjeux de la "lectio divina", ed Lenius,2006,pp.86-87:"La lecture assidue de l'Ecriture. Si l'Ecriture a retrouvé, dans les grandes lignes, une place centrale dans certains domaines de la vie ecclésiale (liturgie, pastorale, catéchèse), il faut bien reconnaître que c'est loin d'être le cas dans la vie personnelle des fidèles catholiques, qui ne pratiquent assurément pas une lecture quotidienne attentive des Ecritures. Il y a certes des prêtres, des religieux, des laïcs qui sont davantage sensibilisés à la Bible, parce que mieux préparés culturellement; il y a des mouvements d'Eglise dont la spiritualité s'appuie pleinement sur la lecture biblique; mais la plus grande partie des fidèles n'a aucun contact personnel avec l'Ecriture sainte. Même si la Bible se trouve dans chaque famille, elle n'est bien souvent qu'un élément décoratif et il est plutôt rare qu'elle soit utilisée pour prier ou pour écouter la Parole de Dieu. On observe même une certaine méfiance à l'égard d'une lecture assidue de la Bible, considérée comme une pratique étrangère à la tradition catholique. En outre, elle est entravée par le manque de formation des prêtres qui, de ce fait, font preuve de peu d'empressement pour inviter les fidèles à cette lecture et, surtout, ne sont pas en mesure de donner une initiation véritablement suffisante. Et pourtant, une lecture personnelle de la Bible serait particulièrement bienvenue dans le contexte de la société actuelle-pluraliste, diversifiée, multireligieuse et multiculturelle-où les chrétiens ne forment plus un ensemble cohérent et où leur situation de diaspora apparaît de plus en plus évidente. Pour que la foi ait un enracinement solide et profond, il faut la fréquentation permanente de cette source vive de vie spirituelle. On enregistre un peu partout une baisse de fréquentation de la messe quotidienne, voire sa disparition pure et simple: le chrétien doit dès lors trouver un aliment pour sa foi dans l'écoute directe de l'Ecriture. La vie communautaire n'est plus assez intense pour permettre au chrétien de façonner sa foi et pour l'aider à la vivre dans le monde: c'est donc la Parole de Dieu dans l'Ecriture sainte qui lui permettra de se nourrir spirituellement, de trouver les règles de conduite, de discerner les signes des temps et de prier. Quels sont les moyens proposés, concrètement, pour l'écoute et la méditation de l'Ecriture, à une génération qui comprend la prière beaucoup plus comme une méditation devant Dieu que comme un discours fait à Dieu? La dimension de l'approche priante et méditative des Ecritures au niveau personnel est un point crucial dans la transmission de la foi aux générations futures. Le judaïsme nous a montré de quelle manière la foi peut survivre dans la diaspora grâce à la fréquentation assidue de l'Ecriture et grâce à la sanctification du sabbat qui lui est liée. Dans une intervention mémorable au Conseil des Conférences épiscopales européennes, en 2001, le cardinal Ratzinger a souligné avec force que, de nos jours également, le sensus fidei grandit par la fréquentation soutenue et fidèle de l'Ecriture. Citons une de ses paroles: " Je suis persuadé que la lectio divina est un élement fondamental dans la formation du sensus fidei, par conséquent, notre tâche la plus importante10." "4. Lectio-divina. Formule"Vigan":I-TEXTE:-1-Lecture.-2-Silence-Eléments du texte.-3-Partage des éléments. II. PAROLE:-1-Lecture.-2. Silence.-Qu'est-ce que le Seigneur me dit?-Exemple: commencer par son prénom: X Je(=Dieu) te dis de ne pas craindre..; -3-Partage. III. REPONSE: 1-Lecture.-2-Silence-Réponse au Seigneur.  Seigneur... 3-Partage.  -Notre Père...." "5. Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15: Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait:"Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens: ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé. Vous donc, priez ainsi: Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais su vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas votre faute." "6- Cyprien de Carthage, l'oraison dominicale. PUF.,Paris,1964,pp80-81-cité par Magnificat.,18 juin 2009":"L'oraison dominicale. Parmi d'autres avis salutaires et préceptes divins destinés au salut de son peuple, le Seigneur a donné la forme de la prière et nous a engagés à prier comme il l'enseignait. Celui qui a donné la vie a aussi enseigné à prier, avec cette même bienveillance par laquelle il nous a donné et conféré tout le reste. Ainsi, lorsque nous parlons au Père avec la prière que son Fils nous a apprise, nous sommes entendus plus facilement. Jésus avait annoncé que l'heure viendrait où les vrais adorateurs adoreraient le Père en esprit et en vérité (cf. Jn 4,23), et il a accompli ce qu'il avait promis, de sorte qu'ayant reçu l'Esprit et la vérité par son action sanctifiante, nous adorions en esprit et en vérité par la tradition de son enseignement. Peut-il y avoir, en effet, prière plus spirituelle que celle qui nous fut léguée par le Christ qui nous a envoyé aussi son Esprit? Y a-t-il manière plus vraie de prier le Père que celle qui est sortie de la bouche du Fils qui est Vérité? Prions donc, frères bien aimés, comme Dieu notre maître nous l'a appris. Affectueuse et familière est la prière où nous implorons Dieu avec les mots de Dieu et atteignons ses oreilles par la prière du Christ. Que le Père reconnaisse, quand nous prions, les paroles de son Fils."S. CYPRIEN DE CARTHAGE."Converti du paganisme, évêque de Carthage, Cyprien (+258) fut un homme de prière au service de l'unité de l'Eglise et un éminent pasteur auprès de nombreuses Eglises d'Afrique". Que la "lectio divina" nous aide à rencontrer le Christ dans sa Parole pour mieux l'accueillir dans les sacrements.  Mais qPère Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais(Perwez).

  • La lectio divina pour les nuls:"Méthode Vigan".

    Vécue seul ou à deux, cette méthode demandera une durée d'un quart d'heure à 20 minutes. En groupe de 25-30 personnes, sa durée sera de 40 minutes à une heure, selon le nombre de personnes présentes. Cette méthode porte le nom de Vigan, nom d'une ville des Philippines d'où elle nous vient. Permettez-moi de vous la présenter succintement en quelques points de repère: " I) Introduction à la lectio divina: prière à l'Esprit Saint.- II) Les étapes de la lectio divina:-1-Ecoute du TEXTE:-un participant lit le texte(tout le monde ecoute les yeux fermés).-En silence, chacun prend le temps d'écrire l'un ou l'autre mot ou passage qui le rejoint(même si c'est de manière ténue).-Chacun partage à tour de rôle les mots ou passages qu'il a écrits( ce peut n'être qu'un seul mot). 2-Accueil de la PAROLE que le Seigneur adresse à chacun:-un autre participant lit à nouveau le texte.(Tout le monde ecoute, les yeux fermés).-En silence, chacun écrit la parole qu'il reconnaît comme venant du Seigneur pour lui personnellement. Par exemple, on commence par son prénom:"Pierre, je(le Seigneur) te dis que je serai toujours à tes côtés."-Chacun partage à tour de rôle la parole reçue.-3- Réponse de PRIERE à la parole reçue:-Un troisième participant lit une fois encore le texte.(Tout le monde ecoute les yeux fermés).-En silence, chacun écrit la réponse qu'il a faite au Seigneur qui lui a parlé. Par exemple, on écrira:"Seigneur, je te dis merci de me donner ta paix".-Chacun partage à tour de rôle la prière qu'il a adressée au Seigneur. -III) Conclusion à la lectio divina: récitation du NOTRE PERE. -IV) Partage: dimension d'édification mutuelle. Chacun peut exprimer librement ce qui lui monte au coeur suite à la rencontre de la lectio divina. Il va sans dire que, ici comme à chaque étape, personne ne doit se sentir obligé d'intervenir. -V)-Conclusion...La conversion au quotidien sera un critère d'authenticité de la démarche vécue!

    I) LA PREPARATION A LA" LECTIO DIVINA": 1) Déterminer des temps: laissant tout, ils le suivirent...(Lc 5,11).-Je coupe le courant, j'éteins la lampe et je dis à Dieu: je te donne du temps...(F.Varillon). -Trois facteurs à prendre en compte: le moment, la durée, le rythme...-Trois balises à ne pas perdre de vue: le critère de discernement, la fidélité, la souplesse... 2)Choisir un lieu: Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre...(Mt 6,6).-Laisser le Seigneur nous conduire au désert...Laisser le Seigneur nous mettre à l'écart...-Tracer un cercle de sainteté autour de ce lieu... Notre Tente du Rendez-vous... 3) Invoquer l'Esprit Saint: L'Esprit vient au secours de notre faiblesse...(Rm8,26). -Que l'Esprit, en mettant notre coeur "à vide ", le rende " avide "... -Sans l'Esprit Saint, l'Evangile est lettre morte...(Ignatios de Lattaquié).-Invoquer l'Esprit pour qu'il nous donne la compréhension juste et profonde... Amour aux cent visages... Immense fresque de joie...(CFC). Mais que dire de la pratique et des fruits de la "lectio divina"? (A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé de la paroisse Saint Lambert d'Orbais.(Perwez).