• La crédibilité pastorale ecclésiale et le défi de la connaissance. Jn10,14+

    La crédibilité pastorale ecclésiale du bon Pasteur se trouve dans sa manière cohérente de gérer le défi de la connaissance de ses brebis par la médiation de la connaissance de Jésus-Christ , de l'église, de la société et du monde. Connaissance? Connaissance au sens biblique,cf.Jn10,14+. "Moi je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent"(Jn10,14). Dans la Bible, cf Os 2,22+, la "connaissance" procède, non d'une démarche purement intellectuelle, mais d'une "expérience", d'une présence (comparer Jn10,14-15 et 14,20; 17,21-22;cf 14,17;17,3;2Jn1-2); elle s'épanouit nécessairement en amour,cf.Os6,6+ et 1Jn1,3+. L'amour ecclésial divin est sans frontière et sans barrière raciale, culturelle, convictionnelle mais paradoxalement ambitieux, évangélisateur, englobant pour amener à expérimenter l'amour de Jésus pour tout homme afin d'orienter fondamentalement tout homme, tous les hommes dans la marche de l'unité, de la communion au sein d'un seul troupeau et d'un seul Pasteur. Non les amener au bercail juif, mais les agréger au troupeau que Jésus"mène" à la vie éternelle. Jésus est le seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes. Croire en Jésus c'est apprendre à connaître cela, à faire cette expérience personnelle et ecclésiale fondatrice et à aimer Jésus, seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes pour accueillir la vie éternelle(Jn17,3). Ce texte, de rédaction postérieure reprend les termes de 1Jn5,20. Dans l'épître, Jésus était" le Dieu véritable", ici, il en est distingué. Réaction d'un judéo-chrétien pour qui donner au Christ le titre de "Dieu" contredisait la foi au Dieu unique. La connaissance du monothéisme religieux, de Dieu est vitale pour les croyants, les apôtres, les disciples et l'église. "Te connaître, en effet, est la justice intégrale, et reconnaître ta souveraineté est la racine de l'immortalité"(Sg15,3). La connaissance du monothéisme biblique, juif et chrétien, voir musulman est le lieu paradoxal du dialogue inter-religieux entre les grandes religions du Livre qui sont des religions monothéistes comme le judaïsme, le christianisme et l'Islam. Au point de vue biblique, judaïque, évangélique et chrétien, l'engagement temporel pour la justice entre les hommes, les gens, les sociétés, les cultures, les États, les générations est un engagement cohérent et conséquent qui trouve sa racine spirituelle dans la foi et dans la vision du monothéisme religieux, divin et de sa souveraineté exclusive pour orienter les gens, les sociétés, les églises, les entreprises, les États à marcher intégralement sur le chemin de la justice des hommes. Faire l'expérience du monothéisme religieux dans la vie spirituelle et temporelle c'est se battre concrètement pour l'avenement de la justice en reconnaissant la souveraineté exclusive de Dieu. Il s'agit par là de combattre aussi toutes les idéologies dictatoriales, totalitaires pour promouvoir la démocratie réelle, voir idéale, les droits de l'homme, les droits des gens, les droits politiques, les droits économiques, les droits sociaux, les droits culturels, les droits des minorités, les droits à l'auto-détermination, les droits du sol, les droits linguistiques, les droits de résidence, bref l'intégralité concrète et pratique de la justice à tous les niveaux et secteurs de l'existence privée et publique, temporelle et spirituelle. Exiger cette panoplie de la compléxite des droits invite paradoxalement à assumer pléinement la compléxité des devoirs et des obligations en âme et conscience et avec une profonde lucidité critique responsable. Sg15,3. La connaissance expérientielle de la présence de Dieu et du Monothéisme religieux, biblique, juif et chrétien est proclamée, célébrée et témoignée par un engagement humain, religieux, biblique, évangélique, chrétien et citoyen, privé, public et ecclésial pour la justice intégrale promotrice de l'intégralité de la dignité humaine et de l'intégralité de la vie et de la souveraineté vitale de la vie divine et de la puissance souveraine de l'amour divin de Dieu pour les hommes. Mais de quelle connaissance du monothéisme religieux, biblique, juif et chrétien s'agit-il? Il s'agit d'une connaissance vitale, cf.Jr9,23+ qui est au principe de la vraie justice. La notion d'immortalité, avec l'image de la racine, cf.3,15, prolonge celle de la justice,cf1,1,15;3,1-9. Pour l'idée d'ensemble,cf.Jn17,3. La gloire de l'homme réside dans l'intelligence de la foi, la connaissance, l'expérience et la présence de Dieu, Yahvé dans sa vie personnelle, familiale, professionnelle, citoyenne et ecclésiale qui éclaire, illumine et permet des engagements concrets, privés, publics, citoyens, temporels et spirituels promoteurs de la générosité, de la bonté(la hesed,cf.Os2,21+), de la légalité, de la morale, du droit et de la justice pour le bien intégral des gens par la médiation d'une vision temporelle et spirituelle planétaire et d'une éthique planétaire. La "connaissance de Yahvé", en laquelle se résume la réligion véritable,cf.Os2,22+ est un des grands thèmes de la prédication de Jérémie,cf.2,8;22,15-16;24,7;31,34. L'homme qui connaît Dieu le proclame, le célébre et le témoigne de manière personnelle et ecclésiale, voir citoyenne dans une pluralité d'engagements en étant passionné exclusivement pour Dieu, pour les gens, pour la vie, pour la société, pour la terre et pour les valeurs de justice, de légalité, du droit, de vérité, de cohérence, de crédibilité, de tendresse, de solidarité, de partage, de miséricorde, de pardon, de fidélité à soi, à l'autre, à Dieu. Connaître Dieu invite et responsabilise à s'engager vis-à-vis de lui pour assumer le lien d'alliance avec lui pour retrouver l'assurance d'un engagement qui permet de construire les liens humains familiaux, sociaux, politiques, économiques, culturels,  techniques, religieux, médiatiques par la médiation de la chaîne complexe de la succession intergenerationnelle ininterrompue et planétaire, temporelle et spirituelle. Que dire de la promesse des fiançailles eternels à la manière d'Osée pour marquer cette connaissance exclusive entre deux?(Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant.Curé d'Orbais.(Perwez).

  • La prière d'intercession mariale: Jn2,4+

    En Jn2,4+, il s'agit de la prière d'intercession par la médiation de la Sainte Vierge Marie pour que celle-ci intercède auprès de son Fils Jésus-Christ afin que celui-ci accomplisse ses oeuvres, les merveilles de manière à combler le manque des apôtres, des disciples, des chrétiens, de l'humanité entière. Cette prière d'intercession mariale présuppose une confiance exclusive à la Sainte Vierge Marie, une grâce particulière d'écoute à son égard afin de mieux écouter Jésus-Christ et de lui obeir joyeusement pour se mettre à son service auprès des gens dans le monde. "Jésus lui dit:"Que me veux-tu,femme? Mon heure n'est pas encore arrivée". Sa mère dit aux servants:"Tout ce qu'il vous dira, faites-le"(Jn2,4-5). Litt."Quoi à moi et à toi?", sémitisme assez fréquent dans l'AT, Jg11,12;2S16,10;2S19,23;1R17,18,etc, et dans le NT,Mt8,29;Mc1,24;5,7;Lc4,34;8,28. On l'emploie pour repousser une intervention jugée inopportune ou même pour signifier à quelqu'un qu'on ne veut avoir aucun rapport avec lui. Le contexte seul permet de préciser la nuance exacte. Ici, Jésus objecte à sa mère le fait que "son heure n'est pas encore arrivée". Femme? Cette appelation, insolite d'un fils à sa mère, sera reprise en 19,26, où sa signification s'éclaire comme un rappel de Gn3,15,20; Marie est la nouvelle Eve, "la mère des vivants". L'heure? L'heure de Jésus est l'heure de sa glorification, de son retour à la droite du Père. L'évangile en marque l'approche,7,30;8,20;12,23,27;13,1;17,1. Fixée par le Père, elle ne saurait être avancée. Le miracle obtenu par l'intervention de Marie en sera cependant l'annonce symbolique. Jn2,11+ "Cela, Jésus en fit le commencement des signes à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui"(Jn2,11);Jn4,54;Jn12,37;Ex4,30-31;Jn1,14+. Des signes? Comme Moïse, Ex4,1-9,27-31, Jésus doit accomplir des "signes" pour prouver qu'il a été envoyé par Dieu, car Dieu seul peut maîtriser les lois naturelles,Jn3,2;9,31-33. Durant sa vie terrestre il en accomplira six, 2,1,11;4,46,54;5,2s;6,5,14;9,1,16;11,1s;cf12,18, le dernier étant la résurrection de Lazare qui préfigure sa propre résurrection, le signe par excellence, 2,18-19;cf.10,17-18. Ces signes, et beaucoup d'autres qui ne sont pas explicitement décrits, doivent provoquer la foi en la mission du Christ, 2,23;4,45;6,2;7,31;10,40-42;20,30-31. Mais la première partie de l'évangile se clôt sur une note désabusée,12,37. En 4,48,cf.20,25,29, de rédaction probablement plus tardive, Jésus reproche à ses interlocuteurs d'avoir besoin de "signes" pour croire. Ce texte mis à part, c'est l'évangéliste qui emploie le mot "signe" à propos de Jésus; Jésus, lui, parle des "oeuvres", les siennes,5,36+, ou celles de ses disciples,14,12. Pour voir les signes ou oeuvres de Jésus et de ses disciples il est souhaitable,préférable de demander au préalable à Dieu la foi en Jésus-Christ. Croire au Christ c'est reconnaître et accepter que Jésus vient du Père et que Jésus a reçu du Père le pouvoir sur tout homme pour lui accorder à profusion la vie eternellle par la prevenance divine du don, de l'élection, du choix, de l'appel et de la réponse humaine, biblique, évangélique, chrétienne et ecclésiale joyeuse à l'appel de Dieu (Jn17,2). Croire à Jésus c'est glorifier le Père et croire à l'amour exclusif du Père pour le Fils, l'Unique Engendré. "Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main"(Jn3,35);Jn5,20. Par la volonté du Père, tout est " en la main", en la puissance du Fils, 3,35;10,28,29;13,3;17,2;cf 6,37-39;Mt11,27;28,18; c'est là le fondement de sa royauté,12,13-15;18,36-37, qu'il inaugurera au jour de son"exaltation",12,32+;19,19;Ac2,33;Ep4,8, tandis que le règne du Prince de ce monde prendra fin,1é,31. Croire à Jésus c'est croire au pouvoir de l'amour du Père pour le Fils et paradoxalement au pouvoir de l'amour du Père et du Fils pour tout homme, toute chair, toute la création, l'univers, l'humanité, l'église, la société et toute culture afin d'être et de devenir davantage serviteur de la vie, de la vie divine, de la vie nouvelle (Jn17,2;Jn3,35+;Jn5,20). Le pouvoir christique divin de la vie divine offerte à profusion à tout homme, à toute race, à toute culture est un pouvoir resultant de la prévenance du don du Père. La coexistence entre le pouvoir christique divin de la vie divine et le pouvoir exclusif de l'amour divin du Père pour le Fils marquent le pouvoir exclusif de la solidarité, du partage, de la vie offerte et surtout le pouvoir exclusif d'une responsabilisation de l'autre au terme de la marche. Une telle marche est celle de maturation de l'initié, de l'appelé et d'effacement de l'initiateur, de l'appelant pour une appropriation exclusive du pouvoir, de la responsabilité et de la mission de manière autonome. Cette autonome est paradoxalement une autonomie relative car elle trouve sa pertinence dans le lien de la puissance de l'amour transcendant et concret du Père pour le Fils par la médiation de l'envoie et de la mission. Le pouvoir de l'amour exclusif du Père pour le Fils dans la realisation de la mission concrète du salut est un pouvoir de révélation, de monstration des merveilles divines dans la concrétude de l'existence plurielle. Cette pluralité de l'existence est perceptible à travers l'existence quotienne, familiale, sociale, politique, economique,culturelle, religieuse, ecclésiale, financière, bancaire, boursière, étatique à travers les siècles. (Jn5,20). Croire en Jésus c'est croire au pouvoir exclusif de l'amour du Père pour le Fils, pour tout homme et pour le monde et dont la quintescence est la resurrection de Jésus-Christ. Croire à la resurrection de Jésus-Christ  engage à croire à la vie éternelle."Or la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ".(Jn17,3);Sg15,3;Jr24,7;Jr31,31-34;EZ36,25-28;Jn14,7-9. La foi ecclésiale en la résurrection de Jésus-Christ implique une connaissance ecclésiale du monothéisme chrétien dans sa créativité sui generis et son ouverture sui generis à travers le mystère de la Sainte Trinité qui le distencie du monothéisme juif et musulman. Elle exige également une connaissance ecclésiale et une expérience mais aussi la proclamation, la célébration et le temoignage en Jésus-Christ seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes, le monde, l'univers, la création. (Père Hubert MAYITUKA).

  • I.1. La prière de Jésus.Jn17,1-26.

    Prier c'est s'elever concrètement et spirituellement vers Dieu avec toute notre corporéité et notre intériorité. La prière exige des médiations de la parole humaine, des actes du langage, des actes mentaux, des gestes corporels, des comportements, conduites, attitudes et manières d'être. Ces différentes médiations s'ouvrent par la prière personnelle et ecclésiale au surplus d'attention pour ouvrir toute notre sensibilité dans sa complexité physiologique, physique et psychique à la communion avec toute l'humanité, l'univers, la création, le monde visible et invisible, les êtres célestes, l'hierarchie des êtres, la communion des saints pour se consumer dans le mystère de la Sainte Trinité. Quel est le pré-recquis de la prière chrétienne? C'est la foi. La foi chrétienne est la condition sine qua none de la prière. Elle est son pré-recquis et un de ses fondamentaux majeurs. Prier c'est prendre conscience d'être en relation avec la Transcendance divine dans un jeu de proximité respectueux de la distance, de l'intériorité, de l'immanence, de la différence, de l'hierarchie entre Dieu et l'homme mais également du processus de confiance entre le priant et l'initiateur de la prière elle-même qu'est Dieu. Lever les yeux au ciel quand on prie appel à manifester le saut qualitatif symbolique et réel du passage entre l'immanence, l'horizontalité de la vie existentielle, sociale, publique, chrétienne et ecclésiale avec les autres et la transcendance pour accéder en ce moment précis aux fondamentaux de l'intériorité. Cette intériorité est le lieu et l'espace où se cristalisent les élements de l'univers, l'ensemble de la création pour la porter spirituellement à la source du Créateur, Dieu dans un mouvement d'extériorité à travers le cheminement de la parole, qui signe le lieu de la rencontre entre Dieu et l'homme, entre la Parole de Dieu et la parole de l'homme. En Jn17,1, Jésus fait une prière de demande à Dieu, Père, en levant les yeux au ciel, condition préalable du basculement de la temporalité à la spiritualité et en prenant la parole, c'est-à-dire en s'adressant personnellement en direct à Dieu, le Père dans une relation de confiance exclusive entre le Père et le Fils par la force de l'Esprit-Saint. "Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit:"Père, l'heure est venue: glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie"(Jn17,1);Jn11,41,Jn2,4+;Jn1,14;Jn2,11;Jn17,1;Mt14,19p. La spontaneité et la capacité de prier à haute voix sans honte, ni gène en prenant la parole pour s'adresser personnellement et directement à Dieu de manière joyeuse et respectueuse dans un contexte cultuel, liturgique ou non sont des attitudes fondatrices du priant chretien. Celui-ci s'adresse à Dieu pour lui demander ce dont il a personnellement besoin ou ce dont les autres et le monde ont besoin par la médiation de la demande, de la louange, de l'adoration, de l'intercession, de la contemplation, de l'action de grâce. A chaque fois que l'on est conscient de la gravité de la situation et de l'heure, l'on est censé d'arreter non seulement pour comprendre le réalisme de l'heure et de la situation mais surtout pour s'en remettre à la transcendance divine dans une prière de demande au Père. Jn17,1.cf.vv.5,11,21,24 et 25;Jn11,41; surtout Jn12,27 et Mc14,36. A l'heure du tragique, de la dramatisation mais aussi de l'effondrement réel, voir du basculement tragique, des risques, la prière chrétienne de demande est celle de la glorification de Dieu le Père et de Jésus-Christ, Fils unique de Dieu dans la vie chrétienne, dans l'histoire, dans le monde, dans  les cours des choses, des situations, des systèmes, des évenements, des relations, des rapports, des institutions de la vie spirituelle et temporelle des gens à travers le monde. Si Jésus demande sa propre glorification ce n'est pas qu'il cherche sa propre gloire,cfJn7,18;Jn8,50; mais sa gloire et la gloire du Père ne font qu'un,cf.Jn12,28;Jn13,31. Jésus adresse également à Dieu le Père la prière d'action de grâces pour avoir été exhaussé et ecouté avant même qu'il se mette à prier.(Jn11,41), toujours en levant les yeux en haut au préalable et en s'adressant directement à Dieu le Père par la médiation de la parole, voir des actes du langage. Ce péricope de Jn11,41 nous renseigne sur l'attitude de l'humilité confiante quand nous nous adressons à Dieu le Père dans une prière d'action de grâce. Car en définitive non seulement que Dieu le Père a l'initiative de nous mettre en prière mais aussi il nous exhausse souverainement selon sa divine volonté transcendante, à sa manière et selon sa convenance sans pour autant nous combler, nous consoler obligatoirement selon nos propres besoins, demandes et nos attentes humaines personnelles, ecclésiales, communautaires, paroissiales, citoyennes, étatiques, entreprenariale.. Que dire alors de la prière d'intercession telle qu'elle est indiquée en Jn2,4+?(A suivre).Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula.Desservant.Curé d'Orbais.(Perwez).