• "Que nos vies soient paroles, Parole de Dieu"

    Je continue de vous présenter la récollection donnée aujourd'hui par monseigneur Jean-Luc Hudsyn, aux prêtres à Fichermont dans le cadre de l'entrée en carême. Je me réfère à des notes que j'ai prise lors de la conférence.

    Que nos vies soient paroles. Que nos communauté soient parlantes, a dit monseigneur, pour ce projet d'amour, de communion, d'unité et de paix. Nous devons assumer l'histoire de l'inquisition, mais aussi celle de la triste actualité. Nous devons assumer les contradictions, prendre cela comme un défi pour revisiter notre foi de manière cohérente pour annoncer le Christ comme Personne et pour la communauté. Etre le Corps du Christ c'est avoir la conscience de se relier entre tous et de se soutenir comme membres comme dans une assemblée dominicale où nous sommes tous convoqués par le Christ. Mais quelles propositions pastorales y engager? Partir de la cène du baptême du Christ, par exemple: à l'aube de son ministère, il entend une Parole alors qu'il est entrain de prier:"Toi, tu es mon fils bien aîmé..., Écoutez-le". Qu'est ce qu'il entend? La Parole de Dieu raisonne en lui: Isaïe. A la fin de sa vie sur la Croix, il dira, Père entre tes mains je remets ma vie. Pour moi quel verset de l'Ecriture raisonne en moi qui relance ma vie, ma vocation et ma mission? Et moi quelle Parole ça me dit en réponse par une autre Parole de l'Ecriture? Monseigneur Jean-Luc Hudsyn précise que lui-même a choisit pour son ordination épiscopale cette parole:"Qu'ils te connaissent" A chacun de nous de revisiter la Parole de Dieu et de se demander: Où est-ce que Dieu parle dans ma vie? Comment y être attentif? Qu'en est-il de mon écoute? Qui j'écoute et que je n'écoute pas? Comment je nourris ma communauté pour leur donner le goût de la Parole? Comment dans la communauté, je fais tout pour être tous parlant de la Parole de Dieu? Quel est le temps de prière dans ma vie? 

    Dans l'après midi monseigneur Jean-Luc Hudsyn a donné quelques considérations pastorales notamment dans la liturgie eucharistique. Il nous invite de revisiter la Tradition Catholique à travers  Vatican II pour y découvrir l'importance de deux tables: celle de la Parole et celle de l'Eucharistie. Cette découverte devrait renforcer notre respect des rites qui expriment en gestes et en paroles la face invisible de la réalité, de ce qui se cache. De manière pratique, dans la liturgie une proposition nous ai faite dans la manière de s'y prendre: faire signe. Comment? A travers la procession de l'évangeliaire(porter en procession le livre de l'évangéliaire et le déposer sur l'autel en un lieu visible. Et de l'autel, au moment de la proclamation de la Parole, porter également en procession l'évangéliaire jusqu'au lieux de la proclamation,(AMBON) avec des luminaires, des cierges allumés, avec l'encens.  Avoir du respect pour l'evangeliaire c'est y reconnaître un des lieux de la présence réelle dans ce sens que le livre est ce qui rend présent la Parole, le Christ. La Parole proclamée est le Seigneur. On célèbre la Parole parce qu'elle est présente, essentielle, même dans la liturgie adaptée aux enfants, on célèbre la Parole, in le prend avec des luminaires, on la porte en procession. Donc il est proposé de ritualiser la célébration de la Parole. Car soigner tout cela permet à la liturgie de devenir signifiante. Après la procession de la Parole de Dieu, il faudrait parler d'une seconde exigence: proclamer la Parole de Dieu.  C'est savoir dire la Parole d'un autre, la Parole de Dieu, la Parole que Dieu nous dit aujourd'hui. A chacun son charisme, son ministère. Il est utile de trouver la personne qui a le charisme, le ministère, la justesse, dans le ton, une résonance et une cohérence. Même s'il arrive parfois de faire lire les enfants, les jeunes, il importe de mieux les préparer à cette tâche et surtout de préférence à les exercer à lire surtout les psaumes. Il est important d'être attentif, car il s'agit d'une question de justesse pour ne pas faire lire aux enfants des textes qu'ils ne comprennent pas. Il ya des guides pour la Parole de Dieu, où l'on trouve des textes adaptées aux enfants et aux jeunes pour les célébrations eucharistiques où ils sont impliqués fortement.

    VaticanII insiste sur l'espace de la proclamation de la Parole: l'ambon. Ce lieu est reservé à la Parole de Dieu de façon centrale car il est important que l'autel et la table. Cet espace de l'ambon est reservé de façon symbolique pour que cela évoque la parole, la Parole de Dieu. L'ambon est le lieu de fondation, le lieu fondateur de la Parole et du sens pour la Parole de Dieu. Une telle affirmation a des implications pratiques. Les annonces, les textes profanes, les messages devraient êtres lus dans un autre endroit que celui de l'ambon pour éviter la confusion et l'annulation de la différence de la Parole de Dieu. Il est même préférable de ne pas lire les textes profanes au moment liturgique de la proclamation de la Parole de Dieu et de trouver d'autres moments pour les lires: par exemple entre les intentions et l'offertoire, ou après la communion. Les pasteurs protestants ont beaucoup à nous renseigner sur le respect de la parole de Dieu, sur l'espace reservé de façon symbolique pour que cela évoque la parole, et de se demander de quel livre il s'agit. Pour les protestants c'est le pasteur seul qui lit la Parole de Dieu dans l'assemblée.

    Si l'espace de la Parole de Dieu est à respecter, il faudrait également veiller à la sonorisation de la Parole de Dieu: qu'on y entend. Même avec les enfants, l'Ecriture devrait être proclamé de manière actualisée pour eux. Il est aussi proposé d'avoir des feuillets dominicaux lors des assemblées et célébrations eucharistiques pour permettre à chaque participant, aux gens de les avoir en main, de les emporter pour nourrir leur vie spirituelle. C'est aussi préférable de favoriser les chants des psaumes, où une lecture alternée des psaumes au sein de l'eglise, en permettant aux paroissiens d'avoir les feuillets en main lors des célébrations. L'écoute de la Parole: la liturgie de la Parole est construite comme un dialogue.  Comme souligné plus haut, il arrive de fois que lors des funérailles et de mariage la question des textes profanes et de leurs lectures soit posée. Oui aux textes profanes dans ce cas mais au bon moment, après les intentions et ou après la communion. Il faudrait garder l'idée que Dieu a la parole, la Parole, l'initiative. En clair, prendre la première lecture, suivi du psaume(alterné par l'assemblée, par les deux parties de l'assemblée, avoir les textes des psaumes en main, chanter les psaumes). Après c'est la seconde lecture, suivie de l'alleluia. Après c'est l'évangile, suivie de l'homelie(+-10 minutes, sinon entre 10 et 12 minutes), après c'est le credo. Il importe de montrer à l'assemblée que le credo c'est une réponse qui nous ouvre aux prières du monde et nous devons mieux préparer cette réponse collective.

    Monseigneur Jean-Luc est revenu sur l'homelie. Des questions préalables sont à avoir en vue: qui sont-ils ceux à qui je vais faire cette homélie? Que portent-ils en eux? Il y a des gens que je connais, avec qui j'ai parlé et qui ont partagé des échanges avec nous. Il ne faut pas perdre de vue ce que nous avons partagé avec certains. Plus que je rejoins ce qu'il y a d'humain dans une personne singulière, plus que je rejoins le fond de mon humanité, plus je suis universel et je peux toucher les autres , tout le monde. Par exemple pour ce que j'ai appris de telle personne, avec toutes les contradictions qu'il ou elle m' a dit, comment lui parler au coeur, faire cela avec beaucoup de discrétion. Comment par exemple aider quelqu'un à sortir de l'indecision et à oser faire des choix responsables, éclairés et assumés, lorsque cela nous a été partagé en conversation bien avant afin d'aider au discernement en rejoignant la question qui habite un membre et à travers une question simplement humaine? Comment se faire proche de l'assemblée qui partage un contextes culturel, social, économique que moi également je partage avec eux comme par exemple la sécularisation? On oblitère la question de Dieu, la vie de Dieu n'est plus une préoccupation première. Où moi-même les lectures de cette Parole m'interrogent-elles pour dire quel espérance pour moi, pour les autres? Les questions de sens: vie, mort, maladie, échec... traversent tous les hommes. Comment descendre en moi dans les vraies questions qui sont les miennes pour parler là où la vie des autres est concernée? L'homelie je la fais d'abord à moi-même et après je le partage aux autres. Ce qui m'a touché, m'a atteint, m'a consolé, m'a relevé. Les gens sont très sensibles au lieu où la Parole nous rejoint. Karl Barth, théologien protestant invite de prendre au sérieux ce que les gens nous disent de leurs joies, de leurs peines, de leurs craintes, de leurs doutes. Prendre cela au sérieux c'est prendre au sérieux les défis de la vie quotidienne et montrer que ça concerne la question de Dieu. Que dire aux gens face à la crise, au drame du divorce, à l'indifférence. Il ne faut pas donner des réponses et conseils qu'ils connaissent bien. L'homélie devrait par contre ouvrir au discernement par rapport aux questions que les gens se posent:est-ce que par rapport à tout ça l'Ecriture dit vrai? Est-ce que Dieu est une réalité présente qui vient de me rencontrer dans ma vie, capable de transformer quelque chose en moi? Est-ce que tout ça ce ne sont pas que des mots? Dire que c'est un e Parole qui vient relever. En quoi tout ça vient changer le sens de ma vie, me donne de l'espérance, peu aider à transformer ma vie et le monde qui m'entoure. En quoi tout ça ca vient vivifier ma relation au Christ pour annoncer la foi? La Parole de Dieu est pertinente, interpellante, creusante en moi si elle est la Parole d'un autre.

    Comment faire? Quel est le Dieu qui nous parle et le parle? Quels sont mes représentations psychologiques, culturelles, sociales, économiques, politiques, religieuses de ce Dieu? L'Ecriture conteste ces images de Dieu dans mes représentations pour dire Dieu. La Parole de Dieu est une révélation de Dieu qui se dit contrairement à ce que je me represente de lui. Dieu est-il culpabilisant? Peut-on avoir des raisons de se méfier de Dieu? C'est à évangéliser. Dieu nous rend libre mais être libre, c'est quoi? Notre désir de faire comme nous l'entendons? Qu'est-ce la liberté de qualité, évangélique pour un Dieu autre, différent de nos besoins, attentes et désirs? Il y a des obstacles d'accepter un Dieu autre. Il y a des personnes qui ont tendance à expulser certains textes bibliques difficiles. Or il est efficace de garder les contraintes, les tensions, les paradoxes bibliques. Par exemple tenir les deux: la colère de Dieu(il y a des choses qui mènent Dieu en colère: c'est l'indignation de Dieu) et paradoxalement Dieu est miséricordieux. Il y a cette tension (fatigué et infatigable, colère et non colère. Tenir cette tension dans les images de Dieu qu'il y a dans les écritures ( les paradoxes). L'Ecriture a du sens  comme parole d'un autre que s'il y a une part d'etrangeté. Tentation de Dieu: se complaire avec soi-même. Il faut apprendre à gerer les différences et les conflits. Donc le Dieu de Jésus-Christ ne pense pas toujours comme moi. C'est une grande difficulté d'aujourd'hui d'admettre cela. Être chrétien ça donne une etrangeté par delà la proximité avec les autres. Gardons la petite différence. La Parole de Dieu a de l'intérêt parce qu'elle garde une certaine etrangeté, parce qu'elle est la Parole d'un autre. Éviter de sélectionner les textes, les versets, ou de lire les mêmes choses. Montrer ce qu'il y a des riches dans l'etrangeté de la foi. Pas supprimer tous les textes de l'Ecriture qui ne disent rien ou toujours la même chose pour nous.

    Nous écoutons la Parole pour nous souvenir d'un Dieu qui est autre et qui sera toujours étrange et qui nous ouvre à l'esperance, au chemin de la croissance et du sens. Mais quel est le rôle de l'homelie? La parole de Dieu nous donne de l'esperance, nous invite à l'amour et nous ouvre à la conversion pour communier à cette parole pour qu'elle prenne sens à notre vie et qu'à notre façon nous devenions Corps du Christ au coeur de l'eucharistie et dans nos vies. Elle est une reconnaissance de la présence réelle du Christ vivant en nous et autour de nous grâce à l'accueil de l'Esprit Saint qui travaille en nous. L'homelie est affaire de l'Esprit-Saint dès le depart. Il s'agit de porter cette parole comme Marie dans notre coeur (pendant plusieurs jours, en semaine, la laisser parler dans nos coeurs, dans notre vie: en quoi cette Parole est-elle une bonne nouvelle pour moi, pou lui et pour elle, pour notre communauté, pour notre paroisse, pour le Christ lui-même? Éviter des abstractions. Porter notre communauté, pour nous nourrir de la Parole tous ensemble, en parler, en prier, en faire la lexio divina, susciter des groupes de partage biblique. On ne parle bien de Dieu qu'en aimant. On ne change des coeurs en profondeurs que de ceux qu'on aime même si on les aiment avec des exigences. Pour préparer le texte de l'homelie, l'on devrait aussi se référe à l'exegese pour y decortiquer le sens des mots, le contexte; pour arriver par l'exegèse à garantir l'authenticité de la Parole d'un autre. Ensuite il est efficace de laisser les images et les mots des textes me donner des idées et non lire les idées qui sont derrière les textes. Il s'agit de faire l'expérience de la Lexio-divina.  Prenons un exemple:" la maison de Zachée". Que dire de nos maisons? Que dire de nos cures?-Que dire de nos églises?-Que dire de nos paroisses? Sommes-nous porteurs du Christ? Qui nous ont porté vers le Christ dans nos vies? Comment faire pour qu'ensemble nous portions le Christ? Comment faire pour que nos toits soient ouverts? Quelle coresponsabilité pour nous relever? Laisser parler les images des textes, elles parlent de Dieu ou on parle de nous? Qu'est-ce que ce Texte dit de Dieu, de notre esperance, de nos craintes, sans faire les morales. On peut aller piquer à gauche ou à droite mais ça doit devenir notre affaire. S'inspirer des autres ce n'est pas les copier ni les rejeter. Il ya la question de l'appropriation.

    Pourquoi dans les doyennés l'on organise pas des espaces pour écouter la Parole de Dieu ensemble et entendre ce que l'Esprit dit à l'église, à l'Eglise en ce lieu, dans cette région? En paroisse, pourquoi ne pas encourager une équipe de la Parole avec les chrétiens pour préparer l'homelie ensemble? L'homélie est un acte de communication. Dix minutes de la Parole suffisent. Mais en douze minutes l'on peut dire l'essentiel, dire les choses essentielles. En Amérique latine il y a des espaces de lecture d'evangile: comment promouvoir ici le groupe des lectures d'évangiles ou de la Bible? Même pour les jeunes, il y a la Bible pour les jeunes ZEBIBL comment promouvoir un groupe de lecture biblique avec les jeunes? Comment et pourquoi mettre en lumière et de façon concrète des espaces de lecture biblique dans nos paroisses, dans nos doyennés? (LEXIO DIVINA)??? Quelle structure simplifiée pour la Lexio Divina?:-1- Lecture biblique. -2-Qu'est-ce que ça dis dans ma vie?-3-Qu'est-ce que le texte me fais prier? Pourquoi, comment, que faire pour que les gens aient envie de prier, aient le goût de prier? Quelle visée? Donner le goût, susciter la rencontre avec Dieu, donner le goût de prier.

    Tous ces enseignements riches en esperance durant ce temps où nous entrons en carême nous sont proposés pour grandir ensemble dans la construction du sens et dans notre croissance humaine et spirituelle personnelle, ecclésiale, celle des hommes de bonne volonté et de tout homme en ouvrant notre coeur à la conversion. Je remercie personnellement ici nos évêques, monseigneur André-Joseph, Archevêque de Malines-Bruxelles et monseigneur Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles pour le Vicariat Général de Brabant Wallon qui nous ont offert cette nourriture spirituelle pour nous permettre d'entrer en carême et de mettre à profit ce temps favorable sur le chemin de la conversion, de la découverte de l'humain dans son unicité, universalité et sa diversité et dans son désir de la construction du vivre ensemble et de la célébration des fêtes de Pâques. Ces enseignements nous encouragent également de poursuivre notre étude de l'Evangile de saint Jean pour parler de l'ensevelissement(Jn19,38-42) mais aussi du troisième moment de l'heure de Jésus:Le jour de la resurrection (Jn20,1-29) à travers: Jn20,1-10: le tombeau trouvé vide; Jn20,11-18: l'apparition à Marie de Magdala; Jn20,19-29: Apparition aux disciples. Nous aborderons également le quatrième moment de l'heure de Jésus: la première conclusion(Jn20,30-31, suivi par l'Epilogue: Jn21,1-23: Apparition au bord du lac de Tibériade( où le Christ Ressuscité, Vivant confie la mission à Simon lors de l'apparition au bord du lac de Tiberiade(Jn21,1-25), tout en relevant en Jn21,24-25: la conclusion. A l'issue de ce parcours biblique, nous aborderons d'autres lectures provenant d'autres sources notamment la Tradition apostolique pour étendre la réflexion à la grâce de Dieu, avec tout l'emerveillement, l'etonnement, la surprise, l'inconnu et la passion que cela ouvre dans le cheminement , la croissance personnelle, la construction du sens, l'exercice d'appropriation et de partage avec un regard de foi, d'amour et d'esperance dans la joie complète pour la construction du vivre ensemble interplanétaire enracinée dans le Christ.

    Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais(Perwez).

     

     

     

  • Le prêtre ministre de la Parole

    Ce mardi 21 février 2012, Monseigneur Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles, pour le Vicariat Général de Brabant Wallon, a donné la récollection de carême aux prêtres à Fichermont(Waterloo) de 10H00 à 16H00, sur le thème:"le prêtre ministre de la Parole".  Voici ce que j'en ai retenue en toute modestie, car il s'agit de mes notes prises lors de la conférence.

    Après une prière d'introduction,s'appuyant sur des documents conciliaires de Vatican II portant sur le ministère et la vie de prêtre, document redigé en 1965, monseigneur a commencé la récollection en précisant la fonction du prêtre comme ministre ordonné, à savoir que le prêtre est coopérateur des évêques pour annoncer l'Evangile à tous les hommes et à toute la Création. Mais qu'est ce qu'implique la mission d'être coopérateur des évêques? Il s'agit pour monseigneur Jean-Luc Hudsyn d'oeuvrer avec l'évêque à la mission première qui est d'annoncer l'Evangile, ensemble, dans cette région pastorale du Brabant Wallon en nous aidant mutuellement. Cela implique que parfois qu'on nous pousse dans le dot pour oser prendre la parole au délà de nos craintes notamment dans des endroits où  cette parole est souhaitée, attendue, exigée au regard des situations veçues par les personnes et groupes concernés, notamment dans les prisons comme à Ittre ou dans des groupes conflictuels où cette expérience de prise de parole au moment opportun est veçue au dire de monseigneur comme une grande richesse de la découverte de soi et des autres pour cheminer dans la construction de la quête du sens. Mais cela exige des conditions préalables comme apprendre à aimer ceux et celles à qui nous nous adressons, en étant bienveillants à leurs égards pour leur apporter quelque chose à la grande Parole de l'Eglise  qui est proposée depuis vingt siècles à l'humanité. Il suffit de faire également confiance à l'Esprit qui travaille par l'amour de notre travail et de nous y rendre disponible.

    Mais quelle devrait être notre attitude vis-vis de la Parole de Dieu? Il nous est demandé d'accueillir, d'écouter l'Ecriture, Ancien et Nouveau Testaments et de comprendre sa portée normative. Mais cela devrait se compléter par une actualisation de l'Ecriture dans la communauté au fil de l'histoire. Ceux qui la lisent aujourd'hui et l'interprètent en cohérence avec l'Ecriture et la Tradition sont bien armés pour l'actualiser. Cette approche exige également de l'humilité et de l'ouverture car Dieu parle par des traces multiples dont le Christ est le critère de cohérence. Ces traces de la Parole de Dieu nous les retrouvons à travers les sacrements, la liturgie, les sacramentaux, les signes par milliers, la vie pour y décéler la visée de la Parole de Dieu. Il s'agit pour chacun de nous,baptisés et ministres ordonnés, de révéler à nos communautés et au monde que Dieu n'est pas muet. Il se révèle à travers les traces dans nos vies et dans l'histoire. La parole de Dieu nous invite à entrer en communion entre nous et avec Dieu et à mettre la communion dans le monde.

    La visée de la Parole de Dieu est celle de la Parole d'alliance actualisée qui attend et espère une réponse. Car Dieu parle au quotidien pour que nous discernons son appel. A tout baptisé, Dieu parle en vue d'un lien, d'une relation personnelle et ecclésiale. Même si les normes éthiques sont nécessaires, mais nous annonçons la Parole de Dieu pour qu'elle suscite un lien, une alliance et fasse entrer la personne et la communauté qui l'écoute en communion avec elle, avec le Christ, avec Dieu et entre les personnes et les communautés. Proclamer la Parole de Dieu invite de proposer une relation à quelqu'un et nous interpelle pour revisiter et voir sinon comprendre le style avec lequel et dans lequel nous annonçons la Parole.  Les Actes des Apôtres précisent au chapître VI l'urgence du choix de la Parole de Dieu et de la prière comme une priorité de la mission du ministre consacré, voir de tout baptisé. Le prêtre de l'église catholique est amené à prendre des décisions pour que la Bible reste prioritaire, qu'elle guide ma prière, mon action pastorale, ma façon de décider et de collaborer de manière coresponsable.

    L'agir pastoral ne remplace pas la rencontre directe, personnelle et ecclésiale avec les Écritures. La priorité de l'approfondissement de la Parole de Dieu est une urgence essentielle. Elle nous demande de nous replonger regulièrement dans l'Ecriture ou dans les Écritures pour elle-même, pour elles-mêmes et pas nécessairement pour la mission.  Pourquoi ne pas regarder parfois l'emploi du temps du pasteur protestant qui consacre 1/3 du temps à la préparation du ministère de la Bible, et 1/3 du temps à la rencontre individuelle et 1/3 du temps à la réunion? Comment le ministre ordonné de l'église catholique peut-il être interpellé par le temps de la préparation et du compagnonnage de la Parole de Dieu avant toute homélie? Vatican II insiste sur le fait que la mission du prêtre est une initiative du Christ. C'est le Christ ressuscité qui nous envoie. C'est un Vivant. Il me fait cette demande aujourd'hui. Comment être nous-mêmes des fervents auditeurs de la Parole de Dieu? L'Epître de Saint Paul aux Ephésiens est un testament pastoral de Paul qui a organisé la communauté et qui sait qu'il s'en va pour toujours. Que dit-il dans ce testament pastoral?- Je vous remets à Dieu et je vous confie à la Parole de Dieu. Je demande à la Parole de Dieu de prendre soins de vous, de vous garder et de vous soutenir dans votre être et votre mission sacerdotale. C'est la Parole de Dieu qui nous garde dans notre mission. Nous y sommes impregnée, l'écoutons. Nous sommes interpellés pour la méditer, l'habiter pour en être des missionnaires et des serviteurs de la Parole. Pour cela nous devons apprendre à faire confiance à la Parole de Dieu en y étant crédible, confiant, en l'écoutant, la priant. 

    Quelle est l'efficacité de la Parole de Dieu dans notre vie? Si nous nous laissons habiter par elle, elle fera de nous des serviteurs habités portant des fruits sans le savoir. Si nous sommes portés par la Parole, alors nous porterons la Parole aux autres. Comment le temps de carême, temps favorable peut-il nous être utile pour prendre conscience de ce trésor et en assumer la pleine responsabilité avec joie et humilité? Comment mettre à l'ordre du jour de notre vie chrétienne et sacerdotale la Parole de Dieu, en ce temps favorable? Is54,55. Ne pas se dérober à la Parole de Dieu. Jn15,6-7: Demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous. Jacques 1,21: Accueillir la Parole de Dieu qui est semée en nous, elle peut nous sauver. Jn8,55: Garder, Écouter la Parole de Dieu.  Que veut être pour moi ce temps de carême? Écoute de la Parole de Dieu et des paroles. L'ecoute  est une attitude fondamentale du disciple:Écoute Israël. Carême: marche au désert. Aujourd'hui, allez-vous écoutez ce qu'il dit? Ne fermez pas votre coeur. Quels devoirs pour les prêtres? Devoir d'assiduité à la Parole de Dieu comme ministre ordonné à la Parole de Dieu. Comment ma vie est-elle mise en ordre par priorité à la Parole de Dieu, pour que celle-ci poursuive sa course dans ma vie et dans la communauté, mais aussi dans la région et dans le monde? 2Thessaloniciens2: Être impregné, habité par la Parole pour qu'à travers nos paroles et la Parole de Dieu, que Dieu nous parle en étant écoutant, impregné, habitant de la Parole. Être écoutant de la Parole. Être ami de la Parole de Dieu, qui nous enchante nous-mêmes (Alléluia) et que nous savourons pour nous-mêmes et pour les autres. Avoir une ecoute de la Parole qui soit intelligente(laisser parler l'éxègese) pour mieux nous faire entendre, afin de mieux travailler l'ecoute du coeur (Lexio-divina), l'écoute priante qui se laisse façonner par la Parole de Dieu.

    Comme prêtre, l'évangile est notre force. "Sans moi, vous ne pouvez rien faire". De votre rapport à la Parole de Dieu dépend votre efficacité de votre ministère, votre identité et votre mission. L'Écoute est la condition de la prière chrétienne. L'Écoute de Dieu précède la pensée à Dieu, la parole sur Dieu. Dieu parle dans la nuit de la simplicité parfois sans l'emotionnel. Se contenter simplement de l'efficacité de la Parole de Dieu, de l'Ecriture. La question n'est pas que Dieu soit silencieux mais s'il a perdu sa voix, n'est-ce pas tant qu'il nous a beacoup parlé? Ouvrons toujours l'Ecriture, les commentataires... Dans la gratuité de nos prières, laisser parler Dieu là où tout est dit et tout n'a pas été entendu dans l'Ecriture. La liturgie n'est elle pas le lieux efficace de l'écoute de la Parole? La liturgie, le rite, l'itineraire devoile une cohérence profonde dans la Parole de Dieu. A l'eucharistie, le prêtre accueille ceux qui viennent convoqués par le Christ, qui appelle. A la liturgie on donne à Dieu d'abord la Parole. A lui d'abord de parler. Entre temps on lui répond. Il y a un dialogue. La Parole de Dieu: source, première, question du sens: ecoute dans la liturgie et dans la vie spirituelle. Elle structure quelque chose en nous, cette attitude profonde d'ecoute comme serviteur. Devenir plus apte à écouter les chrétiens, le monde, nos contemporains. Oui nos contemporains ont besoin d'être écouté, reconnu et aimé. Les prêtres ont pour être, vocation et mission de devenir davantage des personnes signes du Christ. Quand nous écoutons, nous sommes sacrements de Dieu, signe de sa présence, de Dieu, de la présence du Christ au milieu des hommes. Oui écouter pour aider l'autre dans le discernement. Écouter la communauté, les appels de la communauté, les appels de l'Esprit, les collaborateurs mais l'Ecoute est en vue et au service du discernement. 

    La mission du prêtre est d'écouter volontiers les laïcs pour lire avec eux dans les évènements petits et grands ce que Dieu entend et avec eux lire les signe du temps. Aider les laïcs pour qu'ils entrent dans le discernement et qu'ils lisent avec nous les signes du temps. GS chapitre4. Le témoignage d'une vie sacerdotale inspirée par la Parole est un témoignage efficace qui résulte du ministère d'ecoute, de témoignage et qui invite à appliquer la Parole de Dieu à des circonstances et à des manières d'en vivre par une vie inspirée par la Parole et au service du ministère de la Parole. Pour que le témoignage soit fiable, il exige de la cohérence entre ce qu'on dit et ce qu'on fait. Être en chemin, en route. Nous aussi nous sommes en route, fascinés, inspirés par le Christ. La sainteté c'est se laisser rejoindre dans ses imperfections en gardant confiance à Dieu qui me rejoint au coeur de mes égarements. Le chemin de l'imperfection est le chemin de notre sainteté. Quand le Christ confie à Pierre sa mission, il le fait après l'avoir rappelé qu'il n'est pas parfait. Toi qui disais que même si les autres m'abandonnent, tu ne m'abandonnera jamais, où en est tu maintenant là? "Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aîme". Aimer le Christ, se laisser rejoindre par lui, c'est grandir dans son amour pour le Christ au coeur de nos failles, de nos péchés. Il s'agit de se laisser et de nous laisser rejoindre par le Christ sur le chemin de la croissance et de la construction du sens et du vivre ensemble dans l'ouverture et l'écoute de la Parole de Dieu. Quelle implications pastorales concrètes?

    Comment faire des paroisses qui soient parlantes de Dieu aujourd'hui? Qui parle de son projet de salut? Quelle est la mission de l'Eglise? Quelle est la mission de l'église paroissiale? Les changements organisationnelles viendront après avoir creusé cette cascade des questions: pourquoi, en vue de quoi, pour être quoi, pour quel service de Dieu, pour quel service des hommes, pour quel service du monde faire église en ce lieu, paroisse? Quelle est la mission et la raison d'être de l'église, de l'Eglise ( Sacrement )? (LG, chapitres 29, 48). Le sacrement est la visibilité de cette unité, sacrement du salut. Le sacrement est de l'ordre du signe, une façon de parler. Notre Dieu se révèle et veut communiquer(par le Christ). Comment l'église en ce lieu paroissial peut elle être au milieu d'une région(le Brabant Wallon), le sacrement, le moyen de manifester l'amour de Dieu? Etre un signe parlant de l'agir de Dieu(pas simplement un signe qui informe sur Dieu, qui le manifeste mais aussi un signe performant, qui fait entrer dans l'expérience de ce dont il s'agit, toute l'humanité, pour qu'elle soit réunie de manière à reunir les hommes dans l'unité et dans l'amour? Comment et pourquoi faire signe de façon parlante, entendre, expérimenter ce que Dieu désire pour chacun et pour tous les hommes? Pourquoi et comment le Mystère d'amour de Dieu ouvre t'-il à ce projet de convoquer l'humanité dans la construction du sens et du vivre ensemble dans la communion, l'unité et la paix? Que faire pour que des communautés en vivent, témoignent et en communiquent. Pourquoi et comment faire en sorte que des prêtres soient des défenseurs du bien commun à travers des signes de visibilité et d'engagements, des lieux de rassemblements que sont les paroisses, à l'écoute du Christ? Paroisse est tu ce lieu, cet espace où l'on se réunit ensemble? Es-tu ce lieu, cet espace où l'on établit des lieux, des signes qui racontent en parole et en acte pour chaqu'un et ce que Dieu veut pour le vivre ensemble de tous? On fait paroisse pour être au service de cette parole adressée aux hommes pour dire qu'est ce que c'est être homme et qu'est ce que c'est vivre ensemble? ( Suivre)

    Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais(Perwez).

  • MESSAGE POUR LE CAREME 2012

    Je vous propose ici le texte intégral de monseigneur André-Joseph, Archévêque de Malines-Bruxelles, intitulé:"Message pour le Carême 2012".

    "Chers frères et soeurs,

    Comme chaque année, le Carême qui va commencer est une occasion de nous tourner vers Jésus, vrai homme et vrai Dieu, crucifié et ressuscité. Et cela avec une foi, une espérance et un amour renouvelés. En renonçant à ce qui encombre notre vie, en priant davantage et en partageant avec nos frères dans le besoin, nous permettrons au Seigneur de nous attirer à Lui et de nous convertir. C'est la condition indispensable pour vivre Pâques dans la joie. Chaque fois que le Seigneur resserre ainsi nos liens avec Lui, c'est aussi pour nous envoyer à nouveau comme ses témoins dans le monde. A cet égard, l'événement Metropolis qui va se dérouler à Bruxelles durant le Carême et au début du temps pascal intéresse l'ensemble de notre diocèse. De quoi s'agit-il? Vous savez peut-être que le Synode des Evêques à Rome, en octobre prochain, sera consacré à cette nouvelle évangélisation dont ont spécialement besoin nos pays d'Occident. Notre pays, en particulier, est une terre d'ancienne chrétienté, mais où la foi en Dieu et en Jésus a perdu de son élan et de son rayonnement. En préparation de ce Synode, 12 grandes villes européennes, 12 "métropoles", ont été sollicitées pour vivre quelques sémaines d'évangélisation, c'est-à-dire d'annonce explicite de la Bonne Nouvelle qu'est Jésus. Parmi ces villes, il y a Bruxelles. Même pour ceux qui n'y habitent pas, la capitale n'est jamais loin dans notre diocèse. Si vous le pouvez, je vous invite cordialement à rejoindre l'une ou l'autre des activités prévues. Qu'y aura-t-il au ménu? Je donne ici les grandes lignes seulement, le détail pouvant être découvert sur le site www.metropolis2012be. Le programme indique aussi en quelles langues principales chaque activité est organisée. Lors de cinq après-midi, en la cathédrale de Bruxelles, des hommes et des femmes qui se sont convertis au Seigneur donneront leur témoignage de vie. Et cela en liaison avec des passages des "confessions" d'un des plus grands convertis de l'histoire,saint Augustin. Une place de choix sera faite à la proclamation de la Parole de Dieu à travers la lecture intégrale, en plusieurs langues, de l'Evangile de Marc. Cela aura lieu dans un endroit de grand passage, à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur, de l'église du Finistère, le vendredi Saint. La veille du dimanche des Rameaux, une journée de rencontre et de réconciliation sera spécialement organisée dans une quinzaine d'églises de la capitale, pour accueillir tous les visiteurs. Les échanges et les rencontres pourront déboucher sur le sacrement de la réconciliation pour ceux qui le voudront. L'évangile d'aujourd'hui vient de nous rappeler, en effet, que "le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre". Une autre dimension de Metropolis sera l'enseignement de la foi. C'est ainsi que Mgr KOCKEROLS s'adressera quatre samedis de mars, dans l'après-midi, en des églises différentes, aux jeunes adultes et, notamment, aux parents concernés par le baptême de leurs enfants. Moi-même, je donnerai un enseignement aux catéchumènes adultes lors de leur appel décisif à la Cathédrale le dimanche 26 février et, ensuite, aux jeunes, à l'église Sainte-Croix, le 21 mars. Enfin, Metropolis sera marqué par le souci du partage avec ceux qui, de par le monde, sont confrontés à la crise alimentaire. Cela se vivra, en concertation avec Broederlijk Delen et Entraide, lors d'un grand repas latino-américain de solidarité à la paroisse des Riches Claires, le dimanche 18 mars. Mes frères et mes soeurs, je vous souhaite une sainte et joyeuse préparation à Pâques durant ce Carême 2012. Je prie le Seigneur de bénir l'événement Metropolis et vous invite de tout coeur à en partager la grâce.  Malines, le 9 février 2012, + André-Joseph, Archevêque de Malines-Bruxelles. Ce message de Carême sera lu dans les églises et chapelles du diocèse aux messes ou assemblées dominicales des 18 et 19 février 2012".

    Que ce message nous aide pour grandir dans la foi par le biais de notre conversion personnelle et ecclésiale en profondeur au Christ. Dans ce contexte, je vais également vous partager ce que j'ai retenu de la récollection donnée aux prêtres du Brabant Wallon par monseigneur Jean-Luc HUDSYN, Evêque auxiliaire du diocèse de Malines-Bruxelles pour le Vicariat Général du Brabant Wallon, à Fichermont ce mardi 21 février 2012 de 10H00 à 16H00 pour l'entrée en Carême. Qu'as-t-il dit? (A suivre).

    Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais(Perwez).