• La crise et l'avenir, le devenir de la paroisse en Brabant Wallon.

    Je reprends ici une réflexion personnelle condensée de notre entretien décanal avec monseigneur Jean-Luc Hudsyn, Evêque Auxiliaire de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles pour le Vicariat Général du Brabant Wallon le jeudi 15 mars 2012 à la cure de Perwez en m'appuyant notammment sur ce que j'ai retenu de la proposition réflexive pastorale faite par monseigneur.

    La crise complexe et systémique invite à réflechir sur notre manière de vivre celle-ci au sein de notre vie pastorale paroissiale, voire ecclésiale en cohérence avec notre spiritualité. D'où ce thème problématique: l'avenir et le devenir de la paroisse en Brabant Wallon notamment dans le doyenné de Perwez: changements, difficultés, différences, bonheur, signes du temps, espérance et défis d'avenir et du devenir?

    Personnellement j'ai abordé cette question en affirmant que la tendance actuelle est celle de la sécularisation et de l'ultra libéralisme qui permettent de se poser également la question de l"efficacité et de la pertinence du lien dialectique et paradoxal entre la paroisse et le monde numérique. Une telle question suscite une autre: vers une paroisse numérique? Que est l'apport du contenu de foi chrétienne dans le numérique pour l'évangélisation de nos paroisses? Pour répondre à cette question il importe de prendre en considération un fait social pertinent à savoir l'émergence globale des parents et des familles instruites, socialement bien positionnées et désireuses de plus d'autonomie, de liberté, de quête de sens et d'attention et des attentes à la vie sacramentaire aux différents moments majeurs de l'existence et des expériences humaines événementielles, voire aux différents moments forts de temps liturgique. Quel émerveillement devant la pratique sacramentaire notamment dominicale de tous ces âinés dans notre paroisse qui demeurent les témoins de la foi chrétienne depuis des générations et qui marquent cette génération fervente et fidèle malgré le petit nombre. Comment ils transmettent cette lampe aux autres et comment les autres perçoivent chez eux, cette lumière persévérante de l'espérance chrétienne et paroissiale parmi nous. Cette attention aux grands moments de l'existence et à la pratique dominicale est perceptible notamment avec l'augmentation des chrétiens dans l'église par la présence de la chorale et lors des messes de familles. Il importe de noter également le désir d'une spiritualité chrétienne en phase, en cohérence avec la société et les exigences de celle-ci pour y trouver des réponses, des énergies du progrès individuel, personnel, communautaire et sociétal, voir citoyen.  La redécouverte des témoins de la foi chrétienne est une opportunité qui nous est offerte avec la double solennité du bicentenaire de l'arrivée des reliques de sainte Wivine et le deux cent cinquantième anniversaire de la construction de l'actuelle église paroissiale d'Orbais. Quelles retombées pastorales pour demain  c'est-à-dire pour la redynamisation évangélique paroissiale? Les jeunes, les jeunes familles marquent un intérêt pour le contenu de la foi qui soit en cohérence avec les défis actuels de la société. A ce niveau le site paroissial d'Orbais("Paroisse saint Lambert d'Orbais) essaie de proposer un contenu de foi et une spiritualité avec une dimension évangélique  pour un dialogue multiconvictionnel de la construction du vivre ensemble paroissial, sociétal et citoyen respectueux de l'ouverture et de la convivialité multiculturelle planétaire. Mais comment les paroisses de demain seront-elles en cohérence avec les exigences fondatrices et l'exemplarité des fondamentaux de la construction du sens, de la vie, de l'animation et de la vitalité de la première communauté chrétienne des Actes des Apôtres (Ac4,32-35. Ac5,12-16)? Quelle est et sera la place du numérique dans la paroisse de demain? Foi, intégration, solidarité, développement pour les pauvres d'ici et d'ailleurs notamment au sud, en Afrique?

    Dans la proposition que monseigneur Jean-Luc Hudsyn a fait à l'assemblée décanale lors de ce partage fraternel ecclésial et pastoral, je retiens modestement ce qui suit. Il importe de voir en interne et d'assumer notre exigence prioritaire consistant à faire communion. Comment dans le monde d'aujourd'hui annoncer l'évangile et faire des chrétiens? Comment proposer la foi, aspirer que les gens retrouvent la lumière de la foi dans leur vie? Comment et pourquoi refonder une Église qui trouve normale de proposer sa foi, de rendre mieux compte de leur foi? Comment dans le monde qui est le leur, c'est-à-dire tel que les gens, les chrétiens, les citoyens, tous les hommes y vivent leurs projets, comment promouvoir un projet évangélique, paroissial, sociétal avec une motivation. Comment redonner à la vie de nos communautés paroissiales un nouvel élan plus fraternel? Comment annoncer la foi et la proposer? C'est ça. Comment faire fonctionner la paroisse? Quel type de synergie? Comment faire en sorte que dans la religion, le style de la vie locale aie toute son importance. Comment trouver des styles de vie fraternelle qui ne sont pas contraignants? Pour redynamiser nos paroisses de manières à répondre à cette cascade de question il nous est proposé, demandé d'approfondir et de répondre à deux questions essentielles: La question de la convivialité et la question de l'accueil. Comment soigner la relation publique avec les nouveaux arrivants et comment créer avec eux et avec tous une communauté d'appartenance. L'élan: comment aller vers ces nouveaux arrivants sans contraintes. Mais n'attendons pas qu'ils viennent chez nous. Il ya des lieux où il se passe des lieux d'appartenance: comment être présent aux écoles. Les écoles sont des lieux fédérateurs. Comment inventer cette présence de convivialité et d'accueil dans ces lieux. Là où nous rencontrons les gens mal-croyants ou en difficulté de croire, la question de Dieu surgit pendant les grands événements: naissance, mariage, deuil, communion, confirmation. Qu'ils se sentent bien reçus à priori, surtout lorsqu'ils ne sont pas en règle. Comment ne pas accentuer ce sentiment qu'ils ne sont pas en règle? Comment être des passeurs de l'amour de Dieu et des hommes? Pour les demandes des sacrements il y a une attente. Comment être sacrement nous-même et avoir un dispositif sacramentaire et sacramentel porteur de bienveillance? Que les personnes qui nous demandent des sacrements se sentent bien avec nous et qu'elles ont leur place. Quand les gens viennent avec leurs irrégularités, ils ne se sentent pas bien accueillis, pourquoi faisons nous alors ce contre témoignage évangélique? Méditons souvent l'évangile de la visitation pour retrouver ensemble la sensibilité évangélique.

    Que dire des jeunes (entre 7 et 12 ans)? Comment faire un itinéraire initiatique avec eux? Comment promouvoir une pastorale des jeunes, une catéchèse continue, après 12 ans? Tous ces chantiers exigent de la créativité de la part des adultes, des chrétiens, des prêtres et des jeunes.  Comment mettre des énergies ensemble? Il faudrait, dit monseigneur, des pôles des jeunes, avec les prêtres qui ont des charismes. Combien on en fait? Où? Comment? Monseigneur encourage la créativité et l'animation des pôles des jeunes soit dans l'inter paroissial, soit dans le sectoriel, soit au niveau décanal. Comment promouvoir des activités variées au niveau local, décanal, vicarial, interdiocésain? Que les jeunes les plus âgés prennent la responsabilité de l'animation des jeunes moins âgés. La pastorale de jeunes travaille sur un plan et une proposition encourageant la création des pôles jeunes. Il est clair que l'identité du jeune chrétien se construit entre jeunes chrétiens d'aujourd'hui. *Que dire du chantier catéchèse?-Le chantier catéchèse: 7-8 ans:éveil religieux. Activités spécifiques. 8-11 ans: initiation chrétienne. Parcours de la foi vers la confirmation. Parcours de type initiatique et catéchétique. C'est la construction des étapes rituels dans les cadres des messes dominicales avec les parents. Promouvoir les réunions par équipes. Promouvoir la catéchèse intergénérationnelle(communautaire) dans des paroisses qui se mettent ensemble. Que la catéchèse sacramentaire soit centrée le dimanche, à la messe du dimanche: avant la messe. Car être chrétien c'est pratiquer le dimanche. Catéchèse le dimanche avant la messe. Il faudrait inventer plus dans ce domaine. Des exigences sérieuses ont besoin des moyens sérieux pour obtenir le résultat, le but final. Les catéchistes démissionnent souvent parce que  ce qui se donne est insignifiant. Comment travailler un nouveau chantier catéchétique qui peut mobiliser? *Le chantier de la préparation au mariage? La préparation au mariage exige: -1- Un accompagnement dans la paroisse avec le prêtre. 2-Une expérience avec d'autres couples. *Chantier: journée de formation des couples; méthodologies participatives. Trois lieux dont la responsabilité du vicariat et la collaboration des couples, après le lieux paroissial. Pour quelle méthodologie et pour quel contenu: intégration, interaction dans le couple. *Autre chantier: Formation. -Au niveau des prêtres:-1-un temps de récollection en doyenné (en une journée ou en deux jours). -2- Avoir d'autres formules des ressourcements=expériences diverses de ressourcement entre prêtres d'un même vicariat. -Au niveau de 50 ans du Concile Vatican II. Des activités des formations sont prévues:-les prêtres font de carrefour entre eux.-Temps de rencontre et de carrefour. * Temps de formation globale:-intellectuelle;-pastorale,-spirituelle. Le ressourcement spirituel donne un climat pour accueillir la diversité des prêtres. Il faut mêler, mélanger les choses pour une convivialité multiculturelle fraternelle, évangélique et chaleureuse, porteur de communion, d'unité et d'enthousiasme, de l'espérance. Le climat que le presbyterium peut créer reflète impérativement sur l'évangélisation de la vie en communauté. Comment amener au doyenné notamment de Perwez un climat décanal du type d'évangélisation dans un presbytérium porteur de communion évangélique? Il y a beaucoup de demandes et beaucoup d'attentes/ Retrouver:-1-La communion, la solidarité fraternelle et l'enthousiasme. Saint Paul a dû inventer, sans se ménager, il avait de l'enthousiasme. Il faut retrouver l'enthousiasme. Saint Paul a inventé parce qu'il avait l'enthousiasme, la passion et avait travaillé avec les gens. Que dire de la collaboration et de la coresponsabilité dans le doyenné notamment de Perwez? Inventer, créer la pastorale de communion, de collaboration et de coresponsabilité décanale sacramentaire pour certains grands événements, des temps liturgiques fédérateurs, signe de visibilité et d'enthousiasme au sein du peuple de Dieu. * Monseigneur Jean-Luc revient à la problématique des jeunes, qui est un des soucis majeurs de son mandat. Comment partir des petits noyaux: les jeunes qui évangélisent d'autres jeunes? A partir des jeunes qui terminent la confirmation, comment les rassembler avec les parents qui ont leur confiance? C'est avoir en vue la perception de l'Église qui suivait Jésus: les 12 apôtres, les 72 disciples et la foule. Comment proposer aux jeunes des activités, si ça marche, ils auront eu l'occasion de se rencontrer et de chercher d'autres jeunes. Ici la place du numérique devient déterminant. face book... Les jeunes peuvent evangéliser d'autres jeunes. Il faut bien soigner les petits groupes pour que ces derniers deviennent évangélisateurs d'autres jeunes par la médiation du numérique. Voilà comment le numérique fonctionne. Amener, par exemple les jeunes de vos paroisses, au niveau inter paroissial, sectoriel ou décanal à la communauté de Tiberiade et les laisser entre les mains des frères qui s'en occupent et amener quelques parents avec eux, ça marche. Faire rencontrer des paroissiens qui sont témoins. Qu'est-ce que la foi a pû montrer dans leur vie: que la foi est un chemin pratiçable: Quelle référence? quelqu'un de joyeux, qui sait causer avec les jeunes, qui est juste, a le charisme pour. On peut amener les jeunes à visiter les sans abris, les autres centres, voir les associer à la journée organisée par le Brabant Wallon. La pastorale des jeunes demande qu'on travaille aux petits groupes, aux groupes moyens, aux grands groupes. Elle donne toute son importance au fait de se regrouper et de faire les choses ensemble notamment pour des prêtres qui ont des charismes. Il faudrait et il faut mêler nos acquis, nos sensibilités, nos dons. Trouver des modalités où on se rencontre sur le pourquoi, comment le faire, et qu'on se connaisse, qu'ils aient plus de confiance mutuelle pour s'aider les uns et les autres sur un terrain beaucoup plus large. Il faut arriver à créer des espaces plus grands sur lesquels on travail pour qu'on sente que là, il y a un presbyterium qui y travaille, en communion avec une convivialité fraternelle évangélique et évangélisatrice. Qu'on travaille en presbyterium et qu'il n'y ait pas un curé qui se protège dans un tel lieu ou un autre et qui protège son espace comme étant son lieu exclusif à lui et à lui tout seul. Créer la confiance, se connaître et travailler ensemble dans un esprit évangélique de communion joyeuse et de coresponsabilité. Comment la fête Dieu peut rassembler les prêtres: une veillée de prière pour tous les prêtres? Travailler ensemble la semaine sainte( Jeudi saint), par exemple. Le rassemblement liturgique est une façon de dire l'évangile, comment promouvoir un rassemblement de communion inter paroissial, intersectoriel, décanal à certains moments liturgiques?

    Dans les questions ouvertes qui ont suivi l'exposé du Père évêque, l'on s'est également demandé comment travailler en profondeur la question de la pastorale rurale en tenant compte des exigences des entités villageoises, des regroupements, des personnes âgées, des petits villages, de l'attachement à son cloché,au regard parfois des pré-requis refoulés consistant à reconnaître que le village voisin était des énnemis, tout en héritant d"un passé du 19 éme siècle. Pour répondre à ces considérations monseigneur a dû rappeler que la pastorale en Brabant Wallon a des sensibilités différentes. Mais il y a des seuils qu'on ne peut passer. Cela demande de l'attention et de l'humilité pour dire que ce n'est pas possible. C'est vrai qu'on a beaucoup des prêtres: 120 prêtres pour 170 paroisses. Ce qu'il faut encourager là où le seuil est trop bas et qu'il n'invite ni n'encourage pas d'autres fidèles, chrétiens à le rejoindre, il faudrait au moins promouvoir l'inter paroissial, sectoriel ou décanal pour la célébration des certains sacrements et des moments liturgiques forts afin de se soutenir mutuellement et faire réellement église porteuse d'enthousiasme évangélisteur. Par exemple la confirmation peut donner lieu à une catéchèse communautaire. Une fois qu'on a fait l'expérience, on n'en revient plus, on ne fait plus marche en arrière. Lors des veillées pascales? Monseigneur encourage  la célébration des veillées pascales après 21H30 (9H30) du soir pour donner le véritable sens liturgique et de la veillée. Monseigneur encourage les synérgies des événements catéchétiques, liturgiques, sacramentaires et pastoraux pour les faire ensemble. Les paroisses font des nouveaux chrétiens: chrétiens et catechumènes. Il est important et utile pastoralement d'encourager la pastorale de proximité, pour une paroisse de proximité qui favorise l'expérience des messes des quartiers(organisées par les équipes des catéchistes). Ces messes célébrés dans les maisons, chez les gens, par quartier, permet à ceux-ci de sy investirent, d'entrer dans une dynamique, de créer des liens, de retrouver le sens et même de revenir à l'église paroissiale. Comment faire un inventaire des petites idées qui marchent bien et aller vers les autres avec ce que nous avons de plus précieux à savoir l'eucharistie? Faire des messes chez les malades. Avoir des lieux d'échange dans nos communautés paroissiales pour des débats qui nous permettent de construire ensemble le sens de la communauté paroissiale, de la communion, de la convivialité, de la fraternité, de la solidarité pour mieux vivre l'évangile et mieux nous évangéliser. L'évangélisation est ce qui nous traverse et nous responsabilise tous notamment pour traverser la crise. L'évangélisation paroissiale et l'évangélisation du Brabant Wallon demeurent l'avenir et le devenir de la paroisse de demain.

    Bonne lecture, bonne méditation et bonne réflexion à tous. Que ces orientations partagées nous encouragent à devenir beaucoup plus créatifs les uns les autres pour redynamiser nos paroisses. L'apparition du Christ ressuscité à Marie de Magdala chez saint Jean peut nous donner de l'espérance, tout en priant pour les enfants et les adultes qui ont perdu la vie dans l'accident de l'auto-car en Suisse mais aussi pour leurs familles, pour les survivants, les blessés, les souffrants et pour et celles qui sont venus à leur secours.

    Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula.Desservant.Curé d'Orbais.(Perwez) 

  • Les raisons du croire à l'altérité du corps glorieux selon st Paul.

    Que dire: certitude, force, foi, progrès, anticipation, basculement dans l'altérité? La certitude de la victoire de l'incorruptibilité du corps de gloire, du corps spirituel donne au croyant la force de progresser. Pour Paul, il ne peut y avoir de foi sans vie en progrès. La dualité des corps terrestres et des corps célestes permet d'anticiper les raisons de croire à l'altérité du corps glorieux, spirituel par rapport au corps physique de l'homme frappé par la déchéance, le déperissement, la mort. Le basculement du corps physique, existentiel, psychique en corps spirituel et en corps glorieux, lumineux, incorruptible, céleste, vivifié fortement par l'Esprit (1Co15,41-49) rélève du mystère même du prémisse de la résurrection des morts, à savoir le mystère de la résurrection de Jésus-Christ, le troisième jour conformément aux Écritures et de la traçabilité narrative et historico-herméneutique du tombeau vide dans lequel les linges gisant à terre tandis que le suaire roulé est posé à un autre endroit; donnant une concordance narrative préfigurative avec la résurrection de Lazare. Pour Paul comme pour la tradition biblique, la psychè(hébr. nephesh;cf.Gn2,7 est le principe vital qui anime le corps humain. 1Co15,45. Elle est sa"vie", Rm16,4;Ph2,30;1Th2,8;cf. Mt2,20;Mc3,4;Lc12,20;Jn10,11;Ac20,10;etc., son âme vivante,2Co1,23; et peut servir à désigner tout homme, Rm2,9;13,1;2Co12,15;Ac2,41,43,etc. Mais elle reste un principe naturel, 1Co2,14; cf. Jude19, qui doit s'effacer devant le pneuma pour que l'homme retrouve la vie divine.

    Cette substitution qui s'ebauche déjà durant la vie mortelle par le don de l'Esprit, Rm5,5+c; cf1,9+, obtient son plein effet après la mort. Alors que la philosophie grecque attendait une survie immortelle de l'âme supérieure(noûs) seule, enfin affranchie du corps, le christianisme ne conçoit l'immortalité que dans la restauration intégrale de l'homme, c'est-à-dire dans la résurrection du corps par l'Esprit, principe divin que Dieu avait retiré de l'homme à la suite du péché, Gn6,3, et qu'il lui rend par l'union au Christ ressuscité, Rm1,4+;8,11+, homme céleste et Esprit vivifiant, 1Co15,45-49. De "psychique" le corps devient alors "pneumatique", incorruptible, immortel, 1Co15,53; glorieux, 1Co15,43;cf.Rm8,18;2Co4,17; Ph3,21;Col3,4, affranchi des lois de la matière terrestre, Jn20,19,26, et de ses apparences, Lc24,16. En un sens plus large, la psychè peut désigner l'âme, par opposition au corps, Mt10,28, le siège de la vie morale et des sentiments, Ph1,27; Ep6,6;Col3,23;cf.Mt.22,37p; 26,38p;Lc1,46;Jn12,27; Ac4,32;14,2; 1P2,11;etc., et même l'être spirituel et immortel,Ac2,27;Jc1,21;5,20,1PA,9;Ap6,9; etc.

    La puissance et la fragilité paradoxale de la foi chrétienne se fonde sur les fondamentaux de l'inexplicable, de l'inaccessible, de l'inconnu, de la plénitude paradoxale autrement troublante, bouleversante, source de basculement par la quintessence du vide, du tombeau vide porteur d'emerveillement et du renvoie à la case du départ, à savoir l'étude assidue, priante, contemplative, lectrice, engagée, agissante et responsable de la Parole de Dieu, Ancien Testament et Nouveau Testament et de la tradition apostolique pour s'imprégner, s'approprier de l'intériorité et de l'extériorité des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des conduites, comportements, attitudes, regards, perceptions, représentations, manières d'être, de construire le sens et de vivre la construction du sens de la communauté à travers la médiation de l'exemplarité de la première communauté chrétienne, telle qu'elle est décrite dans les actes des apôtres pour confesser, proclamer, annoncer, célébrer et témoigner de Jésus-Christ Réssuscité et Vivant notamment par des actes de prédication évangélique, c'est-à-dire d'évangélisation, de fraction de pain, mieux de célébration, de vente des biens, terres, maisons personnels pour une mise en commun. L'exigence vétérotestamentaire et néotestamentaire, évangélique et apostolique de la mise en commun permet d'éviter la recherche de la richesse matérielle personnelle pour favoriser le partage équitable selon les besoins de chacun, la pratique de l'aumône, c'est-à-dire de la solidarité, l'accueil et le ministère de la guérison et de la consolation pour les malades. Ces malades viennent de toutes les villes-et villages. Comme pour les malades, le ministère de guérison et de consolation concerne également les pécheurs, les blessés de la vie, les possedés. Dans la première communauté chrétienne l'accueil et la dynamique de la sacramentalité baptismale annoncent, célèbrent et témoignent de la croissance massive et rapide du peuple de Dieu, des personnes incorporés au Christ en tant que fils adoptifs de Dieu. Les nouveaux baptisés viennent naître à la foi chrétienne et deviennent membres du Corps du Christ, qu'est l'Eglise au sein d'une communauté particulière, notamment la première communauté chrétienne. Ils rejoignent ainsi la pluralité et la complexité de la louange ecclésiale apostolique et chrétienne de la première  communauté chrétienne.

    L'évangéliste saint Jean raconte dans la péricope(Jn20,11-18) le récit narratif de l'apparition de Jésus-Christ réssuscité, le Maître, le Seigneur et le Sauveur à Marie de Magdala qu'il envoie en mission aux prêt des apôtres, disciples et frères en Christ. Qu'est-ce qui s'est passé lors de l'apparition du Ressuscité à Marie de Magdala? Quel est le sens et la signification d'une telle expérience spirituelle et de cette apparition?(A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

  • Que veut dire ressusciter pour la vie éternelle (2M12,38-45+)?

    Mais que veut bien dire ressusciter pour la vie éternelle? Litt."pour une revivification éternelle de vie".-La foi en la résurrection des corps, qui ne se dégage pas sûrement d'Is26,19 et de Jb19,26-27 (cf.les notes), est affirmée pour la première fois ici(et cf.vv.11,14,23,29,36) et dans le passage de Dn12,2-3, en relation lui aussi avec la persécution d'Antiochus Epiphane(Dn11). Cf. encore 2M12,38-46;14,46. Les martyrs ressusciteront, par un effet de la puissance du Créateur,v.23, pour la vie,v.14,cf. Jn5,29, pour une vie éternelle,vv.9,36. On rejoint ainsi la doctrine de l'immortalité, qui sera développé, en milieu grec, et sans référence à la résurrection des corps, par Sg3,1-5,16. Mais, pour la pensée hébraïque qui ne distinguait pas entre le corps et l'âme, l'idée d'une survie impliquait la résurrection des corps, on le voit ici. Le texte n'enseigne pas directement la résurrection de tous les hommes, et n'envisage que le cas des justes, cf.v.14. Dn 12,2-3 est plus clair. "Les doctes resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui ont enseigné la justice à un grand nombre, comme les étoiles, pour toute l'éternité"(Dn12,3). Mais que veut bien dire Daniel en parlant de ceux qui ont enseigné la justice? De quelle justice s'agit-il? Litt"ceux qui ont rendu justes" et donc "les maîtres de justice". Le v. précédent donne à penser qu'il ne s'agit pas ici seulement du renom posthume des saints, comme en Sg3,7(cf. Is1,31), mais d'une transfiguration eschatologique qui affecte leur corps, désormais "glorieux".// Mt 13,43; 1Co15,41-42.

    Le prophète Ezechiel parle aussi de la résurrection de la chair à travers la pericope des Ossements desséchés qui reprirent vie après être investis de l'Esprit de Dieu, Yahvé par la médiation de l'oracle prophétique.(Ez37,10+). // Gn2,7;Ps104,30;Ap11,11;EZ20,4+;Rm8,11. Comme en Os6,2;13,14 et Is26,19, Dieu annonce ici, cf;vv11-14, la restauration messianique d'Israël, après les souffrances de l'Exil (cf.Ap20,4+). Mais par les symboles utilisés il orientait déjà les esprits vers l'idée d'une résurrection individuelle de la chair, entrevue en Jb19,25, explicitement affirmée en Dn12,2; 2M7,9-14,23-26;12,43-46;cf.2M7,9+. Pour le NT, voir Mt 22,29-32 et surtout 1Co15. Le discours eschatologique d'Isaïe66,18-24 met en évidence la promesse de la résurrection des païens convertis devenus missionnaires à travers le monde pour évangéliser le monde entier. Cette promesse eschatologique de la résurrection est celle non seulement des corps, des chairs, des serviteurs de Dieu convertis, des croyants, des chrétiens mais également des nouveaux cieux et d'une nouvelle terre. Elle est particulièrement la promesse de la réalisation de la plénitude ecclésiale, le Corps du Christ, poursuivant à travers le monde la mission du Christ sauveur, c'est-à-dire l'annonce, la proclamation, la confession, la célébration et le témoignage de la Parole de Dieu, Ancien Testament et Nouveau Testament dans la quotidienneté, dans la première communauté chrétienne et dans l'Eglise. L'eucharistie qui fait l'Eglise, célèbre la resurrection de Jésus-Christ pour que l'Eglise, elle-même Corps du Christ réssuscité soit témoin de la resurrection en étant elle-même constituée notamment des survivants. "Les "survivants" des nations,cf45,20-25, sont les convertis, et ils sont envoyés prêcher la foi jusqu'au bout du monde. Il est remarquable que ces premiers "missionnaires"dont il soit question soient des païens convertis. L'exemple de Saint Augustin en est éloquant dans la lignée de la prophétie eschatologique d'Isaïe66,18-24. 

    Au regard du discours eschatologique d'Isaïe66,18-24, toutes les nations seront converties et ramèneront les dispersés d'Israël à Jérusalem en offrande à Dieu, mais c'est Israël qui reçoit les promesses éternelles. Nulle part ailleurs dans l'AT l'universalisme et le particularisme ne sont à un tel point juxtaposés. Des païens convertis auront accès aux fonctions du culte. Même ouverture extraordinaire qu'au v.19. Au culte perpétuel que rendront les adorateurs de Yahvé,vv.22-23, est opposé le châtiment sans fin qui frappera ses ennémis,v.24. Pour ne pas achever la lecture du livre par ce terrible avertissement, l'usage de la Synagogue était de répéter ensuite la promesse du v.23(Is66,23). L'écoute de la Parole de Dieu et l'accueil de la foi au Christ réssuscité ouvre le converti, le disciple, le chrétien à la vie nouvelle et à la proclamation, à la confession, à l'annonce, à la célébration et au témoignage de la résurrection de Jésus-Christ dans la quotidienneté de la vie privée, publique, familiale, sociétale, ecclésiale. Les morts spirituels, sans espérance, sans enthousiasme, asséchés par le poids de la culpabilité, du mal, du péché, de la maladie réssuscitent à la joie complète en revenant au Seigneur par les pointillés de la conversion pour retrouver le rayonnement spirituel par la médiation de leurs actes mentaux, de leurs actes du langage, de leurs gestes corporels, de leurs actes humains, de leurs regards, perceptions, représentations, attitudes,manières d'être et de vivre le témoignage de la mission prophétique, authentique, christique, ecclésiale,chrétienne, citoyenne et societale en bonne intelligence avec le regard de foi, d'amour et d'espérance.(Jn10,27;18,37;Jn3,11+;Jn3,18;1Jn3,14;Jn11,25-26.

    Le paradoxe de la résurrection de Lazare, vu avec l'intelligence de la foi, de l'amour et de l'esperance pour comprendre l'intervention de Jésus-Christ permet de signifier que Jésus sera glorifié par le miracle lui-même.cf1,14+; mais ce miracle entraînera11,46-54, sa propre mort, qui sera aussi sa glorification,12,32+. La résurrection de Lazare est l'oeuvre de Dieu Père par la médiation de la Parole de Jésus-Christ dans la force et la grâce de l'Esprit-Saint. Jn11,44.//Is49,9;Jn19,40;29,5-7;Ps116,3;Ps18,6;Ac2,24.  Le corps de Lazare fût lié des bandelettes avec un suaire sur son visage, en sortant du tombeau sur ordre de Jésus. Le corps de Jésus fut lié de linges, avec les aromates et un suaire autour de la tête(Jn19,40) Au tombeau vide, Marie de Magdala, Pierre et le disciple que Jésus aimait s'aperçurent, s'aperçoivent, voient et constatent l'absence du corps de Jésus-Christ et la présence de la traçabilité de linges qui gisaient par terre tandis que le suaire était roulé, est roulé à part à un endroit. "Pierre cependant partit et courut au tombeau. Mais, se penchant, il ne voit que les linges. Et il s'en alla chez lui, tout surpris de ce qui était arrivé"(Luc24,12). Malgré son omission par quelques témoins, ce verset est à maintenir. De style lucanien en même temps que johannique, il représente une tradition commune au troisième et au quatrième évangile. Lc24,24 lui fait écho, et laisse entendre que Pierre ne fut pas seul dans cette course. "Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit; mais lui, ils ne l'ont pas vu!"(Lc24,24). Que veut bien dire: quelques-uns des nôtres? Ou bien pluriel de généralisation,v.12, ou bien allusion à la visite faite ensemble par Pierre et Jean et contée par Jn20,3-10.

    Personne ne fus témoin direct de la résurrection de Jésus-Christ. Là se trouve le noeud du mystère, la puissance et la fragilité de la foi chrétienne fondée sur le constat du tombeau vide qui renvoie en urgence au basculement de l'appropriation individuelle, personnelle, ecclésiale, communautaire de la Parole de Dieu, Ancien Testament et Nouveau Testament, mais aussi de la Tradition, de la tradition prophétique, christique, apostolique,patristique, ecclésiale, conciliaire pour discerner et construire le sens de la résurrection par la traversée et l'accueil de la révélation cosmique, historique et eschatologique. La foi en la résurrection de Jésus-Christ est de l'ordre de l'accueil du témoignage apostolique et de celle de la première communauté chrétienne décrite dans les Actes des Apôtres. Au tombeau vide, où Pierre entre le premier, il fait le constat de la découverte de la traçabilité des linges qui gisaient terre et du suaire qui avait recouvert la tête de Jésus, roulé à part en un autre endroit. Primauté, hiérarchie, institutionnalité et légalité ecclésiale se trouvent configurés dans la personne, la personnalité et le personnage de Pierre mais aussi dans ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains, ses regards, ses perceptions, ses représentations, ses attitudes, ses conduites, comportements, manières de penser, de vivre, d'agir pour l'unité et la communion ecclésiale, le bien commun temporel et spirituel. Comme témoin de l'autenticité, de la crédibilité légale ecclésiale, objective du tombeau vide, Pierre est renvoyé paradoxalement à la revisitation, à l'écoute et à l'accueil, à l'annonce, à la proclamation, à la célébration et au témoignage de la Parole de Dieu, Ancien Testament et Nouveau Testament ; à la vie de la première communauté chrétienne selon les Actes des Apôtres et de la tradition apostolique ecclésiale.

    "Alors entra aussi l'autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut".(Jn20,8). L'entrée du disciple que Jésus aimait dans le tombeau vide où gisait les linges par terre et où le suaire qui avait entouré la tête de Jésus était roulé à part à un endroit, survient après le constat de la traçabilité du tombeau vide par Pierre exerçant la rationalité de l'objectivité des faits constatés et qui représente l'hiérarchie, l'institutionnel, la légalité, la primauté de la communion apostolique et ecclésiale, l'authenticité, la véracité et la canonicité de la Parole de Dieu, Ancien Testament et Nouveau Testament. La différentielle apostolique de l'entrée du disciple que Jésus aimait dans le tombeau vide après la présence institutionnelle de Pierre est celle de la grâce contemplative de la vision intuitive, béatifiante, amoureuse, extatique et mystique de l'intelligence du coeur, source et siège de l'intellectualité et du sentiment mais aussi de la communion lumineuse avec la rationalité intériorisée par le surgissement de l'intelligence émotionnelle, intuitive,spontanée et lucidement eclairée pour apporter l'assurance confiante herméneutique dans la compréhension, l'interpretation, l'explication, l'explicitation et la construction du sens, de la signification en direct de la réalisation et de l'accomplissement des Ecritures, de la Parole de Dieu, de la foi au Christ ressuscité. Il vit l'accomplissement des Ecritures. Il crut à l'accomplissement des Ecritures. Cette expérience directe apostolique johannique au tombeau vide préfigure et fonde les fondamentaux de toute vie contemplative et mystique ecclésiale et chrétienne notamment dans la première communauté chrétienne, telle qu'elle est décrite dans les Actes des Apôtres, dans la Tradition de l'Eglise, dans la tradition conciliaire  mais aussi dans l'Eglise de tous les temps. "En effet, ils ne savaient pas encore que, d'après l'Ecriture, il devait ressusciter d'entre les morts. Les disciples s'en retournèrent alors chez eux"(Jn20,9-10).// Jn5,39+,Jn14,26+;1Co15,4.

    L'évangéliste ne cite aucun texte. Il veut souligner l'état d'impréparation des disciples à l'égard de la révélation pascale, en dépit de l'Ecriture.Cf.Lc24,27,32,44-45. Les"Ecritures" sont source de vie parce qu'elles nous transmettent la Parole de Dieu,cf.Dt4,1,8,1,3;30,15-20;32,46s;Ba4,1;Ps119;etc. Jésus est le Centre et la Fin des Ecritures, cf.1,45;2,22;5,39,46;12,16,41;19,28,36;20,9. "Vous scrutez les Ecritures parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie!"(Jn(,39-40). Adhérer au Christ, à Jésus-Christ passe par la médiation de l'écoute et de l'accueil de la Parole de Dieu qu'est Jésus-Christ lui-même, exégèse du Père. Rencontrer Dieu dans sa Parole nécessite au préalable l'ouverture à la prévénance du don du Saint Esprit pour entrer dans l'Ecoute de Dieu dans la prière, dans le dialogue personnel et ecclésial avec Dieu, les hommes et la société par la médiation de l'intelligence de la foi, de l'amour et de l'espérance mais aussi de l'intelligence des Ecritures, de l'amour de Dieu, des hommes, d'humanité et de la Création toute entière. "Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit"(Jn14,26+). Dans la première épitre aux Corinthiens 15,1-58, Saint Paul parle de l'accueil de la tradition apostolique, du Kerygme Pascal, de la proclamation, de l'annonce, de la confession, de la célébration et du témoignage de la résurrection du Christ attestée de façon narrative par les récits des apparitions et la foi dans la résurrection des morts. Mais que dit le Kerygme apostolique?

    "Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais-moi-même reçu à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est réssuscité le troisième jour selon les Ecritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze"(1Co15,3-5). Le verset 4("Qu'il a été mis au tombeau, qu'il est réssuscité le troisième jour selon les Ecritures") est le pilier fondamental du Kerygme apostolique. Foi en la résurrection du Christ et foi dans la résurrection des morts sont liés. Certains chrétiens de Corinthe réjetaient la résurrection des morts,15,12. Les Grecs la considéraient comme une conception grossière,Ac17,32+, tandis que les juifs l'avaient peu à peu pressentie;Ps16,10+;Jb19,25+; Ez37,10+, puis explicitement enseignée,Dn12,2+,3+; 2M7,9+.  Pour combattre l'erreur des Corinthiens, Paul part de l'affirmation fondamentale de la proclamation évangélique, le mystère pascal du Christ mort et réssuscité,vv.3-5(cf.Rm1,4;Ga1,2-4;1Th1,10,etc.), qu'il développe en énumérant les apparitions du Réssuscité:vv.6-11,cf.Ac1,8+. A partir de là, il montre l'absurdité de l'opinion qu'il combat:vv.12-34,cf.15,13+. Le Christ est les prémices et la cause efficace de la résurrection des morts, vv.20-28,cf.Rm8,11+. Enfin Paul répond aux objections sur le "comment" de la résurrection des morts,vv.35-53, et termine par un hymne d'action de grâces,vv.54-57. La parole vivante de l'Evangile est transmise, reçue et gardée, mots empruntés au vocabulaire technique de la tradition rabbinique. cf.11,23. Mais surtout cet Evangile est annoncé,vv.1,2, proclamé (v.11, le "Kérygme"),cf. Mt4,23, etc.,objet de foi, vv.2,11,cf. Mc1,15, et porteur de salut, v2,cf.Ac11,14;16,17. Le caractère salutaire de la mort du Christ fait donc partie de la proclamation évangélique antérieure à Paul,cf. Rm6,3. Ces expressions,vv3-4 déjà fixées dans leur formulation, sont le germe des futures professions de foi ( Credo ). La loi en la résurrection du Christ repose sur un témoignage sûr. Paul ne fait aucune différence entre l'apparition du chemin de Damas et les apparitions de Jésus de la Résurrection à l'Ascension.

    Si l'on nie la résurrection des morts, on nie aussi le cas particulier qu'est la résurrection du Christ. Autre interprétation: la résurrection du Christ n'a de sens que comme prémices de la nôtre. Si celle-ci est niée, celle du Christ n'a plus de sens. Mais cette considération n'intervient qu'au V.20. "Mais si le Christ n'est pas réssuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi"(1Co15,14). Ac2,22+. Tous les aspects du message chrétien et de la foi qui lui correspond n'ont de sens que par rapport à la réalité centrale: le Christ réssuscité. Sans elle, tout s'effondre. Car ce qui fait disparaître le péché, c'est la vie nouvelle, participation à la vie du Christ réssuscité;cf.Rm6,8-10;5,2+. Renoncer aux jouissances du temps présent est une duperie, si la mort est une fin définitive. L'immortalité de l'âme n'est pas envisagée hors de la perspective de la résurrection de la chair. "De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ"(1Co15,22). La perspective n'est pas seulement physique et biologique, mais englobe tout l'homme: mort spirituelle du péché, vie réssuscitée dans la justice et l'amour. On remarquera que la perspective de Paul n'inclut pas la résurrection des pécheurs, affirmée en Jn5,29;Ac25,15; cf.Dn12,2. A l'avenement eschatologique, une fois "tout mis sous ses pieds", Jésus se présentera devant son Père pour lui rendre compte de sa mission accomplie. On traduit aussi, à tort:"Mais lorsque l'Ecriture dit que tout lui a été soumis...". Pour Saint Paul, la foi en la résurrection du Christ et dans la résurrection des morts est une conviction, une certitude inebranlable de relevement des morts physiques, spirituels, existentiels par la médiation de la régénération, de la croissance, de la germination, du progrès dans l'incorruptibilité, dans la gloire, la force, le corps spirituel, dans une altérité du corps glorieux, différent de la corporéité physique, existentielle, du corps physique actuelle frappée par la mort à travers les lois du dépérissement et de la corruption.(1Co15,35-44). 

    La certitude de la victoire de l'incorruptibilité du corps de gloire, du corps spirituel donne au croyant la force de progresser. Pour Paul, il ne peut y avoir de foi sans vie en progrès. La dualité des corps terrestres et des corps celestes permet d'anticipe les raisons de croire à l'altérité du corps glorieux, spirituel par rapport au corps physique de l'homme frappé par la décheance, le déperissement, la mort. Et que dire du basculement dans l'altérité?(A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula.Desservant.Curé d'Orbais(Perwez).