• A la mémoire de S.E. Mgr Antoine Mayala-ma-Mpangu, Evêque de Kisantu(RDC)

     Son excellence monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, qui était-il quand il vivait encore sur cette terre des hommes? Monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu est né à Nselo le 03 mars 1926. Il entre au Pétit Séminaire de Lemfu en 1942. Il poursuivra ses études de philosophie à Mayidi de 1949 à 1952. Comme Séminariste-Régent pendant une année de 1952 à 1953, il sera professeur au Collège Notre Dame de Mbanza Mboma. Il rentrera à Mayidi pour les études de théologie de 1953 à 1958. Son ordination sacerdotale interviendra en 1958. Après la proclamation de l'indépendance du pays en 1960, le jeune vicaire sera retiré du ministère paroissial pendant que les paroissiens commençaient déjà à apprécier ses qualités d'homme d'action plein d'initiative ainsi que son zèle apostolique, pour être affecté comme Directeur de l'école normale de Lemfu (actuellement Institut Nguisana). De 1962 à 1971, l'abbé Mayala sera proposé par les autorités diocésaines comme Aumonier National de la jeunesse catholique. De 1965 à 1967, il eut la chance de se perfectionner en sciences sociales à l'Institut Catholique de Paris. Puis il va regagner le Centre Interdiocesain pour achever sa mission.

    Fatigué par un travail apostolique harassant et par la maladie, Monseigneur Pierre KIMBONDO, d'heureuse mémoire, le choisira comme Evêque Coadjutaire et il sera finalement ordonné Evêque le 21 novembre 1971. En 1973, il sera intronisé Evêque Titulaire de Kisantu.

    De 1984 à 1988, il exercera la fonction du "Président de la Commission Nationale des Laïcs pour la Conférence Episcopale Nationale, étant élu par ses confrères evêques.

    Le 25 juin 1988, il se consacre au Coeur Immaculé de Marie, devenant ainsi membre actif du "Mouvement Sacerdotal Marial". Il consacre tout son Diocèse au "Douloureux Immaculé Coeur de Marie".

    Le 4 septembre 1988, il dédie au "Douloureux Immaculé Coeur de Marie", la chapelle du "Centre Emmaüs" dont il est le constructeur.  C'est en tant que "Responsable National du M.S.M (Mouvement Sacerdotal Marial) que monseigneur Antoine MAYALA-ma-MPANGU nous quittera en nous laissant le signe, le témoignage d'une vie tout donnée au Christ, à sa Mère, la Vierge Marie, à l'Eglise, au Diocèse, à la société et au monde.

    Feu Monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, parlait de son enfance avec un grand respect pour sa grande soeur, qui l'avait elevé et qui l'a appris à assumer très tôt les responsabilités parentales(familiales) pour trouver de quoi nourrir la famille en allant à la pêche, à la chasse....Plein de bonté, de compassion, de responsabilité et surtout d'esprit d'entreprise, il a du travailler très tôt la terre pour appuyer sa grande soeur. Celle-ci finira par l'envoyer à l'école pour étudier. Sa vocation tardive lui a permis d'être un homme de foi, d'une bonté exceptionnelle et d'action epris pour la jeunesse. S'il n'était pas devenu prêtre, puis évêque disait-il, il serait peu être un homme d'affaire ou un homme politique ayant pour objectif le bien commun. 

    Sa devise épiscopale:"Fidèle à la foi" trouve son enracinement spirituelle dans la spiritualité mariale:"le OUI" et son enracinement anthropologique dans sa fidélité à l'amitié. Cet amitié, il l'a mis en valeur dans l'apostolat des laïcs et dans toute son action pastorale comme prêtre et évêque. Comme évêque du diocèse de Kisantu, feu monseigneur Mayala, personnalité d'une extrême noblesse humaine exemplaire a été in très bon pasteur, visionnaire et respectueux du travail de ses prédécesseurs, des Pères fondateurs du diocèse de Kisantu, des agents de l'évangélisation et de la pastorale et également de la sagesse ancestrale. Très ouvert aux dons de l'Esprit Saint, il disait toujours que les vocations sacerdotales, religieuses, laïques étaientdes dons du Seigneur au service de l'unité de l'Eglise.

    Homme d'esperance, feu monseigneur Mayala a cru dans l'éducation des enfants pour assurer l'avenir des chrétiens adultes, mûres, responsables et engagés, debout dans le diocèse de Kisantu et pour la nation et le monde. Cette éducation chrétienne basée sur l'évangile est le travail de tous, ce qui implique une attention particulière à l'école.

    Lecteur infatigable de la Bible qu'il étudiait, méditait et priait, il a travaillé pour l'avenement des chrétiens enracinés dans le Christ et rayonnant la paix, la charité et la joie avec dynamisme et plein d'energie, d'enthousiasme. Prophète, feu monseigneur Mayala-ma-Mpangu Antoine a denoncé le peu ou le manque de foi, les vices mais surtout la quête des intérêts personnels au détriment du service de l'Eglise et des hommes. Il a milité pour une meilleure collaboration entre les institutions enseignantes, les pasteurs de l'Eglise et les communautés de base pour offrir aux enfants, aux élèves une bonne éducation chrétienne. Grand Pasteur, il mesurait la vitalité des communautés paroissiales notamment par la vitalité des C.E.V (communautés ecclésiales vivantes), prêchant ainsi l'évangile de proximité, la citoyenneté et l'esprit d'entreprise doublé du sens de responsabilité pour une prise en charge autonome des chrétiens, c'est-à-dire de leurs personnes et de leurs actes. Il veillait à la liturgie célébrée avec respect. L'envoie liturgique devrait donner une mission spécifique aux chrétiens afin que ceux-ci deviennent des témoins concrets du rayonnement de l'evangile dans la vie quotidienne, familiale et dans la société. 

    Ce témoignage trouverait son appui dans la contemplation du Christ, dans le témoignage de nos ancêtres dans la foi, dans la contemplation du Christ, des apôtres, des premières communautés chrétiennes et de nos ancêtres dans l'evangélisation du diocèse de Kisantu au Bas-Congo en République Démocratique du Congo.

    Contemplatif du Christ, crucifié, feu monseigneur Mayala, un très grand spirituel a invité les prêtres, religieux, religieuses, laïcs à porter la croix de l'evangélisation et celle de la détresse du peuple de Dieu avec lucidité et créativité pour être au service de la Vérité de l'Evangile. Chacun selon son appel reçu devrait rallumer les dons du Saint Esprit dans sa vie, dans ses paroles, dans ses pensées, dans ses projets et dans ses actions au service de l'évangile de la vie. (Cette vision, ici c'est-nous qui soulignons personnellement, ne rejoint-elle pas la finalité du croire, du célébrer et du vivre une foi chrétienne traversée par les actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des regards, attitudes, perceptions, représentations, manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de souffrir, de jouïr et de jubiler qui allument le rayonnement d'une joie complète par la médiation de la victoire de la responsabilité personnelle, individuelle, privée et en mode paradoxal et dialectique de la responsabilité ecclésiale, communautaire, publique?).

    Les paroisses, les C.E.V ( communautés ecclésiales vivantes ), les écoles, toutes les institutions d'évangélisation, les mouvements religieux:Légion de Marie, Congrégation Mariale, Renouveau Charismatique, Groupe KA(Kizito et Anuarite), Groupe Bilenge ya Muinda ( Jeunes de la Lumière )... devraient trouver dans l'eucharistie la source de la foi chrétienne et de leur mission. L'eucharistie, lieu d'action de grâce pour toute la création visible et invisible est également le lieu où le fidèle accueille la Parole de Dieu, discerne la volonté de Dieu, son amour, le respect et communie au Christ, à l'Eglise pour travailler à la gloire de Dieu, au salut des âmes et soulager la misère du peuple.

    Veilleur, feu monseigneur Mayala-ma-Mpangu Antoine a donné des directives pastorales claires et précises pour le Renouveau Charismatique montrant par là sa foi à l'action du Saint Esprit dans la vie de l'Eglise et des chrétiens. Attentif aux derives du projet de société et de l'idéal de l'homme-chrétien, feu monseigneur Mayala a interpellé la conscience chrétienne de l'Eglise diocésaine et les hommes de bonne volonté pour qu'ils demeurent dans le Christ des authentiques serviteurs de la vérité, du bien commun, de l'homme et de la société et qu'ils travaillent pour les générations futures. Pour cela les chrétiens, les prêtres, les religieux, les religieuses, les laïcs, tous devraient s'impregner de l'histoire de la première et de la seconde évangélisation afin d'y voir les causes des differents échecs, les confronter avec la situation actuelle pour penser la nouvelle évangélisation par rapport aux défis de société et à l'avénement de la démocratie.

    Comme témoignage, je rends grâce au Seigneur de m'avoir permis d'être le secrétaire chancelier du feu Monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, profondément humain, spirituel, bon, respectueux, attentionné, avec une capacité d'écoute, soucieux du bien commun et humain de l'Eglise particulière et universelle. Il m'a appris le sens de l'Eglise et le service de l'unité de tous les agents d'évangélisation pour l'accomplissement de la mission, pour la gloire de Dieu et le salu des âmes en soulageant la détresse humaine.

    Veritable serviteur inutile, bâtisseur, visionnaire, grand prêtre, grand pasteur, homme de foi, de charité et d'espérance, le peuple de Dieu qui est à Kisantu était sa couronne épiscopale. Ce serviteur de Dieu, digne fils du diocèse de Kisantu, demeure un vrai monument spirituel et pastoral, un vrai trésor de foi, de charité et d'espérance, de responsabilité, d'initiative, de bonté et de dialogue qui milité également pour l'écologie et la qualité de la vie à travers des initiatives socio-économiques et l'agriculture. Éminent Pasteur engagé et Homme de Dieu, avec une éloquence oratoire et épistolaire hors du commun, cet âme apostolique, consacrée à la Sainte Vierge Marie a construit l'Eglise locale de Kisantu dans l'ouverture à l'Eglise universelle et dans la fidélité à ses prédécesseurs en laissant à ses successeurs et au peuple de Dieu le champs d'évangélisation pour les générations futures.

    Voici un extrait évangélique qui résume la quintessence spirituelle du feu monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, évêque du Diocèse de Kisantu(retourné vers le Bon Dieu): "Souvenez-vous de vos chefs, eux qui vous ont fait entendre la Parole de Dieu et considérant l'issue de leur carrière, imitez leur foi. Jésus Christ est le même hier et aujourd'hui, il le sera à jamais. Ne vous laissez pas égarer par des doctrines diverses et etrangères" (Hebreux 13,7-9).

    Que dire de la vie, des oeuvres et des témoignages d'un vrai trésor de foi et d'un très grand Pasteur? Saint Paul nous aide à répondre à cette question dans ses mots à lui quand il s'adresse à Timothée: " A Timothée mon enfant bien-aimé, grâce, miséricorde, paix de par Dieu le Père et le Christ Jésus notre Seigneur. Je rends grâce à Dieu que je sers, à la suite de mes ancêtres, avec une conscience pure, lorsque, sans cesse, nuit et jour, je fais mémoire de toi dans mes prières"(2 Tim 1,2-3).  Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

     

     

     

     

     

  • Ma passion d'élèvage à la paroisse de N'Dembo:Boucs, chêvres...

    A la paroisse de N'Dembo, j'y la passion de m'occuper notamment de l'élèvage. Je m'occupais très bien des boucs, des poules, des coqs, des moutons. J'étais souvent avec monsieur l'abbé Louis Ns'ila dans ce travail notamment du jardinage pour travailler la terre et cultiver, planter, arroser les légumes, choux, poireaux, épinards, céléries... Parfois, il me commandait pour aller déposer des sacs des pains et des casiers des bières: de schol, de primus, de sucré dans différentes communautés chrétiennes vivantes (C.C.V) ou de bas (CB) auprès des catéchistes et régionnaires de la région qui savaient rallier l'annonce de l'évangile, la préparation aux sacrements et les attentes socio-économiques des communautés pour les besoins des premières nécessités. A chaque fois, que je devais faire le tour pour récolter les fonds, les produits des ventes avec les livres des caisses, je m'empressais au retour pour voir monsieur l'abbé curé Louis N'sila et pour lui faire le point et lui remettre les comptes, exigeant des signatures des documents pour les sommes perçues. Il lui arrivait de me demander de rentrer avec l'argent et de le revoir bien plus tard en semaine ou dans les mois qui suivaient. Je lui suppliait de m'epargner de ce calvaire et des tensions psychologiques inutiles. J'exigeais que les comptes soient réalisés dès mon retour à partir du momeny où il était à la cure. Il se moquait de moi, avec humour:"Mon fils, me disait-il, j'ai été économe du diocèse de Kisantu pendant plusieurs années; l'argent, même s'il ne vous appartient pas, le fait de le garder, de le compter, de le gérer vous donne de la santé et des assurances, une bonne morale. Il faut aimer l'argent, savoir le manipuler, surtout quand on vous le demande, cela fait partie de notre vie. Car l'argent appelle l'argent..."

    Je lui disais toujours, je vous comprends très bien mais par précaution, je n'ai aucune garantie de sécurité dans ma chambre de la cure, au vu de mes activités et de tous ceux et celles qui y passent. C'est pour prévenir le pire que je vous propose avec insistance de m'epargner des soucis supplémentaires. Il finissait par me comprendre en rigolant. Il me disait souvent: " tu serais et ferais un très bon économe... " et il reprenait l'argent. Il signait les livres des caisses en me remettant les copies pour moi et pour les différentes communautés chrétiennes vivantes, car j'exigeais de la transparence et de la traçabilité pour plus d'harmonie et de contrôle dans la collaboration directe entre nous, sans opacité, tout était clair et dans la bonne humeur, faisant grandir l'estime mutuel, la confiance et le serieux dans le travail.

    A la fin de l'année pastorale et scolaire, monsieur le curé Louis N'Sila et les révérendes soeurs supérieure et directrice de l'école primaire des filles de N'Dembo avaient fait un très bon rapport à son excellence monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, évêque de Kisantu, pour me recommander d'entrer au grand séminaire de Mayidi. Après m'avoir reçu en colloque singulier, son excellence, fût bouleversé de voir que les deux rapports du curé et des soeurs étaient en ma faveur et tous n'avaient revelés aucun point en ma défaveur. Il décida de m'envoyer pour une seconde année en régence, en observation dans une autre paroisse à N'sanda.

    Quand les révérendes soeurs de sainte Marie à Ndembo et monsieur le curé de Ndembo apprirent que notre Père évêque m'avait admis comme séminariste mais qu'il voulait s'assurer davantage et qu'il avait decidé de m'envoyer à N'sanda dans une autre paroisse, ils virent en délégation trouver l'évêque, lui proposant, si tel était le cas, que je ne pouvais pas immédiatement aller au Grand Séminaire de Mayidi, qu'il me remette à Ndembo entre leurs mains. Ils obtinrent donc de son excellence monseigneur l'évêque une réponse favorable à leur demande. Notre Père évêque, son excellence monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, me convoqua de nouveau, pour m'annoncer, qu'à la prière incessante et du curé et des soeurs de Sainte Marie de Kisantu, il m'autorisait de regagner la paroisse de Ndembo, en assurant les mêmes services, enseignement en sixième primaire chez les soeurs et soutien pastoral au curé et  vicaires avec une préoccupation essentielle pour l'encadrement des jeunes BILENGE YA MUINDA "JEUNES  DE LA  LUMIERE" de Ndembo et pour l'encadrement des enfants du Groupe KA (KIZITO-ANUARITE)...

    Dans ce saga, même les régionnaires et catéchistes de la paroisse de Ndembo virent en délégation pour s'enquerir auprès de l'évêque et solliciter ma reconduction à la Paroisse de Ndembo au cas où je n'entrais pas directement au Grand Séminaire de Mayidi.

    Je repris le chemin de Ndembo en sollicitant un écris officiel à l'évêque, reprenant ses paroles et les raisons de cette reconduction. C'est ce qui fus fait.  Une année après, je fus autorisé par son excellence monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu d'entrer au Grand Séminaire de Mayidi pour commencer les études de philosophie...Il m'expliqua également que ma reconduction pour une deuxième année de stage en paroisse était voulu sciemment au regard des défis qui m'attendaient dans l'avenir afin de bien m'impregner de la vie sacerdotale  à travers les exemples du curé et des vicaires, mais aussi de m'impregner de la vie pastorale et religieuse.

    Pendant que je suis autorisé par l'évêque d'entrer au Grand Séminaire de Mayidi, on répandit entre temps des ragots qui circulèrent à travers tout Kimvula que je fus viré et non accepté à poursuivre mes études pour accéder au sacerdoce. Je me souviens très bien: à ma première rentrée académique à Mayidi, de la réaction du séminariste d'alors, devenu prêtre, originaire de Kimvula, l'abbé Zephyrin Luzolo Mvunzi Kiese. Il revint de notre territoire commun, du centre de Kimvula. A peine, qu'il me perçu devant la cour et le halle d'entrée du Grand Séminaire de Mayidi, il s'exclama: "Que fais-tu ici? Je viens du village et là tout le monde dit que tu n'as pas été accepté pour la seconde fois au Grand Séminaire de Mayidi et que tu as été même renvoyé pour question d'immoralité". Avec mon calme legendaire et ma philosophie, je souris et lui dit que je suis bien là pour entamer mes études de philosophie, me conduisant au sacerdoce, me mettant cette fois-ci comme lui sur un même bateau. Le séminariste de l'époque, Zephyrin Luzolo Mvunzi Kiese, ne me crut pas d'emblée. Il exigea de m'accompagner au valve des inscriptions officielles et de vérifier avec moi, si mon nom s'y trouvait réellement, avant de me croire. Ce fûs à la manière de Saint Thomas. Je l'accompagna avec sereineté, douceur, humilité et calme, mais fier et sûr de moi-même. "Il vit et il crut". Du doute, du désarroi, il passa à la jubilation, me serrant très fort dans ses bras et m'accompagnant pour prendre possession de ma chambre, car lui, il était déjà un des anciens....

    Dès la rentrée académique officielle et la reprise des cours, tout se passa à merveille. Vint le temps d'élire les membres dans différents services de la communauté et dans les responsabilités des promotions(chefs des classes). A l'issue des scrutins, je fus élu doyen de la première année de philosophie au Grand Séminaire de Mayidi et membre permanent du COSEM (Conseil des Séminaristes, organe officiel de gestion du Grand Séminaire en bonne intelligence avec le rectorat et l'équipe des professeurs. Je fûs dans ce cadre responsable de la "Commission du Contrôle Budgetaire du COSEM".

    Le rectorat, avec monsieur l'abbé Hypolite Ngimbi Nseka(Recteur) et l'équipe professoral me désigna pour le " Jury Universitaire" aux Facultés Catholiques de Kinshasa. Je fus également un des responsables de l'économat au Grand Séminaire de Mayidi. Après un parcours excellent de trois années à la fois de philosophie au Grand Séminaire de Mayidi et du Jury Universitaire aux Facultés Catholiques de Kinshasa, couronné avec le mémoire de philosophie:(Graduat):"L'élan vital dans la Philosophie d'Henri Bergson", son excellence monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu m'enverra avec le séminariste Nkasa Luvualu Antoine aux Facultés Catholiques de Kinshasa pour le graduat en Théologie couronné de ma part par un mémoire de fin d'étude:"Foi chrétienne et Engagement politique dans la Pensée de Réné Coste" et ensuite pour la licence en théologie couronnée avec le mémoire:" La conscience comme norme subjective de l'agir moral. Une étude de morale fondamentale".

    Je suis ordonné diacre au Campus dans l'église par son excellence monseigneur Monsengo Pasinya, à l'époque président de la Conférence épiscopale et actuellement éminence, Cardinal en République Démocratique du Congo. Avant mon ordination diaconale, l'abbé recteur du Séminaire Universitaire, l'abbé Ngimbi Nseka me fait quelques soucis. L'évêque l'en appellera à sa conscience au vu de son rapport sur moi pour qu'il se prononce clairement. Car, pour l'évêque, il m'a envoyé entre ses mains pour être eduqué. L'abbé Ngimbi Nseka cédèra, avec beaucoup des douleurs et acceptera mon ordination comme diacre, à la lecture de la lettre de l'évêque, en réponse à son rapport annuel sur moi.  

    Mon oncle paternel, papa Joseph Nsisi s'investira pour mobiliser la famille à Kinshasa et préparer mon diaconat dans la précipitation car les enjeux et le temps furent très serrés. Je remercie ici monsieur l'abbé Hypolite Ngimbi qui m'a ouvert la voix au sacerdoce en acceptant que je sois ordonné diacre après lecture de la réponse de l'évêque.

    Je deviens prêtre le 30 juillet 1989 à la cathédrale de Kisantu au Bas-Congo et je suis ordonné personnellement à midi juste. Dans cette ordination  nous sommes avec d'autres confrères: Nkasa Antoine, Mundele Nsingi Laurent, Mbamba Makumbu, Apolinaire Malembi, Nsingi Diayinda(paix à son âme). Nous sommes tous ordonné par monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu entouré du vicaire général(Monseigneur Makela-Nkuni Ignace) et de l'ensemble du Presbytère.

    Ordonné, le 30 juillet 1989 à 12h00 dans la Cathédrale de Kisantu(Bas-Congo), durant mon ordination sacerdotale, par son excellence monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, qui est retourné vers le Bon Dieu, depuis lors voici dix neuf ans, je priait le Seigneur avec les Paroles du Roi Salomon pendant mon ordination, pendant qu'il m'imposait les mains et me mettait de l'huile sainte: Je disais dans ma prière intérieure:" Seigneur je ne te demande ni or, ni argent, ni pouvoir, ni les honneurs, donne-moi la Sagesse qui vient de toi". Et le Seigneur me répondait comme au Roi Salomon: "Puisque tu ne m'a demandé ni l'or, ni l'argent, ni le pouvoir, ni les honneurs, je te donne la Sagesse que tu as demandé. Et en ayant la sagesse, tout le reste viendra à toi, pouvoir, argent, honneurs, savoir, or..."

    Tout au long de mes études au Grand Séminaire de Mayidi et à Kinshasa j'ai un soutien sans faille de papa honorable NSISI  MAKENGO  BAYEKULA et de toute la famille. Il prendra en charge et coordonnera les différentes fêtes de mon ordination diaconale et sacerdotale.

    Avant l'ordination sacerdotale, nous sommes allés en retraite à MANRENZA (à KIMWENZA). Pendant la retraite sacerdotale, je reçois les Paroles du Seigneur: "Pierre m'aimes-tu?" ( Trois fois ). Le combat de Jacob resurgit avec incision au fond de mon coeur, remettant tout à plat et revisitant cette histoire de ma vocation sacerdotale. Au terme de cette réflexion, méditation, prière, colloque singulier, de vérité, au terme de ce travail de labour, de labeur, de confrontation dans la vérité et de déstabilisation, je finis par répondre au Seigneur avec les mêmes phrases de Saint Pierre: "Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime". Cette parole accueillie sera inscrite dans mon effigie d'ordination sacerdotale. Après ma réponse à l'exigence de vérité de l'appel du Seigneur, le même Seigneur me donna encore une autre parole durant cette retraire: "Je crois et je parlerais..."(Psaume 116.12 (114-115). " Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait?" " J'eleverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom de Yahvé davant tout son peuple" " Notre Dieu aime avec tendresse" (Ps116.5).  

    De 1990 à 1993, je fûs secrétaire chancelier et archiviste du diocèse de Kisantu, secrétaire chancelier de son excellence monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu. Le premier septembre 1993, je suis venu en Belgique pour des études de doctorat en théologie morale, que je n'ai pas mené à terme faute d'encadrement réel et de toutes les difficultés traversées à Perbais à l'époque dans le cadre pastoral. Depuis lors je suis resté en Belgique. Ce livre que je viens d'écrire est une façon pour moi de réaliser ce travail autrement par la thématique de l'agir pluriel: "Eh moi je ne suis qu'un jeune homme, je ne sais pas agir en chef".( Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

     

  • Ce que je propose à mon papa à la fin de la 2ème secondaire.

    Déjà à la fin de ma deuxième secondaire, je propose à mon papa de m'envoyer au petit séminaire de Lemfu. Mais l'abbé préfet, Charles N'LUBA SAMPU TEMPA refuse de me lâcher, expliquant que j'étais la fierté de l'institut. Il va ajouter que si la vocation se confirme, Hubert pourrait faire le grand séminaire de Mayidi après ses humanités secondaires car vatican II et le Pape autorisent cela maintenant... Je passe outre mon adolescence, ses joies, ses peines, ses déboires... A la fin de mes humanités pédagogiques, je deviens professeur à l'institut secondaire M'Vula N'Longi au centre de Kimvula. Je suis professeur d'anglais en deuxième et en en troisième humanités et professeur de Mathématique en première année, en deuxième année et en troisième année... Le premier salaire, avec rappel, je le donne à papa et j'exige d'habiller mes deux grandes mères paternelle,"Nkaka MAGUKU", mère de mon papa et maternelle, "Nkaka MVINDU", mère de ma maman.  Quelques mois plus tard, je vais voir mon papa à l'hopital dans son bureau, alors qu'il sort de la salle d'opération, après avoir opéré plusieurs malades et je vais lui demander officiellement l'autorisation de m'accorder la permission d'aller au Grand-Séminaire de Mayidi pour devenir prêtre, en espérant être admis par l'évêque du diocèse de Kisantu.  Papa demande conseil à sa maman, notre grande mère paternelle, Nkaka Maguku, qui va jubiler de joie à l'annonce de cette demande et à la connaissance de ce projet, alors qu'elle dejà plus de quatre vingt sept ans. Elle va jubiler comme faisait à l'époque son mari, mon grand père et elle exigera de fêter l'événement avec toute sa famille... Mon papa souhaitait que je fasse la médecine véterinaire à l'Université de Lubumbashi au Katanga. Il aimait s'occuper des bétails,ses poules,ses chèvres, ses pigeons, ses cochons, un peu dez moutons et revait un enclos des boeufs.

    Un ami de papa, lui propose de m'amener à Kinshasa, chez son neveux, qui s'occupait des inscriptions universitaires notamment pour Lubumbashi. Je suis parti à Kinshasa pour faire ces démarches et je suis accompagné par un ami, Miphin Minzika. Un jour nous sommes en ville à Kinshasa pour payer les billets d'avion car Muphin Minzika voulait venir avec moi à Lubumbashi. Pendant que nous étions dans la file pour acheter le billet d'avion en ville,  je vois une bande de voleurs en train de voler l'argent de Minzika devant mes yeux alors que tous nous sommes en rang. Erreur de jeunesse, je dénonce publiquement ce vol et après tout le gang se retourne contre moi me tabassant à mort. A l'arrivée de la police, ils changent tous le discours m'accusant faussement, soi disant que c'était moi le voleur et qu'ils venaient de m'attraper parce qu'ils me poursuivaient depuis longtemps à partir de là où le vol avait eu lieu jusqu'au moment où je voulais aller à Lubumbashi.  Je serais minoté, mis au coffre de la voiture, tabassé au cachot à Kin Masière, blessé grièvement sur la tête... Quand je vis le sang couler sur ma tête, je m'identifia à la passion du Christ, à la souffrance de l'innocent: je dis: "Seigneur, si je sors vivant d'ici, je vais te servir, uniquement servir que toi, car dans ma chair et dans mes os, je subis ici et maintenant ta passion..."

    Je suis jugé à six reprises par le chef militaire ou de la police. Il me pose des questions de vérification pour savoir si les identités que je portes sont vraiment les miennes où si je les ai volé. Je lui répond à toutes les questions, si astucieuses soient-elles: nom, prénom, date et lieu de naissance, date de livraison des documents, numéro d'identité nationale, la personne qui les a livrée... Dieu merci pour moi: un autre miracle:"je fais mémoire des dernières leçons que mon papa, Pascal Ndubukulu Nzau Ngula m'avais appris pour mémoriser tous les données des mes identités, dans tous les détails, par précaution, car je partais plus loin, à Lubumbashi, pour la première fois où je n'avais personne et ne connaissais personne. "Une personne responsable, me disait papa doit avoir la maîtrise des données de ses identités nationales".  Je suis également interrogé sur mon lieu de résidence à Kinshasa, sur mon agenda du jour, sur l'authenticité du billet d'avion, sur la personne qui devrait m'accompagner.... Autre miracle: je fais mémoire du rêve prémonitoire: où j'avais vu mon oncle maternelle Jean Makengo, frère aîné de ma mère, venir à ma recherche  la veille de mon départ à Lubumbashi et je voyait dans ce rêve, dans cette vision mon nom qui était inscrit et écrit en majuscule dans le ciel à plusieurs reprises, plusieurs fois en grand caractère, sans savoir pourquoi. A l'issu des auditions, des jugements, des passages à tabat, l'autorité militaire et policière convoquera son bureau. Après débat et délibération, ils jugeront de mon innocence. Il me faira venir dans son bureau et me parlera en français en ces termes:"Mon fils, tu es innocent. Mais je suis triste pour toi. Tu dois avoir des problèmes dans ta propre famille, au niveau des pratiques maléfiques, diaboliques, où avec la sorcellerie, on t'a jetté un triste et mauvais sort pour que tu ne réalises pas ce projet d'études universitaire en sciences vétérinaires à l'Université de Lubumbashi et à la limite pour que tu disparaisse. C'est la nuctosophie qui t'a broyée. Mais Dieu est très GRAND, il est le Plus GRAND.  Ton DIEU t'a sauvé de justesse. Courage, donnes-moi l'adresse de la nièce de ton papa à Mbinza, mes agents de confiance vont immédiatement aller te déposer dans ta famille. N'aie pas peur. Tu es très malade car tout ce passage à tabat, toutes ces grosses blessures, tous ces jeux devenus rouges...il faudra immédiatement qu'on t'ammène à l'hopital et qu'on te soigne. Tu pourras te retablir. Voici la lettre de témoignage pour tout ce que je viens de dire. Signe là et va avec la copie. Priez beaucoup et remercie ton Dieu".

    Je suis pris dans un véhicule militaire jusqu'à Binza chez la tante Nianga. Arrivé là tous vont prendre la fuite à cause de l'arrivée des véhicules militaires et des polices. Mais ces agents les feront revenir et leurs expliqueront ce qui m'est arrivé alors que je partais acheter le billet d'avion pour aller à Lubumbashi. Les militaires et les policiers expliqueront ce qui m'est arrivé et mon innocence après des interrogatoires d'une journée et l'exigence de m'amener immédiatement à l'hopital pour des soins appropriés. Quand la nouvelle arrivera au village à Kimvula ça sera la consternation. Papa viendra immédiatement à Kinshasa. Après ma sortie de l'hopîtal d'une durée des deux mois, papa me ramènera au village à Kimvula pour suivre des traitements tant au niveau traditionnel qu'au niveau médical. Pendant plus des six mois ou même une année, je ferais des cauchemars me trouvant chaque fois nuit entrain d'être enterré...

    Après une année, je me rétablis mais je retombe malade de nouveau: de la fièvre suivie de l'hépatite, avec tous deux yeux jaunes. Je serais hospitalisé de nouveau pendant quatre mois et serait en repos médical pendant un an... Après mon rétablissement, je suis sollicité à enseigner, à reprendre mes cours à l'institut Mvula N'longi au centre de Kimvula. J'y enseigne de nouveau durant quelques années. Je serais de ceux qui accueilleront la vague de l'implantation des écoles musulmanes dans la région. Mais cette vague sera très combattue. Je serais également de ceux qui accueillerons les témoins de Jehovah dans leur prosélytisme et encouragera notamment leur expansion dans la région dans un esprit d'ouverture. Mes parents s'y opposeront farouchement... Après je viens à Mbanza-Ngungu chez mon oncle maternel, SANGA DISUKA, aujourd'hui défunt. Je viens chez lui pour me reposer et ensuite je viens à Kisantu chez la soeur cadette de ma mère, Maman Madeleine KUBULA. En étant chez elle, je rencontre l'inspécteur de l'enseignement officiel primaire et secondaire, Philippe NZUNDU, originaire de Kimvula. Il va me proposer d'aller enseigner à N'DEMBO, à l'école primaire des filles chez les soeurs de Sainte Marie de Kisantu en sixième primaire. J'acceptes. Le Miracle:" C'est au cours de ce voyage, exactement comme l'apôtre Paul que dans la Land Cruiser du curé de la Paroisse de N'dembo, monsieur l'abbé Louis N'SILA, que le miracle décisif se produisit: la confrontation sérieuse dans la vérité avec l'exigence de l'appel du Seigneur, mon refus, ma crainte, ma revolte, ma mélancolie par rapport au projet de fonder famille et de réaliser autrement ma vie. 

    L'appel devenant de plus en plus exigeant, le refus de plus en plus exigeant, je questionnais intérieurement le Seigneur, lui livrant mes craintes par rapport à mon avenir. Il me répondra:"Tu ne seras pas et n'est pas seul, regarde devant toi, à travers le monde, ceux qui ont répondu généreusement à mon appel, ils sont nombreux à être épanoui, à vivre heureux, pourquoi pas toi? Tu vivras épanoui et heureux, répond moi". Douloureusement, après avoir revu comme dans un film le resumé de ma vie, de mon histoire et celle de notre famille, le Seigneur m'ouvrit les yeux et je lui répondu:"Oui Seigneur, je suis ton serviteur, que tout se passe pour moi comme tu le dis, comme tu le veux". Dès lors une joie intérieure, intense, intime, une renaissance, une liberté nouvelle m'envahirent pour ne plus jamais me quitter. Le Seigneur me libéra et me sauva...

    Arrivé à Ndembo, immédiatement, je fus part à la révérende soeur supérieure des soeurs de Sainte Marie de Kisantu dans la communautéet à la révérende soeur directrice, maman Mandiangu et à Ya Chinois de cette expérience bouleversante que je venais de vivre en direct sur ma route. Je fus part également de cette expérience à monsieur l'abbé curé Louis Nsila, en leurs sollicitant de me porter dans leurs prières et de m'aider à discerner ce combat de Jacob. Dès lors, j'y accentué ma dévotion particulière à la Vierge Marie, dévotion très ancrée en moi, depuis ma naissance à Kimvula. Mais à Ndembo, je decouvre de façon particulière la dévotion à Sainte Rita, la Reine des causes désesperées, grâce au révérend père jésuite, Henri Matotal, prédicateur diocésain itinérant des retraites paroissiales, avec qui je partagea mon combat de Jacob, cette expérience insistante et tenace de l'appel du Seigneur et l'exigence d'une réponse aussi radicale. Je lui demandait aussi de me porter dans ses prières.  

    Je fus très bien encadré par monsieur l'abbé curé Louis Nsila, par tous les légionnaires et catéchistes, par la chorale, le mouvement des jeunes et les vicaire de la paroisse, monsieur l'abbé Mafuala et l'abbé Simon Mafundi. Je fus très bien encadré aussi par toutes les révérendes soeurs de la communauté des soeurs de Sainte Marie de Kisantu à Ndembo notamment maman Mandiangu, maman Monique, ya Chinois, soeur Beya et tata Emile; je fus très bien encadré aussi par l'aspirant séminariste Focas à l'epoque. Mais comment je m'occupais en dehors de l'enseignement primaire?(A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).