• Le Psaume 97.

    II.1.1.b. Le Psaume 97 dans la perspective évolutive de l'alliance noachique.

    Le cri du psalmiste au Psaume 97(96) est celui de la jubilation pour un Dieu de vie pleine dont l'agir divin inspire, comble et mobilise intérieurement les croyants promoteurs de l'agir pluriel, des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des attitudes, comportements, conduites, regards, perceptions, représentations, manières d'être, d'agir, de penser, de vivre, de souffrir, de jouïr et de jubiler qui servent le vivre ensemble harmonieux multiconvictionnel et multiculturel, voir multisociétal dans les actes pluriels de justice, de légalité, de droiture, de cohérence, de crédibilité, de transparence, d'honnêteté, de partage et de solidarité, mais aussi de paix, de pardon et réconciliation.

    Des tels actes pluriels humains qui rencontrent l'agir pluriel de Dieu dans  l'intériorité et dans l'extériorité de la vie et des actes pluriels des croyants, des chrétiens, des hommes illuminent les vies entières et rayonnent le bonheur partagé en relativisant toute recherche effrenée de la pluralité des idoles de l'avoir, du savoir, du pouvoir, du valoir. La jubilation, la louange, la joie complète partagée par des âmes profondément justes, droites, généreuses, bonnes, lucides, rigoureuses rélèvent les fidèles, les personnes, les gens, les peuples de l'exclavage notamment moderne, de l'exploitation et de la descente tragique dans la cruauté, la mechanceté, le mal, les maux pluriels, individuels, relationnels et sociétaux. (Ps97(96),1-12.

    La sainteté de la vie chrétienne et ecclésiale est reconnue par le peuple de Dieu, par l'humanité et par l'hiérarchie notamment de l'Eglise. Elle est veçue dans la vie privée et publique, dans la famille, la communauté, la paroisse, l'Eglise, dans la société et dans le monde avec un rayonnement lumineux interplanétaire. Ce rayonnement est porteur de la joie complète, du bonheur partagé au niveau privé, public, interplanétaire multiconvictionnel et multiculturel. Cette sainteté de vie est exprimée et signifiée notamment par des chants d'acclamation, de louange et des cris de joie pluriculturelle, pluriconvictionnelle en bonne intelligence avec notamment la beauté de la liturgie. La liturgie et les expressions profanes de la louange prennent en compte la louange internationale et universelle pour la gloire de Dieu, le salut des gens, de l'humanité et la joie multiconvictionnelle notamment catholique de la louange internationale et universelle ouverte également à la multiconvictionnalité et à la multiculturalité.

    "Chantez à Yahvé un chant nouveau... Acclamez Yahvé, toute la terre, éclatez en cris de joie. Jouez pour Yahvé sur la harpe, au son des instruments, au son de la trompette et du cor acclamez à la face du roi Yahvé... Que tous les fleuves battent des mains et les montagnes crient de joie, à la face de Yahvé, car il vient pour juger la terre, il jugera le monde en justice et les peuples en droiture"(Ps98(97),1-9.

    1Pierre 3,18-22 fait un parallélisme entre les actes salvifiques de Dieu par la médiation des actes pluriels noachiques de Noé dans l'alliance noachique où Noé sauva un petit nombre (huit personnes) dans l'arche, avec des couples des différents animaux, oiseaux, insectes, ce qui amena la promesse et l'engagement de Dieu. Cette promesse et cet engagement consiste en ceci: Dieu promeut et s'engage devant Noé de ne plus détruire son peuple en dépit de l'horrible perversion interplanétaire. Cette promesse et cet engagement de Dieu en faveur de la vie pleine et non de la destruction est accomplie dans le Nouveau Testament par la médiation du salut apporté dans l'agir et l'engagement personnel de Jésus-Christ dans sa mort et dans sa résurrection pour ouvrir à la promesse de la vie nouvelle par la médiation du sacrement de baptême qui introduit dans l'Alliance Nouvelle, dans l'Eglise,Corps Mystique du Christ, dans le Royaume de Dieu.

    "Le Christ lui-même est mort une fois pour les péchés, juste pour les injustices, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été vivifié selon l'esprit. C'est en lui qu'il s'en alla même prêcher aux esprits en prison, à ceux qui jadis avaient réfusé de croire lorsque se prolongeait la patience de Dieu, aux jours où Noé construisait l'Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l'eau" (1Pierre3,18-20).

    Jésus a traversé l'expérience de la triple tentation et a veçu en son temps en direct la cruauté de l'exécution de Jean-Baptiste pour son témoignage et son enseignement avant de prendre la rélève et de répercuter l'urgence et la nécessité de l'impératif de la conversion chrétienne, de l'adhesion croyante en sa personne et en son enseignement pour construire le bonheur du vivre ensemble avec les autres au niveau interplanétaire selon la volonté de Dieu pour la réalisation du Royaume de Dieu. Mc1,12-15.

    "Les temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche: repentez-vous et croyez à l'Evangile." (Mc1,15). L'appel à la conversion est également repercuté dans l'Ancien Testament dans l'expérience d'Abraham appelé à sacrifier son fils unique Isaac.

    II.1.1.C. L'Alliance de Dieu avec Abraham: Gn 22,1-18; Ps115;Rm8,31-34;Mc9,2-10.

    Dieu eprouve Abraham sur la montagne et l'invite à sacrifier son unique fils pour lui témoigner de sa fidélité exclusive à son appel et de sa réponse exclusive pour accomplir la mission. A l'autel du bois du sacrifice, Abraham sera arreté par Dieu lui-même qui va vouloir la vie du fils unique d'Abraham et lui présenter autre chose, un bélier pour le sacrifice rendu à Dieu. Au terme de cette épreuve réussie par Abraham qui montre son amour exclusif, sa foi exclusive et son obéissance exclusive à Dieu, Yahvé, Dieu établit l'alliance Abrahamique:

    "L'Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel et dit: "Je jure par moi-même, parole de Yahvé: parce que tu as fait cela, que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis. Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m'as obéi." (Gn22,15-18).

    A qui donne à penser le sacrifice d'Abraham? Récit probablement de tradition élohiste,vv.1-14 et 19, où par respect de la tradition, on garde le nom de Yahvé,vv.11 et 14. Les vv.15-18 sont une addition. A l'origine peut se trouver un récit de fondation de sanctuaire israélite où, à la différence des sanctuaires cananéens, on n'offrirait pas de victimes humaines. Le récit actuel justifie la prescription rituelle du rachat des premiers-nés d'Israël:ceux-ci, comme toutes les prémices, appartiennent à Dieu, toutefois ils ne doivent pas être sacrifiés mais rachetés,Ex13,11. 

    Le récit implique donc la condamnation, maintes fois prononcée par les Prophètes, des sacrifices d'enfants, voir Lv18,21+. Il y ajoute une leçon spirituelle plus haute: l'exemple de la foi d'Abraham qui trouve ici son point culminant. Les Pères ont vu dans le sacrifice d'Isaac la figure de la Passion de Jésus, le Fils Unique. Dans le Psaume 116(114-115), la réponse d'action de grâces aux actes pluriels libérateurs de Dieu, Yahvé pour son serviteur simple, humble et souffrant devient une réponse d'alliance sous un mode poétique d'emerveillement et de promesse:

    "Comment rendrai-je à Yahvé tout le bien qu'il m'a fait? J'élèverai la coupe du salut, j'appelerai le nom de Yahvé, oui, devant tout son peuple... De grâce, Yahvé, je suis ton serviteur, je suis ton serviteur, fils de ta servante, tu as défaits mes liens. Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâces, j'appellerai le nom de Yahvé. J'accomplirai mes voeux envers Yahvé, oui, devant tout son peuple, dans les parvis de la maison de Yahvé, au milieu de toi, Jérusalem."(Ps116(114-115),12-19).

    Dans Rm8,31-34, saint Paul insiste sur la justification par la foi dans l'hymne à l'amour de Dieu pour notre propre salut et le salut du genre humain. "Que dire après cela? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? (Rm8,31). Cette assurance est donnée en direct par Jésus à Pierre, Jacques et Jean par la médiation de l'expérience de la transfiguration Mc9,2-10. Cet épisode clôt la première partie de l'évangile et fait inclusion avec la scène du baptême du Christ, 1,9-11+: la même voix céleste s'y fait entendre, faisant allusion à Ps2,7 et à Is42,1, mais au baptême, elle s'adressait au Christ seul, ici, elle s'adresse aux trois disciples présents, comme pour confirmer la profession de foi de Pierre. Dans la scène du baptême, Jésus, apparaissait comme un nouveau Moïse; de même ici ce que souligne la voix Céleste disant:" Écoutez-le" Dt18,15.

    La "haute Montagne" où le Christ est "transfiguré v.2 évoque le Sinaï, où Moïse rencontra Dieu et en redescendit, le visage illuminé de la gloire divine, Ex34,29-30. La nuée qui prend les disciples sous son ombre évoque le texte de Ex40,38. On comprend alors pourquoi, après la Transfiguration, Jésus se consacre à la formation de ses disciples,9,30-31, et leur donne quelques principes d'une éthique chrétienne. 9,35-10,45.  Que dire de la rencontre entre Dieu et Moïse au Mont Sinaï ?. Que dire de l'alliance de Dieu avec Moïse au Sinaï? (A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

     

  • Alliance Nouvelle, norme objective de l'agir moral.

    II. L'ALLIANCE NOUVELLE: NORME OBJECTIVE DE L'AGIR MORAL.

    II. 1. ANCIEN TESTAMENT: A.T.

    Dans l'Ancien Testament, Dieu, Yahvé établit des liens privilégiés majeurs avec son peuple à travers trois moments relationnels fondamentaux, historiques et théologiques, spirituels des liens contractuels entre Dieu et son peuple choisi, peuple d'élection par des médiations humaines, historico-géographiques, territoriales et évenementiels. Il s'agit d'abord de l'alliance de Dieu avec Noé (Gn9,8-15; Ps97; 1Pierre 3,18-22; Marc1,12-15), ensuite de l'alliance de Dieu avec Abraham (Gn22,1-8;Ps115; Rm8,31-34; Mc9,2-10) et enfin de l'alliance de Dieu avec Moïse au Sinaï.

    Analysons ces trois moments des liens contractuels privilégiés entre Dieu et son peuple à l'initiative bien sûr de Dieu, c'est-à-dire de l'agir de Dieu.

    II.1.1. DES LIENS CONTRACTUELS: ALLIANCE.

    II.1.1.a. L'alliance de Dieu avec Noé: (Gn9,8-15;Ps97;1Pierre3,18-22;Mc1,12-15).

    Après le déluge et le repli protecteur de Noé dans l'Arche avec les différents animaux sauvés par lui et quelques personnes, Dieu prend l'initiative de demander à Noë de sortir de l'Arche, de tirer les leçons des événements tragiques catastrophiques ayant conduits au déluge à l'initiative souveraine de Dieu et de prendre la mesure de leurs conséquences pour ouvrir Noé et les survivants à la conversion, au rejet de la perversion et de la subversion afin de revenir à Dieu, de se convertir en profondeur. Cet appel à la conversion s'adresse à Noë et implique son peuple pour prendre soins de la vie dans ses différentes espèces notamment dans les insectes, dans les oiseaux, les bêtes, les animaux, les hommes... qui répresentent les différentes espèces animales, végétales, minérales, humaines, les fruits de la terre, des différents peuplements  notamment des mers et des airs. Noé est appelé par Dieu à se convertir avec toutes les espèces pour se mettre au service de la promesse de vie, dans une confiance absolue à la parole donnée et dite par Dieu lui-même. Dieu promet d'agir autrement que par la destruction et s'engage à refuser absolument de recourir à la destruction collective des différentes espèces qui peuplent la terre en signe de représailles divins par rapports aux actes pluriels, aux conduites, comportements qui alimentent la perversion, la contestation, la transgression et l'absolutisation. Une telle absolutisation peut porter sur l'absolutisation de la moïté du sujet humain au point d'exclure de son espace epistémologique, signifiante et significative, voir existentiel, pratico-pratique la Transcendance pour la construction du sens, de son autonomie et du vivre ensemble harmonieux.

    "Voici que j'établis mon alliance avec vous et avec vos descendants après vous:oiseaux, bestiaux, toutes bêtes sauvages avec vous, bref tout ce qui est sorti de l'arche, tous les animaux de la terre. J'établis mon alliance avec vous: tout ce qui est ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n'y aura plus de déluge pour ravager la terre." Et Dieu dit: Voici le signe de l'alliance que j'institue entre moi et vous et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à venir: je mets mon arc dans la nuée et il deviendra un signe d'alliance entre moi et la terre. Lorsque j'assemblerai les nuées sur la terre et que l'arc apparaîtra dans la nuée, je me souviendrai de l'alliance qu'il y a entre moi et vous et tous les êtres vivants, en somme toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair"(Gn9,8-15).

    Le contenu de cette alliance, c'est-à-dire de ce lien contractuel perpétuel, voir permanent entre Dieu et Noë, à l'initiative de Dieu donne à penser à l'exigence divine de l'agir pluriel de Dieu pour la sauvegarde de l'humanité, de la vie dans les différentes espèces sur terre, dans un combat intergénérationnel perpétuel et profondément théologico-pratico-pratique, éthique et systémique de l'environnement, de l'écologie théologico, systématico-pratique en bonne intelligence avec la révélation cosmique mais également avec la révélation historique et aussi avec la révélation eschatologique.

    Dieu s'engage dans ce lien contractuel perpétuel entre lui et son Peuple, voir l'humanité toute entière. Cet engagement de Dieu se fait par la médiation de Noé. Mais cet engagement de Dieu s'inscrit dans un événement bouleversant, il s'agit du tragique de la destruction massive interplanétaire réalisée  à l'initiative de Dieu pour signifier et redonner un surplus de sens à la Transcendance et paradoxalement pour exiger la conversion systémique et pratico-pratique interplanétaire au regard de l'abomination existentielle désastreuse et immonde résultant  de la perversion pluriséculaire, multidimensionnelle et planétaire.

    Dieu s'engage par des signes visibles dans les nuées à travers la médiation de l'arc en ciel qui jaillit dans les nuées après les pluies, dans une esthétique plurale des couleurs multiples et des beautés harmoniques pour signifier son engagement divin exclusif pour la vie pleine de toutes les espèces, de toutes les créatures, de tous les gens, de tous les peuples dans l'harmonie du vivre ensemble interplanétaire de la diversité et de la multiconvictionnalité, de la multiculturalité interplanétaire profondément humaine au service de l'unité, de la fraternité, de la communion. Cette construction de la communion se fait lucidement et avec amour dans le respect des différences pour le primat de la dignité humaine et à fortiori de l'égale dignité de tous en bonne intelligence avec l'élan vital, la vie pleine de tous les êtres visibles et invisibles qui peuplent l'humanité, la terre, l'univers au niveau intergénérationnel. Cette intergénérationalité est au service d'une paix planétaire perpétuelle enracinée et motivée par la conversion, par la réconciliation, la construction du dialogue et de la paix et par le surplus de sens des alliances toujours déjà renouvellées, recréées pour le vivre ensemble harmonieux bien réussi, efficace, porteur des résultats dans une joie complète. Cette joie complète est veçue et espérée dans chaque personne, individu, groupe, communauté, société, culture, peuple, civilisation, Pays, institution, système, structure, rapports dans  son intériorité et dans son extériorité pour soi-même, pour sa famille, pour les autres au niveau notamment planétaire, mondial à travers les triples exigences de la révélation cosmique, historique et eschatologique.

    L'alliance noachique fait l'éloge de la famille biologique, spirituelle, humaine qui englobe la vie de toutes les espèces minérales, végétales, animales,humaines, stéllaires, celle de la biodiversité en bonne intelligence avec la triple révélation cosmique, historique et eschatologique interplanétaire à l'initiative de la promesse et de l'agir pluriel de Dieu. Dans cette perspective, Dieu est paradoxalement le premier lui-même convertit à l'issu de la destruction interplanétaire massive générée par sa propre Sainte Colère pour mettre fin à la perversion interplanétaire et au dénie interplanétaire de la Transcendance au profit du jeu d'absolutisation du sujet, de la moïté, du sujet et de l'autonomie poussée jusqu'au bout de l'idéologisation dangereusement efficace et mystificatrice de sens.

    Mais quels sont les fondamentaux de l'alliance noachique de ce lien contractuel perpétuel entre Dieu et son peuple, les espèces de toute la Création, de l'humanité, de l'univers par la médiation de Noé? L'alliance "noachique" dont le signe est l'arc-en ciel, s'étend à toute la création; l'alliance avec Abraham dont le signe sera la circoncision n'intéresse plus que les descendants du Patriarche, Gn7; sous Moïse, elle se limitera au seul Israël, avec, en contrepartie, l'obéissance à la Loi, Ex19,5+; 24,7-8; 34,27-28 et, notamment, l'obeissance du sabbat, Ex31,16-17.

    L'alliance "noachique" est le fondamental des fondamentaux de la prétention ecclésiologique et missiologique interplanétaire pour la mission évangélisatrice sur l'ordre de Jésus-Christ Ressuscité, quand celui-ci dit, après l'Ascension et la Pentecôte: Allez de toutes les nations faites des disciples, baptisez les au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, et Moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps".  L'alliance "noachique est la première alliance où l'agir de Dieu s'engage notamment dans ses promesses pour les générations futures, les générations à venir (Gn9,12).

    L'écologie plurielle actuelle contemporaine trouve sa source, ses racines conceptuelles, ses motivations fondamentales avouées et inavouées, son projet , paradoxalement dans les fondamentaux de l'agir de Dieu dans l'alliance "noachique" vetero-testamentaire (Gn9,8-15). Dans cet ordre d'idée, l'écologie actuelle contemporaine véhicule des intuitions, des valeurs bibliques, vétéro-testamentaires et néo-testamentaires, évangéliques planétaires pour le respect de la vie, de l'eco-système, des différentes espèces vivantes, de l'environnement et la responsabilité pour l'avenir, c'est-à-dire pour des générations futures ou avenir. Toutes ces intuitions fondamentales rélèvent paradoxalement de l'agir de Dieu dans l'alliance "noachique"(G9,8-15).

    Nous pouvons affirmer ici qu'il s'agit fortement d'une interpellation. D'où matière à penser pour une nouvelle évangélisation écologique en profondeur notamment au sein du système écologique dans une logique paradoxale motivée théologiquement et de manière systematico-pratico-pratique par l'alliance "noachique"(Gn9,8-15), de manière à se poser une pluralité des questions de qualité. Mais la poétiquue de la sécularisation écologique n'est-elle pas une reprise actualisée dans la contemporaineté de la sécularisation de l'alliance noachique pour son actualité autrement paradoxal et  culturellement appropriée dans la dynamique de la sécularisation, voir de l'inculturation sécularisée à l'occidental?

    Que dire alors, sinon comment comprendre le cri du Psalmiste au Ps 97 ? (A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

  • La responsabilité personnelle(EZ18,1-32): Conversion et perversion(Ez33,10-20).

    Ez18,1-32 réflechit sur la responsabilité personnelle. Tandis que Ez33,10-20 met en valeur le choix entre la conversion et perversion. EZ18,1-33 affirme la responsabilité individuelle, personnelle des actes pluriels des péchés devant Dieu par rapport à ses actes mentaux, à ses actes du langage, à ses gestes corporels, à ses actes humains, à ses attitudes, conduites, comportements, regards, perceptions, représentations, manières d'être, de penser, d'agir, de vivre, de souffrir, de jouïr et de jubiler dans ses rapports notamment à soi-même, à la famille, aux autres, à la société, à l'Eglise, à l'Etat, au système, au structure, à l'institution, à la citoyenneté, à la paroisse...

    Les actes pluriels individuels personnels qui sont assumés de manière responsable promeuvent la justice, la légalité, le respect des personnes, des biens et des propriétés, des familles, des autres, de leurs enfants, de leurs epouses, de leurs femmes. Des tels actes pluriels individuels ne sont pas des actes d'oppression, d'exploitation, de vol mais plutot favorisent le partage, la solidarité, l'équité, l'éthique du bon sens, de la logique et de l'epreuve de vérité pour un agir pluriel valorisant (EZ18,5-9).

    Ezechiel précise que tout individu, toute personne, tout croyant, tout homme, tout système, structure, institution est responsable de ses propres actes et en devient personnellement coupable dès qu'il pose des actes pluriels de violence, de meurtre, de transgression, des péchés, d'oppression, d'exploitation, de rapines, de convoitise, d'absolutisation d'ordures, des idoles de soi, de l'avoir, du pouvoir, du savoir, du valoir, du paraître générateurs des cruautés abominables, des crimes horribles, d'usure injustifiable comme stratégies de pourrissement des situations, des personnes en termes d'ordures et des dilemmes pour asseoir la violence psychologique, physique, morale, sexuelle, économique, financière, systémique, structurelle et institutionnelle notamment par la médiation des mots d'ordre tacite et non écrits du ciblage formel discriminatoire. (Ez18,10-14).

    Ezechiel précise que la responsabilité et la culpabilité individuelle, personnelle de ses actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des attitudes, conduites, comportements, regards, perceptions, représentations, manières d'être, de vivre, de penser, d'agir, de s'habiller, de souffrir, de jouïr et de jubiler dans la vie privée, publique, sociétale et ecclésiale et dans le monde n'est ni héréditaire, ni transgénéra-tionnelle, ni transmissible des générations en générations. Une telle approche conteste la conception du péché originel, qu'elle transcende et révolutionne dans une créativité suis-généris qui met fin à la solidarité par la souffrance, la douleur et le péché entre les hommes et entre les générations. Ezechiel marque l'éloge de la liberté individuelle et de la connaissance personnelle pour les actes pluriels individuels posés en toute connaissance de cause, motivés et en toute liberté, volonté et responsabilité afin d'en assumer personnellement les conséquences prévisibles et non prévisibles en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. (Ez18,14-19).

    Pour le prophète Ezechiel, chaque individu, chaque personne, chaque citoyen, chaque croyant, voir chrétien est responsable de ses actes pluriels et coupable de ses fautes devant les hommes, les gens, les institutions, la société, la culture et de ses péchés devant Dieu. La faute met le coupable devant d'autres hommes et est commise par rapports aux regles du vivre ensemble mais aussi par rapports aux hommes, aux gens, à la société, à l'Eglise, à l'Etat, à l'entreprise, au peuple, aux petites et moyennes entreprises, aux independants, aux services marchands et non marchands. Le péché , voir les péchés dans toute leur pluralité notamment sont commis devant Dieu.

    Faute et péché sont individuels et personnels. Si tel est le cas, toute personne, tout individu, tout croyant, tout citoyen, tout chrétien responsable de ses actes pluriels et coupable de ses fautes vis-à-vis des autres, de la société, de l'Eglise, de l'Etat, des systèmes et du monde et paradoxalement coupable de ses péchés devant Dieu a la possibilité de s'amender intérieurement, extérieurement et personnellement de manière à quitter la voie de la mechanceté pour renoncer aux fautes et aux péchés en prenant la ferme résolution de ne plus les faire, de ne plus les reproduire simplement en pratiquant le droit, la légalité et la justice par la médiation de l'observation de la Loi, de la Torah et de la Loi Nouvelle (Ez18,21s).

    Pardon, justice et reconciliation sollicités et obtenus de Dieu par la médiation du sacrement de reconciliation et des hommes par la médiation des actes du dialogue de vérité, de l'aveu, de la réparation et de la justice favorisent le renouveau des liens pacifiques pour le vivre ensemble harmonieux mobilisé par des actes pluriels de conversion en profondeur qui donnent à penser à la passerelle de l'oubli pour regarder tous vers l'avenir en demeurant lucidement surdéterminé, positifs pour lâcher prise.

    "On ne se souviendra plus de tous les crimes qu'il a commis, il vivra de la justice qu'il a pratiquée. Pendrai-je donc plaisir à la mort du méchant-Oracle du Seigneur Yahvé-et non pas plutôt à le voir renoncer à sa conduite et à vivre? " (Ez18,22-23). Ezechiel précise qu'il est plus aisé de voir quelqu'un se convertir, c'est-à-dire changer radicalement de manière positive et valorisante que de voir un juste sombrer radicalement dans la perversion et l'effondrement complète de sa conscience et de ses valeurs. Dans ce deuxième cas, où l'on s'installe sciement dans les fautes et dans les péchés, l'agir pluriel de l'individu est un agir totalement responsable et comptable de la perversion, des fautes et des péchés qui invitent l'auteur de tels actes d'en assumer les conséquences devant la Justice de Dieu et par rapport à la justice des hommes.

    De même l'agir d'un méchant, d'un criminel qui se repend, purge sa peine et se convertit radicalement en devenant socialisable et témoin de la solidarité de la foi au Christ Ressuscité devient radicalement missionnaire et porteur du témoignage, des exigences du croire, de célébrer et de vivre en direct le réalisme de la conversion et de la grâce de conversion. (Ez18,24-29).

    L'agir de Dieu est un agir de prévénance, d'unité, de communion, d'amour, de justice, de vérité, de droiture, de miséricorde, de paix et de réconciliation. "C'est pourquoi je vous jugerai chacun selon sa manière d'agir, maison d'Israël, oracle du Seigneur Yahvé. Convertissez-vous et détournez-vous de tous les crimes, qu'il n'y ait plus pour vous d'occasion de mal. Débarrassez-vous de tous les crimes que vous avez commis et faîtes-vous un coeur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourir, maison d'Israël? Convertissez-vous et vivez"(Ez18,30-32).

    Les actes, conduites et les oeuvres pluriels de conversion sont porteurs du divin et de la transcendance au coeur de l'immanence, de l'existentialité et de la concrétude de l'existence quotidienne, privée, publique, citoyenne, chrétienne, ecclésiale, sociétale, étatique, entrepreneuriale, au niveau des petites et moyennes entreprises, chez les indépendants, dans les services marchands et non marchands. Ces actes, ces conduites, ces oeuvres pluriels de responsabilité et de conversion transforment l'expérience passée, antérieure de culpabilité pour les fautes individuelles antérieures et des péchés personnels antérieurs en opportunité pour une créativité sui-généris de croissance en humanité et en divinité, en spiritualité, en éthique. Une telle croissance est désirée, voulue et espérée pour une âme planétaire convertie au rayonnement de la joie complète et du vivre ensemble harmonieux avec les autres dans le respect des personnes, des sociétés, des États, des cultures, des civilisations, des Églises, du monde pour promouvoir l'égale dignité. Cette construction de l'égale dignité interplanétaire passe par la construction  concrètre du bien privé et public, d'une fraternité réelle, concrète et du bien commun temporel et spirituel. Il s'agit de travailler avec passion, lucidité et sagesse, voir intelligence pluridisciplinaire à la promotion du paradoxe et de la dialectique paradoxale de la conversion et de la vie pleine bien remplie, bien veçue à fond, heureuse, totalement heureuse et totalement joyeuse, rayonnante de l'espérance dans la fidélité à la Promesse, voir à l'injonction divine faite à toute l'ecclésialité, à toute l'humanité, à tout le monde et au monde:"Convertissez-vous et vivez"(Ez18,32);//Mt3,2+.

    Le dernier prophète Vétéro-testamentaire, Jean-Baptiste n'a-t-il pas lancé ce même appel dans le désert?: "Et disant:"Repentez-vous", car le Royaume de Cieux est tout proche." (Mt3,2); Mc1,15; Ac2,38+. Jésus lui-même n'a-t-il pas dit la même chose? : "Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire: "Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche."(Mt4,17).// Mt3,2+; Dn7,14.

    Que veut bien dire "Repentez-vous" en Mt3,2? La metanoia, étym. Changement de sentiments, désigne un renoncement au péché, un "repentir". Ce regret, qui regarde vers le passé, s'accompagne normalement d'une "conversion" (verbe grec epistrephein), par laquelle l'homme se retourne vers Dieu et s'engage dans une vie nouvelle. Ces deux aspects complémentaires d'un même mouvement de l'âme ne se distinguent pas toujours dans le vocabulaire. Cf. Ac2,38+; 3,19+. Repentir et conversion sont la condition nécessaire pour recevoir le salut qu'apporte le Règne de Dieu. L'appel au repentir lancé par Jean-Baptiste, cf. encore Ac13,24; 19,4, sera repris par Jésus, Mt4,17p; Lc5,32;13,3,5, par ses disciples, Mc6,12; Lc24,47, et par Paul, Ac20,21; 26,20.

    Que veut bien dire "le Royaume des Cieux" en Mt4,17? La Royauté de Dieu sur le peuple élu et par lui sur le monde est au centre de la prédication de Jésus, comme elle l'était de l'idéal théocratique de l'A.T. Elle comporte un Royaume de "saints" dont Dieu sera vraiment le Roi parce que son règne sera reconnu d'eux dans la connaissance et l'amour. Comprise par la révolte du péché, cette Royauté doit être rétablie par une intervention souveraine de Dieu et de son Messie, Dn2,28+, Dn7,13-14. C'est cette intervention que Jésus après Jean-Baptiste, 3,2, annonce comme imminente, 4,17,23; Lc4,43.

    Avant sa réalisation eschatologique définitive, où les élus vivront près du Père dans la joie du festin Céleste, 8,11+;13,43, 26,29, le Royaume apparaît avec des débuts humbles, 13,31-33, mystérieux, 13,11 et contredits 13,24-30, comme une réalité déjà commencée, 12,28; Lc17,20-21, en rapport avec l'Eglise, Mt16,18+. Prêché dans l'univers par la mission apostolique, Mt10,7; 24,14; Ac1,3+ il sera définitivement établi et remis au Père, 1Co15,24, par le retour glorieux du Christ,Mt16,27; 25,31, lors du Jugement dernier. 13,37-43;47-50;25,31-46. En attendant, il se présente comme une grande grâce, 20,1-16; 22,9-10; Lc12,32, acceptée par les humbles, Mt5,3;18,3-4;19,14,23-24, et les renoncés, 13,44-46; 19,12;Mc9,47; Lc9,62;18,29s, rejetée par les superbes et les égoïstes, 21,31-32,43;22,2-8;23,13. On n'y entre qu'avec la robe nuptiale,22,11-13, de la vie nouvelle, Jn3,3,5; il y a des exclus, Mt8,12;1Co6,9-10;Ga5,21. Il faut veiller pour être prêt quand il viendra à l'improviste, Mt25,1-13.

    Veiller c'est aussi adhérer aux exigences de conversion en EZ18 repris notamment en EZ33,10-20. Dans ce péricope, le peuple découragé, se déclare écrasé par le poids de ses péchés et incapable d'y échapper. Ezechiel affirme en réponse la possibilité d'une conversion. Ce développement, vv.10-20, est la reprise du thème déjà traité en 18,21-31. 

    La possibilité de la conversion rallume l'exigence de la responsabilité individuelle, personnelle de ses actes pluriels devant Dieu et par rapport aux autres dans la mise en pratique des liens entre chaque personne et Dieu et entre les hommes mais aussi entre le peuple choisi de Dieu et Dieu lui-même pour le bien-être des gens, le salut de chacun et de l'humanité. L'exigence des liens pluriels de toute personne avec Dieu et ou avec les autres, les familles, les sociétés, les cultures, les peuples, les États, les Églises, les Entreprises, ...les gens pour se construire un vivre ensemble harmonieux dans le respect des règles des jeux nous amène à aborder la question lancinante réflexive, herméneutique de l'alliance. Que dit la Bible, c'est-à-dire l'Ancien Testament et le Nouveau Testament à propos de l'alliance notamment nouvelle qui devient et est une norme objective de l'agir moral? ( A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula.Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).