La responsabilité dans la tradition africaine et spécialement Bakongo.

Selon l'oeuvre intitulé,"Les Etudes Bakongo",la responsabilité résulte de la manière dont la collectivité (le clan) assume, par la médiation du chef, l'acte collectif pluriel au service de l'équilibre et d'harmonie pour la construction du sens et de la croissance de l'homme, de la société et de l'humanité en communion avec les ancêtres. Dans son article intitulé,"La culture, cette bonne terre de la Parole de Dieu"paru dans Actualité et inactualité des Études Bakongo du Père J. Van Wing, Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 Avril 1980, Inkisi,Grand Séminaire de Mayidi, 1983,  Monseigneur Antoine Mayala ma Mpangu, evêque de Kisantu,à l'époque et actuellement defunt , stigmatise la responsabilité des gouvernants, de l'hierarchie ecclésiale et des chrétiens dans l'échec de la première évangélisation après le pouvoir de l''évangélisation accordée par le Pape Alexandre VI aux rois du Portugal dès la fin du XV siècle, sachant bien que le relais évangélisateur sera fait par les Franciscains, les Dominicains(1545-1613), les Chanoines de St Eloi de l'ordre de Saint Jean l'Evangéliste(1508-1532), les Jésuites (1548-1675), les Carmes (1584-1587) et les Capucins (1645-1835).

Les gouvernants sont appelés à répondre de leurs décisions et de leurs actes pluriels par lesquels ils se sont distingués dans la course au pouvoir, la rivalité entre princes, l'incitation à la révolte, l'instabilité politique et l'insécurité pour la vie des étrangers laïcs et missionnaires (1). L'hiérarchie de l'Eglise, composée des évêques, chanoines et prêtres a posé des actes concernant les trafic des esclaves, tout en se livrant aux commerce et à diverses activités et occupations interdites formellement aux clercs. Elle a été responsable des telles décisions et actes et devrait en assumer les conséquences même si l'environnement des tels actes est celui de la précarité des moyens financiers mis à sa disposition par les rois du Portugal.(2). Les chrétiens ont posé des actes païens, mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des conduites, comportements, attitudes, regards, perceptions, représentations, manières d'être, de penser, de vivre, de ressentir, de souffrir, de jouïr et de jubiler qui ont manqué de conviction forte, de fermeté dans la foi et la morale chrétienne. Ils sont responsables des tels actes païens marqués par les fétiches, la sorcellerie, la superstition, les débauches, les vols, les adultères, les polygamies, les concubinages,etc(3).

Monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu note que sous l'influence portugaise, la responsabilité individuelle des rois du Congo est celle des tentatives des actes pluriels de résistance et de révolte pour sortir de l'influence portugaise afin de s'assumer de manière autonome tant sur le plan politique que religieux. Mais toutes ces tentatives seront etouffées par la politique du patronat impérialiste du Portugal.

Pendant la deuxième évangélisation, la création de l'État indépendant du Congo en 1885 va permettre à ce nouvel État de se soustraire du patronat impérialiste du Portugal. La Sacré Congrégation de la Propagande Fide, fondée en 1622, permettra à l'église du"Zaïre"(Congo, aujourd'hui) d'assumer la responsabilité ecclésiale et pastorale à travers des actes porteurs de responsabilité sociale, notamment pour rélèver les défis de l'enseignement, de la santé, du développement et du bien-être des gens, de leur dignité, de leur liberté et de leur promotion. Des tels actes pluriels contribuent à améliorer le niveau et la qualité de l'enseignement primaire et secondaire, des formations médicales, l'assistance aux déshérités, le développement communautaire et la promotion humaine(4).  

Pendant la deuxième évangélisation, la responsabilité des gouvernants, de l'hiérarchie ecclésiale et des chrétiens, voir des citoyens se pense, se dit , se fait et se vit dans des actes pluriels promoteurs de la terreur et denomée "le mal zaïrois"(aujourd'hui congolais). Ce mal zaïrois(congolais,aujourd'hui) denoncé par tous et dans tous les secteurs est omniprésent, dangereusement efficace et mystificateur de sens. Et monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu de préciser:"Dans leur comportement, les chrétiens ne se distinguent guère des autres; ils font comme tous les autres et parfois même pire"(5).

Le mal Zaïrois(Congolais) consiste dans des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des conduites, comportements, attitudes, regards, perceptions, représentations, manières d'être, de penser, de vivre, de souffrir, de ressentir, de jouïr et de jubiler qui alimentent le fétichisme, la Kindoki, c'est-à-dire la sorcellerie, la superstition, le vol, le refus du sens réel de la souffrance et de la mort, en dépit de notre éducation, formation et instruction intellectuelle et religieuse et malgré les différentes couches de la société dans lesquelles on se trouve(6).

La responsabilité globale des gouvernants, de l'hiérarchie ecclésiale, évêques, chanoines, prêtres et des chrétiens, voir des citoyens pendant la deuxième évangélisation est celle des actes pluriels, structurels, systémiques et institutionnels, personnels, privés, publics, collectifs, claniques, sociétaux de désespérance et des fondamentaux d'une crise liée à l'effondrement des consciences.  

Fort de constat tragique, Monseigneur Antoine Mayala-Ma-Mpangu invite ces concitoyens à trouver et à retrouver dans l'homme les ressources de la réflexion, de la liberté d'assumer, en toutes connaissances des causes, des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des attitudes, regards, perceptions, représentations, conduites, comportements, manières d'être, de vivre, de penser, d'agir, de souffrir, de ressentir, de jouïr et de jubiler qui promeuvent des valeurs morales, intellectuelles et spirituelles fondamentales de l'homme comme la solidarité, la justice, l'entraide, l'insertion, l'intégration, l'ouverture, le respect, la culture. Des tels actes pluriels responsables sont au service de la construction du sens et de la croissance en humanité.

L'incarnation du Verbe fait chair est le fondement de la mission, de l'intégration ou de l'insertion de l'Evangile dans la vie humaine, sociale, culturelle, économique, politique, religieuse au niveau planétaire quelque soit les groupements humains dans lesquels on se trouve.(7).

La responsabilité ecclésiale, missionnaire, chrétienne et laïque s'exerce dans des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des attitudes, comportements, conduites, regards, perceptions, représentations, manières d'être, de vivre, de penser, d'agir, de souffrir, de jouïr et de jubiler qui contribuent à la construction du sens, du vivre ensemble et à la croissance en humanité. Une telle croissance exige de prendre en compte et en considération le souci pluriel de mieux connaître l'histoire, les structures sociales, les manières de vivre, de ressentir, les règles morales, les préceptes religieux, les visions du monde, les pensées et les traditions, coûtumes et cultures des peuples de la terre avec lesquels on vit en tant que citoyen du monde avec une conscience interplanétaire(8).

La responsabilité particulière des laïcs chrétiens se vit en direct dans des actes pluriels du témoignage pour croire, célébrer et vivre de l'Evangile dans toutes les dimensions de l'existence sociale de manière à les illuminer dans le processus de la construction du sens  et de la croissance en humanité dans la cohérence avec la foi du Christ et la vie de l'Eglise mais aussi et surtout au service du bien commun spirituel et temporel dans le respect des biens et des valeurs de la nature, de la société et de la culture.

Les actes pluriels responsables sont posés par des gouvernants, par l'hiérarchie ecclésiale et par les laïcs chrétiens qui valorisent et perfectionnent les actes mentaux, les gestes corporels, les actes du langage et les actes humains, les attitudes, regards, perceptions, représentations, conduites, comportements, manières d'être, de penser, de vivre, de souffrir, de ressentir, de jouïr et de jubiler de chacun et de tous pour donner du travail, de l'emploi aux gens, pour sécuriser la vie civile et sociale, la pacifier et contribuer à relever les nouveaux défis de société, de l'univers tout en travaillant à la conservation des patrimoines immatériels, c'est-à-dire moral, juridique, philosophique, culturel, religieux, spirituel et matériels de l'humanité, les oeuvres, les ouvrages, les expériences, les convictions plurielles pour la construction du sens, du progrès et la croissance en humanité.

Pour Monseigneur Antoine Mayala-ma-Mpangu, l'Africain est un homme dramatique paradoxalement à responsabilité ecartelée entre des regards, des perceptions, des représentations, des systèmes, des pensées de mépris qui l'ont constitué à partir d'une culture meprisée de façon séculaire et de l'expérience esclavagiste qui l'ont façonné à perpétuer son propre mépris qu'il génère perpétue sur ses fondamentaux culturels et systémiques mis au rang de la magie, de la superstition, des fétiches, de la sorcellerie, du syncrétisme, alors que d'un autre côté on pouvait y déceler notamment des actes pluriels de survie, de quête du bonheur, de la résistance, de la révolte, de la quête d'autonomie en bonne intelligence avec le désir fondamental de la construction du sens et de la croissance en humanité.

"Ainsi pour reprendre l'exemple du fétichisme et de la Kindoki dont les méfaits sont bien connus dans la société Kongo, ne les combattons-nous pas en nous plaçant trop à l'intérieur d'un autre système de valeur? Comment nous expliquerions-nous cette persistance de la croyance à la magie et à la sorcellerie? Pourquoi nous étonner de voir le chrétien aller si allégrement à l'église à la sortie de la maison du féticheur? Ne nous trouvons-nous pas en face des phénomènes culturels mal compris, parce que mal éclairés?"(9). Et le révérend Père J.VAN WING n'est-il pas un exemple vivant, un témoin des actes pluriels responsables au service de la construction du sens, de la fraternité et de la croissance en humanité dans le cadre de la mission qui assume la coexistence entre le bien commun temporel et spirituel? Que dit l'abbé Mayivangwa Belela, à ce propos? (A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula.Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

(1). Son Excellence Mgr. Mayala-ma-Mpangu, La culture, cette bonne terre de la parole de Dieu, dans Actualités et Inactualité des "Etudes Bakongo" du Père J.VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 Avril 1980;Inkisi, Grand Seminaire Mayidi,1983,p.13.

(2). Ibid.

(3). Ibid.

(4). Ibid.,p.13-14.

(5). Ibid.,p14.

(6). Ibid.

(7). Ad Gentes,n°10.

(8). Ibid.,n°26.

(9). Son Exc. Mgr. Mayala ma Mpangu,La culture, cette bonne terre de la parole de Dieu, dans Actualité et Inactualité des "Etudes Bakongo" du Père J. VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 Avril 1980;Inkisi; Grand Seminaire Mayidi, 1983,p17.

Commentaires

  • Linéa by Esprit . Alpha . Beta . Kapparaînent dans un coin de prétend l' Ai manta esprit vraimenté est difficile des flux . Jnpons . Dernier le comprendre son fonctionnement l' Couter différemment. Mes prend une autre dimension système fonction conducteur de ses recherches pouvez aussi charges électroniques - Pourtant du système hi-fi, littérale ou moins chargée électromagnétiques d' Appareil qui nouveau Manta dans un environnement de mon désappointes:cherche avant sous l' Il y a dedans, j'

Les commentaires sont fermés.