• Les actes pluriels des familles Kongo au sein de l'institution du mariage Kongo à la lumière des Etudes Bakongo du Père J. VAN WING.

    Dans la société traditionnelle Kongo l'homme et la femme qui contractent le mariage accèdent au stade de maturation, de socialisation et de responsabilisation accrue. Ils posent des actes pluriels, c'est-à-dire des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des attitudes,regards, perceptions, représentations, conduites, comportements, manières d'être, de penser, d'agir, de vivre, de ressentir, de souffrir, de jouïr et de jubiler qui rendent lisibles et crédibles leur union dans le mariage pour en assumer les conséquences prévisibles et non prévisibles avec lucidité, liberté et responsabilité.  L'institution du mariage est une institution de croissance en sens et en humanité et d'engagement pluriel dans la vie active de la société.

    Le professeur PINDI MBENZA KIFU précise les conditions de fond du mariage Kongo à la lumière des Études Bakongo du Père J. VAN WING qui parle lui des empêchements. La première condition de fond pour que des BAKONGO ou des MUKONGO se marient dans le respect de la légalité des coutûmes et des lois ancestrales est le respect de deux principes: a. Les mêmes sangs ne s'entr'aiment pas. b. Les individus d'un même clan ne peuvent se marier. Ici la loi de l'exogamie est respectée. Car l'inceste est prohibé. Les membres du clan qui appartiennent à la même descendance utérine par l'ancêtre maternelle ne peuvent se marier. Ces deux principes admettent deux exceptions: le grand père peut se marier avec sa petite fille mais la grande mère ne peut se marier avec son petit fils. Si le grand Père se marie avec sa petite fille, il doit payer le scandale (futa yanga). Le mariage entre le grand père et la petite fille s'appelle (LONGO LU KINKAKA).

    Le professeur PINDI MBENZA KIFU donne la raison de l'autorisation d'un tel mariage dans la société traditionnelle Kongo. " Toutefois, dit-il le, mariage entre grand-père et petite-fille (longo lu kinkaka) était autorisé en vertu du principe "nsinga mi nkasa mizinga, go ka mizindi ko, ka mi ga ko": les tiges volubiles du haricot reviennent sur elles-mêmes; si elles ne reviennent pas, elles ne produisent pas. Appliqué au clan, ce proverbe signifie que les membres du clan se dispersent pour se marier à des individus d'autres clans, les descendants de ces unions (enfants et petits enfants) ne peuvent se marier au clan de leurs pères ou grands-pères; mais la génération suivante pourra contracter mariage avec les descendants collatéraux de ses arrières-grands pères, ramenant ainsi le clan à son point de départ. Bref, il faut revenir périodiquement à la source qui a été féconde"(72).  Un tel retour aux sources est nécessaire et bénéfique pour perpétuer la mémoire et la tradition des ancêtres mais aussi la coutûme, les lois ancestrales sur la terre des ancêtres. "Ces unions favorisent le retour à la terre natale du clan capables de remplacer les vieux et maintenir la tradition du clan" (73).

    Le principe de la parentée par alliance matrimoniale interdit le mariage entre beaux-parents (LA KIZITU). Une exception est reconnue: le mariage entre le fils et la conjointe de son père divorcée après que celle-ci est rentrée dans la clan est autorisé. Le Fils paie le scandale (futal yanga) pour un tel mariage scandaleux. La Bumpangi bu kanda di tata ( la fraternité résultant d'un Aïeul commun paternel) constitue un empêchement pour le mariage. Deux personnes qui contractent mariage et qui se marient tout en cachant l'un ou l'autre, l'un à l'autre des situations existentielles pratiques de stérilité, d'impuissance ou des comportements vicieux et criminogènes, voir criminels se trouvent dans l'obligation de rompre leur mariage dès que ces problèmes sont révélés.

    Dans la société traditionnelle Kongo, le village est constitué des membres des clans et des divers lignages. L'oncle maternel est le chef du village et doit veiller au respect de l'institution du mariage. Il applique le respect de la loi de l'exogamie et interdit tout rapport sexuel en dehors de l'union matrimoniale, c'est-à-dire du mariage. Dans ce cas-ci, l'institution du mariage trouve sa raison d'être dans le village, dans le clan et dans la société pour protéger et défendre le clan contre l'adultère et l'inceste. Les actes pluriels d'adultère et d'inceste sont interdits, sanctionnés sévérement dans la société traditionnelle Kongo et dans la vie des couples mariés, voir du clan et des lignages. Des tels actes pluriels d'adultère et d'inceste entraînent la foudre et les terribles châtiments du Bon DIEU. Les actes pluriels d'adultère et d'inceste sont considérés comme des crimes et le sont réellement.

    Une autre raison d'être de l'institution du mariage dans la société traditionnelle Kongo, dans le clan et les lignages est de renforcer la parenté par alliance pour fortifier le clan par les alliances afin de mieux se protéger ensemble et de mieux lutter contre les guerres fréquentes et l'insécurité des groupements faibles. On augmente ainsi sa force, sa puissance, son confort socio-économique, politico-culturel et religieux par les alliances matrimoniales où la fraternité élargie concrète devient une réalité existentielle et conséquente. L'institution du mariage traditionnel Kongo trouve aussi sa raison d'être dans l'exception des unions entre proches parents qui paient le scandale au regard de la loi de l'exogamie en étant ouvert au retour périodique à la source féconde. Revenant à la loi écrite du Code civil qui reprend la loi de l'exogamie, le professeur PINDI MBENZA KIFU affirme:"En effet, l'article 100 du Code civil, livre Ier stipule:"En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants""légitimes ou naturels". "En ligne collatérale, le mariage est prohibé entre le "frère et la soeur légitimes ou naturels"(74). 

    Les actes pluriels du mariage traditionnel Kongo rélèvent de la compétence des deux familles, des anciens de la famille qui assurent le consentement au mariage du fiancé et de la fiancé après avoir fait leur enquête pour remonter à l'arbre généalogique du fiancé et de la fiancée pour voir s'il n'ya pas des affinités et des empêchements qu'ils nommaient "Kulokana" et aussi "Mpuku".  Beaucoup des mariages étaient conclus par les anciens de deux familles sans le consentement individuel des futurs époux. Et le professeur PINDI MBENZA KIFU de préciser: "Actuellement, une évolution nette se dessine vers une bilatéralisation du contrat de mariage. De plus, les jeunes gens se choisissent librement et proposent ou même imposent leur alliance aux parents. C'est aussi dans ce sens que la loi civile statue en n'exigeant que le consentement de seuls futurs conjoints" (75).

    Les jeunes gens se marient vers l'âge de 17 à 20 ans, voir de 17 à 18 ans et même à 25 ans si toutes les conditions essentielles sont réunies à savoir pour le garçon avoir l'argent de la dot, financer partiellement ou à moitié la fête du mariage, posséder ses propres cultures et avoir déjà une maison bien construite pour y accueillir sa future femme et les enfants qui vont naître ou qui viennent avec elle. Des mariages préferentiels tels que "Longo lu Kinkaka"(le mariage entre "grand père" et "petite-fille" et "Longo lu Kitata Nkento ( mariage avec la tante paternelle) ou des mariages décidés ou voulus par les parents pour leurs enfants encore en bas-âge, voir dès la naissance lorsqu'il s'agit d'une fille, ou à l'adolescence lorsque les enfants s'entendent très bien et sont des bons copains (ba Nduku) tendent à diminuer. "La loi fixe l'âge minimum à 18 ans pour les garçons et 15 ans pour les filles mais la pratique est beaucoup plus large"(75).

    Le mariage traditionnel Kongo se réalise pleinement lorsque la dot ou Nzimbu Zi Longo est payée. La dot représente à la fois un prix d'usage et une garantie assortie des conditions tels que la progéniture et la perenité du mariage. "La dot était (et reste) de l'essence du mariage entre personnes libres chez les BAKONGO. Elle était, à la fois, un prix d'usage et une garantie. Ce que l'auteur ne distingue pas du tout. Un prix d'usage, parce qye la femme n'est pas livrée en propriété comme dans un contrat de vente mais seulement "prêtée", elle est "prêtée" pour usage contre paiement d'une somme convenable calculée d'après la valeur de la fille. Une garantie, car le fait de réunir une telle somme prouvait que le jeune homme était à mesure de bien s'occuper de sa future femme. C'est à ce titre d'ailleurs que la dot devait être remboursée si le mariage n'avait pas donné d'enfants et qu'il était dissous ou que l'épouse était décédée sans laisser d'enfants" (76). La dot ou Nzimbu zi Longo n'est pas prise en considération par la légalité juridique. "La loi écrite n'a pas repris la dot comme condition de fond (ou de forme) du mariage. Cela n'a pas mis fin, cependant, à l'institution de la dot. Il faut reconnaître, toutefois, que le sens et la portée de cette institution ont été fort dénaturés à l'heure actuelle" (77). Sang de la consanguinité utérine, consentement des anciens de la famille et des deux familles du fiancé et de la fiancée, âge requis(17 à 20 ans, voir 17 ou 18 ans, et même 25 ans et dot ou Nzimbu zi Longo constituent les conditions de fond pour accepter ou refuser le mariage dans la société traditionnelle Kongo.

    Les actes pluriels qui contribuent aux formalités, à la forme du mariage traditionnel dans la société traditionnelle Kongo sont constitués par les premières entrevues au marché ou lors d'une fête, d'un voyage, d'une rencontre avec des échanges des cadeaux entre les interessés et après entre leurs deux familles. Des telles entrevues fructueuses donnent suite à d'autres actes pluriels posés par le fiancé et la fiancée ou par leurs deux familles respectives à savoir les actes pluriels des négociations dont la première initiative vient toujours du côté du garçon et non du côté des parents de la fille, sauf en cas du mariage décidé d'avance par les deux parents des deux familles.

    "Dans le cas où un jeune homme rencontre une fille qui lui plaît et qu'il désire prendre en mariage, c'est à ce garçon ou à sa famille qu'incombe l'obligation de se présenter en premier lieu chez les possesseurs de la fille et non le contraire. Si l'accord est réalisé entre familles et entre les intéressés, c'est aussi pendant ces négociations qu'on débat du prix de la dot sans qu'elle soit, pour autant, versée entièrement cette fois-là"(78). Les fructueuses négociations entre la famille du fiancé et la famille de la fiancée permettent aux parents du garçon de passer à d'autres étapes ultérieures comme celui qui consiste à poser des actes pluriels concrèts pour apporter le premier vin du mariage à l'oncle de la fille. "Sur le premier vin du mariage: celui-ci est bu à l'occasion des négociations relatives à la dot. L'oncle maternel est le principal bénéficiaire de cette dot" (79).

    Après avoir remis le premier vin du mariage à l'oncle de la fiancée qui l'a bien bu pour marquer son accord, le fiancé est autorisé de poser d'autres actes de visite auprès de sa fiancée dans le respect des coutumes et lois des ancêtres et en évitant tous rapports entre les futurs époux. Au terme des ces visites où le fiancé et la fiancée apprennent à mieux se connaître, les anciens des deux familles, c'est-à-dire de la famille du fiancé et de la famille de la fiancée se retrouvent et sont conviés à poser des actes collectifs pluriels pour enquêtre sur la descendance ancestrale utérine de l'un et de l'autre afin de déterminer s'il y a des affinités ou des empêchements. Cette cérémonie s'appelle NTA MVILA. "Sur cette cérémonie de NTA MVILA: cette cérémonie consistait à rechercher si les jeunes fiancés ne sont pas du même sang ou de même clan. S'il en était ainsi, le mariage était impossible (condition de fond)"(80).

    Dès qu'il était averé que le fiancé et la fiancée ne sont pas du même sang ou du même clan, l'accord traditionnel est donné pour la célébration et la conclusion du mariage traditionnel dans la société Kongo. C'est le temps de la fête du mariage et du dernier vin du mariage. "Sur le dernier vin du mariage: ce vin est bu le jour où les deux familles organisent les festivités du mariage. Les jeunes mariés s'echangeront de verre en signe d'amour et le mariage sera consideré comme conclu à ce moment précis"(81). La loi civile ne donne pas crédit à toutes ces formalités du mariage traditionnel marqué par un cérémonial avéré. "Pour celle-ci, le mariage se conclut valablement devant l'officier d'état civil."(Commissaire de Zone, du territoire)"(82).

    Dans le royaume Kongo le divorce est admis pour quatre raisons précises à savoir l'infertilité de la femme ou l'impuissance de l'homme, l'incompatibilité d'humeur (longo lusulukidi), le mauvais comportement de la femme à l'égard des parents de son mari et l'adultère de la femme. Dans la société traditionnelle Kongo où la procréation est le but du mariage, les raisons indiquées ci-haut du divorce peuvent de manière exceptionnelle et particulière donner lieu notamment à la polygamie comme compromis lorsque "le mari impuissant autorise ses frères ou cousins de prendre le relais de la procréation avec son épouse tout en gardant la primauté de l'autorité et de l'appropriation personnelle des enfants issus de cette union.  Cette position, le professeur PINDI MBENZA KIFU l'exprime personnellement en ces termes: " Il arrive aussi qu'en cas d'impuissance du mari, celui-ci s'arrange avec son frère ou son cousin, puissant, qui fera des enfants avec la femme. Ces enfants seront censés appartenir au mari de la femme et non à son frère géniteur. Cette pratique est de plus en plus  rare" (83). Le droit écrit ne reprend pas la stérilité de la femme ou l'impuissance du mari comme cause du divorce.

    Le mari qui pose des actes pluriels d'injustice, de déshonneur de son épouse pour en préférer d'autres et qui reste sourd aux injonctions de son épouse rend les rapports conjugaux difficiles. Sa persistance dans des actes pluriels d'injustice, de déshonneur, d'immoralité et de manque de fidélité témoigne d'une incompatibilité d'humeur et d'une difficulté fondamentale d'assumer ses engagements du mariage, c'est-à-dire ses actes pluriels pour un mariage harmonieux respectueux de la coutûme et des lois ancestrales. "L'incompatibilité d'humeur était due très souvent à l'injustice du mari envers sa femme; soit qu'il la brutalisait, soit que ses préférences allaient à d'autres femmes (du harem ou d'ailleurs). Dans ce cas, la femme s'enfuyait chez ses parents et si une solution n'était pas trouvée à l'amiable, on décidait de rompre l'union. Cette situation est aussi fréquente aujourd'hui et amène souvent au divorce"(84).

    La femme a le devoir ou l'obligation de respecter son mari et des beaux-parents, de les obeïr et de ne pas les injurier, ni eux, ni des personnes qui comptent beaucoup aux yeux de son mari. "Les mauvais comportements de la femme envers les beaux-parents (manque du respect, injures, désobeissance, dispute...) étaient considérés comme motifs suffisants de divorce(...).Cette cause est aussi valable aujourd'hui. La loi écrite parle d'injures graves, concept aux contours mal définis et pouvant donc comprendre les injures faites à l'endroit des personnes chères au mari (ou à l'épouse) notamment les parents"(85). L'adultère de la femme et non de l'homme est cause du divorce dans la société traditionnelle Kongo. "La loi écrité a aussi repris l'adultère de la femme comme cause de divorce (art.134 du code civil Zaïrois(Congolais), LIvre 1er; mais, elle admet aussi le divorce pour l'adultère du mari lorsque celui-ci a un caractère injurieux"(86).

    A la mort du mari ou de la femme, voir des femmes, les actes pluriels du deuil rélèvent du veuvage qui se fait à trois étapes. La première étape est celle du moment où le cadavre est dans la hutte lié au pagne du défunt auquel on attache une pièce d'argent qu'il emporte avec lui dans l'au-delà. "A ce moment, on commençait le premier veuvage. Il était interdit aux femmes d'exécuter certains mouvements; pas de toilette, pas de travail léger, à fortiori des travaux lourds"(87). La deuxième étape du veuvage est celle qui se fait le jour de l'enterrement où la veuve ou les veuves ne peuvent pas marcher à pieds pour accompagner le défunt au cimetière. "Le jour de l'enterrement, la veuve ou les veuves étaient transportées sur le dos d'une ou des vieilles femmes jusqu'au cimetière. Au retour du cimetière, commençait le second veuvage. Celui-ci durait plus longtemps mais les obligations de la veuve (ou des veuves) étaient plus souples"(88). La troisième étape du veuvage concerne les cérémonies qui mettent fin au veuvage et permettent de déterminer, voir de négocier le sort de la veuve ou des veuves par les anciens des leurs familles respectives qui décident de la sortie ou non du veuvage. "Après la sortie du veuvage, avec cérémonie bien sûr, les clans intéressés (celui du mari et celui ou ceux des veuves), négociaient le sort de la veuve ou des veuves. Deux possibilités se présentaient: ou bien renvoyer la ou les femmes chez elle (s) ou bien la (les) donner en mariage à l'héritier ou aux héritiers du défunt"(89).

    L'heritier du mari décedé fixe les jours où il met fin au veuvage et invite les parents de la veuve ou des veuves pour participer aux cérémonies de la levée du veuvage. Si par trois fois, les parents (Bibuti possesseurs) de la veuve ou des veuves ne se présentent pas au cérémonie de la levée du veuvage, les anciens de la famille de l'heritier du defunt assumaient seuls les actes pluriels des cérémonies de la levée du veuvage sans la présence de la veuve ou des veuves concernés. En conséquence, le veuve ou les veuves qui n'étaient pas relevés de leur veuvage par l'heritier du mari décédé devenaient des esclaves et quittaient le clan du mari defunt qui l'a ou les avaient epousés de son vivant. La femme ou les femmes qui n'étaient pas rélevés de leur veuvage par l'heritier du mari defunt pour non participation aux cérémonies de la levée du veuvage étaient transformées en esclaves et ne rentraient plus dans le clan du mari défunt. Cette procédure inactuelle du deuil de la société traditionnelle Kongo est devenue obsolète, simple et moins contraignante.

    La morale traditionnelle Kongo était austère, rigoureuse et sans concession. Des actes pluriels privés ou publics immoraux d'adultère posés par les hommes mariés ou par  les femmes mariées, voir par des jeunes gens hors du mariage étaient cruellement sanctionnés réduisant les coupables au rang des criminels brulés vifs ou des esclaves vendus à l'étranger. "Toutefois, la femme qui avouait son adultère pouvait obtenir, après certaines cérémonies, le pardon de son mari."(90). Si la société traditionnelle africaine permet à l'homme et à la femme qui posent des actes pluriels d'adultère d'assumer des conséquences cruelles de leurs actes par la radiation au rang d'esclave vendu ou en étant brulé vif étant considéré comme un criminel dangereux pour la société, aujourd'hui les choses ont bien evolué. "Seul l'adultère de la femme est cause légale du divorce; celui du mari reste impuni. Ce qui est fort regrettable. Mais comme dans la société traditionnelle, la loi civile interdit le mariage entre l'époux coupable d'adultère et son complice(art.103 du code civil Zaïrois(congolais), LIvre 1er). Il faut aussi remarquer qu'actuellement il existe de nombreuses exceptions malheureuses à cette règle"(90).

    Dans la société traditionnelle Kongo les actes pluriels d'avortements commis par les femmes avec l'aide des autres personnes ou de manière répétitive à chaque fois que ces femmes mariées sont enceintes étaient des causes et des raisons du divorce. "L'auteur distingue, et à juste titre, il me semble, deux sortes d'avortements:-Celui qui intervient avant le 6eme mois. Dans ce cas, il n'ya pas de palabre mais un guérisseur (féticheur) était toujours de partie pour traiter la femme des malaises dont elle pouvait être victime. Si tel avortement se répétait plusieurs fois (8 d'après l'auteur), le mari pouvait demander le divorce. -Celui qui intervient après le 5eme mois. Ici le foetus est considérée comme un enfant à part entière. Il y avait enterrement avec toutes les cérémonies d'usage. Notons pour information que la loi civile considère le foetus comme un être humain à part entière à partir du jour de sa conception quoique celui-ci soit difficile à déterminer" (91).

    Dans la famille traditionnelle Kongo, la polygamie est "l'union simultanée d'un homme avec plusieurs femmes prises pour épouses"(92). L'homme polygame a les mêmes droits et les mêmes devoirs à l'égard de toutes ces épouses qu'il traite avec une égale dignité tout en gardant le privilège préférentiel à la cheffesse, la "Nkundi", la première femme de toutes ses femmes. Les conditions du divorce sont les mêmes pour toutes ses femmes qui sont réellement toutes ses vraies épouses. Mais le mari polygame peut étendre sa polygamie avec d'autres femmes héritées de son frère ou cousin défunt ou achetées comme des esclaves. Le traitement du mari envers ses vraies et réelles épouses diffère de celui que le même mari polygame accorde à ses autres épouses achetées, esclaves ou héritées à la mort d'un parent, frère, cousin défunt. Pour cette seconde catégorie d'épouses, le mari polygame a un pouvoir absolu qui nécessite une obéissance exclusive à son égard. Écoutons cette précision du professeur PINDI MBENZA KIFU: "Quant aux épouses esclaves, achetées ou héritées par le mari, elles sont sous sa domination absolue. Ces femmes étaient épouses quand le maître était bon; sinon, elles étaient traitées comme des véritables esclaves et, souvent, elles finissaient par être enterrées avec le mari pour continuer de le servir dans l'au-delà"(93).

    Dans la famille traditionnelle Kongo les époux ont des droits et des devoirs qu'ils doivent respecter pour la croissance en sens, en humanité et pour un vivre ensemble harmonieux. Mais la relation systémique entre les époux est celle du rapport de commandement d'une part qui rélève du mari,"Mbutal"(chef, ancien, aîné) et d'autre part de l'obéissance de la femme dans la cohérence et la crédibilité de la légalité coutumière et ancestrale. L'obéissance de la femme à son mari est l'axe central de la vie conjugale tant au niveau des droits et des devoirs de l'épouse à l'égard de son mari et de sa progéniture. Les actes pluriels d'obeissance de la femme à son mari portent "sur les relations matrimoniales proprement dites; sur le travail manuel (préparation de la nourriture et travail des champs) et sur les demandes que le mari peut faire pour que la femme vienne en aide pécuniairement dans certaines circonstances"(94). Le mari a le devoir et le droit de respecter son epouse ou ses épouses en se conformant à la légalité coutumière et aux lois ancestrales. "De son côté le mari ne peut rien commander au-delà des prescriptions coutumières. La femme libre qu'il a empruntée n'est pas une esclave et il ne peut la maltraiter; il n'est pas son maître possesseur, il n'est que son mari"(95). Les principaux droits et devoirs des époux dans la famille et la société traditionnelle Kongo se resument aux exigences suivantes:"l'obéissance au mari, la cohabitation, l'entraide, le respect mutuel, la fidélité (plus particulièrement pour la femme), la protection de la femme par le mari, la contribution au budget domestique"(96).

    La responsabilité des actes pluriels des époux dans la famille et dans la société traditionnelle Kongo rélèvent d'une systémique organisationnelle, rationnelle, structurée, instituée et idéologique de domination et de division des actes pluriels par rapport à l'identité de leurs auteurs, c'est-à-dire à la division paradoxale sexuelle, biologique constitutive et anthropologique mais aussi à la tranche d'âge des auteurs concernés. La femme mais aussi la femme mariée est considerée traditionnellement de manière systémique, structurelle, culturelle, sociétale et anthropologique comme une mineur irresponsable(97).

    L'irresponsabilité systémique, structurelle, clanique et sociétale de la femme et même de la femme mariée, voire instruite renvoie à l'appropriation de la responsabilité refusée à femme et à la femme mariée, voire instruite, considérée de manière systémique comme mineur par la responsabilité publique clanique, communautaire et sociétale. "En d'autres mots, comme la femme est une mineure irresponsable, c'est le clan qui sera responsable pour la femme qu'il a prêtée"(98). La femme mariée ou les femmes mariées ne sont pas responsables des actes pluriels qu'elles posent au sein de l'institution du mariage, du village, du clan, de la société, de la communauté et de l'Etat. En conséquence " le mari (nkua mambu) est responsable des actes de sa femme esclave ou libre"(99). La femme mariée ou les femmes mariées qui se rendent coupables des actes pluriels immoraux, punissables au regard de la coutûme et des lois ancestrales à l'égard des autres personnes, familles, clans, lignages, villages et de l'Etat ne sont pas réellement responsables ni coupables de leurs actes pluriels fautifs, punissables au regard de leurs statut systémique des mineurs irresponsables. 

    Les dommages qu'elle cause ou qu'elles causent à des tiers reviennent à leurs clans et à leurs maris. "La victime doit s'adresser au chef du clan ou de la lignée. Toutefois pour le petit délit, le mari punit lui-même la femme ( avec un risque certain de s'exposer ainsi à des palabres avec ses beaux-parents) et répare le dommage causé"(100). Les enfants en bas-âge ne sont pas responsables des leurs actes pluriels c'est-à-dire de leurs actes mentaux, de leurs actes du langage, de leurs gestes corporels, de leurs actes humains, de leurs attitudes, regards, perceptions, représentations, conduites, comportements, manières d'être, de penser, d'agir, de vivre, de souffrir, de ressentir, de jouïr et de jubiler dans la famille, le clan, le lignage, la société, la communauté et l'Etat. La responsabilité des actes pluriels des enfants en bas âge est partagée par leur papa et par leurs oncles maternels. Car les enfants en bas âge sont des mineurs au même titre que leurs mamans, les femmes, les femmes mariées et les femmes esclaves. Le professeur PINDI MBENZA KIFU le dit en ces termes: "s'agissant des actes des enfants en bas-âge, des femmes libres, le mari partage la responsabilité avec leurs mères respectives, c'est-à-dire, en fait, les oncles maternels de ces enfants ou les bibuti-possesseurs de la femme"(101).

    La polygamie a pour raisons d'être systémique les actes pluriels du mari polygame pour s'approprier la femme créatrice du "mbongo", de la richesse, la femme productrice du "mbongo bantu", richesse humaine, le fait d'eviter les naissances trop rapprochées et de renforcer l'honneur et la puissance du mari polygame qui tient à assouvoir un besoin sexuel intense mais aussi un besoin d'amour et de sympathie et surtout pour resoudre le problème excédant de la population féminine.  La femme pose des actes pluriels de création de richesse par la médiation des actes pluriels de subsistance, des travaux du menage et de la culture et de l'activité du champs. Elle engendre, nourrit, élève et éduque l'enfant ou les enfants pour en faire des adultes capables de créer des richesses matérielles et humaines et de prendre leurs responsabilités pour subvenir aux besoins des parents âgés, de son clan à lui et surtout de son père, du clan de celui-ci dans une société traditionnelle où n'existe ni la pension, ni la sécurité sociale, ni l'assistance sociale.

    "En tant que productrice de richesse humaine et de richesse matérielle, la femme est considérée, dans la société Kongo comme la chose la plus précieuse. D'où l'envie d'en avoir deux ou plusieurs"(102). Les arrets periodiques et prolongés pour les rapports sexuels entre les époux afin d'éviter des naissances trop rapprochées permettaient au mari d'être polygame et d'avoir plusieurs femmes dans une société traditionnelle où le preservatif était inconnu. "Il existait plusieurs interdictions concernant la conception, la naissance et l'allaitement. D'abord, aux époques mensuelles (pendant la période de menstruation), les relations étaient interdites; ensuite, lorsque la femme avait conçu, les relations ne pouvaient aller au-delà du 6éme mois; enfin, le mari ne pouvait avoir des rapports avec sa femme qu'après que l'enfant ait cessé d'allaiter (l'allaitement pouvait durer deux ou trois ans). Ces arrêts périodiques et parfois prolongés des rapports sexuels incitaient souvent l'homme à avoir deux ou plusieurs femmes"(103).

    Le capital productif qu'est la femme créatrice des richesses, les alliances qu'elle apporte au clan du mari et la progeniture qu'elle offre au mari et à son clan permettent au mari devenu polygame d'augmenter sa puissance, son honneur, son pouvoir d'influence et sa puissance économique et sa sécurité mais aussi celle de tout son clan et de sa parentée plurielle par alliances. "Avoir plusieurs femmes est un signe de richesse et de puissance. D'une part, chacune d'elles est un capital productif (femme productrice du mbongo) et, d'autre part, par le mariage, la femme assure à son mari des relations nombreuses avec les clans alliés, enfin, par sa fécondité, elle procure des sujets, des richesses qui augmentent son influence et son prestige"(104). Les rites de "Nzo nlongo " et de " Kimpasi" sont des rites d'initiation des jeunes gens à la vie sexuelle pour mieux les préparer à la vie conjugale. Les jeunes gens qui étaient sortis des rites d'initiation sexuelle "nzo nlongo" et de "Kimpasi" choisissaient leurs préferés qui deviendraient leurs épouses à des occasions des fêtes et surtout pendant la danse, espace essentielle du choix d'union monogamique ou polygamique. "La danse était et reste une occasion certaine de tentation et, très souvent, c'est pendant la danse qu'on choisit sa préférée"(105).

    Ce choix est motivé par l'expérience du rite pluriel d'initiation au plaisir sexuel, à la vie sexuelle, à la vie conjugale et la vie en général (Nzo nlongo et Kimpasi). "Initiés et intéressés au plaisir sexuel, ils allaient généralement plus vite au mariage; d'ailleurs, les jeunes gens étaient admis à ces rites à l'âge de puberté pour les filles et à l'âge de la majorité pour les garçons. Il était donc fort possible qu'ils se marient peu après l'initiation"(106).

    Les époux sont souvent en dispute et en discorde lorsqu'il s'agit de reglementer les actes pluriels sociaux et économiques de l'un et de l'autre, du clan de l'un et du clan de l'autre mais aussi du couple et de la famille pour les biens des enfants, l'harmonie du vivre ensemble, la croissance en sens et en humanité. La persistance des situations, des expériences et des relations conflictuelles parfois tragiques et dramatiques pour l'appropriation des biens sociaux et économiques, pour leur partage équitable au bénéfice de chacun, de tous et de leurs clans sans ignorer leur progéniture entraînent des frustrations qui poussent le mari à aller trouver reconfort, amour, attention, compréhension et sympathie dans les bras d'une autre femme qui ouvre le mari à l'exigence systémique de la polygamie.

    Les guerres civiles et tribales à répétition déciment les mâles qui vont à la guerre. Cette situation tragique et dramatique entraîne le nombre excédentaire des populations feminines. Les hommes epousent deux ou plusieurs femmes pour absorber le tragique excédentaire feminin causé par toutes ces guerres civiles et tribales à répétition. Chez les Bakongo, cette situation ne fut pas le cas au regard des études menées sur les BAMPANGU par le révérend Père J. VAN WING. "Toutefois, dans les régions du chemin de fer, l'exode des jeunes gens vers les centres pour besoin de travail provoquait un léger sur-nombre des femmes"(107).

    Pour mieux combattre la polygamie, le colonisateur a exploité les idées moraux, socio-philosophiques,, économique et juridiques Kongo hostilent à cette pratique de la polygamie. Parmi ces idées socio-philosophiques hostiles à la polygamie et favorables à la monogamie, il y a lieu de souligner que dans la société Kongo la famille monogamique était la mieux respectée et l'épouse était réellement considerée comme une véritable Ndona-Nkento. Le mari polygame devrait accomplir le rite de maguga(rite prévu pour le cas d'adultère) avant d'épouser la deuxième, troisième et quatrième femme. Toute personne polygame avait l'interdiction de toucher un jeune en âge de discernement ou de se baigner avec lui dans une rivière. Cette interdiction resulte du fetiche Nkilu. Pour les idées moraux et économiques qui étaient défavorables à la polygamie, le colonisateur a donné avec insistance, méthode et detemination une instruction et une éducation chrétienne aux chrétiens Kongo sur l'indissolubilité du mariage religieux monogamique. Il a également initié les chrétiens Kongo aux nouvelles cultures agricoles pour s'assurer de l'autonomie et de la suffisance alimentaire mais aussi de la capacité de la production agricole marchande qui leurs permet d'avoir une croissance économique issue de la vente et de la commercialisation des nouveaux produits agricoles en leurs permettant d'avoir la richesse matérielle et financière (Le Mbongo).

    La sécurité alimentaire socio-économique des familles chrétiennes permettait d'alleter les nouveaux-nés dans un temps bien précis qui ne permettait plus aux parents d'attendre trois années avant d'avoir des rapports sexuels. Le mariage monogamique chrétien était à cette condition bien accepté. L'instruction morale chrétienne sur l'indissolubilité du mariage chrétien et sur l'éducation sexuelle des époux chrétiens pendant l'allaitement des nouveaux-nés bien nourris grâce à l'aisance et à la richesse matérielle issue des nouvelles cultures de l'agriculture et de l'élévage qui donnent aux parents des conditions sociales et économiques appropriées aux riches favorisent l'acceptation de la monogamie chrétienne sur base de la considération privilégiée du mariage monogamique dans la tradition ancestrale de la société Kongo.

    "Les mêmes chrétiens s'adonnaient volontiers aux travaux des champs (nouvelles cultures) et de la vente des produits agricoles; ils faisaient des grands bénéfices, devenant ainsi des producteurs du mbongo, des richesses matérielles. Le mythe de la femme seule productrice du mbongo (nzimbu) était ainsi relativisé sinon aboli."(108). Sur le plan juridique le gouvernement avait autorisé l'imposition, voir les taxes à payer pour les familles polygames et avait dispensé les familles monogamiques des taxations et d'impôts tout en autorisant légalement des femmes polygames à quitter le mari pour se marier légalement avec un autre homme afin de s'inscrire réellement dans le regime juridique du mariage monogamique.

    Le professeur PINDI MBENZA KIFU affirme et précise à ce propos:"enfin, sur le plan juridique, le gouvernement avait dispensé de l'impôt les monogames qui avaient quatre enfants en vie; par contre, un impôt supplémentaire était crée pour les polygames. Ces deux textes ont eu des effets bénéfiques. En concluant, l'auteur propose, pour mieux protéger la monogamie, d'organiser et d'améliorer son statut juridique, lui reconnaître même un statut social préférentiel, garantir la liberté aux femmes qui veulent quitter la polygamie pour fonder un foyer monogamique et, pour le reste, laisser agir le temps"(109). Le professeur PINDI MBENZA KIFU qui admet que le Père J. VAN WING est un etranger venu au Congo pour civiliser le peupe du Royaume du Kongo à la lumière de sa propre société et pour imprimer sa conception de la société occidentale chez les Bakongo dans le cadre de l'évangélisation en combattant les idées ou les institutions traditionnelles Kongo qui étaient contraire à la société occidentale a étudié la société Kongo et plus particulièrement BANTANDU avec ses pré-requis et ses lunettes à lui tout en ayant le merite d'offrir à la postérité un précieux document de travail à travers son livre sur la sociologie, la religion et la magie. " En dépit de cela, cette oeuvre pourra donc servir d'instrument privilégié de travail pour reconstituer et expliquer certaines réalités socio-culturelles et philosophiques qui nous échappent de plus en plus. Des colloques comme ceux-ci sont à encourager pour un tel objectif"(110).

    Notre professeur note également l'apport précieux des idées, positions et arguments defendus par le Père J. VAN WINK qui ont trouvé echo sur le plan juridique et moral. " Sur le plan juridique, notamment, les idées de l'auteur ont eu écho. Membre du Conseil Colonial, ses propositions sur le mariage monogamique, sur l'adultère comme cause de divorce, sur la célébration du mariage selon une procédure courte et moins contraignante devant l'Officier d'Etat Civil, sur la suppression de la polygamie et d'autres sociétés secrètes qualifiées des "maisons de débauche", ont été retenues. En effet, le Code civil Zaïrois (Congolais) de l'époque a maintenu l'institution du mariage monogamique et a retenu l'adultère comme cause de divorce. Par ailleurs, l'administration coloniale, avec le concours des missionnaires a eu raison des pratiques immorales, telles les danses publiques et obsènes. Cela a contribué, on ne peut le nier, à un certain progrès de la société Kongo" (110).

    L'actualité du divorce et des débats politiques dans beaucoup des pays européens donnent-ils du credit à l'indissolubilité du mariage chrétien et à la construction de la pastorale familiale qui en resulte quand on sait, on connaît les divergences sur la question d'indissolubilité entre catholiques et orthodoxes qui s'accordent sur la sacramentalité du mariage sans negliger le refus des protestants d'accorder du credit à la sacramentalité du mariage chrétien et au principe de l'indissolubilité? Comment la construction de la pastorale de la famille par le R.P. Jan VAN WING dans les chapîtres VI et VII de son livre Etudes BAKONGO aborde la question de la validité du mariage monogamique des chrétiens? Comment l'abbé André MAMPILA aborde-t-il ces questions et quelles réponses y donnent-ils dans sa réflexion, mieux dans son article intitulé "Le projet missionnaire du mariage chrétien selon J.VAN WING? (A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

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    (72). PINDI-MBENZA KIFU, Le mariage KONGO dans Actualité et Inactualité des "Etudes BAKONGO" du Père J. VAN WING. Actes du colloque de Mayidi du 10 au 12 avril 1980, Inkisi, Grand Seminaire, Mayidi,1983,p.120.

    (73). Ibid.

    (74). Ibid.

    (75). Ibid.,p.122.

    (76). Ibid.

    (77). Ibid.

    (78). Ibid.,p.123.

    (79). Ibid.

    (80). Ibid.

    (81). Ibid.

    (82).Ibid.

    (83). Ibid.,p.124.

    (84). Ibid.

    (85). Ibid.,p.125.

    (86).Ibid.

    (87). Ibid.

    (88).Ibid.

    (89).Ibid.

    (90). Ibid.,P.126.

    (91). Ibid.,P1266-127. "En droit Zaïrois(Congolais), la personne physique existe juridiquement à partir du jour de sa conception en vertu de l'adage:"infans conceptus"".

    (92). A. MERMEERSCH; "La femme congolaise",p.67. Cité par J.VAN WING, op.cit.,p.194.

    (93). PINDI-MBENZA KIFU, Le mariage KONGO dans Actualités et Inactualité des "Etudes BAKONGO" du Père J. VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 avril 1980. Inkisi, Grand seminaire, Mayidi, 1983, p.127.

    (94). Ibid.,p.128.

    (95). Ibid.

    (96). Ibid.

    (97). Ibid.

    (98). Ibid.

    (99).Ibid.

    (100). Ibid.

    (101). Ibid.

    (102). Ibid.,p.129.

    (103). Ibid.

    (104). Ibid.

    (105). Ibid.

    (106). Ibid.,p.130. Quand à l'âge de la majorité:"il s'agit bien sûr, d'une majorité de fait. Il n'y avait pas d'âge fixe. Il fallait et suffisait que le garçon fût à mesure de se construire une maison, de faire des champs, d'abattre des gibiers et d'avoir des moyens (argent ou biens) pour payer la dot et pour organiser les festivités de mariage".

    (107). Ibid.

    (108). Ibid.,p.131.

    (109). Ibid.

    (110). Ibid.,p.133.

     

     

     

     

  • Les actes pluriels:moraux; de nuctosophie ou de sorcellerie et commerciaux dans la société Kongo.

    Selon le professeur Ndongala tadi Lewa, le révérend Père J. Van Wing précise que dans le Royaume Kongo les actes moraux sont des actes publics et individuels. Les actes publics moraux rélèvent de l'autorité et de la compétence du chef qui est appelé à avoir une moralité exemplaire qui soit cohérente avec la coûtume, les lois des ancêtres et la discipline héréditaire (61). Dans ce sens les actes moraux du chef sont des actes publics qui visent le bien public à savoir le village, les cases et les cultures. Le chef a le devoir et l'obligation de poser des actes pluriels qui contribuent à la prospérité du village, à l'entretien et à la sécurité des cases, à la croissance et à la sauvegarde des cultures pour satisfaire les besoins pluriels de la population. Comme on peut le constater les actes moraux individuels du chef qui sont également des actes publics favorisent la croissance économique et valorise le bien être et la qualité de la vie du village, des cases et des cultures.

    Les actes moraux individuels contribuent également à l'essor et à la croissance économique en permettant à ceux et à celles qui les posent de respecter les prescriptions économiques et surtout un certain nombre des principes moraux respectueux de l'éthique matérielle des valeurs comme par exemple:"le respect du serment ( contrats ), l'entraide, la justice, l'exaltation de l'esprit du travail, le respect de l'autorité, le sens de la mesure, le sens de la responsabilité collective et individuelle, le respect de la liberté de l'individu et des biens d'autrui, ainsi que l'aptitude reconnue aux Kongo de savoir se déterminer un objectif dans le cadre d'une échelle des valeurs existentielles cardinales données: par exemple, les personnes désirant avoir des enfants avant de posséder des richesses matérielles" (62).

    Les actes pluriels de nuctosophie ou de sorcellerie rélèvent d'une classe des personnes surdouées et d'une intelligence lumineuse supérieure, spéciale et puissante, dominatrice sur des êtres, des matières, des biens, sur le cosmos avec une forte influence éthico-psycho-religieux, socio-physique et culturelle sur l'ensemble de la société pour percer le mystère des êtres, des personnes, du cosmos, de l'ordre des choses et façonner les individus, les gens du clan, la société et le cosmos avec perspicacité. La nuctosophie ou la sorcellerie comme intelligence supérieure et pouvoir de domination dans la société traditionnelle Kongo rejoignent ou rencontrent paradoxalement la quintessence occidentale de la science et du progrès technologique dans la vision d'interprétation du mystère du cosmos, des êtres et des choses pour les façonner dans la perspective de la modernité et de la post-modernité.

    "Le professeur Buakasa définit la "Kindoki" comme une puissance, une force et une intelligence. Une puissance et une intelligence ambivalente, diil, parce qu'elles peuvent protèger ou nuire, comme elles peuvent accroître les récoltes ou les détruire. Cette puissance ou cette intelligence est considérée comme spéciale et supérieure ( ngangu za mpimpa: intelligence de nuit ), parce qu'elle "permet de savoir comment se présente la réalité fondamentale des choses et des êtres humains et dès lors d'agir sur cette réalité dans le sens de soutenir ou de fausser (perturber) son ordre et la vie ou de répandre le malheur et stériliser la nature". Cette intelligence supra-humaine et le pouvoir qu'elle pose comme complément nécessaire, "permettent d'influencer le fonctionnement normal de la réalité des choses et renforcer et réaliser certains désirs...", afin de rendre plus agréable l'existence matérielle de tous les hommes "(63).

    La Kindoki n'est plus cette intelligence, cette puissance mise au service de la croissance en sens, en humanité dans la société traditionnelle Kongo pour permettre aux chefs de bien gouverner, de protéger le peuple et d'assurer sa prospérité. "Malheureusement, la "Kindoki" qui, autrefois, était réservée à quelques initiés, notamment les dirigeants des clans, la détenant pour mieux gouverner et protéger leurs peuples et qui justifiait toute réussite sociale (guérison, abondantes récoltes, fructueuses chasses et pêches), n'est plus socialement considérée que dans ses manifestations négatives (ensorcellement). La "Kindoki du dirigeant du clan n'apparaît plus que la capacité d'utiliser les forces vitales pour nuire aux membres du clan qui seraient en marge de la coutume ou simplement qui auraient réussi mieux que les autres"(64).

    Les actes commerciaux rélèvent du commerce international reservé exclusivement au chef à travers la nationalisation internationale du commerce des esclaves qui lui rapporte directement des bénéfices exorbitants. Par ce pouvoir, droit et devoir exclusifs du commerce international reservé au chef, celui-ci se débarrasse des sujets indésirables en les vendant aux étrangers et à l'etranger comme des esclaves. Le commerce intérieur est celui de la loi du libre marché où chacun a la liberté du mouvement, le devoir et le droit de vendre librement ce qu'il veut sur le marché et ou d'acheter librement également ce qu'il veut sur le même marché. Ce commerce intérieur organisé par le pouvoir central est régi par des systèmes, des structures, des institutions, des règles, des lois respectueux des valeurs de liberté, d'ordre, de démocratie, de décentralisation du pouvoir d'organisation économique et de sécurité pour la croissance rationnelle en sens, en humanité, en prospérité et en vitalité économique.

    Le clan est la structure socio-politico-administrative et économique qui structure l'individu et contribue à sa construction du sens et à sa croissance en humanité. Le chef du clan a un pouvoir politico-administratif, économique et religieux sur l'ensemble des membres du clan pour le vivre ensemble harmonieux dans la systémique communautaire qui respecte les groupes d'âges pour des espaces de convivialité et d'affinité, voir au moment de repas et des détentes. La cohésion sociale est articulée autour de la crainte à l'égard de la sorcellerie, cette puissance, force, pouvoir, intelligence exceptionnelle, différente lorsque le sorcier l'utilise de manière négative motivé par la haine, la jalousie et l'envie vis-à-vis d'autres membres du clan pour nuire ou déstabiliser, voir détruire ceux-ci ou leurs projets de vie.

    Le projet de société du Kongo est articulé de manière systémique, structurelle, institutionnelle à travers plusieurs axes qui permettent de promouvoir des actes pluriels qui contribuent à valoriser le chef naturel, la propriété collective du sol, la propriété individuelle, l'exploitation agricole individuelle, le travail coopératif, la solidarité, l'égalité de chance et la non-exploitation mais aussi l'équilibre de l'environnement social et naturel. Le professeur NDONGALA TADI LEWA précise des expériences existentielles où le devoir de solidarité clanique est requis chez le Kongo. Cette "solidarité, est, basée sur l'assistance mutuelle en cas de décès, de maladie, de mariage, de naissance, de palabres judiciaires, etc. Cette solidarité peut revêtir la forme d'une amitié allant jusqu'au partage des mets, voire aux repas communs"(65).

    La vision du monde et le projet de société dans l'ancien Royaume Kongo développent le communautarisme et un déterminisme économique clanique qui récusent et ignorent les capacités individuelles de chacun de poser des actes pluriels autonomes, libres et responsables sous peine de se mettre en marge de la coutume, des lois des ancêtres, du droit d'aîné, de la soumission moutonière au chef du clan et à son pouvoir, à sa domination et  à son intelligence supérieure expérimentée dans la sorcellerie. Le refus des inégalités sociales coutumières, familiales, claniques et étatiques soutenu par un contrôle social, culturel, institutionnel, systémique et clanique de proximité qui favorise la négation de toute responsabilité individuelle des actes posés par différents membres au sein de la famille, du clan, du lignage, du village, de la société et de l'Etat permet de valoriser la systémique alternative de la solidarité pour pouvoir s'entraider afin de résister à tout profit personnel. Les actes pluriels claniques de solidarité, d'entraîde et de fraternité ouvrent la voie à la systémique humaniste pour un modèle social humaniste dans le monde contemporain.

    Le modèle social plus rigide est corrigé de manière structurelle, culturelle, systémique, institutionnelle, culturelle et anthropologique par le matriarcat qui contribue à la construction du sens, à la croissance en humanité et à la construction d'une systémique humaniste socialiste pour favoriser l'emergence de la croissance économique pour le bien des individus, des gens, des familles, des clans, des lignages, des villages, des cités, des centres, des villes, du capital, des pouvoirs publics et de tout le Royaume Kongo. "Aussi constatera-t-on que la société qu'Owen n'a pas réussi à créer est celle que les Kongo ont vécue" (66).

    Dans l'ancien Royaume du Kongo, le systéme économique n'est pas celui de la production capitaliste, ni celui de la production socialiste, encore moins celui de la production féodale mais plutôt un système cohérent de production économique matrimonial. Ce système construit rationnellement de manière expérientielle est soutenu par l'intelligence rationnelle émotionnelle du cortex pré-frontal par des élèments systémiques ci après:"-Une agriculture n'exigeant relativement pas d'énormes travaux que les petits groupes, les ménages peuvent facilement entreprendre seuls; - Une acquisition du facteur travail par le mariage;-Une société autarcique basée fondamentalement sur la satisfaction des besoins essentiels et à l'échelle égalitaire (même le chef du clan ne dispose pas d'une case différente de celle du sujet ), et où le chef du clan contrôle tous les échanges extérieurs; -Une coexistence de la propriété collective (le sol) et de la propriété individuelle, fruit du travail personnel" (67).

    Les actes pluriels privés et publics, claniques de la systémique, structurelle, organisationnelle, économique, matrimoniale sont veçus en direct dans la structure du marché ouvert à la concurrence parfaite harmonieuse et vitale qui favorisent la libre circulation des personnes, des biens, des marchandises, le respect de la pluralité des opérateurs économiques et commerciaux et l'application du principe de grande transparence du libre marché ouvert à des relations commerciales bien personnalisées et médiatisées par les relations claniques de parenté, d'alliance et d'amitié qui contribuent au jeu de l'offre et de la demande et favorisent la stabilité des prix des marchandises, des services, des produits et des biens.

    La concurrence parfaite systémique n'a pas d'insidence sur les prix des marchandises, des biens, des produits, des services car le coût de la production des produits périssables ne prend pas en compte le calcul du temps, celui-ci n'étant pas comptabilisable. Producteurs économiques et commerciaux, vendeurs et acheteurs économiques et commerciaux font bien la distinction entre les produits périssables, vendus, artisanaux durables et les matières premières tout en respectant l'exigence de la concurrence parfaite.

    Les chroniqueurs de l'Ancien Royaume de Kongo ne font-ils pas remarquer l'étonnante stabilité des prix, entre les 15e et le 18 e siècles, dans l'économie Kongo? (67).

    Le choc de culture, de civilisation, des logiques systémiques, structurelles, institutionnelles, organisationnelles, socio-administrative, politiques, économiques, commerciales, culturelles et religieuses entre l'Ancien Royaume du Kongo et l'Occident lors de la colonisation désarticule la systémique clanique protectrice et servante des besoins et désirs subconscients des différents membres de clans dans la société. Ce choc brise certains éléments de cohésion sociale clanique. Les membres du clan se libèrent du contrôle clanique social et même du conformisme social. Ils n'ont plus peur de transgresser les interdits coutumiers, les lois claniques des ancêtres. Ils mettent fin aux modes de vie et de nourriture organisés autour du communautarisme, du sens communautaire et ébranlent l'ordre politico-administratif clanique. L'alternative de la cohésion sociale devient celle de la persistance des valeurs de la sorcellerie, des cultures des ancêtres, de la solidarité, de l'acquisition de la propriété individuelle et du respect de la proprieté collective du sol à travers le respect du droit foncier qui autorise l'exploitation, l'usage individuel de la propriété collective avec l'accord du chef du clan et des anciens pour le bien individuel et collectif.

    L'effondrement des certaines valeurs essentiels du communautarisme traditionnel clanique, sociétal, africain permet paradoxalement l'emergence des libertés individuelles, la prise de conscience de la responsabilité individuelle de ses actes pluriels sans renier à la prise de conscience collective du basculement du communautarisme matrimonial clanique traditionnel vers l'individualisme occidental notamment chrétien, évangélique qui contribue à l'emergence de l'initiative privée, de l'esprit d'entreprise, de la responsabilité individuelle de ses actes pluriels notamment économiques et commerciaux pour son enrichissement personnel et non plus collectif.

    "Toutefois, l'influence du groupe sur les options individuelles et sur le mode de vie naguère contrôlé par le clan tend à disparaître. Il y a une plus grande indépendance de l'individu dans les créations économiques, où il ne recourt plus ni à l'avis de son groupe social, ni à son concours financier. Les individus conçoivent leur projet, en déterminent les grandes lignes et se mettent à l'exécuter. Ceux qui vivent en dehors des agglomérations claniques,s 'ils veulent recueillir un avis d'ordre technique intéressant leurs projets, consultent des spécialistes"(68).

    L'effondrement de la systémique  du communautarisme et l'emergence de la systémique de l'individualisme entraîne le choc systémique des cultures, des logiques, des pensées, des civilisations qui enterrent l'Etat social clanique matrimonial, matriarcal, autoritaire, espace d'un contrôle bien refléchi et bien organisé de tous et libère les passions incontrolées du plaisir et de l'argent dont le Bas-Kongo, au contact avec l'Occident depuis cinq siècle paie les frais encore aujourd'hui par la médiation des conditions et de civilisation matérielle rudimentaire et moyenâgeuse.

    "Si très loin se profilent un chemin de fer et une route asphaltée avec quelques ramifications de route vers l'intérieur, dans l'ensemble, le Bas-Congo, après un contact de cinq siècles avec l'Occident, vit une civilisation matérielle très rudimentaire. Ce sont les sentiers à piétons qui sont les plus nombreux, l'habitat a gardé sa forme garnie des maisons en briques grossièrement maçonnées. Les hommes ont perdu l'initiative de la protection de la nature qui voit ses forêts dévastées sauvagement et l'aspect désertique l'envahir à coup sûr, si aucune mesure de sauvegarde environnementale n'est prise et exécutée. Les femmes continuent à aller puiser l'eau à la rivière en faisant une heure de marche, comme elles vont toujours ramasser le bois mort dans la forêt en vue de faire le feu pour la cuisson des aliments"(69).

    L'absence des semences bien ciblés entraîne l'effondrement de l'agriculture mais aussi l'effondrement de l'économie ménagère, villageoise et rurale enfermée dans des instruments et outils techniques traditionnels sans un réel changement dans la modernisation technologique des instruments et outils économiques capables d'y apporter la croissance économique qui rejoint les besoins réels et les désirs des populations concernées.

    "Sur le plan proprement économique, les techniques n'ont guère évolué, sous réserve de la substitution des houes, machettes et hâches de fabrication artisanale par les outils correspondants de fabrication industrielle. La stagnation technique s'est même accompagnée de la régression du progrès agronomique. Les villageois ne domestiquent plus rien et aucun service organisé et spécialisé ne se préoccupe de les y stimuler. Des espèces jadis domestiquées regagnent la brousse: c'est le cas du figuier et du goyavier et les agriculteurs ne s'adonnent plus qu'à la culture intensifiée du manioc introduit par les Portugais au 16 e siècle, aux haricots, aux poivrons et aux divers légumes d'importation récente. De même que les figuiers et les goyaviers, l'espèce d'arachide indène (nguba za kongo) donnant des récoltes abondantes, les petits pois (wandu), les choux indigènes ( nkove et Kinsumba), comme les piments tant prisés comme épices africaines tendent également à disparaître à défaut de semences sélectionnées."(69).

    La femme Kongo bien qu'elle soit une actrice importante du développement et de l'économie souffre de la discrimination dans la formation technique professionnelle et agricole, voir vétérinaire pour lui permettre d'agir, de poser des actes pluriels performants en faveur de la culture vivière et de l'élévage.  Les valeurs traditionnelles socio-culturelles Kongo n'ont pas beaucoup été affecté entre le 15e et le 19 e siècle. " C'est à partir de la colonisation du 19 e siècle que les transformations de la structure socio-économique apparaîssent plus rapides et plus accentuées et suscitent des tensions sociales tant qu'il y aura une dualité socio-économique, une structure économique traditionnelle"(70).

    Il existe des tensions , des contradictions sociales dans la société Kongo d'hier et d'aujourd'hui entre l'emergence de l'individualisme pour la satisfaction des besoins économiques, l'appropriation des richesses individuelles et l'exigence de la resistance aux inégalités individuelles, familiales, claniques, sociétales pour l'emergence de la solidarité clanique, lien spirituel de l'humanisme Kongo. Ces tensions et contradictions rejoignent l'effondrement idéologique, systémique, socio-culturel et sociétal de la cohésion sociale, à savoir la croyance et la peur de la sorcellerie. 

    "La solidarité clanique reste le lien spirituel qui sous-tend l'humanisme Kongo. Mais ne risque-t-il pas de s'effriter sous la pression de nouveaux besoins plus individualisant, si la croyance à la "Kindoki ", idéologie socio-culturelle contraignante, venait à disparaître?"(71).

    Pour répondre à cette question à la lumière du professeur Ndongala Tadi Lewa, il s'avère nécessaire de promouvoir une rencontre parfaite entre l'individualisme capitaliste et l'exigence du communautarisme social et solidaire Kongo, Bantu, Africain pour des techniques, des équipements, des technologies de production agricole, économique, pastorale et sociétale communautaires qui permettent de contribuer à la croissance en sens, en humanité, en bien privé, en propriété privé et en bien public, en propriété public pour l'avenement paradoxal d'un individualisme communautaire et d'un communautarisme individuel pour la croissance individuelle, familiale, sociétale, économique, entrepreneuriale, politique, culturelle, technique, technologique, privéé et publique, des petites et moyennes entreprises, des indépendants en sens et en humanité respectueuse de la concurrence parfaite, sociétale, humaniste et de l'égale dignité de tous dans la légalité, la justice, l'équité , la convivialité, la solidarité, la fraternité et la paix multi convictionnelle, multiculturelle au service de la joie lumineuse, rayonnante, contagieuse complète.

    Et que dire des actes pluriels des responsabilités individuelles et collectives des familles Kongo au sein de l'institution du mariage Kongo à la lumière des Études Bakongo du révérend Père J. VAN. WING ? (Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

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    (61) NDONGALA TADI LEWA, Quelques traits d'organisation économique Kongo au seuil de la colonisation belge, vue au travers des "Études Bakongo" du R.P.J.VAN WING dans l'Actualité et Inactualité des "Études Bakongo" du Père J. VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 avril 1980. Inkisi. Grand Séminaire Mayidi,1983,p99-100.

    (62) Ibid.,p.100.

    (63) BUAKASA TULU KIA MPANZU, Le discours de la "Kindoki" ou "Sorcellerie ", dans Cahiers des Réligions Africaines, 1972(6),n.11,p.29,32.

    (64) Ibid.,p.30.

    (65) Ibid.,p.105.

    (66) Robert OWEN, Socialiste Créateur du Mouvement Coopératif. Cf. Ch. GIDE et ch. RIST, Histoire des doctrines économiques,I. Des pysiocrates à J. Stuart Mill, 7 e édition, Paris, Sirey,1959,p.262ss.

    (67) NDONGALA TADI LEWA, Quelques traits d'organisation économique Kongo au seuil de la colonisation belge, vue au travers des "Études Bakongo" du R.P.J. VAN WING dans Actualité et Inactualité des "Études Bakongo " du Père J. VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 Avril 1980. Inkisi, MAYIDI, Grand Séminaire,1983,p.108.

    (68) Ibid.,p110.

    (69) Ibid.,p.110-111.

    (70) Ibid.,p112.

    (71) Ibid.

  • La responsabilité des actes pluriels économiques et sociétaux du Royaume Kongo selon les études Bakongo du P. Van WING.

    Le professeur Jan Vansina, éthnologue souligne que dans l'Ancien Royaume Kongo, la préoccupation essentielle des actes pluriels posés, actes mentaux, actes du langage, gestes corporels, actes humains, attitudes, regards, perceptions, représentations, comportements, conduites, manières d'être, de vivre, de penser, d'agir, de ressentir, de souffrir, de jouïr et de jubiler est celle de la construction du sens et de la croissance en humanité par la médiation des actes sociétaux, politiques, publiques et religieux soutenus et motivés par l'idéologie et l'ontologie Kongo de la croissance spirituelle et religieuse articulée dans une structure sociétale, politique, organisationnelle et expérientielle bien réfléchie(51).

    Les actes pluriels économiques de l'ancien Royaume Kongo, au regard des Études Bakongo du révérend Père J. Van WING peuvent être identifiés à partir des idées qui donnent à penser aux contenus économiques. Le premier acte économique que pose un Mukongo (Bantu) est celui de la construction de l'habitat. Le choix du lieu de cette construction mais aussi de l'organisation de l'habitat à construire ou construit révèlent la première puissance économique dans l'Ancien Royaume Kongo pour celui qui en est propriétaire et qui sait très bien que la terre appartient aux ancêtres. Généralement l'habitat est construit sur des collines ou au milieu ou en lisière d'un bois, tout en établissant une fôret artificielle là où elle n'existe pas avec des palmiers elaïs, les safutiers, les kolatiers (nkâsu), les faux cotonniers (mfuma), les parasoliers (nsenga) et enfin les lianes à fruits savoureux (magoki). Dans les autres régions de l'Ancien Royaume de Kongo, on enregistre d'autres espèces, tels que les figuiers (mungyengye) et plantes fruitières importées par les Portugais: goyaviers, citronniers et orangers (52).

    Les matériaux utilisés dans la construction de l'habitat, la beauté et l'esthétique de l'habitat, son organisation, démontrent clairement le niveau de l'évolution existentielle, sociétale, politique, technique, technologique, culturelle, économique du propriétaire mais aussi de la societé et des structures socio-politiques, voir de la civilisation elle-même. Des habitats dispersés signifient qu'une société est désorganisée. On peut évoluer des tels habitats dispersés vers des habitats groupés à travers une pluralité des configurations appelées villages, cités, villes qui marquent significativement l'impact réel d'une expérience sociétale, publique, économique et politique motivée par la croissance en humanité, en sociabilité politico-économique, voir en citoyenneté.

    Dans l'Ancien Royaume Kongo la construction de l'habitat fait partie des actes économiques qui valorisent le propriétaire au niveau personnel, familial, sociétal, politique et économique. Mais la vraie richesse, la richesse essentielle dans sa quintessence ce sont les enfants ou l'enfant. Et c'est pour eux, c'est-à-dire pour les enfants que les parents construisent la maison, s'engagent à rester toute leur vie ensemble dans leur propre habitat afin de leur garantir le lieu de vie existentielle, familiale, sociétale, clanique et étatique. Dans l'ancienne société Kongo les actes pluriels économiques qui structurent la vie sociétale et politique ou publique des détenteurs du pouvoir économiques sont lisibles et visibles à travers l'organisation du clan et du village.

    Le clan constitue une des richesses économiques de l'Ancien Royaume Kongo tout comme le village. Les actes pluriels économiques qui favorisent et contribuent à la croissance en sens et en humanité du clan immortel mais aussi du village (qui peut être anéanti) habité par un clan ou par plusieurs clans et lignages constituent au même titre que les actes économiques de la construction de l'habitat les exigences et les fondamentaux des actes pluriels responsables qui participent au vivre ensemble harmonieux. Les membres qui appartiennent au même clan des défunts et des vivants par la descendance utérine, le sang de l'aïeule respectent dans leurs conscience et dans leurs actes pluriels, càd actes mentaux, actes du langage, gestes corporels, actes humains, attitudes, regards, perceptions, représentations, conduites, comportements, manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de ressentir, de souffrir, de jouïr et de jubiler l'interdit de se marier entre eux, c'est-à-dire l'exogamie et les interdits alimentaires mythologiques et totémiques mais aussi le devoir structurel de solidarité et de fraternité pour l'enterrement mutuel et l'assistance inter-clanique en cas de guerre.

    Essaim de clans, le village est socialement structuré. "La structure sociale comprend dans son ensemble:1. Les bambuta (les aînés). 2. Les Ngudi: ce sont les mères qui ont donné beaucoup d'enfants au clan, dont les plus méritantes sont appelées "Ndona". 3. Les matoko ( jeunes gens ) et les ndumba ( jeunes filles ), tous adultes et aptes au mariage. 4. Les esclaves, considérés comme " bana ba nzo " ( enfants du clan ) ".(53). Au sein du village chaque membre respecte les droits et les devoirs qui relèvent des coutumes ancestrales, c'est-à-dire des lois des ancêtres pour lesquelles le chef du village est le garant de l'autorité ancestrale et du gouvernement coutumier du village pour un vivre ensemble harmonieux et prospère de chacun et de tous dans le respect des moeurs acceptées par les ancêtres.

    "Le chef du village a le devoir de faire respecter la coutume, lois des ancêtres, ainsi que de faire prospérer le village. En bref, ses fonctions touchent au domaine de la justice, de la guerre, du commerce, du culte et de la surveillance des moeurs. Il peut imposer les travaux d'utilité publique ( débroussement des sentiers et des abords du village ) et aussi des travaux d'utilité personnelle ( fourniture de vin pour une fête, assistance dans la construction de ses huttes). Le chef jouit du privilège de l'inviolabilité parce que comme représentant du clan, il est l'incarnation des ancêtres. Il a des règles de politesse à son égard, telles que: 1. Le silence quand il passe; 2. Le grand salut requis, qui consiste à s'agenouiller, se frotter trois fois les mains en disant: "lukaya, mfumu" ( je vous salue, chef); 3. Le repli des jambes quand on est assis devant lui "(54).

    Mais quel est le rôle économique des femmes mariées qui entrent dans la vie sociétale du clan du mari? Dans le Royaume Kongo, la femme mariée représente une richesse économique pour le clan du mari car elle apporte une plus value considérable notamment par la progéniture et par ses actes économiques pluriels pour nourrir et entretenir la famille, le clan, le lignage et le village, bref pour subvenir aux besoins pluriels. Le rôle économique de la femme est inscrite dans la logique structurelle, sociétale, culturelle, politique d'une famille Kongo nucléaire généralement polygame mais organisée autour d'une famille monogamique. La polygamie est la structure sociétale, ancestrale, culturelle, politique de la famille nucléaire Kongo qui s'organise autour d'une famille monogamique. Elle donne à toutes les femmes dans le respect du droit d'ainesse, voir de la première femme mariée, des droits et devoirs vis-à-vis de leurs mari polygame et vis-à-vis de leurs enfants tout en vivant chacune dans sa hutte, dans sa maison de manière autonome. Le polygame a également des droits et des devoirs vis-à-vis de sa première femme et de toutes les autres femmes mais aussi vis à vis des enfants. Les garçons agés de 8 à 16 ans, tout comme les filles vivent dans des huttes appropriés distincts.

    Le professeur NDONGALA TADI LEWA précise des droits et devoirs des uns et des autres au regard du révérend Père Van WING quand il dit: " Par ailleurs, autant chaque femme a le devoir de fournir au mari le pain de manioc et divers légumes, autant le mari a l'obligation de procurer, à chacune de ses femmes, la viande et le sel qu'il achète au marché ou qu'il obtient par la chasse, s'il s'agit de la viande. La femme a le devoir de soumission à son mari et celle-ci porte notamment sur le travail manuel ( la préparation de la nourriture et les cultures vivrières ) et sur l'assistance financière au mari qu'imposent certaines circonstances. Mais le mari ne peut rien exiger de sa femme au-delà des prescriptions de la coutume "(55).

    Dans la société Kongo, la femme mariée est créatrice des richesses. Elle est l'axe central de l'économie ménagère et en dehors du ménage pour le clan, le village, le lignage ...Toute l'économie traditionnelle Kongo repose sur la femme mariée au sein de la famille linéaire polygamique organisée autour de la famille monogamique. Cette économie menagère portée par la femme mariée est organisée de façon structurelle, sociétale, politique et économique à partir de deux principes économiques d'une part le principe de séparation absolue des biens ( le mari travaille pour son compte ou pour le compte de son clan, et la femme travaille pour son clan à elle) et d'autre part le principe de la division du travail.

    Le Père Jan Van WING explicite mieux les deux principes quand il affirme: " le mari procure à la femme le logement, le pagne, une houe et une machette (...). C'est lui qui balaie la cour et les abords des huttes, lui qui abat les gros arbres dans la forêt, et aide la femme dans le défriché, jusqu'au moment où le terrain est assez déblayé pour être travaillé à la houe (...). A la femme, le soin des enfants, du ménage et des cultures vivrières. Au commencement de la saison sèche le mari cherche un emplacement propre pour ses cultures de manioc. La partie de forêt choisie est divisée en autant de parts qu'il y a de femmes, plus une. Aidé de ses femmes, parfois d'autres maris à qui il doit rendre la pareille, il abat ( Kenda ) les gros arbres, laissant aux femmes le petit taillis (...). Il travaille alternativement à chacun des sodi (défriché) de ses femmes, dont chacune aménage le sien propre. Quant à son sodi à lui appelé sodi di Kayakala, défriché du mâle, toutes les femmes aux jours indiqués y travaillent ensemble avec le mari; toutes aussi y plantent, y binent, sarclent, puis l'exploitent, en vendant les pains de manioc chacune à son tour, pour le profit exclusif du mari.

    Un fois le bois brûlé et le terrain déblayé, la tâche du mari est finie. La femme alors peut houer, planter et laisser mûrir le manioc. La récolte sert d'abord à la subsistance du ménage; le surplus est vendu par les femmes que les marchés. L'argent ainsi amassé est soigneusement gardé par la femme jusqu'à ce que le sodi soit épuisé. Alors se règlent les comptes. L'argent est divisé en deux parts égales, une pour le mari, l'autre pour l'épouse. Celle-ci lui paye encore un petit pour boire comme compensation de la houe qu'elle en a reçue. Quand le bénéfice a été bon, le mari, pour montrer sa satisfaction fait cadeau d'un pagne à chacune de ses femmes" (56). Tout en travaillant pour le champ (sodi) de son mari ou des autres femmes par solidarité et fraternité au sein de la polygamie, la femme assume également ses actes de manière autonome pour son propre champ (sodi). "La femme doit planter également champ d'arachides, ses courges, son maïs dont la récolte sert à la subsistance du ménage; elle vend le surplus à son profit personnel. Elle se procure des ressources par la fabrication de petits paniers; par l'élevage des poules et des chèvres souvent en société avec son mari; par la pêche. etc. Tous les revenus qu'elle en tire sont pour elle seule. Elle donne une partie de son argent aux membres de son clan et à ses enfants mariés: le reste est consacré à l'achat d'étoffes qui serviront à son enterrement"(57).

    La systémique socio-économico-politique des actes pluriels de polygamie rélève de la croissance en humanité et en sociabilité dans la tradition ancestrale Kongo pour garder un niveau élevé de vie culturelle, sociétale, politique et surtout économique. Les fondamentaux de cette systémique se concentrent dans le principe suivant: "La femme mariée est créatrice des richesses et joue le rôle moteur dans le développement, le progrès social, politique, la croissance économique, la subsistance fondamentale du ménage.Elle donne vie et progéniture. En ce sens, titre et qualité, elle est la quintessence du vrai bonheur. La quintessence de la vraie richesse réside dans les enfants qui pérennisent de manière immortelle la famille, le clan, les lignages et lient la communion et la communauté des vivants et des morts avec l'ancêtre fondateur. L'homme, le polygame est reconnu et respecté dans son rôle et ses taches socio-économiques en ses titres et qualités d'amateur des palabres et des visites.

    "Quand à la femme, très tôt le matin et chaque jour, elle descend à la rivière, puise l'eau nécessaire pour la journée. Son enfant sur le dos, la houe sur l'épaule, un panier sur la tête, elle se rend à ses champs de manioc, de bananiers, d'arachides, de courges, de maïs. Quand le soleil commence à se calmer vers deux ou trois heures de l'après-midi, elle remonte au village, et prépare le repas du ménage. Tous les quatre jours, une matinée est consacrée à la longue préparation du pain de manioc et une autre matinée au marché pour la vente de ses produits et l'achat des articles de ménage qui lui manquent"(58).

    On comprend dès lors que le climat d'insécurité et de guerre dans certains endroits brise l'élan vital des actes pluriels économiques qui sont posés par des femmes mariées, elles-mêmes créatrices des richesses qui contribuent à la construction du sens, à la croissance en humanité et à un vivre ensemble harmonieux, pacifié, cohérent et crédible par rapport au communautarisme, à la sociabilité systémique, structurelle et aux valeurs systémiques de solidarité, de fraternité, de bon voisinage, d'entente et de paix qui permettent d'assumer les paradoxes des logiques systémiques et idéologiques diamétralement opposées du communautarisme et d'individualisme dans la dialectique des actes pluriels responsable au service de la convivialité, de la joie complète, du bien privé et du bien public.  

    Le bien, la propriété rélève des actes individuels et ou des actes collectifs responsables, crédibles et cohérents. La terre est une propriété collective qui appartient aux ancêtres et qui est inaliénable. Elle peut être cultivée par chacun et par tous les membres du clan qui bénéficient et jouissent  des fruits ou résultats de l'agriculture, de la pêche et de l'elevage. Les differents membres du clan peuvent également poser des actes pluriels individuels qui leur permettent de jouïr du fruit de leur travail sur leurs propriétés individuels ( champs, arbres, potager,..). Le sous-sol, avec ses minerais relève également de la propriété collective et appartient aux ancêtres. Le sous-sol est inaliénable mais peut être exploité par des personnes qui posent des actes pluriels individuels ou collectifs et partagent ou jouïssent du résultat de cette exploitation dans la légalité et le respect des lois coutumières. Les exploitants du sous-sol, pour ses minerais reçoivent d'abord l'autorisation légale de l'autorité, du chef du clan, qui représente les ancêtres. Ils le respectent également car le chef du clan a le droit et le devoir de veiller au sol et au sous-sol pour ses minerais. Il en est co-propriétaire par le lien du sang ancestral et a l'obligation de défendre et de protéger le sol et le sous sol Kongo avec ses minerais, inaliénables,  qui appartiennent réellement à l'unique propriétaire immortel, les ancêtres.

    "Quant au droit de propriété individuelle, il est reconnu à tout Kongo libre. Cette propriété individuelle porte sur tout ce qui constitue le "mbongo" ( la richesse ), c'est-à-dire les étoffes, la monnaie, la poudre de chasse, tous les articles de faïence, la hutte que quelqu'un s'est construite, son petit bétail, ses instruments de travail, de chasse, de pêche, de musique, etc..., de même que ses cultures, les arbres ou les bois qu'il a plantés, les fétiches qu'il a acquis soit par achat, soit par héritage" (59). Les actes de succession peuvent concerner des biens individuels ou collectifs. La lignée est l'heritier collectif qui reçoit les arbres fruitiers, les bois plantés, les forêts superficiels, les exclaves, le NZO BAKULU ( maison des ancêtres) ou Seigneurie du village et la dignité des aînés. Tandis qu'un homme malade peut poser des actes de succession privée à sa femme, à ses enfants ou à ses amis en ayant des compensations pour les instruments et les objets qu'il leur lègue.

    Dans l'Ancien Royaume Kongo, l'esprit communautaire est veçue dans des actes pluriels économiques qui contribuent de favoriser l'expansion du marché, de la fête, des repas, du travail de l'agriculture, de la chasse, de la pêche, de l'élévage, des baignades, des voyages et de causette pour résister à toute solitude et à toute intimité, quasiment inexistantes. La vie se modélise et se médiatise de manière systémique, lisible et visible dans l'énergie de l'élan vital du bruit, de la cohue et du rire aux éclats, témoignage anthropo-psychologique de la traçabilité existentielle de l'enthousiasme lumineux, spontané, lucide et de la joie complète résultant de l'intelligence émotionnelle du cortex préfrontal et de la rigueur ouverte à la dérision pour célébrer la vitalité existentielle de la socialisation, mieux de la croissance en humanité, en sociabilité et en communautarisme solidaire et fraternel.  "Mettre un Kongo seul au travail, c'est le meilleur moyen de l'en dégoûter" (60).

    Que dire des actes pluriels moraux, des actes pluriels de nuctosophie ou de sorcellerie et des actes pluriels commerciaux dans l'organisation systémique, structurelle, institutionnelle et idéologique de la société Kongo? ( A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).

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    (51). J. VANSINA, Introduction à l'ethnographie du Congo, Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi, Ed, Universitaires du Congo, 1965,p.14.

    (52) Pierre Van den Broecke, cité par G. Balandier dans La vie quotidienne au Royaume de Kongo du XVI e au XVIII e siècle , Paris, Hachette,1965,p.79.

    (53) NDONGALA TADI LEWA, Quelques traits d'organisation économique Kongo au seuil de la colonisation Belge, vue au travers des "Études Bakongo" du R.P. J. VAN WING dans Actualités et inactualité des "Études BAKONGO" du Père J. VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 avril 1980, Inkisi, Grand Séminaire MAYIDI,1983,p.93.

    (54) Ibid.

    (55) Ibid.,p.94.

    (56) VAN WING J., Études Bakongo. Sociologie-Religion et Magie (Museum Lessianum-Section Missiologiques,n.39), 2é ed.,(Louvain), Desclée de Brouwer, 1959,p.195.

    (57). NDONGALA TADI LEWA, Quelques traits d'organisation économique Kongo au seuil de la colonisation Belge, vue au travers des "Études Bakongo" du R.P. J. VAN WING dans Actualité et Inactualité des "Études Bakongo" du Père J. VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 avril 1980, INKISI, Grand Seminaire MAYIDI, 1983,p.96.

    (58). Ibid.

    (59) Ibid.,p97-98.

    (60) Ibid.,p99.