• KA-FE DU DIMANCHE D'ORBAIS :DIMANCHE 3 FEVRIER 2013.

    Avant de poursuivre nos refléxions sur les BAKONGO dans l'ancien royaume du KONGO au regard de l'article de professeur NGIMBI NSEKA en ce qui concerne la pensée du révérend père Van WINK, nous comptons  vous donner deux informations concernant les futures activités des amis du KA-Fe du dimanche d'Orbais à la cure d'Orbais et des amis de Ste Wivine d'Orbais au réfectoire de l'ancien home trémouroux à Orbais, si l'accord officiel devrait être donné dans ce sens. Ces deux activités devraient se dérouler durant le mois de février 2013 à ORBAIS.

    LE DIMANCHE 3 FEVRIER 2013

    "

    Nous tenons à vous signaler que le KA-FE du dimanche d'Orbais est ouvert de 10H00 à 13H00 à la cure d'Orbais le premier dimanche de chaque mois pour un moment de détente. Venez nous rejoindre avec Marraine Jacqueline SAGON: 0476.39.59.93

    Mimie-JOJO DECLOUX: 081.65.50.18

    Père Hubert MAYITUKA:

    0472.41.09.71

    Nous serions heureux de vous compter parmi les amis du KA-FE du dimanche. Prochain rendez-vous le dimanche 3 février 2013 de 10H00 à 13H00 à la cure d'Orbais.

    NB. La messe est exceptionnellement à 10H00 tous les premiers dimanches du mois.

    Pour le KA-Fe du dimanche d'Orbais".

    Le secrétaire,

    Hubert Adelain MAYITUKA MANGANGULA. Desservant.

     

    CATECHISME POUR LES CONFIRMATIONS DU DIMANCHE 10 mars 2013 à la messe de 11H00.

    "Le catéchisme pour les confirmations aura lieu:

    Le jeudi 31 janvier 2013 de 18H00 à 19 H00 à la cure d'Orbais.

    Le jeudi 28 février 2013 de 18H00 à 19H00 à la cure d'Orbais.

    Le samedi 9 mars 2013 de 18H00 à 19H00 à la cure d'Orbais".

     

    LES AMIS DE SAINTE WIVINE.

     

    "CRn°5 réunion du 24.01.2013 1

    Les amis de Sainte Wivine

    Assemblée du 24 janvier 2013 : Préparation souper - crêpes du samedi 16 février. Jean-Pierre est excusé

    1. Réponse Monseigneur Léonard – procession 23 juin

    Père Hubert a reçu une réponse négative de Monseigneur Léonard pour la procession du 23 juin. Avec Gérard, ils vont inviter un

    autre évêque.

    2. Souci local

    Le CPAS refuse de nous prêter le réfectoire le 02 février.

    Raison officielle : autorisation pompiers ; raison officieuse : occupation cuisine et utilisation matériel.

    Des contacts personnels ont été pris avec Carl Cambron qui va appuyer notre nouvelle demande pour le 16 février.

    3. Distribution des invitations

    Jean-Pierre : les rues d’Orbais de l’autre côté de la chaussée de Huy

    Michel : rue de la Gobie

    Père Hubert : rue Trémouroux, rue de la Tasnière et boucle de la rue du cochige

    Joseph : rue Tilleul Sambrée et rue Cochige vers chaussée

    Marie-Gabrielle : rue de Tourinnes, rue du chêne Bénit, riège du bois chapelain et rue de la ferme

    Au plus tard le 09 février

    4. Vaisselle

    Marie-Gabrielle demande à Théo. Enlèvement de la vaisselle le 09 février à 10h par Mylène, Michel et Anne-Marie et Marie-

    Gabrielle. Chacun fera une partie de la vaisselle pendant la semaine.

    Grandes et petites assiettes. Couverts. Verres à vin, à bière et à soft. Tasses et sous-tasses.

    5. Matériel à prévoir

    Micro-ondes : Mylène, Olivier, Mimie et Jeanine

    Plaques de cuisson : école

    Samovar : Mylène

    Bouilloires électriques : Anne-Maire, Mimie et Marie-Gabrielle

    Décoration salle : Mylène et Marie-Gabrielle Tarifs : Marie-Gabrielle

    Tickets boissons, tombola, … : Mylène Sets de table et invitations : Michel

    6. Timing

    09.02 : enlèvement vaisselle et distribution des toutes-boîtes

    13.02 : préparation des lots de tombola chez Père Hubert ou Marie-Gabrielle

    14.02 : courses

    15.02 : Mimie et Mylène préparent les farces. Anne-Marie, Mimie, Joseph et Mylène cuisent les crêpes ces Mimie et Joseph

    16.02 : le matin, préparation de la salle et à partir de 18h, souper

    7. Tombola

    TOUS LES LOTS SONT GAGNANTS. La liste des donateurs de lots sera imprimée sur les tarifs.

    3 catégories de lots :

     « petits lots » : prix vente ticket : 2,00 EUR. 3,00 € < valeur < 10,00 €

     « lots importants » : prix vente ticket : 5,00 EUR. 10,00 € < valeur < 25,00 €

     « gros lots » : valeur > 25,00 EUR. Il faudra estimer le poids d’un potiron par exemple. Pour donner 1 poids, le joueur

    payera 1,00 €. Le joueur qui aura le poids le plus proche du poids réel pourra choisir le premier le gros lot, puis le

    deuxième joueur, …

    8. Menu

    10 EUR : apéritif - 2 crêpes au choix (champignons et/ou épinards) – dessert (crêpe, glace, chocolat chaud"

    Et que dire de notre réflexion sur les Bakongo au regard du révérend Père Van WINK ? ( A suivre). Père Hubert Adelain MAYITUKA MANGANGULA. Desservant. Curé d'Orbais. (PERWEZ).

     

  • La structure onto-théologique et l'univers moral pour l'avénément des actes pluriels dont la parole dans la construction de la personnalité KONGO dans l'Ancien Royaume du KONGO.

    Au regard du professeur NGIMBI NSEKA, le révérend Père Van WINK descèle la philosophie des BAKONGO à travers les chants rytmés dont celui de "Mbuta baka", appelé KIMPA(chant rythmé) dans son ouvrage monumental: Études Bakongo. Sociologie, réligion et magie (Museum Lessianum-Section Missiologique,n°39), 2 e ed.,(Louvain), Desclée de Brouwer, 1959. Le professeur NGIMBI NSEKA qui reprend ce texte:"Mbuta baka, Nleke baka, Nsunda NZambi Mpungu. Sula dimosi, nzala mbisi; Ba dimosi, nzala malafu. Simbi kidianga te bantu, Kisa, tudia, ka kidianga ye muntu ko, Kienda kuna matindi, muna mabangu" poursuit: " voici la traduction que donne Van Wing de ce chant rythmé:"Le vieux prend ce qu'il peut sur terre, le jeune prend de même, Mais sur toutes choses règne Nzambi Mpungu. Nous autres hommes, si nous ne pêchons qu'une fois, c'est la faim; Si nous ne tirons le vin que d'un palmier, c'est la soif (...). Nous avons pour nous secourir les mânes des ancêtres, qui mangent avec nous, Mais cette qui nous mangera, la mort, ne vient pas manger avec l'homme. Elle erre dans les vallées profondes, dans les terres lointaines pour chercher l'homme" Cf. Études Bakongo, II. Religion et magie. Extrait des Mémoires publiés par l'Institut Royal Colonial Belge (Section des Sciences morales et politiques,t.IX), 1938,p.28,280-281. Cette traduction, précise le professeur NGIMBI NSEKA est plutôt une interprétation. Le texte kikongo littéralement traduit dit: "Vieux, prends (ta part), Jeune, fais de même, Ce qui est au-dessus, c'est (de) Nzambi Mpungu. Pêcher une fois ne satisfait pas le besoin de poisson. Un seul palmier n'étanche pas la soif de vin. Que le Simbi qui mange avec les hommes, Vienne, que nous mangions ensemble; Mais que celui (Simbi) qui ne mange pas avec l'homme, S'en aille loin dans les vallées profondes, dans les terres lointaines". Ce texte ne contient pas l'idée de la mort qu'y introduit l'auteur. On y invoque plutôt au secours les bons esprits et on demande que s'éloignent de nous les mauvais esprits. La traduction de "Nsunda Nzambi Mpungu" par " sur toutes choses règne Nzambi Mpungu" ne nous paraît pas, précise-t-il, exacte. On comprendrait, poursuit-il, mieux le texte en le lisant comme suit: le vieux comme le jeune reçoit le même part: s'il y a surplus, cela provient de Dieu. Mais prenons le texte tel que le comprend notre auteur qui y voit l'expression de la souveraineté de Dieu sur toutes choses. C'est cela, du reste, qui est ici important"(174).

    Cette philosophie Bakongo se focalise sur la conception et la croyance en un Dieu, Etre suprême, maître souverain et créateur du monde visible et immatériel où vivent les esprits et les forces qui sont en communion avec les êtres et les espèces du monde visible et influencent la vie concrète et réelle des gens sur terre(175). La structure onto-théologique de la société Kongo se traduirait par la dépendance suprême et irréversible des hommes, des familles, des clans, des êtres visibles et immatériels, voir du monde et de l'univers à la souveraineté exclusive de Dieu, Nzambi Mpungu. Cette structure anthropologico-onto-théologique de l"homme et de la société Kongo permet de donner à penser que le peuple Kongo, voir le MUKONGO est naturellement, métaphysiquement, ontologiquement et théologiquement religieux à partir de la vision du monde qui la constitue.

    Le professeur NGIMBI NSEKA affirme emprunter le concept onto-théologique de la philosophie de Martin Heidegger. Ecoutons le: "Nous empruntons le terme d'"onto-théologie" au philosophe allemand M. Heidegger (1889-1976) qui l'utilise pour désigner l'essence cachée de la métaphysique occidentale traditionnelle. Celle-ci semble exprimer l'étant par son être et l'être par un étant suprême. En termes simples, la réalité finie est conçue en référence à un Etre suprême"(176).

    L'approche théo-ontologique de Dieu chez le Kongo et particulièrement au Bas-Congo a été approfondie par G. BALANDIER et L PHILIPPART qui partent de la reflexion théologique et ontologique sur l'Etre suprême transcendant, Dieu, NZAMBI MPUNGU, au royaume du monde invisible pour mieux aborder les fondamentaux du monde visible, des hommes, des êtres, des choses, de la société, de la culture Kongo et de l'univers crée(176). 

    Dans les "Études BAKONGO" sur la religion et la magie, le père Van WING étudie d'abord la vision du monde Kongo sur le monde des hommes, ensuite sur le monde des esprits, enfin sur le monde de Dieu, Nzambi Mpungu, l'Etre suprême et transcendant.

    En quoi consiste la vision onto-théologique du monde des hommes ou des êtres? La vision du monde des hommes ou des êtres est une vision structurellement hierarchisée gérée par des rapports de force et de pouvoir marqués systémiquement par les fétiches. Ces pouvoirs systémiques fétichistes règlent et réglementent la vie sociétale hierarchisée entre les hommes parmi lesquels on trouve les NDOKI (sorciers) et les NGANGA (Magiciens, experts en science de guérison traditionnelle et antinomie paradoxale de NDOKI. Les sorciers et les guérisseurs recourent tous de manière systémique et structurelle aux fétiches et les manient pour l'usage destructeur c'est-à-dire maléfique dans les cas des NDOKI, sorciers, soit pour l'usage bénéfique dans le cas des Nganga, les guérisseurs, ces experts traditionnels en science de guérison, considéré également comme des magiciens.

    En bas de l'echelle hiérarchique sociétal du monde des hommes ou des êtres, le Mukongo trouve l'homme, la femme, la personne âgée, le jeune, l'enfant, le bébé, l'enfant qui se construit dans le ventre de sa mère  et qui n'est ni sorcier, c'est-à-dire ni Ndoki, ni guérisseur, c'est-à-dire ni Nganga mais qui reste systémiquement dépendant du pouvoir fétichiste du sorcier et ou du guérisseur. Cette systémique structurelle hiérarchique du pouvoir fétichiste de malédiction et ou de bénédiction ou de guérison instaure la peur et la domination structurelle systémique du Mukongo incurablement dépendant du pouvoir fétichiste détenu soit par le sorcier, soit par le guérisseur.

    Dans cette systémique structurelle hiérarchique dominée par le pouvoir fétichiste détenu par le sorcier et le guérisseur qui demeurent eux-mêmes en perpétuel conflits pour promouvoir soit le pouvoir de la mort, soit le pouvoir de la vie et de la guérison, la culpabilité et la responsabilité individuelle sur le mal commis ou subi sont inexistantes, voir inconnues. Le mal vient des autres, du groupe et de manière systémique et structurelle du pouvoir fétichiste détenu par le sorcier, l'expert en meurtre nuctosophique et en destruction nuctosophique des êtres et des choses. "La sorcellerie, le Kindoki est l'expression et la cause de l'ensemble des tensions sociales. Elle constitue l'explication dernière de tout mal, frappant l'individu ou le groupe, mal qui, en dernier ressort, vient d'un membre du groupe"(178).

    Le pouvoir clanique de la sorcellerie est celui qui s'exerce dans les liens de consanguinité et dans les liens collatéraux d'alliances pour perturber l'ordre hiérarchique des êtres, des personnes, des choses, des situations et de la vie en société. Celui qui détient ce pouvoir"ndokiste" au sens strict est celui qui crée la désolation, la perturbation, les malheurs. Il peut tuer un parent, un proche, un membre de la famille par consanguinité ou par alliance collatérale à partir du principe  de la perception métaphysique manipulatrice du lien du sang, par consanguinité ou par alliance pour réaliser des visées destructrices en appliquant le principe de la perception sensible par le sang dans ses effluves collatérales. Le sorcier arrive à semer la désolation à partir du moment où ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels et ses actes humains sont générés par l'envie, la haine, la jalousie et la perversion morale pour alimenter les anti-valeurs destructeurs de la dignité humaine et des liens vitaux, familiaux, claniques, sociétaux et étatiques harmonieux.

    Le pouvoir "ndokiste", c'est-à-dire de la sorcellerie peut deriver également non seulement de la consaguinité mais de Mfumu Kutu, le doubon de l'âme humaine qui est le principe métaphysique, ontologique et théologique  de la méta-sensibilité de tout être humain qui percè les mystères des choses, des êtres et du monde. Le doublon de l'âme humaine permet à tout être humain d'avoir un savoir, un savoir faire, un savoir être et un savoir devenir performant et lumineux sur tout, sur tout être, sur toute chose, sur toute situation, sur tout événement en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance.

    Comme on peut le constater un tel pouvoir "ndokiste" de la sorcellerie généré par le principe méta-sensible d'une lucidité intuitive critique, prophétique et complexifiante génératrice de l'harmonie paradoxale lumineuse pour l'interprétation des êtres, des choses, des situations, des relations, des configurations, des évenements, de la société et du monde à partir de la médiation du doublon de l'âme assure un pouvoir extrêmement exorbitant à celui qui le possède et dont l'usage négatif peut être perturbateur de l'ordre établi, de la cohésion sociale et de la quiètude familiale, villageoise, citoyenne et personnelle. Or chez  les BAKONGO ce pouvoir"ndokiste" a une visée négative car il trouve sa source dans la négativité de l'envie, de la jalousie, de la haine, de la perversion morale et de la fascination de la mort et du jeu de meurtre nuctosophique alimenté par la danse nocturne nuctosophique de tous ces meurtries nuctosophiques.

    Le pouvoir "ndokiste" rélève de la consanguinité et des liens collatéraux d'alliance ou du doublon de l'âme, appelé Mfumu kutu. Le détenteur d'un tel pouvoir, appelé Ndoki est celui qui l'exerce négativement au détriment des êtres, des personnes, de sa famille, de son clan, de ses liens d'alliance ou de son village, de sa tribu et des autres personnes avec lesquelles il entre en contact par une perception sensible et méta-sensible pour semer le malheur par la médiation des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels et des actes humains négatifs, destructeurs et repandant l'envie, la  jalousie, la haine, la perversion et la mort. "Beto Bakongo kimpala kieto kiele kingi, kimpala ki tudia"(179).

    Le nganga, magicien, guérisseur est celui qui possède le contre pouvoir qui lui permet de s'opposer au pouvoir maléfique, destructeur du sorcier. Il est en principe un homme de bien qui reconstruit ce qui est détruit par le méchant. "Le nganga magicien, par ses multiples fonctions de guérisseur, devin, faiseur de pluie et autres, tente de venir en aide à ses semblables et à la communauté(180).

    L'univers Kongo est constitué des deux classes des êtres à savoir les  Ndoki "sorciers" et les nganga, "magiciens" dont les actes mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes humains, les attitudes, les regards, les perceptions, les représentations, les conduites, les comportements, les manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de souffrir, de jouïr et de jubiler promeuvent soit la mort soit la vie de ceux et celles qu'ils dominent, c'est-à-dire des milliers des BAKONGO, de leurs progénitures, de leurs bétails, de leurs récoltes, de leurs environnements, voir de toutes les populations habitants chez eux et avec eux sur la terre de leurs ancêtres.

    Contre la puissance de la mort et de la destruction appelée la Kindoki, le peuple Mukongo, les BAKONGO ont inventé les fétiches "Nkisi" pour lutter contre ce pouvoir perturbateur et défendre l'homme. L'invention des "Nkisi", fêtiches et la mise en pratique d'une pluralité des fétiches pour défendre l'homme Kongo contre les différents maux et formes de pouvoir destructeur et mortifère est l'ancêtre de la conception, du combat et de la pratique des droits de l'homme dans la mentalité Kongo chez les BAKONGO. Elle démontre également la perception du bonheur traditionnel dans l'Ancien Royaume du Kongo qui consiste à privilégier la santé pour la dignité de l'homme, de tout homme et de chaque homme.

    L'expérience et la croyance en la Kindoki chez les Bakongo a généré l'expérience et la croyance dans les bons fétiches "Nkisi" promoteurs de la santé et des droits de l'homme. La Kindoki, la sorcellerie rélève des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels et des actes humains des personnes alimentées par la négativité, le mal, la destruction, les ténèbres, le meurtre, le pessimisme. Le sorcier est l'homme de l'extrême négativité et est meurtrier. 

    "Le sorcier et la réalité dont il fait partie se rangent du côté du mal, de la nuit, de la destruction, de l'anti-social, alors que le "magicien", lui, appartient au bien, à la lumière, au jour, à la construction, au social. Le monde des premiers est un univers de pourriture et de ténèbres, de décomposition et de transformation, d'inassouvissement et d'inachèvement. Celui de second, par contre, témoigne d'une remarquable stabilité, d'un profond accomplissement et paraît toujours dans un état de fraîcheur, de limpidité et de vigueur qui convient à la vie en plein épanouissement"(181).

    Les fondamentaux de la sorcellerie, c'est-à-dire de la Kindoki chez les Bakongo se trouvent dans les anti-valeurs, dans la négativité de l'envie, de la jalousie, de la haine, de la méchanceté qui culminent dans les actes pluriels mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes meurtriers qui préparent le poison (182).

    L'interdependance clanique, sociétale et l'exigence de solidarité, d'entraide et de participation à la vie commune familiale, villageoise, clanique et sociétale permet d'établir naturellement une communication entre les hommes. Cette communication peut-être mecanique, spirituelle, métaphysique et méta-éthique. Elle génère des influences positives ou négatives selon le dégré d'affinité, de personnalité et de receptivité des uns et des autres. La méchanceté peut se rependre à travers des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains infimes, microscopiques ou macroscopiques des uns et des autres.

    Les deuils successifs qui alimentent la separation des liens familiaux, claniques, de la consanguinité, ou d'alliance, de solidarité ou de fraternité permettent de sortir de l'influence négative du sentiment de mechanceté qu'un membre ou un groupe dirige contre un autre membre ou un autre groupe. Le processus d'autonomie et d'independance que certaines personnes construisent à partir de leurs propres actes mentaux, actes du langage, gestes corporels, actes humains et expériences multiformes favorisent la distance critique dans le respect de la culture pour éduquer les autres aux aspects négatifs et positifs de la même culture par rapport notamment aux défis de la santé et des droits de l'homme pour un vivre ensemble harmonieux de chaqu"un, de la famille, du village, du clan, de la société et de l'Etat.

    La protection des droits de l'homme passe par la médiation des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels et des actes humains, voir des expérience plurielles qui consolident les Nkisi, les fétiches dans l'Ancien Royaume du Kongo. Pour le Père Van WING, la pratique fétichiste accompagne tout mukongo dès sa naissance jusqu'à sa mort car les Bakongo croient que Dieu leur a donné les fétiches pour leur permettre de vivre sinon ils seraient tous morts(183). Don divin de prévenance, les fétiches seraient salvateurs et salvifiques dans le plan de Dieu au regard de la croyance ancestrale Kongo en un Dieu unique, souverain et créateur.  Pour  le Père L. PHILIPPART, le mukongo est incurablement fétichiste car tout mukongo possède son fétiche (184).

    Pour le professeur NGIMBI NSEKA, les bons fétiches, les bons Nkisi font partie de l'anthropologie culturelle et sociétale du Bakongo et contribuent au renforcement de la force vitale personnelle et de la cohésion clanique. Cette manière de distinguer les bons et les mauvais fétiches permet de comprendre la persistance et l'actualité, sinon le renouveau de la pratique fétichiste chez les chrétiens et les intellectuels aujourd'hui parmi les Bakongo. Il rappel que a pratique fétichiste en elle-même fut combattue et rejettée par les missionnaires et les mouvements prophétiques par la médiation de la diabolisation des fétiches, des NKISI et de la sorcellerie(185).

    "La croyance dans l'efficace des fétiches (nkisi) (bons ou mauvais) implique la conviction profonde de l'influençabilité des forces naturelles ou surnaturelles sur les hommes, comme d'ailleurs des hommes sur ces forces"(186).

    Nous avons parcourus l'univers des êtres dans la société traditionnelle Kongo chez les BAKONGO. Mais comment le Révérend Père Van WING comprend-t-il l'hiérarchie du monde des esprits dans la société traditionnelle Kongo et quelles sont les influences positives ou négatives de ces esprits sur les BAKONGO? (A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula. Desservant. Curé d'Orbais.(PERWEZ).

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    (174). NGIMBI NSEKA, Structure"onto-théologique" de la société Kongo dans l'Actualité et Inactualité des "Etudes Bakongo" du père J. VAN WING dans Actes du colloque de Mayidi du 10 au 12 avril (1980), Mayidi-INKISI,1983, p.163.

    (175). Ibid.,P163-164. (CfR. "Etudes Bakongo, II. Religion et magie. Extrait des Mémoires, publiés par l'Institut Royal Colonial Belge (Section des Sciences morales et politiques, t.IX), 1938,p.28,280-281.).

    (176). Ibid.,p.164.

    (177). Ibid. Voir notamment: G. BALANDIER, La vie quotidienne au royaume Kongo du XVIe au XVIII e siècle, (Paris), Hachette, 1965, p.247ss; N. DE CLEENE, Introduction à l'éthnographie du Congo Belge et du Rwanda-Burundi (Kongo-Overzee Biblidheek,IX), 2e édition, Anvers, Ed. DE Sikkel, 1957, p.61ss; L. PHILIPPART, Le Bas-Congo. Etat religieux et social, nouvelle édition, Louvain, Bibliotheca Alfonsiana,1947,p.13ss.

    (178) Ibid.,p.165.

    (179) Ibid.,p.166.

    (180). Ibid.

    (181). D. ZAHAN, Religion, spiritualité et pensée africaines (Bibliothèque scientifique), Paris, Payot, 1970,p.145.

    (182). Etudes Bakongo,II. Religion et magie. Extrait des Mémoires publiés par l'Institut Royal Colonial Belge (Section des Sciences morales et politiques, t.IX), 1938,pp.113-114.

    (183). Ibid.,p.77.

    (184). L. PHILIPPART, Le Bas-Congo. Etat religieux et social, nouvelle édition, Louvain, Bibliotheca Alfonsiana, 1947, p42.

    (185). NGIMBI NSEKA, Structure "onto-théologique" de la société Kongo dans Actualité et Inactualité des "Etudes BAKONGO" du père J. VAN WING. Actes du colloque de MAYIDI du 10 au 12 avril 1980,p167-168.

    (186). Ibid.,p168.

     

     

     

  • L'éducation dans la secte du KIMPASI:Fondamentaux initiatiques de la nuctosophie dans la société ultra-secrète KONGO.

    L' EDUCATION DANS LA SECTE DU KIMPASI: FONDAMENTAUX INITIATIQUES DE LA NUCTOSOPHIE DANS LA SOCIETE ULTRA-SECRETE KONGO.

    Dans la secte de Kimpasi, les néophytes sont initiés à l'art de féticheur, à la Kindoki, à la sorcellerie. Cette initiation à la sorcellerie où l'on accède au sanctuaire nuctosophique d'interdits, au pouvoir et à la science nuctosophique maléfique et bénéfique sur les êtres, les choses, les situations et les événements selon l'usage que l'initié en fait auprès des membres du clan et du village est une première éducation traditionnelle dans l'Ancien Royaume du Kongo.  Une telle éducation rélève de la métaphysique nuctosophique sur la vie, les choses et les êtres dans une vision du monde globale et harmonieuse entre les vivants et les morts sous la responsabilité métaphysique, nuctosophique des ancêtres, des génies, des anciens et des devins qui interagissent dans le monde visible dès qu'ils sont invoqués par les initiés par la médiation des rites celebrés par les membres de la société ultra-secrète.

    La société traditionnelle Kongo a formé et éduqué ses membres jugés compétents, différents, avec une personnalité exceptionnelle aux sciences, aux techniques et à des technologies traditionnelles porteurs des savoir, de savoir faire, de savoir être et de savoir devenir notamment dans les domaines de l'armément traditionnel, de la sculpture traditionnel, de l'art traditionnel, de l'agriculture traditionnel et de la brasserie traditionnelle en exploitant aussi des palmiers producteurs des vins. C'est dans cette perspective que le révérend Père Ndundu Massamba affirme:"Il y a aussi dans l'éducation un apprentissage aux métiers de forgeron, de potier, de tisserand, de vannier et même de tireur de vin de palme"(160). C'est un homme compétent qui initie, instruit et éduque les jeunes aux métiers de forgeron, de potier, de tisserand, de vannier et de tireur de vin de palme.

    Le troisième pôle de l'éducation est celui de l'histoire du clan et de la science des palabres. C'est un ancien quelconque, un chef du village ou ancien du clan qui initie, instruit, enseigne ou éduque les jeunes gens à l'histoire du clan et à la science des palabres. Le jeune qui suit l'initiation, l'instruction et l'éducation paie son instructeur, son éducateur et son initiateur pour suivre ces enseignements traditionnels.

    Dans cette diversité de pôles d'enseignement, l'enseignement de l'histoire du clan et de la science des palabres, ancêtre des sciences politiques sont données de façon occasionnelle par des jeunes qui en expriment la motivation, la curiosité et le goût d'apprendre et qui présentent leurs requêtes aux vieux détenteurs de cette science et savoir historique et de l'art du palabre. Mais les vieux dispensent ces enseignements concernant l'histoire du clan et la science de palabre selon leur bon vouloir et leur propre disponibilité.

    L'éducation de l'enfant Mukongo est caractérisée par l'apport essentiel de la mère qui lui exprime sa tendresse, son attention et sa protection sans faille comme une poule protège ses poussins. Le père aussi aime son enfant et s'en occupe pour accompagner sa femme jusqu'au moment où l'enfant sait de lui-même se prendre en charge. Quand la mort intervient dans la famille c'est souvent Nzambi, Dieu qui reprend les vies qu'il donne à exister avant.

    La mère assume le premier rôle dans l'éducation de l'enfant qui commence par les fondamentaux de son alimentation. " La mère est constamment occupée à nourrir son enfant. Elle le gave littéralement et ne semble satisfaite que quand le petiot n'en peut plus et rend le trop plein. Des têtées autant de fois qu'il crie, jour et nuit. Après quelques mois, on donne à l'enfant de la nourriture solide, des bananes bien mûres, de la chikwange, de la soupe aux arachides"(161).

    La mère continue de porter toute son attention à l'enfant tant qye celui-ci ne sait pas encore courir seul. "Aussi longtemps qu'il ne peut courir seul, le bébé est porté par sa mère presque toute la journée. La nuit il couche à ses côtés. Souvent elle le caresse, le dorlote, l'amuse comme toute mère du monde sait le faire"(162). Le Père reste attentif au bébé, à l'enfant et trouve le moment de le prendre en main et de le caresser surtout après une longue absence du toît familial pour les raisons du travail ou des palabres claniques. "Le père aussi sait cajoler son enfant, par exemple au retour d'un voyage, il le prend dans ses bras et le caresse assez gentillement. Cette habitude de caresser l'enfant dure aussi longtemps que l'allaitement. Une fois qu'ils sont sevrés, garçons et filles sont traités avec moins d'attention"(163).

    L'éducation de l'enfant mukongo à l'âge de 6 ou 7 ans est celui de savoir faire qui concerne soit les femmes, si l'enfant est une fille ou les hommes si l'enfant est un garçon. La fille est éduquée aux tâches ménagères, à la préparation de la nourriture, à la tenue de la maison et aux travaux des champs."Vers l'âge de 6 ou 7 ans, quand elle couche dans "la maison des femmes", la petite fille commence à aider sa maman dans les travaux du ménage et dans les champs; elle la suit partout, et ainsi elle apprend tout ce qu'une femme mukongo sait et doit savoir"(163).

    De 6 à 7 ans, l'enfant qui a du mal à obéir aux parents et surtout à la maman n'est pas frappé, ni puni avec des coups. La maman fait tout d'abord pour la gronder, ensuite le supplier et s'il n'y a pas de changement de comportement, elle le maudit. Écoutons le père NDUNDU MASSAMBA,S.J: "Si elle fait le mal ou n'obéit pas, l'enfant est grondée. Si les reproches ne suffisent pas, la mère touche la corde sensible et supplie son enfant par son "ndumbululu" ou nom de parade:"Oh, mère, femme, mère née dans la douleur". Si par exception l'enfant résiste encore, elle est assaillie d'un flot d'objurgations, de malédictions terribles. Rarement on en arrive aux coups"(164).

    A 10 ans, l'éducation de l'enfant mukongo se focalise sur son développement corporel et sur sa façon de protéger ses parties intimes. "Vers l'âge de 10 ans, la jeune fille retourne à son clan. Si elle est esclave, elle reste avec sa mère jusqu'au mariage. En tout cas, elle reçoit une ceinture d'étoffe pour couvrir les seins et un pagne un peu plus large"(165).  C'est également à l'âge de 10 ans que le jeune enfant, la jeune fille, libre apprend à aller poursuivre son éducation dans son clan, chez son oncle maternel qui lui apprend les durs travaux des champs. La jeune fille esclave, elle reste à 10 ans avec sa mère car son clan c'est celui de son Père. C'est donc son papa qui l'initie aux durs travaux des champs.

    L'éducation des jeunes filles agées de 10 ans est beaucoup plus serieuse. L'oncle maternel leur apprend à être coquette pour se présenter dans des lieux publics comme au marché et de tout faire pour eviter la malpropreté. C'est à dix ans que les jeunes filles son éduquées par leurs oncles maternels ou par leurs papa, si elles sont exclaves pour apprendre à se gerer en vue de seduire et de trouver plutard des maris en restant coquettes, vivantes, enthousiastes, charmantes et dignes, refusant toute malpropreté.

    Le chemin  d'humanisation du garçon(petit homme sevré) à trois ans est celui de la croissance dans la lucidité, la vigilance, l'éveil et l'observation pour qu'il soit au prise avec les réalités en mettant en alerte toutes ses facultés de sens: la vue , l'ouïe, l'odorat et le touché pour communier avec la nature dans ses aspects hospitaliés et inhospitaliés tout en cherchant à le dompter dans son espace propre. Il faut reconnaître que la gymnastique demeure rude pour ce petit garçon habitué à vivre sur la hanche et le dos de sa mère et qui dort également durement sur le sol battu où il trouve sa couchette.

    L'initiation et l'éducation à l'autonomie du petit garçon commence à l'âge de quatre ans où la tendance est celle de la liberté et de l'autonomie dans les possibilités qui sont offertes au petit garçon à suivre sa propre voix. "Il sait déjà faire du feu et à son propre foyer il grille des noix de palme, des chenilles et des grillons comestibles. A six ans il quitte définitivement la hutte maternelle"(166).

    Ce processus d'autonomie s'accélère avec l'expérience d'apprentissage des savoir, de savoir-faire, de savoir être, de savoir devenir par la médiation de l'initiation expérientielle et de l'imitation du père en l'accompagnant dans ses actes pluriels mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes humains qui correspondent aux exigences de l'autonomie alimentaire en devenant chasseur, pêcheur pour attraper les gibiers et les poissons. Des tels actes pluriels initiatiques et expérientiels concernent également l'autonomie économique et commerciale qui permet au jeune homme d'adhérer à la logique du marché pour produire des richesses, de l'argent et de l'intérêt à partir de la loi de l'offre et de la demande en allant au marché et en devenant commerçant, vendeur ou acheteur.

    Ces actes pluriels experientiels et initiatiques se poursuivent dans l'art politique de la négociation, du compromis et des palabres  qui font du jeune homme un futur grand orateur à l'écoute des points de vue différents, contradictoirs et opposés et en quête du consensus, du compromis qui permettent de gerer les conflits et de construire le vouloir vivre ensemble de manière harmonieuse. "Ce qu'il voit, entend dans ces circonstances, il le retient et tâche de l'imiter"(167).

    Le jeune homme poursuit son processus d'autonomie dans les actes pluriels des loisirs où les jeux avec des filles lui permettent de croître en sens , en sagesse, en responsabilité et en humanité à travers des risques pluriels, des échecs; des joies, des morts successifs qui l'incite à adhérer à l'égale dignité dans le respect de la légalité et de la différence pour une considération harmonieuse des filles et de leur autonomie privée et collective.

    De 6 à 9 ans, le savoir, le savoir-faire, le savoir être, le savoir devenir du jeune garçon se consolident et se construisent dans des actes pluriels mentaux, dans les actes du langage, dans les gestes corporels, dans les actes humains qui promeuvent la chasse, la fabrication des outils de chasse, la connaissance des différentes espèces comestibles et non comestibles, la fabrication des pièges et des lacets, grâce à la connaissance de la valeur et de l'usage des lianes; la préparation du gibier (fruit de la chasse, la vente du gibier au marché pour avoir de l'argent, l'investissement de cet argent dans l'achat des friandises ou d'un couteau.

    "Quand il a son couteau, il est presque un grand jeune homme. Il se taille des bâtons, fabrique de nouveaux pièges, creuse des arbres, où il trouve de grasses larves de coléoptères, il ouvre des nids de termites comestibles. Mais à mesure qu'il grandit, son père l'emploie davantage pour faire des courses et porter des charges au marché"(168). 

    Le processus d'autonomisation se poursuit à l'âge de 10 ans en changeant de lieu et d'espace initiatique et expérientiel. L'enfant est envoyé au clan de sa mère et est appelé NLEKI, sujet de l'oncle maternel. L'esclave demeure sujet de la maison du Père et est appelé NLEKE.  Tous ces jeunes garçons, NLEKI ou NLEKE sont mis au rude épreuve de la même manière pour apprendre la dureté de la vie en étant exploités pour des services lourds, les travaux, le commerce afin de réaliser uniquement la volonté clanique de l'oncle maternel ou celui de la maison du Père.

    Le processus d'autonomisation de NLEKI ou NLEKE atteint la phase critique avec le surgissement de la capacité et de la possibilité d'engendrer. C'est en mettant au monde un enfant que tout NLELI ou NLEKE accède à la maturité et devient un adulte, même au stade précoce et est sensé et obligé d'assumer son nouvel état avec les responsabilités que cela implique. " En effet Mbuta vient de kubuta, engendrer. L'enfant devenu mbuta est tout heureux et fier. Il n'est nullement troublé. Le lendemain, tous ses camarades connaîtront l'événement; et même s'il ne s'en vante pas devant eux, il le sauront bientôt. Car ils s'observent attentivement entre eux. Le jeune homme sent un grand changement dans sa vie. Il est moins maniable entre les mains des anciens. Il se dispute facilement; il a des excès de colère et de tristesse"(169).

    De douze à seize ans, les jeunes s'observent, travaillent, rencontrent des filles, les courtisent, se bagarent pour elles et sont parfois jugés par des anciens qui interviennent quand tout dégènere et entraîne des conséquences graves. Les coupables sont rudement sanctionnés. "L'ancien intervient, morigène, parfois il frappe, verse du poivre dans les yeux du délinquant ou le fait mettre aux entraves. Les palabres plus grosses sont portées au tribunal du chef et ont des conséquences assez graves"(170).

    Le rite initiatique pour la croissance en sens, en humanité, en spiritualité, en vie religieuse, sociétale, clanique et citoyenne est le rite de la puberté reservé aux jeunes de 12 à 16 ans sous la responsabilité d'un vieux féticheur. "Sous la surveillance d'un vieux féticheur, ils se retirent dans un enclos, à proximité ou au milieu d'un bois, en dehors de tout commerce avec les habitants du village. Ils sont circoncis, soumis à des rites de toute sorte et initiés plus particulièrement à la vie religieuse et sociale du clan"(170).

    Le rite de la puberté tout comme le rite de KIMPASI durent dix mois pendant lesquels les jeunes sont mis à l'écart de la société et vivent une rude initiation pour la croissance en sens, en humanité, en sociabilité clanique et citoyenne pour renaître dans le clan et dans la société comme des personnes adultes, mûres, responsables, visionnaires pour le bien personnel, familial, clanique, communautaire et sociétal.

    "Au bout d'une dizaine de mois, les initiés reviennent au village, comme des hommes nouveaux avec un nouveau nom. Ils sont préparés au mariage. Pour y arriver, ils doivent travailler, satisfaire leur oncle afin d'obtenir de lui ses bons offices pour négocier l'affaire avec les possesseurs de la femme ainsi que la somme d'argent et les cadeaux requis. Ils préparent ce premier établissement en se construisant une belle hutte; et en rêve ils s'en construisent encore d'autres pour les femmes qu'ils espèrent s'adjoindre et qui feront l'honneur et la force de leur lumbu (harem) futur".(171).

    La tradition Kongo, dans l'Ancien Royaume du Kongo, chez les BAKONGO, reconnaît la présence des exceptions, des différences et des personnalités fortes qui se construisent elles-mêmes dans leur autonomie tout en restant respectueux et ouverts aux traditions ancestrales et claniques. Des telles personnalités morales fortes bousculent ces traditions ancestrales et claniques et prennent des risques grâce à l'ouverture et à l'accueil de l'inattendu et de l'imprévisible, dans l'exercice de la liberté de qualité et surtout en exerçant l'imagination créatrice par la médiation de l'attestation des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains fortement lucides, responsables, réalistes, prophétiques, visionnaires, méta-éthiques, métaphysiques et théologiques qui contribuent à la construction anthropologico- politico-économico-socio-culturelle, ecclésiale et religieuse du sens pour grandir en humanité dans une interdépendance planétaire, mondiale.

    Des personnalités exceptionnelles brisent la mentalité du nivellement, du conformisme, de la jalousie, de la kindoki, sorcellerie, du ressemblance au modèle clanique, ancestral perpetré par les Ba Mbuta, les aînés, avec un contrôle clanico-sociétal de proximité qui frise l'exclavagisme, l'exploitation dictatoriale, totalitaire et fasciste.

    "Telle mère, telle fille, dit un proverbe Kongo. Tel mbuta, tel nleke, dit un autre proverbe. Il ya des exceptions, il y a des différences individuelles, il y a parfois des personnalités. Mais en règle générale la société Kongo forme tous ses membres à son modèle et à sa ressemblance. Et toute éducation s'élabore par des chants, des proverbes, des fables, des devinettes. Muana nkongo banlongilanga mu nkunga ye mu bingana. On éduque l'enfant mukongo par des chants et des proverbes."(171).

    Et que dire de la structure onto-théologique de la société Kongo en confrontation avec l'univers moral Kongo relevant le défi des actes pluriels du langage par la médiation de la parole et des actes de Kimpasi qui amplifient la quintescence de la personnalité modale mukongo au regard " des Etudes BAKONGO" du Père VAN WING ? ( A suivre). Père Hubert Adelain MAYITUKA MANGANGULA. Desservant. Curé d'Orbais.(PERWEZ).

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    (160) Ibid.,p156.

    (161).  Ibid.,p157.

    (162). Ibid.

    (163). Ibid.

    (164). Ibid.,p158.

    (165). Ibid.

    (166). Ibid.

    (167). Ibid.,p159.

    (168). Ibid.

    (169). Ibid.,p159-160.

    (170). Ibid.,p160.

    (171). Ibid.

    (172). Ibid.

    (173). Ibid.