• L'ecclésiologie des Actes des Apôtres. Ac1.

     L’ecclésiologie des Actes des Apôtres.

    I. Contexte.

    Luc, médecin et compagnon de Paul fût probablement d'origine païenne (d'Antioche en Syrie). Il devient juif très hellénisé devenu chrétien et apôtre. Il semble être l'auteur du troisième évangile et du livre des Actes des Apôtres qui constituent ensemble les deux facettes d'un seul ouvrage. Celui-ci serait intitulé aujourd'hui une « Histoire des origines chrétiennes ». Les Actes des Apôtres sont composés à Antioche et à Rome après le troisième évangile. « Le livre se termine sur la captivité romaine de Paul, probablement en 61-63, et en tout cas sa composition doit être postérieure à celle du troisième évangile (avant 70? ou vers vers 80 ? mais rien n'impose une date après 70 » (1). « Quelles sont les sources utilisées par Luc pour composer son récit? L'auteur des Actes déclare qu'il « s'est informé soigneusement de tout depuis les origines » du côté de ceux qui avaient déjà « entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous »(Lc1,1-4, qui forme le prologue général de son œuvre »(2). Quelle est la structure du livre des Actes des Apôtres? La voici: Ac1-Ac12: La vie de la première communauté chrétienne rassemblée autour de Pierre:

    a- après l'Ascension:Ac1-Ac5;

    b--Ac8,4-40: les débuts de son expansion à la suite des initiatives missionnaires de Philippe.

    c- Ac6,1- Ac8,3,11,19-30; Ac13,1-3: Les débuts de son expansion à la suite des initiatives missionnaires des « hellénistes ».

    d-Ac9,32-Ac11,18;Ac12: Les débuts de son expansion à la suite des initiatives missionnaires de Pierre lui-même.

     

    Pour la deuxième partie de son œuvre, Luc s'est renseigné de l'évangile de Pierre, des écrits pauliniens, du dialogue avec ce dernier lors de sa captivité mais aussi de ses contacts personnels et épistolaires avec Silas ou Timothée. Mais Paul lui-même n'a jamais fait mention de Luc comme compagnon de l’œuvre d'évangélisation. L'usage de « nous «  lucanien dans les Actes des Apôtres semble provenir d'un journal de voyage fait par un compagnon de Paul (Silas ?) et utilisé par l'auteur des Actes bien que certains exégètes à la suite de saint Irénée considèrent que l'usage de « nous » lucanien des Actes confirme le compagnonnage missionnaire de Luc auprès de saint Paul lors de sa deuxième et troisième mission d'évangélisation, c'est-à-dire de son deuxième et troisième voyage et aussi de son voyage par mer à Rome. Intérêt théologique, dessein littéraire et données historiques marquent la configuration de la créativité de l’œuvre lucanienne des Actes des Apôtres avec une liberté créatrice pour trouver les parallélismes entre les miracles de Pierre et les miracles de Paul (3,1-10 et 15,8-10; 5,15 et 19, 12; 5,19 ou 12, 6-11,17 et 16, 23-26,40; 8,15-17 et 19,2-7;8,18-24 et 13,6-11,9,36-42 et 20,7-12) mais aussi avec les miracles du Nouveau Testament (Ac3,6-7; Lc4,39; Mc1,31; Ac20,10,12 et Lc8,52-53) tout en trouvant les parallélismes entre les dernières paroles d'Etienne (Ac7,59-60) et celles de Jésus(Lc23,34,46).

     

    Luc souligne les analogies littéraires et de signification théologique qui existent entre les discours de Pierre à Jérusalem 2,14-36; 3,12-26;4,8-12; 5,29-32; d’Étienne 7,1-53 et de Pierre à Césarée 10,34-43. Ces analogies et significations relèvent de sa propre construction à la lumière de la prédication primitive, des textes scripturaires juifs et de réflexions philosophiques grecques pour annoncer la quintessence essentielle du Kérygme du Christ mort et ressuscité, avec l'appel à la conversion et au baptême. Tradition, expérience, psychologie fine permettent à Luc de composer certains récits des Actes des Apôtres où il fait mention de Paul (cf les cinq visites de saint Paul à Jérusalem dans les Actes avec les données de Ga1,15-Ga2,10) en soulignant les discordances et les harmoniques qui les relient avec une particularité lucanienne des Actes des Apôtres. Cette particularité consiste à attribuer des attitudes beaucoup plus conciliantes à Paul, qui lui-même reste beaucoup plus radical et sévère vis-à-vis des religions païennes (comparer Ac17,22-31 avec Rm1,18-32); mais voir aussi Sg 13,1-10, où l'auteur excuse ceux qui se trompent en cherchant Dieu en même temps qu'il condamne l'idolâtrie). Comparer Ac21,20-26 avec Ga 2,12s; Ac 16,3, avec Ga

     

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    2,3; 5, 1-12). « Paul est un plaideur qui sait être intransigeant (mais voir aussi 1Co 9,19-23), tandis

    que Luc veut démontrer l'unité profonde qui liait les premiers disciples entre eux » (3). Pour l'école de F. Ch. Baur, le livre des Actes des Apôtres a pour but, finalité et résultat d'être et de relever la systémique des oppositions, des contradictions, difficultés, tensions, des dissidences, des paradoxes réelles de l'église primitive entre la systémique pétrinienne des actes pluriels, des actes mentaux; des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains et la systémique paulinienne des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels et des actes humains. Dans ce sens, le livre des Actes des Apôtres est un compromis systémique des actes pluriels de réconciliation et de conciliation de l'église primitive pour marquer l'unité primitive qui liait les disciples entre eux.(4).

    D'autres voient dans les livres des Actes des Apôtres l'éloge d'un conflit religieux qui oppose les juifs à Paul dans l'indifférence générale des autorités romaines et que saint Luc argumente. Une telle argumentation a pour but de faire l'apologie et le plaidoyer de Paul qui n'a pas posé des actes pluriels politiques relevant des délits politiques. Dans ce contexte le jugement, l'emprisonnement et la sanction de la décapitation romaine relève de l'injustice systémique comme dans le procès, la condamnation et la mise à mort de Jésus sur la croix. Mais quel est le but du livre des Actes des Apôtres? « Il ne vise à rien de moins qu'à raconter, pour elle-même, l'histoire des origines chrétiennes » (5). Quel est le plan du livre des Actes des Apôtres?

     

    1. La structure du livre des Actes des Apôtres.

    Ac 1,8: La parole initiale du Christ. « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux confins de la terre ». Le Christ prend l'initiative de parler, de poser un acte du langage, une parole qui est fondamentalement un programme, une mission à réaliser en vue des résultats. Il confie cette mission, ce programme et cette tâche concrète à ses apôtres et disciples. Savoir être et devenir témoin du Christ c'est faire personnellement et de manière ecclésiale l'expérience du Ressuscité pour grandir dans la foi au Christ Ressuscité. Mais pour quel but ? Afin de rayonner cette foi en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance à partir de son milieu basique, initial, Jérusalem, la Judée, la Samarie, jusqu'aux confins de toute la terre. Savoir, savoir-faire, savoir être et savoir devenir témoin du Christ exige cinq réalisations: 1- La conversion radicale et profonde au Christ. -2- Le baptême qui incorpore le baptisé au Christ et à son corps mystique pour rayonner la force, l'énergie, les grâces divines. -3-Le fait d'assumer les responsabilités baptismales dans sa vie privée, familiale, ecclésiale, publique, sociétale, entrepreneuriale, bancaire, financière, associative, celle des petites et moyennes entreprises, des services marchands et non marchands. -4- La médiation du compagnonnage du Christ à travers la réalité du compagnonnage sacramentaire vécue de manière révérencielle à travers le baptême, l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordre et l'onction des malades.

     

    Actes 1- Actes 5: Selon les chapitres un à cinq des Actes des Apôtres, la première exigence de la mission christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne est l'implantation de la solidité de la foi dans les cœurs pour rayonner le Vivant à Jérusalem. Le test du témoignage apostolique, ecclésial , chrétien et évangélique est celui de l'amplification du résultat à savoir la croissance de la communauté en grâce, en enthousiasme, en joie complète, en paix, en prière, en spiritualité, en action de louange, d'adoration, de contemplation, de demande, de réception de la diversité sacramentaire et en nombre des baptisés, de conversions et de témoignages. « La foi s'implante d'abord solidement à Jérusalem, où la première communauté s'accroît en grâce et en nombre »(6). La deuxième exigence de la parole et de la mission christologique est la prise en compte des grecs d'abord convertis au judaïsme et qui sont devenus chrétiens. Cette ouverture de la culture juive vers la culture hellénistique et de la culture hellénistique vers la culture juive donne à penser au basculement non seulement à la culture et à la religion chrétienne mais aussi à l'exigence de l'universalité consentie.

     

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    L'expansion de la foi chrétienne aux juifs et aux grecs convertis pour en faire un seul peuple,

    le peuple de la nouvelle alliance est la quintessence de la deuxième exigence de la parole et de la mission christologique, apostolique et ecclésiale. L'amplification du christianisme dans les milieux juifs et hellénistiques auprès des convertis du judaïsme hellénistique entraine une réaction radicale, celle de leur expulsion à la suite du martyre d’Étienne: Ac6,1-Ac8,3. «  La Samarie est atteinte 8,4-25, ainsi que la plainte côtière jusqu'à Césarée, où pour la première fois des païens entrent dans l’Église 8,26-40; 9,32- Ac11,18 »(7). L'initiative christologique auprès de ses apôtres et disciples consistant à faire des témoins du Ressuscité jusqu'aux confins de la terre est paradoxalement la quintessence de l'exigence universaliste de la mission d'évangélisation planétaire. Cette mission est considérée à la fois comme une exigence radicale, idéale, utopique et paradoxalement comme un résultat concret et définitif à atteindre. Dans la première communauté chrétienne, Paul est la figure du relais christologique de l'exigence universaliste de la mission évangélisatrice planétaire et cosmique. Expérience de foi, de conversion et de baptême donnent de la crédibilité à l'identité chrétienne de Paul et à la mission universelle qu'il réalise en devenant lui-même le témoin du Christ. « Cependant que la conversion de Paul nous apprend qu'il y a déjà des chrétiens à Damas et présage l'évangélisation de la Cilicie, 9,1-30. La troisième exigence de l'initiative christologique de la mission est celle de la diffusion, de l'amplification et du rayonnement planétaire de la foi. «  Des refrains comme 9,31(qui ajoute la Galilée) soulignent bien la diffusion de la foi. Ensuite c''est Antioche qui reçoit le message de Jésus, Ac11,19-26, et qui va devenir un centre de rayonnement, non sans garder avec Jérusalem des relations où l'on se concentre sur les principaux problèmes missionnaires, Ac11,27-30; Ac15,1-35 »(8).

     

    Le rayonnement planétaire évangélique est préfiguré par la conversion de Corneille qui adhère à la foi au Christ et se fait baptiser pour témoigner du basculement des païens à l'évangile, à la foi chrétienne. Cet acte entraîne son incarcération à Jérusalem. « Après la conversion de Corneille et l'incarcération à Jérusalem, Pierre est parti pour une destination inconnue, Ac12,17; et c'est Paul qui va désormais, dans le récit de Luc, être en vedette »(9). L'expansion missionnaire planétaire de Paul est symbolisée concrètement par ses différents voyages tout en gardant le lien avec Jérusalem, lieu où il revient souvent après ses voyages.

    a- Ac13- Ac14: Le premier voyage de Paul avec Barnabé en Chypre et en Asie Mineure avant le concile de Jérusalem.

    b- Ac15,36- Ac18,22: Les deux autres voyages de Paul en Macédoine et en Grèce.

    c-Ac18,23-Ac21,17: Le voyage de Paul à Éphèse.

    d-Ac21,18-Ac26,32: L'arrestation de Paul dans la ville de Rome et sa captivité à Césarée.

    e-Ac27-Ac28: Conduit et fait prisonnier à Jérusalem, Paul reste toujours missionnaire jusqu' à Rome où dans les chaînes, il annonce le Christ. «  Vue de Jérusalem, cette capitale de l'empire représente bien « les confins de la terre » et Luc peut arrêter là son livre »(10). Prisonnier avec des chaînes mais toujours missionnaire jusqu'au bout telle est la manière apostolique paulinienne de témoigner du Christ Ressuscité. Ce témoignage lumineux il le fait avec son savoir, son savoir-faire, son savoir être et son savoir devenir lumineux avec un rayonnement évangélique planétaire pour la joie complète universelle et cosmique par la médiation de ses voyages.

     

    Les limites du livre des Actes des Apôtres consiste dans l'oubli des activités des autres Apôtres et des fondations de certaines Églises comme l’Église d'Alexandrie et l’Église de Rome, mais aussi dans l'oubli de l'apostolat de Pierre en Palestine pour donner une place prépondérante à l'activité missionnaire de Paul. L'apport substantiel du livre des Actes des Apôtres consiste dans la valeur inestimable, toujours universelle des leçons théologiques que Luc médecin et psychologue tire de l'expérience des faits concrets et surtout de sa détermination à donner un exposé substantiel de la force d'expansion spirituelle du christianisme des origines.

     

    La richesse multiple de la doctrine lucanienne du livre des Actes des Apôtres est contenue dans

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    les exposés des thèmes majeurs:

    a- La foi au Christ, base du Kérygme apostolique.

    b- La christologie thématique argumentative au regard des juifs:

    -b.1. Le Serviteur ( Ac 3,13,26; Ac 4,27,30; Ac8,32-33 ).

    -b.2. Jésus nouveau Moïse ( Ac3,22s; Ac7,20s ).

    -b.3. Jésus nouvel Élie (Ac1,9-11; Ac3,20-21 ).

    c- La résurrection prouvée par le Ps 16,8-11 ( Ac2,24-32; Ac13,34-37).

    d- La mise en garde des juifs contre la résistance à la grâce ( Ac7,2-53; Ac13,16-41).

    e- Des arguments d'une théodicée générale pour les païens: comment convertir les païens? Comment faire la propagande auprès des païens? ( Ac 14,15-17; Ac 17,22-31 ).

     

      1. L'identité, la nature et la mission apostolique: Les apôtres ?

        a- Sont surtout des « témoins » ( Ac1,8+).

        b- Par leur « Kérygme »( Ac2,22+).

        c- Par leurs « signes » thaumaturgiques.

      2. Le problème crucial de l’Église naissante:

        a- Voir Ga 2,11+: L'accès des païens au salut. ( Évangélisation ).

        -Dans l’Église: - Lumières; difficultés et controverses ? Telle est la question majeure dans l’Église.

        b- Entre ses dirigeants: Lumières, difficultés, controverses ? Telle est la question essentielle entre ses dirigeants. Cette question est résolue à partir de ces trois types des dirigeants: «  - 1- Les frères de Jérusalem, groupés autour de Jacques restent fidèles à la loi juive. 15, 1,5; 21,20s.

        - 2- Les « Hellénistes » dont Étienne est le porte-parole sentent le besoin de rompre avec le culte du Temple.

        -3- Pierre et puis surtout Paul font triompher au Concile de Jérusalem le principe du salut par la foi au Christ, qui dispense les païens de la circoncision et des observances mosaïques » (11). «  Il n'en reste pas moins vrai que Luc nous montre Paul commençant toujours par s'adresser aux juifs, pour se tourner ensuite vers les païens quand il est rejeté par ses frères de race, 13,5+ « (12).

     

    Luc dépeint une vie idéale, utopique des communautés chrétiennes qui se basent sur des souvenirs des premières années et sur des réalités ecclésiales concrètes d'une époque plus tardive. «  Vie de prière et partage des biens dans la jeune Église de Jérusalem; administration du baptême de l'eau et du baptême d'Esprit. 1,5+; célébration de l'Eucharistie, 2,42+; ébauches d'organisation ecclésiastique dans les « prophètes » et les « docteurs », 13,1+; ou encore dans les « presbytres » qui président à l’Église de Jérusalem,11,30+; et que Paul établit dans les Églises qu'il fonde, 14,23. » constituent les matières de ces souvenirs et de ces réalités concrètes(13). «  Le tout baigné, dirigé, emporté par un souffle invincible de l'Esprit Saint. Cet Esprit, sur lequel Luc avait déjà insisté dans son évangile, Lc4,1+, il le montre sans cesse à l’œuvre dans l'expansion de l’Église, Ac1,8+, au point qu'on a pu appeler les Actes « l'évangile du Saint-Esprit ». C'est ce qui donne à cet ouvrage ce parfum d'allégresse spirituelle, de merveilleux surnaturel dont ne s'étonneront que ceux qui ne comprennent pas ce phénomène unique au monde que fut la naissance du christianisme » (14).

     

    La théologie lucanienne de l'ecclésiologie des Actes des Apôtres se base sur des détails concrets avec un regard psychologique fine qui met en valeur une narrativité traversée par une habilité piquante unique et singulière de la connaissance et de la narration du trésor des origines du christianisme. «  Si l'on ajoute à toutes ces richesses théologiques le précieux apport de tant de détails concrets qui autrement nous eussent été inconnus, si l'on sait goûter les portraits d'une fine psychologie où Luc excelle, des morceaux piquants et habiles comme discours devant Agrippa, 26,

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    des pages émouvantes comme l'adieu aux anciens d’Éphèse, 20,17-38, des récits vifs et réalistes

    comme l'émeute des orfèvres,19,23-41, on conviendra que ce livre unique en son genre dans le NT (Nouveau Testament )représente un trésor dont l'absence eût appauvri singulièrement notre connaissance des origines chrétiennes » (14). Luc écrit le livre des Actes des Apôtres à partir des deux traditions des textes, le texte occidental et le texte alexandrin. «  Le texte des Actes, comme celui du reste du NT, nous est parvenu avec bien des variantes de détail. Mais plus qu'ailleurs, celles qui relèvent du texte dit « occidental » (Codex Bezae, versions latine, syriaque et copte, anciens écrivains ecclésiastiques ) méritent de retenir l'attention. Elles donnent un texte qui est souvent plus concis que le texte alexandrin, mais qui contient aussi des détails concrets et pittoresques que l'autre ignore. En fait ces deux traditions textuelles semblent représenter des rédactions successives du livre des Actes. La traduction qui suit est faite le plus souvent sur le texte alexandrin, mais de nombreuses variantes du texte occidental ont été signalées en note ou même adoptées dans le texte traduit. » (15).

     

      1. Jésus et l’Église.

    Jésus a choisi ses apôtres et leur a donné mission de fonder concrètement et d'amplifier son Église jusqu'aux extrémités, aux confins de la terre. Il l'a dit, l'a fait et a transmis le relais dans la perspective de son ascension et cela après sa résurrection. Il l'a également fait aussi dès sa vie terrestre, avant même la trahison, le reniement, l'arrestation, le jugement, la condamnation à mort, la mise au tombeau et la résurrection le troisième jour conformément aux Écritures. «  J'ai consacré mon premier livre, ô Théophile, à tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le commencement jusqu'au jour où, après avoir donné ses instructions aux apôtres qu'il avait choisis sous l'action de l'Esprit Saint, il fut enlevé au ciel » (Ac1,1-3). // Lc1,1-4; Lc1,22; Mt28,19-20; Lc24,49;Lc24,51. Le but de l'évangile de Luc est l'annonce du Kérygme, Jésus-Christ mort et ressuscité mais aussi la préoccupation fondamentale essentielle de Jésus de transmettre le relais de ses actes pluriels à ses apôtres après son absence physique. Cette absence sera provoquée par sa mort sur la croix, sa mise au tombeau. Le Christ continue de transmettre son relais après sa résurrection et ses apparitions dans son corps de gloire durant quarante jours entre la Pâques et le fait qu'il soit enlevé au ciel.

     

    Quels sont les actes pluriels de Jésus à travers son agir concret et son enseignement? Qu'est-ce qu'il a fait ? Pourquoi l'a-t-il fait ? A qui l'a-t-il fait ? Qu'est ce qu'il a enseigné ? Pourquoi l'a-t-il enseigné ? A qui l'a-t-il enseigné ? Qu'est-ce qu'il a fait et enseigné avant sa résurrection ? Qu'est-ce qu'il a fait et enseigné après sa résurrection? Pourquoi a-t-il fait et enseigné cela à ses apôtres après sa résurrection? Pourquoi Jésus-Christ a-t-il donné ses instructions à ses apôtres ? Pourquoi a-t-il choisi ses apôtres ? Comment et pourquoi l'Esprit-Saint a-t-il collaboré avec lui dans le choix de ses apôtres? Quelle est la place de l'Esprit Saint dans le choix? L'action de l'Esprit est soulignée dans les débuts de la mission des Apôtres,vv.5,8 et ch2 comme dans les débuts du ministère de Jésus, Mt4,1+; Lc4,1+. Luc écrit un exposé objectif, historique, théologique à Théophile sur la transmission de la foi chrétienne directe des témoins oculaires et serviteurs de la Parole. Par cet acte d’écriture, Luc décide de confirmer la foi chrétienne de Théophile par rapport à la solidité, à la sureté des enseignements reçus. Mais dans le cas où Théophile ne serait pas chrétien et serait un haut fonctionnaire qu'il s'agit de renseigner, Luc le réconforte dans les renseignements qui lui seraient parvenus. Le contenu de l'exposé écrit de Luc à Théophile se résume dans ces instructions que Jésus donne à ses apôtres et qui sont explicitées en Mt28,19-20 et en Lc2,49: «  Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisants au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin de l'âge » (Mt 28,19-20); // Jn3,35+; Mc 16,15-16; Lc24,47; Ac 1,8+; 2,38+; Dt34,9; Jos22,2; Nb35,34; Mt1,23; 18,20;Jn14,18-21;Dn2,44;12,12 (LXX). Il est possible que cette formule se ressente, dans sa précision, de l'usage liturgique établi plus tard dans la communauté primitive. On sait que les Actes parlent de baptiser « au nom de Jésus », cf.Ac1,5+; 2,38+. Plus tard on aura explicité le rattachement du baptisé aux trois personnes de la Trinité. Quoi qu'il en soit de ces

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    variations possibles, la réalité profonde reste la même. Le baptême rattache à la personne de Jésus

    Sauveur; or toute son œuvre de salut procède de l'amour du Père et s'achève dans l'effusion de l'Esprit » (17). Cette effusion de l'Esprit est la promesse faite par Jésus à ses apôtres par la médiation de ce que, Jésus a lui-même fait, enseigné et a donné comme instructions en direct: « Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. » (Lc24,49), c'est-à-dire l'Esprit-Saint, cf.Ac1,4s; 2,33,39;Ga3,14,22;4,6;Ep1,13;Jn1,33+. «  Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel » (Lc24,51). Savoir bénir, savoir-faire des bénédictions, savoir-être une bénédiction, savoir devenir une bénédiction pour ceux et celles avec lesquels on se sépare au terme du périple terrestre c'est transmettre le relais du témoignage lumineux . Cette luminosité requière la traversée des expériences crucifiantes, humiliantes, horribles, cruelles, tragiques à la suite du Christ mais aussi des expériences du relèvement, de la joie complète, du pardon, de la réconciliation , de la paix et de la louange complète intérieure, extérieure et ecclésiale planétaire pour rayonner le Ressuscité. Telle est la manière évangélique, chrétienne, ecclésiale et sociétale de croire, de célébrer et de vivre la foi au quotidien en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Il s'agit d'incendier les cœurs et le monde contemporain du feu de l'Esprit-Saint c'est-à-dire de la profusion de l'amour de Dieu sur les êtres visibles et invisibles avec un regard plein de compassion, de tendresse et de miséricorde qui espère le monde mais aussi l'autre, crée à l'image et à la ressemblance de Dieu car aimé par Dieu, mais aussi pécheur devant Dieu et sauvé par Dieu.

     

    Luc poursuit le prologue: « C'est encore à eux qu'avec de nombreuses preuves il s'était présenté vivant après sa passion; pendant quarante jours, il leur était apparu et les avait entretenus du Royaume de Dieu » (Ac1,3); 1Tm3,16; Ac10,40-41; Ac13,31; Mt28,10;Lc24,42-43. Pour Luc, les apôtres sont des témoins oculaires directs du Ressuscité qui a fait, enseigné et donné des instructions précises à ces derniers durant les quarante jours de son apparition après sa résurrection et cela avec des preuves crédibles, authentiques et véridiques pour confirmer la foi des baptisés. Dans ce que Jésus-Christ ressuscité a fait, enseigné et a donné comme instructions à ses apôtres, Luc insiste sur l'annonce du Royaume de Dieu. De la résurrection du Christ jusqu'à son élévation au ciel, Jésus-Christ et ses apôtres parlent du Royaume de Dieu que ces apôtres devraient continuer à réaliser concrètement, à annoncer pour son avènement planétaire cosmique, historique et eschatologique. Il s'agit de faire comprendre pour croire que le Royaume de Dieu est déjà là et paradoxalement pas nécessairement, c'est-à-dire pas encore arrivé pleinement. D'où l'urgence de travailler pour sa réalisation plénière dans l'ordre de l'espérance. « Le Royaume de Dieu, Mt4,17+, restera le grand thème de la prédication des Apôtres, cf.8,12;19,8+;20,25;28,23,31, comme il avait été celui de la prédication de Jésus,cf.Mt3,2+;Mc1,1+. « Alors, au cours d'un repas qu'il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis, « ce que, dit-il, vous avez entendu de ma bouche: Jean, lui, a baptisé avec de l'eau, mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours. » (Ac1,4-5); Lc24,49s; Ac2,33+;Ga3,14;Ep1,13;11,16;Lc3,16p.

     

    Entre l'Ascension et la Pentecôte, le Ressuscité demande aux Apôtres d'être concentré dans une vie de prière, de louange, de contemplation, d'adoration, de sacrifice, de discipline, d'ascèse pour maximaliser la joie de l'eucharistie et du baptême. Eucharistie et baptême constituent les sacrements à revisiter pour mieux célébrer l'Ascension et pour mieux se préparer à fêter la Pentecôte. L’esprit-saint que le Père envoie aux Apôtres par le Christ élevé au Ciel et assis à la droite du Père est la source de l'eucharistie et du baptême tout en étant à l’œuvre dans l'eucharistie et dans le baptême. Le ministère apostolique est à l’œuvre dans l'Esprit-Saint lorsqu'il amplifie l'augmentation des baptisés et des fidèles qui participent à l'eucharistie parce qu'ils sont incendiés par le feu de l'amour de Dieu qui irradie leur intériorité et leur extériorité au niveau basique, citoyen, ecclésial, sociétal et planétaire. Après sa résurrection, durant quarante jour, Jésus-Christ, Ressuscité a fait, enseigné et donné des instructions à ses disciples. Parmi ce qu'il a fait avec ses disciples, il a partagé avec eux le

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    repas. C'est l'eucharistie.

    Parmi ses instructions, il leur a exigé de ne pas s’éloigner de Jérusalem. C'est l'exigence de l'unité de la foi ecclésiale universelle et planétaire avec le centre de Jérusalem ouvert à la responsabilité de la mission apostolique. « Pour Luc, Jérusalem est le centre prédestiné de l’œuvre du salut, Lc2,22+; 38+, le point d'achèvement de la mission terrestre de Jésus, Lc 24,33s, et le point de départ de la mission universelle des apôtres, Lc24,47; Ac1,8,12;6,7;8,1;11,19;15,30,36; etc. » (18). Pour annoncer la mission évangélisatrice universelle, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance, il faut d'abord soi-même être intérieurement et extérieurement bousculé, désarticulé, déstabilisé et formaté par la grâce et la force de l'Esprit-Saint dans la communion trinitaire, christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne par la médiation du baptême d'Esprit. «  Le baptême d'Esprit, déjà annoncé par Jean-Baptiste, Mt3,11p, et ici promis par Jésus, sera inauguré par l'effusion de la Pentecôte 2,1-4. Ensuite, selon l'ordre du Christ, Mt28,19 les apôtres continueront à administrer le baptême d'eau, Ac2,41; 8,12,38,9,18;10,48;16,15,33;18,8;19,5, comme rite d'initiation au royaume messianique, cf.Mt3,6+, mais ils le confèreront « au nom de Jésus », Ac2,38+, et, par la foi en l’œuvre accomplie par le Christ, cf. Rm 6, 4+, il aura désormais le pouvoir efficace de pardonner les péchés et de donner le Saint-Esprit. Ac2,38. On voit par ailleurs apparaître, en connexion avec ce baptême d'eau chrétien, un autre rite, d'imposition des mains, 1Tm4,14+, ordonné à une communication visible et charismatique de l'Esprit, analogue à celle de la Pentecôte 8,16-19;9,17-18;19,5-6 (mais cf.10,44-48), rite qui est à l'origine du sacrement de confirmation. A côté de ces sacrements chrétiens, le baptême de Jean a continué d'être pratiqué quelque temps par certains fidèles imparfaitement instruits, 19,3 »(19).

     

    La communion ecclésiale articulée et fortifiée par l'écoute de la Parole de Dieu, la prière et les rites de la célébration sacramentaire notamment eucharistique est le lieu de l'approfondissement de la foi chrétienne et surtout du dialogue permanent avec le Christ. Cette exigence de permanence dialogique christologique établit une relation personnelle et ecclésiale avec lui et permet de discerner les signes du temps. Ce discernement ouvre à l'exigence de la mission christologique, apostolique,patristique, conciliaire, ecclésiale et chrétienne dans la construction du Royaume de Dieu et dans la croissance en sens et en humanité. L'ascension est le mystère de la transmission de la responsabilité christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne pour être au service de la construction du Royaume de Dieu, de justice, de paix et de miséricorde dans le compagnonnage intérieur et extérieur du Christ qui s'efface visiblement pour être autrement présent, actif et agissant dans les cœurs, dans l’Église, dans la société et dans le monde. « Étant donc réunis, ils l'interrogeaient ainsi: « Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël? Il leur répondit: « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit-Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac1,6-8).// (Dn 2,21;Mt24,36p;1Th5,1-2;Is32,15;Lc24,47-48;Mt28,19).

     

    Le dialogue personnel et ecclésial avec le Christ dans des temps et moments liturgiques et sacramentaires permet d’acquérir la certitude et la conscience d'être témoin du Ressuscité pour irradier sa force et sa grâce dans ses actes pluriels mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains, ses attitudes, ses regards, ses perceptions, des représentations, ses manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de s’émouvoir, de souffrir, de jouir, de jubiler, voir dans ses savoirs, ses savoirs-faire, ses savoirs-être et ses savoirs-devenir. Un tel dialogue est initié par le Père dans le Christ par la grâce et la force du Saint Esprit en s'abandonnant exclusivement de manière radicale au Christ. Un tel abandon exige la fidélité à sa parole et à ses promesses pour accéder à l'intelligence de la foi, au Mystère de la Sainte Trinité. Ce mystère permet de travailler la qualité de l'Alliance avec Dieu trois fois Saint et de la relation courte et longue avec les autres et avec le cosmos au niveau local et planétaire pour la joie complète. La passion de demeurer avec le Christ en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance et de dialoguer avec lui en toute vérité,

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    simplicité, authenticité, honnêteté et transparence amplifie la passion d'être présent aux différentes

    célébrations liturgiques. Cette participation liturgique permet de puiser à la source et à la grâce des sacrements l'intelligence, la force et la grâce de témoigner davantage de Jésus-Christ par des actes pluriels lumineux notamment dans l'accueil de l’étranger et le partage eucharistique, sacramentaire, sociétal avec lui comme au temps de l'expérience des disciples deEmmaüs. «  Mais il le pressèrent en disant: « Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. » Il entra donc pour rester avec eux » (Lc24,29). C'est dans le dialogue de vérité, dans la prière que les apôtres, les disciples et l’Église acquièrent le discernement nécessaire pour saisir les signes du temps favorables à la construction du Royaume de Dieu dans ses exigences exclusivement spirituelles. Apôtres, disciples et Église ont un impact visible sur le bien commun temporel sans altérer la priorité du spirituel au temporel dans cette construction du sens et dans cette croissance en humanité et en spiritualité. Car la construction de l'exigence du temporel est exclusivement de l'ordre du temporel et non du spirituel, bref de l'ordre de l’État et non de l’Église ou des Églises. « L'établissement du royaume messianique apparaît encore aux apôtres comme une restauration temporelle de la royauté davidique. cf.Mt4,17 »(20). Dieu a la souveraineté exclusive de l'histoire du salut à travers la triple exigence de la révélation cosmique, historique et eschatologique. La responsabilité apostolique, ecclésiale et chrétienne consiste à accueillir la souveraineté exclusive de Dieu dans l'accomplissement du salut des gens, ou du genre humain au niveau local, planétaire et cosmique pour en devenir des simples instruments, des simples serviteurs, des simples témoins mais percutants et décisifs. «  Insérant son plan de salut dans l'histoire humaine, Dieu en a disposé de toute éternité (Rm16,25+; 1Co2,7;Ep1,4;3,9,11;Col1,26;2Tm1,9;cf.Mt25,34) « les temps et moments », cf.Dn2,21;1Th5,1: -1° d'abord le temps de la préparation, He 1,2; 9,9;1P1,11, et de la patience, Rm3,26;Ac17,30; puis -2° à la « plénitude des temps » Ga4,4+, le moment choisi pour la venue du Christ, inaugurant l'ère du salut, Rm3,26+, ensuite -3° le temps qui s'écoule jusqu'à la Parousie, 2Co 6,2+; enfin -4°; précédé des « derniers jours », 1Tm4,1+, le « jour » eschatologique, 1Co1,8+, et le jugement dernier, Rm2,6+ » (21).

     

    Le temps et le moment de grâce est celui de l'accueil de l'Esprit-Saint. «  L’Esprit, thème spécialement cher à saint Luc (Luc 4,1+), apparaît avant tout comme une Puissance, Lc1,35; 24,49; Ac1,8;10,38;Rm15,13,19;1Co2,4-5; 1Th1,5;He2,4, envoyée d’au près de Dieu par le Christ, Ac2,33, pour la diffusion de la Bonne Nouvelle. L’Esprit accorde les charismes, 1Co12,4s, qui authentifient la prédication: dons des langues, Ac2,4+, des miracles, 10,38, de prophétie, 11,27+; 20,23;21,11, de sagesse 6,3,5,10; il donne la force d'annoncer Jésus-Christ, malgré les persécutions, 4,8,31; 5,32; 6,10; cf Ph1,19, et de lui rendre témoignage, Mt10,20p; Jn15,26;Ac1,8; 2Tm1,7s; cf. Notre suivante; il intervient enfin pour les décisions capitales: admission des païens dans l’Église, 8,29,39; 10,19,43-47;11,12-16;15,8, rejet pour eux des observances légales, 15,28, mission de Paul à travers le monde païen 13,2s; 16,6-7; 19,1 (T.Occ), cf. Mt 3,16+. Mais les Actes connaissent aussi le don de l'Esprit reçu au baptême et accordant la rémission des péchés, 2, 38; cf. Rm 5,5+. L'Esprit-Saint est à l’œuvre dans la vie prophétique, apostolique,patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne. Il permet aux apôtres, aux prophètes, à l’Église, aux chrétiens, aux familles chrétiennes de rendre témoignage de Jésus-Christ en marchant à sa suite. L'Esprit-Saint réalise la mission christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale et chrétienne locale et planétaire du rayonnement évangélique par la médiation des actes pluriels, c'est-à-dire des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains des personnes illuminées intérieurement par la foi qui s'exprime concrètement, extérieurement par des actes lumineux. Ce rayonnement évangélique basique,familial, systémique et planétaire est vécu également à travers les attitudes, les regards, les perceptions, les représentations, les manières d'être, de penser, de parler, de vivre, de s’émouvoir, de souffrir, de jouir et de jubiler. Les actes pluriels lumineux des personnes, des systèmes, des structures et des institutions contribuent à la construction du sens, du savoir, du savoir-faire, du savoir-être et du savoir-devenir . Ils amplifient la croissance en humanité et en spiritualité par la puissance, la force et la grâce de l'Esprit-Saint et du témoignage évangélique privé, public,

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    apostolique, patristique, conciliaire, ecclésial, chrétien, familial, sociétal, entrepreneurial, politique,

    économique, culturel, religieux, financier, banquier, boursier, des services marchands, non marchands, des indépendants au niveau local, régional, communautaire, national, international, supra-national, mondial et planétaire. Ils participent à la construction du Royaume de Dieu. « Les Apôtres ont pour mission essentielle de rendre témoignage de la résurrection de Jésus, Lc24,48; Ac2,32;3,15;4,33;5,32,13,31;22,15, et même de toute sa vie publique, Lc1,2; Jn15,27;Ac1,22;10,39s, cf.Rm1,1+ ». «  La mission des apôtres s'étend à l'univers, Is45,14+. Les étapes ici marquées dessinent en gros le schéma géographique des Actes: Jérusalem, qui était le point d'arrivée de l'évangile, est maintenant le point de départ;cf.Lc2,38+ » (22). La nouvelle évangélisation planétaire est celle du témoignage intérieur et extérieur du travail et de l’œuvre de l'Esprit-Saint dans la vie apostolique, prophétique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne, familiale, sociétale, entrepreneuriale, politique, économique, culturelle, religieuse, bancaire, financière, boursière, des petites et moyennes entreprises, des indépendants, des services marchands et non marchands, dans la vie privée et publique. Ce témoignage évangélique s'enracine dans le credo, dans la confession, la proclamation de la foi et de la parole de Dieu mais aussi dans la célébration, la participation et la réception des sacrements. Il se concrétise dans la vie quotidienne, personnelle, familiale, apostolique, ecclésiale, paroissiale, sociétale, citoyenne et chrétienne par la médiation des actes pluriels. Ces actes pluriels de bénédiction glorifient les merveilles de Dieu qui agit dans l'histoire avec sagesse, force, science, discernement, lumière et qui fait basculer les empires historiques, terrestres comme il fait alterner les périodes et les temps, ou fait tomber les rois pour en établir d'autres à la place sur le long chemin eschatologique de la construction du Royaume des Cieux (Dn2,2O-28). Le songe et la vision du roi Nabuchodonosor (Dn2,29-45) sont explicités par le prophète Daniel à qui Dieu a révélé sa lumière.

    « C'est l'annonce de la première des allégories de Dn, qui décrivent mystérieusement la succession des grands empires historiques ( Néo babyloniens, Mèdes et Perses, Grecs héritiers du royaume asiatique d'Alexandrie), ici figurés selon les anciennes spéculations sur les âges du monde par des métaux de valeur décroissante et enfin l'avènement du royaume messianique. Tous les empires terrestres s'écrouleront pour laisser la place à un règne nouveau, éternel parce que fondé sur Dieu: le Royaume des Cieux,cf Mt4,17+. Jésus, qui se désignera lui-même comme le Fils de l'homme, cf Dn7,13+ et Mt8,20+; s'appliquera aussi, cf. Mt21,42-44; Lc20,17-18, l'image de la pierre d'angle, d'abord rejetée, du Ps 118,22 et de la pierre de fondation d'Is28,16, avec une allusion nette à la pierre détachée du roc et qui écrase celui sur qui elle tombe, ici vv.34,44-45 » (23).

     

    Seul le Père connaît la date et l'heure de la fin des temps. «  En tant qu'homme, le Christ a reçu du Père la connaissance de tout ce qui intéressait sa mission, mais il a pu ignorer certains points du plan divin, ainsi qu'il l'affirme ici formellement » (Mt 24,35-36). // Mt 10,23;16,28; Is51,6; Ac1,7). « Reprenant les affirmations du Seigneur sur l'incertitude de la date de son Avènement dernier, Mt 24,36p; Ac1,7, qu'il faut attendre en veillant, Mt24,42 p, 50; 25,13, Paul se défend de connaître ce terme. Le jour du Seigneur, 1Co 1,8+ viendra comme un voleur, cf.Mt24,43p; il faut veiller,v.6; cf Rm13,11; 1Co16,13; Col4,2; 1P1,13; 5,8; Ap3,2s; 16,15, le temps est court, 2Co6,2+. Bien qu'il se range d'abord par hypothèse parmi ceux qui verront ce jour, 1Th4,17;cf1Co15,51; il en vient à envisager de mourir auparavant, 2Co5,3; Ph1,23, et met en garde ceux qui le croient imminent, 2Th2,1s. Les vues sur la conversion des païens, Rm11,25 donnent même à penser que l'attente pourra être longue, cf. Mt 25,19; Lc 20,9; 2P3,4,8-10 » (24). Le prophète Isaïe révèle que l’effusion de l'Esprit est à l'initiative de toute conversion réelle, permettant d'accueillir la souffrance, le rejet, l'humiliation, le péché et de les traverser en leur donnant du sens pour apprendre à pardonner, à se réconcilier, à vivre dans la paix et à poser des actes pluriels porteurs de l'amplification de la vie, de la joie, de la dignité, de la justice, de la paix, de la sécurité, de la liberté des enfants de Dieu, du bonheur et du vivre ensemble harmonieux local, familial, paroissial, professionnel, scolaire, ecclésial (Is31,15-20). «  L'effusion de l'Esprit. Jusqu'à ce que se répande sur nous l'Esprit d'en haut, et que le désert devienne un verger, un verger qui fait penser à une forêt. Dans le désert s'établira le

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    droit et la justice habitera le verger. Le fruit de la justice sera la paix, et l'effet de la justice repos et

    sécurité à jamais. Mon peuple habitera dans un séjour de paix, des demeures superbes, des résidences altières. Et si la forêt est totalement détruite, si la ville est gravement humiliée, heureux serez-vous de semer partout où il y a de l'eau, de laisser en liberté le bœuf et l'âne » (Is32,15-20). L'Esprit-saint est à l’œuvre dans toute conversion et dans tous les actes pluriels mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes humains qui contribuent à témoigner de l'amplification de la légalité, de la justice, de la sécurité, de la paix du cœur, des esprits, de la paix familiale, ecclésiale, sociale, publique, entrepreneuriale, des petites et moyennes entreprises, des indépendants, des services marchands et non marchands et du respect de la dignité et de la liberté de chacun au niveau local et planétaire, mais aussi de l'exigence de repos au niveau privé, public, local et planétaire.

    L'évangélisation des cœurs, des personnes, des familles, des paroisses, des sociétés, des cultures, des civilisations et du monde est l’œuvre de l'Esprit-Saint. L'Esprit-Saint est l'initiateur et l'accompagnateur de toute marche sur le chemin de la foi, càd du croire, de l'annonce, de la confession, de la proclamation, de la célébration, de la participation sacramentaire, rituelle et du témoignage de la vie évangélique dans la quotidienneté de l'existence plurielle pour le bien commun temporel et spirituel. Dans Luc 24, Saint Luc situe l'ascension de Jésus quarante jour après Pâques, c'est-à-dire après la Résurrection en la précédant d'abord des faits: -a-Le tombeau vide et le message des anges (Lc24,1-56).// Mt28,1-8;Mc16,1-8;Jn20,1-2; Lc9,30; Lc 9,22.

    -b- Les apôtres refusent d'ajouter foi aux dires des femmes (Lc24,9-11).// Mt28,10,17;Mc16,10-11,14;Jn20,18,25-29. Lc8,2-3;Mt8,10+

    -c- Pierre au tombeau (Lc24,12).// Jn 20,3-10; 24,24.

    -d- Les deux disciples d'Emmaüs (Lc24,13-35).// Mc16,12-13; Mt 2,23+; Mt16,14+; Ac7,22; Lc1,5, 4, 68; Lc2,38; Lc24,9s; Mc4,13+; Mc8,10+; Mt8,10+;Ac3,24+; Lc18,31+; Lc9,22+; 1P1,11; Lc16,29, 3; Lc24,16+; 1Co15,5; Lc24,16+.

    -e- Jésus apparaît aux apôtres (Lc24,36-43).// Jn20,19-23;Lc1,12+; Lc24,16+; Lc1,14+; Mt8,10+;Jn21,5;Jn21,9-10,13.

     

    Dans les apparitions racontées par Lc et Jn, les disciples ne reconnaissent pas le Seigneur au premier abord, mais seulement par une parole ou sur un signe, Lc24,30s et 35,37 et 39-43; Jn20,14 et 16,20; 21,4 et 6-7: comp. Mt 28,17. C'est que tout en restant identique à lui-même, le corps du Ressuscité se trouve dans un état nouveau qui modifie sa forme extérieure, Mc16,12 et l'affranchit des conditions sensibles de ce monde, Jn20,19. Sur l'état des corps glorieux, cf.1Co15,44+. Les disciples d'Emmaüs reconnurent Jésus-Christ, Ressuscité à la fraction du Pain et partirent évangéliser les onze apôtres restés à Jérusalem. (Luc 24,33,35). «  En employant ici le terme technique qu'il reprendra dans les Actes, Ac2,42+, Luc songe sans doute à l'Eucharistie. Quand Jésus apparaît aux apôtres (Lc24,36-43), il leur proclame ou leur annonce la Paix car les apôtres eux sont saisis de frayeur, de crainte, de trouble et de doutes. Pour réconforter leur foi, il leur montre les traces de sa souffrance, de sa crucifixion bien qu'il soit ressuscité: « Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi. Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair, ni os, comme vous voyez que j'en ai.  Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds » (Lc 24,39-40). «  Luc, écrivant pour les Grecs qui considéraient l'idée de résurrection comme une absurdité insiste sur la réalité physique du corps de Jésus ressuscité, cf v,43. Mais Jésus-Christ Ressuscité se rend bien compte que ses apôtres ne croient pas encore à sa résurrection bien qu'ils fassent preuve de beaucoup de joie car ils sont enfermés dans l'étonnement. Ils sont très surpris, étonné et joyeux.

     

    Pour les faire basculer de l'étonnement à la foi authentique au Ressuscité, il leur dit: « Avez-vous ici quelque chose à manger? » Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le

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    mangea devant eux. (Luc 24,41b-43). Luc songe ici à l'eucharistie qui est le couronnement de la foi

    chrétienne au Christ Ressuscité et le centre de l’Église pour croire, célébrer et vivre de l'évangile de Jésus-Christ Ressuscité.

    f- Dernières instructions aux apôtres (Luc 24,44-49). Le Ressuscité affirme:-a- Qu'il est l'accomplissement de l’Écriture. « Il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes ». Donc «  le Ressuscité est la Parole de Dieu. Il est présent et vivant dans la Parole de Dieu. // Lc 9,22+ «  Le Fils de l'homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter »(Luc9,22). « Alors il leur dit: O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes. Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire? » Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc24,25-27). C'est le Christ Ressuscité qui prend l'initiative d'ouvrir l'intelligence de la foi des apôtres, des disciples, des chrétiens en leur faisant percevoir qu'il est vivant dans la Parole de Dieu et que la Parole de Dieu c'est lui. Rencontrer le Ressuscité dans la Parole de Dieu et dans les sacrements transforme la vie chrétienne, ecclésiale, sociétale et fait de chaque baptisé un témoin du Ressuscité appelé à croire, à célébrer et à vivre du Ressuscité, de son esprit, de ses attitudes, de son style dans les lieux de vie, dans le monde entier pour témoigner et devenir sacrement du pardon, de la miséricorde et de la réconciliation locale et planétaire dans une vie fraternelle locale et planétaire (Lc24,45-48). « Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, et il leur dit: »Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem, de cela vous êtes témoins » (Luc 24,45-48).// Mt3,2+; Mt 28,19-20; Mc16,15-16;Lc2,38;Ac1,8).

     

    La grâce est offerte par le Ressuscité comme une mission apostolique, ecclésiale, sociétale et chrétienne locale et universelle d'évangélisation en direct en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Le Ressuscité accorde cette grâce à titre personnel, familial, ecclésial, sociétal et planétaire aux témoins, à ses amis qui deviennent des sacrements de l'eucharistie, de la réconciliation pour la construction de la paix locale et planétaire dans tous les secteurs de la vie privée et publique, ecclésiale, sociétale. En tout lieu, en tout temps et en toute circonstance, savoir être et devenir sacrement de l'eucharistie et de la réconciliation locale, régionale, communautaire, nationale, internationale, supra-nationale, ecclésiale, sociétale et planétaire c'est marcher dans le compagnonnage de l'Esprit-Saint qui est à l’œuvre dans le cœur, dans l'histoire, dans l’Église, dans la société, dans le monde, dans le cosmos pour la construction du Royaume de Dieu, Royaume de justice et de paix à la manière du Ressuscité. C'est s'ouvrir à l'espérance, à la foi, à la charité pour demeurer fidèle à la promesse du Christ-Ressuscité: « Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous, donc, demeurer dans la Ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut » (Lc24,49). Ac1,4;Ac2,33+;Ga3,14;Ep1,13. Demeurer fidèle dans la foi catholique, dans le Christ, à soi-même et dans son Église, Corps Mystique du Christ, c'est s'ouvrir à la patience de Dieu, à l’œuvre merveilleuse de Dieu par la triple médiation de la révélation cosmique, historique et eschatologique. Une telle ouverture a pour but d'accueillir les dons de l'Esprit-Saint qui rend chacun de manière personnelle, familiale, ecclésiale, sociétale,, entrepreneuriale co-héritier de la Promesse et du Royaume. Tout co-héritier est actant pour la mission universelle d'évangélisation en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance et cela avec une ambition patriarcale, prophétique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, sociétale, familiale, chrétienne, citoyenne locale et planétaire. Cette ambition consiste à prier et à travailler pour pacifier, relier, réconcilier l'humanité, les personnes, les peuples, les gens avec Dieu source du salut et de la Transcendance.

     

    L'Esprit-Saint est cette force qui vient d'en haut et que le Christ Ressuscité envoie aux

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    apôtres, à l’Église, aux baptisés et aux âmes privilégiés en dehors de l’Église en intercédant auprès

    du Père pour qu'il réalise sa promesse. La foi engage à être positif pour l'avenir en dépit des incertitudes. C'est ce qu'indique l'expérience spirituelle de l'ascension. « Puis il les amena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu » (Luc 24,50-52).// Mc16,19;Ac1,9,12; Lv9,22,Si50,20;Lc9,51+;Lc1,14+;Lc2,20+. Quarante jour après sa Résurrection, le Christ Ressuscité prie et bénit ses apôtres avant de se séparer avec eux et d'être élevé , emporté au ciel. Tandis que eux retournèrent à Jérusalem pour continuer la mission avec joie en se rendant à Jérusalem, lieu de la fin de la vie terrestre de Jésus et du début de l’Église et de l'évangélisation planétaire. Pour amplifier la joie de la présence vivante et agissante du Christ dans leur vie, dans l’Église, dans la Parole de Dieu et dans les sacrements, les apôtres témoignent de leur fidélité au Christ Ressuscité en étant constamment dans le Temple pour bénir Dieu. L'évangile de Luc se termine au Temple où il a commencé, dans la joie et la louange divine. L’Église est le lieu où beaucoup d'entre nous ont été baptisés, c'est-à-dire ont reçu le sacrement du baptême, le sacrement de réconciliation (ou la confession ) et le sacrement de l'eucharistie ou la communion dans la grande joie. Mais cette joie persiste-t-elle pour maintenir la flamme permettant à continuer de fréquenter constamment l'église pour bénir Dieu, prier, méditer, allumer une bougie, recevoir les sacrements, participer à différentes célébrations? Une telle joie initiale sacramentaire et fondatrice permet elle de lier notre foi, notre credo à notre célébration et au témoignage lumineux de la Parole de Dieu dans notre vie quotidienne, personnelle, privée, ecclésiale, familiale, publique, sociétale, politique, économique, culturelle, entrepreneuriale, celle des petites et moyennes entreprises, des indépendants, des services marchands et non marchands, des institutions financières, bancaires, boursières ou autres?

     

    Le Ressuscité m'appelle à devenir témoin de la joie et de la louange divine en tout temps, en tout lieu, en toute circonstance au niveau sectoriel, local et planétaire pour vivre en sa présence dans une relation personnelle avec le Vivant. Est-ce que je sais le suivre sur cette logique du témoignage de la joie et de la louange divine toute ma vie ? Jésus-Christ, crucifié , mort et ressuscité est apparu à ses apôtres pendant 40 jours avant son absence physique dans son corps de gloire où il monte au ciel à l'ascension et dix jours après sa montée au ciel, il va envoyer l'Esprit-Saint à ses apôtres réunis à Jérusalem pour continuer sa mission dans le monde entier. Les témoins oculaires sont serviteurs de la Parole de Dieu et de l’Église mais aussi de leurs frères en humanité. Dieu nous aime tellement qu'il envoie par l'intercession du Christ l'effusion de l'Esprit à ses apôtres, à l’Église, aux disciples, aux chrétiens. C'est en bénissant ses apôtres que Jésus se sépare d'eux et fut emporté au ciel. Le disciple qui est traversé par l'expérience spirituelle de l'ascension du Christ acquiert des savoirs comme le fait de savoir bénir, savoir faire des bénédictions, savoir être une bénédiction, savoir devenir une bénédiction pour ceux et celles avec lesquels il se sépare au terme du périple terrestre. Il transmet par la médiation de ses actes pluriels lumineux le relais du témoignage lumineux des expériences crucifiantes, humiliantes, horribles, cruelles, tragiques à la suite du Christ mais aussi le témoignage des expériences du relèvement, de reliance, de la joie complète et de la louange planétaire pour rayonner le Ressuscité. Il est métamorphosé par l’Évangile. Telle est la manière évangélique de croire, de célébrer, de vivre la foi au quotidien, en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance. Il s'agit d'incendier les cœurs et le monde contemporain, nos familles et nos paroisses, nos lieux de vie et de scolarité du feu de l'Esprit-Saint, profusion de l'amour de Dieu sur les êtres avec un regard plein de compassion, de tendresse et de miséricorde . Un tel regard espère le monde et l'autre crée à l'image et à la ressemblance de Dieu car tout homme est pécheur, aimé et sauvé par Dieu.

     

    Les Apôtres ont à annoncer et à construire le Royaume de Dieu au niveau planétaire. Entre l'ascension et la Pentecôte, le Ressuscité demande aux apôtres d'être concentré dans une vie de

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    prière, de louange, de contemplation, d'adoration, de sacrifice, de discipline, d'ascèse pour

    maximaliser la joie de l'eucharistie et du baptême. Eucharistie, baptême et sacrement de réconciliation constituent les sacrements à revisiter pour mieux célébrer l'ascension et pour mieux se préparer à la fête de la Pentecôte. Suis-je sacrement de l'eucharistie, du baptême et de la réconciliation pour la famille, les copains, les amis, les voisins, les autres, la société, l’Église et le monde? Pour mieux faire comprendre l'acte pluriel christologique ou christique de la transmission du flambeau de la responsabilité à ses apôtres et disciples à l'ascension, Saint Luc affirme dans les Actes des Apôtres ce qui suit: « A ces mots, sous leurs regards, il s'éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils étaient là, les yeux fixés au ciel pendant qu'il s'en allait, voici que deux hommes vêtus de blanc se trouvèrent à leurs côtés; ils leur dirent: « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel? Ce Jésus qui, d’au-près de vous, a été enlevé au ciel viendra comme cela, de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel » (Ac1,9-11).// 2R2,11; Mc16,19;Lc24,50-51;Jn20,17+;Rm10,6;Ep4,8-10;1P3,22;Lc24,4;Lc3,20;Za14,4.

     

    Ac1,9: Les apôtres sont des témoins oculaires de l'expérience spirituelle, mystique et réelle du relèvement du Christ, de son élévation, de son ascension. Par cette expérience de relèvement et d'élévation, le Christ scelle l'accomplissement de l'enlèvement d’Élie qui a pour successeur Élisée (2R2) sur le chemin de Bethel, alors que les confréries des prophètes qui vivent en communauté dans l'union, la fraternité préviennent Élisée de l'enlèvement imminent d’Élie par Yahvé sur la route de Bethel pour aller à Jéricho, puis au bord du Jourdain. Bien qu’Élisée les rassure de connaître également cet acte imminent de Yahvé qui magnifie sa Puissance et témoigne qu'il est le Vivant comme le proclame aussi Élie, lui-même et cela depuis la ville de Gilgal d'où ils partent. Cinquante membres de la confrérie des prophètes regardent au loin Élie et Élisée, lorsqu'Elie frappe les eaux du Jourdain de son manteau roulé pour frayer un passage à pied sec car les eaux se divisent en deux, reprenant ainsi le geste de Moïse pour la libération du peuple d'Israël de l’esclavage lorsqu'il est pourchassé par l'armée de Pharaon. Après la traversée des eaux du Jourdain à pied sec, sachant que son heure est venu, Élie dit à Élisée: « Demande:Que puis-je faire pour toi avant d'être enlevé d’au près de toi? ». Et Élisée répondit: « Que me revienne une double part de ton esprit. » Élie reprit: »Tu demandes une chose difficile: si tu me vois pendant que je serai enlevé d’au-près de toi, cela t'arrivera, sinon, cela n'arrivera pas. » (2R2,9-10). Le fils ainé recevait une double part de l'héritage paternel, Dt 21,17. Élisée veut être reconnu pour le principal héritier spirituel d’Élie. Demande difficile, car l'esprit prophétique ne se transmet pas: il vient de Dieu et c'est Dieu qui signifiera que la demande est exaucée en accordant à Élisée de voir ce qui est voilée aux yeux humains, cf.v.12 et 2R6,17; les « frères prophètes » ne percevront que l'encadrement naturel du mystère. « Or, comme ils marchaient en conversant, voici qu'un char de feu et des chevaux de feu se mirent entre eux deux, et Élie monta au ciel dans le tourbillon » (2R2,11; 2R6,16-17.).

     

    Élisée ne voit plus Élie, il déchire ses propres vêtements en deux et prend le manteau d’Élie puis revient sur la rive du Jourdain. Il va frapper les eaux du Jourdain avec le manteau d’Élie en invoquant Yahvé, le Dieu d’Élie et les eaux du Jourdain vont se séparer en deux et Élisée va traverser le Jourdain à pied sec sous le regard de la confrérie des prophètes qui l'observent à distance et qui viendront vers lui en disant: «  L'esprit d’Élie s'est reposé sur Élisée »; ils vinrent à sa rencontre et se prosternèrent à terre devant lui. » ( 2 R2,15s. Les cinquante membres de la confrérie des prophètes vont proposer à Élisée d'aller eux-mêmes chercher Élie pour le ramener. Mais si Élisée refuse au début et leur demande de ne pas aller le chercher, il cède sur leur insistance. Les cinquante membres de la fraternité et de la confrérie des prophètes vont chercher Élie pendant trois jours sans le trouver. «  Ils revinrent vers Élisée qui était resté à Jéricho, et il leur dit: « Ne vous avais-je pas prévenus de ne pas aller? » (2 R 2,18). La recherche infructueuse certifie seulement qu’Élie n'est plus de ce monde, son destin est un mystère qu' Élisée ne veut pas éclairer. Le texte ne dit pas qu’Élie n'est pas mort, mais on a pu facilement le conclure. Sur le « retour d’Élie », cf.Ml 3,23+. Élisée détient un pouvoir divin pour sauver ou pour perdre: il est bienfaisant à

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    ceux qui reconnaissent sa mission, mais on ne se moque pas impunément de l'homme de Dieu.

    Ml3,23+:Élie emporté au ciel 2R2,11-13 reviendra. Ce retour, annoncé ici, restera un trait important de l'eschatologie juive,cf. Le livre d’Hénoch. Jésus a expliqué qu’Élie est venu en la personne de Jean-Baptiste, Mt11,14;17,10-13+;Mc9,11-13. Avoir la foi c'est croire à l'accomplissement de ce que Jésus a dit. La justice de la foi: la parole de la foi est dans le cœur Rm10,6,8;Dt30,14;cf.3,27+;8,2+, parole dictée et accomplie en nous par l'Esprit,8,4+. En Éphésiens 4,9-11, Paul retient de Jésus-Christ qu' « il est monté »,vv.9-10 et «  il a donné » v.11, où il trouve annoncées l'Ascension de Jésus et l'effusion de l'Esprit. Les régions souterraines où se place le royaume des morts, cf.Nb16,33+ et où le Christ est descendu avant de ressusciter et de monter « au-dessus de tous les Cieux » cf.1P3,19+, - ou, selon d'autres, les régions terrestres, qualifiées d' « inférieures » par rapport aux Cieux, sont les régions que Jésus-Christ a visité. En parcourant ainsi tout l'univers, le Christ en a pris possession comme du « Plérôme » qu'il « récapitule » Ep1,10+, et enferme tout entier sous sa puissance de « Seigneur », cf.1,20-23; Col1,19;Ph2,8-11. « C'est lui encore qui « a donné » aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ » (Eph4,11-13).

     

    Paul ne cite ici que des charismes d'enseignement, qui seuls importent dans ce contexte, vv.13-15. Les saints paraissent être ici plus spécialement les missionnaires et autres enseignants, cf.3,5, mais peut-être aussi tous les fidèles dans la mesure où ils concourent à construire l’Église, cf.Ac9,13+. La construction du sens et la croissance en humanité de chaque personne et de toute l'humanité réconciliée dans le Christ permet à chacun d'accéder individuellement et collectivement à la fraternité réelle mondiale , à l'homme parfait par la force de l'âge pour réaliser pleinement l'image et la ressemblance de Dieu et communier à la plénitude du Christ dans son Corps Mystique. Cet Homme parfait, objet de toute espérance chrétienne et ecclésiale est non pas simplement le chrétien arrivé à l'état de « parfait » 1Co2,6+ mais l'Homme parfait en un sens collectif: soit le Christ lui-même, « l'Homme Nouveau », archétype de tous les régénérés 2,15+, soit mieux encore le Christ total, Tête,v.15; 1,22; Col 1,18 et membres,v.16;5,30 constituant son corps,1Co12,12+. Le Christ a accepté la mort afin que nous devenions héritiers de la vie éternelle. Le message des deux anges lors du tombeau vide à la résurrection renvoi à l'expérience spirituelle de la transfiguration où Jésus s'entretient avec Moïse et Élie. Moïse et Élie n'étant nommés que pour identifier les « deux hommes » mentionnés d'abord, on peut penser que, dans la source combinée par Lc avec Mc, ceux-ci étaient deux anges, cf.24,4; Ac1,10 qui instruisaient et confortaient Jésus, cf.22,43. Sur la signification de Moïse et Élie dans la tradition de Mt, cf. Mt17,1+. La nouvelle montagne symbolique à laquelle Jésus-Christ convie ses amis pour sa transfiguration et sur laquelle il va converser avec Moïse et Élie témoignent du nouveau Sinaï où s'opère la nouvelle révélation eschatologique.

     

    La nuée fait partie du cadre des théophanies de l'AT, Ex 13,22+ et du NT, Lc9,34-35p. Elle caractérise, Dn7,13, la parousie du Fils de l'homme, Mt24,30+, ici, v.11; cf 1Th4,17; Ap1,7;14,14-16. Luc parle de l’avènement glorieux de la parousie, cf. Mt16,27p; 24,30p+;25,31;1Th4,16;2Th1,7s.

     

      1. L’Église de Jérusalem.

     

    L'ecclésiologie de Jérusalem est constituée du groupe des apôtres qui ont pour la première tâche de procéder au remplacement de Judas pour l'efficacité de la mission évangélisatrice en conformité avec la volonté du Christ, Tête et Corps Mystique. « Alors du mont des Oliviers, ils s'en retournèrent à Jérusalem; la distance n'est pas grande: celle d'un chemin de sabbat. Rentrés en ville,

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    ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement. C'étaient Pierre, Jean, Jacques,

    André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée et Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques » (Ac1,12-13).//Lc6,14-16p. Apôtre signifie « envoyé ». Déjà connu dans le monde grec et dans le monde juif (schebah). Ce terme en est venu dans le christianisme à désigner les missionnaires « envoyés », cf. Ac 22,21+, comme témoins du Christ, de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, Ac1,8+, d'abord les Douze, Mc 3,14+ ( Ce terme leur est réservé dans les Actes), mais aussi un cercle plus large de disciples, cf.Rm1,1+ qui figurent en premier lieu dans les listes de charismes, cf.1Co12,28; Ep4,11. - Il se pourrait que le nom d'apôtre n'ait été donné aux missionnaires que par la première communauté; mais il reste vrai que Jésus lui-même a envoyé ses disciples en mission, d'abord vers les villages de Galilée, 9,6 et après sa résurrection, vers le monde entier 24,47; Ac1,8; cf. Jn3,11+;4,34+. Parmi les apôtres on supplée « fils » ( d'Alphée, de Jacques). L'apôtre Jude est distinct de Jude frère de Jésus, cf. Mt 13,55; Mc6,3 et frère de Jacques (Jude 1). On ne doit pas non plus, semble-t-il, identifier l'apôtre Jacques fils d'Alphée avec Jacques frère du Seigneur, Ac12,17;15,13, etc.

    Dans la chambre haute la première tâche du vivre ensemble apostolique est le devoir essentiel de la prière. La célébration liturgique de la prière est la première mission essentielle de la première communauté apostolique, de l’Église de Jérusalem, du cercle ecclésiologique fondateur autour des quelques femmes dont Marie la Mère de Jésus et avec ses frères: « Tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus et avec ses frères «  (Ac1,14), // Lc2,42,46; 6,4; Rm12,12; Lc23,49. Les Actes contiennent de nombreux exemples de la prière assidue recommandée, Mt6,5+ et pratiquée, Mt14,23+, par Jésus. Prière commune présidée par les Apôtres, 4,24-30; 6,4 et centrée sur la fraction du pain 2,42,46; 20, 7-11. Prière dans les occasions importantes: élections et ordinations à des charges dans l’Église.1,24;6,6;13,3;14,23, confirmation des Samaritains,8,15, période de persécutions 4,24-31; 12,5,12. On voit aussi des individus prier; Étienne pour soi-même et ses bourreaux, 7,59-60, Paul après sa vision du Christ, 9,11, Pierre et Paul avant les miracles, 9,40; 28,8, Pierre quand Dieu l'appelle vers Corneille 10,9; 11,5, lui-même homme de prière, 10,2,4,30-31. Paul et Silas dans la prison 16,25, Paul quittant ses amis à Milet 20,36 et à Tyr 21,5. Prière de demande dans la plupart de ces occasions, aussi en 8,22-24 pour obtenir le pardon; prière de louange, 16,25 et d'action de grâces, 28,15; enfin témoignage de foi: « invoquer le nom de Jésus Christ » est la caractéristique du chrétien 2,21 et 38, 9,14,21;22,16.

     

    Les véritables amis de Jésus se mettent ensemble pour le prier avec assiduité, ferveur et joie en étant entre eux en pleine communion dans l'unité, la vérité et la charité. Pour être assidu dans la prière, il est recommandé de contempler à distance d'abord le Christ en croix afin de mieux s'apercevoir de son grand amour pour nous sauver, et sauver l'humanité. La contemplation de la croix du Christ permet de mieux être à l’écoute des détresses contemporaines, de nos propres croix actuelles, de la croix familiale, ecclésiale, sociétale, communautaire, chrétienne, mondiale. Cette perception de la croix planétaire intériorisée et extériorisée permet de consentir joyeusement à la croix de l'humanité et de la Création toute entière pour les consumer toutes dans leur pluralité dans l'unique croix douloureuse et glorieuse du Crucifié-Ressuscité afin de prier et de travailler pour la construction de la paix locale et planétaire. Avoir un même cœur pour prier, c'est laisser nos cœurs être transpercés avec le cœur transpercé du Crucifié pour accueillir l'eau et le sang qui coulent de son cœur transpercé dans nos propres cœurs personnels, familiaux, ecclésiaux, sociétaux, civilisations afin de saisir la grâce du pardon, de la réconciliation et de la régénération. C'est aussi fondre nos cœurs transpercés par les péchés, la haine, la violence, l'injustice, la fourberie, la théâtralité de l'amour, du savoir, du pouvoir et du valoir, la pauvreté, la domination, l'exploitation, l'exclusion, la dictature, le racisme dans le cœur transpercé de la Vierge Marie, Mère du Seigneur et de l’Église en communion avec les cœurs transpercés des apôtres pour entrer dans la prière de demande, de supplication, de louange, d'action de grâce et du témoignage.

     

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    Homme et femme, baptisés sont appelés à entrer dans la prière de Jésus avec respect à l'égard

    des charismes et du ministère de chacun mais surtout avec un haut degré du sens et de la communion ecclésiale et apostolique. La première communauté ecclésiale, chrétienne ,apostolique s'est distinguée par l'exigence impérative et assidue de la prière en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance et dans divers événements existentiels fondateurs avec une place prépondérante à l'ancêtre de l'eucharistie, à l'eucharistie, la fraction du pain. Celle-ci met en valeur le ministère apostolique de la présidence du sacrement eucharistique. L'assiduité à la prière est le premier critère authentique de la vie chrétienne, de la vocation et de la responsabilité baptismale, chrétienne et sacerdotale, ministérielle et ecclésiale. La pratique quotidienne de la prière, de l'office des heures, de l'adoration, du rosaire, de louange, de demande, d'intercession, de contemplation, de l'eucharistie est le témoignage authentique des priants(es). Ceux-ci marchent à la suite du Christ avec foi, charité et espérance de manière lumineuse dans le monde contemporain au sein des familles, des sociétés, des institutions, des systèmes, des structures et finissent par avoir un rayonnement planétaire sur la voie, la force et la grâce de la sainteté. Le discernement des charges, charismes, services et ministères dans l’Église et dans la paroisse, à l'école nécessite un temps de prière intense tout comme la pratique quotidienne ou la mise en pratique quotidienne c'est-à-dire l'exercice quotidien des ces charges, charismes, services et ministères au service de l’Église, de la famille, de la société et de l'humanité au niveau local et planétaire.

     

    La préparation à la réception des sacrements du baptême, de confirmation, de pardon ou réconciliation, de communion ou eucharistie, de mariage, de malade et de l'ordre nécessite un temps de prière intense tout comme la pratique quotidienne de la vie chrétienne chez les baptisés, les confirmés, les repentants, les communiants, les mariés, les mourants, les ministres ordonnés (diacres, prêtres, évêques).. Dans la traversée du doute, du trouble et de l'abîme anthropologique, existentiel, sociétal, familial, ecclésial, entrepreneurial, politique, économique, culturel, financier, des services marchands, non marchands la prière individuelle, personnelle et collective est un impératif chrétien authentique, évangélique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire et ecclésial pour transformer le doute, le trouble, l'abîme, la persécution en opportunité. Celle-ci ouvre à la plénitude de l'espérance, de l'amour, de charité, de foi et de solidarité en communion avec le Crucifié-Ressuscité. Celui-ci accompagne les âmes privilégiées à inventer des chemins nouveaux de pacification, de pardon, de réconciliation, de justice, de vérité et de fraternité mondiale planétaire respectueuse de la légalité internationale pour le bien commun mondial temporel et spirituel en bonne intelligence avec la légalité nationale cohérente au respect universel de la dignité humaine.

     

    Une personne de foi, d'espérance et d'amour est amoureux du Crucifié-Ressuscité. Elle prie pour ses bourreaux et pour elle-même. Elle laisse son cœur vibré au rythme du cœur du Christ. Elle a dans ses pensées, ses émotions, son comportement, son intériorité et son extériorité des actes pluriels, des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des attitudes, des conduites, des comportements, des regards, des perceptions, des représentations, des savoirs, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir-devenir qui l'engagent à poser un regard plein de compassion et de tendresse. Elle prie pour ses bourreaux et espère qu'ils fassent dans leur propre cœur et dans leur propre expérience spirituelle au cœur de la déchéance une rencontre croisée exponentielle du regard christologique qui les consume dans le fond lumineux de la conversion afin d'espérer leur propre régénération à l'image et à la ressemblance de Dieu. Le priant assidu peut faire une expérience mystique où il participe à la vision christique, christologique qui l'ouvre autrement l'intelligence du cœur et de la raison, voir l'intelligence émotionnelle dans une fusion unitive métaphysique, méta éthique, méta philosophique et méta théologique de l’œil intérieur qui dépasse le coup d’œil expérimenté et pragmatique et survole l'intuition pour fondre dans la vision béatifiante qui fait de lui un prophète dans la lignée prophétique biblique, apostolique et ecclésiale.

    La pratique assidue de la prière en communion et à l'unisson de la prière de Jésus peut préparer le priant à accomplir réellement des miracles dans la société contemporaine, à se rendre disponible à

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    l'appel de Dieu et à répondre généreusement à cet appel. Cette réponse consiste à dédier toute sa vie

    au service de Dieu, des hommes, de l'humanité et de la Création toute entière pour le bien commun temporel et spirituel local et mondial au service de la construction du sens et de la croissance en humanité. Des priants décident de partager de manière assidue des expériences d'unisson à la prière du Christ et de participer à la prière du Christ, des apôtres, de l’Église et à la prière mondiale planétaire et ouverte. Une telle rencontre des priants sur la terre amplifie la chaîne de communion spirituelle et fraternelle, méta-sociétale et méta-humaine, méta éthique, métaphysique et méta théologique mondiale. Elle amplifie le torrent de l'océan mystique qui scelle l'unité et la communion dans la diversité par l'ivresse de la joie complète et de la prise de conscience des responsabilités et des engagements pour oser des actes pluriels. Ceux-ci contribuent à la construction du sens et à la croissance en humanité pour le bien commun planétaire, mondial sur le chemin de la construction du Royaume de Dieu sur la terre. Les prisons sont des lieux privilégies pour faire l'expérience de la prière assidue avec les prisonniers en participant notamment à l'eucharistie afin de s’imprégner de la condition de Jésus-Christ lui-même fait prisonnier et exécuté sur le bois de la croix au rand des criminels. Les prisons sont des lieux de prière assidu pour communier aussi à l'expérience apostolique de la première communauté chrétienne où les apôtres et les disciples eux-mêmes traversent ces expériences dans leur corps, dans leur âme et souffrirent le martyr pour le Christ et son Évangile. Les prisons, lieux privilégiés de prière à l'unisson de la prière du Christ pour laisser le Christ lui-même toucher les cœurs, l'intériorité et l'extériorité de la vie des prisonniers. Ceux qui sont touchés par la grâce de conversion marchent sur la voie de leur propre transformation, humanisation, conversion, relèvement, guérison, consolation et pardon qui contribuent à leur réinsertion sociale. Ils peuvent devenir des témoins de l’Évangile dans le monde contemporain à la croisée de leur reconstruction privée, familiale, sociétale, publique et mondiale sur le chemin de l'espérance, de la construction du sens et de la croissance en humanité.

     

    Marcher à la suite du Christ et des apôtres, mieux de la première communauté chrétienne des Actes des Apôtres contribue aussi à accepter de sortir de chez soi pour aller ailleurs surtout dans des lieux périphériques afin d'y trouver et d'y former ou réconforter des amis du Christ. C'est par l'expérience partagée de la prière durant le moment où l'on est ensemble que ce service d'évangélisation est vécu en direct. Il peut être vécu également surtout au moment de la séparation dans l'espoir de se retrouver pour continuer à partager ces expériences de prière de demande, de pardon, de louange, d'action de grâces, d'invocation, de témoignage, d'adoration, de contemplation en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Cela permet de vibrer à l'unisson de la prière du Christ et des apôtres afin de continuer à transmettre le flambeau du feu de l’Évangile, de la puissance, de la force et de la grâce du Crucifié-Ressuscité dans la communion ecclésiale. L'assiduité à la prière dans la première communauté chrétienne était faite en présence des quelques femmes dont Marie mère de Jésus et avec ses frères précise saint Luc dans les Actes des apôtres (Ac1,14; Lc23,49).// Mt 12,46. Invoquer l'intercession de la Vierge Marie mais aussi des frères de notre Seigneur Jésus-Christ pendant la prière tout comme celle des autres femmes qui avaient inaugurées ces prières au côté des Apôtres immédiatement après l'ascension nous relie spirituellement à leur prière, c'est-à-dire à la prière assidue de la première communauté chrétienne des Actes des Apôtres. Il y a plusieurs mentions des « frères » (et des « sœurs ») de Jésus: voir 13,35;Jn7,3;Ac1,14;1Co9,5;Ga1,19. Tout en ayant le sens premier de « frère de sang » le mot grec utilisé (adelphos ), comme le mot correspondant en hébreu et en araméen, peut désigner des relations de parenté plus larges (cf.Gn13,8;29,15; Lv10,4), et notamment un cousin germain (1Ch23,22). Le grec possède un autre terme pour « cousin » ( anépsios, voir col 4,10, seul emploi de ce terme dans le NT). Mais le livre de Tobie témoigne de ce que les deux mots peuvent être utilisés indifféremment pour parler de la même personne: voir 7,2: « notre frère Tobit » ( adelphos ou anèpsios selon les manuscrits). Depuis les Pères de l’Église, l'interprétation prédominante a vu dans ces « frères » de Jésus des « cousins », en accord avec la croyance en la virginité perpétuelle de Marie. En outre, cela est cohérent avec Jn19,26-27 qui laisse supposer qu'à la mort de Jésus,

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    Marie était seul. Dieu le Père qui voit tout est celui qui met dans le coeur du priant le désir de le prier en secret sans hypocrisie mais dans une attitude intérieure d’honnêteté, de sincérité, d'humilité et de confiance exclusive. Prier Dieu le Père est un devoir chrétien qui implique des attitudes comme la totale discrétion, l'humilité et la disponibilité du cœur. Mt 6,5: Par son exemple, Mt 14,23; comme par ses instructions, Jésus a enseigné à ses disciples le devoir et la façon de prier. La prière doit être humble devant Dieu, Lc 18,10-14, et devant les hommes, Mt6,5-6; Mc 12, 40p, du coeur plus que des lèvres, Mt6,7, confiante en la bonté du Père, Mt6,8; 7,7-11p, et insistante jusqu'à l'importunité, Lc11,5-8; 18,1-8. Elle est exaucée si elle est faite avec foi, Mt21,22p, au nom de Jésus, Mt18,19-20; Jn14,13-14;15,7,16; 16,23-27 et demande de bonnes choses, Mt7,11, telles que l'Esprit Saint, Luc11,13, le pardon, Mc11,25, le bien des persécuteurs Mt5,44 p; cf. Lc 23,34, surtout l'avènement du Règne de Dieu et la préservation lors de l'épreuve eschatologique, Mt24,20p; 26,41p; Lc21,36; cf.Lc22,31-32: c'est toute la substance de la Prière modèle enseignée par Jésus lui-même, Mt6,9-15p. La prière est communautaire et personnelle, voire familiale, ecclésiale, sociétale et planétaire. Apprendre à prier en secret est une des recommandations essentielles de notre Seigneur Jésus-Christ. Mais la vraie prière enseignée par Jésus est le Pater (Mt6,7-15).

     

    Dans la rédaction de Mt, le Pater contient sept demandes. Ce chiffre est cher à Mt: deux fois sept générations dans la généalogie,1,17; sept béatitudes,5,3+; sept paraboles,13,3+; pardonner non sept fois mais soixante-dix-sept fois, 18,22; sept malédictions des Pharisiens 23,13+. C'est peut-être pour obtenir ce chiffre de sept que Mt a ajouté au texte de base (Lc11,2-4) les troisième, cf.7,21;21,31;26,42, et septième,cf. Le « Mauvais » 13,19,38 demandes. Voici les sept demandes du Pater: 1. La sanctification du Nom de Dieu, Père. 2. La venue du Royaume de Dieu. 3. L'accomplissement parfait de la Volonté de Dieu sur terre. ( faire de la terre un habitacle de Dieu). 4 La nécessité d'accomplissement des besoins et désirs humains pour la vie, la survie et le bonheur du vivre ensemble. (Nourriture).(Le pain quotidien).(Refus de la pauvreté, de la misère, de la famine, de l'exclusion et nécessite d'une justice sociale planétaire). 5. Le pardon de Dieu pour mieux pardonner les autres. 6. La force et la grâce pour lutter contre la tentation. 7. La délivrance et la libération du Mauvais. (Résistance au mal radical).

     

    Notre Pain quotidien ? Traduction traditionnelle et probable d'un mot difficile. On a pu proposer aussi: «  nécessaire à la subsistance, et «  de demain ». De toute façon la pensée est qu'il faut demander à Dieu le soutien indispensable de la vie matérielle, mais rien que cela, non la richesse ni l'opulence. - Les Pères ont appliqué ce texte à la nourriture de la foi, le pain de la parole de Dieu et le pain eucharistique:cf.Jn6,22+. - « Et ne nous soumets pas à la tentation » (Mt6,13a): La traduction proposée est équivoque. Dieu nous soumet à l'épreuve, mais il ne tente personne (Jc1,12;1Co 10,13). Le sens permissif du verbe araméen, utilisé par Jésus, « laisser entrer » et non « faire entrer » n'a pas été rendu par le grec et la Vulgate. Dès les premiers siècles, beaucoup des mss. Latins remplaçaient Ne nos inducas par Ne nos patiaris induci: Nous demandons à Dieu de nous délivrer du Tentateur et nous le prions pour ne pas entrer en tentation (cf.Mt26,41 et par.), c'est-à-dire l'apostasie. «  Mais délivre nous du Mauvais ». (Mt6,13b) ou : «  du mal « .- Add.: « Car à toi appartiennent le Royaume et la puissance et la gloire pour les siècles. Amen. ». Glose liturgique inspirée de 1Ch29, 11-12, qui fait revenir la prière à son thème central, le Royaume de Dieu,v.10. Absente des grands mss du NT, elle se trouve déjà dans le Didachè (2es.) et dans des mss byzantins.

     

    Les passions, les convoitises, l'envie, la haine, la jalousie sont source des luttes internes, des dissensions ou rancunes entre fidèles, peut-être de véritables conflits, auxquels les chrétiens prendraient une part active des guerres, des batailles, de meurtre et d'institutionnalisation de la criminalité, de la cruauté, de l'horreur et de l'insécurité. (Jc4,1-3). Dieu le Père reste sourd au coeur malicieux qui s'adresse à lui dans la prière pour assouvir ses propres passions, (Jc4,3); Ps66,18. Le Christ dit: « Cherchez d'abord son Royaume et sa Justice, et tout cela vous sera donné par

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    surcroît »(Mt6,33). Is51,1; Rm14,17. Le Christ fait allusion ici au modèle des croyants et des priants qui est notre ancêtre dans la foi, Abraham (Is51,1-3). «  Car le règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint ». (Rm 14,17).// Ga 5,22; 1Th1,6. « Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi (chasteté): contre de telles choses il n'y a pas de loi. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises » (Ga 5,22-24). Le croyant uni au Christ n'a plus de Loi qui lui dicte sa conduite de l'extérieur. Il accomplit la Loi de l'Esprit,vv18,23,25; 6,2;Rm6,15;8,2-4;Ph1,9-10;cf. Jc1,25;2,8.

     

    Rm 8,26-27: Prier c'est entrer dans les vues de Dieu avec une confiance exclusive dans la bonté, la tendresse et la miséricorde divine pour l’avènement du Royaume de Dieu dans nos coeurs, dans nos vies, ici et maintenant et à l’œuvre dans la totale discrétion et secret au niveau planétaire et cosmique. A la suite de Jésus Mt6,5+; 14,23+, et conformément à l'usage des premiers chrétiens, Ac2,42+, Paul recommande souvent de prier sans cesse, Rm12,12; Ep6,18; Ph4,6; Col4,2; 1Th5,17+; 1Tm2,8;5,5;cf.1Co7,5. Il prie lui-même sans relâche pour ses fidèles, Ep1,16; Ph1,4; Col 1,3,9; 1Th 1,2; 3,10; 2Th1,11; Phm4, de même qu'il leur demande de prier pour lui, Rm 15,30;2Co1,11;Ep6,19;Ph1,19;Col4,3;1Th5,25;2Th3,1; Phm22;He13,18, et les uns pour les autres, 2Co9,14; Ep6,18. Sur la prière pour les frères pécheurs et malades, cf.1Jn5,16; Jc5,13-16. Outre les grâces de progrès spirituel, ces prières demandent l'éloignement des obstacles extérieurs, 1Th2,18 et 3,10; Rm 1,10, et intérieurs, 2Co12,8-9, ainsi que le bien de l'ordre social, 1Tm2,1-2. Paul insiste beaucoup sur la prière d'action de grâces, 2Co1,11+; Ep5,4; Ph4,6; Col2,7; 4,2; 1Th5,18; 1Tm2,1, qui doit accompagner toute action, Ep5,20; Col3,17, en particulier les repas, Rm 14,6; 1Co10,31; 1Tm 4,3-5; lui-même commence par elle toutes ses lettres Rm1,8, etc., et veut qu'elle pénètre les relations des chrétiens entre eux, 1Co14,17; 2Co1,11; 4,15;9,11-12. La prière d'eucharistie et de louange est l'âme des assemblées liturgiques, 1Co11- à- 1Co14, où les frères s'édifient mutuellement par des cantiques inspirés, Ep5,19; Col3,16. Car la prière chrétienne a sa source dans l'Esprit Saint: plutôt que de reprendre les thèmes sapientiels traditionnels sur les conditions et l'efficacité de la prière, cf. Jc1,5-8; 4,2-3; 5,16-18; 1Jn3,22; 5,14-16, Paul la garantit par la présence de l'Esprit du Christ dans le chrétien, qui le fait prier comme un fils, Rm8,15,26-27; Ga 4,6; cf. Ep6,18; Jude 20, tandis que le Christ lui-même, à la droite de Dieu, intercède pour nous, Rm8,34; cf. He 7,25; 1Jn2,1. Aussi le Père exauce-t-il avec surabondance, Ep3,20.

     

    Les chrétiens sont ceux qui invoquent le nom de Jésus Christ, 1Co1,2; cf.Rm10,9-13; 2Tm2,22; Jc2,7; Ac2,21+; 9,14,21; 22,16. Sur l'attitude extérieure dans la prière, cf.1Co11,4-16;1Tm2,8. Jésus donne l'exemple de la prière qu'il pratique avec assiduité après avoir évangéliser les foules en prenant le chemin de la solitude pour se laisser remplir de la présence du Père, Père dans la communion à l'Esprit-Saint qui procède du Père et du Fils.(Mt 14,23). Les évangélistes, surtout Luc notent souvent que Jésus prie, dans la solitude ou la nuit, Mt14,23p; Mc1,35; Lc5,16, au moment des repas 14, 19 p; 15,36p; 26,26-27p, et lors d'événements importants: au baptême, Lc3,21, avant le choix des Douze, Lc6,12, l'enseignement du Pater, Lc11,1; cf. Mt6,5+, et la confession de Césarée, Lc9,18, à la Transfiguration, Lc9,28-29, à Gethsémani, Mt26,36-44, sur la Croix, Mt 27,46p; Lc23,46. Il prie pour ses bourreaux, Lc23,34, pour Pierre, Lc22,32, pour ses disciples et ceux qui les suivront, Jn17,9-24. Il prie aussi pour lui-même, Mt26,39p; cf.Jn17,1-5; He5,7. Ces prières manifestent un commerce permanent avec le Père, Mt11,25-27p, qui ne le laisse jamais seul, Jn 8,29 et l'exauce toujours, Jn11,22,42; cf. Mt26,53. Par cet exemple comme par son enseignement, Jésus a inculqué à ses disciples la nécessité et la façon de prier, Mt6,5+. A présent dans la gloire, il continue d'intercéder pour les siens, Rm 8,34; He 7,25; 1Jn2,1, comme il l'a promis, Jn14,16.

     

    La prière de l'apôtre ou du disciple et du chrétien, voir de l’Église est une expérience d'une petite Pentecôte qui permet au priant et à l'assemblée d'être rempli du Saint-Esprit pour annoncer la

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    parole de Dieu avec assurance de manière à croire, à célébrer, à vivre et à témoigner de l’Évangile et de l'Esprit de Jésus à l’œuvre en ce monde contemporain par la médiation du disciple et de l’Église, voir de la communauté , de la paroisse et de l'école. (Ac4,24-31). Les apôtres donnent l'exemple de l'assiduité à la prière dans l'élaboration et la mise en œuvre de la première communauté chrétienne, c'est-à-dire de l’Église primitive apostolique selon les Actes des apôtres. (Ac6,4): «  Quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole » (Ac6,4); Ac1,14; Ac2,42. La double fonction des apôtres aux réunions liturgiques de la communauté: prononcer les prières et faire la catéchèse. La vie de la première communauté chrétienne est ponctuée comme suit:

    -a) Instructions (Enseignements des Apôtres) aux nouveaux convertis, où l'on expliquait les Écritures à la lumière des faits chrétiens, et non plus proclamation de la Bonne Nouvelle aux non-chrétiens. Cf 15,35.

    -b) Communion . 1Co1,9+ est employé ici sans complément, cf.Ga2,9. Il faut entendre certainement la mise en commun des biens, v.44;4,32-35, qui exprime et renforce l'union des cœurs, v.46; 4,32, résultat du partage de l’Évangile et de tous les biens reçus de Dieu par Jésus-Christ dans la communauté apostolique. Le sens ne se limite pas à une entraide sociale, ni à une idéologie commune ou à un sentiment de solidarité.

    -c) Fraction du pain: Voir V.46;20,7,11; 27,35; Lc24,30,35. Prise en elle-même, l'expression évoque un repas juif, où celui qui préside prononce une bénédiction avant de partager le pain. Mais dans la langue chrétienne, elle vise le rite eucharistique, 1Co10,16;11,24;Lc22,19p;24,35+ Celui-ci,v.46, était célébré non au Temple, mais dans quelque maison; il n'était pas séparé d'un véritable repas,cf.1Co11,20-34.

    -d) Prières: Les prières en commun, présidées par les apôtres,6,4. Un exemple: 4,24-30. Cf. 1,14+, 24; 12,5.

     

    Enseignement des apôtres, communion, fraction du pain et prières constituent les fondamentaux des réunions liturgiques de la première communauté chrétienne. C'est ce qu'atteste les Actes des Apôtres.( Ac2,42). Crainte à cause des prodiges et signes apostoliques, mise en commun et partage équitable médiatisé par une justice sociale de qualité, joie qui suit la foi, simplicité, louange et assurance du salut au sein des familles chrétiennes constituant l’Église domestique en miniature constituent la suite du témoignage évangélique et chrétien. Ce témoignage exige l’assiduité à la fréquentation du temple et à la fraction du pain dans les maisons pour célébrer l'action de grâce et de louange au Seigneur. (Ac2,43-47). « Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et avaient le faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés » (Ac2,46-47). En Ac 20,7-11, l'apôtre Paul donne l'exemple d'un prédicateur infatigable de l’Évangile et de la vie de prière ponctuée par l'eucharistie, l'homélie, l'évangélisation durant toute la nuit jusqu'au levé du jour. Durant ce moment il rend aussi la vie à l'adolescent d'Eutyque qui tombe du troisième étage de la chambre haute où se réunit l'assemblée pour la prière et la fraction du pain. Seul le Seigneur Dieu connaît le cœur de chaque homme, choisit et appel qui il veut à son service par la médiation du discernement apostolique et ecclésial. (Ac1,24); Ac6,6.

     

    Le rite d'imposition de main pour donner mandat à propos de la mission que les disciples ont à exercer au sein de l’Église primitive est pratiquement exercé soit par la communauté, soit par les apôtres (Ac6,6;Ac13,3). Ce rite est précédé du jeune et de la prière intense. D'après Ac14,26 (cf.15,40), ce geste de la communauté paraît recommander à la grâce de Dieu les nouveaux missionnaires, choisis,v.2 et envoyés, V.4, par l'Esprit-Saint. Le rite n'a donc pas tout à fait la même portée que dans 6,6, où les sept reçoivent des apôtres leur mandat. Cf.1Tm4,14+. Lors de sa première présentation aux fidèles réunis à la place Saint Pierre à Rome pour sa nouvelle élection au ministère petrinien, sa Sainteté le Pape François a sollicité la prière et la bénédiction des fidèles en s'inscrivant dans la ligne de l'envoi en mission de Barnabé et Saoül par l’Église d'Antioche (Ac13,1-

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    3.

     

    Les apôtres, les disciples sont appelés à prier incessamment, avec assiduité pour les communautés chrétiennes, pour l’Église afin que le Seigneur envoi à chacun et à tous l'Esprit Saint avec une ferme assurance de foi que le Seigneur Dieu qui inspire cette prière est celui qui l'exhausse pour le salut des âmes (Ac8,15). La communauté chrétienne, l’Église a le devoir de prier pour ses apôtres, ses pasteurs, ses ministres, ses consacrés lorsque ceux-ci sont en prison à cause de l’Évangile et avoir l'assurance d'être exhaussé par le Tout Puissant pour l'honneur du Roi des Rois.(Ac12,5,12). Comme Pierre, les apôtres et les pasteurs qui ont été libère du prison par l'intercession de la prière ecclésiale et communautaire sont invités à aller témoigner en chair et en os leur gratitude auprès des fidèles dans l'assemblée pour prier avec assurance avec eux. « Et s'étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où une assemblée assez nombreuse s'était réunie et priait » (Ac12,12). On retrouve Jean-Marc en 12,25;13,5,13;15,37-39; Il était le cousin de Barnabé, Col4,10. Il sera auprès de Paul durant sa première captivité romaine, Col4,10; Phm24, et Paul réclamera encore ses services peu avant de mourir, 2Tm4,11. Il fut également le disciple de Pierre, 1P5,13, et la tradition reconnaît en lui l'auteur du deuxième évangile. La prière d'invocation est dite par Étienne au moment de sa lapidation où il vit en direct le martyr en invoquant le nom du Seigneur et en lui demandant de pardonner à ses bourreaux, relayant ainsi la prière de pardon du Christ en croix.(Ac7,59-60). Bel exemple de «  l'invocation du nom du Seigneur » 2,21+. Luc souligne de deux traits,vv.59-60, la ressemblance entre Étienne mourant et Jésus dans sa passion.

     

    La prière incessante ouvre le priant à la vision et fait de lui un prophète, un véritable serviteur du Seigneur pour accomplir sa sainte Volonté dans l’Église, dans la société et dans l'univers, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance (Ac9,11-12). Elle le guérit de l'aveuglement et le fait participer à la vie de sainteté comme Saul de Tarse à qui Ananie impose les mains pour lui rendre la vue. Dieu se sert des médiations humaines et spirituelles, voir mystiques des priants authentiques, qui deviennent ses prophètes contemporains pour l’avènement du règne de Dieu sur terre aux dimensions planétaires. La véritable prière se fait avec des attitudes corporels qui sollicitent la génuflexion à l'exemple de saint Pierre lors qu'il ressuscite une femme à Joppé (Ac9,40). Les apôtres, les pasteurs, les disciples, les chrétiens sont appelés à visiter les malades et à prier pour eux notamment en leur imposant les mains au nom de Jésus-Christ, Seigneur, Sauveur, le Roi des Rois afin de solliciter son intercession pour leur guérison, leur consolation et leur régénérescence spirituelle et humaine. A leur tour, les familles des malades sont invités à combler les priants du nécessaire et de leurs prévenances. (Ac28,8-10). La prière intense peut ouvrir le chemin de l'expérience d'une vision extatique et culmine en extase. L'extase renvoi à une réflexion approfondie pour discerner les signes du temps et accomplir la mission prophétique ecclésiale de consolation, de guérison et de régénération au nom du Seigneur dans la totale obéissance à sa volonté. Telle fut l'expérience vécue par Pierre et Corneille dans la communion spirituelle extatique en dépit des distances qui les séparaient pour finir par se rencontrer physiquement et promouvoir ensemble l'évangélisation (Ac10,1-43).// Ac11,5-18.

     

    Les apôtres, les pasteurs, les disciples, les ministres ordonnés, les consacrés et les chrétiens, les familles peuvent et doivent prier notamment vers minuit en faisant des veillées des prières ponctuées par des chants, des prières de demande, d'intercession, de louange, d'adoration, d'action de grâce et de contemplation d'eucharistie. Ils prient et intercèdent pour tous ceux et celles à travers le monde et dans nos communautés chrétiennes qui ont les cœurs prisonniers du péché personnel et structurel, de la haine, du mépris, de l'exclusion, de l’indifférence, de la sorcellerie, de la jalousie, de la violence, des vices, du mal, de la corruption, de la dictature, du totalitarisme, de l'injustice, du racisme (Ac16,25-28). Devant des situations où des disciples, des chrétiens, des familles, des communautés, des apôtres, des pasteurs vivent des expériences de séparation, ils sont appelés à s'accorder un moment de prière en libérant toutes les émotions, avec lucidité et en optant pour la

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    génuflexion afin de prier sans cesse pour ce qui arrive à chacun en demandant au Seigneur de protéger et de combler chacun de sa miséricorde et de sa prévenance pour l'accomplissement exclusif de sa sainte Volonté et l’avènement du Royaume de Dieu (Ac20,36-38). Prier sans cesse est une exigence missionnaire du serviteur de Dieu même lorsqu'il se sépare avec la communauté chrétienne d'accueil ou poursuit sa mission évangélisatrice en d'autres lieux, dans d'autres contrées, dans d'autres Églises.(Ac21,5). L'Esprit Saint est par excellence le Don de Dieu, cf 2,38;10,45;11,17;Lc11,9,13: thème repris dans l'hymne Veni Creator. Dieu accorde souverainement l'Esprit Saint à qui il veut et comme il veut sans aucun mérite ni corruption financière et cela par la médiation des apôtres et de la succession apostolique ininterrompue à travers le geste d'imposition des mains des apôtres et de leurs successeurs. Il est recommandé aux apôtres, aux pasteurs, aux ministres, aux consacrés, aux chrétiens et aux fidèles, et à l’Église de prier avec assiduité pour demander à Dieu de pardonner ceux et celles qui se complaisent dans la simonie ou le trafic des choses saintes et qui parfois cherchent à acheter ou à vendre le don de Dieu à prix d'argent au point de sombrer dans le péché d'iniquité.(Ac8,14-25). Les apôtres, les pasteurs, les ministres consacrés sont appelés à rendre témoignage, à témoigner, à annoncer la parole de Dieu, à évangéliser les villages, les villes, les périphéries et le monde entier avec une vision et une ambition planétaire. Cette ambition devrait les pousser de manière responsable à s'ajuster à la volonté et à la mission, voir à l'ordre du Christ consistant à aller partout dans le monde entier jusqu'aux extrémités de la terre, dans ces lieux périphériques, inaccessibles, hors prises, préoccupés à autres choses ou totalement méconnus, ignorés, oubliés par les performances technologiques de la civilisation occidentale contemporaine. L'exigence et l'urgence universelle de la mission d'évangélisation consistent à apprendre aux personnes, familles, peuples, cultures, civilisations à évangéliser ou à ré évangéliser à marcher à contre courant au nom de l’Évangile et au Nom du Roi des Rois, le Christ, le Sauveur de l'humanité qui appelle souverainement qui il veut et comme il veut par la médiation du ministère apostolique et ecclésial pour envoyer des ouvriers dans la vigne du Seigneur.

    « Mais quand Simon vit que l'Esprit Saint était donné par l'imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l'argent. « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi: que celui qui à qui j'imposerai les mains reçoive l'Esprit Saint. » Mais Pierre lui répliqua: « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d'argent. Dans cette affaire il n'y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n'est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur: peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée, car tu es, je le vois, dans l'amertume du fiel et les liens de l'iniquité. Simon répondit: » Intercédez vous-même pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m'arrive de ce que vous venez de dire » (Ac8,18-24). Les apôtres, les pasteurs, les ministres ordonnés, les consacrés sont appelés par le Seigneur à prier sans cesse notamment vers minuit pour offrir à Dieu des prières, de demande, d'intercession, de louange, d'action de grâce, d'adoration, de contemplation, d'intercession et des chants. Ils sont appelés à porter dans ces prières notamment les prisonniers pour que le Seigneur touche leurs cœurs et leur accorde la grâce du repentir, de la conversion et de la pénitence. (Ac16,25). Prisonnier, Paul fut encouragé à porter sa croix en prison par la médiation de la prière ecclésiale de la communauté chrétienne mais aussi par la visite des frères de cette communauté de la ville de Rome et par le traitement de faveur qu'il reçoit en prison de la part des militaires (Ac28,15-16). Texte occ. (adopté par la recension antiochienne): « Quand nous fûmes entrés à Rome, le centurion remet les prisonniers au stratopédarque. On permit alors à Paul de prendre un logement en dehors du camp (prétorien). ». Ces renseignements complémentaires correspondent à ce qui a dû se passer effectivement. C'est le régime de faveur de la « custodia militaris »: le prisonnier prend un logement à lui, mais il doit toujours avoir le bras droit lié par une chaîne au bras gauche d'un soldat qui le garde. Paul a voulu régler aussi vite que possible sa situation à l' égard des juifs de Rome. Il va résumer son procès et protester une dernière fois de sa fidélité au judaïsme.

     

    La prière d'invocation est recommandée.(Ac2,21). Les chrétiens se désignent eux-mêmes

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    comme « ceux qui invoquent le nom du Seigneur », 9,14,21;22,16;1Co1,2; 2Tm2,22; le nom de « Seigneur » s'applique non plus à Yahvé, mais à Jésus, cf. Ph2,11; Ac3,16+. Celui qui invoque ce nom c'est-à-dire qui reconnaît Jésus comme Seigneur sera sauvé: voir Ac4,12 et Rm10,9. Pour recevoir le don du Saint-Esprit, l'apôtre Pierre demande et il est demandé aux chrétiens, aux pasteurs, à l’Église toute entière de prier pour le repentir, pour le pardon et la conversion de chaque membre du peuple de Dieu et du corps du Christ. Une telle prière consiste à revisiter la grâce baptismale et la responsabilité chrétienne que celle-ci implique à la suite du Christ. Il s'agit de prière pour croire, célébrer et témoigner de la rémission de ses péchés personnels, ecclésiaux et structurels sur le chemin de la conversion réelle en invoquant le nom du Seigneur.(Ac2,21,38). Seule la Puissance du Nom du Seigneur suscité l'animosité, le mépris, la persécution mais aussi paradoxalement la conversion des coupables méprisants, persécuteurs pour les transformer en témoins lumineux de l'annonce joyeuse de l’Évangile à l'exemple de la vocation de Saoul (Ac9,1-9) et de sa prédication à Dams (Ac9,19b-23). La conversion au Christ est une grâce offerte par le Christ Sauveur pour mettre sur sa voie, les convertis pour qu'ils vivent en conformité avec le Christ. Il s'agit de s'ajuster à sa sainte Volonté afin de poursuivre sa mission pour la construction du Royaume de Dieu sur la terre des vivants. Coute et vision du Christ Crucifié et Ressuscité convoquent au témoignage planétaire notamment dans les lieux périphériques ou païens à l'exemple de Paul ou Saoul (Ac22,14-15).

     

    Prière, écoute, vision, baptême, conversion et mission constituent les fondamentaux des apôtres, des pasteurs, des ministres, des consacrés et des chrétiens qui adhèrent au Christ. Ils expriment des différentes manières de croire, de célébrer et de témoigner de l’Évangile et des baptêmes des convertis au Christ qui consentent exclusivement à leur incorporation dans l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Cette incorporation exige de s'ajuster et de se conformer de manière crédible tant dans leur vie de foi, de célébration et de témoignage à la construction du Royaume de Dieu sur terre au niveau planétaire jusque dans les périphériques du paganisme contemporain pour la nouvelle évangélisation.(Ac22,12-21). « Pourquoi tarder encore? Allons. Reçois le baptême et purifie-toi de tes péchés en invoquant son nom » (Ac22,16). Prier c'est chercher à parler avec Jésus, frère premier-né pour établir la relation fraternelle d'adoption filiale avec lui auprès du Père par la force et la grâce du Saint-Esprit qui permet de montrer de manière souveraine que les liens de la parenté charnelle passent après ceux de la parenté spirituelle (Mt12,47) dans laquelle nous aspire le Christ. Cette aspiration christologique témoigne du Christ qui prie en nous, avec nous, pour nous en nous parlant dans nos cœurs et dans vies, dans l’Église par la médiation des deux tables, c'est-à-dire de deux pains, le pain de la parole de Dieu et le pain de l'eucharistie qui est le cœur, le centre de l’Église, Corps Mystique du Christ et des sacrements. (Mt8,21s; Mt10,37;Mt19,29).

     

    Nous devenons réellement disciple et frère du Christ de manière à vivre pleinement la puissance, la force et la grâce baptismale lorsque nous parlons réellement en direct au Christ et le laissons nous parler pour parler avec nous dans nos cœurs, dans nos lèvres et dans notre bouche. Il s'agit de prier en direct avec notre corps, nos gestes, nos attitudes, réellement avec lui, pour lui, par lui et en lui qui est l'Unique Seigneur et l'Unique Sauveur de l'humanité en quête de la réconciliation eschatologique avec lui notamment au niveau de la Création toute entière et avec l'humanité planétaire réconciliée entre elle. Prier c'est pour les apôtres, les pasteurs, les ministres ordonnés, les disciples et les fidèles suivre réellement le Christ de manière à obéir à son ordre: « Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts » (Mt8,13). Pour apprendre à prier de manière à suivre le Christ, il faut impérativement accepter de renoncer à soi-même, à ses préoccupations du moment, à ses soucis, à ses besoins, à ses désirs, à son programme, à ses projets, à ses envies, à ses intérêts, bref à soi-même. Le renoncement à soi n'est possible que si l'on tombe sérieusement amoureux du Christ jusqu'à la folie pour être disponible à acquérir la dignité du fils adoptif de Dieu et obtenir de Dieu la force et la grâce du Saint Esprit. Ce dernier permet au disciple

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    du Christ d'assumer ses responsabilités, de prendre courageusement, librement et lucidement sa propre croix, la croix de la communauté, de l’Église, de la société et du monde pour marcher avec ténacité à la suite du Christ de manière lumineuse. Cette marche chrétiennement christologique permet d'accomplir généreusement la sainte Volonté de Dieu pour la construction du Royaume de Dieu sur cette terre. Lorsqu'on gagne, on obtient ou l'on se procure le Christ par la prière de façon amoureuse pour que lui-même gagne, obtient et se procure nos âmes et nos vies à son dessein. L'on devient gagnant avec le Christ, par le Christ, en Christ, dans le Christ, pour le Christ. (Mt 10,37-39), Lc14,26-27;Dt33,9;Dt16,24-25;Mc8,34-35;Lc9,23-24;Lc17,33;Jn12,25. «  Et quiconque aura laissé maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou champs, à cause de mon nom, recevra bien davantage et aura en héritage la vie éternelle (Mt 19,29).// Mt18,18, Ap3,21,Ap20,4.

     

      1. Ac1,15-26: Le remplacement de Judas.

    Le premier défi auquel furent confrontés les apôtres dans l’Église primitive de Jérusalem est celui de remplacer Judas qui devint le guide de ceux qui avaient arrêtés Jésus. Judas finit par se pendre, mieux par se suicider, alors que dans sa charge apostolique précédente il s'occupait du ministère de finance, c'est-à-dire de la bourse. Pierre prend la parole pour expliquer la nécessité de rétablir le collège apostolique initial relevant au nombre des douze apôtres. Au cours d'une réunion constituée environ de cent vingt personne qu'il considère comme des frères en Christ, il montre la possibilité et l'opportunité de choisir le remplaçant ou le successeur de Judas parmi les fervents disciples de Jésus qui l'ont côtoyé depuis le baptême que Jésus reçut de Jean-Baptiste jusqu'à l'ascension. Cette mission capitale du choix apostolique pour remplacer Judas est vécue dans la prière. Deux frères seront présentés à Pierre par la fraternité apostolique et ecclésiale, il s'agit de Joseph dit Barsabbas, surnommé Justus et de Matthias. « Alors ils firent cette prière: « Toi, Seigneur, qui connais le coeur de tous les hommes, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans le ministère de l'apostolat, la place qu'a délaissée Judas pour s'en aller à sa place à lui ». Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias qui fut mis au nombre des douze apôtres » (Ac1,24-26).

     

    La primauté de Pierre se caractérise par le ministère de la présidence de la collégialité et de la fraternité apostolique, ecclésiale et chrétienne pour faire correspondre l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique à la Sainte Volonté du Christ. Celle-ci consiste à revenir à la source symbolique et réelle du collège apostolique constituée des douze, institués par Jésus-Christ lui-même, chef et tête de l’Église en vue de la construction du Royaume de Dieu. En prenant l'initiative de rétablir la collégialité apostolique constituée des douze selon la volonté initiale du Christ, Pierre assume le relais du Christ comme Vicaire de celui-ci pour assurer et veiller à l'unité apostolique, ecclésiale et chrétienne, mais aussi de l'humanité entière. Il assume pleinement ses responsabilités selon la volonté du Christ et se laisse lui-même guidé par l'Esprit-Saint dans le ministère du discernement, de la présidence, du gouvernement, de sanctification et de consolation. Ce ministère apostolique est au service de la communion et de l'unité ecclésiale magnifiée exclusivement par l'authenticité de l'exercice réelle de l'unité et de la communion apostolique des douze et de leurs successeurs dans la lignée de la succession apostolique ininterrompue. La fraternité vécue réellement dans le ministère apostolique par la collégialité est une fraternité réelle voulue par le Christ qui réconforte, vitalise et amplifie l'unité et la fraternité au sein de l'ecclésiologie primitive des Actes des Apôtres et de l’Église toute entière.

     

    Le choix du remplaçant ou du successeur de Judas se fait parmi les cent vingt personnes constituant cette fraternité réelle spirituelle que Pierre décide d'ouvrir globalement à l'exigence de fidélité à la suite du Christ depuis le baptême de celui-ci par Jean-Baptiste jusqu'à son ascension. Il s'agit de considérer comme critère la fidélité du compagnonnage réel et expérientiel avec le Seigneur Jésus-Christ lui-même. Ce critère est celui de l'unité et de la communion au Christ pour s'ajuster à sa sainte volonté en devenant témoin oculaire, en direct de Jésus de l' histoire et du Christ Ressuscité de manière à naître réellement dans la fraternité du fils unique par l'adoption

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    filiale baptismale et christologique. Au milieu du collège apostolique, ecclésiale et chrétienne, Pierre se lève comme témoin, garant et défenseur de la fraternité collégiale, apostolique, ecclésiale et chrétienne mondiale et de l'humanité toute entière, voir de l'univers sur le chemin de la régénération. A côté du sens strict le mot de frère prend souvent dans la Bible des sens élargis, visant le parent plus ou moins éloignés, Gn9,25;13,8, le compatriote, Gn16,12; Ex2,11; Dt2,4; 15,2; Ps22,23. De là il passe à une parenté plus profonde par la communion dans l'alliance. Dans le NT il désigne très souvent les chrétiens, disciples du Christ, Mt 28,10; Jn20,17; Ac6,3; 9,30;11,1;12,17;Rm1,13, etc., qui font comme lui la volonté du Père, Mt12,50p; fils du Père dont il est le Premier-né, Mt25,40;Rm8,29;He2,11,17, et entre qui règne l'amour fraternel, Rm12,10;1Th4,9;1P1,22;1Jn3,14, etc.

     

    La fraternité parentale restreinte et élargie bien que nécessaire et capitale peut renforcer et se reconnaître dans la fraternité patriotique, nationale qui amplifie et défend la fraternité parentale restreinte et élargie notamment en cas de besoin, de nécessité, de catastrophe ou des situations plurielles tragico-dramatiques dans lesquelles la vie de la nation et de la famille est menacée. Comme vrai Homme , excepté le péché, Jésus reconnait la nécessité de la fraternité parentale, restreinte et élargie et l'apport de la fraternité patriotique nationale. Mais la nouveauté qu'il apporte réside dans le basculement de la fraternité patriotique nationale et de la fraternité parentale restreinte et élargie dans le saut qualitatif, spirituel, et réel, existentiel de la nouveauté planétaire de l'unité et de la communion de la fraternité sacramentaire baptismale. Celle-ci scelle le fondement qualitatif de la Nouvelle Alliance selon les vues de Dieu et le rêve de Dieu pour l'unité et la communion fraternelle et spirituelle des fils adoptifs de Dieu. Ceux-si sont appelés à s'ajuster à l'unité et à la communion du Fils Unique de Dieu, le Premier-Né d'entre les morts, dans l'unité et dans la communion trinitaire. Cet ajustement permet à la fraternité baptismale planétaire de la Nouvelle Alliance de s'incruster dans l'unité et dans la communion Trinitaire. La construction de la fraternité apostolique, collégiale, ecclésiale et chrétienne s'est faite à la lumière des fondamentaux de la fraternité biblique. Dès le livre de la Genèse, au chapitre 9,25 et au chapitre 18,8, Dieu met en valeur l'essence et la pertinence de la fraternité extensive parentale élargie qui prend en considération la vitalité et la responsabilité des parents éloignés au regard de la révélation cosmique.

     

    L'Alliance Noétique issue de la sortie du déluge marque les fondamentaux de la parenté noétique et de la fraternité biologique restreinte et extensive, élargie englobant la fraternité cosmique, universelle, mondiale qui fait de tous les habitants de la terre des frères qui proviennent d'une parenté noétique responsable promotrice d'une fraternité extensive, parentale, élargie globale et mondiale. « Les fils de Noé qui sortirent de l'arche étaient Sem, Cham et Japhet; Cham est le père de Canaan. Ces trois-là étaient les fils de Noé et à partir d'eux se fit le peuplement de toute la terre »(Gn9,18-19). Cette fraternité biologique, extensive et planétaire car issue de l'alliance noétique porte en elle-même les germes et les obstacles des divisions, des difficultés, d'exclusion, des malédictions qui établissent la dissymétrie, la domination, l'humiliation et l’esclavagisme des ceux qui en connaissent trop sur le sexe, l'intimité des détenteurs de pouvoir politique, économique, culturel, social, financier, banquier, boursier, religieux, familial ou sur l'autorité et le pouvoir suprême de la figure institutionnelle du père. La fragilité de Noé, figure symbolique du pouvoir pluriel et total du Père se remarque dans son ivresse de vin en sa qualité de cultivateur du vigne et fabriquant de vin. Au cours de son ivresse, il se retrouve dans la nudité en perdant tout contrôle sur lui-même. Son fils cadet Cham, père de Canaan, le découvre ivre, tout nu et endormi et il va le dire à ses deux autres frères Sem et Japhet, qui portent sur leurs épaules le manteau, et marchent à reculons, la tête tournée pour ne pas voir la nudité et le sexe de leur père tout en le couvrant du meneau. A son réveil, Noé apprend que son fils cadet Cham a vu son sexe et sa nudité et qu'il l'a raconté aux deux autres frères qui l'ont couvert de manteau en tournant leur tête et en marchand à reculons sans voir la nudité et le sexe de leur Père. (Gn9,20-23).

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    Noé bénit Sem et Japhet et leur progéniture pour le geste louable et respectueux à son égard lorsqu'il fut dans l'extrême fragilité tandis qu'il maudit Cham, Canan et sa progéniture (Gn9,25-27). Il établit la distorsion dans la construction de la fraternité biologique, humaine, mondiale, planétaire, cosmique à la source même de la connaissance directe et de l'ignorance stratégique respectueuse du mystère de l'autorité suprême parentale, créatrice, institutionnelle, ecclésiale, politique, économique, sociétale, culturelle, financière, entrepreneuriale, religieuse, marchande, non marchande et des indépendants. « Lorsque Noé se réveilla de son ivresse, il apprit ce que lui avait fait son fils le plus jeune. Et il dit: « Maudit soit Canaan. Qu'il soit pour ses frères l'esclave des esclaves. » L'alliance « noachique » dont le signe est l'arc-en-ciel, s'étend à toute la création; l'alliance avec Abraham dont le signe sera la circoncision, n'intéresse plus que les descendants du Patriarche, Gn 17; sous Moïse, elle se limitera au seul Israël, avec, en contrepartie, l'obéissance à la loi, Ex19,5+;24,7-8;34,27-28 et, notamment, l'observance du sabbat, Ex31,16-17.

     

    Les bénédictions et les malédictions des Patriarches, cf.27 et 49 sont des paroles efficaces qui atteignent un chef de lignée et se réalisent en ses descendants: la race de Canaan sera soumise à Sem, ancêtre d'Abraham et des Israélites, placés sous la protection spéciale de Yahvé, et à Japhet dont les descendants s'étendront aux dépens de Sem. La situation à partir de laquelle le récit s'est développée a pu être celle de règne de Saul et du début du règne de David, où Israélites et Philistins dominaient sur Canaan, et où les Philistins avaient envahi une partie du territoire d'Israël. Beaucoup de Pères ont vu ici l'annonce de l'entrée des Gentils (Japhet) dans la communauté chrétienne issue des Hébreux (Sem). Parmi les trois fils de Noé Sem, Cham et Japhet, la descendance de Sem a donné lieu à Abraham, le Père des croyants et des priants. «  Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or » (Gn13,2). Mais la plus grande richesse d'Abram issue de la bénédiction et de la promesse de Dieu c'est sa postérité comme la poussière de la terre, c'est sa descendance innommable avec une terre, un pays et un autel à Yahvé. (Gn13,15-18). Abraham fut très généreux et évita les disputes avec son neveu Lot qui avait aussi du petit et du gros bétail, ainsi que des tentes. «  Aussi Abram dit-il à Lot: »Qu'il n'y ait pas discorde entre moi et toi, entre mes pâtres et les tiens, car nous sommes des frères » (Gn13,8). L'alliance Abrahamique privilégie la construction de la fraternité biologique et parentale de tous les descendants du patriarche. C'est la fraternité patriarcale qui prime chez Abraham pour tous ses descendants à lui. Abraham dit à Lot: « Tout le pays n'est-il pas devant toi? Sépare-toi de moi. Si tu prends la gauche, j'irai à droite, si tu prends à droite, j'irai à gauche » (Gn13,9).

     

    Gn13,12-13: Lot a préféré la vie facile et un climat de péché; il en sera cruellement puni. (Gn19). Mais la générosité d'Abraham qui a laissé le choix à son neveu va être récompensée par le renouvellement de la Promesse 12,7. La foi d'Abraham qui a laissé le choix à son neveu va être récompensée par le renouvellement de la Promesse 12,7. La foi d'Abraham est mise à l'épreuve, les promesses tardent à se réaliser. Elles sont alors renouvelées et scellées par une alliance. La promesse de la terre est en première place. C'est à ces promesses faites aux Pères, dans lesquelles Dieu a engagé sa miséricorde et sa fidélité, que le NT rattachera la personne et l’œuvre de Jésus Christ. Cf. Ac2,39+; Rm 4,13+ (Gn15). La foi d'Abraham est la confiance en une promesse humainement irréalisable. Dieu lui reconnaît le mérite de cet acte (cf. Dt24,13; Ps106,31), il le met au compte de sa justice, le « juste » étant l'homme que sa rectitude et sa soumission rendent agréable à Dieu. Saint Paul utilise le texte pour prouver que la justification dépend de la foi et non des œuvres de la Loi; mais la foi d'Abraham commande sa conduite, elle est principe d'action et saint Jacques peut invoquer le même texte pour condamner la foi « morte », sans les œuvres de la foi. (Gn15,6;1M2,52;Rm4;Ga3,6s;Jc2,23.

     

    La fraternité patriotique, corporative, nationale est préfigurée par la responsabilité que devra assumer ISMAEL, fils qu'Abraham a avec sa servante égyptienne Agar car Saraï son épouse légitime est stérile. C'est elle qui, Saraï qui conseille Abraham a avoir des enfants avec sa propre

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    servante pour lui donner une progéniture (Gn16,1-15). D'après le droit mésopotamien, une épouse stérile pouvait donner à son mari une servante pour femme et reconnaître comme siens les enfants nés de cette union. Le cas se reproduira pour Rachel, 30,1-6, et pour Léa,30,9-13. Quand l'ange apparait à Agar qui fuit Saraï, il lui dit de rentrer chez elle car elle est enceinte d'Abraham et aura un fils: «  Celui-là sera un onagre d'homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s'établira à la face de tous ses frères », dit l'ange à Agar (Gn16,12). La construction de la fraternité entre les compatriotes qui touchent à la descendance patriotique est scellée par les liens qui s'établissent entre tous les enfants d'Abraham tant issus de sa servante égyptienne Agar comme Ismaël et ceux qui naîtront de Saraï, après le passage des trois visiteurs. Les descendants d'Ismaël sont des Arabes du désert, indépendants et vagabonds comme l'onagre ( Jb39,5-8). Dieu veille à la conservation de l'espèce humaine et du règne animal quel qu'il soit, plus farouche et indépendant, plus étrange et échappant à toute observation ou ne respectant aucune prudence. L' alliance mosaïque scelle la fraternité patriotique, corporative, nationale des compatriotes pour lesquels Moïse a mission de libérer son peuple à l'issue de la révélation de Dieu à Madiân où fuit Moïse qui a vu la misère de son peuple. Madian se trouverait probablement en Arabie, au Sud d'edon ou selon d'autres exégètes dans la péninsule du Sinaï, à l'Est du désert de Pâran et non en Arabie. «  Il advint, en ces jours-là, que Moïse, qui avait grandi, alla voir ses frères. Il vit les corvées auxquelles ils étaient astreints; il vit aussi un Égyptien qui frappait un Hébreu, un de ses frères » (Ex 2,11).

     

    La croissance en sens et en humanité du prophète libérateur lui permet de prendre conscience de l'exigence de justice, d'égalité, des droits et de la dignité de chacun de ses frères en humanité et compatriote pour défendre la fraternité réelle patriotique, corporative, nationale par des actes pluriels libérateurs qui témoignent de l'intervention divine par la médiation prophétique. Le prophète, libérateur de son peuple, traverse les persécutions dans son agir prophétique et fait l'expérience salutaire de la fuite pour sauver sa peau tout en continuant à poser des actes pluriels libérateurs là où il se réfugie . Même dans son lieu de refuge et de fuite, le prophète continue à parler, à annoncer, à dénoncer, à agir pour promouvoir la justice, l'égalité, la dignité de chacun et de tous en étant animé intérieurement par les convictions fortes de la fraternité patriotique, corporative et nationale libératrice à l'égard de tout son peuple. Dieu met sur le chemin des prophètes libérateurs de son peuple des médiations humaines qui les comblent dans leur lutte, dans leur combat pour libérer le peuple. Cette façon de combler ses prophètes libérateurs s'expérimente parfois en leur accordant la force et la grâce d'entrer dans des familles par la médiation du mariage afin de donner une descendance, une progéniture prophétique pour continuer son œuvre(Ex2,21-22). Moïse eu pour épouse CIPPORA et avec elle, enfanta deux fils: GERSHOM et ELIEZER.

     

    Dans les dimensions spirituelles de la providence divine, Dieu comble ses prophètes libérateurs de son peuple à la manière de Moïse par la nouvelle naissance baptismale sacramentaire. Celle-ci permet aux élus de devenir prêtres, prophètes et rois pour continuer le flambeau de l'agir prophétique en étant incorporé dans la grande famille du peuple de Dieu. Les fidèles, les croyants prennent conscience de la fraternité patriotique, corporative, nationale. Ils la promeuvent en défendant leur territoire, leur pays, leur État. Ils reconnaissent, respectent et craignent de briser, de compromettre, de provoquer ou de faire la guerre avec les autres frères d'un autre territoire, d'un autre pays, d'un autre État qui ont par essence la même fraternité patriotique, corporative, nationale qui les invitent à défendre également leur propre territoire, leur propre pays, leur propre État.(Dt2,4,8-9). La fraternité patriotique, corporative, nationale se développe, s'amplifie lorsque chaque frère s'engage à pratiquer la justice tout comme chaque État et chaque détenteur du pouvoir politique, économique, financier, culturel, religieux, familial par la médiation de ses actes pluriels. Parmi ces actes, il y a le respect de la parole donnée, de la promesse, la remise de la dette et le refus de toute forme d'exploitation (Dt15,2). Le débiteur s'engageait parfois par contrat à livrer un de ses enfants comme esclave ou à travailler personnellement pour son créancier, en cas de non remboursement. Le juste est celui qui sait souffrir tout en gardant espoir par la médiation de la

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    prière et de la plainte qu'il élève à Dieu son créateur, le Seul Juste par excellence. (Ps22(21). La plainte et la prière d'un innocent persécuté s'achèvent en action de grâces pour la délivrance attendue, vv23-27, et s'adaptent à la liturgie nationale par le v.24 et la finale universaliste,vv.28-32, où l'avènement du règne de Dieu dans le monde entier apparaît consécutif aux épreuves du serviteur fidèle. Proche du poème du Serviteur souffrant, Is52,13- Is53,12, ce Ps, dont le Christ prononça le début sur la croix, et où les évangélistes ont vu décrits par avance plusieurs épisodes de la Passion, est ainsi messianique au moins au sens typique. La fraternité patriotique, corporative, nationale traversée par des actes pluriels générateurs de beaucoup de souffrances et d'espoirs finit par s'exprimer et se consolider fortement dans la prière et dans la participation à la célébration liturgique. Elle témoigne d'une expérience de vie portée par des exigences de la foi, de la célébration et de la vie baptismale, chrétienne, évangélique et biblique. « J'annoncerai ton nom à mes frères, en pleine assemblée je te louerai » (Ps22,23). La liturgie vécue dans la fraternité baptismale et ecclésiale réelle renforce le basculement de la fraternité patriotique, corporative, nationale vers une parenté réellement spirituelle, humaine, réaliste et pragmatique plus profonde par la médiation de la communion dans l'alliance. Celle-ci est le nouveau critère de basculement de la fraternité parentale extensive, élargie, amplifiée par la fraternité patriotique, corporative, territoriale, nationale vers la nouveauté de la fraternité réelle directe par la médiation de la parenté spirituelle de l'adoption filiale enracinée et ouverte dans la communion à l'alliance baptismale, christologique, ecclésiale. Mt28,10;Jn20,17,Ac6,3;9,30;11,1;12,17;Rm1,13.

     

    Les chrétiens sont disciples du Christ. Les trois critères de la fraternité chrétienne sont ceux de la cohérence de l'être et de l'agir chrétien s'ajustant, primo comme Jésus-Christ pour faire la volonté du Père: Mt12,50p; secundo, pour devenir fils du Père dont il est le Premier-né. Mt25,40;Rm8,29;He2,11,17; tertio, pour faire régner entre tous l'amour fraternel (être tous penseurs et acteurs réels de l'amour fraternel), (Rm12,10;1Th4,9;1P1,22;1Jn3,14, etc. Être disciple du Christ c'est « comme » Jésus-Christ faire la volonté du Père, devenir fils du Père par adoption filiale, promouvoir l'amour fraternel pour tous. Les chrétiens sont des disciples du Christ. Qu'est-ce que cela veut dire et qu'est ce que cela implique-t-il? «  Alors Jésus leur dit: « Ne craignez point; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront » (Mt28,10). Les disciples de Jésus-Christ n'ont pas peur de se reconnaître dans la fraternité baptismale chrétienne et de croire réellement aux paroles du Ressuscité et à la mission qu'il leur confie de manière ecclésiale pour l'annonce impérative de sa Résurrection, la proclamation du Kérygme, l'évangélisation. L'intelligence de la foi permet aux disciples du Christ de voir le Christ Ressuscité agissant réellement et se révélant en direct par la médiation symbolique et réelle du pain et de la table de la parole de Dieu, du pain et de la table de l'eucharistie, du pain et de la table des sacrements. Le disciple du Christ qui veut assumer pleinement son être et son devenir chrétien de manière qualitative par la force et la grâce du Saint-Esprit ne peut pas craindre, ni avoir honte de voir Jésus-Christ Ressuscité dans les médiations symboliques et réelles sacramentaires mais aussi dans le visage de toute personne crée à l'image et à la ressemblance de Dieu et de manière préférentielle dans le visage défiguré du pauvre, du malade, de l'immigré, de l'exclus, du rejeté. « Ne craignez point... et là ils me verront » (Mt28,10).

     

    S'ils sont d'accord pour rapporter l'apparition initiale de l'Ange (ou des Anges ) aux femmes, Mt28,5-7; Mc16,5-7; Lc24,4-7; Jn20,13, les quatre évangiles divergent en ce qui concerne les apparitions de Jésus lui-même. Mc mis à part, dont la conclusion abrupte pose un problème spécial,cf. Mc16,8+, et dont la finale longue récapitule les données des autres évangiles, on observe chez tous une distinction littérairement et doctrinalement marquée entre: 1° des apparitions privées servant à prouver la Résurrection: à Marie- Magdeleine, seule, Jn2O, 14-17; cf.Mc16,9, ou accompagnée, Mt 28,9-10; aux disciples d'Emmaüs, Lc24,13-32;cf.Mc16,12, à Simon, Lc24, 34; à Thomas, Jn20,26-29; 2° une apparition collective avec mission apostolique, Mt28,16-20; Lc24,36-49; Jn20,19-23; cf.Mc16,14-18. On remarque d'autre part deux traditions dans la localisation: en

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    Galilée seulement, Mc16,7; Mt28,10,16-20; en Judée seulement, Lc et Jn20; Jn21 ajoute, par mode d'appendice, une apparition en Galilée qui, tout en portant un caractère privé (surtout à Pierre et Jean ), s'accompagne d'une mission ( à Pierre ). Le Kérygme ancien que Paul récite en 1Co15,3-7 énumère cinq apparitions (auxquelles s'ajoute l'apparition à Paul lui-même, qui ne se laissent pas facilement harmoniser avec les récits évangéliques; il mentionne en particulier une apparition à Jacques qui est également racontée par l’Évangile aux Hébreux. On sent là des traditions différentes, dues à des groupes divers qu'il est difficile de préciser. Mais leurs divergences même attestent mieux qu'une uniformité artificiellement construite le caractère ancien et historique de ces multiples manifestations du Christ ressuscité. En Jn20,17, Jésus-Christ apparaît à Marie de Magdala et lui confie la mission d'aller annoncer à ses frères qu'il monte vers son Père, son Dieu qui est le Père et le Dieu de ses disciples et frères, bref des chrétiens. La fraternité christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne et humaine devient une mission à accomplir réellement pour témoigner de la réception, de l'accueil et de la foi au Christ Ressuscité et de l'écoute de la mission par la médiation de l'accueil de sa parole, de ses ordres, de ses promesses.

     

    Les critères pour être disciple et avoir mandat de continuer la mission du Christ dans la vie apostolique et ecclésiale sont les suivantes (Ac6,3 s...):

    1° La fraternité collégiale, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne.

    2° Avoir une bonne réputation.

    3° Être rempli de l'Esprit.

    4° Être rempli de sagesse.

    5° Être assidu à la prière

    6° Être assidu au service de la Parole. (Annoncer la Parole ).

    7° Recevoir ce ministère par l'imposition de main des apôtres et de leurs successeurs dans l’Église.

    8° Obéir à la foi.

    9° Baptiser et ou être baptisé.

    10°Être rempli de grâce et de puissance.

    11° Opérer de grands prodiges et signes parmi le peuple.

    12° Traverser les fausses accusations, les faux témoignages, bref le martyr.

    13° Faire l'expérience de la vision de l'apparition d'un ange, d'un messager de Dieu comme dans le buisson ardent chez Moïse (Ac7,30).

     

    La fraternité apostolique à la manière paulinienne, ecclésiale, chrétienne est le lieu de la sécurisation des frères qui sont victimes de la haine, des complots et qui risquent leur vie à cause de leur foi, de leur célébration, de leur témoignage et de la vie chrétienne. Les frères chrétiens qui sont persécutés le sont souvent parce qu'ils sont chrétiens et disciples du Christ. Ils vivent comme le Christ en faisant la volonté du Père. Ils sont des fils du Père par adoption filiale et s'ajustent de manière cohérente au Fils Unique, au Premier-né de Dieu d'entre les morts. Ils s'engagent à concrétiser réellement l'unité, la communion et fondamentalement la fraternité christologique, christique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne et profondément humaine et planétaire. (Ac9,30). «  L'ayant su, les frères le ramenèrent à Césarée, d'où ils le firent partir pour Tarse «  (Ac9,30) où Barnabé ira le chercher. 11,25. Comparer à Ga 1,18-21 et à Ac22,17-21. Cette fraternité apostolique, ecclésiale est ouverte, mondiale et intègre tous les baptisés, les convertis. «  Cependant les apôtres et les frères de Judée apprirent que les païens, eux aussi, avaient accueilli la Parole de Dieu » (Ac11,1). L'accueil de la Parole de Dieu et le baptême sont les clefs de l'accès à la fraternité christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne et humaine.

     

    Le témoignage d'une vie de foi, de charité et d'espérance amplifiant la fraternité christologique, apostolique, ecclésiale, patristique, conciliaire,baptismale, chrétienne s'enracine dans l'unité et la communion apostolique mais aussi dans la communion et l'unité de la succession apostolique

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    ininterrompue tout en traversant les expérience douloureuses, difficiles, comme par exemple la prison, à cause du Christ et de l’Évangile. « Mais il leur fit de la main signe de se taire et leur raconta comment le Seigneur l'avait tiré de la prison. Il ajouta: « Annoncez-le à Jacques et aux frères. » Puis il sortit et s'en alla dans un autre endroit « (Ac12,17). «  Jacques », sans autre spécification, désigne le « frère du Seigneur ». Dès l'époque de la première visite de Paul à Jérusalem, Ga1,19 (ce serait en 36, cf.Ac9,1+), Jacques est le chef du groupe « hébreu » des chrétiens de Jérusalem. Il gouvernera l’Église mère après le départ de Pierre. Voir Ac15,13;21,18;1Co15,7. L’épitre de Jacques se présente comme son œuvre. La fraternité apostolique, ecclésiale se consolide par la pratique quotidienne et temporaire des visites, des rencontres, des voyages. Elle permet de vivre des moments de proximité et de convivialité dans la foi, la célébration et le témoignage évangélique avec les frères dans la foi mais aussi avec les frères qui ne partagent pas la même foi ou ne connaissent pas encore la foi, sans oublier les frères oubliés de la périphérie à travers le monde. (Rm1,13). «  Je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que j'ai souvent projeté de me rendre chez vous mais j'en fus empêché jusqu'ici- afin de recueillir aussi quelque fruit parmi vous comme parmi les autres nations » (Rm1,13). Apporter l'évangile à toutes les nations c'est être prêt à rencontrer les grecs, les barbares, les savants, les ignorants à l’intérieur de l’Église et dans la société mondiale. Les évangélisateurs ou les missionnaires ont pour tâche de faire découvrir à tous lors de telles rencontres le bonheur de l’Évangile, la joie de croire, de célébrer et de vivre de l’Évangile pour construire du sens et croître en humanité et en fraternité par la médiation de l'expérience sacramentaire baptismale.

     

    Dans l'épitre aux Romains les « Grecs » opposés aux « barbares » désignent tous les hommes « cultivés », y compris les Romains (qui avaient adopté la culture grecque ): opposés aux « Juifs », ils désignent tous les païens 1,16; 2,9-10;3,9;10,12;1Co1,22-24,etc. Marcher à la suite du Christ, c'est établir réellement des priorités dans la gestion des liens humains pour admettre cette réalité:  les liens de la parenté charnelle passent après ceux de la parenté spirituelle , cf.Mt8,21s; Mt10,37; Mt19,29. «  Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux Cieux, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère » (Mt12,50). La construction du sens et la croissance en humanité qui renforcent la parenté spirituelle réelle font émerger des actes pluriels, c'est-à-dire des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des regards, des perceptions, des représentations, des attitudes, des conduites, des comportements, des manières, des savoirs, de savoir-faire, de savoir-être, de savoir-devenir, de savoir souffrir, jubiler, jouir qui permettent aux chrétiens d'agir comme le Christ pour faire la Volonté du Père. Suivre le Christ est une exigence très difficile car le disciple est appelé à ne pas mettre en valeur ses propres priorités personnelles pour se fondre dans les priorités impératives de la mission christique, christologique et ecclésiale sur ordre du Christ (Mt 8,21-22). La disponibilité totale à l'appel du Christ pour lui donner une réponse généreuse totalement désintéressée témoigne des dimensions fondamentales de la foi, de la célébration et de la vie évangélique du chrétien et du ministre consacré dans la communion ecclésiale.

     

    Comme l'appel du Christ est radical « Suis-Moi », la réponse à cet appel se doit d'être aussi radical et définitive « Me voici, je viens pour faire ta Volonté ».(Gn50,5; Tb4,3;1R19,20;Mt4,20,22;Mt10,37p: Respect des promesses (Gn50,5), respect des dernières volontés et des rites funéraires, respect des parents, de la veuve, du veuf, de l'orphelin (Tb4,3), renonciation à son premier état pour suivre le Christ et répondre généreusement à son appel (1R19,20), exigence de ne pas se dérober à la responsabilité nouvelle de l'appelé qui marche à la suite du Christ à l'exemple d' Élisée qui se met à suivre Élie (1R19,20), urgence de se mettre en direct de manière collective, ecclésiale (Mt4,20,22) sur les pas de Jésus-Christ. Pour suivre Jésus, le ministre consacré apprend à faire des expérience douloureuses et heureuses des renoncements à beaucoup des choses, à des personnes comme par exemple exécuter la volonté de son père ou de sa mère biologique ou par adoption, ou le fait de fonder famille pour avoir des enfants, fils ou filles.

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    Le chrétien apprend à aimer son père, sa mère, son épouse, son fils, sa fille avec les yeux et le cœur de Jésus-Christ en conformité avec les exigences de l’Évangile pour rayonner la dignité de l'enfant de Dieu, frère de Jésus-Christ par adoption filiale baptismale. Le ministre ordonné, consacré accepte de suivre le Christ de manière radicale et exclusive. Il intériorise les renoncements liés à son état de vie pour correspondre à la volonté du Seigneur. Il reçoit dès à présent la plénitude et la surabondance des bénédictions générées par la fraternité spirituelle concrète mondiale et planétaire. Il s'enrichit dans la construction du sens, la croissance en humanité et surtout l'amitié, la fraternité, la convivialité, le pardon, la réconciliation, la paix, la foi, la charité et l'espérance, toutes ces richesses immatérielles par la médiation des signes par milliers et des prodiges offerts aux élus. «  Et quiconque aura laissé maisons, frères, sœur, père, mère, enfants, (femmes), ou champs, à cause de mon nom, recevra bien davantage et aura en héritage la vie éternelle « (Mt19,29). La richesse immatérielle, sublime du ministre ordonné est celle de la foi, de l'espérance et de la charité en Dieu pour rayonner, de bon cœur, l’Évangile au niveau planétaire par la médiation de ses actes pluriels. Le pouvoir des liens entre la Transcendance et l'Immanence pour contribuer à la construction du sens et à la croissance en humanité au niveau ecclésial et planétaire dans la construction du Royaume de Dieu est un pouvoir réserve et conféré à Pierre par le Christ qui l’étend également aux ministres de l’Église.(Mt18,18). Le ministère des liens humains, des liens familiaux, sociaux ou sociétaux, politiques, économiques, culturels, civilisationnels, ecclésiaux est un ministère de pardon et de réconciliation pour construire l'unité et la communion, la cohésion, la solidarité, la fraternité, bref la famille humaine, ecclésiale et sociétale locale, régionale, communautaire, nationale, internationale, planétaire.

     

    La victoire du pardon et de la réconciliation est une victoire réservée aux vainqueurs de la crucifixion comme le Christ en Croix et en gloire qui siège sur le trône du Père avec le Père (Ap3,21). La gloire et la puissance séculaire christique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire, spirituelle, ecclésiale réside dans la construction de la Royauté de Prêtres à la quelle participent de manière sacramentaire les prêtres, les prophètes et les rois par la médiation de l'incorporation baptismale au Corps ecclésial du Christ, Mystérium. Les fidèles du Christ, une fois convertis et lavés de leurs péchés,vv.5 et 7, forment une « royauté de prêtres », Ex19,6+: rois, ils règneront sur tous les peuples, Dn7,22,27;Is45,11-17;Za12,1-3;cf.Ap2,26-27;5,10;2O,6;22,5;prêtres, unis au Christ Prêtre, ils offriront à Dieu l'univers entier en sacrifice de louange. L'apocalypse de saint Jean parle de la royauté millénaire du Christ avec ses disciples à partir du moment où ceux-ci sont incorporés à son Corps Mystique par la médiation du sacrement de baptême qui correspond à une résurrection à l'instar de la résurrection des martyrs. Car le disciple du Christ devient non seulement prêtre, prophète et roi mais aussi un martyr pour témoigner de Jésus-Christ, de la Parole de Dieu, de l’Église, de la fraternité spirituelle réelle, planétaire et humaine. Il résiste à la domination impériale du temporel qui bafoue la dignité de tout homme crée à l'image et à la ressemblance de Dieu.(Ap20,4). Cette « résurrection » des martyrs (cf.Is26,19; Ez37) est symbolique: C'est le renouveau de l’Église après la fin de la persécution romaine, renouveau de même durée que la captivité du Dragon. Les martyrs qui attendent sous l'autel, 6,9-11, sont dès maintenant heureux avec le Christ. Le « règne de mille ans » est donc la phase terrestre du Règne de Dieu, de la chute de Rome à la venue du Christ, 20,11ss. - Par saint Augustin et beaucoup d'autres, les « mille ans » partent de la résurrection du Christ; la « première résurrection » désignerait alors le baptême, cf. Rm6,1-11;Jn5,25-28.

     

    -Dès l’Église ancienne, un courant de la tradition a interprété ce verset à la lettre: après une première résurrection réelle, celle des martyrs, le Christ reviendrait sur la terre pour un règne heureux de mille années en compagnie de ses fidèles. Ce millénarisme littéral n'a jamais été favorisé dans l’Église. Le ministère apostolique, ecclésial, sacerdotal de sanctification, d'évangélisation, de célébration, de consolation, de bénédiction, de régénération, de renouveau, de guérison et de gouvernement de l’Église a été voulu et promit par le Christ à ses apôtres et à leurs

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    successeurs pour conduire l’Église, l'Israël nouveau. (Mt19,28). Cette vocation des conducteurs du peuple de Dieu exige des signes efficaces de conversion profonde personnelle et ecclésiale prophétique vécue dans la foi, la célébration liturgique et le témoignage de la vie évangélique par des actes pluriels dans la fidélité et la justice, l'équité et la sainteté pour participer à la Sainteté de Dieu, à la justice divine.(Is1,26). Le ministère apostolique, ecclésial et sacerdotal est un ministère de service au service de la lumière, du relèvement et de la guérison par la médiation de l’Évangile qui irradie les cœurs, les familles, les sociétés, le monde entier avec une ambition ecclésiologique planétaire, mondiale qui intègre la création toute entière et l'ensemble de l'univers dans l'économie du salut.(Is49,6). Un tel ministère exige la proximité réelle, spirituelle avec le Christ pour rester avec lui dans la prière, la célébration liturgique, sacramentaire, la liturgie des heures, l'étude, la méditation, l'écoute de la Parole de Dieu, la confession, la profession du Credo et le témoignage d'une vie irradiée par l’Évangile en tout temps, en tout lieux et en toute circonstance. Le ministère apostolique, ecclésial, sacerdotal invite à interroger toujours le Christ en permanence pour qu'il nous éclaire sur sa sainte Volonté de manière à correspondre à la Volonté du Père afin de participer et de collaborer avec joie, générosité et bonheur à la construction du sens et à la croissance en humanité par la médiation de la construction du Royaume de Dieu.(Ac1,6). L'établissement du royaume messianique apparaît encore aux apôtres comme une restauration temporelle de la royauté davidique. cf. Mt4,17+. Préparer la table pour offrir aux invités le pain de la Parole de Dieu et le pain de l'eucharistie tout en veillant à la sanctification et au gouvernement de l’Église est le service ministériel central de l’Église qui donne la quintessence des fondamentaux du ministère diaconal et du sacerdoce ministériel, épiscopal et apostolique dans la communion petrinienne avec la succession apostolique ininterrompue.(Lc22,30).

     

    Pour sanctifier, gouverner, conduire, consoler et guérir le peuple de Dieu, l’Église hiérarchique et communion des communions est appelée à marcher sur les pas des saints. La sainteté est le rayonnement lumineux du témoignage évangélique de tous les temps, en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Elle révèle la plénitude des dimensions spirituelles de la foi, de la charité et de l'espérance offerte aux priants, aux chercheurs de Dieu, aux orants, aux convertis par la volonté souveraine de Dieu dans sa divine bonté, tendresse et providence. (Dn7,9s,22). Elle se requière par la contemplation des Mystères divins et l'accueil humble des dons du Saint-Esprit dans les actes pluriels. Ceux-ci témoignent et indiquent au monde, aux peuples, aux sociétés, aux familles, aux civilisations le chemin de la sanctification et de la croissance en humanité, en dignité. Ils témoignent également et participent à la construction du sens, du pardon, de la réconciliation, et de la paix intérieure, extérieure, mondiale, planétaire. « Ou bien ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde »? (1Co6,2) avec le Christ, juge souverain du monde. Les saints néantisent toute domination à l’intérieur et à l'extérieur de l’Église et la réduise aux rangs des océans de vanité. Ceux-ci finissent par s'auto-detruire ou par être réduits à néant par la force et le pouvoir du temps et des changements inexorables suscités par la force et la grâce de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. Les saints sont appelés à gouverner l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique par, pour, avec et en Christ mais aussi à espérer siéger avec lui sur son trône de gloire dans la vie du monde à venir, après le séjour sur la terre, cette vallée des larmes et des joies. (Mt19,28). Telle est notre espérance en la promesse du Christ Ressuscité, c'est-à-dire dans sa Parole Vivante.

     

    Être saint et devenir saint c'est comme Jésus-Christ faire la volonté du Père. C'est aussi devenir fils du Père dont il est le Premier-né. (Mt25,40;Rm8,29;He2,11,17. L'adoption filiale baptismale ouvre à la fraternité réelle spirituelle et humaine. Celle-ci permet de considérer les plus petits par rapport aux situations, aux conditions d'existence et à la réalité de la vie en société. Ces plus petits vivent dans l'extrême fragilité comme par exemple concrètement les pauvres, les victimes des famines, de sècheresse, de l'exile politique, économique, social, culturel, religieux, financier, boursier, des immigrés, des étrangers, des exclus, des rejetés, des humiliés, des oubliés,

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    des exploités, des torturés. Parmi les personnes extrêmement fragiles on cite également aussi les victimes des maladies rares, lourdes, incurables, contagieuses, irréversibles, les prisonniers et victimes des lieux carcéraux et psychiatriques. Toutes ces personnes fragilisées perpétuent la crucifixion de notre Seigneur Jésus-Christ. Elles révèlent toutes le mystère de la transfiguration du Christ et de l'égale dignité humaine et chrétienne au niveau planétaire à travers l'épiphanie de leurs visages, de leurs regards, de leurs actes mentaux, de leurs actes du langage, de leurs gestes corporels, de leurs actes humains, de leurs attitudes, conduites, comportements, de leurs perceptions et représentations, de leurs manières d'être, de souffrir, de jubiler, de jouir, de leur savoir, de leur savoir-faire, de leur savoir-être, de leur savoir-devenir. (Mt25,34-39). « Et le Roi leur fera cette réponse: « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt25,40). // Pr 19,17; Za2,12; Mt10,40;18,5. Dieu comble les bienfaits aux pauvres par sa surabondance des dons envers les bienfaiteurs eux-mêmes. « Pour qui donne aux pauvres, pas de disette, mais pour qui ferme les yeux, abondante malédiction » (Pr28,27). La pauvreté est une interpellation divine à l'action, à l'engagement, aux actes pluriels de libération, une assignation à la responsabilité d'agir pour transformer en profondeur les conditions et dimensions privées, publiques, sociologiques, politiques, économiques, culturelles, religieuses, financières, boursières de la pauvreté en systémique de non pauvreté en vertu du principe qu stipule que les pauvres sont la prunelle de l’œil de Dieu.(Za2,12). Éradiquer la pauvreté signifie proclamer, célébrer et témoigner de la gloire de Dieu dans l'existence concrète planétaire à partir des fondamentaux du dépouillement et du relèvement christologique à la lumière de l'hymne philippienne. C'est dans cette perspective que l'on peut comprendre que le sacerdoce ministériel et les dons par excellence de Dieu ne se monnaient pas à coup d'argent, tout comme la profusion de l'eau vive sacramentaire. Le ministre ordonné est appelé à prier beaucoup pour tous ceux et celles qui le persécutent à cause du nom de Jésus-Christ et de l’Évangile.

     

    La qualité de l'accueil christique, christologique, apostolique, ecclésial, paroissial, évangélique, divin, humain et du mystère de la Sainte Trinité ouvre des opportunités baptismales considérables pour croire, célébrer et vivre l’Évangile dans le monde contemporain, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. Elle permet aux disciples du Christ de devenir réellement des constructeurs du Royaume de Dieu par la médiation de la construction du sens, de la fraternité spirituelle, pragmatique et réelle et de la croissance en dignité et en humanité des personnes crées à l'image et à la ressemblance de Dieu. «  Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille celui qui m'a envoyé « (Mt10,40);//Mt18,5;Mc9,37;Lc9,48.

    L’Église matthéenne est systémiquement apostolique et structurellement hiérarchique et accueillante. Au sommet l'autorité apostolique (Mt10,4O), utilisant une formule juridique juive pour la transmission de pouvoirs mais ici mise en rapport avec Dieu. Puis, v.41, les enseignants (voir 13,52) et 23,34 pour plus de précisions ) et les témoins qui ont résisté héroïquement pendant les persécutions (cf.13,17 et 23,29); enfin (V.42) les petits (voir 18,10,14). Autorité apostolique, enseignants, témoins et petits évangélisent de manière approfondie par la qualité de l'accueil. «  Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille » (Mt18,5).// Mc9,37;Lc9,48;Mt10,40. Le petit enfant tel que lui dont fait allusion saint Matthieu c'est un homme redevenu enfant par la simplicité, cf.v.4. La simplicité est le critère fondamental de l'être chrétien et du service ministériel, sacerdotal, épiscopal, apostolique et ecclésial selon saint Matthieu. Accueil et simplicité contribuent à travailler les défis majeurs de l’évangélisation contemporaine mondiale à l'exemple de sa sainteté le Saint Père, le Pape François. Accueillir le christ dans le visage de toute personne crée à l'image et à la ressemblance de Dieu, avec respect et dignité c'est accueillir Dieu le Père mais aussi le Mystère de la Sainte Trinité.(Mc9,37). « Et leur dit: »Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille, et quiconque m'accueille accueille celui qui m'a envoyé; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand. » (Lc9,48).// Lc10,16;Jn13,20.

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    Comme le Christ a été écouté et rejeté car devant lui nul ne peut être indifférent et chacun est appelé à choisir ou l'écoute ou le rejet, l'exercice du ministère sacerdotal, prophétique et royal baptismal, tout comme celui du diaconat et du sacerdoce ministériel, épiscopal, apostolique et ecclésial traverse les expériences paradoxales d'écoute et de rejet dans le monde contemporain, en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance au niveau planétaire. (Lc10,16). «  En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j'aurai envoyé m'accueille; et qui m'accueille, accueille celui qui m'a envoyé » (Jn13,20). Nous savons que pour ceux qui aiment Dieu, tout concourt au bien, pour ceux qu'il a appelés selon son dessein. La fraternité baptismale planétaire est exigeante car elle donne aux baptisés et disciples de Jésus-Christ à travers le monde de marcher à sa suite en se conformant à son image du Fils, Premier-né et du Premier ressuscité d'entre les morts. 5Rm8,29).// Ac13,48+. Providence, discernement, appel et prédestination collaborent selon le divin plan de Dieu trois fois Saint. L'intériorisation et l’extériorisation des ces valeurs théologiques par des actes pluriels contribuent à l’avènement du Royaume de Dieu par la médiation de l'histoire du salut et de l'histoire existentielle des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, des personnes âgées, des familles, des peuples, des nations, des Églises, des cultures, des entreprises et des civilisations au niveau planétaire. La joie baptismale est une joie de louange et de glorification sacramentaire, ecclésiale, familiale et existentielle qui magnifie et célèbre l'accomplissement des promesses et l'action salvifique de la divine providence expérimentée par les amoureux de la foi et de la vie éternelle, de la Transcendance qui amplifie le rayonnement lumineux de l'immanence. (Ac13,48).

     

    « La vie éternelle » cf.v.46, c'est-à-dire la vie du siècle futur,cf.3,15+; n'y parviendront que ceux dont les noms « sont écrits dans le ciel », Lc10,20, dans « le livre de la vie », Ph4,3; Ap20,12+. « Destinés à la vie du monde futur », expression courante chez les rabbins. Le Christ grand prêtre par excellence est le sanctificateur et le sanctifié pour la gloire de Dieu et le salut du genre humain, c'est-à-dire des gens, de l'humanité, de toute la création au niveau planétaire, en tout temps, en tout lieux et en toute circonstance (He2,11). Par l'incorporation baptismale au Christ, à son corps mystique, qu'est l’Église, les disciples deviennent des sanctifiés en tant que fils adoptifs de Dieu qui contribuent à proclamer, à célébrer et à témoigner de la fraternité spirituelle baptismale réelle, ecclésiale, christique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire, contemporaine, sociétale, humaine et planétaire. Sanctificateur et sanctifiés forment un seul tout. Les vv suivants insistent sur cette communion dans la chair et le sang,v.14, qui a voulu assumer le Fils de Dieu et ainsi ils introduisent le thème essentiel de la lettre, celui du Christ grand prêtre,v.17;5,7+. «  En conséquence, il dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple ». (He2,17). Croire, célébrer et témoigner ou vivre l'Evangile encourage les baptisés, chrétiens, disciples, ministres, consacrés, ordonnés à devenir davantage des penseurs et des acteurs réels et en direct de l'amour fraternel dans l’Église et dans le monde au niveau local et planétaire.

     

    Tous les baptisés ont la responsabilité de faire régner entre tous l'amour fraternel local et planétaire par des actes pluriels mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes humains, les regards, les perceptions, les représentations, les attitudes, les conduites, les comportements, les manières d'être, de penser, de s’émouvoir, de vivre, de souffrir, de jubiler, de jouir, de savoir, de savoir faire, de savoir être et de savoir devenir. (Rm12,10;1TH4,9;1P1,22;1Jn 3,14, etc. La prévenance d'égards mutuels est le témoignage de la fraternité, de la convivialité, de l'amitié et de l'affection ecclésiale qui valorisent les autres en posant sur eux un regard qui les espère, les libère et les relève. La construction de l'amour fraternel ou de la fraternité baptismale ecclésiale exige la sincérité, la vérité, l’obéissance et la sanctification reçue de Dieu, le Père par le Fils Unique dans l'Esprit-Saint et cela de tout cœur. (1P1,22).//Rm1,5+;Jn17,17. La grâce de l'apostolat est un don reçu du Seigneur lui-même qui l'octroie à qui il veut de manière souveraine.(Rm1,5+). Ceux et celles qui sont voués à Dieu et qui sont mis à l'écart par lui et pour lui sont

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    sanctifiés incessamment par l'écoute, la réflexion, l'étude, la méditation, la contemplation et la prière de la Parole de Dieu pour accueillir Dieu dans sa Parole et contribuer à croire, à célébrer et à vivre de l’Évangile et pour continuer la mission d'évangélisation locale et planétaire.(Jn17,17). L'amour de Dieu et du prochain, proclamés, célébrés et vécus de façon exclusive dans la fraternité ecclésiale, baptismale, sociétale, humaine et planétaire est le testament signé par la mort de Jésus sur la croix. « Je vous donne un commandement nouveau: vous aimer les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.(Jn13,34). La fraternité baptismale planétaire est un impératif christologique majeur qui authentifie la crédibilité et la cohérence des dimensions fondamentales chrétiennes de la foi, de l'espérance et de la charité. (1Jn2,8;Jn15,12,17;Lv19,18;Mt19,19,Jn22,39;Mt22,39;Lc10,26s; Jn13,34. cf. Mt25,31-46. A l'idée du « départ » du Christ,v.33, qui prépare l'annonce du reniement de Pierre,vv.36-38, l'évangéliste rattache le précepte de l'amour, vv.34-35, testament du Christ. Ce précepte, déjà présent dans la Loi mosaïque, est « nouveau » par la perfection à laquelle Jésus le porte, et parce qu'il constitue comme la marque distinctive des temps nouveaux, inaugurés et révélés par la mort de Jésus. L'assurance, la créance, la crédibilité et la cohérence apportée par la Parole de Dieu dans la vie chrétienne, familiale, ecclésiale, sociétale, ministérielle, civilisationnelle au niveau local et planétaire sont authentifiées par le rayonnement de la vie des saints de tous les temps, en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance.(1Th4,9).

     

    Une telle vie sanctifiée est celle des âmes obéissants à la vérité, amoureux de Dieu et de leurs frères et soeurs en humanité dans l’Église et dans la société au niveau local et planétaire pour témoigner de leurs états d'amoureux du Christ et de l’Église dans une sincérité exclusive (1P1,22). Une âme amoureuse de Dieu, le Père, du Christ et de l'Esprit-Saint est amoureuse de tous les baptisés du monde entier pour construire la fraternité baptismale planétaire. Elle est également amoureuse de tous les habitants de la terre et de la création tout entière qui aspire au salut christique, christologique. La dilatation amoureuse du coeur, de l'âme et de l'esprit, voir de la raison humaine au niveau local et planétaire et de celui de la création toute entière est une grâce de Dieu offerte aux âmes mystiques dans la perspective de la mystique chrétienne déversée par le rayonnement des grands saints de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Les saints savent par la divine providence qu'ils sont exclusivement amoureux de Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint ou Saint-Esprit, de l’Église, de l'humanité, c'est-à-dire des gens concrets au niveau local, planétaire et de la création toute entière. « Nous savons, nous, que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort » (1Jn3,14).// Mt24,9;Jn5,24, He6,1+. Les disciples de Jésus-Christ qui marchent sur ses pas de manière cohérente avec foi, espérance et charité traversent des expériences pénibles, difficiles, douloureuses, horribles de rejet, de trahison, de livraison, de mépris, de haussement ou de haine, de meurtre, de martyr à cause de leur fidélité dans le Nom du Seigneur par lequel et pour lequel ils croient, célèbrent et vivent de l’Évangile.(Mt24,9).

     

    Le relèvement du chrétien passe par la médiation des attitudes d'écoute de la Parole de Dieu et de la foi en Dieu libérateur qui a envoyé son Fils Unique pour le salut des gens, c'est-à-dire du genre humain par l'accès à la vie éternelle (Jn5,24).// Jn10,27;Jn18,37;Jn3,11+;Jn3,18;1Jn3,14. L'imitation aux fondamentaux des sacrements de baptême, de communion, de réconciliation, de confirmation, de mariage, d'ordre et de malade ou extrême onction implique la traversée des expériences catéchétique, morales, doctrinales et liturgiques qui amplifient la confession, la proclamation du credo, la célébration et la vie de l’Évangile au quotidien. Cette vie conforme à l'évangile est vécue dans les lieux de vie, les familles, les lieux d'étude ou de travail, des loisirs et des vacances par des actes pluriels lumineux. (He 6,1+),He9,14. Les œuvres faites sans la foi et la vie divine sont « mortes » parce qu'elles relèvent du péché, Rm1,18-3,20; qui mène à la mort, Rm5,12,21;6,23;7,5+; 1Co15,56;Ep2,1;Col2,13;cf.Jc1,15;Jn5,24;1Jn3,14.

     

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    Notre purification consciente est le fruit de la régénération, de la confession, du pardon et de la réconciliation sacramentaire. Le sacrement de réconciliation nous habilite à pénétrer harmonieusement dans la célébration sacramentaire et profondément eucharistique en nous laissant régénérer par la passion, la mort et la résurrection du Christ par la médiation de l'Esprit-Saint. Le chrétien qui marche à la suite du Christ accueille et se nourrit de son corps et de son sang, à la table de l'eucharistie et de la parole de Dieu pour amplifier en direct le Vivant en lui-même par la médiation de l'Esprit-Saint. (He9,14). L'aveu, la confession, la conversion et la repentance individuelle, personnelle, collective, communautaire et ecclésiale sont exigées pour accéder humblement et sincèrement à la construction du Royaume de Dieu en devenant témoins du Ressuscité et de l’Évangile par des actes pluriels évangéliques, personnels, sociétaux, ecclésiaux lumineux (Mt3,2+). Suivre Jésus-Christ sur le chemin de la conversion permanente personnelle, familiale, ecclésiale et sociétale c'est adhérer à l'exigence et à l'urgence des changements réels et profonds. La métanoia, étym, changement de sentiments, désigne un renoncement au péché, un « repentir ». Ce regret, qui regarde vers le passé, s'accompagne normalement d'une « conversion » (verbe grec epistrephein), par laquelle l'homme se retourne vers Dieu et s'engage dans une vie nouvelle. Ces deux aspects complémentaires d'un même mouvement de l'âme ne se distinguent pas toujours dans le vocabulaire. Cf.Ac2,38+; 3,19+. Repentir et conversion sont la condition nécessaire pour recevoir le salut qu'apporte le Règne de Dieu. L'appel au repentir lancé par Jean-Baptiste, cf. Encore Ac13,24; 19,4, sera repris par Jésus, Mt4,17p; Lc5,32;13,3,5, par ses disciples, Mc6,12;Lc24,47 et par Paul, Ac20,21; 26,20.

     

    L’économie du salut trouve ses racines chez les juifs qui constituent le peuple de prédilection, peuple choisi par Dieu. Paradoxalement ce même peuple élu rejette la foi au Christ crucifié, mort et ressuscité. Il n'admet pas que Jésus-Christ est le Fils Unique de Dieu, le Sauveur et Seigneur de gloire. En rejetant Jésus-Christ comme Fils Unique de Dieu, le peuple juif rejette celui qui l'a envoyé, Dieu. Mais la dialectique paradoxale de ce rejet consiste à percevoir l'ouverture qu'offre ce rejet dans l'économie du salut.. Cette ouverture salvifique est celle de l’adhésion à l’Église, une, sainte, catholique, apostolique et à tous ceux et celles qui se font baptiser à travers le monde pour devenir frère et sœur du Christ par adoption filiale. La foi rend juste car elle transforme celui et celle qui l'accueille pour être, confesser, croire, célébrer et vivre par la force et la grâce de l’Évangile à la suite du Christ en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. (Rm1,16-17). La foi est un acte par lequel l'homme s'en remet à Dieu, à la fois vérité et bonté, comme en la source unique du salut. Elle s'appuie sur sa véracité et sa fidélité dans ses promesses (Rm3,3s; 1Th5,24; 2Tm2,13; He10,23;11,11), et sur sa puissance à les exécuter (Rm 4,17-21; He11,19). Après la longue préparation de l'AT(He11), Dieu ayant parlé par son Fils (He1,1), c'est lui désormais qu'il faut croire (cf.Mt8,10+; Jn3,11+) et après lui le « Kérygme » (Rm 10,8-17); 1Co1,21;15,11,14; cf Ac2,22+) de l’Évangile (Rm1,16;1Co15,1-2; Ph1,27; Ep1,13) annoncé par les apôtres (Rm1,5;1C3,5; cf.Jn17,20), à savoir que Dieu a ressuscité Jésus des morts et l'a fait Kyrios (Rm4,24s; 10,9; Ac17,31;1P1,21; cf.1Co15,14,17), offrant par lui la vie à tous ceux qui croiront en lui (Rm6,8-11; 2Co4,13s, Ep1,19s; Col2,12; 1Th4,14). La foi au nom de Jésus (Rm3,26; 10,13;cf. Jn1,12;Ac3,16; 1Jn3,23), Christ (Ga2,16;cf.Ac24,29; 1Jn5,1), Seigneur (Rm10,9; 1Co12,3; Ph2,11; cf.Ac16,31) et Fils de Dieu (Ga2,20;cf.Jn2O,31; 1Jn5,5; Ac8,37; 9,20), est ainsi la condition indispensable du salut (Rm10,9-13; 1Co1,21; Ga3,22; cf.Is 7,9+; Ac4,12;16,31;He11,6;Jn3,15-18). La foi n'est pas pure adhésion intellectuelle, mais confiance, obéissance (Rm1,5;6,17; 10,16;16,26;cf.Ac6,7) à une vérité de vie (2Th2,12s) qui engage tout l'être dans l'union au Christ (2Co13,5; Ga2,16,20; Ep3,17) et lui donne l'Esprit (Ga3,2,5,14;cf. Jn17,38s; Ac11,16-17) des fils de Dieu (Ga3,26;cf Jn1,12). Parce qu'elle ne compte que sur Dieu, la foi exclut toute suffisance (Rm3,27; Ep2,9) et s'oppose au régime de la Loi (Rm7,7+) et à sa vaine recherche (Rm10,3;Ph3,9) d'une justice méritée par des œuvres(Rm3,20,28;9,31s; Ga2,16;3,11s): La vraie justice que seul elle procure est la justice salvifique de Dieu (Rm ici: 3,21-26) rreçuecomme un don gratuit (Rm3,24; 4,16;5,17; Ep2,8;cf.Ac15,11). Aussi rejoint elle la promesse faite à Abraham (Rm4; Ga3,6-18) et

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    ouvre-t-elle le salut à tous, même aux païens (Rm 1,5,16; 3,29s;9,30;10,11s;16,26;Ga3,8). Elle s'accompagne du baptême (Rm6,4+), s'exprime par une profession ouverte (Rm10,10; 1Tm6,12) et fructifie par la charité (Ga5,6;cf.Jc2,14+). Encore obscure (2Co5,7; He11,1; cf.Jn20,29) et accompagnée d'espérance (Rm5,2+), elle doit croître (2Co10,15;1Th3,10;2Th1-3) dans la lutte et les souffrances (Ph1,29; Ep6,16;1Th3,2-8; 2Th1,4;He12,2;1P5,9), la fermeté (1Co16,13; Col1,23;2,5,7) et la fidélité (2Tm4,7;cf1,14;1Tm6,20) jusqu'au jour de la vision et de la possession (1Co13,12;cf1Jn3,2). Le chrétien illuminé par l'Esprit-Saint est témoin du Ressuscité dans sa vie quotidienne, familiale, professionnelle, entrepreneuriale, associative, ecclésiale, sociale, économique, politique, culturelle, religieuse en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. L'Eglise toute entière animée par l'impulsion de l'Esprit-Saint devient ecclésialement témoin de la conversion individuelle, collective, sociétale. Elle amplifie la vie sacramentaire baptismale mais aussi le pardon et la réconciliation dans les familles, les communautés, les paroisses, les cultures, les peuples, les sociétés, les civilisations en vivant en direct le sacrement de réconciliation. Elle témoigne des dons de l'Esprit-Saint dans ses actes pluriels systémiques, c'est-à-dire ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels ecclésiaux, liturgiques, sacramentaires, ses actes actes institutionnels et consciencielsqui promeuvent les exigences de la foi, de la célébration et de la vie évangélique dans la citoyenneté et la sociabilité.(Ac2,38+). L'urgence de l'appel à la conversion, au repentir et au baptême pour être incorporé au Christ afin d'accueillir le salut de Dieu par la médiation sacramentaire plurielle est une exigence majeure de la mission apostolique et ecclésiale en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance au niveau local et planétaire.(Ac2,38+).

     

    Chaque grand discours apostolique se termine par un appel au repentir (cf.Mt3,2+), pour obtenir le pardon des péchés: Ac3,19,26;5,31;10,43;13,38;Cf.17,30;26,20;Lc1,77;3,8;5,32;13,3. Le baptême est donné « au nom de Jésus-Christ » (cf.1,5+), on le reçoit « en invoquant le nom du Seigneur Jésus » (cf.2,21+;3,16+);8,16;10,48;19;5;22,16;1Co1,13,15;6,11;10,2;Ga3,27Rm6,3;cf.Jc2,7. Cette manière de parler ne vise peut-être pas tant la formule rituelle du baptême, cf.Mt28,19, que la signification du rite lui-même: profession de foi au Christ, prise de possession par le Christ de ceux qui désormais lui seront consacrés. Comme baptisés, les ministres ordonnés et les consacrés sont appelés à prendre soins de la grâce, de la force, du charisme de la bénédiction et de la guérison reçue lors de leur ordination et consécration amplifiées par l'expérience de manière prophétique au service de l’Évangile, des personnes, des familles, des peuples, des sociétés, des civilisations, de l’Église, du monde au niveau local et planétaire. (1Tm4,14+).// 1Tm1,18+;Nb27,18;Dt34,9. Toute vocation baptismale et sacerdotale ministérielle relève de l'accomplissement de la promesse divine par sa divine providence.(1Tm1,18+; 1Tm4,14+). Le jour du Seigneur, le dimanche premier jour de la semaine est dédiée à la célébration et à la participation eucharistique pour demeurer crédible et cohérent à sa vocation baptismale, sacerdotale, royale, prophétique et ministérielle.(Nb28,18). La sagesse d'agir en conformité avec les dons de l'Esprit-Saint pour croire, célébrer et vivre de l'évangile dans la vie, la famille, l'église, la société et le monde est un charisme prophétique majeur. Elle suscite le rayonnement, l’émerveillement, l'attrait, l'obéissance et la fidélité d'agir dans la joie, l'unité, l'enthousiasme et la communion ecclésiale, apostolique et avec la succession patriarcale, prophétique et apostolique ininterrompue. (Dt34,9). Pierre a fait preuve de cette sagesse d'agir en prenant l'initiative de remplacer Judas.(Ac1,15-16). Pourquoi et comment Pierre a la vision et l'intelligence de la foi mais aussi le pragmatisme pour comprendre la trahison et le suicide de Judas à la lumière des Écritures?

     

    Il argumente de manière lucide pour le remplacer et lui trouver un successeur afin de réaliser la volonté primitive du Christ qui constitua le collège apostolique des douze. Le premier souci de Pierre est le souci de l'unité et de la communion apostolique, ecclésiale et chrétienne pour témoigner du salut universel de Dieu en Jésus-Christ pour l'humanité entière et pour toute la

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    création régénérée et sauvée en Christ. «  Frères, il fallait que s'accomplit l’Écriture où, par la bouche de David, l'Esprit-Saint avait parlé d'avance de Judas, qui s'est fait le guide de ceux qui ont arrêté Jésus » (Ac1,16). Pierre commence à ré situer la fin tragique de Judas, un des frères apostoliques qui est devenu traître en d’auto-proclamant guide contre son propre guide qu'il met à l’épreuve, hors de la course et de l'exercice de sa guidance par l'institutionnalisation et l'instrumentalisation de la haine, de la cruauté, du mensonge et la collaboration criminelle à son arrestation, à son jugement et à sa mise à mort. Le paradoxe c'est que ces actes pluriels de Judas, c'est-à-dire ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains participent à l'intelligence de l’Écriture et à l'accomplissement de la Volonté de Dieu, telle qu'elle est affirmée dans l’Écriture: « Or il est écrit au Livre des Psaumes: Que son enclos devienne désert et qu'il ne se trouve personne pour y habiter. Et encore: Qu'un autre reçoive sa charge » (Ac1,20). La désertification de la foi continue la trahison de Judas car la désertion de l’Église est une manière contemporaine de tuer la foi au Christ mort et ressuscité, et de trahir en direct l’Évangile. Judas, le guide des ceux qui ont arrêté Jésus a épousé leur cause et a fraternisé avec eux en devenant leur leader, la figure emblématique du guide des ténèbres, c'est-à-dire le guide des ennemis de Jésus-Christ, de l’Évangile, de la dignité et de l'égale dignité humaine. La puissance destructrice et haineuse des ennemis de Jésus-Christ, de l’Évangile, de l’Église et des chrétiens se manifeste au quotidien à travers le monde par des actes pluriels d'insulte, de calomnies, de médisances, d'humiliation, de rejet, d'indifférence, de racisme, de persécution, de moquerie, des brulures intérieures, d'oppressions, de blessures et de brisures des cœurs, d'aveuglement, de famine, de pauvreté, d'acharnement, d'injustice, d'exclusion, d'exploitation, d'esclavagisme moderne, de captivité, de martyre, de péché, de perdition et de meurtre. (Ps69 (68) 2-37.

     

    Mais les humbles amants du Nom de Dieu et chercheurs de Dieu voient à travers toutes ces expériences la passion, le jugement, la crucifixion et la mise à mort ou l'exécution de Jésus-Christ sur la croix, sa descente du tombeau, sa mise en terre et son séjour d'entre les morts mais aussi sa résurrection le troisième jour conformément aux Écritures. « Ils ont vu, les humbles, ils jubilent; chercheurs de Dieu, que vive votre cœur »(Ps69,33).// Ps22,27;Ps70,5.Ps1,19,144. Les chercheurs de Dieu sont pauvres de cœur et riches de foi, d'espérance et de charité car ils jubilent de joie complète, de louange au festin du Royaume, au pain de la table de la parole de Dieu et au pain et vin de l'eucharistie mais aussi à la force et à la grâce offerte par les différents sacrements et par la prière. Les chercheurs de Dieu sont amoureux de son salut et mènent une vie pleinement jubilatoire et réjouissante dans le Seigneur en confessant ouvertement en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance que: « Dieu est grand ». (Ps70,5). Les chercheurs de Dieu sont en quête de la justice éternelle pour mieux la comprendre, la confesser, la proclamer, la célébrer et la vivre concrètement de manière pragmatique pleinement par un témoignage en direct personnel, familial, ecclésial, sociétal, communautaire, national, international et mondial.(Ps119,144).

     

    Le baiser de la trahison de Judas (Lc22,47) se démarque des chercheurs de Dieu qui sont en quête de la justice divine en marchant à la suite du Christ, en union et en communion avec lui dans une fraternité christologique et apostolique réelle, transparente, sincère et authentique. « Il avait rang parmi nous et s'était vu attribuer une part dans notre ministère. »(Ac1,17). Le basculement de Judas vers les ennemis de Jésus, son Maître et guide pour briser le ministère de l'unité, de la communion et de la fraternité apostolique est motivé par la fascination de l'argent, le détournement, la corruption et l'enrichissement personnel. « Et voilà que s'étant acquis un domaine avec le salaire de son forfait, cet homme est tombé la tête la première et a éclaté par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues » (Ac1,18).// Mt 27,3-10;Sg4,19. En monnayant la vie de Jésus-Christ contre de l'argent pour favoriser sa capture, son jugement, son exécution et sa mort, le disciple, l’un des frères apostoliques touche en direct au sommet de la tête, c'est-à-dire du chef et du Corps Mystique de Jésus-Christ pour constituer lui-même une autre fraternité criminologique qui met en déroute et à nu, voir rend impossible la réalisation de la volonté de Jésus-Christ et de sa mission

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    pour la régénération et la poursuite de son œuvre christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale et chrétienne qui aspire et élève l'humanité par le primat de la transcendance au cœur de l'immanence afin d'amener l'immanence à son accomplissement paradoxal. L'acquisition des biens mal acquis, voir des richesses matériels sur le dos des innocents sur-exploités et sacrifiés à l'autel de la liberté, de l'autonomie, de la responsabilité, des droits et de la dignité porte en elle-même la puissance destructrice et déstabilisatrice de ses propres acteurs; Ceux-ci sont confondus de manière déstabilisatrice et destructrice non seulement par le principe de vérité et de la transparence mais aussi par la force inhérente du temps et surtout la grâce surabondante de la providence divine au service de la justice divine. Judas prend conscience de l'ampleur de sa trahison de Jésus-Christ au prix de l'acquisition des richesses financières par son acte de suicide personnel. Cet acte est précédé par la prise en compte des conséquences de l'anéantissement de la fraternité apostolique, ecclésiale pour l'émergence de la fraternité criminologique, mensongère , haineuse et corrompue de l'avoir, du savoir, du pouvoir et du valoir. Cette fraternité corrompue est médiatisée par le contrôle carcéral et le pouvoir de vie et de mort sur les innocents, et de manière particulière sur Jésus-Christ, son vrai guide. Le suicide de Judas marque la fin tragique de la prétention humaine et temporelle de prendre la place de Jésus-Christ pour sauver l'humanité par les moyens liés au mensonge, à la corruption, à la trahison, à l'enrichissement personnel, à la haine, au rejet, au racisme, à l'exclusion, à l'exploitation et au meurtre, bref à l'aveuglement et aux idéologies meurtrières et discriminatoires.

     

    Celui qui sème la division, la terreur, le meurtre des innocents manifeste les fondamentaux intérieurs et extérieurs de sa propre division en étant lui-même terrorisé et meurtri. Il devient une menace pour la paix sociétale, politique, économique, culturelle, civilisationnelle et ecclésiale. Il répand l'éclatement, la désunion et la perdition du vouloir vivre ensemble dans la fraternité, l'unité et la communion au service du bien commun locale et mondial, temporel et spirituel. Il finit lui-même par se consumer dans la néantisation, la mise entre parenthèse et tombe de son piédestal de l'imaginaire. Il révèle de manière paradoxale sa propre fragilité et les maladies de ses actes mentaux, de ses actes du langage, de ses gestes corporels, de ses actes humains, de ses regards, ses perceptions, ses représentations, ses attitudes, ses conduites, ses comportements, ses manières d'être, de penser, d'agir, de vivre, de s’émouvoir, de souffrir, de jouir, de jubiler, de savoir, de savoir-faire, de savoir-être, de savoir-devenir. Une telle personne n'est pas digne de représenter le Christ, de poursuivre son œuvre et sa mission christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne dans l’Église, dans la société et dans le monde si elle refuse de se convertir à la contemplation du regard du Christ crucifié et ressuscité pour cheminer sur les pas du pardon et de la réconciliation. La fin tragique et suicidaire de Judas marque son refus de croire à la miséricorde de Dieu et de se confier à la tendresse du regard christologique au cœur de la cruauté, de l’horrible trahison et de la prétention de prendre sa place avec une autre forme de fraternité temporaire pour la conquête, l'exercice et la conservation du pouvoir absolu. Avant de se suicider, Judas a pris conscience intérieurement de la révélation de la vraie nature de Jésus-Christ, le Juste, l'innocent, le Fils de Dieu (Mt27,3-4). Mais il n'a pas eu la force et la grâce de confesser son péché à son guide, Maître et Seigneur Jésus-Christ condamné, ne fus que par l'élévation du regard, le croisement des regards, la contemplation du regard de Jésus-Christ mis au rang des regards criminogènes et criminels pour y déceler la beauté du regard divin plein de compassion, de tendresse et de miséricorde.

     

    Il a confessé son péché , mieux sa faute aux commanditaires de l'arrestation, de la condamnation et de la mise à mort de Jésus, à savoir les grands prêtres et les anciens, les prenant, paradoxalement en direct comme ses guides à lui, en basculant davantage dans le mensonge, la corruption, la haine, la division, l'exclusion, le rejet et l'exploitation des innocents pour la conquête, l'exercice et la conservation du pouvoir spirituel et temporel. Les grands prêtres et les anciens mettent Judas au pieds du mur en lui invitant d'assumer la responsabilité de ses actes pluriels et à mieux voir hiérarchie des valeurs et de sens entre Jésus-Christ et les trente pièces

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    d'argent pour lesquels il a été vendu, trahit, favorisant ainsi sa condamnation, sa mise à mort et son exécution au rang des criminels. Ils invitent Judas à assumer son choix contre Jésus-Christ après avoir basculé du rang d'ami et frère apostolique, ecclésial au rang d'ennemi de Jésus-Christ et des apôtres, de leurs successeurs et de l’Église, lui qui fût un des frères apostoliques privilégiés gérant les finances. (Mt27,3-4).// Mt26,14-16;Dt27,25. Les grands prêtres et les anciens rappellent à Judas Iscariot que c'est lui-même qui prie l'initiative d'aller le voir pour négocier la trahison de Jésus-Christ au prix de Trente sicles et non trente deniers (trente pièces d'argent) qui était le prix fixé par la Loi pour la vie d'un esclave, EX21,32. Du guide, Maître et Seigneur, Jésus est passé aux yeux de Judas Iscariot au rang d’esclave et l'a vendu comme esclave pour devenir lui-même le nouveau guide.(Mt26,14-16). En vendant Jésus comme un esclave, par la médiation de la trahison, Judas Chariotée épousait le projet des grands prophètes et anciens pour en finir définitivement avec Jésus-Christ sur le bois de la supplice au rang des bandits, des esclaves, des criminels, des non-droits, des rejetés, des exclus de la société, des oubliés de l'histoire. Réduit à l’esclavage par la trahison de Judas, Jésus-Christ est considéré au rang de bœuf à lapider (Ex21,32) pour rendre son exécution et sa mort cruelle imminente, càd, irréversible. Le paradoxe c'est que dans ce geste de trahison ou le guide, maître et seigneur est mis au rang d'exclave et de vaincu par la médiation de l'initiative et des actes de Judas Iscariote, celui-ci accompli sans le savoir la prophétie deuteronomique. Un autre paradoxe est celui de constater qu'en accomplissant la trahison de Jésus-Christ et en le mettant au rang d’esclave pour faciliter son exécution au rang des criminels, Judas Iscariot se met lui-même au rang des maudits de Dieu et assure la lignée des malédictions divines auprès des personnes, des familles, des sociétés et des communautés ecclésiales qui suivraient son exemple en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. « Maudit soit celui qui accepte un présent pour frapper mortellement une vie innocente.- Et tout le peuple dira: Amen. « Dt27,25 »).

     

    La corruption aveugle les témoins oculaires et ruine leur clairvoyance et leur liberté mais aussi leur autonomie et leur responsabilité. Il y a des présents qu'il faut éviter dans la vie pour ne pas être lié à coopérer dans le mal, l'injustice, l'exclusion, le rejet, l'indifférence au point de trahir Jésus-Christ à la manière de Judas Iscariot ou d'être soi-même vendu et réduit à l'état d’esclave en perdant tout sens, toute idée et toute pratique de justice sociale, politique, économique, culturelle, religieuse, ecclésiale et divine en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance.(Ex23,8+). Présents et cadeaux lient au lieu de délier les bienfaiteurs et les bénéficiaires. Ils réduisent les liens de fraternité et de respect de l'égale dignité et liberté aux liens dissymétriques des maîtres et des esclaves. Présents et cadeaux appellent à la reconnaissance lisible et visible des actes généreux et de leurs promoteurs dont les motivations profondes résident dans le maintien du statu quo, de la domination, de la séquestration sociale carcérale et de l'exploitation plurielle des faibles, des pauvres, des esclaves. Jésus-Christ fut vendu et trahit par Judas Iscariot aux grands prêtres et aux anciens, avons-nous dit à valeur des trente sicles d'argent, que coute un esclave mais aussi le montant de la paie que les dirigeants politiques de l'époque donnent aux prophètes pour mieux se moquer d'eux et de leur Dieu car ce prix est vraiment dérisoire à comparer avec le salaire du gouverneur (Za11,12); Mt27,s;Mc14,10-11. En recevant trente sicles d'argent, Judas Iscariot est paradoxalement reconnu par les grands prêtres et les anciens comme le prophète qui leur permet de réaliser l'accomplissement des Écritures en mettant fin à l'existence terrestre de Jésus-Christ réduit au rang d’esclave et de criminel. Cette nouvelle donne suscite des réjouissances pour avoir signé l'arrêt de mort de Jésus-Christ et la victoire de la corruption et du pouvoir de l'argent permettant de venir au bout de tout. Paradoxalement, en étant réduit au rang d’esclave par l'acte de trahison de son frère apostolique, Jésus revoit l'accomplissement de la Parabole du festin nuptial dans la lignée prophétique où il se place comme l'accomplissement et plus que prophétique des Écritures qui ouvrent le salut réserve aux juifs à l'humanité toute entière dans le sacrifice de la nouvelle alliance (Mt22,1-10).

     

    Il incorpore sa donation sacrificielle dans l'intelligence de la mort prématurée du Juste qui

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    dévoile la culpabilité des consciences torturées par les péchés, l'aveu, la confession, la conversion et la contemplation du crucifié (Sg4,7-19). La mort du traître Judas Iscariot fût soudaine, ignominieuse et connue en direct par tout Jérusalem (Ac1,19). Cette présentation de la mort de Judas diffère de celle de Mt27,3-10. Il ne meurt plus par pendaison comme Ahitophel, 2S17,23, mais par chute comme les impies de Sg4,19 et avec effusion d'entrailles comme maints criminels des légendes folkloriques. Le sang du champ n'est plus celui de Jésus, mais celui de Judas. A travers ces divergences de traditions populaires, on pressent le fait réel d'une mort soudaine et ignominieuse du traître, rattachée tant bien que mal à un lieu mal famé et connu de Jérusalem, le Hakeldama. Pierre prend l'initiative apostolique de procéder au remplacement de Judas Iscariot pour assurer au collège des douze la tâche initiale des témoins du Ressuscité (Ac1,21) dans l'unité, la communion et la collégialité afin de continuer la mission d'évangélisation planétaire. Le critère d'élection et de choix est celui des témoins oculaires et de la fidélité dans le compagnonnage, la proximité, l'intimité, l'amitié, la fraternité de Jésus-Christ dès son baptême par Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain jusqu'à son ascension ou élévation au ciel. C'est parmi les disciples fidèles de Jésus-Christ que l'on choisit le remplaçant et successeur de Judas Iscariot, l'un des douze qui s'est auto-exclus par la fascination de la traîtrise, du pouvoir, de l'argent et qui s'est trouvé exclu par la fraternité de la cruauté, de la corruption au point de se suicider car ayant perdu ses liens initiaux au sein de la fraternité apostolique.

     

    Le nouveau témoin planétaire du Ressuscité qui doit compléter le collège des douze pour demeurer cohérent à l'injonction du Maître, Seigneur et Sauveur (Ac1,8) est choisi au cours d'un conclave où l'on présente Joseph dit Barsabbas, surnommé Justus et Matthias à Pierre (Ac1,23).// Ac13,9+. Le mode archaïque d'élection, à savoir tirer au sort le candidat, l'élu est précédé par la prière collégiale à l'issue d'une réflexion approfondie et lucide mais aussi d'une étude approfondie de la volonté du Seigneur par la médiation de l'accomplissement des Écritures, et surtout de la volonté initiale de Jésus-Christ de fonder son Église et de la laisser entre les mains du collège apostolique constitué des douze pour le conduire, le gouverner, l'administrer et le sanctifier en vue de la construction du Royaume de Dieu. « Alors ils firent cette prière: « Toi, Seigneur, qui connais le cœur de tous les hommes, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans le ministère de l'apostolat, la place qu'a délaissée Judas pour s'en aller à sa place à lui » (Ac1,24).// Ac15,18;Jr11,20+;Lc16,15;Ap2,23. L'appel et le choix au ministère apostolique relève de la souveraineté exclusive du Seigneur pour le salut des âmes et la construction du Royaume de Dieu. Le collège apostolique et ecclésial implore le Seigneur pour qu'il envoie le discernement de la vocation apostolique à ses membres éclairés par la force et la grâce de l'Esprit-Saint afin qu'ils choisissent le ministre apostolique qui correspond au cœur de Dieu pour le service apostolique et ecclésial planétaire. Comme le souligne l'apôtre Jacques qui occupe la première place dans l’Église de Jérusalem à cette date (Ga2,9; Ac12,17, les apôtres sont appelés à compter exclusivement sur Dieu qui connaît les cœurs de tous les hommes et qui fait connaître toutes ces choses depuis des siècles pour le choix et l'appel au ministère apostolique, épiscopal, sacerdotal et diaconal (Ac15,18). Malgré que l'apôtre Jacques occupe la première place dans l’Église de Jérusalem, une variante diminue son importance: «  C'est pourquoi, pour ce qui est de moi... »(Ac15,19).

     

    Les apôtres sont appelés à compter exclusivement sur Dieu qui appelle et choisit qui il veut de manière souveraine pour le mettre à son service, et au service du ministère apostolique, patristique, conciliaire, ecclésial, épiscopal, sacerdotal et diaconal et aux différents charismes, services et ministères dans l’Église, dans la société et dans le monde au niveau local et planétaire. Ils ont à cultiver la force et la grâce de l'assurance de la foi inébranlable sur Dieu, Yahvé Sabaot, le Dieu de Jésus-Christ qui juge avec justice, qui scrute les reins et les cœurs et qui écoute et exhausse les prières de demande, d'invocation, de convocation, de supplication, d'intercession, d'adoration, de contemplation, de louange, d'action de grâces et de révolte.(Jr11,20+).//Jr20,12;Jr17,10;1R8,39;Ps7,10;Ps44,22;Ps139,13;Pr17,3;Jr32,19;Ps62,13;Mt16,27.

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    Dieu, Yahvé, le Dieu de Jésus-Christ connaît la conduite et les œuvres de chacun et sait rendre à chacun selon sa conduite et ses œuvres au temps du salut (Jr17,10). Il connaît le cœur de chacun et de tous pour écouter, pardonner et agir en sa faveur ou en sa défaveur (1R8,39). Dieu connaît les cœurs des personnes justes mais aussi les cœurs des personnes malicieuses (Ps7,10). Il sait percevoir les secrets du cœur humain.(Ps44,22). Dieu est le créateur de tout être humain (Ps139,13). C'est pour cela qu'il connaît le cœur de l'homme et ses pensées les plus secrètes sans ignorer que tout être crée à l'image et à la ressemblance de Dieu est une merveille aux yeux du Créateur (Ps139,14). La personne humaine, crée à l'image et à la ressemblance de Dieu est appelé à réaliser des œuvres merveilleuses pour participer, collaborer et contribuer à la construction du sens, du Royaume de Dieu et à la croissance en humanité et en spiritualité en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Dieu éprouve les cœurs par la fascination de l'argent et de l'or pour apprendre à choisir s'il faut compter exclusivement sur l'argent et sur l'or ou s'il faut compter exclusivement sur Dieu pour se mettre totalement à son service, au service de l'humanité, de l’Église, de la société, du monde et du Royaume de Dieu.(Pr17,3); Pr27,21;Jr11,20+. La prière apostolique qui précède le choix de Matthias pour remplacer Judas Iscariot rejoint la prière de foi exclusive en Dieu du prophète Jérémie stipulant que rien n'est impossible à Dieu: « Ah. Seigneur Yahvé, voici que tu as fait le ciel et la terre par ta grande puissance et ton bras étendu. A toi rien n'est impossible. Tu fais grâce à des milliers, mais punis la faute des pères, à pleine mesure, sur leurs fils après eux. O Dieu grand et fort dont le nom est Yahvé Sabaot, grand dans tes desseins, puissant dans tes hauts faits, toi dont les yeux sont ouverts sur toutes les voies des humains pour rendre à chacun selon sa conduite et d'après le fruit de ses actes. » (Jr 32,17-19).// Ex34,6-7;Ps33,13-15).

     

    C'est la doctrine de la rétribution personnelle enseignée par les prophètes, surtout Ézéchiel, cf. Ez 14,12+, par les Sages et les Psalmistes, cf. Ps 37,1+, et par le N.T. Mt 16,27; AP2,23. «  A toi, Seigneur, l'amour; et ceci: toi, tu paies l'homme selon ses œuvres » (Ps62,13). Le critère suprême du discernement de l'appel, du choix et du ministère apostolique, épiscopal, sacerdotal, diaconal, ecclésial réside dans la conduite de l'appelant par la médiation de sa réponse généreuse à l'appel où son option fondamentale est surdéterminée soit par l'amour de l'argent ou par l'amour de Dieu. Jésus-Christ l'a confirmé: «  Les pharisiens, qui sont amis de l'argent entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. Il leur dit: « Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu » (Lc16,14-15). La flatterie et les mépris des autres, le racisme sont des attitudes, des conduites et des actes malveillants qui ne permettent pas de considérer leurs auteurs dignes du service ministériel, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésial, épiscopal, sacerdotal, diaconal, chrétien, catéchétique pour la construction du sens, mais également celle du Royaume de Dieu et pour la croissance en humanité et en spiritualité pour le bien commun temporel et spirituel local et planétaire. (Lc18,9).// Lc16,15; Mt6,1;Mt23,28.

     

    Aux yeux des juifs, être au service de Dieu et de ses frères en humanité et en spiritualité de manière crédible et cohérente exige principalement la pratique de l'aumône (Mt6,2-4); de la prière (Mt6,5-6) et du jeûne (Mt6,16-18). Se faire remarquer par des coups d’éclats amène à flatter les gens (Mt6,1). La personne qui fait semblant d'être juste, honnête, transparente, objective, rationnelle, radicale lorsqu'en réalité elle sait en âme et conscience qu'elle joue et transpire à fond l'hypocrisie en étant cinéaste, comédienne, féline, diplomate, fourbe, pleine d'iniquité est malheureusement corrompue de manière systémique (Mt23,28). Mt7,23;Mt13,41;Mt24,12. La corruption la plus horrible et lamentablement dangereuse est celle de la prostitution de la doctrine par la pseudo prophétesse de la secte des Nicolaïtes, au nom symbolique « Jézabel » cf (2R9,22) . Dieu ne pardonne pas ceux qui qui ont embrassé cette doctrine et qui refusent de se repentir comme l'indique l'Ange de l’Église de Thyatire. (Ap2,18-24).

     

    Revenons à la prière apostolique qui précède le choix du remplaçant de Judas Iscariot. Les

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    apôtres sont ouverts aux disciples fidèles qui ont accompagnés Jésus-Christ depuis le baptême de Jean-Baptiste jusqu'à l’ascension. Après avoir invoqué le Seigneur, ils précisent la raison du choix dans leur prière collégiale adressée à Dieu. « Pour occuper, dans le ministère de l'apostolat, la place qu'a délaissée Judas pour s'en aller à sa place à lui » (Ac1,25). Le ministère apostolique de l'apostolat constitué des douze par le Christ est la raison d'être de la prière et du choix par le mode traditionnel électoral qui détermine le remplacement de Judas Iscariot. « Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut mis au nombre des douze apôtres » (Ac1,26). Ce mode archaïque d'élection, Ex 33,7+; 1S14,41+; Lc1,9, fera bientôt place dans la communauté primitive à un procédé moins mécanique, cf.6,3-6;13,2-3. Matthias fut mis au nombre des douze apôtres. Texte occ.;cf Mc3,14+. Il est intéressant de mieux expliquer et de comprendre le mode archaïque d’élection ou la démocratie archaïque prophétique. Dans la tradition prophétique, le prophète se référait à Dieu pour que celui-ci tranche sur l'identité du coupable ou non afin que ce soit Dieu lui-même qui établit la vérité et la justice. Pour ce faire il consultait Dieu à partir de deux dès contenus dans une boîte. Cette consultation plus ou moins divinatoire est l'ancêtre du choix par la médiation du tirage au sort et mieux l'ancêtre du processus démocratique archaïque de l'élection. «  Saül dit à Yahvé: « Yahvé, Dieu d'Israël, pourquoi n'as-tu pas répondu à ton serviteur aujourd'hui? Si la faute est sur moi ou sur Jonathan, mon fils, Yahvé, Dieu d'Israël, donne urim; si la faute est sur ton peuple d'Israël, donne tummim » (1S14,41+). Jonathan sera reconnu coupable mais il sera sauvé par le peuple. (D''où l'adage ce que veut le peuple, Dieu le veut ). La parole de Saül à Dieu est presque totalement reconstituée à partir du grec, car l'hébr. A fait un saut du premier « Israël «  au 3°. Le texte montre comment on consultait Dieu à partir de deux dès contenus dans une boîte ou éphod; on les appelait urim et tummim ( la valeur des mots est incertaine ) et on leur donnait une signification conventionnelle. C'était donc une réponse par oui ou par non,cf 23,10-12, et la consultation était parfois longue. Le maniement des sorts était réservé aux prêtres lévites, Nb 27,21; Dt 33,8. L'usage tomba en désuétude après le règne de David et ne fut pas rétabli, cf. Esd 2,63: Ne 7,65. Mais le nom resta attaché à un détail du costume du grand prêtre, cf.Ex28,30; Lv8,8 et Ex28,6+.

     

    Dieu donne la force et la grâce de discernement prophétique, l'intelligence et la sagesse de la foi et les paroles justes pour arracher, détruire, semer, construire, révéler, relever, nourrir son peuple en rejoignant les aspirations profondes, les désirs secrets, les besoins et les attentes de chacun au plus profond de son cœur, de son esprit et de son âme. Dieu permet au prophète de démasquer les faux semblants, les idéologies dévastatrices et malicieuses, la vérité du cœur humain (1R14,5), et la vraie identité de chacun. Dire la vérité à chacun, dénoncer les péchés individuels, sociétaux et structurels afin d'inviter les coupables, les pécheurs à la conversion réelle est un devoir prophétique majeur, tout comme celui consistant à trouver une seconde voix ecclésiale pour les personnes blessées dans la vie par des expériences vitales liées à la sacramentalité et au paradoxe entre l'exigence de fidélité et l'exigence anthropologique de la faillibilité. Le parallélisme entre le roi Jéroboam Ier (931-910) et Judas Iscariot réside d'abord dans le choix que Dieu a fait à chacun pour être à son service, pour accomplir sa divine volonté, ce qui lui plaît d'une part et d'autre part dans le reniement radical de la volonté de Dieu par la suite en agissant mal pour se fabriquer d'autres dieux, des idoles fondues pour le roi Jéroboam Ier et la trahison de Jésus pour trente pièce par Judas aux anciens et grands prêtres afin d’accélérer son exécution. La fin tragique de Judas Iscariot par le suicide et celle de Jéroboam Ier frappé par le malheur de l’extermination de sa maison où il cède le règne à son fils Nabab entrent dans l'économie de l'intelligence, de la sagesse, de la force, de la puissance et de la justice divine pour l'accomplissement des promesses et de la Parole de Dieu (1R14,1-20).

     

    La consultance prophétique pour connaître les desseins de Dieu afin de prendre des décisions importantes même dans la conduite ou non de la guerre, rencontre le succès de la part des faux prophètes acquis au statu quo et à la dévotion du roi (1R22,5,8) et le rejet, voir l'échec des vrais prophètes massacrés ou persécutés par Jezabel (1R18,4,13;1R19,1);(1R22,8). Les rois (comme le

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    Roi de Juda) consultaient régulièrement les prophètes pour connaître la volonté de Dieu et agir en conséquence de manière crédible et cohérente (2R3,11). Parfois les rois envoyaient des gens avec des présents pour aller trouver les prophètes afin d'avoir la consultation au nom du roi pour sa guérison ( 2R8,8). Le ministère prophétique de la consultance est un ministère divin de guérison et de pré-science où le prophète parle face à face à Dieu qui lui révèle ses desseins cachés sur les rois et décideurs politiques, publics (1 S23,10-12). Les sorts sacrés étaient dans l'éphod, un objet que le prêtre portait devant Dieu à l'autel lors de la célébration et du fumoir d'encens pour discerner la volonté de Dieu à l'époque des juges dans le cadre du ministère de consultance. (1S2,28; 1S14,3; 1S23,6; 1S30,7; 1S14,18s; 1S23,9s; 1S30,8; 1S 14,41; Jg17,5; Jg18,14. L'éphod de Gédéon, Jg8,26s sera condamné comme un symbole idolâtrique et il n'est plus mentionné dans les récits postérieurs à David (une allusion en Os 3,4). Le prêtre (ELEAZAR) exerce le ministère de la consultance de la volonté divine lors de la célébration du rite de l'Urim du temps où Josué fut chef de la communauté (Nb27,21). Dieu distribue souverainement ses urim et ses Tummim à qui il veut et comme il veut lors de ces rites où le prêtre célèbre le ministère de consultance (Dt33,8).// 1S14,41; Nb20,1-13+. Josué s'attache à l'arche jour et nuit dans la Tente pour être en présence de Dieu. Il parle avec lui face à face en exerçant le ministère de la consultance de la volonté divine de manière contemplative sur chaque membre de la communauté, sur le peuple, sur le roi et sur les chefs politiques, religieux, économiques, sociaux, culturels, financiers. Ces différents chefs demandent à Josué ce service religieux prophétique pour connaître la volonté de Dieu sur chacun et sur tous, pour prendre des décisions majeures et importantes et pour obtenir le ministère providentiel de vigilance et de guérison.

     

    Moïse se révèle comme l'intermédiaire entre Dieu et son peuple par la médiation de son ministère de prière en présence du Seigneur dans l'arche où il parle devant Yahvé avec lui en ôtant son voile. Et à la sortie de son entretien singulier avec Yahvé; il rend compte au peuple des ordonnances divines (Ex34,34). Pour marquer l'abîme entre la sainteté divine et l'indignité de l'homme, le prophète Moïse qui se met en présence de Dieu pour parler face à face avec lui se couvrait de son voile afin de ne pas voir ni entendre Dieu en direct de peur de mourir (Ex33,20). IL y a un tel abîme entre la sainteté de Dieu et l'indignité de l'homme, voir, Lv17,1+, que l'homme devrait mourir de voir Dieu, Ex19,21;Lv16,2;Nb4,20,cf.6,25+, ou seulement de l'entendre, Ex20,19;Dt5,24-26;cf.18,16. C'est pour cela que Moïse, Ex3,6, Élie, 1R19,13, et même les Séraphins, Is6,2 se voilent la face devant Yahvé. De rester en vie après avoir vu Dieu, on éprouve un étonnement reconnaissant, Gn32,31; Dt5,24, ou une crainte religieuse, Jg6,22-23;13,22; Is6,5. C'est une rare faveur que Dieu fait, Ex 24,10-11, Dt 5,4, particulièrement à Moïse, comme à son « ami », Ex 33,11; Nb12,7-8; Dt34,10, et à Élie, 1R19,11s, qui seront témoins de la Transfiguration du Christ, cette théophanie du Nouveau Testament, Mt17,3p, et resteront, dans la tradition chrétienne, comme les représentants éminents de la grande mystique (avec saint Paul, 2Co12,1s).

     

    Dans le Nouveau Testament, la « gloire » de Dieu, cf. Ici v.18 et Ex24,16+, se manifeste en Jésus, Jn1,14+; 11,40; cf2Co4,4,6, mais Jésus seul a contemplé Dieu son Père, Jn1,18; 6,46; 1Jn4,12. Pour les hommes, la vision face à face est réservée à la béatitude du ciel, Mt5,8; 1Jn3,2; 1Co13,12. Dieu se révèle à ses prophètes par les médiations de la vision et du songe à partir desquels il leur parle car le prophète divin est par essence visionnaire et rêveur, en ayant des rêves diurnes, éveillés et des rêves nocturnes, prémonitoires. Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament a eu le rare privilège d'être choisit par Dieu comme son ami et son précieux serviteur, homme d'une extrême humilité, l'homme le plus humble que la terre ait porté (Nb12,3);(Ex3,11; Ex4,10;Si45,4). Moïse a eu la confiance totale évidente de Dieu qui l'a élevé au rang de ses amis les plus précieux pour lui révéler sa propre gloire et lui parler en direct face à face sans énigmes (Nb12,8) en lui confiant toute sa maison. Et oui Dieu parle à ses prophètes parfois par la médiation des énigmes, excepté pour Moïse.(Nb12,7-8).// He 3,2-5; Ex33,11+; 1Co13,12; Ex33,20+; Dt34,10. Cela répond à la plainte d'Aaron et de Miryam (Nb1é,2) au mode ordinaire du prophétisme,v.6 (Miryam est elle-même une prophétesse, Ex15,20), Dieu oppose l'intimité qu'il a avec Moïse,cf.

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    Ex33,11+ et 33,20+. D'autres ont reçu par exception une part de son esprit, 11,25. Sans doute, après la mort de Moïse, Dieu suscitera une lignée de prophètes, Dt18,15,18+, mais Moïse restera le plus grand, Dt34,10, jusqu'à Jean-Baptiste, le Précurseur de la Nouvelle Alliance, Mt11,9-11p. Moïse est l'un des représentants éminents de la grande mystique chrétienne pour avoir eu la rare faveur divine d'être ami de Dieu et de parler face à face avec Dieu comme un homme parle à son ami. Moïse fut le médiateur entre Dieu et son peuple. Il a eu un dialogue, un colloque singulier avec Dieu dans la Tente.Il a porté à Dieu dans ce dialogue les aspirations, les attentes, les inquiétudes, les questions, les demandes, les interpellations du peuple devant lequel il était responsable. Et il devrait rendre compte au peuple des ordonnances divines issues de son colloque singulier avec Dieu. Dieu prend souverainement l'initiative et la décision de parler face à face avec qui il veut et comme il veut en l'établissant comme son ami et cela en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. Tel fut l'exemplarité du choix de Moïse, ce plus grand prophète de l'Ancien Testament, mieux le plus grand mystique de l'Ancien Testament (Nb12,7-8). «  Il ne s'est plus levé en Israël de prophète pareil à Moïse, lui que Yahvé connaissait face à face «  (Dt34,10); Jn15,15; Jos11+; Si45,1-5; Jr15,1; Jn1,17. La vision de Moïse englobe toute la Terre promise dans laquelle il n'entrera pas, cf.4,21, mais dont il prend ainsi possession pour le peuple, comparer Gn 13,14-15. Le prophète est éminemment visionnaire et pragmatique par excellence pour le bien commun temporel et spirituel; celui-ci est notamment sociétal, familial, local, régional, communautaire, national, ecclésial, international, supra-national, mondial et planétaire. Le prophète est l'instrument de la main puissante de Dieu, de la terreur divine, des signes et prodiges divins. Dieu se sert de lui pour amplifier la conversion des coeurs, la contemplation de la croix du Christ et de la gloire de Dieu dans le trame existentiel pluriel de l'histoire des familles, des hommes, des sociétés, des civilisations, des cultures, des Églises. Ce service prophétique divin mais aussi pleinement humain en vertu du mystère de l'incarnation est exercé en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance au niveau micro et macro planétaire. Il consiste à ajuster les actes prophétiques pluriels à la révélation cosmique, historique et eschatologique.

     

    Les grands mystiques chrétiens du Nouveau Testament demeurent des prophètes qui ont la rare faveur divine christologique d'être des amis de notre Seigneur Jésus-Christ à partir de sa souveraine initiative, décision et choix sans mérite exceptionnel des personnes concernées. Les amis de prédilection de Jésus-Christ sont souverainement choisis par lui pour basculer du statut des serviteurs au statut prophétique d'amis partageant de manière particulièrement rare l'esprit de Jésus-Christ lui-même par la médiation de leurs yeux, de leurs cœurs, de leurs bouches, de leurs paroles et de leurs actes pluriels. «  Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jn15,15); Lc12,4. Jésus-Christ choisi souverainement ses amis et les établit souverainement au service de la construction du sens et de la croissance en humanité et en spiritualité au niveau local et planétaire pour poursuivre la construction du Royaume de Dieu sur terre et dans le monde avenir pour le devenir de l'humanité réconciliée. «  Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimez les uns les autres « (Jn15,16-17).// Dt7,6+; 1Jn4,10;Rm6,20-23;Jn15,2+; Jn14,13+;Jn13,34. Les amis de Jésus sont des prophètes qui ont dépasses le statut de serviteurs. Ils sont libérées de la peur, de la crainte de croire, de célébrer, de vivre et de témoigner du Ressuscité dans tous les secteurs de l'existence privée et publique, ecclésiale, sociétale en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Ils ne reculent même pas devant les menaces de la mort (Lc12,4) et parlent ouvertement et sans crainte.(Mt10,28-31).

     

    Jésus n'a pu délivrer son message que de façon voilée, parce que ses auditeurs ne pouvaient le comprendre, Mc1,34+, et que lui-même n'avait pas encore accompli son œuvre ne mourant et ressuscitant. Plus tard ses disciples pourront et devront tout proclamer sans aucune crainte. Le sens

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    des mêmes paroles dans Lc est tout différent: que les disciples n'imitent pas l'hypocrisie des Pharisiens; tout ce qu'ils prétendraient cacher finirait bien par être connu; qu'ils parlent donc ouvertement. Le prophète, ami de Dieu et des hommes n'a pas peur et ne craint pas ceux qui le menacent de mort parce qu'il garde une vigilance sage et préférentielle pour ne pas tomber dans leurs pièges. Il demeure distant de ses détracteurs par la médiation d'une méfiance jurisprudentielle salutaire.

    « Tiens-toi éloigné de l'homme qui a le pouvoir de tuer et tu n'auras aucune crainte de la mort. Si tu l'approches, garde-toi d'un faux pas il pourrait t'ôter la vie. Sache bien que tu es entouré de pièges et que tu marches sur les remparts » (Si9,13); donc exposé aux flèches des ennemis, sur des filets. Le prophète du Nouveau-Testament, amis de Dieu ou de Jésus-Christ traverse les souffrances, la pauvreté matérielle, les épreuves, les doutes, les troubles, l'abîme avec la joie secrète d'une âme juste, riche et du bonheur de communier avec le Christ à l'espérance salutaire pour témoigner en direct de son appartenance christologique et de sa richesse spirituelle en dépit des persécutions locales (1P3,14); Is8,12;Mt10,26-31; Lc12,11-12;1Tm6,12-15; 2Tm4,17;Ep2,12;1Th4,13. «  Je connais tes épreuves et ta pauvreté-tu es riche pourtant- et les diffamations de ceux qui usurpent le titre de Juifs-une synagogue de Satan plutôt. Ne crains pas les souffrances qui t'attendent: voici, le Diable va jeter des vôtres en prison pour vous tenter, et vous aurez dix jours d'épreuve. Reste fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Ap2,9-10).// Jc 2,5; Jc3,9; Jn8,37-44; Lc22,31-33; Dn1,12,14s; 1Co9,25+. C'est l’Église du Christ qui est désormais le véritable Israël, cf. Ga6,16; Rm9,8. Les épreuves endurées par amour pour le Christ et par les amis du Christ sont toujours vécues et traversées comme étant de courte durée.

     

    Les passionnés et amoureux de Dieu sont souvent pauvres matériellement et riches dans la foi devenant ainsi des héritiers du Royaume de Dieu ( Jc2,5). // 1Co1,26-29; So2,3+; Ap2,9; Ga3,29; Mt4,17+;Jc1,12. Les chrétiens, prophètes et amis de Dieu sont incapables de maudire (cfr Lc6,28; Rm12,14; 1P3,9). Ils sont appelés à bénir en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance ceux et celles qui les persécutent, les déstabilisent, les rejettent, les excluent du bonheur de vivre ensemble dans l'égale dignité et liberté des personnes crées à l'image et à la ressemblance de Dieu. (Jc3,9). Les amis de Dieu évitent les écarts de langage ou des paroles et résistent de transformer leur langue en feu de division, de haine, de calomnie, de médisance, de mensonge, de racisme, de vengeance, de souillure, de fléau, de malédiction, de venin mortel. (Jc 3,5-10). Ils s'établissent dans la vérité en accueillant Jésus-Christ pour marcher à sa suite de manière cohérente, crédible par la médiation de leurs actes pluriels relevant du fait de croire, de célébrer et de vivre ou de témoigner de l’Évangile dans tous les lieux de leur existence privée et publique au niveau local et planétaire. Les amis du mensonge, du néant et du mal marchent à contre courant de la parole donnée et de la vérité et refusent la vérité de Jésus-Christ et de sa Parole. Ils sont sous la dépendance du diable, l'ennemi de la vérité (Jn18,37) et le Père du Mensonge (Jn8,44). Les Juifs qui refusent la vérité de Jésus (Jn8,40;cf.1P2,22, sont soumis au chef de tous les ennemis de cette vérité, cf. Jn12,31+; 13,2+; 1Jn2,14.

     

    En Jn 8,56 il est question de l'Avènement de Jésus. Jésus s'approprie ici encore une expression réservée à Dieu dans l'AT: le « Jour de Yahvé », cf. Am5,18+. Abraham a vu le « Jour » de Jésus (comme Isaïe a « vu sa gloire », 12,41) «  de loin « , cf. He 11,13; Nb24,17, dans un événement prophétique: la naissance d'Isaac, qui provoqua le « rire » d'Abraham, Gn17,17+. Jésus se donne comme véritable objet de la promesse faite à Abraham, la vraie cause de sa joie, l'Isaac spirituel. Cf. Gn12,1+ Jésus appelle, choisit et établit le collège apostolique des douze en instituant clairement la primauté et la direction apostolique de la foi à Pierre, Simon de manière souveraine et en priant pour lui car il sait qu'il sera visité par le Diable, par Satan, le Père des mensonges. Simon, Pierre devra tenir ferme dans la foi au Christ après avoir traversé les épreuves, les doutes, les troubles, l'abîme par la médiation du triple reniement pour entrer dans la logique de l'humilité extrême à la manière de Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament. Il devra se mettre à la suite du Christ, plus que Moïse, accomplissement des Écritures, Exégèse du Père, sans aucune prétention de

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    l'égaler ni de prendre sa place et pour mieux exceller tous les autres apôtres en amour du Christ et des autres par la force et la grâce de l'initiative souveraine du Christ, Vainqueur. (Lc22,31-33). Dieu met à l'épreuve ses amis mais dans les proportions raisonnables de courte durée en leur donnant la force et la grâce de traverser ces épreuves pour mieux grandir dans la connaissance et dans l'amour de Dieu et de l'humanité (Dn1,12,14s). Ces amis de Dieu consentent humblement à la discipline, à l'effort, à l'ascèse, à la prière, au sacrifice en étant fixé sur l'objectif à savoir recevoir la couronne spirituelle impérissable (1Co9,25-27). Le Passage utilise le vocabulaire sportif de l'époque. Paul invite les « forts » à l'imiter en sacrifiant leurs droits par charité, en vue de la récompense céleste, de même que les athlètes se privent de tout pour remporter le prix. Dieu libère toujours ses amis de ses ennemis (Jos11,5-9). Il prend soins et pourvoit à ses amis privilégiés qui lui obéissent humblement, lui restent fidèles en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance et lui font totalement confiance à lui, à sa Parole et à ses Promesses. Les amis de Dieu et des hommes sont des prophètes pleins de mémoire, de douceur, de fidélité, d'humilité, de vie et d'intelligence, de sainteté qui traversent des crises, des épreuves, des situations, des expériences heureuses, difficiles, douloureuses, horribles, tragiques, cruelles, ténébreuses, terribles en demeurant des hommes de bien. Ils sont des libérateurs des familles, des peuples, des cultures, des sociétés, des communautés, des paroisses, des Églises, des régions, des civilisations dans la lignée prophétique de Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament, l'homme le plus humble de la terre (Si 45,1-5).

     

    Les amis de Dieu, les prophètes d'hier, d'aujourd'hui et de demain renouvellent en permanence leur conversion intérieure à Dieu et devant Dieu au plus intime de leur conscience, de leur esprit et de leur âme et de leurs actes en secret et dans un dialogue permanent de vérité de leurs actes devant Dieu et avec Dieu mais aussi devant les hommes pour croire, célébrer, vivre et témoigner de leur vocation, mission et ministère prophétique renouvelé selon le cœur de Dieu pour la construction du Royaume de Dieu (Jr15,1-21). Les actions humaines des prophètes, amis de Dieu à l'exemple de Moïse sont traversées de part en part par des actions divines et la Transcendance qui transforment leurs actions symboliques et leurs vies en symbole et signes de la libération, de la délivrance, du relèvement et de la surabondance de la grâce et du don pour la construction du sens et de la fraternité spirituelle réelle locale et planétaire enracinée dans la sacramentalité baptismale et l'ecclésialité ouverte à l'humanité réconciliée. Jr 18,1+; Os1; Os3; Is8,18;Ez24,15-24. Cette humanité reconciliée trouve ses fondamentaux dans le Christ, Alpha et Oméga, Fils Unique de Dieu, Exégète du Père, accomplissement des Écritures et plus que Moïse, surabondance de la grâce de la Nouvelle Alliance. « Car la Loi fut donnée par l'entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l'entremise de Jésus Christ » (Jn1,17).// Dt 34,10; Jn15,15; Jos 1,17.

     

    Les prophètes cherchent à mieux connaître Dieu, c'est-à-dire sa sainte et divine volonté en sachant que Dieu est le premier qui les connaît et qui leur donne la force et la grâce particulière pour chercher à le connaître, pour l’aimer et le servir à travers son œuvre, sa création, son humanité, son Royaume de Dieu à l'exemple de Moïse (Dt34,10). // Ex33,11+; 20+; Nb12,6-8; Si45,1-5; Jr1; Jn1,17. L'être et l'agir prophétique constituent avec ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains des médiations des signes, prodigues, puissance et terreur de Dieu à l’œuvre dans l'existence concrète privée, publique, ecclésiale, sociétale, locale et planétaire. Le prophète allume le feu de l’émerveillement, de la contradiction, de la contemplation, de la louange, de l'adoration, de la supplication, de l'intercession, de la conversion et du désir de connaître Dieu auprès de ceux et celles qu'il rencontre par la médiation de ses attitudes, conduites, comportements, regards, perceptions, représentations, manières d'être, d'agir, de parler, de s' émouvoir, de souffrir, de vivre, de s’émerveiller, de jouir, de jubiler, de savoir, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir-devenir. La spécificité du prophète est d'être réellement ami de Dieu, du Christ non seulement au niveau personnel mais aussi au niveau ecclésial par la médiation de la sacra mentalité baptismale. L'ami prophétique est celui qui entre dans l'intimité du Christ pour écouter, connaître et accomplir la volonté divine du Père Céleste pour chaque personne crée à

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    l'image et à la ressemblance de Dieu, pour l'humanité et pour la Création toute entière par la médiation de la Nouvelle Alliance en vue de la construction du Royaume de Dieu à travers la construction du sens et la croissance en humanité et en spiritualité au niveau local et planétaire.(Jn15,15). Le prophète accomplit une mission divine libératrice sur terre dans l’Église, dans la société et dans le monde dans la profonde communion avec la succession patriarcale, prophétique, apostolique, patristique, conciliaire et ecclésiale en exécutant de manière vigoureuse et cohérente la sainte volonté divine dans une fidélité exclusive à la Parole de Dieu, à ses promesses. (Js11+). Selon la tradition chrétienne, dans l'Ancien Testament la grande mystique chrétienne a pour représentants éminent, Moïse (Ex33,11; Ex33,20+; Nb12,7-8 et Élie (1R 19,11s). Jusque là nous avons réfléchi sur le prophète Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament qui a été l'homme le plus humble que la terre aie connu. Élie, l'un des rares prophètes aussi à avoir la faveur divine d'être ami de Dieu passe également par l'expérience de conversion personnelle. Élie fut méchant et cruel pour avoir massacré des prophètes.(1R19,1). Sous la menace de subir le même sort punitif de la part de Jézabel, Élie va trouver son salut dans la fuite pour sauver sa peau (1R19,2-3). Conscient d'avoir brisé l'Alliance de Dieu comme ses pères, Élie va chercher à fuir pour trouver refuge dans le Seigneur Dieu lui-même au lieu de sa révélation à Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament. Dans sa traversée du doute, du trouble, de l'abîme et de la détresse, Élie sera touché particulièrement par le secours divin à travers la médiation de son ange qui le réveillera trois fois de son sommeil pour l'inviter à manger une galette cuite sur les pierres chauffées et à boire de l'eau afin de retrouver les forces qui lui permettraient de fuir jusqu'à la source de la révélation de Dieu à Moïse.(1R19,4-8).// Ex24,18; Mt4,1.

     

    Pourquoi l'Horeb ? Cf. Ex19,1+. Voulant sauvegarder l'alliance et rétablir la pureté de la foi, Élie ira à l'endroit où le vrai Dieu s'est révélé, Ex3 et 33, 18-34,9 et, où l'alliance a été conclue, Ex19;24;34,10-28: Il rattache directement son œuvre à celle de Moïse. Rapprochés par la théophanie de l'Horeb, Moïse et Élie le seront aussi à la Transfiguration du Christ, cette théophanie du NT, Mt17,1-9p. La rencontre entre le prophète Élie et Dieu ne se fait pas dans l'Ouragan, le tremblement de terre, les éclairs qui manifestaient en Ex19 la présence de Dieu, mais dans l'intimité de son entretien avec ses prophètes (1R19,9-18).// Ex3,6+; Ex33,20+. C'est dans cette intimité de cœur à cœur avec Dieu dans la prière et dans un dialogue personnel que Dieu se révèle à ses prophètes comme Élie dans le creux du rocher où se blottit Moïse pendant l'apparition divine (Ex33,22). La révélation de Dieu à Élie se fait par la médiation d'une voix intérieure qui pose question: « Que fais-tu ici, Élie »(1R19,9,13), qui donne des missions: « Sors et tiens-toi dans la montagne devant Yahvé » (1R19,11); « Va, retourne par le même chemin, vers le désert de Damas. Tu iras oindre Hazaël comme roi d'Aram. Tu oindras Jéhu fils de Nimshi comme roi d'Israël, et tu oindras Élisée fils de Shaphat, d'Abel-Mehola, comme prophète à ta place » (1R19,16). Ces missions seront en fait accomplies par Élisée. Le prophète est un solitaire rempli d'intimité dialogale avec Dieu. Il se laisse interpeller par lui, en permanence tout en exprimant à Dieu ses joies, ses craintes, ses peurs, ses risques, les menaces sur sa vie, l'irréversibilité d'être piégé, attrapé, tué, le pourquoi de sa fuite. Mais en définitive le prophète exécute les ordres divins, car il se met totalement à la disposition de Dieu. Il compte exclusivement sur Dieu, lui fait confiance dans l'absolu pour rebondir et repartit de nouveau. Il poursuit sa route pour accomplir la mission qui lui a été confiée avec la ferme conviction que rien n'est impossible à Dieu, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance.

     

    Le vrai prophète est un instrument de passerelle qui établit les ponts et transmet la lumière prophétique à un autre prophète qui accompli réellement ce qu'il a commencé. Le prophète authentique ne goûte pas aux fruits de ses visions, de ses combats, de ses perceptions et de ses réalisations. Par la grâce et la force spéciale divine qui permet à Dieu de faire de lui un véritable ami, il sait que quand il a tout fait, il n'a fait que son devoir comme serviteur inutile parce que justement il suscite et transmet le témoin, la petite flamme de l'espérance à la succession

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    prophétique ininterrompue comme Élie fit à Élisée. «  Il partit de là et il trouva Élisée fils de Shaphat, tandis qu'il labourait douze arpents, lui-même étant au douzième. Élie passa près de lui et jeta sur lui son manteau « (1R19,19). Le manteau symbolise la personnalité et les droits de son possesseur. De plus, le manteau d’Élie a une efficacité miraculeuse, 2R2,8. Élie acquiert ainsi un droit sur Élisée, qui ne peut se dérober. En détruisant sa charrue et ses bœufs, Élisée marque sa renonciation à son premier état. Dieu visite ses prophètes par l'expérience de la brise du jour dans l'intériorité de leur cœur pour y entendre ses pas et desceller sa présence, ses signes, ses prodiges, ses énigmes, sa promenade intérieure dans la conscience, le cœur, l'âme et la raison humaine mais aussi dans les événements et dans la création afin d'appeler à l’émerveillement les âmes mystiques, prophétiques et chrétiennes. (Gn3,8); 1R19,12. Le priant s'émerveille devant la levée du soleil pour accueillir le soleil intérieur, l'étoile du matin avec la liturgie des heures. Dieu est à ce point transcendant qu'une créature ne peut le voir et vivre.(Ex3,6). Il se révèle à Moïse comme le Dieu de son Père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Le Dieu créateur, transcendant est le Maître de l'histoire, notamment de l'histoire du salut et de la construction du sens, de la croissance en humanité et en spiritualité en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance au niveau micro-local existentiel et au niveau macro-planétaire pour l’avènement du Règne de Dieu. Dans cette perspective la révélation divine est cosmique, historique et eschatologique, ouverte au monde avenir, du déjà là et pas encore nécessairement arrivé. La contemplation intérieure de Dieu ouvre à l'émerveillement devant l'infinité de la distance entre la Transcendance divine et l'immanence (Ex33,20+); Ex19,21; Gn3é,31 tout en rétablissant concrètement la proximité salutaire dans l'incarnation du Verbe fait chair.

     

    Il y a un tel abîme entre la sainteté de Dieu et l'indignité de l'homme, voir Lv17,1+, que l'homme devrait mourir de voir Dieu, Ex19,21; Lv16,2; Nb4,20, cf.6,25+, ou seulement de l'entendre, Ex20,19; Dt5,24-26; cf.18,16. C'est pour cela que Moïse, Ex 3,6, Élie 1R19,13, et même les Séraphins, Is 6,2, se voilent la face devant Yahvé. De rester en vie après avoir vu Dieu, on éprouve un étonnement reconnaissant, Gn32,31; Dt 5,24, ou une crainte religieuse, Jg6,22-23; 13,22; Is6,5. C'est une rare faveur que Dieu fait, Ex24,10-11, Dt5,4, particulièrement à Moïse, comme à son « ami », Ex33,11; Nb12,7-8; Dt34,10, et à Élie, 1R19,11s, qui seront témoins de la Transfiguration du Christ, cette théophanie du Nouveau-Testament, Mt17,3p, et resteront, dans la tradition chrétienne, comme les représentants éminents de la grande mystique (avec saint Paul, 2Co12,1s). Dans le Nouveau-Testament, la « gloire » de Dieu, Jn1,14+; 11,40; cf.2Co4,4,6, mais Jésus seul a contemplé Dieu son Père, Jn1,18; 6,46; 1Jn4,12. Pour les hommes, la vision face à face est réservée à la béatitude du ciel, Mt5,8; 1Jn3,2; 1Co13,12. La contemplation mystique de Dieu par l'âme privilégiée plonge celle-ci dans l'expérience intérieure de la nuée, du feu, de la gloire de Dieu Vivant dans son ascension transcendante au cœur de son immanence existentielle, anthropologique, sociétale et ecclésiale au quotidien, jour et nuit. (Ex13,22+). On rencontre, dans le Pentateuque, divers moyens de manifestation de la présence divine: la colonne de nuée et la colonne de feu (tradition yahviste); le « nuage obscur » et la nuée (peut-être tradition élohiste); enfin, associée à la nuée, la « gloire » de Yahvé, 24,16+, feu dévorant qui se meut comme Yahvé lui-même ( tradition sacerdotale), comp.19,16s+. Notions ou images dont a fait grand usage la théologie mystique.

     

    L'élévation mystique au sommet de la Transcendance dans l'intériorité et l'extériorité de l'immanence rend disponible l'âme privilégiée à l'écoute de la voix intelligible de Dieu pour se laisser consumer par la majesté et la gloire de Yahvé, cf Ex24,16+; par sa transcendance et la crainte religieuse qu'il inspire, cf. Jg5,4 s; P29; 68,8;77,18-19; 97,3-5; Ha3,3-15. L'ami de Dieu craint pour mieux contempler dans la prière sa transcendance majestueuse et glorifiante. Il se laisse consumer par le feu divin, par le tonnerre divin, par l'épaisse nuée divine contenus dans la puissance et le pouvoir sacramentaire de sa Parole, de ses promesses mais aussi dans ses signes, prodiges, œuvres, énigmes traversés par la révélation cosmique, historique et eschatologique. (Ex19,16-21).

     

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    Les dix paroles de vie ( le Décalogue ) Ex20,1-21; Dt5,6-21 constituent les limites à ne pas franchir par leurs transgressions pour être disposé à s’élever dans la prière, la méditation, la réflexion, les actes et la vie à transcendance en témoignant de la crainte du Seigneur, c.-à-d de Dieu. La vision directe de Dieu comporte pour l'homme un danger mortel. C'est le signe d'une faveur spéciale que d'en sortir vivant,cf. Ex33,20+; Gn32,31. Cette faveur spéciale donne la donne à Moïse pour lui parler face à face et lui convier à mettre par écrit les devoirs essentiels envers Dieu et envers le prochain que constitue le Décalogue (Ex20-.// Dt5,6-22; Ex34,10-27; Mt19,16-22+;Mt5. Dans l'état actuel du livre, le Décalogue ne s'enchaîne pas au récit qui l'encadre, 19,24-25 et 20,18-21, mais il semble qu'on le rapporte à l'ordre de parler au peuple, 19,25. Le Décalogue, les « dix Paroles » de Dt4,13; 10,4 (cf.Ex34,28), nous est conservé à deux places du Pentateuque, ici et en Dt5,6-21. Les indications de l'introduction ici (v.1), du contexte immédiat en Dt5, surtout vv.4 et 22, et de la conclusion de l'alliance en Ex24,3-8 permettent de dire que cette liste de commandements, en fait surtout des prohibitions, contient les « Paroles » de Yahvé. Le Décalogue signale au peuple les exigences de l'alliance et celui-ci s'engage, à mettre en pratique ses exigences, 24,3 et 7; cf.19,8. C'est pourquoi on parlera même d'un « livre de l'alliance », 24,4 et 7; cf.Dt5,2-3: « livre » parce que Moïse avait mis par écrit les « Paroles »; «  de l'alliance » parce que ses commandements sont les clauses de l'alliance entre Yahvé et Israël, 24,8.

     

    L'origine du Décalogue est une question disputée. Le texte actuel a derrière lui une longue histoire. Dt 5,6-21, avec le contexte immédiat, appartient à une des dernières rédactions du Deutéronome et certaines de ses formulations, surtout la motivation de sabbat,v.11, semblent appartenir à une rédaction sacerdotale, encore plus récente. Mais cela concerne les développements: explications et motivations. On peut penser qu'une liste de prohibitions ( « Honore ton père et ta mère » pouvait avoir eu une formulation négative, cf.Ex21,15,17; Dt27,16 et le sabbat est tardif dans le Décalogue) avec une introduction plus brève, « Je suis Yahvé ton Dieu depuis le pays d’Égypte » (cf. Os 12,10; 13,4), est plus ancienne, peut-être de tradition élohiste. Os4,2 serait probablement la première citation explicite d'une partie des prohibitions du Décalogue; une citation postérieure est celle de Jr7, surtout v.9. Dans l'état actuel de nos connaissances nous pouvons remonter à peu près jusqu'au VIIIe siècle et non pas jusqu'à Moïse. Le Décalogue couvre tout le champ de la vie religieuse et morale. Deux divisions des commandements ont été proposées:

    • a) vv 2-3; 4-6; 7;8-11;12;13;14;15;16;17;

    • b) vv 3-6; 7; 8-11;12;13;14;15;16;17a;17b.

    La première qui est celle des Pères grecs, a été conservée dans les Églises orthodoxes et réformées. Les Églises catholiques et luthérienne ont adopté la seconde, établie par saint Augustin d'après le Deutéronome. Le Décalogue est le cœur de la Loi mosaïque et il garde sa valeur dans la nouvelle Loi: le Christ en rappelle les commandements auxquels s'ajoutent, comme le sceau de la perfection, les conseils évangéliques, Mc10,7-21. La polémique de saint Paul contre la Loi, Rm et Ga, ne touche pas ces devoirs essentiels envers Dieu et envers le prochain. Moïse reçut les dix paroles de vie à Dieu face à face en les mettant par écrit pour le peuple sur le Mont Sinaï, l'Horeb. Cette expérience de rencontre avec Dieu face à face, réservée aux amis de Dieu (aux âmes mystiques) qui ont la rare faveur divine, fut réalisée et accomplie pleinement dans l'économie de la nouvelle alliance par la transfiguration du Christ. Celle-ci scelle l'apparition de Moïse et Élie, deux amis privilégiés de Dieu dans l'Ancien Testament qui parlent directement avec Dieu face à face et dont la lignée prophétique néotestamentaire est accordée à Pierre, Jacques et Jean. Le chiffre trois signe et symbolise ici l'éclairci du mystère de la Sainte Trinité dans la manifestation christologique provisoire de la gloire de Dieu en Jésus-Christ.(Mt17,1-13), qui lui-même suivra l'exemple de son prédécesseur, Jean-Baptiste. Celui-ci est le nouveau Élie, martyrisé, reconstituant avec Moïse et Élie le boucle inachevé de l'éclairci vétéro-testamentaire du Mystère de la Sainte Trinité dans la lignée des trois visiteurs abrahamique. Moïse, Élie et Jean-Baptiste ont le privilège divin d'être des

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    amis de Dieu qui parlent face à face avec lui et qui reconnaissent sa Transcendance dans l'immanence des cœurs, des consciences, de l'histoire et de la vie transfigurée. Que retenir de la vision mystique de l'expérience de la transfiguration du Christ sur une haute montagne ? (Mt17,1-13).// Mc9,2-8; Lc9,28-36; 2P1,16-18; Ex24,13-16. Selon la présentation de Mt, différente de celles de Mc 9,2+ et de Lc9,28+, Jésus transfiguré apparaît surtout comme le nouveau Moïse, cf.4,1+, rencontrant Dieu sur un nouveau Sinaï dans la nuée, v.5; Ex24,15-18, le visage lumineux, v.2;Ex34,29-35; cf 2 Co3,7-4,6, assisté des deux personnages de l'AT qui ont bénéficié de révélations sur le Sinaï, Ex19;33-34; 1R19,9-13, et qui personnifient la Loi et les Prophètes que Jésus vient accomplir, Mt5,17. La voix céleste ordonne de l'écouter comme le nouveau Moïse, Dt18,15; cf Ac3,20-26, et les disciples se prosternent en révérence du Maitre, cf. Mt28,17. Quand l'apparition se termine, il reste seul, « lui », v.8, car il suffit comme docteur de la Loi parfaite et définitive. Sa gloire n'est d'ailleurs que transitoire, car il est aussi le « Serviteur », V.5; Is42,1; cf.Mt3,16s+, qui doit souffrir et mourir, 16,21; 17,22-23, tout comme son Précurseur,vv.9-13, avant d'entrer définitivement dans la gloire par la Résurrection. Le Tabor, d'après l'opinion traditionnelle, certains pensent au grand Hermon, ou au Carmel, mais c'est surtout une montagne symbolique, un nouveau Sinaï, où s'opère une nouvelle révélation eschatologique. Ayant vu, le Messie déjà venu (Mt16,16) et dans sa gloire 17,1-7, les disciples s'étonnent qu’Élie n'ait pas joué le rôle de Précurseur que lui assignait Malachie. Il l'a joué, répond Jésus, mais en la personne de Jean-Baptiste, que l'on a pas reconnu. Voir Lc1,17+. Pour bien analyser les composantes du récit de la transfiguration il est recommandé d'analyser Ex24,13-16; Ex13,22+;Ex19,16+;Mt24,30+;Mt3,17;Mt12,8;Gn22,2 (LXX);Dt18,15,19;Is42,1;Dn10,9;Ha3,2 (LXX);Mc9,9-13; Mc1,34+;Mc8,20+;Si48,10;Mc3,23-24;Mt16,14+;1R19,2-10;1R16,21;1R17,22-23;1R20,17-19;1R11,10-14;Mt16,21;Mt17,22-23;Mt20,17-19;Mt11,10-14.

     

    Saint Paul est une figure du Nouveau-Testament qui est compté parmi les grands mystiques chrétiens, en ayant la rare faveur divine d'être l'ami de Dieu et de faire l'expérience de Dieu à travers sa conversion (2Co1é,1s-18). La conversion paulinienne est une expérience mystique de grande valeur dans la tradition chrétienne. Le missionnaire mystique n'exploite pas les gens auprès desquels il est envoyé pour profiter de leurs biens.(2Co12,17-18). Il se préoccupe davantage de leurs âmes et vit de façon autonome pour n'être à charge de personne. (2Co12,14). Il porte une attention particulière à l'épanouissement humaine et spirituelle de la famille chrétienne et humaine locale et planétaire dans laquelle parents et enfants assument pleinement leurs droits et leurs devoirs les uns vis-à-vis des autres et tous à l'égard et devant Dieu.(2c012,14b). Ironique, fourbe et rusé, Paul est le type du missionnaire mystique qui se sait moins aimé mais qui aime à fond les personnes, les chrétiens, les paroisses, les communautés, les Églises, auxquels il est envoyé et qui sont à sa charge comme un père et une mère aime ses enfants et espère avoir la même intensité d'amour à son égard de leur part sans se lasser à assumer et à traverser ses tracas en étant réaliste et pragmatique.(2Co12,15-16). Les grandes figures de la grande mystique chrétienne sont animées par l'esprit de fraternité, de collaboration, de coopération pour le salut des âmes, la construction du sens et la croissance en humanité et en spiritualité au niveau local et planétaire et non par l'esprit d'exploitation des personnes qui leurs sont confiées et de leurs biens (2Co12,17-18) encore moins des communautés et des Églises qui sont à leur charge.

     

    Les personnes qui ont la rare faveur divine d'être ou de devenir amis de Dieu sont des représentants éminents de la grande mystique chrétienne. Saint Paul en est un. Le mystique chrétien est habité dans son intériorité et dans son extériorité, càd dans ses actes pluriels mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains par le Christ dans le pain de sa parole, dans le pain eucharistique, dans les sacrements et dans les prières incessantes avec Dieu pour amplifier le rayonnement de ses exigences consistant à croire, à célébrer, à vivre et à témoigner de l’Évangile. La simplicité et l'humilité sont des attitudes prophétiques et mystiques du visionnaire ouvert dans son humanité, son immanence à la transcendance, aux révélations du Seigneur.

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    La vision ravissante de l'âme mystique est une expérience spirituelle vécue en direct par le privilégié, ami de Dieu élevé par Dieu lui-même jusqu'au plus haut des Cieux, au troisième ciel dans un extase où l'existence corporelle toute entière est comme transfigurée et surélevée dans un au-delà spatial et temporel où l’intéressé perd totalement prise sur lui-même éblouit par le ravissement lumineux. Cet état d'éblouissement et de ravissement fait basculer le visionnaire ravi dans un état paradisiaque au summum de l'élévation spirituelle au plus haut des Cieux pour entendre l'ineffable des indicibles Paroles afin de les consumer dans le mystère du silence de la contemplation ravissante dans un état de complétude joyeusement silencieuse et secrète non indicible dans les actes pluriels du langage humain. (2Co12,1-4).//Ex33,20+. La consommation et le fait d'être consumé dans la vision ravissante permet à l'âme mystique chrétienne à la manière paulinienne de s'ouvrir à la glorification de Dieu et d'être émerveillé par et pour la surabondance de son amour miséricordieux. Celui-ci accueille la faiblesse humaine reconnue dans l'aveu du péché et dans l'aveu de l'immanence pour amplifier la joie de la confession, de la proclamation, de la célébration et du témoignage de la transcendance . Celle-ci ouvre le chemin de l'expérience de conversion et de sainteté pour l'âme mystique qui s'abandonne totalement à elle par la médiation de la prière de louange, d'adoration, d'action de grâce, de contemplation, d'intercession, de supplication, de demande.(2Co12,4-5).

     

    L'âme mystique chrétienne est consciente de ses propres faiblesses, péchés qu'elle porte, apporte et confie à la miséricorde de Dieu, de Jésus-Christ, de Saint-Joseph, de Sainte Vierge Marie, des Apôtres, de tous les saints et de l'humanité par la médiation des visages concrets et de la sacramentalité pour mieux confesser, proclamer, célébrer, témoigner et vivre la vérité de l'homme crée à l'image et à la ressemblance de Dieu, c'est-à-dire pécheur, aimé et sauvé par Dieu dans la communion ecclésiale et sociétale locale et planétaire.(2Co12,6-7). L'âme mystique chrétienne est une âme qui s'en remet totalement au ministère divin de guérison dans une attitude non orgueilleuse mais simple, humble, honnête, reconnaissante de ses péchés, de ses fragilités, de ses vulnérabilités et animée par une confiance inébranlable et exclusive en Dieu mais aussi dans la puissance de sa miséricorde. Fort de cette conviction et dans son expérience mystique de vision ravissante au troisième ciel, saint Paul a dit: « Et pour que l'excellence même de ces révélations ne m’enorgueillisse pas, il m'a été mis une écharde en la chair, un ange de Satan chargé de me souffleter-pour que je ne m’enorgueillisse pas «  (2Co12,7). Une écharde en la chair ? Peut-être une maladie à accès sévères et imprévisibles; peut-être la résistance d'Israël, les frères de Paul selon la chair, à la foi chrétienne. Il y a des résistances encore aujourd'hui à l'accueil de la foi chrétienne, il faut l'accepter. Une âme mystique chrétienne a du cœur et ressent sincèrement de la tristesse et de la douleur pour ceux et celles qui rejettent le salut apporté par le Christ particulièrement les héritiers des promesses abrahamiques. (Rm9,2)

     

    Le souci de toutes les Églises est l'obsession majeure d'une âme mystique chrétienne à la manière paulinienne (2Co11,28). La seule arme que le ministre consacré, l'âme mystique, apostolique et chrétienne a pour mieux traverser les résistances auxquelles il est confronté dans la confession, la célébration, le témoignage et la vie de l’Évangile c'est de prier incessamment pour les membres des communautés qui lui sont confiées et pour l’Église universelle qui traverse des résistances au nom du Christ au niveau local, culturel, sociétal, civilisationnel, ecclésial et planétaire. Le ministre de Dieu est un véritable ami de Dieu. Il se met exclusivement par la force et la grâce de Dieu à son service et à celui des hommes, de l'humanité toute entière et de la création.(2Co12,8-9).//Mt26,39,42,44. A Gethsémanie, Jésus pria trois fois son Père devant la tristesse et l'angoisse de la mort imminente. Gethsémanie? Le nom signifie « pressoir à huile ». Lieu situé dans la vallée du Cédron, au pied du mont des Oliviers. Une âme mystique chrétienne traverse la tristesse, la douleur, la désarticulation, le doute, le trouble et l'abîme causé par la tentation diabolique, en comptant exclusivement sur Dieu qui ne peux jamais céder au diable.(Mt4,7). Elle est convaincue que dans sa lutte contre la tentation, la négativité, les forces obscures du mal radical,

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    Dieu prend l'initiative de prier pour lui pour qu'il découvre en lui-même la grâce puissante de son relèvement et de la confiance exclusive en Christ, en Dieu (2Co12,9).// Dt6,16. «  Il donne la force à celui qui est fatigué, à celui qui est sans vigueur il prodigue le réconfort »(Is40,29). L'endurance est requise pour marcher à la suite du Christ, sur les pas du Christ. Cette endurance est une grâce particulière joyeuse et lumineuse accordée par le Christ à une âme mystique chrétienne, amie du Christ pour traverser avec lui, par lui, comme lui, en lui et pour lui les expériences personnelles, familiales, ecclésiales, sociétales, entrepreneuriales, privées, publiques, locales et planétaires de fragilité, d'outrage, de détresse, de péchés, de persécution, d'angoisse, de guerre, de déni de l'égale dignité humaine, de racisme, de dictature, d'injustice, de cruauté, d'horreur, des massacres des innocents, d'exploitation, de terrorisme (2Co12,10). Les épreuves que Dieu envoie à ses amis dans l'exercice de leur ministère au service de Dieu et des hommes invitent les âmes de Dieu à redoubler de vigilance et de confiance en l'homme, dans la société, dans le monde et dans l’Église pour accélérer le ministère de relèvement, de fierté, d'enthousiasme, de guérison, de consolation, de comblement et de surabondance de joie dans la traversée privée, familiale, publique, ecclésiale, entrepreneuriale, étatique du doute, de trouble, d'abîme, des tribulations au niveau local et planétaire (2Co7,4). L'âme mystique chrétienne souffre pour l’Évangile et pour l’Église dans l'exercice de son ministère ecclésial et apostolique. Elle est paradoxalement une âme joyeuse qui communie et participe secrètement en direct aux souffrances du Christ et à la crucifixion contemporaine du Christ dans les cœurs, les âmes, la vie et le monde dans sa manière de vivre et de souffrir par et pour l'annonce de l’Évangile et pour l’Église.(Col 1,24).

     

    Le disciple du Christ prend en main son propre itinéraire ministériel, ecclésial et apostolique pour l'amener à terme avec persévérance et docilité. Il contemple la vie, la croix et la résurrection du Christ pour avoir comme le Christ les mêmes actes mentaux, les mêmes actes du langage, les mêmes gestes corporels, les mêmes regards, perceptions, représentations, les mêmes attitudes, conduites, comportements, les mêmes manières d'être, de vivre, de penser, de parler, d'agir, de souffrir , de relèvement, le même savoir, savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir pour l'annonce de l’Évangile et pour l’Église.(2Co7,4;12,10;2,1;Rm8,17-18;2Co4,8-10;Ph3,10;1,18). La constance de la foi patriarcale, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, ministérielle et chrétienne produit des signes, des prodiges, des miracles, des énigmes, des visions, des songes, des rêves et des actes pluriels d'autonomie désarticulatrice même aux yeux des « archiapôtres »contemporains. Elle donne lieu à la conversion personnelle et ecclésiale réelle, profonde au service de l’Évangile et de l’Église (2Co12,10-13). La construction du corps du Christ exige la construction du sens de l'unité et la croissance en unité dans la communion et le respect des diversités pour suivre la mission confiée par le Christ-Tête de l’Église à ses apôtres et à leurs successeurs en aspirant personnellement et collectivement ou ecclésialement au devenir de l'homme parfait, à la sainteté. Le Christ est le centre de la vie apostolique, ecclésiale et chrétienne qui donne la force, la grâce et la liberté d'espérer, d'aimer, de croire, de célébrer, de vivre et de témoigner de l’Évangile au quotidien, dans la famille, la paroisse, l'entreprise, l’Église, la société et le monde.

     

    Fort de cette conviction de foi, saint Paul peut confesser: « Je puis tout en Celui qui me rend fort » (Ph4,13); 2C12,9-10;Col1,29. Le ministre ordonné et les chrétiens demeurent constants dans la foi pour ouvrir leurs cœurs au Christ qui agit en en eux de manière puissante et énergétique pour mieux les accompagner à travers des expériences de doute, de trouble, d'abîme, des péchés, des fragilités, des faiblesses et des fatigues dans l'annonce, la célébration, la vie de l’Évangile, de la paroisse, de l’Église, de la société et du monde. (Col1,29).// Ph2,13;4,13;2Th1,11. Le disciple du Christ est témoin de l'espérance dans ses actes pluriels mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains motivés par la foi et la charité pour cultiver l’Évangile au quotidien au niveau local et planétaire par la grâce de Dieu (Col1,5). L'âme mystique, apostolique, ministérielle et chrétienne est passionnée de travailler sérieusement, rigoureusement avec enthousiasme pour le rayonnement de l’Évangile, le salut des âmes, la construction du sens, du Royaume de Dieu et la

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    croissance en humanité et en spiritualité. Elle travaille pour la paix intérieure et extérieure dans toutes les dimensions de l'existence privée, familiale, sociétale, ecclésiale, entrepreneuriale, publique, locale, régionale, communautaire, nationale, internationale, supra-national et planétaire par la grâce de Dieu en se laissant elle-même transformée et convertie en permanence par la surabondance de la grâce divine (1Co15,10). L'orgueil chrétien, ecclésial, ministériel et apostolique devrait consister et conduire pour saint Paul, à l’émerveillement dans la simplicité et l'humilité issue de la contemplation du travail de l'Esprit-Saint et de la grâce divine surabondante dans la fragilité, la pauvreté anthropologique, existentielle et ecclésiale du serviteur de l’Évangile, de l’Église, de la société, du monde et de l'homme, de l'humanité et de la création toute entière.(1Co2,4-5).//2Co12,12, Ac1,8+. La prédication de Paul (voir 1Co1,5 et 2Co12,12; 1C2,4-5) est accompagnée des effusions d'Esprit et des miracles. Les discours de la sagesse humaine sont persuasifs par eux-mêmes (1Co2,4). Ils entraînent chez les auditeurs une adhésion purement humaine (1Co2,5). C'est ce que Paul refuse. Sa parole est bien une démonstration (v.4), car elle manifeste l'action de l'Esprit; mais elle demande une adhésion d'un autre ordre: celui de l'Esprit. Une personne généreuse, bonne a un grand cœur. Sa foi est forte et constante lorsque celle-ci illumine son cœur, son intelligence, sa sagesse, sa lucidité critique, sa liberté, sa volonté, ses émotions, son affectivité, ses sentiments, ses passions, son cerveau. Sa conscience est éclairée lorsque sa foi forte et constante amplifie la luminosité de ses actes pluriels mentaux, de ses actes du langage, de ses gestes corporels, de ses actes humains, de ses regards, de ses perceptions, de ses représentations, de ses attitudes, de ses conduites, de ses comportements, de ses savoirs, de ses savoirs-faire, de ses savoirs-être, de ses savoirs-devenir, de ses manières d'être, de penser, de parler, d'agir, de rêver, de s'émouvoir, de souffrir, de jouir et de jubiler pour la construction réelle de la fraternité spirituelle locale et planétaire à la suite du Christ. (1Th1,5; Ps51,12; 1Co4,4+.

     

    La miséricorde divine est une grâce surabondante particulière, personnelle, ecclésiale, sociétale, locale et planétairement évangélisatrice. Elle évangélise lorsqu'elle est intériorisée, reçue et témoignée de manière apostolique, ecclésiale, ministérielle et chrétienne au niveau personnel, familial, ecclésial, sociétal, entrepreneuriale, dans les dimensions de la foi, de la célébration et de la vie. Dans ce contexte le ministère de guérison de cœur, d'âme, d'esprit, de la raison et du cerveau par la médiation du sacrement de réconciliation est source de louange, de contemplation, d'adoration, de supplication, de demande, d'action de grâce, d'exultation et de jubilation charismatique évangélisatrice et missionnaire en tout lieu, en tout temps, et en toute circonstance au niveau local et planétaire (Rm15,9).// Ex34,6; Ps 18,50. En accueillant les païens, le Christ a procuré la gloire de Dieu. Mais en se limitant durant sa vie mortelle à l'évangélisation d'Israël, cf.Mt15,24, il a surtout témoigné de la fidélité de Dieu à ses promesses, laissant pour ainsi dire aux païens convertis d'être autant de témoignages vivants de la miséricorde divine. A leur tour, qu'ils soient miséricordieux pour leurs frères, cf.12,1. La créativité apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, ministérielle, chrétienne, missionnaire et évangélisatrice ouvre des nouvelles opportunités pastorales pour l'annonce de l’Évangile, la célébration et le témoignage dans des lieux jamais atteints, périphériques ou à réevangéliser, à redynamiser, à enthousiasmer pour la construction du sens, la croissance en humanité et en spiritualité par la médiation du service joyeux de l’Évangile et de l’Église dans la société contemporaine (Rm15,19-21).//Rm1,5+; 2Co12,12+; Ac1,8+; Col1,25; 2Co1O,15-16; 1Co3,10s; Is52,15.

     

    En partant de Jérusalem jusqu'à l'Illyrie pour enflammer le rayonnement évangélique aux païens, aux non-juifs, la mission évangélisatrice paulinienne en dehors de Jérusalem témoigne des signes, prodiges, miracles de l'Esprit de Dieu et de l'accomplissement des ses promesses prophétiques isaïques au niveau planétaire. «  De même des multitudes de nations seront dans la stupéfaction, devant lui des rois resteront bouche close, pour avoir vu ce qui ne leur avait pas été raconté, pour avoir appris ce qu'ils n'avaient pas entendu dire »(Is 52,15). Cette foi dans la promesse divine faite par Dieu à travers le prophète Isaïe trouve l'urgence de son accomplissement en direct dans la foi au

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    Christ Ressuscité et à sa promesse faite à ses apôtres et disciples lors de l'Ascension. «Mais vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit-Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac1,8+).// Lc24,47-48. Les Apôtres ont pour mission essentielle de rendre témoignage de la résurrection de Jésus, Lc24,48; Ac2,32; 3,15;4,33;5,32;13,31;22,15, et même de toute sa vie publique, Lc1,2; Jn15,27; Ac1,22;10,39s. Cf. Rm1,1+. La mission des apôtres s'étend à l'univers, Is 45,14+. Les étapes ici marquées dessinent en gros le schéma géographique des Actes: Jérusalem, qui était le point d'arrivée de l'évangile, est maintenant le point de départ;cf.Lc2,38+. L'apôtre missionnaire est autonome car il travaille pour subvenir à ses propres besoins (Ac18,3+). Dans la communauté de Corinthe, Paul a travaillé pour fabriquer de tentes comme tout le monde. Bien qu'il reconnaisse le droit des missionnaires à leur subsistance, 1Co9,6-14; Ga6,6, 2Th3,9;cf.Lc10,7, Paul a toujours tenu à travailler de ses mains, 1Co4,12, pour n'être à charge à personne. 1Th2,9; 2Th3,8; 2Co12,13s, et prouver son désintéressement Ac20,33s; 1Co9,15-18; 2Co11,7-12. Il n'a accepté de secours que des Philippiens, Ph4,10-19; 2Co11,8s, cf. Ac16,15+. A ses fidèles il recommande de même de travailler pour subvenir à leurs besoins, 1Th4,11s; 2Th3,10-12, et à ceux des indigents, Ac20,35; Ep4,28. Dieu choisit ses apôtres parmi les membres de la communauté, càd des prophètes (Ac11,27+), des prêtres, des rois, des docteurs par la médiation du rite d'imposition de main au cours d'une célébration liturgique ponctuée par le jeûne, la prière, l'invocation à l'Esprit-Saint et l'imposition des mains par les apôtres qui donnent mandats au nom du Christ (1Tm4,14+); Ac6,6, ou par l'imposition des mains de la communauté (Ac13,1) qui recommande à la grâce de Dieu les nouveaux missionnaires, choisis (Ac13,2) et envoyés (Ac13,4) par l'Esprit-Saint.

     

    Sur les prophètes, voir Ac 11,27+. Le charisme propre du docteur, ou didascale, le rend apte à donner à ses frères un enseignement moral et doctrinal, normalement fondé sur l’Écriture, cf. 1Co12-14+(chap.12-chap14). Les cinq prophètes et docteurs énumérés représentent le gouvernement de l’Église d'Antioche; comp. La liste des Douze, 1,13, et celle des Sept6,5. Comme ces derniers, il semble que les cinq d'Antioche (Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaën, ami d'enfance d'Hérode le tétrarque, et Saul) soient des Juifs hellénistes. Les prières communes des chrétiens sont assimilés au culte sacrificiel de l'ancienne Loi, cf Rm1,9+. L'Esprit Saint est donné aux élus, amis de Dieu et aux disciples du Christ par l'imposition des mains des apôtres et de leurs successeurs au cours d'une célébration eucharistique où ils sont mandatés, envoyés en mission et assument un ministère particulier dans l’Église. L'Esprit-Saint est par excellence le Do de Dieu, cf A2,38; 10,45; 11,17; Lc11,9,3. Il ne s'achète pas à coup d'argent ou de corruption financière.(Ac8,18-22). L'Esprit-Saint est la promesse divine eschatologique planétaire de la Nouvelle Alliance mettant en route, en marche et en activité des chrétiens prophétiques, visionnaires, rêveurs, idéalistes, pragmatiques, réalisant le contact divin par des songes divines, éveillés et nocturnes pour permettre à Dieu de réaliser à travers eux de manière pragmatique des prodiges, des signes, des changements salutaires, salvifiques par la seule force, grâce et puissance d'invocation du Nom du Seigneur. (Ac2,17-21).


    L’esprit-saint est la puissance de conversion intérieure et extérieure des personnes injustes, perverses, cupides, malicieuses, envieuses, meurtrières, disputeures, fourbes, malignes, diffamatrices, détractrices, insulteuses, orgueilleuses, anfarones, ingénieuses au mal, rebelles à leurs parents, insensées, déloyales, sans coeur, sans pitié et qui haissent Dieu et que celui-ci haît pour les inciter à se convertir de manière radicale et obtenir le salut. (Rm1,28-32). Paul s'inspire, ici et souvent ailleurs, de listes de vices qui circulaient dans la littérature contemporaine, païenne et surtout juive: 13,13; 1Co5,10-11; 6,9-10; 2Co12,20; Ga5,19-21; Ep4,31; 5,3-5; Col3,5-8; 1Tm1,9-10; 6,4; 2Tm3,2-5; Tt3,3. cf. Encore Mt15,19p; 1P4,3; Ap21,8;22,15. L'humanité apprendra réellement à prier et à adorer Dieu de manière obligatoire le jour où elle aura conscience et féra connaissance d'un Dieu unique et personnel. Ce qui est dit de l'humanité est aussi réel pour le chrétien, le ministre de Dieu et de l’Église. Selon Saint Paul, l'Esprit-Saint porte un jugement de foi

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    sur l'usage du préservatif dans les rapports entre homme et femme. Ce jugement le voici: l'usage de préservatif est contre nature et porte atteinte aux rapports naturels (R1,26). L'homosexualité et l'état de lesbienne demeurent une infamie et un égarement au regard du jugement de foi porté par l'Esprit-Saint et éclairé par la foi selon saint Paul (R1,27). L’esprit-saint demeure un pouvoir, une force, une puissance et une grâce de conversion de tous les vices, de l'usage de préservatif, de l'homosexualité et de l'état de lesbienne. Cette conversion profonde touche au dépassement et à la libération de l'idéologie, de l'idole, du mensonge d'adorer, de servir et de préférer la créature au détriment du Créateur en prenant sa place pour la construction du sens, des valeurs, des repères, des normes et la croissance en dignité, en liberté, en humanité et en spiritualité. Cette nourriture que Saint Paul donne à boire est considérée comme du lait donné à un tout petit enfant et non une nourriture solide réservée aux spirituels portés au discernement moral entre le bien et le mal (1Co3,1-3; He5,12-14; 1P2,2), enracinée dans les oracles de Dieu, la Sainte Écriture, cf. 2Tm3,16, ou la doctrine toute entière. Vivre de l'Esprit Saint c'est agir pour amplifier la charité, la paix, la longanimité, la serviabilité, la bonté, la confiance dans les autres, la douceur, la maitrise de soi pour correspondre au Christ, lui appartenir et marcher à sa suite. (Ga5,22-24). Témoigner de l'Esprit-Saint c'est aussi agir pour résister, lutter, éviter, rejeter la fornication, l'impureté, la débauche, l’idolâtrie, la magie, les haines, la discorde, la jalousie, les emportements, les disputes, les dissensions, les scissions, les sentiments d'envie, les orgies, les ripailles, l'orgueil, la vaine gloire, la provocation et l'envie.(Ga5,19-21,26). Le disciple de Jésus-Christ qui vit sa foi, sa célébration et son témoignage dans l'Esprit-Saint manifeste la gloire de Dieu en Jésus-Christ. Il vit dans la constance et la foi (2Th1,4), la foi et l'amour (1Th3,6; 2Th1,3; Phm5), la charité et la constance (2Th3,5.cf.2Co13,13), la foi, l'espérance et la charité (1Co13,13). // 1Th1,3; 1Th5,8; 1Co13,7,13; Ga5,5s; Rm5,1-5;12,6-12; Col1,4-5;Ep1,15-18;4,2-5;1Tm6,11;Tt2,2.cf.He6,10-12;10,22-24;1P1,3-9,21.s.

     

    C'est une rare faveur divine d'être ami de Dieu, de contempler sa gloire et de la rayonner dans sa vie de foi, d'espérance et de charité par des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains. Ce rayonnement patriarcal, prophétique, apostolique, ecclésial, ministériel et chrétien de la gloire de Dieu est témoigné également dans les regards, les perceptions, les représentations, les attitudes, les conduites, les comportements, les manières de vivre, de penser, de parler, d'agir, de s’émouvoir, de s’émerveiller, de souffrir, de jouir et de jubiler. Il peut être vécu aussi à travers les médiations des savoirs, des savoirs-faire, des savoirs-être et des savoirs-devenir dans le compagnonnage de la nuée lumineuse et de la voix divine intérieure appelant l'appelé au service de Dieu et des hommes, de l'humanité et de la Création toute entière. «  La nuée couvrit la montagne. La gloire de Yahvé s'établit sur le mont Sinaï, et la nuée le couvrit pendant six jours. Le septième jour, Yahvé appela Moïse du milieu de la nuée ».(Ex24,16).//Ex19,9. La « gloire de Yahvé » est dans la tradition sacerdotale, 13,22+, la manifestation de la présence divine. C'est un feu, bien distingué, ici et 40,34-35, de la nuée qui l'accompagne et l'enveloppe. Ces traits sont empruntés aux grandes théophanies qui se déroulent dans le cadre d'un orage, 19,16+, mais ils se chargent d'un sens supérieur: cette lumière éclatante, dont le reflet irradiera la face de moïse, 34,29, exprime la majesté inaccessible et redoutable de Dieu, et elle peut paraître en dehors d'un orage, 33,22. Elle emplit la Tente nouvellement dressée, 40,34-35, comme elle prendra possession du Temple de Salomon, 1R8,10-11. Ézéchiel la voit quitter Jérusalem à la veille de sa destruction, Ez9,3;1O,4,18-19; 11,22-23, et revenir dans le nouveau sanctuaire, Ez43,1s, mais cette « gloire » est pour lui une lumineuse apparence humaine, Ez1,26-28. Dans d'autres textes, spécialement dans les Psaumes, la gloire de Yahvé exprime seulement la majesté de Dieu ou l'honneur qu'on lui doit, souvent avec une nuance eschatologique; ou encore, Ex15,7, sa puissance miraculeuse, cf. La « gloire » de Jésus, Jn2,11;11,40.

     

    Lorsqu'on entre dans une prière d'adoration, de contemplation et de louange et qu'on s'y installe dans le silence pendant sept jour dans la sphère de la spiritualité, l'on peut faire l'expérience

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    spirituelle d'une élévation dans les sphères de la transcendance. Par une grâce spéciale on peut aussi être surpris dans la contemplation et l'adoration, voir dans la louange à entrer dans une vision béatifiante où la flamme dévorante consume l'âme mystique qui ouvre son intériorité à une voix indicible qui l'appelle, murmure, lui donne une mission spécifique au service de la famille, de la paroisse, de la communauté, de l’Église, de la société, des peuples, des cultures, des civilisations et de l'humanité. Cette expérience d'une communication en direct au sommet de l'inaccessible et redoutable transcendance peut durer jour et nuit pendant quarante jours. (Ex24,17-18). «  Moïse entra dans la nuée et monta sur la montagne. Et Moïse demeura sur la montagne quarante jours et quarante nuits « (Ex24,18). Comparer les quarante jours du voyage d’Élie vers le Sinaï, 1R19,8 et les quarante jours du Christ au désert, Mt4,2p. L'expérience de la gloire de Dieu vécue par Moïse et Élie trouve sa totale complétude dans l'incarnation pour enflammer l'histoire du salut, de l'humanité et de la Création toute entière par la médiation plurielle de la contemplation et des actes d'action, d'engagement et d'agir véridique, authentique, cohérent à la suite du Christ. (Jn1,14).// Is40,5; Jn17,5+; 1Jn1,1-3. Des tels actes pluriels sont des signes, des prodiges, des miracles, des énigmes, de présence de Dieu, notamment sur le visage lumineux et rayonnant. Cf 1Jn4,2; 2Jn7; Rm1,3. -La « chair » désigne l'humanité dans sa condition de faiblesse et de mortalité, Gn6,3; Ps56,5; Is40,6-8; Jn3,6; 17,2. En revêtant notre humanité, le Verbe de Dieu en a assumé toutes les faiblesses, y compris la mort, Ph2,6-8. «  Il a campé parmi nous ». Verbe grec eskénôsen, cf. Skènè, « tente ». Allusion à la Tente « mishakân » qui, lors de l'Exode, symbolisait la présence de Dieu, Ex26,1+, présence rendue manifeste par l'irruption de la gloire de Dieu en elle lors de son inauguration, Ex40,34-35. Le Verbe, Unique-Engendré du Père, en qui réside le Nom redoutable « Je suis », Ex 4,14-15; Jn8,24+, resplendissant de cette gloire qu'il tient du Père, réalise dans l'Alliance nouvelle cette présence divine qui doit assurer le salut du peuple de Dieu, Ex34,9. Il est vraiment l'Emmanuel, « Dieu avec nous », annoncé par Is7,14; Mt1,23.

     

    La gloire était le gage de la présence de Dieu, Ex24,16+. Il était impossible de la voir en elle-même, Ex33,20+, mais elle se manifestait grâce aux prodiges accomplis par Dieu en faveur de son peuple. Ex15,7; 16,7. Il en sera de même du Verbe incarné dont les « signes » manifestent la gloire, 2,11+; 11,40, en attendant le « signe » par excellence de la Résurrection, 2, 18-19; 17,5. De même aussi que la gloire de Dieu se reflétait sur le visage de Moïse après la théophanie du Sinaï, Ex34,29,35, ainsi le visage du Christ resplendit lors de la Transfiguration (analogue à la théophanie du Sinaï;cf.Mt17,1+) et ses disciples ont pu ainsi voir le reflet de sa gloire. Lc9,32;2P1,16-18. « Plein de grâce et de vérité ». La formule correspond à celle de Ex34,6+: « riche en grâce et en fidélité », dans la définition que Dieu donne de lui-même à Moïse. Au régime de la Loi succède celui de l'amour indéfectible de Dieu, qui se manifeste dans le Christ, 1,17. Jésus-Christ riche en gloire, en fidélité et en amour est l'exégèse du Père. « Jésus lui dit: Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi » (Jn14,6). He10,19-20. Ces trois titres sont dits du Christ en référence aux biens que nous obtenons grâce à lui. Parce qu'il nous enseigne la vérité concernant notre vie morale, il est la Vérité, 8,32+. Parce qu'il nous enseigne comment marcher sur la route qui mène au Père 8,12;11,9-10;12,35, nous donnant lui-même l'exemple, 1Jn2,6; Jn13,15, il est le Chemin. Parce que, en suivant ce chemin, nous obtiendrons la vie, 12,50, il est la Vie. Ceux et celles qui prennent leur ventre pour leur Dieu c’est-à-dire les plaisirs, les désirs, les besoins de la chair, la culture de consommation, de surconsommation, le matérialisme exacerbé ont du mal à laisser briller dans leurs propres vies, dans leurs familles, dans leurs lieux privés et publics, dans leurs paroisses, dans leurs activités l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu. Ils ont tendance à l'incroyance, à l'incrédulité, à la moquerie, à l'humiliation, au syncrétisme, aux persécutions, au rejet de la foi chrétienne, à la banalisation de celle-ci, à la sécularisation, à l'athéisme matérialiste et consommatrice, voir consumériste intra et extra ecclésial.(2Co4,4,6).// 2Th2,10; Rm8,29+.

     

    « Car ce n'est pas nous que nous prêchons mais le Christ Jésus, Seigneur; nous ne sommes,

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    nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus » (2Co4,5). « En effet le Dieu qui a dit: Que des ténèbres resplendisse la lumière est celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ » (2Co4,6).// Gn1,3; Jos9,2; Jb37,15; Jn8,12+; Ep1,18;Rm3,23+;He1,3. Quand Dieu frappe à la porte de nos cœurs pour le laisser entre et l'entendre, il allume un feu intérieur qui brille en nous et qui nous pousse à contempler le Crucifié et le Ressuscité pour le suivre et parler de lui au monde. A cet instant là nous prenons conscience de notre propre immense fragilité et de nos déficiences personnelles, de nos péchés, de nos hésitations, de nos peurs, de nos révoltes pour lui confier tout cela dans une totale confiance. C'est dans une profonde humilité doublée de simplicité et de gratitude à l'appel de Dieu sans aucun mérite de notre part que nous nous mettons à confesser la toute puissance divine d'amour, sa surabondance et sa transcendance (2Co4,7). Nous comprenons à cet instant prédis ces paroles de saint Paul: « Nous sommes aux prises, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; harcelés, mais non abandonnés; terrassés, mais non vaincus » (2Co4,8-9). Telle est la réalité de notre ministère apostolique, sacerdotal et ecclésial en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Pour trouver une telle grâce particulière, nous sommes appelés à suivre Jésus car lui seul a contemplé Dieu son Père. La prière de contemplation ou d'adoration est la porte d'entrée et de sortie au témoignage d'une mystique d'action contemplée, contemplative, nourrie par la contemplation christologique. Le Fils Unique-Engendré est l'exégèse du Père (Jn1,18).// Ex33,20+; Si43,31; Jn6,46; 1Jn4,12; Jn3,11+; Jn17,6+; Jn7,29.

     

    Dans la Bible, l'expression « fils de Dieu » n'avait pas un sens transcendant et pouvait désigner: soit des membres du peuple de Dieu, Os2,1, soit son roi, Ps2,7; 2sm7,14, soit le juste persécuté qui attend le secours de Dieu, Sg2,16-18; Mt4,3+. Jean l'admet aussi, 10,32-36, et c'est pourquoi il adopte l'expression « Unique-Engendré »,1,14,18;3,16,18;1Jn4,9, qui n'offre aucune équivoque,cf.Pr8,24;-var.: « un Dieu Unique-Engendré ». La vision béatifiante du Ciel est l'objet de l'espérance humaine. Dans l'expérience spirituelle de la prière, se voiler la face comme Moïse, Élie et les Séraphins (Is6,2) est une manière concrète de confesser la sainteté de Dieu devant l'indignité de l'homme pécheur dans sa traversée du doute, du trouble et de l'abîme. C'est une manière de rester émerveillé, étonné et reconnaissant devant la transcendance de Dieu car on ne peut voir Dieu sans mourir. Les témoins de la transfiguration du Christ (Mt17,3p) font une expérience spirituelle emprunte d'une rare faveur divine à l'exemple de Moïse et d’Élie pour contempler dans la prière christologique transformatrice de son visage lumineux, la gloire de Dieu, le prélude de sa résurrection lumineuse après la traversée de sa passion, de sa crucifixion, de sa mort et de son ensevelissement. L'adoration et la contemplation de Dieu dans la prière met l'adorant et le priant dans une situation d'extrême humilité confiante en face de la transcendance qui lui révèle la rare faveur divine de la prévenance du don en dehors de tout mérite humain (Si43,31).

     

    Dieu seul est responsable de la grâce sanctifiante, béatifiante qui pacifie, convertit et libère le cœur humain et le rend ouvert et accueillant à la glorification pour le devenir de l'homme vivant qui marche sur la voie de la sagesse et de piété et se consume dans les plus grands mystères divins (Si43,32-33), par la force et la grâce de l'Esprit-Saint. Le Christ appelle le disciple devenu son vrai ami à la suivre dans la connaissance, l'amour et la contemplation du Père par la médiation d'une expérience spirituelle rare ouverte à la vision béatifiante du Père (Jn6,46) magnifiée par des actes pluriels lumineux de portée planétaire au service de la Création toute entière et de la construction du Royaume de Dieu. Ces actes pluriels témoignent de la profusion de l'amour fraternel, ecclésial et sociétal consumé dans la contemplation et qui contribuent à la construction du sens, du vivre ensemble, à la croissance en humanité et en spiritualité en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance au niveau local, familial, entrepreneurial, financier, privé, public, marchand, non marchand, social, économique, politique, culturel, religieux, régional, communautaire, national, supra-national, international, mondial et planétaire pour la promotion du bien commun temporel et spirituel (1Jn4,12). Ijn 4,12 est une pointe polémique contre les « spirituels » qui se flattaient

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    d'atteindre Dieu par une intuition directe, cf. Jn1,18;3,13;5,37;6,46. La communion, 1,3+, et la vision,3,2 sont liées à la charité. Le Verbe Incarné (Jn1,14,18) est la plénitude de la charité dans la communion et la vision du Royaume de Dieu, du Mystère de la Sainte Trinité, de la Nouvelle Alliance et qui révèle le Père dans sa vérité, sa parole et son attestation cosmique, historique et eschatologique, tout en invitant chaque personne à prendre position par rapport à lui en toute liberté et responsabilité.(Jn3,11). « J'ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as données et ils ont gardé ta parole » (Jn17,6).// Jn17,26; Ex3,13; Jn3,35+; Jn3,11+. Jésus, comme Moïse, Ex3,14-15, nous a révélé le Nom de Dieu qui est celui de « Père »,17,1+, impliquant un amour indéfectible 17,23,26; 3,14+. « Moi, je le connais, parce que je viens d’au près de lui et c'est lui qui m'a envoyé » (Jn17,29). Pour apprendre à prier le Père, le priant est appelé à contempler Jésus-Christ priant son Père et à se laisser remplir par la présence du Christ. Le Christ initie à entrer dans une relation d'amour indéfectible à l'égard de son Père par la médiation du pain de la parole et du pain de l'eucharistie mais aussi par l'entremise des autres sacrements, des énigmes, signes,,œuvres qui magnifient la révélation cosmique, historique et eschatologique et la construction ecclésiale et sociétale du Royaume de Dieu que terre au niveau local et planétaire. Connaissance et amour du Père passe par la connaissance et l'amour du Christ, mais aussi par la connaissance et l'amour du Saint-Esprit. Cette connaissance et cet amour Trinitaire contribuent à la connaissance et à l'amour de tout être humain, de toute personne crée à l'image et à la ressemblance de Dieu dans la construction du sens, la croissance en humanité et en spiritualité au niveau individuel, privé, familial, public, sociétal, entrepreneurial, ecclésial, local, marchand, non marchand, des indépendants, au niveau financier, banquier, boursier, politique, économique, culturel, religieux, environnemental, régional, communautaire, national; supra-national, international, mondial, planétaire.(Jn17,26).

     

    Le Dieu de l'histoire et notamment de l'histoire du salut (Ex3,13-15) est l’Éternel et le Créateur qui appelle et envoie en mission ses prophètes en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance pour contribuer à la construction du sens, à la croissance en humanité et en spiritualité et à la construction du Royaume de Dieu. Par la volonté du Père, tout est « en la main » en la puissance du Fils 3,35;10,28,29;13,3;17,2;cf.6,37-39;Mt11,27;28,18; c'est là le fondement de sa royauté, 12,13-15; 18,36-37, qu'il inaugurera au jour de son « exaltation » 12,32+; 19,19; Ac2,33;Ep4,8, tandis que le règne du Prince de ce monde prendra fin 12,31.//Jn3,35. La Résurrection du Christ inaugure les fondamentaux du Royaume de Dieu par la médiation de la Nouvelle Alliance. Celle-ci s'ouvre aux dimensions locales et planétaires de la construction du sens, de la croissance en humanité, en spiritualité, en temporalité, en ecclésialité , en sociabilité et en citoyenneté. Une telle ouverture plurielle requièrela médiation de la Pentecôte dans ses fondamentaux missiologiques du témoignage missionnaire pour l'annonce du KKérygme la célébration et la vie de ll’Évangile en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance au niveau planétaire.

    Mais avant d'entrer dans l'expérience spirituelle de la Pentecôte, l’Église primitive portée par l'expérience spirituelle de l'Ascension et au prise avec son premier défi majeur au regard de la volonté initiale christologique de la collégialité apostolique fondatrice constituée des douze apôtres est appelée à remplacer Judas Iscariote après sa pendaison ou son suicide. L'élection organisée pour ce remplacement par la médiation du mode du tirage au sort portera son dévolu sur Matthias.

     

    Le geste de tirer au sort parmi deux candidats pour choisir celui qui répond et correspond à la volonté de Dieu afin de remplacer Judas Iscariote rappel le momentum du dialogue face à face entre Moïse et Dieu, Yahvé dans la Tente du Rendez-vous loin du camp et le regard des peuples en prière, fascinés par la colonne de nuée qui descendait et se tenait à l'entrée de la Tente (Ex33,7) pour marquer la présence de Dieu parlant face à face avec Moïse. La Tente du désert que Moïse avait planté pour Lui, Yahvé et l'Arche était le sanctuaire de l'arche et Josué y était attaché d'après le v.11 (Ex34,34; Ex33,20+; Nb12,8; Dt34,10; Jn15,15; Jos11+. Quiconque avait à consulter Yahvé (sortait vers la Tente du Rendez-vous qui se trouvait hors du camp, c'est-à-dire quiconque aller demander

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    un oracle, par l'intermédiaire de Moïse qui dans la Tente, s'entretient seul avec Dieu; sur ce rôle de Moïse, cf. Déjà 18,15. Plus tard, on « consultera » Yahvé auprès d'un homme de Dieu ou d'un prophète, 1R14,5; 22,5,8; 2R3,11; 8,8, etc., ou bien par le moyen des sorts sacrés; cf. 1S2,28+; 14,41+. Dieu Yahvé se rend présent par la médiation de la prière d'invocation, de convocation et la médiation du geste, de l'acte collégial apostolique permettant de tirer au sort parmi les candidats présentés pour choisir lui-même le remplaçant de Judas Iscariot et pour le réinstaller dans l'unité, la communion et la collégialité apostolique de douze en faisant preuve d'une ouverture même à l’étranger pour le joindre et l'associer aux membres initiaux. (Is14,1). Yahvé suscite au bon moment le libérateur qui convient selon son cœur pour délivrer son peuple dans la lignée figurative de Cyrus, instrument de Yahvé (Is41), l'oint de Yahvé qui préfigure le Juste, le Messie, le Christ. Comme le Fils de l'homme est maître du sabbat, celui qui sera et est choisi pour remplace Judas Iscariot dans le collège apostolique des douze devra non seulement respecter les lois, la liturgie mais surtout croire, célébrer et vivre de la fraternité apostolique, ecclésiale et humaine réelle en ayant un profond respect pour la dignité de toute personne humaine et en devenant co-instrument de sa propre libération pour la construction du sens et la croissance en humanité et en spiritualité au niveau planétaire (Lc6,3-6).

     

    Être désigné par le sort était une coutume sacerdotale, une mode d’élection sacerdotale pour assumer les fonctions, les services et les ministères liés au sacerdoce, à la liturgie, à la célébration, aux prières, à la faculté de brûler l'encens dans le sanctuaire du Seigneur, comme par exemple l'a été et fait Jean-Baptiste (Lc1,9). Dieu regarde les âmes des fidèles qui se repentent, se convertissent devant lui dans la sincérité de leur cœur, pensées et actions pour correspondre à sa divine volonté.(Lc13,2-3). Jésus-Christ appelle à lui qui il veut et comme il veut pour l'instituer à son service. Le résultat de l'élection de Matthias par la médiation des frères apostoliques qui ouvrirent la collégialité pour la circonstance électorale aux témoins oculaires de Jésus-Christ depuis son baptême par Jean-Baptiste jusqu'à son ascension au ciel est l’œuvre réellement de Jésus-Christ lui-même. Il appelle, institue et envoi en mission les douze dans l'intelligence de son compagnonnage avec le pouvoir planétaire d'évangélisation, de relèvement et de libération des gens, des peuples, des familles, des individus, des sociétés, des civilisations, des personnes, des institutions. Une telle libération est faite par rapport à des pouvoirs ténébreux. Elle désarticule et déconstruit les puissances démoniaques, obscures, aveugles, ténébreuses, sataniques, diaboliques, dictatoriales. Elle contribue à promouvoir la construction du sens, la croissance en humanité et en spiritualité de chacun et de tous dans la liberté, l'égale dignité, la justice, la paix, le pardon, la réconciliation, la foi, la charité et l'espérance.(Mc3,14). Les nouveaux chefs du peuple élu doivent être au nombre de douze comme jadis les tribus d'Israël. Ce chiffre sera rétabli après la défection du Judas, Ac1,26, pour être conservé éternellement dans le ciel, Mt19,28p; Ac21,12-14+.

     

    Voici la reconstitution du collège apostolique des douze: (Mc3,16-19).

    1. Simon : Pierre (nom donné par Jésus-Christ).

    2. Jacques, le fils de Zébédée.

    3. Jean, le frère de Jacques: Boanergès (nom donné par Jésus-Christ), càd fils du tonnerre.

    4. André.

    5. Philippe.

    6. Barthélemy.

    7. Matthieu.

    8. Thomas.

    9. Jacques, fils d'Alphée.

    10. Thaddée.

    11. Simon le Zélé

    12. Matthias qui fut mis au nombre des douze apôtres (Ac1,26); qui a remplacé Judas Iscariot, celui-là même qui livra Jésus-Christ.

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      La Pentecôte: Ac 2. ( A suivre ).

      Source: La Bible de JERUSALEM.

      Sé/ Hubert  Adelain MAYITUKA  MANGANGULA. Desservant. Curé de la Paroisse St Lambert à ORBAIS. Doyenné de PERWEZ. Belgique.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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     L’ecclésiologie des Actes des Apôtres.

    I. Contexte.

    Luc, médecin et compagnon de Paul fût probablement d'origine païenne (d'Antioche en Syrie). Il devient juif très hellénisé devenu chrétien et apôtre. Il semble être l'auteur du troisième évangile et du livre des Actes des Apôtres qui constituent ensemble les deux facettes d'un seul ouvrage. Celui-ci serait intitulé aujourd'hui une « Histoire des origines chrétiennes ». Les Actes des Apôtres sont composés à Antioche et à Rome après le troisième évangile. « Le livre se termine sur la captivité romaine de Paul, probablement en 61-63, et en tout cas sa composition doit être postérieure à celle du troisième évangile (avant 70? ou vers vers 80 ? mais rien n'impose une date après 70 » (1). « Quelles sont les sources utilisées par Luc pour composer son récit? L'auteur des Actes déclare qu'il « s'est informé soigneusement de tout depuis les origines » du côté de ceux qui avaient déjà « entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous »(Lc1,1-4, qui forme le prologue général de son œuvre »(2). Quelle est la structure du livre des Actes des Apôtres? La voici: Ac1-Ac12: La vie de la première communauté chrétienne rassemblée autour de Pierre:

    a- après l'Ascension:Ac1-Ac5;

    b--Ac8,4-40: les débuts de son expansion à la suite des initiatives missionnaires de Philippe.

    c- Ac6,1- Ac8,3,11,19-30; Ac13,1-3: Les débuts de son expansion à la suite des initiatives missionnaires des « hellénistes ».

    d-Ac9,32-Ac11,18;Ac12: Les débuts de son expansion à la suite des initiatives missionnaires de Pierre lui-même.

     

    Pour la deuxième partie de son œuvre, Luc s'est renseigné de l'évangile de Pierre, des écrits pauliniens, du dialogue avec ce dernier lors de sa captivité mais aussi de ses contacts personnels et épistolaires avec Silas ou Timothée. Mais Paul lui-même n'a jamais fait mention de Luc comme compagnon de l’œuvre d'évangélisation. L'usage de « nous «  lucanien dans les Actes des Apôtres semble provenir d'un journal de voyage fait par un compagnon de Paul (Silas ?) et utilisé par l'auteur des Actes bien que certains exégètes à la suite de saint Irénée considèrent que l'usage de « nous » lucanien des Actes confirme le compagnonnage missionnaire de Luc auprès de saint Paul lors de sa deuxième et troisième mission d'évangélisation, c'est-à-dire de son deuxième et troisième voyage et aussi de son voyage par mer à Rome. Intérêt théologique, dessein littéraire et données historiques marquent la configuration de la créativité de l’œuvre lucanienne des Actes des Apôtres avec une liberté créatrice pour trouver les parallélismes entre les miracles de Pierre et les miracles de Paul (3,1-10 et 15,8-10; 5,15 et 19, 12; 5,19 ou 12, 6-11,17 et 16, 23-26,40; 8,15-17 et 19,2-7;8,18-24 et 13,6-11,9,36-42 et 20,7-12) mais aussi avec les miracles du Nouveau Testament (Ac3,6-7; Lc4,39; Mc1,31; Ac20,10,12 et Lc8,52-53) tout en trouvant les parallélismes entre les dernières paroles d'Etienne (Ac7,59-60) et celles de Jésus(Lc23,34,46).

     

    Luc souligne les analogies littéraires et de signification théologique qui existent entre les discours de Pierre à Jérusalem 2,14-36; 3,12-26;4,8-12; 5,29-32; d’Étienne 7,1-53 et de Pierre à Césarée 10,34-43. Ces analogies et significations relèvent de sa propre construction à la lumière de la prédication primitive, des textes scripturaires juifs et de réflexions philosophiques grecques pour annoncer la quintessence essentielle du Kérygme du Christ mort et ressuscité, avec l'appel à la conversion et au baptême. Tradition, expérience, psychologie fine permettent à Luc de composer certains récits des Actes des Apôtres où il fait mention de Paul (cf les cinq visites de saint Paul à Jérusalem dans les Actes avec les données de Ga1,15-Ga2,10) en soulignant les discordances et les harmoniques qui les relient avec une particularité lucanienne des Actes des Apôtres. Cette particularité consiste à attribuer des attitudes beaucoup plus conciliantes à Paul, qui lui-même reste beaucoup plus radical et sévère vis-à-vis des religions païennes (comparer Ac17,22-31 avec Rm1,18-32); mais voir aussi Sg 13,1-10, où l'auteur excuse ceux qui se trompent en cherchant Dieu en même temps qu'il condamne l'idolâtrie). Comparer Ac21,20-26 avec Ga 2,12s; Ac 16,3, avec Ga

     

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    2,3; 5, 1-12). « Paul est un plaideur qui sait être intransigeant (mais voir aussi 1Co 9,19-23), tandis

    que Luc veut démontrer l'unité profonde qui liait les premiers disciples entre eux » (3). Pour l'école de F. Ch. Baur, le livre des Actes des Apôtres a pour but, finalité et résultat d'être et de relever la systémique des oppositions, des contradictions, difficultés, tensions, des dissidences, des paradoxes réelles de l'église primitive entre la systémique pétrinienne des actes pluriels, des actes mentaux; des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains et la systémique paulinienne des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels et des actes humains. Dans ce sens, le livre des Actes des Apôtres est un compromis systémique des actes pluriels de réconciliation et de conciliation de l'église primitive pour marquer l'unité primitive qui liait les disciples entre eux.(4).

    D'autres voient dans les livres des Actes des Apôtres l'éloge d'un conflit religieux qui oppose les juifs à Paul dans l'indifférence générale des autorités romaines et que saint Luc argumente. Une telle argumentation a pour but de faire l'apologie et le plaidoyer de Paul qui n'a pas posé des actes pluriels politiques relevant des délits politiques. Dans ce contexte le jugement, l'emprisonnement et la sanction de la décapitation romaine relève de l'injustice systémique comme dans le procès, la condamnation et la mise à mort de Jésus sur la croix. Mais quel est le but du livre des Actes des Apôtres? « Il ne vise à rien de moins qu'à raconter, pour elle-même, l'histoire des origines chrétiennes » (5). Quel est le plan du livre des Actes des Apôtres?

     

    1. La structure du livre des Actes des Apôtres.

    Ac 1,8: La parole initiale du Christ. « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux confins de la terre ». Le Christ prend l'initiative de parler, de poser un acte du langage, une parole qui est fondamentalement un programme, une mission à réaliser en vue des résultats. Il confie cette mission, ce programme et cette tâche concrète à ses apôtres et disciples. Savoir être et devenir témoin du Christ c'est faire personnellement et de manière ecclésiale l'expérience du Ressuscité pour grandir dans la foi au Christ Ressuscité. Mais pour quel but ? Afin de rayonner cette foi en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance à partir de son milieu basique, initial, Jérusalem, la Judée, la Samarie, jusqu'aux confins de toute la terre. Savoir, savoir-faire, savoir être et savoir devenir témoin du Christ exige cinq réalisations: 1- La conversion radicale et profonde au Christ. -2- Le baptême qui incorpore le baptisé au Christ et à son corps mystique pour rayonner la force, l'énergie, les grâces divines. -3-Le fait d'assumer les responsabilités baptismales dans sa vie privée, familiale, ecclésiale, publique, sociétale, entrepreneuriale, bancaire, financière, associative, celle des petites et moyennes entreprises, des services marchands et non marchands. -4- La médiation du compagnonnage du Christ à travers la réalité du compagnonnage sacramentaire vécue de manière révérencielle à travers le baptême, l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordre et l'onction des malades.

     

    Actes 1- Actes 5: Selon les chapitres un à cinq des Actes des Apôtres, la première exigence de la mission christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne est l'implantation de la solidité de la foi dans les cœurs pour rayonner le Vivant à Jérusalem. Le test du témoignage apostolique, ecclésial , chrétien et évangélique est celui de l'amplification du résultat à savoir la croissance de la communauté en grâce, en enthousiasme, en joie complète, en paix, en prière, en spiritualité, en action de louange, d'adoration, de contemplation, de demande, de réception de la diversité sacramentaire et en nombre des baptisés, de conversions et de témoignages. « La foi s'implante d'abord solidement à Jérusalem, où la première communauté s'accroît en grâce et en nombre »(6). La deuxième exigence de la parole et de la mission christologique est la prise en compte des grecs d'abord convertis au judaïsme et qui sont devenus chrétiens. Cette ouverture de la culture juive vers la culture hellénistique et de la culture hellénistique vers la culture juive donne à penser au basculement non seulement à la culture et à la religion chrétienne mais aussi à l'exigence de l'universalité consentie.

     

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    L'expansion de la foi chrétienne aux juifs et aux grecs convertis pour en faire un seul peuple,

    le peuple de la nouvelle alliance est la quintessence de la deuxième exigence de la parole et de la mission christologique, apostolique et ecclésiale. L'amplification du christianisme dans les milieux juifs et hellénistiques auprès des convertis du judaïsme hellénistique entraine une réaction radicale, celle de leur expulsion à la suite du martyre d’Étienne: Ac6,1-Ac8,3. «  La Samarie est atteinte 8,4-25, ainsi que la plainte côtière jusqu'à Césarée, où pour la première fois des païens entrent dans l’Église 8,26-40; 9,32- Ac11,18 »(7). L'initiative christologique auprès de ses apôtres et disciples consistant à faire des témoins du Ressuscité jusqu'aux confins de la terre est paradoxalement la quintessence de l'exigence universaliste de la mission d'évangélisation planétaire. Cette mission est considérée à la fois comme une exigence radicale, idéale, utopique et paradoxalement comme un résultat concret et définitif à atteindre. Dans la première communauté chrétienne, Paul est la figure du relais christologique de l'exigence universaliste de la mission évangélisatrice planétaire et cosmique. Expérience de foi, de conversion et de baptême donnent de la crédibilité à l'identité chrétienne de Paul et à la mission universelle qu'il réalise en devenant lui-même le témoin du Christ. « Cependant que la conversion de Paul nous apprend qu'il y a déjà des chrétiens à Damas et présage l'évangélisation de la Cilicie, 9,1-30. La troisième exigence de l'initiative christologique de la mission est celle de la diffusion, de l'amplification et du rayonnement planétaire de la foi. «  Des refrains comme 9,31(qui ajoute la Galilée) soulignent bien la diffusion de la foi. Ensuite c''est Antioche qui reçoit le message de Jésus, Ac11,19-26, et qui va devenir un centre de rayonnement, non sans garder avec Jérusalem des relations où l'on se concentre sur les principaux problèmes missionnaires, Ac11,27-30; Ac15,1-35 »(8).

     

    Le rayonnement planétaire évangélique est préfiguré par la conversion de Corneille qui adhère à la foi au Christ et se fait baptiser pour témoigner du basculement des païens à l'évangile, à la foi chrétienne. Cet acte entraîne son incarcération à Jérusalem. « Après la conversion de Corneille et l'incarcération à Jérusalem, Pierre est parti pour une destination inconnue, Ac12,17; et c'est Paul qui va désormais, dans le récit de Luc, être en vedette »(9). L'expansion missionnaire planétaire de Paul est symbolisée concrètement par ses différents voyages tout en gardant le lien avec Jérusalem, lieu où il revient souvent après ses voyages.

    a- Ac13- Ac14: Le premier voyage de Paul avec Barnabé en Chypre et en Asie Mineure avant le concile de Jérusalem.

    b- Ac15,36- Ac18,22: Les deux autres voyages de Paul en Macédoine et en Grèce.

    c-Ac18,23-Ac21,17: Le voyage de Paul à Éphèse.

    d-Ac21,18-Ac26,32: L'arrestation de Paul dans la ville de Rome et sa captivité à Césarée.

    e-Ac27-Ac28: Conduit et fait prisonnier à Jérusalem, Paul reste toujours missionnaire jusqu' à Rome où dans les chaînes, il annonce le Christ. «  Vue de Jérusalem, cette capitale de l'empire représente bien « les confins de la terre » et Luc peut arrêter là son livre »(10). Prisonnier avec des chaînes mais toujours missionnaire jusqu'au bout telle est la manière apostolique paulinienne de témoigner du Christ Ressuscité. Ce témoignage lumineux il le fait avec son savoir, son savoir-faire, son savoir être et son savoir devenir lumineux avec un rayonnement évangélique planétaire pour la joie complète universelle et cosmique par la médiation de ses voyages.

     

    Les limites du livre des Actes des Apôtres consiste dans l'oubli des activités des autres Apôtres et des fondations de certaines Églises comme l’Église d'Alexandrie et l’Église de Rome, mais aussi dans l'oubli de l'apostolat de Pierre en Palestine pour donner une place prépondérante à l'activité missionnaire de Paul. L'apport substantiel du livre des Actes des Apôtres consiste dans la valeur inestimable, toujours universelle des leçons théologiques que Luc médecin et psychologue tire de l'expérience des faits concrets et surtout de sa détermination à donner un exposé substantiel de la force d'expansion spirituelle du christianisme des origines.

     

    La richesse multiple de la doctrine lucanienne du livre des Actes des Apôtres est contenue dans

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    les exposés des thèmes majeurs:

    a- La foi au Christ, base du Kérygme apostolique.

    b- La christologie thématique argumentative au regard des juifs:

    -b.1. Le Serviteur ( Ac 3,13,26; Ac 4,27,30; Ac8,32-33 ).

    -b.2. Jésus nouveau Moïse ( Ac3,22s; Ac7,20s ).

    -b.3. Jésus nouvel Élie (Ac1,9-11; Ac3,20-21 ).

    c- La résurrection prouvée par le Ps 16,8-11 ( Ac2,24-32; Ac13,34-37).

    d- La mise en garde des juifs contre la résistance à la grâce ( Ac7,2-53; Ac13,16-41).

    e- Des arguments d'une théodicée générale pour les païens: comment convertir les païens? Comment faire la propagande auprès des païens? ( Ac 14,15-17; Ac 17,22-31 ).

     

      1. L'identité, la nature et la mission apostolique: Les apôtres ?

        a- Sont surtout des « témoins » ( Ac1,8+).

        b- Par leur « Kérygme »( Ac2,22+).

        c- Par leurs « signes » thaumaturgiques.

      2. Le problème crucial de l’Église naissante:

        a- Voir Ga 2,11+: L'accès des païens au salut. ( Évangélisation ).

        -Dans l’Église: - Lumières; difficultés et controverses ? Telle est la question majeure dans l’Église.

        b- Entre ses dirigeants: Lumières, difficultés, controverses ? Telle est la question essentielle entre ses dirigeants. Cette question est résolue à partir de ces trois types des dirigeants: «  - 1- Les frères de Jérusalem, groupés autour de Jacques restent fidèles à la loi juive. 15, 1,5; 21,20s.

        - 2- Les « Hellénistes » dont Étienne est le porte-parole sentent le besoin de rompre avec le culte du Temple.

        -3- Pierre et puis surtout Paul font triompher au Concile de Jérusalem le principe du salut par la foi au Christ, qui dispense les païens de la circoncision et des observances mosaïques » (11). «  Il n'en reste pas moins vrai que Luc nous montre Paul commençant toujours par s'adresser aux juifs, pour se tourner ensuite vers les païens quand il est rejeté par ses frères de race, 13,5+ « (12).

     

    Luc dépeint une vie idéale, utopique des communautés chrétiennes qui se basent sur des souvenirs des premières années et sur des réalités ecclésiales concrètes d'une époque plus tardive. «  Vie de prière et partage des biens dans la jeune Église de Jérusalem; administration du baptême de l'eau et du baptême d'Esprit. 1,5+; célébration de l'Eucharistie, 2,42+; ébauches d'organisation ecclésiastique dans les « prophètes » et les « docteurs », 13,1+; ou encore dans les « presbytres » qui président à l’Église de Jérusalem,11,30+; et que Paul établit dans les Églises qu'il fonde, 14,23. » constituent les matières de ces souvenirs et de ces réalités concrètes(13). «  Le tout baigné, dirigé, emporté par un souffle invincible de l'Esprit Saint. Cet Esprit, sur lequel Luc avait déjà insisté dans son évangile, Lc4,1+, il le montre sans cesse à l’œuvre dans l'expansion de l’Église, Ac1,8+, au point qu'on a pu appeler les Actes « l'évangile du Saint-Esprit ». C'est ce qui donne à cet ouvrage ce parfum d'allégresse spirituelle, de merveilleux surnaturel dont ne s'étonneront que ceux qui ne comprennent pas ce phénomène unique au monde que fut la naissance du christianisme » (14).

     

    La théologie lucanienne de l'ecclésiologie des Actes des Apôtres se base sur des détails concrets avec un regard psychologique fine qui met en valeur une narrativité traversée par une habilité piquante unique et singulière de la connaissance et de la narration du trésor des origines du christianisme. «  Si l'on ajoute à toutes ces richesses théologiques le précieux apport de tant de détails concrets qui autrement nous eussent été inconnus, si l'on sait goûter les portraits d'une fine psychologie où Luc excelle, des morceaux piquants et habiles comme discours devant Agrippa, 26,

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    des pages émouvantes comme l'adieu aux anciens d’Éphèse, 20,17-38, des récits vifs et réalistes

    comme l'émeute des orfèvres,19,23-41, on conviendra que ce livre unique en son genre dans le NT (Nouveau Testament )représente un trésor dont l'absence eût appauvri singulièrement notre connaissance des origines chrétiennes » (14). Luc écrit le livre des Actes des Apôtres à partir des deux traditions des textes, le texte occidental et le texte alexandrin. «  Le texte des Actes, comme celui du reste du NT, nous est parvenu avec bien des variantes de détail. Mais plus qu'ailleurs, celles qui relèvent du texte dit « occidental » (Codex Bezae, versions latine, syriaque et copte, anciens écrivains ecclésiastiques ) méritent de retenir l'attention. Elles donnent un texte qui est souvent plus concis que le texte alexandrin, mais qui contient aussi des détails concrets et pittoresques que l'autre ignore. En fait ces deux traditions textuelles semblent représenter des rédactions successives du livre des Actes. La traduction qui suit est faite le plus souvent sur le texte alexandrin, mais de nombreuses variantes du texte occidental ont été signalées en note ou même adoptées dans le texte traduit. » (15).

     

      1. Jésus et l’Église.

    Jésus a choisi ses apôtres et leur a donné mission de fonder concrètement et d'amplifier son Église jusqu'aux extrémités, aux confins de la terre. Il l'a dit, l'a fait et a transmis le relais dans la perspective de son ascension et cela après sa résurrection. Il l'a également fait aussi dès sa vie terrestre, avant même la trahison, le reniement, l'arrestation, le jugement, la condamnation à mort, la mise au tombeau et la résurrection le troisième jour conformément aux Écritures. «  J'ai consacré mon premier livre, ô Théophile, à tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le commencement jusqu'au jour où, après avoir donné ses instructions aux apôtres qu'il avait choisis sous l'action de l'Esprit Saint, il fut enlevé au ciel » (Ac1,1-3). // Lc1,1-4; Lc1,22; Mt28,19-20; Lc24,49;Lc24,51. Le but de l'évangile de Luc est l'annonce du Kérygme, Jésus-Christ mort et ressuscité mais aussi la préoccupation fondamentale essentielle de Jésus de transmettre le relais de ses actes pluriels à ses apôtres après son absence physique. Cette absence sera provoquée par sa mort sur la croix, sa mise au tombeau. Le Christ continue de transmettre son relais après sa résurrection et ses apparitions dans son corps de gloire durant quarante jours entre la Pâques et le fait qu'il soit enlevé au ciel.

     

    Quels sont les actes pluriels de Jésus à travers son agir concret et son enseignement? Qu'est-ce qu'il a fait ? Pourquoi l'a-t-il fait ? A qui l'a-t-il fait ? Qu'est ce qu'il a enseigné ? Pourquoi l'a-t-il enseigné ? A qui l'a-t-il enseigné ? Qu'est-ce qu'il a fait et enseigné avant sa résurrection ? Qu'est-ce qu'il a fait et enseigné après sa résurrection? Pourquoi a-t-il fait et enseigné cela à ses apôtres après sa résurrection? Pourquoi Jésus-Christ a-t-il donné ses instructions à ses apôtres ? Pourquoi a-t-il choisi ses apôtres ? Comment et pourquoi l'Esprit-Saint a-t-il collaboré avec lui dans le choix de ses apôtres? Quelle est la place de l'Esprit Saint dans le choix? L'action de l'Esprit est soulignée dans les débuts de la mission des Apôtres,vv.5,8 et ch2 comme dans les débuts du ministère de Jésus, Mt4,1+; Lc4,1+. Luc écrit un exposé objectif, historique, théologique à Théophile sur la transmission de la foi chrétienne directe des témoins oculaires et serviteurs de la Parole. Par cet acte d’écriture, Luc décide de confirmer la foi chrétienne de Théophile par rapport à la solidité, à la sureté des enseignements reçus. Mais dans le cas où Théophile ne serait pas chrétien et serait un haut fonctionnaire qu'il s'agit de renseigner, Luc le réconforte dans les renseignements qui lui seraient parvenus. Le contenu de l'exposé écrit de Luc à Théophile se résume dans ces instructions que Jésus donne à ses apôtres et qui sont explicitées en Mt28,19-20 et en Lc2,49: «  Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisants au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin de l'âge » (Mt 28,19-20); // Jn3,35+; Mc 16,15-16; Lc24,47; Ac 1,8+; 2,38+; Dt34,9; Jos22,2; Nb35,34; Mt1,23; 18,20;Jn14,18-21;Dn2,44;12,12 (LXX). Il est possible que cette formule se ressente, dans sa précision, de l'usage liturgique établi plus tard dans la communauté primitive. On sait que les Actes parlent de baptiser « au nom de Jésus », cf.Ac1,5+; 2,38+. Plus tard on aura explicité le rattachement du baptisé aux trois personnes de la Trinité. Quoi qu'il en soit de ces

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    variations possibles, la réalité profonde reste la même. Le baptême rattache à la personne de Jésus

    Sauveur; or toute son œuvre de salut procède de l'amour du Père et s'achève dans l'effusion de l'Esprit » (17). Cette effusion de l'Esprit est la promesse faite par Jésus à ses apôtres par la médiation de ce que, Jésus a lui-même fait, enseigné et a donné comme instructions en direct: « Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. » (Lc24,49), c'est-à-dire l'Esprit-Saint, cf.Ac1,4s; 2,33,39;Ga3,14,22;4,6;Ep1,13;Jn1,33+. «  Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel » (Lc24,51). Savoir bénir, savoir-faire des bénédictions, savoir-être une bénédiction, savoir devenir une bénédiction pour ceux et celles avec lesquels on se sépare au terme du périple terrestre c'est transmettre le relais du témoignage lumineux . Cette luminosité requière la traversée des expériences crucifiantes, humiliantes, horribles, cruelles, tragiques à la suite du Christ mais aussi des expériences du relèvement, de la joie complète, du pardon, de la réconciliation , de la paix et de la louange complète intérieure, extérieure et ecclésiale planétaire pour rayonner le Ressuscité. Telle est la manière évangélique, chrétienne, ecclésiale et sociétale de croire, de célébrer et de vivre la foi au quotidien en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Il s'agit d'incendier les cœurs et le monde contemporain du feu de l'Esprit-Saint c'est-à-dire de la profusion de l'amour de Dieu sur les êtres visibles et invisibles avec un regard plein de compassion, de tendresse et de miséricorde qui espère le monde mais aussi l'autre, crée à l'image et à la ressemblance de Dieu car aimé par Dieu, mais aussi pécheur devant Dieu et sauvé par Dieu.

     

    Luc poursuit le prologue: « C'est encore à eux qu'avec de nombreuses preuves il s'était présenté vivant après sa passion; pendant quarante jours, il leur était apparu et les avait entretenus du Royaume de Dieu » (Ac1,3); 1Tm3,16; Ac10,40-41; Ac13,31; Mt28,10;Lc24,42-43. Pour Luc, les apôtres sont des témoins oculaires directs du Ressuscité qui a fait, enseigné et donné des instructions précises à ces derniers durant les quarante jours de son apparition après sa résurrection et cela avec des preuves crédibles, authentiques et véridiques pour confirmer la foi des baptisés. Dans ce que Jésus-Christ ressuscité a fait, enseigné et a donné comme instructions à ses apôtres, Luc insiste sur l'annonce du Royaume de Dieu. De la résurrection du Christ jusqu'à son élévation au ciel, Jésus-Christ et ses apôtres parlent du Royaume de Dieu que ces apôtres devraient continuer à réaliser concrètement, à annoncer pour son avènement planétaire cosmique, historique et eschatologique. Il s'agit de faire comprendre pour croire que le Royaume de Dieu est déjà là et paradoxalement pas nécessairement, c'est-à-dire pas encore arrivé pleinement. D'où l'urgence de travailler pour sa réalisation plénière dans l'ordre de l'espérance. « Le Royaume de Dieu, Mt4,17+, restera le grand thème de la prédication des Apôtres, cf.8,12;19,8+;20,25;28,23,31, comme il avait été celui de la prédication de Jésus,cf.Mt3,2+;Mc1,1+. « Alors, au cours d'un repas qu'il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis, « ce que, dit-il, vous avez entendu de ma bouche: Jean, lui, a baptisé avec de l'eau, mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours. » (Ac1,4-5); Lc24,49s; Ac2,33+;Ga3,14;Ep1,13;11,16;Lc3,16p.

     

    Entre l'Ascension et la Pentecôte, le Ressuscité demande aux Apôtres d'être concentré dans une vie de prière, de louange, de contemplation, d'adoration, de sacrifice, de discipline, d'ascèse pour maximaliser la joie de l'eucharistie et du baptême. Eucharistie et baptême constituent les sacrements à revisiter pour mieux célébrer l'Ascension et pour mieux se préparer à fêter la Pentecôte. L’esprit-saint que le Père envoie aux Apôtres par le Christ élevé au Ciel et assis à la droite du Père est la source de l'eucharistie et du baptême tout en étant à l’œuvre dans l'eucharistie et dans le baptême. Le ministère apostolique est à l’œuvre dans l'Esprit-Saint lorsqu'il amplifie l'augmentation des baptisés et des fidèles qui participent à l'eucharistie parce qu'ils sont incendiés par le feu de l'amour de Dieu qui irradie leur intériorité et leur extériorité au niveau basique, citoyen, ecclésial, sociétal et planétaire. Après sa résurrection, durant quarante jour, Jésus-Christ, Ressuscité a fait, enseigné et donné des instructions à ses disciples. Parmi ce qu'il a fait avec ses disciples, il a partagé avec eux le

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    repas. C'est l'eucharistie.

    Parmi ses instructions, il leur a exigé de ne pas s’éloigner de Jérusalem. C'est l'exigence de l'unité de la foi ecclésiale universelle et planétaire avec le centre de Jérusalem ouvert à la responsabilité de la mission apostolique. « Pour Luc, Jérusalem est le centre prédestiné de l’œuvre du salut, Lc2,22+; 38+, le point d'achèvement de la mission terrestre de Jésus, Lc 24,33s, et le point de départ de la mission universelle des apôtres, Lc24,47; Ac1,8,12;6,7;8,1;11,19;15,30,36; etc. » (18). Pour annoncer la mission évangélisatrice universelle, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance, il faut d'abord soi-même être intérieurement et extérieurement bousculé, désarticulé, déstabilisé et formaté par la grâce et la force de l'Esprit-Saint dans la communion trinitaire, christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne par la médiation du baptême d'Esprit. «  Le baptême d'Esprit, déjà annoncé par Jean-Baptiste, Mt3,11p, et ici promis par Jésus, sera inauguré par l'effusion de la Pentecôte 2,1-4. Ensuite, selon l'ordre du Christ, Mt28,19 les apôtres continueront à administrer le baptême d'eau, Ac2,41; 8,12,38,9,18;10,48;16,15,33;18,8;19,5, comme rite d'initiation au royaume messianique, cf.Mt3,6+, mais ils le confèreront « au nom de Jésus », Ac2,38+, et, par la foi en l’œuvre accomplie par le Christ, cf. Rm 6, 4+, il aura désormais le pouvoir efficace de pardonner les péchés et de donner le Saint-Esprit. Ac2,38. On voit par ailleurs apparaître, en connexion avec ce baptême d'eau chrétien, un autre rite, d'imposition des mains, 1Tm4,14+, ordonné à une communication visible et charismatique de l'Esprit, analogue à celle de la Pentecôte 8,16-19;9,17-18;19,5-6 (mais cf.10,44-48), rite qui est à l'origine du sacrement de confirmation. A côté de ces sacrements chrétiens, le baptême de Jean a continué d'être pratiqué quelque temps par certains fidèles imparfaitement instruits, 19,3 »(19).

     

    La communion ecclésiale articulée et fortifiée par l'écoute de la Parole de Dieu, la prière et les rites de la célébration sacramentaire notamment eucharistique est le lieu de l'approfondissement de la foi chrétienne et surtout du dialogue permanent avec le Christ. Cette exigence de permanence dialogique christologique établit une relation personnelle et ecclésiale avec lui et permet de discerner les signes du temps. Ce discernement ouvre à l'exigence de la mission christologique, apostolique,patristique, conciliaire, ecclésiale et chrétienne dans la construction du Royaume de Dieu et dans la croissance en sens et en humanité. L'ascension est le mystère de la transmission de la responsabilité christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne pour être au service de la construction du Royaume de Dieu, de justice, de paix et de miséricorde dans le compagnonnage intérieur et extérieur du Christ qui s'efface visiblement pour être autrement présent, actif et agissant dans les cœurs, dans l’Église, dans la société et dans le monde. « Étant donc réunis, ils l'interrogeaient ainsi: « Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël? Il leur répondit: « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit-Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac1,6-8).// (Dn 2,21;Mt24,36p;1Th5,1-2;Is32,15;Lc24,47-48;Mt28,19).

     

    Le dialogue personnel et ecclésial avec le Christ dans des temps et moments liturgiques et sacramentaires permet d’acquérir la certitude et la conscience d'être témoin du Ressuscité pour irradier sa force et sa grâce dans ses actes pluriels mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains, ses attitudes, ses regards, ses perceptions, des représentations, ses manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de s’émouvoir, de souffrir, de jouir, de jubiler, voir dans ses savoirs, ses savoirs-faire, ses savoirs-être et ses savoirs-devenir. Un tel dialogue est initié par le Père dans le Christ par la grâce et la force du Saint Esprit en s'abandonnant exclusivement de manière radicale au Christ. Un tel abandon exige la fidélité à sa parole et à ses promesses pour accéder à l'intelligence de la foi, au Mystère de la Sainte Trinité. Ce mystère permet de travailler la qualité de l'Alliance avec Dieu trois fois Saint et de la relation courte et longue avec les autres et avec le cosmos au niveau local et planétaire pour la joie complète. La passion de demeurer avec le Christ en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance et de dialoguer avec lui en toute vérité,

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    simplicité, authenticité, honnêteté et transparence amplifie la passion d'être présent aux différentes

    célébrations liturgiques. Cette participation liturgique permet de puiser à la source et à la grâce des sacrements l'intelligence, la force et la grâce de témoigner davantage de Jésus-Christ par des actes pluriels lumineux notamment dans l'accueil de l’étranger et le partage eucharistique, sacramentaire, sociétal avec lui comme au temps de l'expérience des disciples deEmmaüs. «  Mais il le pressèrent en disant: « Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. » Il entra donc pour rester avec eux » (Lc24,29). C'est dans le dialogue de vérité, dans la prière que les apôtres, les disciples et l’Église acquièrent le discernement nécessaire pour saisir les signes du temps favorables à la construction du Royaume de Dieu dans ses exigences exclusivement spirituelles. Apôtres, disciples et Église ont un impact visible sur le bien commun temporel sans altérer la priorité du spirituel au temporel dans cette construction du sens et dans cette croissance en humanité et en spiritualité. Car la construction de l'exigence du temporel est exclusivement de l'ordre du temporel et non du spirituel, bref de l'ordre de l’État et non de l’Église ou des Églises. « L'établissement du royaume messianique apparaît encore aux apôtres comme une restauration temporelle de la royauté davidique. cf.Mt4,17 »(20). Dieu a la souveraineté exclusive de l'histoire du salut à travers la triple exigence de la révélation cosmique, historique et eschatologique. La responsabilité apostolique, ecclésiale et chrétienne consiste à accueillir la souveraineté exclusive de Dieu dans l'accomplissement du salut des gens, ou du genre humain au niveau local, planétaire et cosmique pour en devenir des simples instruments, des simples serviteurs, des simples témoins mais percutants et décisifs. «  Insérant son plan de salut dans l'histoire humaine, Dieu en a disposé de toute éternité (Rm16,25+; 1Co2,7;Ep1,4;3,9,11;Col1,26;2Tm1,9;cf.Mt25,34) « les temps et moments », cf.Dn2,21;1Th5,1: -1° d'abord le temps de la préparation, He 1,2; 9,9;1P1,11, et de la patience, Rm3,26;Ac17,30; puis -2° à la « plénitude des temps » Ga4,4+, le moment choisi pour la venue du Christ, inaugurant l'ère du salut, Rm3,26+, ensuite -3° le temps qui s'écoule jusqu'à la Parousie, 2Co 6,2+; enfin -4°; précédé des « derniers jours », 1Tm4,1+, le « jour » eschatologique, 1Co1,8+, et le jugement dernier, Rm2,6+ » (21).

     

    Le temps et le moment de grâce est celui de l'accueil de l'Esprit-Saint. «  L’Esprit, thème spécialement cher à saint Luc (Luc 4,1+), apparaît avant tout comme une Puissance, Lc1,35; 24,49; Ac1,8;10,38;Rm15,13,19;1Co2,4-5; 1Th1,5;He2,4, envoyée d’au près de Dieu par le Christ, Ac2,33, pour la diffusion de la Bonne Nouvelle. L’Esprit accorde les charismes, 1Co12,4s, qui authentifient la prédication: dons des langues, Ac2,4+, des miracles, 10,38, de prophétie, 11,27+; 20,23;21,11, de sagesse 6,3,5,10; il donne la force d'annoncer Jésus-Christ, malgré les persécutions, 4,8,31; 5,32; 6,10; cf Ph1,19, et de lui rendre témoignage, Mt10,20p; Jn15,26;Ac1,8; 2Tm1,7s; cf. Notre suivante; il intervient enfin pour les décisions capitales: admission des païens dans l’Église, 8,29,39; 10,19,43-47;11,12-16;15,8, rejet pour eux des observances légales, 15,28, mission de Paul à travers le monde païen 13,2s; 16,6-7; 19,1 (T.Occ), cf. Mt 3,16+. Mais les Actes connaissent aussi le don de l'Esprit reçu au baptême et accordant la rémission des péchés, 2, 38; cf. Rm 5,5+. L'Esprit-Saint est à l’œuvre dans la vie prophétique, apostolique,patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne. Il permet aux apôtres, aux prophètes, à l’Église, aux chrétiens, aux familles chrétiennes de rendre témoignage de Jésus-Christ en marchant à sa suite. L'Esprit-Saint réalise la mission christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale et chrétienne locale et planétaire du rayonnement évangélique par la médiation des actes pluriels, c'est-à-dire des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains des personnes illuminées intérieurement par la foi qui s'exprime concrètement, extérieurement par des actes lumineux. Ce rayonnement évangélique basique,familial, systémique et planétaire est vécu également à travers les attitudes, les regards, les perceptions, les représentations, les manières d'être, de penser, de parler, de vivre, de s’émouvoir, de souffrir, de jouir et de jubiler. Les actes pluriels lumineux des personnes, des systèmes, des structures et des institutions contribuent à la construction du sens, du savoir, du savoir-faire, du savoir-être et du savoir-devenir . Ils amplifient la croissance en humanité et en spiritualité par la puissance, la force et la grâce de l'Esprit-Saint et du témoignage évangélique privé, public,

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    apostolique, patristique, conciliaire, ecclésial, chrétien, familial, sociétal, entrepreneurial, politique,

    économique, culturel, religieux, financier, banquier, boursier, des services marchands, non marchands, des indépendants au niveau local, régional, communautaire, national, international, supra-national, mondial et planétaire. Ils participent à la construction du Royaume de Dieu. « Les Apôtres ont pour mission essentielle de rendre témoignage de la résurrection de Jésus, Lc24,48; Ac2,32;3,15;4,33;5,32,13,31;22,15, et même de toute sa vie publique, Lc1,2; Jn15,27;Ac1,22;10,39s, cf.Rm1,1+ ». «  La mission des apôtres s'étend à l'univers, Is45,14+. Les étapes ici marquées dessinent en gros le schéma géographique des Actes: Jérusalem, qui était le point d'arrivée de l'évangile, est maintenant le point de départ;cf.Lc2,38+ » (22). La nouvelle évangélisation planétaire est celle du témoignage intérieur et extérieur du travail et de l’œuvre de l'Esprit-Saint dans la vie apostolique, prophétique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne, familiale, sociétale, entrepreneuriale, politique, économique, culturelle, religieuse, bancaire, financière, boursière, des petites et moyennes entreprises, des indépendants, des services marchands et non marchands, dans la vie privée et publique. Ce témoignage évangélique s'enracine dans le credo, dans la confession, la proclamation de la foi et de la parole de Dieu mais aussi dans la célébration, la participation et la réception des sacrements. Il se concrétise dans la vie quotidienne, personnelle, familiale, apostolique, ecclésiale, paroissiale, sociétale, citoyenne et chrétienne par la médiation des actes pluriels. Ces actes pluriels de bénédiction glorifient les merveilles de Dieu qui agit dans l'histoire avec sagesse, force, science, discernement, lumière et qui fait basculer les empires historiques, terrestres comme il fait alterner les périodes et les temps, ou fait tomber les rois pour en établir d'autres à la place sur le long chemin eschatologique de la construction du Royaume des Cieux (Dn2,2O-28). Le songe et la vision du roi Nabuchodonosor (Dn2,29-45) sont explicités par le prophète Daniel à qui Dieu a révélé sa lumière.

    « C'est l'annonce de la première des allégories de Dn, qui décrivent mystérieusement la succession des grands empires historiques ( Néo babyloniens, Mèdes et Perses, Grecs héritiers du royaume asiatique d'Alexandrie), ici figurés selon les anciennes spéculations sur les âges du monde par des métaux de valeur décroissante et enfin l'avènement du royaume messianique. Tous les empires terrestres s'écrouleront pour laisser la place à un règne nouveau, éternel parce que fondé sur Dieu: le Royaume des Cieux,cf Mt4,17+. Jésus, qui se désignera lui-même comme le Fils de l'homme, cf Dn7,13+ et Mt8,20+; s'appliquera aussi, cf. Mt21,42-44; Lc20,17-18, l'image de la pierre d'angle, d'abord rejetée, du Ps 118,22 et de la pierre de fondation d'Is28,16, avec une allusion nette à la pierre détachée du roc et qui écrase celui sur qui elle tombe, ici vv.34,44-45 » (23).

     

    Seul le Père connaît la date et l'heure de la fin des temps. «  En tant qu'homme, le Christ a reçu du Père la connaissance de tout ce qui intéressait sa mission, mais il a pu ignorer certains points du plan divin, ainsi qu'il l'affirme ici formellement » (Mt 24,35-36). // Mt 10,23;16,28; Is51,6; Ac1,7). « Reprenant les affirmations du Seigneur sur l'incertitude de la date de son Avènement dernier, Mt 24,36p; Ac1,7, qu'il faut attendre en veillant, Mt24,42 p, 50; 25,13, Paul se défend de connaître ce terme. Le jour du Seigneur, 1Co 1,8+ viendra comme un voleur, cf.Mt24,43p; il faut veiller,v.6; cf Rm13,11; 1Co16,13; Col4,2; 1P1,13; 5,8; Ap3,2s; 16,15, le temps est court, 2Co6,2+. Bien qu'il se range d'abord par hypothèse parmi ceux qui verront ce jour, 1Th4,17;cf1Co15,51; il en vient à envisager de mourir auparavant, 2Co5,3; Ph1,23, et met en garde ceux qui le croient imminent, 2Th2,1s. Les vues sur la conversion des païens, Rm11,25 donnent même à penser que l'attente pourra être longue, cf. Mt 25,19; Lc 20,9; 2P3,4,8-10 » (24). Le prophète Isaïe révèle que l’effusion de l'Esprit est à l'initiative de toute conversion réelle, permettant d'accueillir la souffrance, le rejet, l'humiliation, le péché et de les traverser en leur donnant du sens pour apprendre à pardonner, à se réconcilier, à vivre dans la paix et à poser des actes pluriels porteurs de l'amplification de la vie, de la joie, de la dignité, de la justice, de la paix, de la sécurité, de la liberté des enfants de Dieu, du bonheur et du vivre ensemble harmonieux local, familial, paroissial, professionnel, scolaire, ecclésial (Is31,15-20). «  L'effusion de l'Esprit. Jusqu'à ce que se répande sur nous l'Esprit d'en haut, et que le désert devienne un verger, un verger qui fait penser à une forêt. Dans le désert s'établira le

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    droit et la justice habitera le verger. Le fruit de la justice sera la paix, et l'effet de la justice repos et

    sécurité à jamais. Mon peuple habitera dans un séjour de paix, des demeures superbes, des résidences altières. Et si la forêt est totalement détruite, si la ville est gravement humiliée, heureux serez-vous de semer partout où il y a de l'eau, de laisser en liberté le bœuf et l'âne » (Is32,15-20). L'Esprit-saint est à l’œuvre dans toute conversion et dans tous les actes pluriels mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes humains qui contribuent à témoigner de l'amplification de la légalité, de la justice, de la sécurité, de la paix du cœur, des esprits, de la paix familiale, ecclésiale, sociale, publique, entrepreneuriale, des petites et moyennes entreprises, des indépendants, des services marchands et non marchands et du respect de la dignité et de la liberté de chacun au niveau local et planétaire, mais aussi de l'exigence de repos au niveau privé, public, local et planétaire.

    L'évangélisation des cœurs, des personnes, des familles, des paroisses, des sociétés, des cultures, des civilisations et du monde est l’œuvre de l'Esprit-Saint. L'Esprit-Saint est l'initiateur et l'accompagnateur de toute marche sur le chemin de la foi, càd du croire, de l'annonce, de la confession, de la proclamation, de la célébration, de la participation sacramentaire, rituelle et du témoignage de la vie évangélique dans la quotidienneté de l'existence plurielle pour le bien commun temporel et spirituel. Dans Luc 24, Saint Luc situe l'ascension de Jésus quarante jour après Pâques, c'est-à-dire après la Résurrection en la précédant d'abord des faits: -a-Le tombeau vide et le message des anges (Lc24,1-56).// Mt28,1-8;Mc16,1-8;Jn20,1-2; Lc9,30; Lc 9,22.

    -b- Les apôtres refusent d'ajouter foi aux dires des femmes (Lc24,9-11).// Mt28,10,17;Mc16,10-11,14;Jn20,18,25-29. Lc8,2-3;Mt8,10+

    -c- Pierre au tombeau (Lc24,12).// Jn 20,3-10; 24,24.

    -d- Les deux disciples d'Emmaüs (Lc24,13-35).// Mc16,12-13; Mt 2,23+; Mt16,14+; Ac7,22; Lc1,5, 4, 68; Lc2,38; Lc24,9s; Mc4,13+; Mc8,10+; Mt8,10+;Ac3,24+; Lc18,31+; Lc9,22+; 1P1,11; Lc16,29, 3; Lc24,16+; 1Co15,5; Lc24,16+.

    -e- Jésus apparaît aux apôtres (Lc24,36-43).// Jn20,19-23;Lc1,12+; Lc24,16+; Lc1,14+; Mt8,10+;Jn21,5;Jn21,9-10,13.

     

    Dans les apparitions racontées par Lc et Jn, les disciples ne reconnaissent pas le Seigneur au premier abord, mais seulement par une parole ou sur un signe, Lc24,30s et 35,37 et 39-43; Jn20,14 et 16,20; 21,4 et 6-7: comp. Mt 28,17. C'est que tout en restant identique à lui-même, le corps du Ressuscité se trouve dans un état nouveau qui modifie sa forme extérieure, Mc16,12 et l'affranchit des conditions sensibles de ce monde, Jn20,19. Sur l'état des corps glorieux, cf.1Co15,44+. Les disciples d'Emmaüs reconnurent Jésus-Christ, Ressuscité à la fraction du Pain et partirent évangéliser les onze apôtres restés à Jérusalem. (Luc 24,33,35). «  En employant ici le terme technique qu'il reprendra dans les Actes, Ac2,42+, Luc songe sans doute à l'Eucharistie. Quand Jésus apparaît aux apôtres (Lc24,36-43), il leur proclame ou leur annonce la Paix car les apôtres eux sont saisis de frayeur, de crainte, de trouble et de doutes. Pour réconforter leur foi, il leur montre les traces de sa souffrance, de sa crucifixion bien qu'il soit ressuscité: « Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi. Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair, ni os, comme vous voyez que j'en ai.  Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds » (Lc 24,39-40). «  Luc, écrivant pour les Grecs qui considéraient l'idée de résurrection comme une absurdité insiste sur la réalité physique du corps de Jésus ressuscité, cf v,43. Mais Jésus-Christ Ressuscité se rend bien compte que ses apôtres ne croient pas encore à sa résurrection bien qu'ils fassent preuve de beaucoup de joie car ils sont enfermés dans l'étonnement. Ils sont très surpris, étonné et joyeux.

     

    Pour les faire basculer de l'étonnement à la foi authentique au Ressuscité, il leur dit: « Avez-vous ici quelque chose à manger? » Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le

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    mangea devant eux. (Luc 24,41b-43). Luc songe ici à l'eucharistie qui est le couronnement de la foi

    chrétienne au Christ Ressuscité et le centre de l’Église pour croire, célébrer et vivre de l'évangile de Jésus-Christ Ressuscité.

    f- Dernières instructions aux apôtres (Luc 24,44-49). Le Ressuscité affirme:-a- Qu'il est l'accomplissement de l’Écriture. « Il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes ». Donc «  le Ressuscité est la Parole de Dieu. Il est présent et vivant dans la Parole de Dieu. // Lc 9,22+ «  Le Fils de l'homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter »(Luc9,22). « Alors il leur dit: O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes. Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire? » Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc24,25-27). C'est le Christ Ressuscité qui prend l'initiative d'ouvrir l'intelligence de la foi des apôtres, des disciples, des chrétiens en leur faisant percevoir qu'il est vivant dans la Parole de Dieu et que la Parole de Dieu c'est lui. Rencontrer le Ressuscité dans la Parole de Dieu et dans les sacrements transforme la vie chrétienne, ecclésiale, sociétale et fait de chaque baptisé un témoin du Ressuscité appelé à croire, à célébrer et à vivre du Ressuscité, de son esprit, de ses attitudes, de son style dans les lieux de vie, dans le monde entier pour témoigner et devenir sacrement du pardon, de la miséricorde et de la réconciliation locale et planétaire dans une vie fraternelle locale et planétaire (Lc24,45-48). « Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, et il leur dit: »Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem, de cela vous êtes témoins » (Luc 24,45-48).// Mt3,2+; Mt 28,19-20; Mc16,15-16;Lc2,38;Ac1,8).

     

    La grâce est offerte par le Ressuscité comme une mission apostolique, ecclésiale, sociétale et chrétienne locale et universelle d'évangélisation en direct en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Le Ressuscité accorde cette grâce à titre personnel, familial, ecclésial, sociétal et planétaire aux témoins, à ses amis qui deviennent des sacrements de l'eucharistie, de la réconciliation pour la construction de la paix locale et planétaire dans tous les secteurs de la vie privée et publique, ecclésiale, sociétale. En tout lieu, en tout temps et en toute circonstance, savoir être et devenir sacrement de l'eucharistie et de la réconciliation locale, régionale, communautaire, nationale, internationale, supra-nationale, ecclésiale, sociétale et planétaire c'est marcher dans le compagnonnage de l'Esprit-Saint qui est à l’œuvre dans le cœur, dans l'histoire, dans l’Église, dans la société, dans le monde, dans le cosmos pour la construction du Royaume de Dieu, Royaume de justice et de paix à la manière du Ressuscité. C'est s'ouvrir à l'espérance, à la foi, à la charité pour demeurer fidèle à la promesse du Christ-Ressuscité: « Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous, donc, demeurer dans la Ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut » (Lc24,49). Ac1,4;Ac2,33+;Ga3,14;Ep1,13. Demeurer fidèle dans la foi catholique, dans le Christ, à soi-même et dans son Église, Corps Mystique du Christ, c'est s'ouvrir à la patience de Dieu, à l’œuvre merveilleuse de Dieu par la triple médiation de la révélation cosmique, historique et eschatologique. Une telle ouverture a pour but d'accueillir les dons de l'Esprit-Saint qui rend chacun de manière personnelle, familiale, ecclésiale, sociétale,, entrepreneuriale co-héritier de la Promesse et du Royaume. Tout co-héritier est actant pour la mission universelle d'évangélisation en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance et cela avec une ambition patriarcale, prophétique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, sociétale, familiale, chrétienne, citoyenne locale et planétaire. Cette ambition consiste à prier et à travailler pour pacifier, relier, réconcilier l'humanité, les personnes, les peuples, les gens avec Dieu source du salut et de la Transcendance.

     

    L'Esprit-Saint est cette force qui vient d'en haut et que le Christ Ressuscité envoie aux

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    apôtres, à l’Église, aux baptisés et aux âmes privilégiés en dehors de l’Église en intercédant auprès

    du Père pour qu'il réalise sa promesse. La foi engage à être positif pour l'avenir en dépit des incertitudes. C'est ce qu'indique l'expérience spirituelle de l'ascension. « Puis il les amena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu » (Luc 24,50-52).// Mc16,19;Ac1,9,12; Lv9,22,Si50,20;Lc9,51+;Lc1,14+;Lc2,20+. Quarante jour après sa Résurrection, le Christ Ressuscité prie et bénit ses apôtres avant de se séparer avec eux et d'être élevé , emporté au ciel. Tandis que eux retournèrent à Jérusalem pour continuer la mission avec joie en se rendant à Jérusalem, lieu de la fin de la vie terrestre de Jésus et du début de l’Église et de l'évangélisation planétaire. Pour amplifier la joie de la présence vivante et agissante du Christ dans leur vie, dans l’Église, dans la Parole de Dieu et dans les sacrements, les apôtres témoignent de leur fidélité au Christ Ressuscité en étant constamment dans le Temple pour bénir Dieu. L'évangile de Luc se termine au Temple où il a commencé, dans la joie et la louange divine. L’Église est le lieu où beaucoup d'entre nous ont été baptisés, c'est-à-dire ont reçu le sacrement du baptême, le sacrement de réconciliation (ou la confession ) et le sacrement de l'eucharistie ou la communion dans la grande joie. Mais cette joie persiste-t-elle pour maintenir la flamme permettant à continuer de fréquenter constamment l'église pour bénir Dieu, prier, méditer, allumer une bougie, recevoir les sacrements, participer à différentes célébrations? Une telle joie initiale sacramentaire et fondatrice permet elle de lier notre foi, notre credo à notre célébration et au témoignage lumineux de la Parole de Dieu dans notre vie quotidienne, personnelle, privée, ecclésiale, familiale, publique, sociétale, politique, économique, culturelle, entrepreneuriale, celle des petites et moyennes entreprises, des indépendants, des services marchands et non marchands, des institutions financières, bancaires, boursières ou autres?

     

    Le Ressuscité m'appelle à devenir témoin de la joie et de la louange divine en tout temps, en tout lieu, en toute circonstance au niveau sectoriel, local et planétaire pour vivre en sa présence dans une relation personnelle avec le Vivant. Est-ce que je sais le suivre sur cette logique du témoignage de la joie et de la louange divine toute ma vie ? Jésus-Christ, crucifié , mort et ressuscité est apparu à ses apôtres pendant 40 jours avant son absence physique dans son corps de gloire où il monte au ciel à l'ascension et dix jours après sa montée au ciel, il va envoyer l'Esprit-Saint à ses apôtres réunis à Jérusalem pour continuer sa mission dans le monde entier. Les témoins oculaires sont serviteurs de la Parole de Dieu et de l’Église mais aussi de leurs frères en humanité. Dieu nous aime tellement qu'il envoie par l'intercession du Christ l'effusion de l'Esprit à ses apôtres, à l’Église, aux disciples, aux chrétiens. C'est en bénissant ses apôtres que Jésus se sépare d'eux et fut emporté au ciel. Le disciple qui est traversé par l'expérience spirituelle de l'ascension du Christ acquiert des savoirs comme le fait de savoir bénir, savoir faire des bénédictions, savoir être une bénédiction, savoir devenir une bénédiction pour ceux et celles avec lesquels il se sépare au terme du périple terrestre. Il transmet par la médiation de ses actes pluriels lumineux le relais du témoignage lumineux des expériences crucifiantes, humiliantes, horribles, cruelles, tragiques à la suite du Christ mais aussi le témoignage des expériences du relèvement, de reliance, de la joie complète et de la louange planétaire pour rayonner le Ressuscité. Il est métamorphosé par l’Évangile. Telle est la manière évangélique de croire, de célébrer, de vivre la foi au quotidien, en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance. Il s'agit d'incendier les cœurs et le monde contemporain, nos familles et nos paroisses, nos lieux de vie et de scolarité du feu de l'Esprit-Saint, profusion de l'amour de Dieu sur les êtres avec un regard plein de compassion, de tendresse et de miséricorde . Un tel regard espère le monde et l'autre crée à l'image et à la ressemblance de Dieu car tout homme est pécheur, aimé et sauvé par Dieu.

     

    Les Apôtres ont à annoncer et à construire le Royaume de Dieu au niveau planétaire. Entre l'ascension et la Pentecôte, le Ressuscité demande aux apôtres d'être concentré dans une vie de

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    prière, de louange, de contemplation, d'adoration, de sacrifice, de discipline, d'ascèse pour

    maximaliser la joie de l'eucharistie et du baptême. Eucharistie, baptême et sacrement de réconciliation constituent les sacrements à revisiter pour mieux célébrer l'ascension et pour mieux se préparer à la fête de la Pentecôte. Suis-je sacrement de l'eucharistie, du baptême et de la réconciliation pour la famille, les copains, les amis, les voisins, les autres, la société, l’Église et le monde? Pour mieux faire comprendre l'acte pluriel christologique ou christique de la transmission du flambeau de la responsabilité à ses apôtres et disciples à l'ascension, Saint Luc affirme dans les Actes des Apôtres ce qui suit: « A ces mots, sous leurs regards, il s'éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils étaient là, les yeux fixés au ciel pendant qu'il s'en allait, voici que deux hommes vêtus de blanc se trouvèrent à leurs côtés; ils leur dirent: « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel? Ce Jésus qui, d’au-près de vous, a été enlevé au ciel viendra comme cela, de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel » (Ac1,9-11).// 2R2,11; Mc16,19;Lc24,50-51;Jn20,17+;Rm10,6;Ep4,8-10;1P3,22;Lc24,4;Lc3,20;Za14,4.

     

    Ac1,9: Les apôtres sont des témoins oculaires de l'expérience spirituelle, mystique et réelle du relèvement du Christ, de son élévation, de son ascension. Par cette expérience de relèvement et d'élévation, le Christ scelle l'accomplissement de l'enlèvement d’Élie qui a pour successeur Élisée (2R2) sur le chemin de Bethel, alors que les confréries des prophètes qui vivent en communauté dans l'union, la fraternité préviennent Élisée de l'enlèvement imminent d’Élie par Yahvé sur la route de Bethel pour aller à Jéricho, puis au bord du Jourdain. Bien qu’Élisée les rassure de connaître également cet acte imminent de Yahvé qui magnifie sa Puissance et témoigne qu'il est le Vivant comme le proclame aussi Élie, lui-même et cela depuis la ville de Gilgal d'où ils partent. Cinquante membres de la confrérie des prophètes regardent au loin Élie et Élisée, lorsqu'Elie frappe les eaux du Jourdain de son manteau roulé pour frayer un passage à pied sec car les eaux se divisent en deux, reprenant ainsi le geste de Moïse pour la libération du peuple d'Israël de l’esclavage lorsqu'il est pourchassé par l'armée de Pharaon. Après la traversée des eaux du Jourdain à pied sec, sachant que son heure est venu, Élie dit à Élisée: « Demande:Que puis-je faire pour toi avant d'être enlevé d’au près de toi? ». Et Élisée répondit: « Que me revienne une double part de ton esprit. » Élie reprit: »Tu demandes une chose difficile: si tu me vois pendant que je serai enlevé d’au-près de toi, cela t'arrivera, sinon, cela n'arrivera pas. » (2R2,9-10). Le fils ainé recevait une double part de l'héritage paternel, Dt 21,17. Élisée veut être reconnu pour le principal héritier spirituel d’Élie. Demande difficile, car l'esprit prophétique ne se transmet pas: il vient de Dieu et c'est Dieu qui signifiera que la demande est exaucée en accordant à Élisée de voir ce qui est voilée aux yeux humains, cf.v.12 et 2R6,17; les « frères prophètes » ne percevront que l'encadrement naturel du mystère. « Or, comme ils marchaient en conversant, voici qu'un char de feu et des chevaux de feu se mirent entre eux deux, et Élie monta au ciel dans le tourbillon » (2R2,11; 2R6,16-17.).

     

    Élisée ne voit plus Élie, il déchire ses propres vêtements en deux et prend le manteau d’Élie puis revient sur la rive du Jourdain. Il va frapper les eaux du Jourdain avec le manteau d’Élie en invoquant Yahvé, le Dieu d’Élie et les eaux du Jourdain vont se séparer en deux et Élisée va traverser le Jourdain à pied sec sous le regard de la confrérie des prophètes qui l'observent à distance et qui viendront vers lui en disant: «  L'esprit d’Élie s'est reposé sur Élisée »; ils vinrent à sa rencontre et se prosternèrent à terre devant lui. » ( 2 R2,15s. Les cinquante membres de la confrérie des prophètes vont proposer à Élisée d'aller eux-mêmes chercher Élie pour le ramener. Mais si Élisée refuse au début et leur demande de ne pas aller le chercher, il cède sur leur insistance. Les cinquante membres de la fraternité et de la confrérie des prophètes vont chercher Élie pendant trois jours sans le trouver. «  Ils revinrent vers Élisée qui était resté à Jéricho, et il leur dit: « Ne vous avais-je pas prévenus de ne pas aller? » (2 R 2,18). La recherche infructueuse certifie seulement qu’Élie n'est plus de ce monde, son destin est un mystère qu' Élisée ne veut pas éclairer. Le texte ne dit pas qu’Élie n'est pas mort, mais on a pu facilement le conclure. Sur le « retour d’Élie », cf.Ml 3,23+. Élisée détient un pouvoir divin pour sauver ou pour perdre: il est bienfaisant à

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    ceux qui reconnaissent sa mission, mais on ne se moque pas impunément de l'homme de Dieu.

    Ml3,23+:Élie emporté au ciel 2R2,11-13 reviendra. Ce retour, annoncé ici, restera un trait important de l'eschatologie juive,cf. Le livre d’Hénoch. Jésus a expliqué qu’Élie est venu en la personne de Jean-Baptiste, Mt11,14;17,10-13+;Mc9,11-13. Avoir la foi c'est croire à l'accomplissement de ce que Jésus a dit. La justice de la foi: la parole de la foi est dans le cœur Rm10,6,8;Dt30,14;cf.3,27+;8,2+, parole dictée et accomplie en nous par l'Esprit,8,4+. En Éphésiens 4,9-11, Paul retient de Jésus-Christ qu' « il est monté »,vv.9-10 et «  il a donné » v.11, où il trouve annoncées l'Ascension de Jésus et l'effusion de l'Esprit. Les régions souterraines où se place le royaume des morts, cf.Nb16,33+ et où le Christ est descendu avant de ressusciter et de monter « au-dessus de tous les Cieux » cf.1P3,19+, - ou, selon d'autres, les régions terrestres, qualifiées d' « inférieures » par rapport aux Cieux, sont les régions que Jésus-Christ a visité. En parcourant ainsi tout l'univers, le Christ en a pris possession comme du « Plérôme » qu'il « récapitule » Ep1,10+, et enferme tout entier sous sa puissance de « Seigneur », cf.1,20-23; Col1,19;Ph2,8-11. « C'est lui encore qui « a donné » aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ » (Eph4,11-13).

     

    Paul ne cite ici que des charismes d'enseignement, qui seuls importent dans ce contexte, vv.13-15. Les saints paraissent être ici plus spécialement les missionnaires et autres enseignants, cf.3,5, mais peut-être aussi tous les fidèles dans la mesure où ils concourent à construire l’Église, cf.Ac9,13+. La construction du sens et la croissance en humanité de chaque personne et de toute l'humanité réconciliée dans le Christ permet à chacun d'accéder individuellement et collectivement à la fraternité réelle mondiale , à l'homme parfait par la force de l'âge pour réaliser pleinement l'image et la ressemblance de Dieu et communier à la plénitude du Christ dans son Corps Mystique. Cet Homme parfait, objet de toute espérance chrétienne et ecclésiale est non pas simplement le chrétien arrivé à l'état de « parfait » 1Co2,6+ mais l'Homme parfait en un sens collectif: soit le Christ lui-même, « l'Homme Nouveau », archétype de tous les régénérés 2,15+, soit mieux encore le Christ total, Tête,v.15; 1,22; Col 1,18 et membres,v.16;5,30 constituant son corps,1Co12,12+. Le Christ a accepté la mort afin que nous devenions héritiers de la vie éternelle. Le message des deux anges lors du tombeau vide à la résurrection renvoi à l'expérience spirituelle de la transfiguration où Jésus s'entretient avec Moïse et Élie. Moïse et Élie n'étant nommés que pour identifier les « deux hommes » mentionnés d'abord, on peut penser que, dans la source combinée par Lc avec Mc, ceux-ci étaient deux anges, cf.24,4; Ac1,10 qui instruisaient et confortaient Jésus, cf.22,43. Sur la signification de Moïse et Élie dans la tradition de Mt, cf. Mt17,1+. La nouvelle montagne symbolique à laquelle Jésus-Christ convie ses amis pour sa transfiguration et sur laquelle il va converser avec Moïse et Élie témoignent du nouveau Sinaï où s'opère la nouvelle révélation eschatologique.

     

    La nuée fait partie du cadre des théophanies de l'AT, Ex 13,22+ et du NT, Lc9,34-35p. Elle caractérise, Dn7,13, la parousie du Fils de l'homme, Mt24,30+, ici, v.11; cf 1Th4,17; Ap1,7;14,14-16. Luc parle de l’avènement glorieux de la parousie, cf. Mt16,27p; 24,30p+;25,31;1Th4,16;2Th1,7s.

     

      1. L’Église de Jérusalem.

     

    L'ecclésiologie de Jérusalem est constituée du groupe des apôtres qui ont pour la première tâche de procéder au remplacement de Judas pour l'efficacité de la mission évangélisatrice en conformité avec la volonté du Christ, Tête et Corps Mystique. « Alors du mont des Oliviers, ils s'en retournèrent à Jérusalem; la distance n'est pas grande: celle d'un chemin de sabbat. Rentrés en ville,

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    ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient habituellement. C'étaient Pierre, Jean, Jacques,

    André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée et Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques » (Ac1,12-13).//Lc6,14-16p. Apôtre signifie « envoyé ». Déjà connu dans le monde grec et dans le monde juif (schebah). Ce terme en est venu dans le christianisme à désigner les missionnaires « envoyés », cf. Ac 22,21+, comme témoins du Christ, de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, Ac1,8+, d'abord les Douze, Mc 3,14+ ( Ce terme leur est réservé dans les Actes), mais aussi un cercle plus large de disciples, cf.Rm1,1+ qui figurent en premier lieu dans les listes de charismes, cf.1Co12,28; Ep4,11. - Il se pourrait que le nom d'apôtre n'ait été donné aux missionnaires que par la première communauté; mais il reste vrai que Jésus lui-même a envoyé ses disciples en mission, d'abord vers les villages de Galilée, 9,6 et après sa résurrection, vers le monde entier 24,47; Ac1,8; cf. Jn3,11+;4,34+. Parmi les apôtres on supplée « fils » ( d'Alphée, de Jacques). L'apôtre Jude est distinct de Jude frère de Jésus, cf. Mt 13,55; Mc6,3 et frère de Jacques (Jude 1). On ne doit pas non plus, semble-t-il, identifier l'apôtre Jacques fils d'Alphée avec Jacques frère du Seigneur, Ac12,17;15,13, etc.

    Dans la chambre haute la première tâche du vivre ensemble apostolique est le devoir essentiel de la prière. La célébration liturgique de la prière est la première mission essentielle de la première communauté apostolique, de l’Église de Jérusalem, du cercle ecclésiologique fondateur autour des quelques femmes dont Marie la Mère de Jésus et avec ses frères: « Tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus et avec ses frères «  (Ac1,14), // Lc2,42,46; 6,4; Rm12,12; Lc23,49. Les Actes contiennent de nombreux exemples de la prière assidue recommandée, Mt6,5+ et pratiquée, Mt14,23+, par Jésus. Prière commune présidée par les Apôtres, 4,24-30; 6,4 et centrée sur la fraction du pain 2,42,46; 20, 7-11. Prière dans les occasions importantes: élections et ordinations à des charges dans l’Église.1,24;6,6;13,3;14,23, confirmation des Samaritains,8,15, période de persécutions 4,24-31; 12,5,12. On voit aussi des individus prier; Étienne pour soi-même et ses bourreaux, 7,59-60, Paul après sa vision du Christ, 9,11, Pierre et Paul avant les miracles, 9,40; 28,8, Pierre quand Dieu l'appelle vers Corneille 10,9; 11,5, lui-même homme de prière, 10,2,4,30-31. Paul et Silas dans la prison 16,25, Paul quittant ses amis à Milet 20,36 et à Tyr 21,5. Prière de demande dans la plupart de ces occasions, aussi en 8,22-24 pour obtenir le pardon; prière de louange, 16,25 et d'action de grâces, 28,15; enfin témoignage de foi: « invoquer le nom de Jésus Christ » est la caractéristique du chrétien 2,21 et 38, 9,14,21;22,16.

     

    Les véritables amis de Jésus se mettent ensemble pour le prier avec assiduité, ferveur et joie en étant entre eux en pleine communion dans l'unité, la vérité et la charité. Pour être assidu dans la prière, il est recommandé de contempler à distance d'abord le Christ en croix afin de mieux s'apercevoir de son grand amour pour nous sauver, et sauver l'humanité. La contemplation de la croix du Christ permet de mieux être à l’écoute des détresses contemporaines, de nos propres croix actuelles, de la croix familiale, ecclésiale, sociétale, communautaire, chrétienne, mondiale. Cette perception de la croix planétaire intériorisée et extériorisée permet de consentir joyeusement à la croix de l'humanité et de la Création toute entière pour les consumer toutes dans leur pluralité dans l'unique croix douloureuse et glorieuse du Crucifié-Ressuscité afin de prier et de travailler pour la construction de la paix locale et planétaire. Avoir un même cœur pour prier, c'est laisser nos cœurs être transpercés avec le cœur transpercé du Crucifié pour accueillir l'eau et le sang qui coulent de son cœur transpercé dans nos propres cœurs personnels, familiaux, ecclésiaux, sociétaux, civilisations afin de saisir la grâce du pardon, de la réconciliation et de la régénération. C'est aussi fondre nos cœurs transpercés par les péchés, la haine, la violence, l'injustice, la fourberie, la théâtralité de l'amour, du savoir, du pouvoir et du valoir, la pauvreté, la domination, l'exploitation, l'exclusion, la dictature, le racisme dans le cœur transpercé de la Vierge Marie, Mère du Seigneur et de l’Église en communion avec les cœurs transpercés des apôtres pour entrer dans la prière de demande, de supplication, de louange, d'action de grâce et du témoignage.

     

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    Homme et femme, baptisés sont appelés à entrer dans la prière de Jésus avec respect à l'égard

    des charismes et du ministère de chacun mais surtout avec un haut degré du sens et de la communion ecclésiale et apostolique. La première communauté ecclésiale, chrétienne ,apostolique s'est distinguée par l'exigence impérative et assidue de la prière en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance et dans divers événements existentiels fondateurs avec une place prépondérante à l'ancêtre de l'eucharistie, à l'eucharistie, la fraction du pain. Celle-ci met en valeur le ministère apostolique de la présidence du sacrement eucharistique. L'assiduité à la prière est le premier critère authentique de la vie chrétienne, de la vocation et de la responsabilité baptismale, chrétienne et sacerdotale, ministérielle et ecclésiale. La pratique quotidienne de la prière, de l'office des heures, de l'adoration, du rosaire, de louange, de demande, d'intercession, de contemplation, de l'eucharistie est le témoignage authentique des priants(es). Ceux-ci marchent à la suite du Christ avec foi, charité et espérance de manière lumineuse dans le monde contemporain au sein des familles, des sociétés, des institutions, des systèmes, des structures et finissent par avoir un rayonnement planétaire sur la voie, la force et la grâce de la sainteté. Le discernement des charges, charismes, services et ministères dans l’Église et dans la paroisse, à l'école nécessite un temps de prière intense tout comme la pratique quotidienne ou la mise en pratique quotidienne c'est-à-dire l'exercice quotidien des ces charges, charismes, services et ministères au service de l’Église, de la famille, de la société et de l'humanité au niveau local et planétaire.

     

    La préparation à la réception des sacrements du baptême, de confirmation, de pardon ou réconciliation, de communion ou eucharistie, de mariage, de malade et de l'ordre nécessite un temps de prière intense tout comme la pratique quotidienne de la vie chrétienne chez les baptisés, les confirmés, les repentants, les communiants, les mariés, les mourants, les ministres ordonnés (diacres, prêtres, évêques).. Dans la traversée du doute, du trouble et de l'abîme anthropologique, existentiel, sociétal, familial, ecclésial, entrepreneurial, politique, économique, culturel, financier, des services marchands, non marchands la prière individuelle, personnelle et collective est un impératif chrétien authentique, évangélique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire et ecclésial pour transformer le doute, le trouble, l'abîme, la persécution en opportunité. Celle-ci ouvre à la plénitude de l'espérance, de l'amour, de charité, de foi et de solidarité en communion avec le Crucifié-Ressuscité. Celui-ci accompagne les âmes privilégiées à inventer des chemins nouveaux de pacification, de pardon, de réconciliation, de justice, de vérité et de fraternité mondiale planétaire respectueuse de la légalité internationale pour le bien commun mondial temporel et spirituel en bonne intelligence avec la légalité nationale cohérente au respect universel de la dignité humaine.

     

    Une personne de foi, d'espérance et d'amour est amoureux du Crucifié-Ressuscité. Elle prie pour ses bourreaux et pour elle-même. Elle laisse son cœur vibré au rythme du cœur du Christ. Elle a dans ses pensées, ses émotions, son comportement, son intériorité et son extériorité des actes pluriels, des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des attitudes, des conduites, des comportements, des regards, des perceptions, des représentations, des savoirs, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir-devenir qui l'engagent à poser un regard plein de compassion et de tendresse. Elle prie pour ses bourreaux et espère qu'ils fassent dans leur propre cœur et dans leur propre expérience spirituelle au cœur de la déchéance une rencontre croisée exponentielle du regard christologique qui les consume dans le fond lumineux de la conversion afin d'espérer leur propre régénération à l'image et à la ressemblance de Dieu. Le priant assidu peut faire une expérience mystique où il participe à la vision christique, christologique qui l'ouvre autrement l'intelligence du cœur et de la raison, voir l'intelligence émotionnelle dans une fusion unitive métaphysique, méta éthique, méta philosophique et méta théologique de l’œil intérieur qui dépasse le coup d’œil expérimenté et pragmatique et survole l'intuition pour fondre dans la vision béatifiante qui fait de lui un prophète dans la lignée prophétique biblique, apostolique et ecclésiale.

    La pratique assidue de la prière en communion et à l'unisson de la prière de Jésus peut préparer le priant à accomplir réellement des miracles dans la société contemporaine, à se rendre disponible à

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    l'appel de Dieu et à répondre généreusement à cet appel. Cette réponse consiste à dédier toute sa vie

    au service de Dieu, des hommes, de l'humanité et de la Création toute entière pour le bien commun temporel et spirituel local et mondial au service de la construction du sens et de la croissance en humanité. Des priants décident de partager de manière assidue des expériences d'unisson à la prière du Christ et de participer à la prière du Christ, des apôtres, de l’Église et à la prière mondiale planétaire et ouverte. Une telle rencontre des priants sur la terre amplifie la chaîne de communion spirituelle et fraternelle, méta-sociétale et méta-humaine, méta éthique, métaphysique et méta théologique mondiale. Elle amplifie le torrent de l'océan mystique qui scelle l'unité et la communion dans la diversité par l'ivresse de la joie complète et de la prise de conscience des responsabilités et des engagements pour oser des actes pluriels. Ceux-ci contribuent à la construction du sens et à la croissance en humanité pour le bien commun planétaire, mondial sur le chemin de la construction du Royaume de Dieu sur la terre. Les prisons sont des lieux privilégies pour faire l'expérience de la prière assidue avec les prisonniers en participant notamment à l'eucharistie afin de s’imprégner de la condition de Jésus-Christ lui-même fait prisonnier et exécuté sur le bois de la croix au rand des criminels. Les prisons sont des lieux de prière assidu pour communier aussi à l'expérience apostolique de la première communauté chrétienne où les apôtres et les disciples eux-mêmes traversent ces expériences dans leur corps, dans leur âme et souffrirent le martyr pour le Christ et son Évangile. Les prisons, lieux privilégiés de prière à l'unisson de la prière du Christ pour laisser le Christ lui-même toucher les cœurs, l'intériorité et l'extériorité de la vie des prisonniers. Ceux qui sont touchés par la grâce de conversion marchent sur la voie de leur propre transformation, humanisation, conversion, relèvement, guérison, consolation et pardon qui contribuent à leur réinsertion sociale. Ils peuvent devenir des témoins de l’Évangile dans le monde contemporain à la croisée de leur reconstruction privée, familiale, sociétale, publique et mondiale sur le chemin de l'espérance, de la construction du sens et de la croissance en humanité.

     

    Marcher à la suite du Christ et des apôtres, mieux de la première communauté chrétienne des Actes des Apôtres contribue aussi à accepter de sortir de chez soi pour aller ailleurs surtout dans des lieux périphériques afin d'y trouver et d'y former ou réconforter des amis du Christ. C'est par l'expérience partagée de la prière durant le moment où l'on est ensemble que ce service d'évangélisation est vécu en direct. Il peut être vécu également surtout au moment de la séparation dans l'espoir de se retrouver pour continuer à partager ces expériences de prière de demande, de pardon, de louange, d'action de grâces, d'invocation, de témoignage, d'adoration, de contemplation en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Cela permet de vibrer à l'unisson de la prière du Christ et des apôtres afin de continuer à transmettre le flambeau du feu de l’Évangile, de la puissance, de la force et de la grâce du Crucifié-Ressuscité dans la communion ecclésiale. L'assiduité à la prière dans la première communauté chrétienne était faite en présence des quelques femmes dont Marie mère de Jésus et avec ses frères précise saint Luc dans les Actes des apôtres (Ac1,14; Lc23,49).// Mt 12,46. Invoquer l'intercession de la Vierge Marie mais aussi des frères de notre Seigneur Jésus-Christ pendant la prière tout comme celle des autres femmes qui avaient inaugurées ces prières au côté des Apôtres immédiatement après l'ascension nous relie spirituellement à leur prière, c'est-à-dire à la prière assidue de la première communauté chrétienne des Actes des Apôtres. Il y a plusieurs mentions des « frères » (et des « sœurs ») de Jésus: voir 13,35;Jn7,3;Ac1,14;1Co9,5;Ga1,19. Tout en ayant le sens premier de « frère de sang » le mot grec utilisé (adelphos ), comme le mot correspondant en hébreu et en araméen, peut désigner des relations de parenté plus larges (cf.Gn13,8;29,15; Lv10,4), et notamment un cousin germain (1Ch23,22). Le grec possède un autre terme pour « cousin » ( anépsios, voir col 4,10, seul emploi de ce terme dans le NT). Mais le livre de Tobie témoigne de ce que les deux mots peuvent être utilisés indifféremment pour parler de la même personne: voir 7,2: « notre frère Tobit » ( adelphos ou anèpsios selon les manuscrits). Depuis les Pères de l’Église, l'interprétation prédominante a vu dans ces « frères » de Jésus des « cousins », en accord avec la croyance en la virginité perpétuelle de Marie. En outre, cela est cohérent avec Jn19,26-27 qui laisse supposer qu'à la mort de Jésus,

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    Marie était seul. Dieu le Père qui voit tout est celui qui met dans le coeur du priant le désir de le prier en secret sans hypocrisie mais dans une attitude intérieure d’honnêteté, de sincérité, d'humilité et de confiance exclusive. Prier Dieu le Père est un devoir chrétien qui implique des attitudes comme la totale discrétion, l'humilité et la disponibilité du cœur. Mt 6,5: Par son exemple, Mt 14,23; comme par ses instructions, Jésus a enseigné à ses disciples le devoir et la façon de prier. La prière doit être humble devant Dieu, Lc 18,10-14, et devant les hommes, Mt6,5-6; Mc 12, 40p, du coeur plus que des lèvres, Mt6,7, confiante en la bonté du Père, Mt6,8; 7,7-11p, et insistante jusqu'à l'importunité, Lc11,5-8; 18,1-8. Elle est exaucée si elle est faite avec foi, Mt21,22p, au nom de Jésus, Mt18,19-20; Jn14,13-14;15,7,16; 16,23-27 et demande de bonnes choses, Mt7,11, telles que l'Esprit Saint, Luc11,13, le pardon, Mc11,25, le bien des persécuteurs Mt5,44 p; cf. Lc 23,34, surtout l'avènement du Règne de Dieu et la préservation lors de l'épreuve eschatologique, Mt24,20p; 26,41p; Lc21,36; cf.Lc22,31-32: c'est toute la substance de la Prière modèle enseignée par Jésus lui-même, Mt6,9-15p. La prière est communautaire et personnelle, voire familiale, ecclésiale, sociétale et planétaire. Apprendre à prier en secret est une des recommandations essentielles de notre Seigneur Jésus-Christ. Mais la vraie prière enseignée par Jésus est le Pater (Mt6,7-15).

     

    Dans la rédaction de Mt, le Pater contient sept demandes. Ce chiffre est cher à Mt: deux fois sept générations dans la généalogie,1,17; sept béatitudes,5,3+; sept paraboles,13,3+; pardonner non sept fois mais soixante-dix-sept fois, 18,22; sept malédictions des Pharisiens 23,13+. C'est peut-être pour obtenir ce chiffre de sept que Mt a ajouté au texte de base (Lc11,2-4) les troisième, cf.7,21;21,31;26,42, et septième,cf. Le « Mauvais » 13,19,38 demandes. Voici les sept demandes du Pater: 1. La sanctification du Nom de Dieu, Père. 2. La venue du Royaume de Dieu. 3. L'accomplissement parfait de la Volonté de Dieu sur terre. ( faire de la terre un habitacle de Dieu). 4 La nécessité d'accomplissement des besoins et désirs humains pour la vie, la survie et le bonheur du vivre ensemble. (Nourriture).(Le pain quotidien).(Refus de la pauvreté, de la misère, de la famine, de l'exclusion et nécessite d'une justice sociale planétaire). 5. Le pardon de Dieu pour mieux pardonner les autres. 6. La force et la grâce pour lutter contre la tentation. 7. La délivrance et la libération du Mauvais. (Résistance au mal radical).

     

    Notre Pain quotidien ? Traduction traditionnelle et probable d'un mot difficile. On a pu proposer aussi: «  nécessaire à la subsistance, et «  de demain ». De toute façon la pensée est qu'il faut demander à Dieu le soutien indispensable de la vie matérielle, mais rien que cela, non la richesse ni l'opulence. - Les Pères ont appliqué ce texte à la nourriture de la foi, le pain de la parole de Dieu et le pain eucharistique:cf.Jn6,22+. - « Et ne nous soumets pas à la tentation » (Mt6,13a): La traduction proposée est équivoque. Dieu nous soumet à l'épreuve, mais il ne tente personne (Jc1,12;1Co 10,13). Le sens permissif du verbe araméen, utilisé par Jésus, « laisser entrer » et non « faire entrer » n'a pas été rendu par le grec et la Vulgate. Dès les premiers siècles, beaucoup des mss. Latins remplaçaient Ne nos inducas par Ne nos patiaris induci: Nous demandons à Dieu de nous délivrer du Tentateur et nous le prions pour ne pas entrer en tentation (cf.Mt26,41 et par.), c'est-à-dire l'apostasie. «  Mais délivre nous du Mauvais ». (Mt6,13b) ou : «  du mal « .- Add.: « Car à toi appartiennent le Royaume et la puissance et la gloire pour les siècles. Amen. ». Glose liturgique inspirée de 1Ch29, 11-12, qui fait revenir la prière à son thème central, le Royaume de Dieu,v.10. Absente des grands mss du NT, elle se trouve déjà dans le Didachè (2es.) et dans des mss byzantins.

     

    Les passions, les convoitises, l'envie, la haine, la jalousie sont source des luttes internes, des dissensions ou rancunes entre fidèles, peut-être de véritables conflits, auxquels les chrétiens prendraient une part active des guerres, des batailles, de meurtre et d'institutionnalisation de la criminalité, de la cruauté, de l'horreur et de l'insécurité. (Jc4,1-3). Dieu le Père reste sourd au coeur malicieux qui s'adresse à lui dans la prière pour assouvir ses propres passions, (Jc4,3); Ps66,18. Le Christ dit: « Cherchez d'abord son Royaume et sa Justice, et tout cela vous sera donné par

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    surcroît »(Mt6,33). Is51,1; Rm14,17. Le Christ fait allusion ici au modèle des croyants et des priants qui est notre ancêtre dans la foi, Abraham (Is51,1-3). «  Car le règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint ». (Rm 14,17).// Ga 5,22; 1Th1,6. « Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi (chasteté): contre de telles choses il n'y a pas de loi. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises » (Ga 5,22-24). Le croyant uni au Christ n'a plus de Loi qui lui dicte sa conduite de l'extérieur. Il accomplit la Loi de l'Esprit,vv18,23,25; 6,2;Rm6,15;8,2-4;Ph1,9-10;cf. Jc1,25;2,8.

     

    Rm 8,26-27: Prier c'est entrer dans les vues de Dieu avec une confiance exclusive dans la bonté, la tendresse et la miséricorde divine pour l’avènement du Royaume de Dieu dans nos coeurs, dans nos vies, ici et maintenant et à l’œuvre dans la totale discrétion et secret au niveau planétaire et cosmique. A la suite de Jésus Mt6,5+; 14,23+, et conformément à l'usage des premiers chrétiens, Ac2,42+, Paul recommande souvent de prier sans cesse, Rm12,12; Ep6,18; Ph4,6; Col4,2; 1Th5,17+; 1Tm2,8;5,5;cf.1Co7,5. Il prie lui-même sans relâche pour ses fidèles, Ep1,16; Ph1,4; Col 1,3,9; 1Th 1,2; 3,10; 2Th1,11; Phm4, de même qu'il leur demande de prier pour lui, Rm 15,30;2Co1,11;Ep6,19;Ph1,19;Col4,3;1Th5,25;2Th3,1; Phm22;He13,18, et les uns pour les autres, 2Co9,14; Ep6,18. Sur la prière pour les frères pécheurs et malades, cf.1Jn5,16; Jc5,13-16. Outre les grâces de progrès spirituel, ces prières demandent l'éloignement des obstacles extérieurs, 1Th2,18 et 3,10; Rm 1,10, et intérieurs, 2Co12,8-9, ainsi que le bien de l'ordre social, 1Tm2,1-2. Paul insiste beaucoup sur la prière d'action de grâces, 2Co1,11+; Ep5,4; Ph4,6; Col2,7; 4,2; 1Th5,18; 1Tm2,1, qui doit accompagner toute action, Ep5,20; Col3,17, en particulier les repas, Rm 14,6; 1Co10,31; 1Tm 4,3-5; lui-même commence par elle toutes ses lettres Rm1,8, etc., et veut qu'elle pénètre les relations des chrétiens entre eux, 1Co14,17; 2Co1,11; 4,15;9,11-12. La prière d'eucharistie et de louange est l'âme des assemblées liturgiques, 1Co11- à- 1Co14, où les frères s'édifient mutuellement par des cantiques inspirés, Ep5,19; Col3,16. Car la prière chrétienne a sa source dans l'Esprit Saint: plutôt que de reprendre les thèmes sapientiels traditionnels sur les conditions et l'efficacité de la prière, cf. Jc1,5-8; 4,2-3; 5,16-18; 1Jn3,22; 5,14-16, Paul la garantit par la présence de l'Esprit du Christ dans le chrétien, qui le fait prier comme un fils, Rm8,15,26-27; Ga 4,6; cf. Ep6,18; Jude 20, tandis que le Christ lui-même, à la droite de Dieu, intercède pour nous, Rm8,34; cf. He 7,25; 1Jn2,1. Aussi le Père exauce-t-il avec surabondance, Ep3,20.

     

    Les chrétiens sont ceux qui invoquent le nom de Jésus Christ, 1Co1,2; cf.Rm10,9-13; 2Tm2,22; Jc2,7; Ac2,21+; 9,14,21; 22,16. Sur l'attitude extérieure dans la prière, cf.1Co11,4-16;1Tm2,8. Jésus donne l'exemple de la prière qu'il pratique avec assiduité après avoir évangéliser les foules en prenant le chemin de la solitude pour se laisser remplir de la présence du Père, Père dans la communion à l'Esprit-Saint qui procède du Père et du Fils.(Mt 14,23). Les évangélistes, surtout Luc notent souvent que Jésus prie, dans la solitude ou la nuit, Mt14,23p; Mc1,35; Lc5,16, au moment des repas 14, 19 p; 15,36p; 26,26-27p, et lors d'événements importants: au baptême, Lc3,21, avant le choix des Douze, Lc6,12, l'enseignement du Pater, Lc11,1; cf. Mt6,5+, et la confession de Césarée, Lc9,18, à la Transfiguration, Lc9,28-29, à Gethsémani, Mt26,36-44, sur la Croix, Mt 27,46p; Lc23,46. Il prie pour ses bourreaux, Lc23,34, pour Pierre, Lc22,32, pour ses disciples et ceux qui les suivront, Jn17,9-24. Il prie aussi pour lui-même, Mt26,39p; cf.Jn17,1-5; He5,7. Ces prières manifestent un commerce permanent avec le Père, Mt11,25-27p, qui ne le laisse jamais seul, Jn 8,29 et l'exauce toujours, Jn11,22,42; cf. Mt26,53. Par cet exemple comme par son enseignement, Jésus a inculqué à ses disciples la nécessité et la façon de prier, Mt6,5+. A présent dans la gloire, il continue d'intercéder pour les siens, Rm 8,34; He 7,25; 1Jn2,1, comme il l'a promis, Jn14,16.

     

    La prière de l'apôtre ou du disciple et du chrétien, voir de l’Église est une expérience d'une petite Pentecôte qui permet au priant et à l'assemblée d'être rempli du Saint-Esprit pour annoncer la

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    parole de Dieu avec assurance de manière à croire, à célébrer, à vivre et à témoigner de l’Évangile et de l'Esprit de Jésus à l’œuvre en ce monde contemporain par la médiation du disciple et de l’Église, voir de la communauté , de la paroisse et de l'école. (Ac4,24-31). Les apôtres donnent l'exemple de l'assiduité à la prière dans l'élaboration et la mise en œuvre de la première communauté chrétienne, c'est-à-dire de l’Église primitive apostolique selon les Actes des apôtres. (Ac6,4): «  Quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole » (Ac6,4); Ac1,14; Ac2,42. La double fonction des apôtres aux réunions liturgiques de la communauté: prononcer les prières et faire la catéchèse. La vie de la première communauté chrétienne est ponctuée comme suit:

    -a) Instructions (Enseignements des Apôtres) aux nouveaux convertis, où l'on expliquait les Écritures à la lumière des faits chrétiens, et non plus proclamation de la Bonne Nouvelle aux non-chrétiens. Cf 15,35.

    -b) Communion . 1Co1,9+ est employé ici sans complément, cf.Ga2,9. Il faut entendre certainement la mise en commun des biens, v.44;4,32-35, qui exprime et renforce l'union des cœurs, v.46; 4,32, résultat du partage de l’Évangile et de tous les biens reçus de Dieu par Jésus-Christ dans la communauté apostolique. Le sens ne se limite pas à une entraide sociale, ni à une idéologie commune ou à un sentiment de solidarité.

    -c) Fraction du pain: Voir V.46;20,7,11; 27,35; Lc24,30,35. Prise en elle-même, l'expression évoque un repas juif, où celui qui préside prononce une bénédiction avant de partager le pain. Mais dans la langue chrétienne, elle vise le rite eucharistique, 1Co10,16;11,24;Lc22,19p;24,35+ Celui-ci,v.46, était célébré non au Temple, mais dans quelque maison; il n'était pas séparé d'un véritable repas,cf.1Co11,20-34.

    -d) Prières: Les prières en commun, présidées par les apôtres,6,4. Un exemple: 4,24-30. Cf. 1,14+, 24; 12,5.

     

    Enseignement des apôtres, communion, fraction du pain et prières constituent les fondamentaux des réunions liturgiques de la première communauté chrétienne. C'est ce qu'atteste les Actes des Apôtres.( Ac2,42). Crainte à cause des prodiges et signes apostoliques, mise en commun et partage équitable médiatisé par une justice sociale de qualité, joie qui suit la foi, simplicité, louange et assurance du salut au sein des familles chrétiennes constituant l’Église domestique en miniature constituent la suite du témoignage évangélique et chrétien. Ce témoignage exige l’assiduité à la fréquentation du temple et à la fraction du pain dans les maisons pour célébrer l'action de grâce et de louange au Seigneur. (Ac2,43-47). « Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et avaient le faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés » (Ac2,46-47). En Ac 20,7-11, l'apôtre Paul donne l'exemple d'un prédicateur infatigable de l’Évangile et de la vie de prière ponctuée par l'eucharistie, l'homélie, l'évangélisation durant toute la nuit jusqu'au levé du jour. Durant ce moment il rend aussi la vie à l'adolescent d'Eutyque qui tombe du troisième étage de la chambre haute où se réunit l'assemblée pour la prière et la fraction du pain. Seul le Seigneur Dieu connaît le cœur de chaque homme, choisit et appel qui il veut à son service par la médiation du discernement apostolique et ecclésial. (Ac1,24); Ac6,6.

     

    Le rite d'imposition de main pour donner mandat à propos de la mission que les disciples ont à exercer au sein de l’Église primitive est pratiquement exercé soit par la communauté, soit par les apôtres (Ac6,6;Ac13,3). Ce rite est précédé du jeune et de la prière intense. D'après Ac14,26 (cf.15,40), ce geste de la communauté paraît recommander à la grâce de Dieu les nouveaux missionnaires, choisis,v.2 et envoyés, V.4, par l'Esprit-Saint. Le rite n'a donc pas tout à fait la même portée que dans 6,6, où les sept reçoivent des apôtres leur mandat. Cf.1Tm4,14+. Lors de sa première présentation aux fidèles réunis à la place Saint Pierre à Rome pour sa nouvelle élection au ministère petrinien, sa Sainteté le Pape François a sollicité la prière et la bénédiction des fidèles en s'inscrivant dans la ligne de l'envoi en mission de Barnabé et Saoül par l’Église d'Antioche (Ac13,1-

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    3.

     

    Les apôtres, les disciples sont appelés à prier incessamment, avec assiduité pour les communautés chrétiennes, pour l’Église afin que le Seigneur envoi à chacun et à tous l'Esprit Saint avec une ferme assurance de foi que le Seigneur Dieu qui inspire cette prière est celui qui l'exhausse pour le salut des âmes (Ac8,15). La communauté chrétienne, l’Église a le devoir de prier pour ses apôtres, ses pasteurs, ses ministres, ses consacrés lorsque ceux-ci sont en prison à cause de l’Évangile et avoir l'assurance d'être exhaussé par le Tout Puissant pour l'honneur du Roi des Rois.(Ac12,5,12). Comme Pierre, les apôtres et les pasteurs qui ont été libère du prison par l'intercession de la prière ecclésiale et communautaire sont invités à aller témoigner en chair et en os leur gratitude auprès des fidèles dans l'assemblée pour prier avec assurance avec eux. « Et s'étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où une assemblée assez nombreuse s'était réunie et priait » (Ac12,12). On retrouve Jean-Marc en 12,25;13,5,13;15,37-39; Il était le cousin de Barnabé, Col4,10. Il sera auprès de Paul durant sa première captivité romaine, Col4,10; Phm24, et Paul réclamera encore ses services peu avant de mourir, 2Tm4,11. Il fut également le disciple de Pierre, 1P5,13, et la tradition reconnaît en lui l'auteur du deuxième évangile. La prière d'invocation est dite par Étienne au moment de sa lapidation où il vit en direct le martyr en invoquant le nom du Seigneur et en lui demandant de pardonner à ses bourreaux, relayant ainsi la prière de pardon du Christ en croix.(Ac7,59-60). Bel exemple de «  l'invocation du nom du Seigneur » 2,21+. Luc souligne de deux traits,vv.59-60, la ressemblance entre Étienne mourant et Jésus dans sa passion.

     

    La prière incessante ouvre le priant à la vision et fait de lui un prophète, un véritable serviteur du Seigneur pour accomplir sa sainte Volonté dans l’Église, dans la société et dans l'univers, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance (Ac9,11-12). Elle le guérit de l'aveuglement et le fait participer à la vie de sainteté comme Saul de Tarse à qui Ananie impose les mains pour lui rendre la vue. Dieu se sert des médiations humaines et spirituelles, voir mystiques des priants authentiques, qui deviennent ses prophètes contemporains pour l’avènement du règne de Dieu sur terre aux dimensions planétaires. La véritable prière se fait avec des attitudes corporels qui sollicitent la génuflexion à l'exemple de saint Pierre lors qu'il ressuscite une femme à Joppé (Ac9,40). Les apôtres, les pasteurs, les disciples, les chrétiens sont appelés à visiter les malades et à prier pour eux notamment en leur imposant les mains au nom de Jésus-Christ, Seigneur, Sauveur, le Roi des Rois afin de solliciter son intercession pour leur guérison, leur consolation et leur régénérescence spirituelle et humaine. A leur tour, les familles des malades sont invités à combler les priants du nécessaire et de leurs prévenances. (Ac28,8-10). La prière intense peut ouvrir le chemin de l'expérience d'une vision extatique et culmine en extase. L'extase renvoi à une réflexion approfondie pour discerner les signes du temps et accomplir la mission prophétique ecclésiale de consolation, de guérison et de régénération au nom du Seigneur dans la totale obéissance à sa volonté. Telle fut l'expérience vécue par Pierre et Corneille dans la communion spirituelle extatique en dépit des distances qui les séparaient pour finir par se rencontrer physiquement et promouvoir ensemble l'évangélisation (Ac10,1-43).// Ac11,5-18.

     

    Les apôtres, les pasteurs, les disciples, les ministres ordonnés, les consacrés et les chrétiens, les familles peuvent et doivent prier notamment vers minuit en faisant des veillées des prières ponctuées par des chants, des prières de demande, d'intercession, de louange, d'adoration, d'action de grâce et de contemplation d'eucharistie. Ils prient et intercèdent pour tous ceux et celles à travers le monde et dans nos communautés chrétiennes qui ont les cœurs prisonniers du péché personnel et structurel, de la haine, du mépris, de l'exclusion, de l’indifférence, de la sorcellerie, de la jalousie, de la violence, des vices, du mal, de la corruption, de la dictature, du totalitarisme, de l'injustice, du racisme (Ac16,25-28). Devant des situations où des disciples, des chrétiens, des familles, des communautés, des apôtres, des pasteurs vivent des expériences de séparation, ils sont appelés à s'accorder un moment de prière en libérant toutes les émotions, avec lucidité et en optant pour la

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    génuflexion afin de prier sans cesse pour ce qui arrive à chacun en demandant au Seigneur de protéger et de combler chacun de sa miséricorde et de sa prévenance pour l'accomplissement exclusif de sa sainte Volonté et l’avènement du Royaume de Dieu (Ac20,36-38). Prier sans cesse est une exigence missionnaire du serviteur de Dieu même lorsqu'il se sépare avec la communauté chrétienne d'accueil ou poursuit sa mission évangélisatrice en d'autres lieux, dans d'autres contrées, dans d'autres Églises.(Ac21,5). L'Esprit Saint est par excellence le Don de Dieu, cf 2,38;10,45;11,17;Lc11,9,13: thème repris dans l'hymne Veni Creator. Dieu accorde souverainement l'Esprit Saint à qui il veut et comme il veut sans aucun mérite ni corruption financière et cela par la médiation des apôtres et de la succession apostolique ininterrompue à travers le geste d'imposition des mains des apôtres et de leurs successeurs. Il est recommandé aux apôtres, aux pasteurs, aux ministres, aux consacrés, aux chrétiens et aux fidèles, et à l’Église de prier avec assiduité pour demander à Dieu de pardonner ceux et celles qui se complaisent dans la simonie ou le trafic des choses saintes et qui parfois cherchent à acheter ou à vendre le don de Dieu à prix d'argent au point de sombrer dans le péché d'iniquité.(Ac8,14-25). Les apôtres, les pasteurs, les ministres consacrés sont appelés à rendre témoignage, à témoigner, à annoncer la parole de Dieu, à évangéliser les villages, les villes, les périphéries et le monde entier avec une vision et une ambition planétaire. Cette ambition devrait les pousser de manière responsable à s'ajuster à la volonté et à la mission, voir à l'ordre du Christ consistant à aller partout dans le monde entier jusqu'aux extrémités de la terre, dans ces lieux périphériques, inaccessibles, hors prises, préoccupés à autres choses ou totalement méconnus, ignorés, oubliés par les performances technologiques de la civilisation occidentale contemporaine. L'exigence et l'urgence universelle de la mission d'évangélisation consistent à apprendre aux personnes, familles, peuples, cultures, civilisations à évangéliser ou à ré évangéliser à marcher à contre courant au nom de l’Évangile et au Nom du Roi des Rois, le Christ, le Sauveur de l'humanité qui appelle souverainement qui il veut et comme il veut par la médiation du ministère apostolique et ecclésial pour envoyer des ouvriers dans la vigne du Seigneur.

    « Mais quand Simon vit que l'Esprit Saint était donné par l'imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l'argent. « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi: que celui qui à qui j'imposerai les mains reçoive l'Esprit Saint. » Mais Pierre lui répliqua: « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d'argent. Dans cette affaire il n'y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n'est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur: peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée, car tu es, je le vois, dans l'amertume du fiel et les liens de l'iniquité. Simon répondit: » Intercédez vous-même pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m'arrive de ce que vous venez de dire » (Ac8,18-24). Les apôtres, les pasteurs, les ministres ordonnés, les consacrés sont appelés par le Seigneur à prier sans cesse notamment vers minuit pour offrir à Dieu des prières, de demande, d'intercession, de louange, d'action de grâce, d'adoration, de contemplation, d'intercession et des chants. Ils sont appelés à porter dans ces prières notamment les prisonniers pour que le Seigneur touche leurs cœurs et leur accorde la grâce du repentir, de la conversion et de la pénitence. (Ac16,25). Prisonnier, Paul fut encouragé à porter sa croix en prison par la médiation de la prière ecclésiale de la communauté chrétienne mais aussi par la visite des frères de cette communauté de la ville de Rome et par le traitement de faveur qu'il reçoit en prison de la part des militaires (Ac28,15-16). Texte occ. (adopté par la recension antiochienne): « Quand nous fûmes entrés à Rome, le centurion remet les prisonniers au stratopédarque. On permit alors à Paul de prendre un logement en dehors du camp (prétorien). ». Ces renseignements complémentaires correspondent à ce qui a dû se passer effectivement. C'est le régime de faveur de la « custodia militaris »: le prisonnier prend un logement à lui, mais il doit toujours avoir le bras droit lié par une chaîne au bras gauche d'un soldat qui le garde. Paul a voulu régler aussi vite que possible sa situation à l' égard des juifs de Rome. Il va résumer son procès et protester une dernière fois de sa fidélité au judaïsme.

     

    La prière d'invocation est recommandée.(Ac2,21). Les chrétiens se désignent eux-mêmes

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    comme « ceux qui invoquent le nom du Seigneur », 9,14,21;22,16;1Co1,2; 2Tm2,22; le nom de « Seigneur » s'applique non plus à Yahvé, mais à Jésus, cf. Ph2,11; Ac3,16+. Celui qui invoque ce nom c'est-à-dire qui reconnaît Jésus comme Seigneur sera sauvé: voir Ac4,12 et Rm10,9. Pour recevoir le don du Saint-Esprit, l'apôtre Pierre demande et il est demandé aux chrétiens, aux pasteurs, à l’Église toute entière de prier pour le repentir, pour le pardon et la conversion de chaque membre du peuple de Dieu et du corps du Christ. Une telle prière consiste à revisiter la grâce baptismale et la responsabilité chrétienne que celle-ci implique à la suite du Christ. Il s'agit de prière pour croire, célébrer et témoigner de la rémission de ses péchés personnels, ecclésiaux et structurels sur le chemin de la conversion réelle en invoquant le nom du Seigneur.(Ac2,21,38). Seule la Puissance du Nom du Seigneur suscité l'animosité, le mépris, la persécution mais aussi paradoxalement la conversion des coupables méprisants, persécuteurs pour les transformer en témoins lumineux de l'annonce joyeuse de l’Évangile à l'exemple de la vocation de Saoul (Ac9,1-9) et de sa prédication à Dams (Ac9,19b-23). La conversion au Christ est une grâce offerte par le Christ Sauveur pour mettre sur sa voie, les convertis pour qu'ils vivent en conformité avec le Christ. Il s'agit de s'ajuster à sa sainte Volonté afin de poursuivre sa mission pour la construction du Royaume de Dieu sur la terre des vivants. Coute et vision du Christ Crucifié et Ressuscité convoquent au témoignage planétaire notamment dans les lieux périphériques ou païens à l'exemple de Paul ou Saoul (Ac22,14-15).

     

    Prière, écoute, vision, baptême, conversion et mission constituent les fondamentaux des apôtres, des pasteurs, des ministres, des consacrés et des chrétiens qui adhèrent au Christ. Ils expriment des différentes manières de croire, de célébrer et de témoigner de l’Évangile et des baptêmes des convertis au Christ qui consentent exclusivement à leur incorporation dans l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Cette incorporation exige de s'ajuster et de se conformer de manière crédible tant dans leur vie de foi, de célébration et de témoignage à la construction du Royaume de Dieu sur terre au niveau planétaire jusque dans les périphériques du paganisme contemporain pour la nouvelle évangélisation.(Ac22,12-21). « Pourquoi tarder encore? Allons. Reçois le baptême et purifie-toi de tes péchés en invoquant son nom » (Ac22,16). Prier c'est chercher à parler avec Jésus, frère premier-né pour établir la relation fraternelle d'adoption filiale avec lui auprès du Père par la force et la grâce du Saint-Esprit qui permet de montrer de manière souveraine que les liens de la parenté charnelle passent après ceux de la parenté spirituelle (Mt12,47) dans laquelle nous aspire le Christ. Cette aspiration christologique témoigne du Christ qui prie en nous, avec nous, pour nous en nous parlant dans nos cœurs et dans vies, dans l’Église par la médiation des deux tables, c'est-à-dire de deux pains, le pain de la parole de Dieu et le pain de l'eucharistie qui est le cœur, le centre de l’Église, Corps Mystique du Christ et des sacrements. (Mt8,21s; Mt10,37;Mt19,29).

     

    Nous devenons réellement disciple et frère du Christ de manière à vivre pleinement la puissance, la force et la grâce baptismale lorsque nous parlons réellement en direct au Christ et le laissons nous parler pour parler avec nous dans nos cœurs, dans nos lèvres et dans notre bouche. Il s'agit de prier en direct avec notre corps, nos gestes, nos attitudes, réellement avec lui, pour lui, par lui et en lui qui est l'Unique Seigneur et l'Unique Sauveur de l'humanité en quête de la réconciliation eschatologique avec lui notamment au niveau de la Création toute entière et avec l'humanité planétaire réconciliée entre elle. Prier c'est pour les apôtres, les pasteurs, les ministres ordonnés, les disciples et les fidèles suivre réellement le Christ de manière à obéir à son ordre: « Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts » (Mt8,13). Pour apprendre à prier de manière à suivre le Christ, il faut impérativement accepter de renoncer à soi-même, à ses préoccupations du moment, à ses soucis, à ses besoins, à ses désirs, à son programme, à ses projets, à ses envies, à ses intérêts, bref à soi-même. Le renoncement à soi n'est possible que si l'on tombe sérieusement amoureux du Christ jusqu'à la folie pour être disponible à acquérir la dignité du fils adoptif de Dieu et obtenir de Dieu la force et la grâce du Saint Esprit. Ce dernier permet au disciple

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    du Christ d'assumer ses responsabilités, de prendre courageusement, librement et lucidement sa propre croix, la croix de la communauté, de l’Église, de la société et du monde pour marcher avec ténacité à la suite du Christ de manière lumineuse. Cette marche chrétiennement christologique permet d'accomplir généreusement la sainte Volonté de Dieu pour la construction du Royaume de Dieu sur cette terre. Lorsqu'on gagne, on obtient ou l'on se procure le Christ par la prière de façon amoureuse pour que lui-même gagne, obtient et se procure nos âmes et nos vies à son dessein. L'on devient gagnant avec le Christ, par le Christ, en Christ, dans le Christ, pour le Christ. (Mt 10,37-39), Lc14,26-27;Dt33,9;Dt16,24-25;Mc8,34-35;Lc9,23-24;Lc17,33;Jn12,25. «  Et quiconque aura laissé maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou champs, à cause de mon nom, recevra bien davantage et aura en héritage la vie éternelle (Mt 19,29).// Mt18,18, Ap3,21,Ap20,4.

     

      1. Ac1,15-26: Le remplacement de Judas.

    Le premier défi auquel furent confrontés les apôtres dans l’Église primitive de Jérusalem est celui de remplacer Judas qui devint le guide de ceux qui avaient arrêtés Jésus. Judas finit par se pendre, mieux par se suicider, alors que dans sa charge apostolique précédente il s'occupait du ministère de finance, c'est-à-dire de la bourse. Pierre prend la parole pour expliquer la nécessité de rétablir le collège apostolique initial relevant au nombre des douze apôtres. Au cours d'une réunion constituée environ de cent vingt personne qu'il considère comme des frères en Christ, il montre la possibilité et l'opportunité de choisir le remplaçant ou le successeur de Judas parmi les fervents disciples de Jésus qui l'ont côtoyé depuis le baptême que Jésus reçut de Jean-Baptiste jusqu'à l'ascension. Cette mission capitale du choix apostolique pour remplacer Judas est vécue dans la prière. Deux frères seront présentés à Pierre par la fraternité apostolique et ecclésiale, il s'agit de Joseph dit Barsabbas, surnommé Justus et de Matthias. « Alors ils firent cette prière: « Toi, Seigneur, qui connais le coeur de tous les hommes, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans le ministère de l'apostolat, la place qu'a délaissée Judas pour s'en aller à sa place à lui ». Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias qui fut mis au nombre des douze apôtres » (Ac1,24-26).

     

    La primauté de Pierre se caractérise par le ministère de la présidence de la collégialité et de la fraternité apostolique, ecclésiale et chrétienne pour faire correspondre l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique à la Sainte Volonté du Christ. Celle-ci consiste à revenir à la source symbolique et réelle du collège apostolique constituée des douze, institués par Jésus-Christ lui-même, chef et tête de l’Église en vue de la construction du Royaume de Dieu. En prenant l'initiative de rétablir la collégialité apostolique constituée des douze selon la volonté initiale du Christ, Pierre assume le relais du Christ comme Vicaire de celui-ci pour assurer et veiller à l'unité apostolique, ecclésiale et chrétienne, mais aussi de l'humanité entière. Il assume pleinement ses responsabilités selon la volonté du Christ et se laisse lui-même guidé par l'Esprit-Saint dans le ministère du discernement, de la présidence, du gouvernement, de sanctification et de consolation. Ce ministère apostolique est au service de la communion et de l'unité ecclésiale magnifiée exclusivement par l'authenticité de l'exercice réelle de l'unité et de la communion apostolique des douze et de leurs successeurs dans la lignée de la succession apostolique ininterrompue. La fraternité vécue réellement dans le ministère apostolique par la collégialité est une fraternité réelle voulue par le Christ qui réconforte, vitalise et amplifie l'unité et la fraternité au sein de l'ecclésiologie primitive des Actes des Apôtres et de l’Église toute entière.

     

    Le choix du remplaçant ou du successeur de Judas se fait parmi les cent vingt personnes constituant cette fraternité réelle spirituelle que Pierre décide d'ouvrir globalement à l'exigence de fidélité à la suite du Christ depuis le baptême de celui-ci par Jean-Baptiste jusqu'à son ascension. Il s'agit de considérer comme critère la fidélité du compagnonnage réel et expérientiel avec le Seigneur Jésus-Christ lui-même. Ce critère est celui de l'unité et de la communion au Christ pour s'ajuster à sa sainte volonté en devenant témoin oculaire, en direct de Jésus de l' histoire et du Christ Ressuscité de manière à naître réellement dans la fraternité du fils unique par l'adoption

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    filiale baptismale et christologique. Au milieu du collège apostolique, ecclésiale et chrétienne, Pierre se lève comme témoin, garant et défenseur de la fraternité collégiale, apostolique, ecclésiale et chrétienne mondiale et de l'humanité toute entière, voir de l'univers sur le chemin de la régénération. A côté du sens strict le mot de frère prend souvent dans la Bible des sens élargis, visant le parent plus ou moins éloignés, Gn9,25;13,8, le compatriote, Gn16,12; Ex2,11; Dt2,4; 15,2; Ps22,23. De là il passe à une parenté plus profonde par la communion dans l'alliance. Dans le NT il désigne très souvent les chrétiens, disciples du Christ, Mt 28,10; Jn20,17; Ac6,3; 9,30;11,1;12,17;Rm1,13, etc., qui font comme lui la volonté du Père, Mt12,50p; fils du Père dont il est le Premier-né, Mt25,40;Rm8,29;He2,11,17, et entre qui règne l'amour fraternel, Rm12,10;1Th4,9;1P1,22;1Jn3,14, etc.

     

    La fraternité parentale restreinte et élargie bien que nécessaire et capitale peut renforcer et se reconnaître dans la fraternité patriotique, nationale qui amplifie et défend la fraternité parentale restreinte et élargie notamment en cas de besoin, de nécessité, de catastrophe ou des situations plurielles tragico-dramatiques dans lesquelles la vie de la nation et de la famille est menacée. Comme vrai Homme , excepté le péché, Jésus reconnait la nécessité de la fraternité parentale, restreinte et élargie et l'apport de la fraternité patriotique nationale. Mais la nouveauté qu'il apporte réside dans le basculement de la fraternité patriotique nationale et de la fraternité parentale restreinte et élargie dans le saut qualitatif, spirituel, et réel, existentiel de la nouveauté planétaire de l'unité et de la communion de la fraternité sacramentaire baptismale. Celle-ci scelle le fondement qualitatif de la Nouvelle Alliance selon les vues de Dieu et le rêve de Dieu pour l'unité et la communion fraternelle et spirituelle des fils adoptifs de Dieu. Ceux-si sont appelés à s'ajuster à l'unité et à la communion du Fils Unique de Dieu, le Premier-Né d'entre les morts, dans l'unité et dans la communion trinitaire. Cet ajustement permet à la fraternité baptismale planétaire de la Nouvelle Alliance de s'incruster dans l'unité et dans la communion Trinitaire. La construction de la fraternité apostolique, collégiale, ecclésiale et chrétienne s'est faite à la lumière des fondamentaux de la fraternité biblique. Dès le livre de la Genèse, au chapitre 9,25 et au chapitre 18,8, Dieu met en valeur l'essence et la pertinence de la fraternité extensive parentale élargie qui prend en considération la vitalité et la responsabilité des parents éloignés au regard de la révélation cosmique.

     

    L'Alliance Noétique issue de la sortie du déluge marque les fondamentaux de la parenté noétique et de la fraternité biologique restreinte et extensive, élargie englobant la fraternité cosmique, universelle, mondiale qui fait de tous les habitants de la terre des frères qui proviennent d'une parenté noétique responsable promotrice d'une fraternité extensive, parentale, élargie globale et mondiale. « Les fils de Noé qui sortirent de l'arche étaient Sem, Cham et Japhet; Cham est le père de Canaan. Ces trois-là étaient les fils de Noé et à partir d'eux se fit le peuplement de toute la terre »(Gn9,18-19). Cette fraternité biologique, extensive et planétaire car issue de l'alliance noétique porte en elle-même les germes et les obstacles des divisions, des difficultés, d'exclusion, des malédictions qui établissent la dissymétrie, la domination, l'humiliation et l’esclavagisme des ceux qui en connaissent trop sur le sexe, l'intimité des détenteurs de pouvoir politique, économique, culturel, social, financier, banquier, boursier, religieux, familial ou sur l'autorité et le pouvoir suprême de la figure institutionnelle du père. La fragilité de Noé, figure symbolique du pouvoir pluriel et total du Père se remarque dans son ivresse de vin en sa qualité de cultivateur du vigne et fabriquant de vin. Au cours de son ivresse, il se retrouve dans la nudité en perdant tout contrôle sur lui-même. Son fils cadet Cham, père de Canaan, le découvre ivre, tout nu et endormi et il va le dire à ses deux autres frères Sem et Japhet, qui portent sur leurs épaules le manteau, et marchent à reculons, la tête tournée pour ne pas voir la nudité et le sexe de leur père tout en le couvrant du meneau. A son réveil, Noé apprend que son fils cadet Cham a vu son sexe et sa nudité et qu'il l'a raconté aux deux autres frères qui l'ont couvert de manteau en tournant leur tête et en marchand à reculons sans voir la nudité et le sexe de leur Père. (Gn9,20-23).

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    Noé bénit Sem et Japhet et leur progéniture pour le geste louable et respectueux à son égard lorsqu'il fut dans l'extrême fragilité tandis qu'il maudit Cham, Canan et sa progéniture (Gn9,25-27). Il établit la distorsion dans la construction de la fraternité biologique, humaine, mondiale, planétaire, cosmique à la source même de la connaissance directe et de l'ignorance stratégique respectueuse du mystère de l'autorité suprême parentale, créatrice, institutionnelle, ecclésiale, politique, économique, sociétale, culturelle, financière, entrepreneuriale, religieuse, marchande, non marchande et des indépendants. « Lorsque Noé se réveilla de son ivresse, il apprit ce que lui avait fait son fils le plus jeune. Et il dit: « Maudit soit Canaan. Qu'il soit pour ses frères l'esclave des esclaves. » L'alliance « noachique » dont le signe est l'arc-en-ciel, s'étend à toute la création; l'alliance avec Abraham dont le signe sera la circoncision, n'intéresse plus que les descendants du Patriarche, Gn 17; sous Moïse, elle se limitera au seul Israël, avec, en contrepartie, l'obéissance à la loi, Ex19,5+;24,7-8;34,27-28 et, notamment, l'observance du sabbat, Ex31,16-17.

     

    Les bénédictions et les malédictions des Patriarches, cf.27 et 49 sont des paroles efficaces qui atteignent un chef de lignée et se réalisent en ses descendants: la race de Canaan sera soumise à Sem, ancêtre d'Abraham et des Israélites, placés sous la protection spéciale de Yahvé, et à Japhet dont les descendants s'étendront aux dépens de Sem. La situation à partir de laquelle le récit s'est développée a pu être celle de règne de Saul et du début du règne de David, où Israélites et Philistins dominaient sur Canaan, et où les Philistins avaient envahi une partie du territoire d'Israël. Beaucoup de Pères ont vu ici l'annonce de l'entrée des Gentils (Japhet) dans la communauté chrétienne issue des Hébreux (Sem). Parmi les trois fils de Noé Sem, Cham et Japhet, la descendance de Sem a donné lieu à Abraham, le Père des croyants et des priants. «  Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or » (Gn13,2). Mais la plus grande richesse d'Abram issue de la bénédiction et de la promesse de Dieu c'est sa postérité comme la poussière de la terre, c'est sa descendance innommable avec une terre, un pays et un autel à Yahvé. (Gn13,15-18). Abraham fut très généreux et évita les disputes avec son neveu Lot qui avait aussi du petit et du gros bétail, ainsi que des tentes. «  Aussi Abram dit-il à Lot: »Qu'il n'y ait pas discorde entre moi et toi, entre mes pâtres et les tiens, car nous sommes des frères » (Gn13,8). L'alliance Abrahamique privilégie la construction de la fraternité biologique et parentale de tous les descendants du patriarche. C'est la fraternité patriarcale qui prime chez Abraham pour tous ses descendants à lui. Abraham dit à Lot: « Tout le pays n'est-il pas devant toi? Sépare-toi de moi. Si tu prends la gauche, j'irai à droite, si tu prends à droite, j'irai à gauche » (Gn13,9).

     

    Gn13,12-13: Lot a préféré la vie facile et un climat de péché; il en sera cruellement puni. (Gn19). Mais la générosité d'Abraham qui a laissé le choix à son neveu va être récompensée par le renouvellement de la Promesse 12,7. La foi d'Abraham qui a laissé le choix à son neveu va être récompensée par le renouvellement de la Promesse 12,7. La foi d'Abraham est mise à l'épreuve, les promesses tardent à se réaliser. Elles sont alors renouvelées et scellées par une alliance. La promesse de la terre est en première place. C'est à ces promesses faites aux Pères, dans lesquelles Dieu a engagé sa miséricorde et sa fidélité, que le NT rattachera la personne et l’œuvre de Jésus Christ. Cf. Ac2,39+; Rm 4,13+ (Gn15). La foi d'Abraham est la confiance en une promesse humainement irréalisable. Dieu lui reconnaît le mérite de cet acte (cf. Dt24,13; Ps106,31), il le met au compte de sa justice, le « juste » étant l'homme que sa rectitude et sa soumission rendent agréable à Dieu. Saint Paul utilise le texte pour prouver que la justification dépend de la foi et non des œuvres de la Loi; mais la foi d'Abraham commande sa conduite, elle est principe d'action et saint Jacques peut invoquer le même texte pour condamner la foi « morte », sans les œuvres de la foi. (Gn15,6;1M2,52;Rm4;Ga3,6s;Jc2,23.

     

    La fraternité patriotique, corporative, nationale est préfigurée par la responsabilité que devra assumer ISMAEL, fils qu'Abraham a avec sa servante égyptienne Agar car Saraï son épouse légitime est stérile. C'est elle qui, Saraï qui conseille Abraham a avoir des enfants avec sa propre

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    servante pour lui donner une progéniture (Gn16,1-15). D'après le droit mésopotamien, une épouse stérile pouvait donner à son mari une servante pour femme et reconnaître comme siens les enfants nés de cette union. Le cas se reproduira pour Rachel, 30,1-6, et pour Léa,30,9-13. Quand l'ange apparait à Agar qui fuit Saraï, il lui dit de rentrer chez elle car elle est enceinte d'Abraham et aura un fils: «  Celui-là sera un onagre d'homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s'établira à la face de tous ses frères », dit l'ange à Agar (Gn16,12). La construction de la fraternité entre les compatriotes qui touchent à la descendance patriotique est scellée par les liens qui s'établissent entre tous les enfants d'Abraham tant issus de sa servante égyptienne Agar comme Ismaël et ceux qui naîtront de Saraï, après le passage des trois visiteurs. Les descendants d'Ismaël sont des Arabes du désert, indépendants et vagabonds comme l'onagre ( Jb39,5-8). Dieu veille à la conservation de l'espèce humaine et du règne animal quel qu'il soit, plus farouche et indépendant, plus étrange et échappant à toute observation ou ne respectant aucune prudence. L' alliance mosaïque scelle la fraternité patriotique, corporative, nationale des compatriotes pour lesquels Moïse a mission de libérer son peuple à l'issue de la révélation de Dieu à Madiân où fuit Moïse qui a vu la misère de son peuple. Madian se trouverait probablement en Arabie, au Sud d'edon ou selon d'autres exégètes dans la péninsule du Sinaï, à l'Est du désert de Pâran et non en Arabie. «  Il advint, en ces jours-là, que Moïse, qui avait grandi, alla voir ses frères. Il vit les corvées auxquelles ils étaient astreints; il vit aussi un Égyptien qui frappait un Hébreu, un de ses frères » (Ex 2,11).

     

    La croissance en sens et en humanité du prophète libérateur lui permet de prendre conscience de l'exigence de justice, d'égalité, des droits et de la dignité de chacun de ses frères en humanité et compatriote pour défendre la fraternité réelle patriotique, corporative, nationale par des actes pluriels libérateurs qui témoignent de l'intervention divine par la médiation prophétique. Le prophète, libérateur de son peuple, traverse les persécutions dans son agir prophétique et fait l'expérience salutaire de la fuite pour sauver sa peau tout en continuant à poser des actes pluriels libérateurs là où il se réfugie . Même dans son lieu de refuge et de fuite, le prophète continue à parler, à annoncer, à dénoncer, à agir pour promouvoir la justice, l'égalité, la dignité de chacun et de tous en étant animé intérieurement par les convictions fortes de la fraternité patriotique, corporative et nationale libératrice à l'égard de tout son peuple. Dieu met sur le chemin des prophètes libérateurs de son peuple des médiations humaines qui les comblent dans leur lutte, dans leur combat pour libérer le peuple. Cette façon de combler ses prophètes libérateurs s'expérimente parfois en leur accordant la force et la grâce d'entrer dans des familles par la médiation du mariage afin de donner une descendance, une progéniture prophétique pour continuer son œuvre(Ex2,21-22). Moïse eu pour épouse CIPPORA et avec elle, enfanta deux fils: GERSHOM et ELIEZER.

     

    Dans les dimensions spirituelles de la providence divine, Dieu comble ses prophètes libérateurs de son peuple à la manière de Moïse par la nouvelle naissance baptismale sacramentaire. Celle-ci permet aux élus de devenir prêtres, prophètes et rois pour continuer le flambeau de l'agir prophétique en étant incorporé dans la grande famille du peuple de Dieu. Les fidèles, les croyants prennent conscience de la fraternité patriotique, corporative, nationale. Ils la promeuvent en défendant leur territoire, leur pays, leur État. Ils reconnaissent, respectent et craignent de briser, de compromettre, de provoquer ou de faire la guerre avec les autres frères d'un autre territoire, d'un autre pays, d'un autre État qui ont par essence la même fraternité patriotique, corporative, nationale qui les invitent à défendre également leur propre territoire, leur propre pays, leur propre État.(Dt2,4,8-9). La fraternité patriotique, corporative, nationale se développe, s'amplifie lorsque chaque frère s'engage à pratiquer la justice tout comme chaque État et chaque détenteur du pouvoir politique, économique, financier, culturel, religieux, familial par la médiation de ses actes pluriels. Parmi ces actes, il y a le respect de la parole donnée, de la promesse, la remise de la dette et le refus de toute forme d'exploitation (Dt15,2). Le débiteur s'engageait parfois par contrat à livrer un de ses enfants comme esclave ou à travailler personnellement pour son créancier, en cas de non remboursement. Le juste est celui qui sait souffrir tout en gardant espoir par la médiation de la

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    prière et de la plainte qu'il élève à Dieu son créateur, le Seul Juste par excellence. (Ps22(21). La plainte et la prière d'un innocent persécuté s'achèvent en action de grâces pour la délivrance attendue, vv23-27, et s'adaptent à la liturgie nationale par le v.24 et la finale universaliste,vv.28-32, où l'avènement du règne de Dieu dans le monde entier apparaît consécutif aux épreuves du serviteur fidèle. Proche du poème du Serviteur souffrant, Is52,13- Is53,12, ce Ps, dont le Christ prononça le début sur la croix, et où les évangélistes ont vu décrits par avance plusieurs épisodes de la Passion, est ainsi messianique au moins au sens typique. La fraternité patriotique, corporative, nationale traversée par des actes pluriels générateurs de beaucoup de souffrances et d'espoirs finit par s'exprimer et se consolider fortement dans la prière et dans la participation à la célébration liturgique. Elle témoigne d'une expérience de vie portée par des exigences de la foi, de la célébration et de la vie baptismale, chrétienne, évangélique et biblique. « J'annoncerai ton nom à mes frères, en pleine assemblée je te louerai » (Ps22,23). La liturgie vécue dans la fraternité baptismale et ecclésiale réelle renforce le basculement de la fraternité patriotique, corporative, nationale vers une parenté réellement spirituelle, humaine, réaliste et pragmatique plus profonde par la médiation de la communion dans l'alliance. Celle-ci est le nouveau critère de basculement de la fraternité parentale extensive, élargie, amplifiée par la fraternité patriotique, corporative, territoriale, nationale vers la nouveauté de la fraternité réelle directe par la médiation de la parenté spirituelle de l'adoption filiale enracinée et ouverte dans la communion à l'alliance baptismale, christologique, ecclésiale. Mt28,10;Jn20,17,Ac6,3;9,30;11,1;12,17;Rm1,13.

     

    Les chrétiens sont disciples du Christ. Les trois critères de la fraternité chrétienne sont ceux de la cohérence de l'être et de l'agir chrétien s'ajustant, primo comme Jésus-Christ pour faire la volonté du Père: Mt12,50p; secundo, pour devenir fils du Père dont il est le Premier-né. Mt25,40;Rm8,29;He2,11,17; tertio, pour faire régner entre tous l'amour fraternel (être tous penseurs et acteurs réels de l'amour fraternel), (Rm12,10;1Th4,9;1P1,22;1Jn3,14, etc. Être disciple du Christ c'est « comme » Jésus-Christ faire la volonté du Père, devenir fils du Père par adoption filiale, promouvoir l'amour fraternel pour tous. Les chrétiens sont des disciples du Christ. Qu'est-ce que cela veut dire et qu'est ce que cela implique-t-il? «  Alors Jésus leur dit: « Ne craignez point; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront » (Mt28,10). Les disciples de Jésus-Christ n'ont pas peur de se reconnaître dans la fraternité baptismale chrétienne et de croire réellement aux paroles du Ressuscité et à la mission qu'il leur confie de manière ecclésiale pour l'annonce impérative de sa Résurrection, la proclamation du Kérygme, l'évangélisation. L'intelligence de la foi permet aux disciples du Christ de voir le Christ Ressuscité agissant réellement et se révélant en direct par la médiation symbolique et réelle du pain et de la table de la parole de Dieu, du pain et de la table de l'eucharistie, du pain et de la table des sacrements. Le disciple du Christ qui veut assumer pleinement son être et son devenir chrétien de manière qualitative par la force et la grâce du Saint-Esprit ne peut pas craindre, ni avoir honte de voir Jésus-Christ Ressuscité dans les médiations symboliques et réelles sacramentaires mais aussi dans le visage de toute personne crée à l'image et à la ressemblance de Dieu et de manière préférentielle dans le visage défiguré du pauvre, du malade, de l'immigré, de l'exclus, du rejeté. « Ne craignez point... et là ils me verront » (Mt28,10).

     

    S'ils sont d'accord pour rapporter l'apparition initiale de l'Ange (ou des Anges ) aux femmes, Mt28,5-7; Mc16,5-7; Lc24,4-7; Jn20,13, les quatre évangiles divergent en ce qui concerne les apparitions de Jésus lui-même. Mc mis à part, dont la conclusion abrupte pose un problème spécial,cf. Mc16,8+, et dont la finale longue récapitule les données des autres évangiles, on observe chez tous une distinction littérairement et doctrinalement marquée entre: 1° des apparitions privées servant à prouver la Résurrection: à Marie- Magdeleine, seule, Jn2O, 14-17; cf.Mc16,9, ou accompagnée, Mt 28,9-10; aux disciples d'Emmaüs, Lc24,13-32;cf.Mc16,12, à Simon, Lc24, 34; à Thomas, Jn20,26-29; 2° une apparition collective avec mission apostolique, Mt28,16-20; Lc24,36-49; Jn20,19-23; cf.Mc16,14-18. On remarque d'autre part deux traditions dans la localisation: en

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    Galilée seulement, Mc16,7; Mt28,10,16-20; en Judée seulement, Lc et Jn20; Jn21 ajoute, par mode d'appendice, une apparition en Galilée qui, tout en portant un caractère privé (surtout à Pierre et Jean ), s'accompagne d'une mission ( à Pierre ). Le Kérygme ancien que Paul récite en 1Co15,3-7 énumère cinq apparitions (auxquelles s'ajoute l'apparition à Paul lui-même, qui ne se laissent pas facilement harmoniser avec les récits évangéliques; il mentionne en particulier une apparition à Jacques qui est également racontée par l’Évangile aux Hébreux. On sent là des traditions différentes, dues à des groupes divers qu'il est difficile de préciser. Mais leurs divergences même attestent mieux qu'une uniformité artificiellement construite le caractère ancien et historique de ces multiples manifestations du Christ ressuscité. En Jn20,17, Jésus-Christ apparaît à Marie de Magdala et lui confie la mission d'aller annoncer à ses frères qu'il monte vers son Père, son Dieu qui est le Père et le Dieu de ses disciples et frères, bref des chrétiens. La fraternité christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne et humaine devient une mission à accomplir réellement pour témoigner de la réception, de l'accueil et de la foi au Christ Ressuscité et de l'écoute de la mission par la médiation de l'accueil de sa parole, de ses ordres, de ses promesses.

     

    Les critères pour être disciple et avoir mandat de continuer la mission du Christ dans la vie apostolique et ecclésiale sont les suivantes (Ac6,3 s...):

    1° La fraternité collégiale, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne.

    2° Avoir une bonne réputation.

    3° Être rempli de l'Esprit.

    4° Être rempli de sagesse.

    5° Être assidu à la prière

    6° Être assidu au service de la Parole. (Annoncer la Parole ).

    7° Recevoir ce ministère par l'imposition de main des apôtres et de leurs successeurs dans l’Église.

    8° Obéir à la foi.

    9° Baptiser et ou être baptisé.

    10°Être rempli de grâce et de puissance.

    11° Opérer de grands prodiges et signes parmi le peuple.

    12° Traverser les fausses accusations, les faux témoignages, bref le martyr.

    13° Faire l'expérience de la vision de l'apparition d'un ange, d'un messager de Dieu comme dans le buisson ardent chez Moïse (Ac7,30).

     

    La fraternité apostolique à la manière paulinienne, ecclésiale, chrétienne est le lieu de la sécurisation des frères qui sont victimes de la haine, des complots et qui risquent leur vie à cause de leur foi, de leur célébration, de leur témoignage et de la vie chrétienne. Les frères chrétiens qui sont persécutés le sont souvent parce qu'ils sont chrétiens et disciples du Christ. Ils vivent comme le Christ en faisant la volonté du Père. Ils sont des fils du Père par adoption filiale et s'ajustent de manière cohérente au Fils Unique, au Premier-né de Dieu d'entre les morts. Ils s'engagent à concrétiser réellement l'unité, la communion et fondamentalement la fraternité christologique, christique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne et profondément humaine et planétaire. (Ac9,30). «  L'ayant su, les frères le ramenèrent à Césarée, d'où ils le firent partir pour Tarse «  (Ac9,30) où Barnabé ira le chercher. 11,25. Comparer à Ga 1,18-21 et à Ac22,17-21. Cette fraternité apostolique, ecclésiale est ouverte, mondiale et intègre tous les baptisés, les convertis. «  Cependant les apôtres et les frères de Judée apprirent que les païens, eux aussi, avaient accueilli la Parole de Dieu » (Ac11,1). L'accueil de la Parole de Dieu et le baptême sont les clefs de l'accès à la fraternité christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, chrétienne et humaine.

     

    Le témoignage d'une vie de foi, de charité et d'espérance amplifiant la fraternité christologique, apostolique, ecclésiale, patristique, conciliaire,baptismale, chrétienne s'enracine dans l'unité et la communion apostolique mais aussi dans la communion et l'unité de la succession apostolique

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    ininterrompue tout en traversant les expérience douloureuses, difficiles, comme par exemple la prison, à cause du Christ et de l’Évangile. « Mais il leur fit de la main signe de se taire et leur raconta comment le Seigneur l'avait tiré de la prison. Il ajouta: « Annoncez-le à Jacques et aux frères. » Puis il sortit et s'en alla dans un autre endroit « (Ac12,17). «  Jacques », sans autre spécification, désigne le « frère du Seigneur ». Dès l'époque de la première visite de Paul à Jérusalem, Ga1,19 (ce serait en 36, cf.Ac9,1+), Jacques est le chef du groupe « hébreu » des chrétiens de Jérusalem. Il gouvernera l’Église mère après le départ de Pierre. Voir Ac15,13;21,18;1Co15,7. L’épitre de Jacques se présente comme son œuvre. La fraternité apostolique, ecclésiale se consolide par la pratique quotidienne et temporaire des visites, des rencontres, des voyages. Elle permet de vivre des moments de proximité et de convivialité dans la foi, la célébration et le témoignage évangélique avec les frères dans la foi mais aussi avec les frères qui ne partagent pas la même foi ou ne connaissent pas encore la foi, sans oublier les frères oubliés de la périphérie à travers le monde. (Rm1,13). «  Je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que j'ai souvent projeté de me rendre chez vous mais j'en fus empêché jusqu'ici- afin de recueillir aussi quelque fruit parmi vous comme parmi les autres nations » (Rm1,13). Apporter l'évangile à toutes les nations c'est être prêt à rencontrer les grecs, les barbares, les savants, les ignorants à l’intérieur de l’Église et dans la société mondiale. Les évangélisateurs ou les missionnaires ont pour tâche de faire découvrir à tous lors de telles rencontres le bonheur de l’Évangile, la joie de croire, de célébrer et de vivre de l’Évangile pour construire du sens et croître en humanité et en fraternité par la médiation de l'expérience sacramentaire baptismale.

     

    Dans l'épitre aux Romains les « Grecs » opposés aux « barbares » désignent tous les hommes « cultivés », y compris les Romains (qui avaient adopté la culture grecque ): opposés aux « Juifs », ils désignent tous les païens 1,16; 2,9-10;3,9;10,12;1Co1,22-24,etc. Marcher à la suite du Christ, c'est établir réellement des priorités dans la gestion des liens humains pour admettre cette réalité:  les liens de la parenté charnelle passent après ceux de la parenté spirituelle , cf.Mt8,21s; Mt10,37; Mt19,29. «  Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux Cieux, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère » (Mt12,50). La construction du sens et la croissance en humanité qui renforcent la parenté spirituelle réelle font émerger des actes pluriels, c'est-à-dire des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des regards, des perceptions, des représentations, des attitudes, des conduites, des comportements, des manières, des savoirs, de savoir-faire, de savoir-être, de savoir-devenir, de savoir souffrir, jubiler, jouir qui permettent aux chrétiens d'agir comme le Christ pour faire la Volonté du Père. Suivre le Christ est une exigence très difficile car le disciple est appelé à ne pas mettre en valeur ses propres priorités personnelles pour se fondre dans les priorités impératives de la mission christique, christologique et ecclésiale sur ordre du Christ (Mt 8,21-22). La disponibilité totale à l'appel du Christ pour lui donner une réponse généreuse totalement désintéressée témoigne des dimensions fondamentales de la foi, de la célébration et de la vie évangélique du chrétien et du ministre consacré dans la communion ecclésiale.

     

    Comme l'appel du Christ est radical « Suis-Moi », la réponse à cet appel se doit d'être aussi radical et définitive « Me voici, je viens pour faire ta Volonté ».(Gn50,5; Tb4,3;1R19,20;Mt4,20,22;Mt10,37p: Respect des promesses (Gn50,5), respect des dernières volontés et des rites funéraires, respect des parents, de la veuve, du veuf, de l'orphelin (Tb4,3), renonciation à son premier état pour suivre le Christ et répondre généreusement à son appel (1R19,20), exigence de ne pas se dérober à la responsabilité nouvelle de l'appelé qui marche à la suite du Christ à l'exemple d' Élisée qui se met à suivre Élie (1R19,20), urgence de se mettre en direct de manière collective, ecclésiale (Mt4,20,22) sur les pas de Jésus-Christ. Pour suivre Jésus, le ministre consacré apprend à faire des expérience douloureuses et heureuses des renoncements à beaucoup des choses, à des personnes comme par exemple exécuter la volonté de son père ou de sa mère biologique ou par adoption, ou le fait de fonder famille pour avoir des enfants, fils ou filles.

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    Le chrétien apprend à aimer son père, sa mère, son épouse, son fils, sa fille avec les yeux et le cœur de Jésus-Christ en conformité avec les exigences de l’Évangile pour rayonner la dignité de l'enfant de Dieu, frère de Jésus-Christ par adoption filiale baptismale. Le ministre ordonné, consacré accepte de suivre le Christ de manière radicale et exclusive. Il intériorise les renoncements liés à son état de vie pour correspondre à la volonté du Seigneur. Il reçoit dès à présent la plénitude et la surabondance des bénédictions générées par la fraternité spirituelle concrète mondiale et planétaire. Il s'enrichit dans la construction du sens, la croissance en humanité et surtout l'amitié, la fraternité, la convivialité, le pardon, la réconciliation, la paix, la foi, la charité et l'espérance, toutes ces richesses immatérielles par la médiation des signes par milliers et des prodiges offerts aux élus. «  Et quiconque aura laissé maisons, frères, sœur, père, mère, enfants, (femmes), ou champs, à cause de mon nom, recevra bien davantage et aura en héritage la vie éternelle « (Mt19,29). La richesse immatérielle, sublime du ministre ordonné est celle de la foi, de l'espérance et de la charité en Dieu pour rayonner, de bon cœur, l’Évangile au niveau planétaire par la médiation de ses actes pluriels. Le pouvoir des liens entre la Transcendance et l'Immanence pour contribuer à la construction du sens et à la croissance en humanité au niveau ecclésial et planétaire dans la construction du Royaume de Dieu est un pouvoir réserve et conféré à Pierre par le Christ qui l’étend également aux ministres de l’Église.(Mt18,18). Le ministère des liens humains, des liens familiaux, sociaux ou sociétaux, politiques, économiques, culturels, civilisationnels, ecclésiaux est un ministère de pardon et de réconciliation pour construire l'unité et la communion, la cohésion, la solidarité, la fraternité, bref la famille humaine, ecclésiale et sociétale locale, régionale, communautaire, nationale, internationale, planétaire.

     

    La victoire du pardon et de la réconciliation est une victoire réservée aux vainqueurs de la crucifixion comme le Christ en Croix et en gloire qui siège sur le trône du Père avec le Père (Ap3,21). La gloire et la puissance séculaire christique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire, spirituelle, ecclésiale réside dans la construction de la Royauté de Prêtres à la quelle participent de manière sacramentaire les prêtres, les prophètes et les rois par la médiation de l'incorporation baptismale au Corps ecclésial du Christ, Mystérium. Les fidèles du Christ, une fois convertis et lavés de leurs péchés,vv.5 et 7, forment une « royauté de prêtres », Ex19,6+: rois, ils règneront sur tous les peuples, Dn7,22,27;Is45,11-17;Za12,1-3;cf.Ap2,26-27;5,10;2O,6;22,5;prêtres, unis au Christ Prêtre, ils offriront à Dieu l'univers entier en sacrifice de louange. L'apocalypse de saint Jean parle de la royauté millénaire du Christ avec ses disciples à partir du moment où ceux-ci sont incorporés à son Corps Mystique par la médiation du sacrement de baptême qui correspond à une résurrection à l'instar de la résurrection des martyrs. Car le disciple du Christ devient non seulement prêtre, prophète et roi mais aussi un martyr pour témoigner de Jésus-Christ, de la Parole de Dieu, de l’Église, de la fraternité spirituelle réelle, planétaire et humaine. Il résiste à la domination impériale du temporel qui bafoue la dignité de tout homme crée à l'image et à la ressemblance de Dieu.(Ap20,4). Cette « résurrection » des martyrs (cf.Is26,19; Ez37) est symbolique: C'est le renouveau de l’Église après la fin de la persécution romaine, renouveau de même durée que la captivité du Dragon. Les martyrs qui attendent sous l'autel, 6,9-11, sont dès maintenant heureux avec le Christ. Le « règne de mille ans » est donc la phase terrestre du Règne de Dieu, de la chute de Rome à la venue du Christ, 20,11ss. - Par saint Augustin et beaucoup d'autres, les « mille ans » partent de la résurrection du Christ; la « première résurrection » désignerait alors le baptême, cf. Rm6,1-11;Jn5,25-28.

     

    -Dès l’Église ancienne, un courant de la tradition a interprété ce verset à la lettre: après une première résurrection réelle, celle des martyrs, le Christ reviendrait sur la terre pour un règne heureux de mille années en compagnie de ses fidèles. Ce millénarisme littéral n'a jamais été favorisé dans l’Église. Le ministère apostolique, ecclésial, sacerdotal de sanctification, d'évangélisation, de célébration, de consolation, de bénédiction, de régénération, de renouveau, de guérison et de gouvernement de l’Église a été voulu et promit par le Christ à ses apôtres et à leurs

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    successeurs pour conduire l’Église, l'Israël nouveau. (Mt19,28). Cette vocation des conducteurs du peuple de Dieu exige des signes efficaces de conversion profonde personnelle et ecclésiale prophétique vécue dans la foi, la célébration liturgique et le témoignage de la vie évangélique par des actes pluriels dans la fidélité et la justice, l'équité et la sainteté pour participer à la Sainteté de Dieu, à la justice divine.(Is1,26). Le ministère apostolique, ecclésial et sacerdotal est un ministère de service au service de la lumière, du relèvement et de la guérison par la médiation de l’Évangile qui irradie les cœurs, les familles, les sociétés, le monde entier avec une ambition ecclésiologique planétaire, mondiale qui intègre la création toute entière et l'ensemble de l'univers dans l'économie du salut.(Is49,6). Un tel ministère exige la proximité réelle, spirituelle avec le Christ pour rester avec lui dans la prière, la célébration liturgique, sacramentaire, la liturgie des heures, l'étude, la méditation, l'écoute de la Parole de Dieu, la confession, la profession du Credo et le témoignage d'une vie irradiée par l’Évangile en tout temps, en tout lieux et en toute circonstance. Le ministère apostolique, ecclésial, sacerdotal invite à interroger toujours le Christ en permanence pour qu'il nous éclaire sur sa sainte Volonté de manière à correspondre à la Volonté du Père afin de participer et de collaborer avec joie, générosité et bonheur à la construction du sens et à la croissance en humanité par la médiation de la construction du Royaume de Dieu.(Ac1,6). L'établissement du royaume messianique apparaît encore aux apôtres comme une restauration temporelle de la royauté davidique. cf. Mt4,17+. Préparer la table pour offrir aux invités le pain de la Parole de Dieu et le pain de l'eucharistie tout en veillant à la sanctification et au gouvernement de l’Église est le service ministériel central de l’Église qui donne la quintessence des fondamentaux du ministère diaconal et du sacerdoce ministériel, épiscopal et apostolique dans la communion petrinienne avec la succession apostolique ininterrompue.(Lc22,30).

     

    Pour sanctifier, gouverner, conduire, consoler et guérir le peuple de Dieu, l’Église hiérarchique et communion des communions est appelée à marcher sur les pas des saints. La sainteté est le rayonnement lumineux du témoignage évangélique de tous les temps, en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Elle révèle la plénitude des dimensions spirituelles de la foi, de la charité et de l'espérance offerte aux priants, aux chercheurs de Dieu, aux orants, aux convertis par la volonté souveraine de Dieu dans sa divine bonté, tendresse et providence. (Dn7,9s,22). Elle se requière par la contemplation des Mystères divins et l'accueil humble des dons du Saint-Esprit dans les actes pluriels. Ceux-ci témoignent et indiquent au monde, aux peuples, aux sociétés, aux familles, aux civilisations le chemin de la sanctification et de la croissance en humanité, en dignité. Ils témoignent également et participent à la construction du sens, du pardon, de la réconciliation, et de la paix intérieure, extérieure, mondiale, planétaire. « Ou bien ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde »? (1Co6,2) avec le Christ, juge souverain du monde. Les saints néantisent toute domination à l’intérieur et à l'extérieur de l’Église et la réduise aux rangs des océans de vanité. Ceux-ci finissent par s'auto-detruire ou par être réduits à néant par la force et le pouvoir du temps et des changements inexorables suscités par la force et la grâce de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. Les saints sont appelés à gouverner l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique par, pour, avec et en Christ mais aussi à espérer siéger avec lui sur son trône de gloire dans la vie du monde à venir, après le séjour sur la terre, cette vallée des larmes et des joies. (Mt19,28). Telle est notre espérance en la promesse du Christ Ressuscité, c'est-à-dire dans sa Parole Vivante.

     

    Être saint et devenir saint c'est comme Jésus-Christ faire la volonté du Père. C'est aussi devenir fils du Père dont il est le Premier-né. (Mt25,40;Rm8,29;He2,11,17. L'adoption filiale baptismale ouvre à la fraternité réelle spirituelle et humaine. Celle-ci permet de considérer les plus petits par rapport aux situations, aux conditions d'existence et à la réalité de la vie en société. Ces plus petits vivent dans l'extrême fragilité comme par exemple concrètement les pauvres, les victimes des famines, de sècheresse, de l'exile politique, économique, social, culturel, religieux, financier, boursier, des immigrés, des étrangers, des exclus, des rejetés, des humiliés, des oubliés,

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    des exploités, des torturés. Parmi les personnes extrêmement fragiles on cite également aussi les victimes des maladies rares, lourdes, incurables, contagieuses, irréversibles, les prisonniers et victimes des lieux carcéraux et psychiatriques. Toutes ces personnes fragilisées perpétuent la crucifixion de notre Seigneur Jésus-Christ. Elles révèlent toutes le mystère de la transfiguration du Christ et de l'égale dignité humaine et chrétienne au niveau planétaire à travers l'épiphanie de leurs visages, de leurs regards, de leurs actes mentaux, de leurs actes du langage, de leurs gestes corporels, de leurs actes humains, de leurs attitudes, conduites, comportements, de leurs perceptions et représentations, de leurs manières d'être, de souffrir, de jubiler, de jouir, de leur savoir, de leur savoir-faire, de leur savoir-être, de leur savoir-devenir. (Mt25,34-39). « Et le Roi leur fera cette réponse: « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt25,40). // Pr 19,17; Za2,12; Mt10,40;18,5. Dieu comble les bienfaits aux pauvres par sa surabondance des dons envers les bienfaiteurs eux-mêmes. « Pour qui donne aux pauvres, pas de disette, mais pour qui ferme les yeux, abondante malédiction » (Pr28,27). La pauvreté est une interpellation divine à l'action, à l'engagement, aux actes pluriels de libération, une assignation à la responsabilité d'agir pour transformer en profondeur les conditions et dimensions privées, publiques, sociologiques, politiques, économiques, culturelles, religieuses, financières, boursières de la pauvreté en systémique de non pauvreté en vertu du principe qu stipule que les pauvres sont la prunelle de l’œil de Dieu.(Za2,12). Éradiquer la pauvreté signifie proclamer, célébrer et témoigner de la gloire de Dieu dans l'existence concrète planétaire à partir des fondamentaux du dépouillement et du relèvement christologique à la lumière de l'hymne philippienne. C'est dans cette perspective que l'on peut comprendre que le sacerdoce ministériel et les dons par excellence de Dieu ne se monnaient pas à coup d'argent, tout comme la profusion de l'eau vive sacramentaire. Le ministre ordonné est appelé à prier beaucoup pour tous ceux et celles qui le persécutent à cause du nom de Jésus-Christ et de l’Évangile.

     

    La qualité de l'accueil christique, christologique, apostolique, ecclésial, paroissial, évangélique, divin, humain et du mystère de la Sainte Trinité ouvre des opportunités baptismales considérables pour croire, célébrer et vivre l’Évangile dans le monde contemporain, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. Elle permet aux disciples du Christ de devenir réellement des constructeurs du Royaume de Dieu par la médiation de la construction du sens, de la fraternité spirituelle, pragmatique et réelle et de la croissance en dignité et en humanité des personnes crées à l'image et à la ressemblance de Dieu. «  Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille celui qui m'a envoyé « (Mt10,40);//Mt18,5;Mc9,37;Lc9,48.

    L’Église matthéenne est systémiquement apostolique et structurellement hiérarchique et accueillante. Au sommet l'autorité apostolique (Mt10,4O), utilisant une formule juridique juive pour la transmission de pouvoirs mais ici mise en rapport avec Dieu. Puis, v.41, les enseignants (voir 13,52) et 23,34 pour plus de précisions ) et les témoins qui ont résisté héroïquement pendant les persécutions (cf.13,17 et 23,29); enfin (V.42) les petits (voir 18,10,14). Autorité apostolique, enseignants, témoins et petits évangélisent de manière approfondie par la qualité de l'accueil. «  Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille » (Mt18,5).// Mc9,37;Lc9,48;Mt10,40. Le petit enfant tel que lui dont fait allusion saint Matthieu c'est un homme redevenu enfant par la simplicité, cf.v.4. La simplicité est le critère fondamental de l'être chrétien et du service ministériel, sacerdotal, épiscopal, apostolique et ecclésial selon saint Matthieu. Accueil et simplicité contribuent à travailler les défis majeurs de l’évangélisation contemporaine mondiale à l'exemple de sa sainteté le Saint Père, le Pape François. Accueillir le christ dans le visage de toute personne crée à l'image et à la ressemblance de Dieu, avec respect et dignité c'est accueillir Dieu le Père mais aussi le Mystère de la Sainte Trinité.(Mc9,37). « Et leur dit: »Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille, et quiconque m'accueille accueille celui qui m'a envoyé; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand. » (Lc9,48).// Lc10,16;Jn13,20.

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    Comme le Christ a été écouté et rejeté car devant lui nul ne peut être indifférent et chacun est appelé à choisir ou l'écoute ou le rejet, l'exercice du ministère sacerdotal, prophétique et royal baptismal, tout comme celui du diaconat et du sacerdoce ministériel, épiscopal, apostolique et ecclésial traverse les expériences paradoxales d'écoute et de rejet dans le monde contemporain, en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance au niveau planétaire. (Lc10,16). «  En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j'aurai envoyé m'accueille; et qui m'accueille, accueille celui qui m'a envoyé » (Jn13,20). Nous savons que pour ceux qui aiment Dieu, tout concourt au bien, pour ceux qu'il a appelés selon son dessein. La fraternité baptismale planétaire est exigeante car elle donne aux baptisés et disciples de Jésus-Christ à travers le monde de marcher à sa suite en se conformant à son image du Fils, Premier-né et du Premier ressuscité d'entre les morts. 5Rm8,29).// Ac13,48+. Providence, discernement, appel et prédestination collaborent selon le divin plan de Dieu trois fois Saint. L'intériorisation et l’extériorisation des ces valeurs théologiques par des actes pluriels contribuent à l’avènement du Royaume de Dieu par la médiation de l'histoire du salut et de l'histoire existentielle des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, des personnes âgées, des familles, des peuples, des nations, des Églises, des cultures, des entreprises et des civilisations au niveau planétaire. La joie baptismale est une joie de louange et de glorification sacramentaire, ecclésiale, familiale et existentielle qui magnifie et célèbre l'accomplissement des promesses et l'action salvifique de la divine providence expérimentée par les amoureux de la foi et de la vie éternelle, de la Transcendance qui amplifie le rayonnement lumineux de l'immanence. (Ac13,48).

     

    « La vie éternelle » cf.v.46, c'est-à-dire la vie du siècle futur,cf.3,15+; n'y parviendront que ceux dont les noms « sont écrits dans le ciel », Lc10,20, dans « le livre de la vie », Ph4,3; Ap20,12+. « Destinés à la vie du monde futur », expression courante chez les rabbins. Le Christ grand prêtre par excellence est le sanctificateur et le sanctifié pour la gloire de Dieu et le salut du genre humain, c'est-à-dire des gens, de l'humanité, de toute la création au niveau planétaire, en tout temps, en tout lieux et en toute circonstance (He2,11). Par l'incorporation baptismale au Christ, à son corps mystique, qu'est l’Église, les disciples deviennent des sanctifiés en tant que fils adoptifs de Dieu qui contribuent à proclamer, à célébrer et à témoigner de la fraternité spirituelle baptismale réelle, ecclésiale, christique, christologique, apostolique, patristique, conciliaire, contemporaine, sociétale, humaine et planétaire. Sanctificateur et sanctifiés forment un seul tout. Les vv suivants insistent sur cette communion dans la chair et le sang,v.14, qui a voulu assumer le Fils de Dieu et ainsi ils introduisent le thème essentiel de la lettre, celui du Christ grand prêtre,v.17;5,7+. «  En conséquence, il dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple ». (He2,17). Croire, célébrer et témoigner ou vivre l'Evangile encourage les baptisés, chrétiens, disciples, ministres, consacrés, ordonnés à devenir davantage des penseurs et des acteurs réels et en direct de l'amour fraternel dans l’Église et dans le monde au niveau local et planétaire.

     

    Tous les baptisés ont la responsabilité de faire régner entre tous l'amour fraternel local et planétaire par des actes pluriels mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes humains, les regards, les perceptions, les représentations, les attitudes, les conduites, les comportements, les manières d'être, de penser, de s’émouvoir, de vivre, de souffrir, de jubiler, de jouir, de savoir, de savoir faire, de savoir être et de savoir devenir. (Rm12,10;1TH4,9;1P1,22;1Jn 3,14, etc. La prévenance d'égards mutuels est le témoignage de la fraternité, de la convivialité, de l'amitié et de l'affection ecclésiale qui valorisent les autres en posant sur eux un regard qui les espère, les libère et les relève. La construction de l'amour fraternel ou de la fraternité baptismale ecclésiale exige la sincérité, la vérité, l’obéissance et la sanctification reçue de Dieu, le Père par le Fils Unique dans l'Esprit-Saint et cela de tout cœur. (1P1,22).//Rm1,5+;Jn17,17. La grâce de l'apostolat est un don reçu du Seigneur lui-même qui l'octroie à qui il veut de manière souveraine.(Rm1,5+). Ceux et celles qui sont voués à Dieu et qui sont mis à l'écart par lui et pour lui sont

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    sanctifiés incessamment par l'écoute, la réflexion, l'étude, la méditation, la contemplation et la prière de la Parole de Dieu pour accueillir Dieu dans sa Parole et contribuer à croire, à célébrer et à vivre de l’Évangile et pour continuer la mission d'évangélisation locale et planétaire.(Jn17,17). L'amour de Dieu et du prochain, proclamés, célébrés et vécus de façon exclusive dans la fraternité ecclésiale, baptismale, sociétale, humaine et planétaire est le testament signé par la mort de Jésus sur la croix. « Je vous donne un commandement nouveau: vous aimer les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.(Jn13,34). La fraternité baptismale planétaire est un impératif christologique majeur qui authentifie la crédibilité et la cohérence des dimensions fondamentales chrétiennes de la foi, de l'espérance et de la charité. (1Jn2,8;Jn15,12,17;Lv19,18;Mt19,19,Jn22,39;Mt22,39;Lc10,26s; Jn13,34. cf. Mt25,31-46. A l'idée du « départ » du Christ,v.33, qui prépare l'annonce du reniement de Pierre,vv.36-38, l'évangéliste rattache le précepte de l'amour, vv.34-35, testament du Christ. Ce précepte, déjà présent dans la Loi mosaïque, est « nouveau » par la perfection à laquelle Jésus le porte, et parce qu'il constitue comme la marque distinctive des temps nouveaux, inaugurés et révélés par la mort de Jésus. L'assurance, la créance, la crédibilité et la cohérence apportée par la Parole de Dieu dans la vie chrétienne, familiale, ecclésiale, sociétale, ministérielle, civilisationnelle au niveau local et planétaire sont authentifiées par le rayonnement de la vie des saints de tous les temps, en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance.(1Th4,9).

     

    Une telle vie sanctifiée est celle des âmes obéissants à la vérité, amoureux de Dieu et de leurs frères et soeurs en humanité dans l’Église et dans la société au niveau local et planétaire pour témoigner de leurs états d'amoureux du Christ et de l’Église dans une sincérité exclusive (1P1,22). Une âme amoureuse de Dieu, le Père, du Christ et de l'Esprit-Saint est amoureuse de tous les baptisés du monde entier pour construire la fraternité baptismale planétaire. Elle est également amoureuse de tous les habitants de la terre et de la création tout entière qui aspire au salut christique, christologique. La dilatation amoureuse du coeur, de l'âme et de l'esprit, voir de la raison humaine au niveau local et planétaire et de celui de la création toute entière est une grâce de Dieu offerte aux âmes mystiques dans la perspective de la mystique chrétienne déversée par le rayonnement des grands saints de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Les saints savent par la divine providence qu'ils sont exclusivement amoureux de Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint ou Saint-Esprit, de l’Église, de l'humanité, c'est-à-dire des gens concrets au niveau local, planétaire et de la création toute entière. « Nous savons, nous, que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort » (1Jn3,14).// Mt24,9;Jn5,24, He6,1+. Les disciples de Jésus-Christ qui marchent sur ses pas de manière cohérente avec foi, espérance et charité traversent des expériences pénibles, difficiles, douloureuses, horribles de rejet, de trahison, de livraison, de mépris, de haussement ou de haine, de meurtre, de martyr à cause de leur fidélité dans le Nom du Seigneur par lequel et pour lequel ils croient, célèbrent et vivent de l’Évangile.(Mt24,9).

     

    Le relèvement du chrétien passe par la médiation des attitudes d'écoute de la Parole de Dieu et de la foi en Dieu libérateur qui a envoyé son Fils Unique pour le salut des gens, c'est-à-dire du genre humain par l'accès à la vie éternelle (Jn5,24).// Jn10,27;Jn18,37;Jn3,11+;Jn3,18;1Jn3,14. L'imitation aux fondamentaux des sacrements de baptême, de communion, de réconciliation, de confirmation, de mariage, d'ordre et de malade ou extrême onction implique la traversée des expériences catéchétique, morales, doctrinales et liturgiques qui amplifient la confession, la proclamation du credo, la célébration et la vie de l’Évangile au quotidien. Cette vie conforme à l'évangile est vécue dans les lieux de vie, les familles, les lieux d'étude ou de travail, des loisirs et des vacances par des actes pluriels lumineux. (He 6,1+),He9,14. Les œuvres faites sans la foi et la vie divine sont « mortes » parce qu'elles relèvent du péché, Rm1,18-3,20; qui mène à la mort, Rm5,12,21;6,23;7,5+; 1Co15,56;Ep2,1;Col2,13;cf.Jc1,15;Jn5,24;1Jn3,14.

     

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    Notre purification consciente est le fruit de la régénération, de la confession, du pardon et de la réconciliation sacramentaire. Le sacrement de réconciliation nous habilite à pénétrer harmonieusement dans la célébration sacramentaire et profondément eucharistique en nous laissant régénérer par la passion, la mort et la résurrection du Christ par la médiation de l'Esprit-Saint. Le chrétien qui marche à la suite du Christ accueille et se nourrit de son corps et de son sang, à la table de l'eucharistie et de la parole de Dieu pour amplifier en direct le Vivant en lui-même par la médiation de l'Esprit-Saint. (He9,14). L'aveu, la confession, la conversion et la repentance individuelle, personnelle, collective, communautaire et ecclésiale sont exigées pour accéder humblement et sincèrement à la construction du Royaume de Dieu en devenant témoins du Ressuscité et de l’Évangile par des actes pluriels évangéliques, personnels, sociétaux, ecclésiaux lumineux (Mt3,2+). Suivre Jésus-Christ sur le chemin de la conversion permanente personnelle, familiale, ecclésiale et sociétale c'est adhérer à l'exigence et à l'urgence des changements réels et profonds. La métanoia, étym, changement de sentiments, désigne un renoncement au péché, un « repentir ». Ce regret, qui regarde vers le passé, s'accompagne normalement d'une « conversion » (verbe grec epistrephein), par laquelle l'homme se retourne vers Dieu et s'engage dans une vie nouvelle. Ces deux aspects complémentaires d'un même mouvement de l'âme ne se distinguent pas toujours dans le vocabulaire. Cf.Ac2,38+; 3,19+. Repentir et conversion sont la condition nécessaire pour recevoir le salut qu'apporte le Règne de Dieu. L'appel au repentir lancé par Jean-Baptiste, cf. Encore Ac13,24; 19,4, sera repris par Jésus, Mt4,17p; Lc5,32;13,3,5, par ses disciples, Mc6,12;Lc24,47 et par Paul, Ac20,21; 26,20.

     

    L’économie du salut trouve ses racines chez les juifs qui constituent le peuple de prédilection, peuple choisi par Dieu. Paradoxalement ce même peuple élu rejette la foi au Christ crucifié, mort et ressuscité. Il n'admet pas que Jésus-Christ est le Fils Unique de Dieu, le Sauveur et Seigneur de gloire. En rejetant Jésus-Christ comme Fils Unique de Dieu, le peuple juif rejette celui qui l'a envoyé, Dieu. Mais la dialectique paradoxale de ce rejet consiste à percevoir l'ouverture qu'offre ce rejet dans l'économie du salut.. Cette ouverture salvifique est celle de l’adhésion à l’Église, une, sainte, catholique, apostolique et à tous ceux et celles qui se font baptiser à travers le monde pour devenir frère et sœur du Christ par adoption filiale. La foi rend juste car elle transforme celui et celle qui l'accueille pour être, confesser, croire, célébrer et vivre par la force et la grâce de l’Évangile à la suite du Christ en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. (Rm1,16-17). La foi est un acte par lequel l'homme s'en remet à Dieu, à la fois vérité et bonté, comme en la source unique du salut. Elle s'appuie sur sa véracité et sa fidélité dans ses promesses (Rm3,3s; 1Th5,24; 2Tm2,13; He10,23;11,11), et sur sa puissance à les exécuter (Rm 4,17-21; He11,19). Après la longue préparation de l'AT(He11), Dieu ayant parlé par son Fils (He1,1), c'est lui désormais qu'il faut croire (cf.Mt8,10+; Jn3,11+) et après lui le « Kérygme » (Rm 10,8-17); 1Co1,21;15,11,14; cf Ac2,22+) de l’Évangile (Rm1,16;1Co15,1-2; Ph1,27; Ep1,13) annoncé par les apôtres (Rm1,5;1C3,5; cf.Jn17,20), à savoir que Dieu a ressuscité Jésus des morts et l'a fait Kyrios (Rm4,24s; 10,9; Ac17,31;1P1,21; cf.1Co15,14,17), offrant par lui la vie à tous ceux qui croiront en lui (Rm6,8-11; 2Co4,13s, Ep1,19s; Col2,12; 1Th4,14). La foi au nom de Jésus (Rm3,26; 10,13;cf. Jn1,12;Ac3,16; 1Jn3,23), Christ (Ga2,16;cf.Ac24,29; 1Jn5,1), Seigneur (Rm10,9; 1Co12,3; Ph2,11; cf.Ac16,31) et Fils de Dieu (Ga2,20;cf.Jn2O,31; 1Jn5,5; Ac8,37; 9,20), est ainsi la condition indispensable du salut (Rm10,9-13; 1Co1,21; Ga3,22; cf.Is 7,9+; Ac4,12;16,31;He11,6;Jn3,15-18). La foi n'est pas pure adhésion intellectuelle, mais confiance, obéissance (Rm1,5;6,17; 10,16;16,26;cf.Ac6,7) à une vérité de vie (2Th2,12s) qui engage tout l'être dans l'union au Christ (2Co13,5; Ga2,16,20; Ep3,17) et lui donne l'Esprit (Ga3,2,5,14;cf. Jn17,38s; Ac11,16-17) des fils de Dieu (Ga3,26;cf Jn1,12). Parce qu'elle ne compte que sur Dieu, la foi exclut toute suffisance (Rm3,27; Ep2,9) et s'oppose au régime de la Loi (Rm7,7+) et à sa vaine recherche (Rm10,3;Ph3,9) d'une justice méritée par des œuvres(Rm3,20,28;9,31s; Ga2,16;3,11s): La vraie justice que seul elle procure est la justice salvifique de Dieu (Rm ici: 3,21-26) rreçuecomme un don gratuit (Rm3,24; 4,16;5,17; Ep2,8;cf.Ac15,11). Aussi rejoint elle la promesse faite à Abraham (Rm4; Ga3,6-18) et

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    ouvre-t-elle le salut à tous, même aux païens (Rm 1,5,16; 3,29s;9,30;10,11s;16,26;Ga3,8). Elle s'accompagne du baptême (Rm6,4+), s'exprime par une profession ouverte (Rm10,10; 1Tm6,12) et fructifie par la charité (Ga5,6;cf.Jc2,14+). Encore obscure (2Co5,7; He11,1; cf.Jn20,29) et accompagnée d'espérance (Rm5,2+), elle doit croître (2Co10,15;1Th3,10;2Th1-3) dans la lutte et les souffrances (Ph1,29; Ep6,16;1Th3,2-8; 2Th1,4;He12,2;1P5,9), la fermeté (1Co16,13; Col1,23;2,5,7) et la fidélité (2Tm4,7;cf1,14;1Tm6,20) jusqu'au jour de la vision et de la possession (1Co13,12;cf1Jn3,2). Le chrétien illuminé par l'Esprit-Saint est témoin du Ressuscité dans sa vie quotidienne, familiale, professionnelle, entrepreneuriale, associative, ecclésiale, sociale, économique, politique, culturelle, religieuse en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. L'Eglise toute entière animée par l'impulsion de l'Esprit-Saint devient ecclésialement témoin de la conversion individuelle, collective, sociétale. Elle amplifie la vie sacramentaire baptismale mais aussi le pardon et la réconciliation dans les familles, les communautés, les paroisses, les cultures, les peuples, les sociétés, les civilisations en vivant en direct le sacrement de réconciliation. Elle témoigne des dons de l'Esprit-Saint dans ses actes pluriels systémiques, c'est-à-dire ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels ecclésiaux, liturgiques, sacramentaires, ses actes actes institutionnels et consciencielsqui promeuvent les exigences de la foi, de la célébration et de la vie évangélique dans la citoyenneté et la sociabilité.(Ac2,38+). L'urgence de l'appel à la conversion, au repentir et au baptême pour être incorporé au Christ afin d'accueillir le salut de Dieu par la médiation sacramentaire plurielle est une exigence majeure de la mission apostolique et ecclésiale en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance au niveau local et planétaire.(Ac2,38+).

     

    Chaque grand discours apostolique se termine par un appel au repentir (cf.Mt3,2+), pour obtenir le pardon des péchés: Ac3,19,26;5,31;10,43;13,38;Cf.17,30;26,20;Lc1,77;3,8;5,32;13,3. Le baptême est donné « au nom de Jésus-Christ » (cf.1,5+), on le reçoit « en invoquant le nom du Seigneur Jésus » (cf.2,21+;3,16+);8,16;10,48;19;5;22,16;1Co1,13,15;6,11;10,2;Ga3,27Rm6,3;cf.Jc2,7. Cette manière de parler ne vise peut-être pas tant la formule rituelle du baptême, cf.Mt28,19, que la signification du rite lui-même: profession de foi au Christ, prise de possession par le Christ de ceux qui désormais lui seront consacrés. Comme baptisés, les ministres ordonnés et les consacrés sont appelés à prendre soins de la grâce, de la force, du charisme de la bénédiction et de la guérison reçue lors de leur ordination et consécration amplifiées par l'expérience de manière prophétique au service de l’Évangile, des personnes, des familles, des peuples, des sociétés, des civilisations, de l’Église, du monde au niveau local et planétaire. (1Tm4,14+).// 1Tm1,18+;Nb27,18;Dt34,9. Toute vocation baptismale et sacerdotale ministérielle relève de l'accomplissement de la promesse divine par sa divine providence.(1Tm1,18+; 1Tm4,14+). Le jour du Seigneur, le dimanche premier jour de la semaine est dédiée à la célébration et à la participation eucharistique pour demeurer crédible et cohérent à sa vocation baptismale, sacerdotale, royale, prophétique et ministérielle.(Nb28,18). La sagesse d'agir en conformité avec les dons de l'Esprit-Saint pour croire, célébrer et vivre de l'évangile dans la vie, la famille, l'église, la société et le monde est un charisme prophétique majeur. Elle suscite le rayonnement, l’émerveillement, l'attrait, l'obéissance et la fidélité d'agir dans la joie, l'unité, l'enthousiasme et la communion ecclésiale, apostolique et avec la succession patriarcale, prophétique et apostolique ininterrompue. (Dt34,9). Pierre a fait preuve de cette sagesse d'agir en prenant l'initiative de remplacer Judas.(Ac1,15-16). Pourquoi et comment Pierre a la vision et l'intelligence de la foi mais aussi le pragmatisme pour comprendre la trahison et le suicide de Judas à la lumière des Écritures?

     

    Il argumente de manière lucide pour le remplacer et lui trouver un successeur afin de réaliser la volonté primitive du Christ qui constitua le collège apostolique des douze. Le premier souci de Pierre est le souci de l'unité et de la communion apostolique, ecclésiale et chrétienne pour témoigner du salut universel de Dieu en Jésus-Christ pour l'humanité entière et pour toute la

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    création régénérée et sauvée en Christ. «  Frères, il fallait que s'accomplit l’Écriture où, par la bouche de David, l'Esprit-Saint avait parlé d'avance de Judas, qui s'est fait le guide de ceux qui ont arrêté Jésus » (Ac1,16). Pierre commence à ré situer la fin tragique de Judas, un des frères apostoliques qui est devenu traître en d’auto-proclamant guide contre son propre guide qu'il met à l’épreuve, hors de la course et de l'exercice de sa guidance par l'institutionnalisation et l'instrumentalisation de la haine, de la cruauté, du mensonge et la collaboration criminelle à son arrestation, à son jugement et à sa mise à mort. Le paradoxe c'est que ces actes pluriels de Judas, c'est-à-dire ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains participent à l'intelligence de l’Écriture et à l'accomplissement de la Volonté de Dieu, telle qu'elle est affirmée dans l’Écriture: « Or il est écrit au Livre des Psaumes: Que son enclos devienne désert et qu'il ne se trouve personne pour y habiter. Et encore: Qu'un autre reçoive sa charge » (Ac1,20). La désertification de la foi continue la trahison de Judas car la désertion de l’Église est une manière contemporaine de tuer la foi au Christ mort et ressuscité, et de trahir en direct l’Évangile. Judas, le guide des ceux qui ont arrêté Jésus a épousé leur cause et a fraternisé avec eux en devenant leur leader, la figure emblématique du guide des ténèbres, c'est-à-dire le guide des ennemis de Jésus-Christ, de l’Évangile, de la dignité et de l'égale dignité humaine. La puissance destructrice et haineuse des ennemis de Jésus-Christ, de l’Évangile, de l’Église et des chrétiens se manifeste au quotidien à travers le monde par des actes pluriels d'insulte, de calomnies, de médisances, d'humiliation, de rejet, d'indifférence, de racisme, de persécution, de moquerie, des brulures intérieures, d'oppressions, de blessures et de brisures des cœurs, d'aveuglement, de famine, de pauvreté, d'acharnement, d'injustice, d'exclusion, d'exploitation, d'esclavagisme moderne, de captivité, de martyre, de péché, de perdition et de meurtre. (Ps69 (68) 2-37.

     

    Mais les humbles amants du Nom de Dieu et chercheurs de Dieu voient à travers toutes ces expériences la passion, le jugement, la crucifixion et la mise à mort ou l'exécution de Jésus-Christ sur la croix, sa descente du tombeau, sa mise en terre et son séjour d'entre les morts mais aussi sa résurrection le troisième jour conformément aux Écritures. « Ils ont vu, les humbles, ils jubilent; chercheurs de Dieu, que vive votre cœur »(Ps69,33).// Ps22,27;Ps70,5.Ps1,19,144. Les chercheurs de Dieu sont pauvres de cœur et riches de foi, d'espérance et de charité car ils jubilent de joie complète, de louange au festin du Royaume, au pain de la table de la parole de Dieu et au pain et vin de l'eucharistie mais aussi à la force et à la grâce offerte par les différents sacrements et par la prière. Les chercheurs de Dieu sont amoureux de son salut et mènent une vie pleinement jubilatoire et réjouissante dans le Seigneur en confessant ouvertement en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance que: « Dieu est grand ». (Ps70,5). Les chercheurs de Dieu sont en quête de la justice éternelle pour mieux la comprendre, la confesser, la proclamer, la célébrer et la vivre concrètement de manière pragmatique pleinement par un témoignage en direct personnel, familial, ecclésial, sociétal, communautaire, national, international et mondial.(Ps119,144).

     

    Le baiser de la trahison de Judas (Lc22,47) se démarque des chercheurs de Dieu qui sont en quête de la justice divine en marchant à la suite du Christ, en union et en communion avec lui dans une fraternité christologique et apostolique réelle, transparente, sincère et authentique. « Il avait rang parmi nous et s'était vu attribuer une part dans notre ministère. »(Ac1,17). Le basculement de Judas vers les ennemis de Jésus, son Maître et guide pour briser le ministère de l'unité, de la communion et de la fraternité apostolique est motivé par la fascination de l'argent, le détournement, la corruption et l'enrichissement personnel. « Et voilà que s'étant acquis un domaine avec le salaire de son forfait, cet homme est tombé la tête la première et a éclaté par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues » (Ac1,18).// Mt 27,3-10;Sg4,19. En monnayant la vie de Jésus-Christ contre de l'argent pour favoriser sa capture, son jugement, son exécution et sa mort, le disciple, l’un des frères apostoliques touche en direct au sommet de la tête, c'est-à-dire du chef et du Corps Mystique de Jésus-Christ pour constituer lui-même une autre fraternité criminologique qui met en déroute et à nu, voir rend impossible la réalisation de la volonté de Jésus-Christ et de sa mission

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    pour la régénération et la poursuite de son œuvre christologique, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale et chrétienne qui aspire et élève l'humanité par le primat de la transcendance au cœur de l'immanence afin d'amener l'immanence à son accomplissement paradoxal. L'acquisition des biens mal acquis, voir des richesses matériels sur le dos des innocents sur-exploités et sacrifiés à l'autel de la liberté, de l'autonomie, de la responsabilité, des droits et de la dignité porte en elle-même la puissance destructrice et déstabilisatrice de ses propres acteurs; Ceux-ci sont confondus de manière déstabilisatrice et destructrice non seulement par le principe de vérité et de la transparence mais aussi par la force inhérente du temps et surtout la grâce surabondante de la providence divine au service de la justice divine. Judas prend conscience de l'ampleur de sa trahison de Jésus-Christ au prix de l'acquisition des richesses financières par son acte de suicide personnel. Cet acte est précédé par la prise en compte des conséquences de l'anéantissement de la fraternité apostolique, ecclésiale pour l'émergence de la fraternité criminologique, mensongère , haineuse et corrompue de l'avoir, du savoir, du pouvoir et du valoir. Cette fraternité corrompue est médiatisée par le contrôle carcéral et le pouvoir de vie et de mort sur les innocents, et de manière particulière sur Jésus-Christ, son vrai guide. Le suicide de Judas marque la fin tragique de la prétention humaine et temporelle de prendre la place de Jésus-Christ pour sauver l'humanité par les moyens liés au mensonge, à la corruption, à la trahison, à l'enrichissement personnel, à la haine, au rejet, au racisme, à l'exclusion, à l'exploitation et au meurtre, bref à l'aveuglement et aux idéologies meurtrières et discriminatoires.

     

    Celui qui sème la division, la terreur, le meurtre des innocents manifeste les fondamentaux intérieurs et extérieurs de sa propre division en étant lui-même terrorisé et meurtri. Il devient une menace pour la paix sociétale, politique, économique, culturelle, civilisationnelle et ecclésiale. Il répand l'éclatement, la désunion et la perdition du vouloir vivre ensemble dans la fraternité, l'unité et la communion au service du bien commun locale et mondial, temporel et spirituel. Il finit lui-même par se consumer dans la néantisation, la mise entre parenthèse et tombe de son piédestal de l'imaginaire. Il révèle de manière paradoxale sa propre fragilité et les maladies de ses actes mentaux, de ses actes du langage, de ses gestes corporels, de ses actes humains, de ses regards, ses perceptions, ses représentations, ses attitudes, ses conduites, ses comportements, ses manières d'être, de penser, d'agir, de vivre, de s’émouvoir, de souffrir, de jouir, de jubiler, de savoir, de savoir-faire, de savoir-être, de savoir-devenir. Une telle personne n'est pas digne de représenter le Christ, de poursuivre son œuvre et sa mission christologique, apostolique, ecclésiale et chrétienne dans l’Église, dans la société et dans le monde si elle refuse de se convertir à la contemplation du regard du Christ crucifié et ressuscité pour cheminer sur les pas du pardon et de la réconciliation. La fin tragique et suicidaire de Judas marque son refus de croire à la miséricorde de Dieu et de se confier à la tendresse du regard christologique au cœur de la cruauté, de l’horrible trahison et de la prétention de prendre sa place avec une autre forme de fraternité temporaire pour la conquête, l'exercice et la conservation du pouvoir absolu. Avant de se suicider, Judas a pris conscience intérieurement de la révélation de la vraie nature de Jésus-Christ, le Juste, l'innocent, le Fils de Dieu (Mt27,3-4). Mais il n'a pas eu la force et la grâce de confesser son péché à son guide, Maître et Seigneur Jésus-Christ condamné, ne fus que par l'élévation du regard, le croisement des regards, la contemplation du regard de Jésus-Christ mis au rang des regards criminogènes et criminels pour y déceler la beauté du regard divin plein de compassion, de tendresse et de miséricorde.

     

    Il a confessé son péché , mieux sa faute aux commanditaires de l'arrestation, de la condamnation et de la mise à mort de Jésus, à savoir les grands prêtres et les anciens, les prenant, paradoxalement en direct comme ses guides à lui, en basculant davantage dans le mensonge, la corruption, la haine, la division, l'exclusion, le rejet et l'exploitation des innocents pour la conquête, l'exercice et la conservation du pouvoir spirituel et temporel. Les grands prêtres et les anciens mettent Judas au pieds du mur en lui invitant d'assumer la responsabilité de ses actes pluriels et à mieux voir hiérarchie des valeurs et de sens entre Jésus-Christ et les trente pièces

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    d'argent pour lesquels il a été vendu, trahit, favorisant ainsi sa condamnation, sa mise à mort et son exécution au rang des criminels. Ils invitent Judas à assumer son choix contre Jésus-Christ après avoir basculé du rang d'ami et frère apostolique, ecclésial au rang d'ennemi de Jésus-Christ et des apôtres, de leurs successeurs et de l’Église, lui qui fût un des frères apostoliques privilégiés gérant les finances. (Mt27,3-4).// Mt26,14-16;Dt27,25. Les grands prêtres et les anciens rappellent à Judas Iscariot que c'est lui-même qui prie l'initiative d'aller le voir pour négocier la trahison de Jésus-Christ au prix de Trente sicles et non trente deniers (trente pièces d'argent) qui était le prix fixé par la Loi pour la vie d'un esclave, EX21,32. Du guide, Maître et Seigneur, Jésus est passé aux yeux de Judas Iscariot au rang d’esclave et l'a vendu comme esclave pour devenir lui-même le nouveau guide.(Mt26,14-16). En vendant Jésus comme un esclave, par la médiation de la trahison, Judas Chariotée épousait le projet des grands prophètes et anciens pour en finir définitivement avec Jésus-Christ sur le bois de la supplice au rang des bandits, des esclaves, des criminels, des non-droits, des rejetés, des exclus de la société, des oubliés de l'histoire. Réduit à l’esclavage par la trahison de Judas, Jésus-Christ est considéré au rang de bœuf à lapider (Ex21,32) pour rendre son exécution et sa mort cruelle imminente, càd, irréversible. Le paradoxe c'est que dans ce geste de trahison ou le guide, maître et seigneur est mis au rang d'exclave et de vaincu par la médiation de l'initiative et des actes de Judas Iscariote, celui-ci accompli sans le savoir la prophétie deuteronomique. Un autre paradoxe est celui de constater qu'en accomplissant la trahison de Jésus-Christ et en le mettant au rang d’esclave pour faciliter son exécution au rang des criminels, Judas Iscariot se met lui-même au rang des maudits de Dieu et assure la lignée des malédictions divines auprès des personnes, des familles, des sociétés et des communautés ecclésiales qui suivraient son exemple en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. « Maudit soit celui qui accepte un présent pour frapper mortellement une vie innocente.- Et tout le peuple dira: Amen. « Dt27,25 »).

     

    La corruption aveugle les témoins oculaires et ruine leur clairvoyance et leur liberté mais aussi leur autonomie et leur responsabilité. Il y a des présents qu'il faut éviter dans la vie pour ne pas être lié à coopérer dans le mal, l'injustice, l'exclusion, le rejet, l'indifférence au point de trahir Jésus-Christ à la manière de Judas Iscariot ou d'être soi-même vendu et réduit à l'état d’esclave en perdant tout sens, toute idée et toute pratique de justice sociale, politique, économique, culturelle, religieuse, ecclésiale et divine en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance.(Ex23,8+). Présents et cadeaux lient au lieu de délier les bienfaiteurs et les bénéficiaires. Ils réduisent les liens de fraternité et de respect de l'égale dignité et liberté aux liens dissymétriques des maîtres et des esclaves. Présents et cadeaux appellent à la reconnaissance lisible et visible des actes généreux et de leurs promoteurs dont les motivations profondes résident dans le maintien du statu quo, de la domination, de la séquestration sociale carcérale et de l'exploitation plurielle des faibles, des pauvres, des esclaves. Jésus-Christ fut vendu et trahit par Judas Iscariot aux grands prêtres et aux anciens, avons-nous dit à valeur des trente sicles d'argent, que coute un esclave mais aussi le montant de la paie que les dirigeants politiques de l'époque donnent aux prophètes pour mieux se moquer d'eux et de leur Dieu car ce prix est vraiment dérisoire à comparer avec le salaire du gouverneur (Za11,12); Mt27,s;Mc14,10-11. En recevant trente sicles d'argent, Judas Iscariot est paradoxalement reconnu par les grands prêtres et les anciens comme le prophète qui leur permet de réaliser l'accomplissement des Écritures en mettant fin à l'existence terrestre de Jésus-Christ réduit au rang d’esclave et de criminel. Cette nouvelle donne suscite des réjouissances pour avoir signé l'arrêt de mort de Jésus-Christ et la victoire de la corruption et du pouvoir de l'argent permettant de venir au bout de tout. Paradoxalement, en étant réduit au rang d’esclave par l'acte de trahison de son frère apostolique, Jésus revoit l'accomplissement de la Parabole du festin nuptial dans la lignée prophétique où il se place comme l'accomplissement et plus que prophétique des Écritures qui ouvrent le salut réserve aux juifs à l'humanité toute entière dans le sacrifice de la nouvelle alliance (Mt22,1-10).

     

    Il incorpore sa donation sacrificielle dans l'intelligence de la mort prématurée du Juste qui

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    dévoile la culpabilité des consciences torturées par les péchés, l'aveu, la confession, la conversion et la contemplation du crucifié (Sg4,7-19). La mort du traître Judas Iscariot fût soudaine, ignominieuse et connue en direct par tout Jérusalem (Ac1,19). Cette présentation de la mort de Judas diffère de celle de Mt27,3-10. Il ne meurt plus par pendaison comme Ahitophel, 2S17,23, mais par chute comme les impies de Sg4,19 et avec effusion d'entrailles comme maints criminels des légendes folkloriques. Le sang du champ n'est plus celui de Jésus, mais celui de Judas. A travers ces divergences de traditions populaires, on pressent le fait réel d'une mort soudaine et ignominieuse du traître, rattachée tant bien que mal à un lieu mal famé et connu de Jérusalem, le Hakeldama. Pierre prend l'initiative apostolique de procéder au remplacement de Judas Iscariot pour assurer au collège des douze la tâche initiale des témoins du Ressuscité (Ac1,21) dans l'unité, la communion et la collégialité afin de continuer la mission d'évangélisation planétaire. Le critère d'élection et de choix est celui des témoins oculaires et de la fidélité dans le compagnonnage, la proximité, l'intimité, l'amitié, la fraternité de Jésus-Christ dès son baptême par Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain jusqu'à son ascension ou élévation au ciel. C'est parmi les disciples fidèles de Jésus-Christ que l'on choisit le remplaçant et successeur de Judas Iscariot, l'un des douze qui s'est auto-exclus par la fascination de la traîtrise, du pouvoir, de l'argent et qui s'est trouvé exclu par la fraternité de la cruauté, de la corruption au point de se suicider car ayant perdu ses liens initiaux au sein de la fraternité apostolique.

     

    Le nouveau témoin planétaire du Ressuscité qui doit compléter le collège des douze pour demeurer cohérent à l'injonction du Maître, Seigneur et Sauveur (Ac1,8) est choisi au cours d'un conclave où l'on présente Joseph dit Barsabbas, surnommé Justus et Matthias à Pierre (Ac1,23).// Ac13,9+. Le mode archaïque d'élection, à savoir tirer au sort le candidat, l'élu est précédé par la prière collégiale à l'issue d'une réflexion approfondie et lucide mais aussi d'une étude approfondie de la volonté du Seigneur par la médiation de l'accomplissement des Écritures, et surtout de la volonté initiale de Jésus-Christ de fonder son Église et de la laisser entre les mains du collège apostolique constitué des douze pour le conduire, le gouverner, l'administrer et le sanctifier en vue de la construction du Royaume de Dieu. « Alors ils firent cette prière: « Toi, Seigneur, qui connais le cœur de tous les hommes, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans le ministère de l'apostolat, la place qu'a délaissée Judas pour s'en aller à sa place à lui » (Ac1,24).// Ac15,18;Jr11,20+;Lc16,15;Ap2,23. L'appel et le choix au ministère apostolique relève de la souveraineté exclusive du Seigneur pour le salut des âmes et la construction du Royaume de Dieu. Le collège apostolique et ecclésial implore le Seigneur pour qu'il envoie le discernement de la vocation apostolique à ses membres éclairés par la force et la grâce de l'Esprit-Saint afin qu'ils choisissent le ministre apostolique qui correspond au cœur de Dieu pour le service apostolique et ecclésial planétaire. Comme le souligne l'apôtre Jacques qui occupe la première place dans l’Église de Jérusalem à cette date (Ga2,9; Ac12,17, les apôtres sont appelés à compter exclusivement sur Dieu qui connaît les cœurs de tous les hommes et qui fait connaître toutes ces choses depuis des siècles pour le choix et l'appel au ministère apostolique, épiscopal, sacerdotal et diaconal (Ac15,18). Malgré que l'apôtre Jacques occupe la première place dans l’Église de Jérusalem, une variante diminue son importance: «  C'est pourquoi, pour ce qui est de moi... »(Ac15,19).

     

    Les apôtres sont appelés à compter exclusivement sur Dieu qui appelle et choisit qui il veut de manière souveraine pour le mettre à son service, et au service du ministère apostolique, patristique, conciliaire, ecclésial, épiscopal, sacerdotal et diaconal et aux différents charismes, services et ministères dans l’Église, dans la société et dans le monde au niveau local et planétaire. Ils ont à cultiver la force et la grâce de l'assurance de la foi inébranlable sur Dieu, Yahvé Sabaot, le Dieu de Jésus-Christ qui juge avec justice, qui scrute les reins et les cœurs et qui écoute et exhausse les prières de demande, d'invocation, de convocation, de supplication, d'intercession, d'adoration, de contemplation, de louange, d'action de grâces et de révolte.(Jr11,20+).//Jr20,12;Jr17,10;1R8,39;Ps7,10;Ps44,22;Ps139,13;Pr17,3;Jr32,19;Ps62,13;Mt16,27.

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    Dieu, Yahvé, le Dieu de Jésus-Christ connaît la conduite et les œuvres de chacun et sait rendre à chacun selon sa conduite et ses œuvres au temps du salut (Jr17,10). Il connaît le cœur de chacun et de tous pour écouter, pardonner et agir en sa faveur ou en sa défaveur (1R8,39). Dieu connaît les cœurs des personnes justes mais aussi les cœurs des personnes malicieuses (Ps7,10). Il sait percevoir les secrets du cœur humain.(Ps44,22). Dieu est le créateur de tout être humain (Ps139,13). C'est pour cela qu'il connaît le cœur de l'homme et ses pensées les plus secrètes sans ignorer que tout être crée à l'image et à la ressemblance de Dieu est une merveille aux yeux du Créateur (Ps139,14). La personne humaine, crée à l'image et à la ressemblance de Dieu est appelé à réaliser des œuvres merveilleuses pour participer, collaborer et contribuer à la construction du sens, du Royaume de Dieu et à la croissance en humanité et en spiritualité en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Dieu éprouve les cœurs par la fascination de l'argent et de l'or pour apprendre à choisir s'il faut compter exclusivement sur l'argent et sur l'or ou s'il faut compter exclusivement sur Dieu pour se mettre totalement à son service, au service de l'humanité, de l’Église, de la société, du monde et du Royaume de Dieu.(Pr17,3); Pr27,21;Jr11,20+. La prière apostolique qui précède le choix de Matthias pour remplacer Judas Iscariot rejoint la prière de foi exclusive en Dieu du prophète Jérémie stipulant que rien n'est impossible à Dieu: « Ah. Seigneur Yahvé, voici que tu as fait le ciel et la terre par ta grande puissance et ton bras étendu. A toi rien n'est impossible. Tu fais grâce à des milliers, mais punis la faute des pères, à pleine mesure, sur leurs fils après eux. O Dieu grand et fort dont le nom est Yahvé Sabaot, grand dans tes desseins, puissant dans tes hauts faits, toi dont les yeux sont ouverts sur toutes les voies des humains pour rendre à chacun selon sa conduite et d'après le fruit de ses actes. » (Jr 32,17-19).// Ex34,6-7;Ps33,13-15).

     

    C'est la doctrine de la rétribution personnelle enseignée par les prophètes, surtout Ézéchiel, cf. Ez 14,12+, par les Sages et les Psalmistes, cf. Ps 37,1+, et par le N.T. Mt 16,27; AP2,23. «  A toi, Seigneur, l'amour; et ceci: toi, tu paies l'homme selon ses œuvres » (Ps62,13). Le critère suprême du discernement de l'appel, du choix et du ministère apostolique, épiscopal, sacerdotal, diaconal, ecclésial réside dans la conduite de l'appelant par la médiation de sa réponse généreuse à l'appel où son option fondamentale est surdéterminée soit par l'amour de l'argent ou par l'amour de Dieu. Jésus-Christ l'a confirmé: «  Les pharisiens, qui sont amis de l'argent entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. Il leur dit: « Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu » (Lc16,14-15). La flatterie et les mépris des autres, le racisme sont des attitudes, des conduites et des actes malveillants qui ne permettent pas de considérer leurs auteurs dignes du service ministériel, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésial, épiscopal, sacerdotal, diaconal, chrétien, catéchétique pour la construction du sens, mais également celle du Royaume de Dieu et pour la croissance en humanité et en spiritualité pour le bien commun temporel et spirituel local et planétaire. (Lc18,9).// Lc16,15; Mt6,1;Mt23,28.

     

    Aux yeux des juifs, être au service de Dieu et de ses frères en humanité et en spiritualité de manière crédible et cohérente exige principalement la pratique de l'aumône (Mt6,2-4); de la prière (Mt6,5-6) et du jeûne (Mt6,16-18). Se faire remarquer par des coups d’éclats amène à flatter les gens (Mt6,1). La personne qui fait semblant d'être juste, honnête, transparente, objective, rationnelle, radicale lorsqu'en réalité elle sait en âme et conscience qu'elle joue et transpire à fond l'hypocrisie en étant cinéaste, comédienne, féline, diplomate, fourbe, pleine d'iniquité est malheureusement corrompue de manière systémique (Mt23,28). Mt7,23;Mt13,41;Mt24,12. La corruption la plus horrible et lamentablement dangereuse est celle de la prostitution de la doctrine par la pseudo prophétesse de la secte des Nicolaïtes, au nom symbolique « Jézabel » cf (2R9,22) . Dieu ne pardonne pas ceux qui qui ont embrassé cette doctrine et qui refusent de se repentir comme l'indique l'Ange de l’Église de Thyatire. (Ap2,18-24).

     

    Revenons à la prière apostolique qui précède le choix du remplaçant de Judas Iscariot. Les

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    apôtres sont ouverts aux disciples fidèles qui ont accompagnés Jésus-Christ depuis le baptême de Jean-Baptiste jusqu'à l’ascension. Après avoir invoqué le Seigneur, ils précisent la raison du choix dans leur prière collégiale adressée à Dieu. « Pour occuper, dans le ministère de l'apostolat, la place qu'a délaissée Judas pour s'en aller à sa place à lui » (Ac1,25). Le ministère apostolique de l'apostolat constitué des douze par le Christ est la raison d'être de la prière et du choix par le mode traditionnel électoral qui détermine le remplacement de Judas Iscariot. « Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut mis au nombre des douze apôtres » (Ac1,26). Ce mode archaïque d'élection, Ex 33,7+; 1S14,41+; Lc1,9, fera bientôt place dans la communauté primitive à un procédé moins mécanique, cf.6,3-6;13,2-3. Matthias fut mis au nombre des douze apôtres. Texte occ.;cf Mc3,14+. Il est intéressant de mieux expliquer et de comprendre le mode archaïque d’élection ou la démocratie archaïque prophétique. Dans la tradition prophétique, le prophète se référait à Dieu pour que celui-ci tranche sur l'identité du coupable ou non afin que ce soit Dieu lui-même qui établit la vérité et la justice. Pour ce faire il consultait Dieu à partir de deux dès contenus dans une boîte. Cette consultation plus ou moins divinatoire est l'ancêtre du choix par la médiation du tirage au sort et mieux l'ancêtre du processus démocratique archaïque de l'élection. «  Saül dit à Yahvé: « Yahvé, Dieu d'Israël, pourquoi n'as-tu pas répondu à ton serviteur aujourd'hui? Si la faute est sur moi ou sur Jonathan, mon fils, Yahvé, Dieu d'Israël, donne urim; si la faute est sur ton peuple d'Israël, donne tummim » (1S14,41+). Jonathan sera reconnu coupable mais il sera sauvé par le peuple. (D''où l'adage ce que veut le peuple, Dieu le veut ). La parole de Saül à Dieu est presque totalement reconstituée à partir du grec, car l'hébr. A fait un saut du premier « Israël «  au 3°. Le texte montre comment on consultait Dieu à partir de deux dès contenus dans une boîte ou éphod; on les appelait urim et tummim ( la valeur des mots est incertaine ) et on leur donnait une signification conventionnelle. C'était donc une réponse par oui ou par non,cf 23,10-12, et la consultation était parfois longue. Le maniement des sorts était réservé aux prêtres lévites, Nb 27,21; Dt 33,8. L'usage tomba en désuétude après le règne de David et ne fut pas rétabli, cf. Esd 2,63: Ne 7,65. Mais le nom resta attaché à un détail du costume du grand prêtre, cf.Ex28,30; Lv8,8 et Ex28,6+.

     

    Dieu donne la force et la grâce de discernement prophétique, l'intelligence et la sagesse de la foi et les paroles justes pour arracher, détruire, semer, construire, révéler, relever, nourrir son peuple en rejoignant les aspirations profondes, les désirs secrets, les besoins et les attentes de chacun au plus profond de son cœur, de son esprit et de son âme. Dieu permet au prophète de démasquer les faux semblants, les idéologies dévastatrices et malicieuses, la vérité du cœur humain (1R14,5), et la vraie identité de chacun. Dire la vérité à chacun, dénoncer les péchés individuels, sociétaux et structurels afin d'inviter les coupables, les pécheurs à la conversion réelle est un devoir prophétique majeur, tout comme celui consistant à trouver une seconde voix ecclésiale pour les personnes blessées dans la vie par des expériences vitales liées à la sacramentalité et au paradoxe entre l'exigence de fidélité et l'exigence anthropologique de la faillibilité. Le parallélisme entre le roi Jéroboam Ier (931-910) et Judas Iscariot réside d'abord dans le choix que Dieu a fait à chacun pour être à son service, pour accomplir sa divine volonté, ce qui lui plaît d'une part et d'autre part dans le reniement radical de la volonté de Dieu par la suite en agissant mal pour se fabriquer d'autres dieux, des idoles fondues pour le roi Jéroboam Ier et la trahison de Jésus pour trente pièce par Judas aux anciens et grands prêtres afin d’accélérer son exécution. La fin tragique de Judas Iscariot par le suicide et celle de Jéroboam Ier frappé par le malheur de l’extermination de sa maison où il cède le règne à son fils Nabab entrent dans l'économie de l'intelligence, de la sagesse, de la force, de la puissance et de la justice divine pour l'accomplissement des promesses et de la Parole de Dieu (1R14,1-20).

     

    La consultance prophétique pour connaître les desseins de Dieu afin de prendre des décisions importantes même dans la conduite ou non de la guerre, rencontre le succès de la part des faux prophètes acquis au statu quo et à la dévotion du roi (1R22,5,8) et le rejet, voir l'échec des vrais prophètes massacrés ou persécutés par Jezabel (1R18,4,13;1R19,1);(1R22,8). Les rois (comme le

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    Roi de Juda) consultaient régulièrement les prophètes pour connaître la volonté de Dieu et agir en conséquence de manière crédible et cohérente (2R3,11). Parfois les rois envoyaient des gens avec des présents pour aller trouver les prophètes afin d'avoir la consultation au nom du roi pour sa guérison ( 2R8,8). Le ministère prophétique de la consultance est un ministère divin de guérison et de pré-science où le prophète parle face à face à Dieu qui lui révèle ses desseins cachés sur les rois et décideurs politiques, publics (1 S23,10-12). Les sorts sacrés étaient dans l'éphod, un objet que le prêtre portait devant Dieu à l'autel lors de la célébration et du fumoir d'encens pour discerner la volonté de Dieu à l'époque des juges dans le cadre du ministère de consultance. (1S2,28; 1S14,3; 1S23,6; 1S30,7; 1S14,18s; 1S23,9s; 1S30,8; 1S 14,41; Jg17,5; Jg18,14. L'éphod de Gédéon, Jg8,26s sera condamné comme un symbole idolâtrique et il n'est plus mentionné dans les récits postérieurs à David (une allusion en Os 3,4). Le prêtre (ELEAZAR) exerce le ministère de la consultance de la volonté divine lors de la célébration du rite de l'Urim du temps où Josué fut chef de la communauté (Nb27,21). Dieu distribue souverainement ses urim et ses Tummim à qui il veut et comme il veut lors de ces rites où le prêtre célèbre le ministère de consultance (Dt33,8).// 1S14,41; Nb20,1-13+. Josué s'attache à l'arche jour et nuit dans la Tente pour être en présence de Dieu. Il parle avec lui face à face en exerçant le ministère de la consultance de la volonté divine de manière contemplative sur chaque membre de la communauté, sur le peuple, sur le roi et sur les chefs politiques, religieux, économiques, sociaux, culturels, financiers. Ces différents chefs demandent à Josué ce service religieux prophétique pour connaître la volonté de Dieu sur chacun et sur tous, pour prendre des décisions majeures et importantes et pour obtenir le ministère providentiel de vigilance et de guérison.

     

    Moïse se révèle comme l'intermédiaire entre Dieu et son peuple par la médiation de son ministère de prière en présence du Seigneur dans l'arche où il parle devant Yahvé avec lui en ôtant son voile. Et à la sortie de son entretien singulier avec Yahvé; il rend compte au peuple des ordonnances divines (Ex34,34). Pour marquer l'abîme entre la sainteté divine et l'indignité de l'homme, le prophète Moïse qui se met en présence de Dieu pour parler face à face avec lui se couvrait de son voile afin de ne pas voir ni entendre Dieu en direct de peur de mourir (Ex33,20). IL y a un tel abîme entre la sainteté de Dieu et l'indignité de l'homme, voir, Lv17,1+, que l'homme devrait mourir de voir Dieu, Ex19,21;Lv16,2;Nb4,20,cf.6,25+, ou seulement de l'entendre, Ex20,19;Dt5,24-26;cf.18,16. C'est pour cela que Moïse, Ex3,6, Élie, 1R19,13, et même les Séraphins, Is6,2 se voilent la face devant Yahvé. De rester en vie après avoir vu Dieu, on éprouve un étonnement reconnaissant, Gn32,31; Dt5,24, ou une crainte religieuse, Jg6,22-23;13,22; Is6,5. C'est une rare faveur que Dieu fait, Ex 24,10-11, Dt 5,4, particulièrement à Moïse, comme à son « ami », Ex 33,11; Nb12,7-8; Dt34,10, et à Élie, 1R19,11s, qui seront témoins de la Transfiguration du Christ, cette théophanie du Nouveau Testament, Mt17,3p, et resteront, dans la tradition chrétienne, comme les représentants éminents de la grande mystique (avec saint Paul, 2Co12,1s).

     

    Dans le Nouveau Testament, la « gloire » de Dieu, cf. Ici v.18 et Ex24,16+, se manifeste en Jésus, Jn1,14+; 11,40; cf2Co4,4,6, mais Jésus seul a contemplé Dieu son Père, Jn1,18; 6,46; 1Jn4,12. Pour les hommes, la vision face à face est réservée à la béatitude du ciel, Mt5,8; 1Jn3,2; 1Co13,12. Dieu se révèle à ses prophètes par les médiations de la vision et du songe à partir desquels il leur parle car le prophète divin est par essence visionnaire et rêveur, en ayant des rêves diurnes, éveillés et des rêves nocturnes, prémonitoires. Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament a eu le rare privilège d'être choisit par Dieu comme son ami et son précieux serviteur, homme d'une extrême humilité, l'homme le plus humble que la terre ait porté (Nb12,3);(Ex3,11; Ex4,10;Si45,4). Moïse a eu la confiance totale évidente de Dieu qui l'a élevé au rang de ses amis les plus précieux pour lui révéler sa propre gloire et lui parler en direct face à face sans énigmes (Nb12,8) en lui confiant toute sa maison. Et oui Dieu parle à ses prophètes parfois par la médiation des énigmes, excepté pour Moïse.(Nb12,7-8).// He 3,2-5; Ex33,11+; 1Co13,12; Ex33,20+; Dt34,10. Cela répond à la plainte d'Aaron et de Miryam (Nb1é,2) au mode ordinaire du prophétisme,v.6 (Miryam est elle-même une prophétesse, Ex15,20), Dieu oppose l'intimité qu'il a avec Moïse,cf.

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    Ex33,11+ et 33,20+. D'autres ont reçu par exception une part de son esprit, 11,25. Sans doute, après la mort de Moïse, Dieu suscitera une lignée de prophètes, Dt18,15,18+, mais Moïse restera le plus grand, Dt34,10, jusqu'à Jean-Baptiste, le Précurseur de la Nouvelle Alliance, Mt11,9-11p. Moïse est l'un des représentants éminents de la grande mystique chrétienne pour avoir eu la rare faveur divine d'être ami de Dieu et de parler face à face avec Dieu comme un homme parle à son ami. Moïse fut le médiateur entre Dieu et son peuple. Il a eu un dialogue, un colloque singulier avec Dieu dans la Tente.Il a porté à Dieu dans ce dialogue les aspirations, les attentes, les inquiétudes, les questions, les demandes, les interpellations du peuple devant lequel il était responsable. Et il devrait rendre compte au peuple des ordonnances divines issues de son colloque singulier avec Dieu. Dieu prend souverainement l'initiative et la décision de parler face à face avec qui il veut et comme il veut en l'établissant comme son ami et cela en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. Tel fut l'exemplarité du choix de Moïse, ce plus grand prophète de l'Ancien Testament, mieux le plus grand mystique de l'Ancien Testament (Nb12,7-8). «  Il ne s'est plus levé en Israël de prophète pareil à Moïse, lui que Yahvé connaissait face à face «  (Dt34,10); Jn15,15; Jos11+; Si45,1-5; Jr15,1; Jn1,17. La vision de Moïse englobe toute la Terre promise dans laquelle il n'entrera pas, cf.4,21, mais dont il prend ainsi possession pour le peuple, comparer Gn 13,14-15. Le prophète est éminemment visionnaire et pragmatique par excellence pour le bien commun temporel et spirituel; celui-ci est notamment sociétal, familial, local, régional, communautaire, national, ecclésial, international, supra-national, mondial et planétaire. Le prophète est l'instrument de la main puissante de Dieu, de la terreur divine, des signes et prodiges divins. Dieu se sert de lui pour amplifier la conversion des coeurs, la contemplation de la croix du Christ et de la gloire de Dieu dans le trame existentiel pluriel de l'histoire des familles, des hommes, des sociétés, des civilisations, des cultures, des Églises. Ce service prophétique divin mais aussi pleinement humain en vertu du mystère de l'incarnation est exercé en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance au niveau micro et macro planétaire. Il consiste à ajuster les actes prophétiques pluriels à la révélation cosmique, historique et eschatologique.

     

    Les grands mystiques chrétiens du Nouveau Testament demeurent des prophètes qui ont la rare faveur divine christologique d'être des amis de notre Seigneur Jésus-Christ à partir de sa souveraine initiative, décision et choix sans mérite exceptionnel des personnes concernées. Les amis de prédilection de Jésus-Christ sont souverainement choisis par lui pour basculer du statut des serviteurs au statut prophétique d'amis partageant de manière particulièrement rare l'esprit de Jésus-Christ lui-même par la médiation de leurs yeux, de leurs cœurs, de leurs bouches, de leurs paroles et de leurs actes pluriels. «  Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jn15,15); Lc12,4. Jésus-Christ choisi souverainement ses amis et les établit souverainement au service de la construction du sens et de la croissance en humanité et en spiritualité au niveau local et planétaire pour poursuivre la construction du Royaume de Dieu sur terre et dans le monde avenir pour le devenir de l'humanité réconciliée. «  Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimez les uns les autres « (Jn15,16-17).// Dt7,6+; 1Jn4,10;Rm6,20-23;Jn15,2+; Jn14,13+;Jn13,34. Les amis de Jésus sont des prophètes qui ont dépasses le statut de serviteurs. Ils sont libérées de la peur, de la crainte de croire, de célébrer, de vivre et de témoigner du Ressuscité dans tous les secteurs de l'existence privée et publique, ecclésiale, sociétale en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Ils ne reculent même pas devant les menaces de la mort (Lc12,4) et parlent ouvertement et sans crainte.(Mt10,28-31).

     

    Jésus n'a pu délivrer son message que de façon voilée, parce que ses auditeurs ne pouvaient le comprendre, Mc1,34+, et que lui-même n'avait pas encore accompli son œuvre ne mourant et ressuscitant. Plus tard ses disciples pourront et devront tout proclamer sans aucune crainte. Le sens

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    des mêmes paroles dans Lc est tout différent: que les disciples n'imitent pas l'hypocrisie des Pharisiens; tout ce qu'ils prétendraient cacher finirait bien par être connu; qu'ils parlent donc ouvertement. Le prophète, ami de Dieu et des hommes n'a pas peur et ne craint pas ceux qui le menacent de mort parce qu'il garde une vigilance sage et préférentielle pour ne pas tomber dans leurs pièges. Il demeure distant de ses détracteurs par la médiation d'une méfiance jurisprudentielle salutaire.

    « Tiens-toi éloigné de l'homme qui a le pouvoir de tuer et tu n'auras aucune crainte de la mort. Si tu l'approches, garde-toi d'un faux pas il pourrait t'ôter la vie. Sache bien que tu es entouré de pièges et que tu marches sur les remparts » (Si9,13); donc exposé aux flèches des ennemis, sur des filets. Le prophète du Nouveau-Testament, amis de Dieu ou de Jésus-Christ traverse les souffrances, la pauvreté matérielle, les épreuves, les doutes, les troubles, l'abîme avec la joie secrète d'une âme juste, riche et du bonheur de communier avec le Christ à l'espérance salutaire pour témoigner en direct de son appartenance christologique et de sa richesse spirituelle en dépit des persécutions locales (1P3,14); Is8,12;Mt10,26-31; Lc12,11-12;1Tm6,12-15; 2Tm4,17;Ep2,12;1Th4,13. «  Je connais tes épreuves et ta pauvreté-tu es riche pourtant- et les diffamations de ceux qui usurpent le titre de Juifs-une synagogue de Satan plutôt. Ne crains pas les souffrances qui t'attendent: voici, le Diable va jeter des vôtres en prison pour vous tenter, et vous aurez dix jours d'épreuve. Reste fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Ap2,9-10).// Jc 2,5; Jc3,9; Jn8,37-44; Lc22,31-33; Dn1,12,14s; 1Co9,25+. C'est l’Église du Christ qui est désormais le véritable Israël, cf. Ga6,16; Rm9,8. Les épreuves endurées par amour pour le Christ et par les amis du Christ sont toujours vécues et traversées comme étant de courte durée.

     

    Les passionnés et amoureux de Dieu sont souvent pauvres matériellement et riches dans la foi devenant ainsi des héritiers du Royaume de Dieu ( Jc2,5). // 1Co1,26-29; So2,3+; Ap2,9; Ga3,29; Mt4,17+;Jc1,12. Les chrétiens, prophètes et amis de Dieu sont incapables de maudire (cfr Lc6,28; Rm12,14; 1P3,9). Ils sont appelés à bénir en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance ceux et celles qui les persécutent, les déstabilisent, les rejettent, les excluent du bonheur de vivre ensemble dans l'égale dignité et liberté des personnes crées à l'image et à la ressemblance de Dieu. (Jc3,9). Les amis de Dieu évitent les écarts de langage ou des paroles et résistent de transformer leur langue en feu de division, de haine, de calomnie, de médisance, de mensonge, de racisme, de vengeance, de souillure, de fléau, de malédiction, de venin mortel. (Jc 3,5-10). Ils s'établissent dans la vérité en accueillant Jésus-Christ pour marcher à sa suite de manière cohérente, crédible par la médiation de leurs actes pluriels relevant du fait de croire, de célébrer et de vivre ou de témoigner de l’Évangile dans tous les lieux de leur existence privée et publique au niveau local et planétaire. Les amis du mensonge, du néant et du mal marchent à contre courant de la parole donnée et de la vérité et refusent la vérité de Jésus-Christ et de sa Parole. Ils sont sous la dépendance du diable, l'ennemi de la vérité (Jn18,37) et le Père du Mensonge (Jn8,44). Les Juifs qui refusent la vérité de Jésus (Jn8,40;cf.1P2,22, sont soumis au chef de tous les ennemis de cette vérité, cf. Jn12,31+; 13,2+; 1Jn2,14.

     

    En Jn 8,56 il est question de l'Avènement de Jésus. Jésus s'approprie ici encore une expression réservée à Dieu dans l'AT: le « Jour de Yahvé », cf. Am5,18+. Abraham a vu le « Jour » de Jésus (comme Isaïe a « vu sa gloire », 12,41) «  de loin « , cf. He 11,13; Nb24,17, dans un événement prophétique: la naissance d'Isaac, qui provoqua le « rire » d'Abraham, Gn17,17+. Jésus se donne comme véritable objet de la promesse faite à Abraham, la vraie cause de sa joie, l'Isaac spirituel. Cf. Gn12,1+ Jésus appelle, choisit et établit le collège apostolique des douze en instituant clairement la primauté et la direction apostolique de la foi à Pierre, Simon de manière souveraine et en priant pour lui car il sait qu'il sera visité par le Diable, par Satan, le Père des mensonges. Simon, Pierre devra tenir ferme dans la foi au Christ après avoir traversé les épreuves, les doutes, les troubles, l'abîme par la médiation du triple reniement pour entrer dans la logique de l'humilité extrême à la manière de Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament. Il devra se mettre à la suite du Christ, plus que Moïse, accomplissement des Écritures, Exégèse du Père, sans aucune prétention de

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    l'égaler ni de prendre sa place et pour mieux exceller tous les autres apôtres en amour du Christ et des autres par la force et la grâce de l'initiative souveraine du Christ, Vainqueur. (Lc22,31-33). Dieu met à l'épreuve ses amis mais dans les proportions raisonnables de courte durée en leur donnant la force et la grâce de traverser ces épreuves pour mieux grandir dans la connaissance et dans l'amour de Dieu et de l'humanité (Dn1,12,14s). Ces amis de Dieu consentent humblement à la discipline, à l'effort, à l'ascèse, à la prière, au sacrifice en étant fixé sur l'objectif à savoir recevoir la couronne spirituelle impérissable (1Co9,25-27). Le Passage utilise le vocabulaire sportif de l'époque. Paul invite les « forts » à l'imiter en sacrifiant leurs droits par charité, en vue de la récompense céleste, de même que les athlètes se privent de tout pour remporter le prix. Dieu libère toujours ses amis de ses ennemis (Jos11,5-9). Il prend soins et pourvoit à ses amis privilégiés qui lui obéissent humblement, lui restent fidèles en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance et lui font totalement confiance à lui, à sa Parole et à ses Promesses. Les amis de Dieu et des hommes sont des prophètes pleins de mémoire, de douceur, de fidélité, d'humilité, de vie et d'intelligence, de sainteté qui traversent des crises, des épreuves, des situations, des expériences heureuses, difficiles, douloureuses, horribles, tragiques, cruelles, ténébreuses, terribles en demeurant des hommes de bien. Ils sont des libérateurs des familles, des peuples, des cultures, des sociétés, des communautés, des paroisses, des Églises, des régions, des civilisations dans la lignée prophétique de Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament, l'homme le plus humble de la terre (Si 45,1-5).

     

    Les amis de Dieu, les prophètes d'hier, d'aujourd'hui et de demain renouvellent en permanence leur conversion intérieure à Dieu et devant Dieu au plus intime de leur conscience, de leur esprit et de leur âme et de leurs actes en secret et dans un dialogue permanent de vérité de leurs actes devant Dieu et avec Dieu mais aussi devant les hommes pour croire, célébrer, vivre et témoigner de leur vocation, mission et ministère prophétique renouvelé selon le cœur de Dieu pour la construction du Royaume de Dieu (Jr15,1-21). Les actions humaines des prophètes, amis de Dieu à l'exemple de Moïse sont traversées de part en part par des actions divines et la Transcendance qui transforment leurs actions symboliques et leurs vies en symbole et signes de la libération, de la délivrance, du relèvement et de la surabondance de la grâce et du don pour la construction du sens et de la fraternité spirituelle réelle locale et planétaire enracinée dans la sacramentalité baptismale et l'ecclésialité ouverte à l'humanité réconciliée. Jr 18,1+; Os1; Os3; Is8,18;Ez24,15-24. Cette humanité reconciliée trouve ses fondamentaux dans le Christ, Alpha et Oméga, Fils Unique de Dieu, Exégète du Père, accomplissement des Écritures et plus que Moïse, surabondance de la grâce de la Nouvelle Alliance. « Car la Loi fut donnée par l'entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l'entremise de Jésus Christ » (Jn1,17).// Dt 34,10; Jn15,15; Jos 1,17.

     

    Les prophètes cherchent à mieux connaître Dieu, c'est-à-dire sa sainte et divine volonté en sachant que Dieu est le premier qui les connaît et qui leur donne la force et la grâce particulière pour chercher à le connaître, pour l’aimer et le servir à travers son œuvre, sa création, son humanité, son Royaume de Dieu à l'exemple de Moïse (Dt34,10). // Ex33,11+; 20+; Nb12,6-8; Si45,1-5; Jr1; Jn1,17. L'être et l'agir prophétique constituent avec ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains des médiations des signes, prodigues, puissance et terreur de Dieu à l’œuvre dans l'existence concrète privée, publique, ecclésiale, sociétale, locale et planétaire. Le prophète allume le feu de l’émerveillement, de la contradiction, de la contemplation, de la louange, de l'adoration, de la supplication, de l'intercession, de la conversion et du désir de connaître Dieu auprès de ceux et celles qu'il rencontre par la médiation de ses attitudes, conduites, comportements, regards, perceptions, représentations, manières d'être, d'agir, de parler, de s' émouvoir, de souffrir, de vivre, de s’émerveiller, de jouir, de jubiler, de savoir, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir-devenir. La spécificité du prophète est d'être réellement ami de Dieu, du Christ non seulement au niveau personnel mais aussi au niveau ecclésial par la médiation de la sacra mentalité baptismale. L'ami prophétique est celui qui entre dans l'intimité du Christ pour écouter, connaître et accomplir la volonté divine du Père Céleste pour chaque personne crée à

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    l'image et à la ressemblance de Dieu, pour l'humanité et pour la Création toute entière par la médiation de la Nouvelle Alliance en vue de la construction du Royaume de Dieu à travers la construction du sens et la croissance en humanité et en spiritualité au niveau local et planétaire.(Jn15,15). Le prophète accomplit une mission divine libératrice sur terre dans l’Église, dans la société et dans le monde dans la profonde communion avec la succession patriarcale, prophétique, apostolique, patristique, conciliaire et ecclésiale en exécutant de manière vigoureuse et cohérente la sainte volonté divine dans une fidélité exclusive à la Parole de Dieu, à ses promesses. (Js11+). Selon la tradition chrétienne, dans l'Ancien Testament la grande mystique chrétienne a pour représentants éminent, Moïse (Ex33,11; Ex33,20+; Nb12,7-8 et Élie (1R 19,11s). Jusque là nous avons réfléchi sur le prophète Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament qui a été l'homme le plus humble que la terre aie connu. Élie, l'un des rares prophètes aussi à avoir la faveur divine d'être ami de Dieu passe également par l'expérience de conversion personnelle. Élie fut méchant et cruel pour avoir massacré des prophètes.(1R19,1). Sous la menace de subir le même sort punitif de la part de Jézabel, Élie va trouver son salut dans la fuite pour sauver sa peau (1R19,2-3). Conscient d'avoir brisé l'Alliance de Dieu comme ses pères, Élie va chercher à fuir pour trouver refuge dans le Seigneur Dieu lui-même au lieu de sa révélation à Moïse, le plus grand prophète de l'Ancien Testament. Dans sa traversée du doute, du trouble, de l'abîme et de la détresse, Élie sera touché particulièrement par le secours divin à travers la médiation de son ange qui le réveillera trois fois de son sommeil pour l'inviter à manger une galette cuite sur les pierres chauffées et à boire de l'eau afin de retrouver les forces qui lui permettraient de fuir jusqu'à la source de la révélation de Dieu à Moïse.(1R19,4-8).// Ex24,18; Mt4,1.

     

    Pourquoi l'Horeb ? Cf. Ex19,1+. Voulant sauvegarder l'alliance et rétablir la pureté de la foi, Élie ira à l'endroit où le vrai Dieu s'est révélé, Ex3 et 33, 18-34,9 et, où l'alliance a été conclue, Ex19;24;34,10-28: Il rattache directement son œuvre à celle de Moïse. Rapprochés par la théophanie de l'Horeb, Moïse et Élie le seront aussi à la Transfiguration du Christ, cette théophanie du NT, Mt17,1-9p. La rencontre entre le prophète Élie et Dieu ne se fait pas dans l'Ouragan, le tremblement de terre, les éclairs qui manifestaient en Ex19 la présence de Dieu, mais dans l'intimité de son entretien avec ses prophètes (1R19,9-18).// Ex3,6+; Ex33,20+. C'est dans cette intimité de cœur à cœur avec Dieu dans la prière et dans un dialogue personnel que Dieu se révèle à ses prophètes comme Élie dans le creux du rocher où se blottit Moïse pendant l'apparition divine (Ex33,22). La révélation de Dieu à Élie se fait par la médiation d'une voix intérieure qui pose question: « Que fais-tu ici, Élie »(1R19,9,13), qui donne des missions: « Sors et tiens-toi dans la montagne devant Yahvé » (1R19,11); « Va, retourne par le même chemin, vers le désert de Damas. Tu iras oindre Hazaël comme roi d'Aram. Tu oindras Jéhu fils de Nimshi comme roi d'Israël, et tu oindras Élisée fils de Shaphat, d'Abel-Mehola, comme prophète à ta place » (1R19,16). Ces missions seront en fait accomplies par Élisée. Le prophète est un solitaire rempli d'intimité dialogale avec Dieu. Il se laisse interpeller par lui, en permanence tout en exprimant à Dieu ses joies, ses craintes, ses peurs, ses risques, les menaces sur sa vie, l'irréversibilité d'être piégé, attrapé, tué, le pourquoi de sa fuite. Mais en définitive le prophète exécute les ordres divins, car il se met totalement à la disposition de Dieu. Il compte exclusivement sur Dieu, lui fait confiance dans l'absolu pour rebondir et repartit de nouveau. Il poursuit sa route pour accomplir la mission qui lui a été confiée avec la ferme conviction que rien n'est impossible à Dieu, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance.

     

    Le vrai prophète est un instrument de passerelle qui établit les ponts et transmet la lumière prophétique à un autre prophète qui accompli réellement ce qu'il a commencé. Le prophète authentique ne goûte pas aux fruits de ses visions, de ses combats, de ses perceptions et de ses réalisations. Par la grâce et la force spéciale divine qui permet à Dieu de faire de lui un véritable ami, il sait que quand il a tout fait, il n'a fait que son devoir comme serviteur inutile parce que justement il suscite et transmet le témoin, la petite flamme de l'espérance à la succession

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    prophétique ininterrompue comme Élie fit à Élisée. «  Il partit de là et il trouva Élisée fils de Shaphat, tandis qu'il labourait douze arpents, lui-même étant au douzième. Élie passa près de lui et jeta sur lui son manteau « (1R19,19). Le manteau symbolise la personnalité et les droits de son possesseur. De plus, le manteau d’Élie a une efficacité miraculeuse, 2R2,8. Élie acquiert ainsi un droit sur Élisée, qui ne peut se dérober. En détruisant sa charrue et ses bœufs, Élisée marque sa renonciation à son premier état. Dieu visite ses prophètes par l'expérience de la brise du jour dans l'intériorité de leur cœur pour y entendre ses pas et desceller sa présence, ses signes, ses prodiges, ses énigmes, sa promenade intérieure dans la conscience, le cœur, l'âme et la raison humaine mais aussi dans les événements et dans la création afin d'appeler à l’émerveillement les âmes mystiques, prophétiques et chrétiennes. (Gn3,8); 1R19,12. Le priant s'émerveille devant la levée du soleil pour accueillir le soleil intérieur, l'étoile du matin avec la liturgie des heures. Dieu est à ce point transcendant qu'une créature ne peut le voir et vivre.(Ex3,6). Il se révèle à Moïse comme le Dieu de son Père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Le Dieu créateur, transcendant est le Maître de l'histoire, notamment de l'histoire du salut et de la construction du sens, de la croissance en humanité et en spiritualité en tout lieu, en tout temps, en toute circonstance au niveau micro-local existentiel et au niveau macro-planétaire pour l’avènement du Règne de Dieu. Dans cette perspective la révélation divine est cosmique, historique et eschatologique, ouverte au monde avenir, du déjà là et pas encore nécessairement arrivé. La contemplation intérieure de Dieu ouvre à l'émerveillement devant l'infinité de la distance entre la Transcendance divine et l'immanence (Ex33,20+); Ex19,21; Gn3é,31 tout en rétablissant concrètement la proximité salutaire dans l'incarnation du Verbe fait chair.

     

    Il y a un tel abîme entre la sainteté de Dieu et l'indignité de l'homme, voir Lv17,1+, que l'homme devrait mourir de voir Dieu, Ex19,21; Lv16,2; Nb4,20, cf.6,25+, ou seulement de l'entendre, Ex20,19; Dt5,24-26; cf.18,16. C'est pour cela que Moïse, Ex 3,6, Élie 1R19,13, et même les Séraphins, Is 6,2, se voilent la face devant Yahvé. De rester en vie après avoir vu Dieu, on éprouve un étonnement reconnaissant, Gn32,31; Dt 5,24, ou une crainte religieuse, Jg6,22-23; 13,22; Is6,5. C'est une rare faveur que Dieu fait, Ex24,10-11, Dt5,4, particulièrement à Moïse, comme à son « ami », Ex33,11; Nb12,7-8; Dt34,10, et à Élie, 1R19,11s, qui seront témoins de la Transfiguration du Christ, cette théophanie du Nouveau-Testament, Mt17,3p, et resteront, dans la tradition chrétienne, comme les représentants éminents de la grande mystique (avec saint Paul, 2Co12,1s). Dans le Nouveau-Testament, la « gloire » de Dieu, Jn1,14+; 11,40; cf.2Co4,4,6, mais Jésus seul a contemplé Dieu son Père, Jn1,18; 6,46; 1Jn4,12. Pour les hommes, la vision face à face est réservée à la béatitude du ciel, Mt5,8; 1Jn3,2; 1Co13,12. La contemplation mystique de Dieu par l'âme privilégiée plonge celle-ci dans l'expérience intérieure de la nuée, du feu, de la gloire de Dieu Vivant dans son ascension transcendante au cœur de son immanence existentielle, anthropologique, sociétale et ecclésiale au quotidien, jour et nuit. (Ex13,22+). On rencontre, dans le Pentateuque, divers moyens de manifestation de la présence divine: la colonne de nuée et la colonne de feu (tradition yahviste); le « nuage obscur » et la nuée (peut-être tradition élohiste); enfin, associée à la nuée, la « gloire » de Yahvé, 24,16+, feu dévorant qui se meut comme Yahvé lui-même ( tradition sacerdotale), comp.19,16s+. Notions ou images dont a fait grand usage la théologie mystique.

     

    L'élévation mystique au sommet de la Transcendance dans l'intériorité et l'extériorité de l'immanence rend disponible l'âme privilégiée à l'écoute de la voix intelligible de Dieu pour se laisser consumer par la majesté et la gloire de Yahvé, cf Ex24,16+; par sa transcendance et la crainte religieuse qu'il inspire, cf. Jg5,4 s; P29; 68,8;77,18-19; 97,3-5; Ha3,3-15. L'ami de Dieu craint pour mieux contempler dans la prière sa transcendance majestueuse et glorifiante. Il se laisse consumer par le feu divin, par le tonnerre divin, par l'épaisse nuée divine contenus dans la puissance et le pouvoir sacramentaire de sa Parole, de ses promesses mais aussi dans ses signes, prodiges, œuvres, énigmes traversés par la révélation cosmique, historique et eschatologique. (Ex19,16-21).

     

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    Les dix paroles de vie ( le Décalogue ) Ex20,1-21; Dt5,6-21 constituent les limites à ne pas franchir par leurs transgressions pour être disposé à s’élever dans la prière, la méditation, la réflexion, les actes et la vie à transcendance en témoignant de la crainte du Seigneur, c.-à-d de Dieu. La vision directe de Dieu comporte pour l'homme un danger mortel. C'est le signe d'une faveur spéciale que d'en sortir vivant,cf. Ex33,20+; Gn32,31. Cette faveur spéciale donne la donne à Moïse pour lui parler face à face et lui convier à mettre par écrit les devoirs essentiels envers Dieu et envers le prochain que constitue le Décalogue (Ex20-.// Dt5,6-22; Ex34,10-27; Mt19,16-22+;Mt5. Dans l'état actuel du livre, le Décalogue ne s'enchaîne pas au récit qui l'encadre, 19,24-25 et 20,18-21, mais il semble qu'on le rapporte à l'ordre de parler au peuple, 19,25. Le Décalogue, les « dix Paroles » de Dt4,13; 10,4 (cf.Ex34,28), nous est conservé à deux places du Pentateuque, ici et en Dt5,6-21. Les indications de l'introduction ici (v.1), du contexte immédiat en Dt5, surtout vv.4 et 22, et de la conclusion de l'alliance en Ex24,3-8 permettent de dire que cette liste de commandements, en fait surtout des prohibitions, contient les « Paroles » de Yahvé. Le Décalogue signale au peuple les exigences de l'alliance et celui-ci s'engage, à mettre en pratique ses exigences, 24,3 et 7; cf.19,8. C'est pourquoi on parlera même d'un « livre de l'alliance », 24,4 et 7; cf.Dt5,2-3: « livre » parce que Moïse avait mis par écrit les « Paroles »; «  de l'alliance » parce que ses commandements sont les clauses de l'alliance entre Yahvé et Israël, 24,8.

     

    L'origine du Décalogue est une question disputée. Le texte actuel a derrière lui une longue histoire. Dt 5,6-21, avec le contexte immédiat, appartient à une des dernières rédactions du Deutéronome et certaines de ses formulations, surtout la motivation de sabbat,v.11, semblent appartenir à une rédaction sacerdotale, encore plus récente. Mais cela concerne les développements: explications et motivations. On peut penser qu'une liste de prohibitions ( « Honore ton père et ta mère » pouvait avoir eu une formulation négative, cf.Ex21,15,17; Dt27,16 et le sabbat est tardif dans le Décalogue) avec une introduction plus brève, « Je suis Yahvé ton Dieu depuis le pays d’Égypte » (cf. Os 12,10; 13,4), est plus ancienne, peut-être de tradition élohiste. Os4,2 serait probablement la première citation explicite d'une partie des prohibitions du Décalogue; une citation postérieure est celle de Jr7, surtout v.9. Dans l'état actuel de nos connaissances nous pouvons remonter à peu près jusqu'au VIIIe siècle et non pas jusqu'à Moïse. Le Décalogue couvre tout le champ de la vie religieuse et morale. Deux divisions des commandements ont été proposées:

    • a) vv 2-3; 4-6; 7;8-11;12;13;14;15;16;17;

    • b) vv 3-6; 7; 8-11;12;13;14;15;16;17a;17b.

    La première qui est celle des Pères grecs, a été conservée dans les Églises orthodoxes et réformées. Les Églises catholiques et luthérienne ont adopté la seconde, établie par saint Augustin d'après le Deutéronome. Le Décalogue est le cœur de la Loi mosaïque et il garde sa valeur dans la nouvelle Loi: le Christ en rappelle les commandements auxquels s'ajoutent, comme le sceau de la perfection, les conseils évangéliques, Mc10,7-21. La polémique de saint Paul contre la Loi, Rm et Ga, ne touche pas ces devoirs essentiels envers Dieu et envers le prochain. Moïse reçut les dix paroles de vie à Dieu face à face en les mettant par écrit pour le peuple sur le Mont Sinaï, l'Horeb. Cette expérience de rencontre avec Dieu face à face, réservée aux amis de Dieu (aux âmes mystiques) qui ont la rare faveur divine, fut réalisée et accomplie pleinement dans l'économie de la nouvelle alliance par la transfiguration du Christ. Celle-ci scelle l'apparition de Moïse et Élie, deux amis privilégiés de Dieu dans l'Ancien Testament qui parlent directement avec Dieu face à face et dont la lignée prophétique néotestamentaire est accordée à Pierre, Jacques et Jean. Le chiffre trois signe et symbolise ici l'éclairci du mystère de la Sainte Trinité dans la manifestation christologique provisoire de la gloire de Dieu en Jésus-Christ.(Mt17,1-13), qui lui-même suivra l'exemple de son prédécesseur, Jean-Baptiste. Celui-ci est le nouveau Élie, martyrisé, reconstituant avec Moïse et Élie le boucle inachevé de l'éclairci vétéro-testamentaire du Mystère de la Sainte Trinité dans la lignée des trois visiteurs abrahamique. Moïse, Élie et Jean-Baptiste ont le privilège divin d'être des

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    amis de Dieu qui parlent face à face avec lui et qui reconnaissent sa Transcendance dans l'immanence des cœurs, des consciences, de l'histoire et de la vie transfigurée. Que retenir de la vision mystique de l'expérience de la transfiguration du Christ sur une haute montagne ? (Mt17,1-13).// Mc9,2-8; Lc9,28-36; 2P1,16-18; Ex24,13-16. Selon la présentation de Mt, différente de celles de Mc 9,2+ et de Lc9,28+, Jésus transfiguré apparaît surtout comme le nouveau Moïse, cf.4,1+, rencontrant Dieu sur un nouveau Sinaï dans la nuée, v.5; Ex24,15-18, le visage lumineux, v.2;Ex34,29-35; cf 2 Co3,7-4,6, assisté des deux personnages de l'AT qui ont bénéficié de révélations sur le Sinaï, Ex19;33-34; 1R19,9-13, et qui personnifient la Loi et les Prophètes que Jésus vient accomplir, Mt5,17. La voix céleste ordonne de l'écouter comme le nouveau Moïse, Dt18,15; cf Ac3,20-26, et les disciples se prosternent en révérence du Maitre, cf. Mt28,17. Quand l'apparition se termine, il reste seul, « lui », v.8, car il suffit comme docteur de la Loi parfaite et définitive. Sa gloire n'est d'ailleurs que transitoire, car il est aussi le « Serviteur », V.5; Is42,1; cf.Mt3,16s+, qui doit souffrir et mourir, 16,21; 17,22-23, tout comme son Précurseur,vv.9-13, avant d'entrer définitivement dans la gloire par la Résurrection. Le Tabor, d'après l'opinion traditionnelle, certains pensent au grand Hermon, ou au Carmel, mais c'est surtout une montagne symbolique, un nouveau Sinaï, où s'opère une nouvelle révélation eschatologique. Ayant vu, le Messie déjà venu (Mt16,16) et dans sa gloire 17,1-7, les disciples s'étonnent qu’Élie n'ait pas joué le rôle de Précurseur que lui assignait Malachie. Il l'a joué, répond Jésus, mais en la personne de Jean-Baptiste, que l'on a pas reconnu. Voir Lc1,17+. Pour bien analyser les composantes du récit de la transfiguration il est recommandé d'analyser Ex24,13-16; Ex13,22+;Ex19,16+;Mt24,30+;Mt3,17;Mt12,8;Gn22,2 (LXX);Dt18,15,19;Is42,1;Dn10,9;Ha3,2 (LXX);Mc9,9-13; Mc1,34+;Mc8,20+;Si48,10;Mc3,23-24;Mt16,14+;1R19,2-10;1R16,21;1R17,22-23;1R20,17-19;1R11,10-14;Mt16,21;Mt17,22-23;Mt20,17-19;Mt11,10-14.

     

    Saint Paul est une figure du Nouveau-Testament qui est compté parmi les grands mystiques chrétiens, en ayant la rare faveur divine d'être l'ami de Dieu et de faire l'expérience de Dieu à travers sa conversion (2Co1é,1s-18). La conversion paulinienne est une expérience mystique de grande valeur dans la tradition chrétienne. Le missionnaire mystique n'exploite pas les gens auprès desquels il est envoyé pour profiter de leurs biens.(2Co12,17-18). Il se préoccupe davantage de leurs âmes et vit de façon autonome pour n'être à charge de personne. (2Co12,14). Il porte une attention particulière à l'épanouissement humaine et spirituelle de la famille chrétienne et humaine locale et planétaire dans laquelle parents et enfants assument pleinement leurs droits et leurs devoirs les uns vis-à-vis des autres et tous à l'égard et devant Dieu.(2c012,14b). Ironique, fourbe et rusé, Paul est le type du missionnaire mystique qui se sait moins aimé mais qui aime à fond les personnes, les chrétiens, les paroisses, les communautés, les Églises, auxquels il est envoyé et qui sont à sa charge comme un père et une mère aime ses enfants et espère avoir la même intensité d'amour à son égard de leur part sans se lasser à assumer et à traverser ses tracas en étant réaliste et pragmatique.(2Co12,15-16). Les grandes figures de la grande mystique chrétienne sont animées par l'esprit de fraternité, de collaboration, de coopération pour le salut des âmes, la construction du sens et la croissance en humanité et en spiritualité au niveau local et planétaire et non par l'esprit d'exploitation des personnes qui leurs sont confiées et de leurs biens (2Co12,17-18) encore moins des communautés et des Églises qui sont à leur charge.

     

    Les personnes qui ont la rare faveur divine d'être ou de devenir amis de Dieu sont des représentants éminents de la grande mystique chrétienne. Saint Paul en est un. Le mystique chrétien est habité dans son intériorité et dans son extériorité, càd dans ses actes pluriels mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains par le Christ dans le pain de sa parole, dans le pain eucharistique, dans les sacrements et dans les prières incessantes avec Dieu pour amplifier le rayonnement de ses exigences consistant à croire, à célébrer, à vivre et à témoigner de l’Évangile. La simplicité et l'humilité sont des attitudes prophétiques et mystiques du visionnaire ouvert dans son humanité, son immanence à la transcendance, aux révélations du Seigneur.

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    La vision ravissante de l'âme mystique est une expérience spirituelle vécue en direct par le privilégié, ami de Dieu élevé par Dieu lui-même jusqu'au plus haut des Cieux, au troisième ciel dans un extase où l'existence corporelle toute entière est comme transfigurée et surélevée dans un au-delà spatial et temporel où l’intéressé perd totalement prise sur lui-même éblouit par le ravissement lumineux. Cet état d'éblouissement et de ravissement fait basculer le visionnaire ravi dans un état paradisiaque au summum de l'élévation spirituelle au plus haut des Cieux pour entendre l'ineffable des indicibles Paroles afin de les consumer dans le mystère du silence de la contemplation ravissante dans un état de complétude joyeusement silencieuse et secrète non indicible dans les actes pluriels du langage humain. (2Co12,1-4).//Ex33,20+. La consommation et le fait d'être consumé dans la vision ravissante permet à l'âme mystique chrétienne à la manière paulinienne de s'ouvrir à la glorification de Dieu et d'être émerveillé par et pour la surabondance de son amour miséricordieux. Celui-ci accueille la faiblesse humaine reconnue dans l'aveu du péché et dans l'aveu de l'immanence pour amplifier la joie de la confession, de la proclamation, de la célébration et du témoignage de la transcendance . Celle-ci ouvre le chemin de l'expérience de conversion et de sainteté pour l'âme mystique qui s'abandonne totalement à elle par la médiation de la prière de louange, d'adoration, d'action de grâce, de contemplation, d'intercession, de supplication, de demande.(2Co12,4-5).

     

    L'âme mystique chrétienne est consciente de ses propres faiblesses, péchés qu'elle porte, apporte et confie à la miséricorde de Dieu, de Jésus-Christ, de Saint-Joseph, de Sainte Vierge Marie, des Apôtres, de tous les saints et de l'humanité par la médiation des visages concrets et de la sacramentalité pour mieux confesser, proclamer, célébrer, témoigner et vivre la vérité de l'homme crée à l'image et à la ressemblance de Dieu, c'est-à-dire pécheur, aimé et sauvé par Dieu dans la communion ecclésiale et sociétale locale et planétaire.(2Co12,6-7). L'âme mystique chrétienne est une âme qui s'en remet totalement au ministère divin de guérison dans une attitude non orgueilleuse mais simple, humble, honnête, reconnaissante de ses péchés, de ses fragilités, de ses vulnérabilités et animée par une confiance inébranlable et exclusive en Dieu mais aussi dans la puissance de sa miséricorde. Fort de cette conviction et dans son expérience mystique de vision ravissante au troisième ciel, saint Paul a dit: « Et pour que l'excellence même de ces révélations ne m’enorgueillisse pas, il m'a été mis une écharde en la chair, un ange de Satan chargé de me souffleter-pour que je ne m’enorgueillisse pas «  (2Co12,7). Une écharde en la chair ? Peut-être une maladie à accès sévères et imprévisibles; peut-être la résistance d'Israël, les frères de Paul selon la chair, à la foi chrétienne. Il y a des résistances encore aujourd'hui à l'accueil de la foi chrétienne, il faut l'accepter. Une âme mystique chrétienne a du cœur et ressent sincèrement de la tristesse et de la douleur pour ceux et celles qui rejettent le salut apporté par le Christ particulièrement les héritiers des promesses abrahamiques. (Rm9,2)

     

    Le souci de toutes les Églises est l'obsession majeure d'une âme mystique chrétienne à la manière paulinienne (2Co11,28). La seule arme que le ministre consacré, l'âme mystique, apostolique et chrétienne a pour mieux traverser les résistances auxquelles il est confronté dans la confession, la célébration, le témoignage et la vie de l’Évangile c'est de prier incessamment pour les membres des communautés qui lui sont confiées et pour l’Église universelle qui traverse des résistances au nom du Christ au niveau local, culturel, sociétal, civilisationnel, ecclésial et planétaire. Le ministre de Dieu est un véritable ami de Dieu. Il se met exclusivement par la force et la grâce de Dieu à son service et à celui des hommes, de l'humanité toute entière et de la création.(2Co12,8-9).//Mt26,39,42,44. A Gethsémanie, Jésus pria trois fois son Père devant la tristesse et l'angoisse de la mort imminente. Gethsémanie? Le nom signifie « pressoir à huile ». Lieu situé dans la vallée du Cédron, au pied du mont des Oliviers. Une âme mystique chrétienne traverse la tristesse, la douleur, la désarticulation, le doute, le trouble et l'abîme causé par la tentation diabolique, en comptant exclusivement sur Dieu qui ne peux jamais céder au diable.(Mt4,7). Elle est convaincue que dans sa lutte contre la tentation, la négativité, les forces obscures du mal radical,

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    Dieu prend l'initiative de prier pour lui pour qu'il découvre en lui-même la grâce puissante de son relèvement et de la confiance exclusive en Christ, en Dieu (2Co12,9).// Dt6,16. «  Il donne la force à celui qui est fatigué, à celui qui est sans vigueur il prodigue le réconfort »(Is40,29). L'endurance est requise pour marcher à la suite du Christ, sur les pas du Christ. Cette endurance est une grâce particulière joyeuse et lumineuse accordée par le Christ à une âme mystique chrétienne, amie du Christ pour traverser avec lui, par lui, comme lui, en lui et pour lui les expériences personnelles, familiales, ecclésiales, sociétales, entrepreneuriales, privées, publiques, locales et planétaires de fragilité, d'outrage, de détresse, de péchés, de persécution, d'angoisse, de guerre, de déni de l'égale dignité humaine, de racisme, de dictature, d'injustice, de cruauté, d'horreur, des massacres des innocents, d'exploitation, de terrorisme (2Co12,10). Les épreuves que Dieu envoie à ses amis dans l'exercice de leur ministère au service de Dieu et des hommes invitent les âmes de Dieu à redoubler de vigilance et de confiance en l'homme, dans la société, dans le monde et dans l’Église pour accélérer le ministère de relèvement, de fierté, d'enthousiasme, de guérison, de consolation, de comblement et de surabondance de joie dans la traversée privée, familiale, publique, ecclésiale, entrepreneuriale, étatique du doute, de trouble, d'abîme, des tribulations au niveau local et planétaire (2Co7,4). L'âme mystique chrétienne souffre pour l’Évangile et pour l’Église dans l'exercice de son ministère ecclésial et apostolique. Elle est paradoxalement une âme joyeuse qui communie et participe secrètement en direct aux souffrances du Christ et à la crucifixion contemporaine du Christ dans les cœurs, les âmes, la vie et le monde dans sa manière de vivre et de souffrir par et pour l'annonce de l’Évangile et pour l’Église.(Col 1,24).

     

    Le disciple du Christ prend en main son propre itinéraire ministériel, ecclésial et apostolique pour l'amener à terme avec persévérance et docilité. Il contemple la vie, la croix et la résurrection du Christ pour avoir comme le Christ les mêmes actes mentaux, les mêmes actes du langage, les mêmes gestes corporels, les mêmes regards, perceptions, représentations, les mêmes attitudes, conduites, comportements, les mêmes manières d'être, de vivre, de penser, de parler, d'agir, de souffrir , de relèvement, le même savoir, savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir pour l'annonce de l’Évangile et pour l’Église.(2Co7,4;12,10;2,1;Rm8,17-18;2Co4,8-10;Ph3,10;1,18). La constance de la foi patriarcale, apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, ministérielle et chrétienne produit des signes, des prodiges, des miracles, des énigmes, des visions, des songes, des rêves et des actes pluriels d'autonomie désarticulatrice même aux yeux des « archiapôtres »contemporains. Elle donne lieu à la conversion personnelle et ecclésiale réelle, profonde au service de l’Évangile et de l’Église (2Co12,10-13). La construction du corps du Christ exige la construction du sens de l'unité et la croissance en unité dans la communion et le respect des diversités pour suivre la mission confiée par le Christ-Tête de l’Église à ses apôtres et à leurs successeurs en aspirant personnellement et collectivement ou ecclésialement au devenir de l'homme parfait, à la sainteté. Le Christ est le centre de la vie apostolique, ecclésiale et chrétienne qui donne la force, la grâce et la liberté d'espérer, d'aimer, de croire, de célébrer, de vivre et de témoigner de l’Évangile au quotidien, dans la famille, la paroisse, l'entreprise, l’Église, la société et le monde.

     

    Fort de cette conviction de foi, saint Paul peut confesser: « Je puis tout en Celui qui me rend fort » (Ph4,13); 2C12,9-10;Col1,29. Le ministre ordonné et les chrétiens demeurent constants dans la foi pour ouvrir leurs cœurs au Christ qui agit en en eux de manière puissante et énergétique pour mieux les accompagner à travers des expériences de doute, de trouble, d'abîme, des péchés, des fragilités, des faiblesses et des fatigues dans l'annonce, la célébration, la vie de l’Évangile, de la paroisse, de l’Église, de la société et du monde. (Col1,29).// Ph2,13;4,13;2Th1,11. Le disciple du Christ est témoin de l'espérance dans ses actes pluriels mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains motivés par la foi et la charité pour cultiver l’Évangile au quotidien au niveau local et planétaire par la grâce de Dieu (Col1,5). L'âme mystique, apostolique, ministérielle et chrétienne est passionnée de travailler sérieusement, rigoureusement avec enthousiasme pour le rayonnement de l’Évangile, le salut des âmes, la construction du sens, du Royaume de Dieu et la

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    croissance en humanité et en spiritualité. Elle travaille pour la paix intérieure et extérieure dans toutes les dimensions de l'existence privée, familiale, sociétale, ecclésiale, entrepreneuriale, publique, locale, régionale, communautaire, nationale, internationale, supra-national et planétaire par la grâce de Dieu en se laissant elle-même transformée et convertie en permanence par la surabondance de la grâce divine (1Co15,10). L'orgueil chrétien, ecclésial, ministériel et apostolique devrait consister et conduire pour saint Paul, à l’émerveillement dans la simplicité et l'humilité issue de la contemplation du travail de l'Esprit-Saint et de la grâce divine surabondante dans la fragilité, la pauvreté anthropologique, existentielle et ecclésiale du serviteur de l’Évangile, de l’Église, de la société, du monde et de l'homme, de l'humanité et de la création toute entière.(1Co2,4-5).//2Co12,12, Ac1,8+. La prédication de Paul (voir 1Co1,5 et 2Co12,12; 1C2,4-5) est accompagnée des effusions d'Esprit et des miracles. Les discours de la sagesse humaine sont persuasifs par eux-mêmes (1Co2,4). Ils entraînent chez les auditeurs une adhésion purement humaine (1Co2,5). C'est ce que Paul refuse. Sa parole est bien une démonstration (v.4), car elle manifeste l'action de l'Esprit; mais elle demande une adhésion d'un autre ordre: celui de l'Esprit. Une personne généreuse, bonne a un grand cœur. Sa foi est forte et constante lorsque celle-ci illumine son cœur, son intelligence, sa sagesse, sa lucidité critique, sa liberté, sa volonté, ses émotions, son affectivité, ses sentiments, ses passions, son cerveau. Sa conscience est éclairée lorsque sa foi forte et constante amplifie la luminosité de ses actes pluriels mentaux, de ses actes du langage, de ses gestes corporels, de ses actes humains, de ses regards, de ses perceptions, de ses représentations, de ses attitudes, de ses conduites, de ses comportements, de ses savoirs, de ses savoirs-faire, de ses savoirs-être, de ses savoirs-devenir, de ses manières d'être, de penser, de parler, d'agir, de rêver, de s'émouvoir, de souffrir, de jouir et de jubiler pour la construction réelle de la fraternité spirituelle locale et planétaire à la suite du Christ. (1Th1,5; Ps51,12; 1Co4,4+.

     

    La miséricorde divine est une grâce surabondante particulière, personnelle, ecclésiale, sociétale, locale et planétairement évangélisatrice. Elle évangélise lorsqu'elle est intériorisée, reçue et témoignée de manière apostolique, ecclésiale, ministérielle et chrétienne au niveau personnel, familial, ecclésial, sociétal, entrepreneuriale, dans les dimensions de la foi, de la célébration et de la vie. Dans ce contexte le ministère de guérison de cœur, d'âme, d'esprit, de la raison et du cerveau par la médiation du sacrement de réconciliation est source de louange, de contemplation, d'adoration, de supplication, de demande, d'action de grâce, d'exultation et de jubilation charismatique évangélisatrice et missionnaire en tout lieu, en tout temps, et en toute circonstance au niveau local et planétaire (Rm15,9).// Ex34,6; Ps 18,50. En accueillant les païens, le Christ a procuré la gloire de Dieu. Mais en se limitant durant sa vie mortelle à l'évangélisation d'Israël, cf.Mt15,24, il a surtout témoigné de la fidélité de Dieu à ses promesses, laissant pour ainsi dire aux païens convertis d'être autant de témoignages vivants de la miséricorde divine. A leur tour, qu'ils soient miséricordieux pour leurs frères, cf.12,1. La créativité apostolique, patristique, conciliaire, ecclésiale, ministérielle, chrétienne, missionnaire et évangélisatrice ouvre des nouvelles opportunités pastorales pour l'annonce de l’Évangile, la célébration et le témoignage dans des lieux jamais atteints, périphériques ou à réevangéliser, à redynamiser, à enthousiasmer pour la construction du sens, la croissance en humanité et en spiritualité par la médiation du service joyeux de l’Évangile et de l’Église dans la société contemporaine (Rm15,19-21).//Rm1,5+; 2Co12,12+; Ac1,8+; Col1,25; 2Co1O,15-16; 1Co3,10s; Is52,15.

     

    En partant de Jérusalem jusqu'à l'Illyrie pour enflammer le rayonnement évangélique aux païens, aux non-juifs, la mission évangélisatrice paulinienne en dehors de Jérusalem témoigne des signes, prodiges, miracles de l'Esprit de Dieu et de l'accomplissement des ses promesses prophétiques isaïques au niveau planétaire. «  De même des multitudes de nations seront dans la stupéfaction, devant lui des rois resteront bouche close, pour avoir vu ce qui ne leur avait pas été raconté, pour avoir appris ce qu'ils n'avaient pas entendu dire »(Is 52,15). Cette foi dans la promesse divine faite par Dieu à travers le prophète Isaïe trouve l'urgence de son accomplissement en direct dans la foi au

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    Christ Ressuscité et à sa promesse faite à ses apôtres et disciples lors de l'Ascension. «Mais vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit-Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac1,8+).// Lc24,47-48. Les Apôtres ont pour mission essentielle de rendre témoignage de la résurrection de Jésus, Lc24,48; Ac2,32; 3,15;4,33;5,32;13,31;22,15, et même de toute sa vie publique, Lc1,2; Jn15,27; Ac1,22;10,39s. Cf. Rm1,1+. La mission des apôtres s'étend à l'univers, Is 45,14+. Les étapes ici marquées dessinent en gros le schéma géographique des Actes: Jérusalem, qui était le point d'arrivée de l'évangile, est maintenant le point de départ;cf.Lc2,38+. L'apôtre missionnaire est autonome car il travaille pour subvenir à ses propres besoins (Ac18,3+). Dans la communauté de Corinthe, Paul a travaillé pour fabriquer de tentes comme tout le monde. Bien qu'il reconnaisse le droit des missionnaires à leur subsistance, 1Co9,6-14; Ga6,6, 2Th3,9;cf.Lc10,7, Paul a toujours tenu à travailler de ses mains, 1Co4,12, pour n'être à charge à personne. 1Th2,9; 2Th3,8; 2Co12,13s, et prouver son désintéressement Ac20,33s; 1Co9,15-18; 2Co11,7-12. Il n'a accepté de secours que des Philippiens, Ph4,10-19; 2Co11,8s, cf. Ac16,15+. A ses fidèles il recommande de même de travailler pour subvenir à leurs besoins, 1Th4,11s; 2Th3,10-12, et à ceux des indigents, Ac20,35; Ep4,28. Dieu choisit ses apôtres parmi les membres de la communauté, càd des prophètes (Ac11,27+), des prêtres, des rois, des docteurs par la médiation du rite d'imposition de main au cours d'une célébration liturgique ponctuée par le jeûne, la prière, l'invocation à l'Esprit-Saint et l'imposition des mains par les apôtres qui donnent mandats au nom du Christ (1Tm4,14+); Ac6,6, ou par l'imposition des mains de la communauté (Ac13,1) qui recommande à la grâce de Dieu les nouveaux missionnaires, choisis (Ac13,2) et envoyés (Ac13,4) par l'Esprit-Saint.

     

    Sur les prophètes, voir Ac 11,27+. Le charisme propre du docteur, ou didascale, le rend apte à donner à ses frères un enseignement moral et doctrinal, normalement fondé sur l’Écriture, cf. 1Co12-14+(chap.12-chap14). Les cinq prophètes et docteurs énumérés représentent le gouvernement de l’Église d'Antioche; comp. La liste des Douze, 1,13, et celle des Sept6,5. Comme ces derniers, il semble que les cinq d'Antioche (Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaën, ami d'enfance d'Hérode le tétrarque, et Saul) soient des Juifs hellénistes. Les prières communes des chrétiens sont assimilés au culte sacrificiel de l'ancienne Loi, cf Rm1,9+. L'Esprit Saint est donné aux élus, amis de Dieu et aux disciples du Christ par l'imposition des mains des apôtres et de leurs successeurs au cours d'une célébration eucharistique où ils sont mandatés, envoyés en mission et assument un ministère particulier dans l’Église. L'Esprit-Saint est par excellence le Do de Dieu, cf A2,38; 10,45; 11,17; Lc11,9,3. Il ne s'achète pas à coup d'argent ou de corruption financière.(Ac8,18-22). L'Esprit-Saint est la promesse divine eschatologique planétaire de la Nouvelle Alliance mettant en route, en marche et en activité des chrétiens prophétiques, visionnaires, rêveurs, idéalistes, pragmatiques, réalisant le contact divin par des songes divines, éveillés et nocturnes pour permettre à Dieu de réaliser à travers eux de manière pragmatique des prodiges, des signes, des changements salutaires, salvifiques par la seule force, grâce et puissance d'invocation du Nom du Seigneur. (Ac2,17-21).


    L’esprit-saint est la puissance de conversion intérieure et extérieure des personnes injustes, perverses, cupides, malicieuses, envieuses, meurtrières, disputeures, fourbes, malignes, diffamatrices, détractrices, insulteuses, orgueilleuses, anfarones, ingénieuses au mal, rebelles à leurs parents, insensées, déloyales, sans coeur, sans pitié et qui haissent Dieu et que celui-ci haît pour les inciter à se convertir de manière radicale et obtenir le salut. (Rm1,28-32). Paul s'inspire, ici et souvent ailleurs, de listes de vices qui circulaient dans la littérature contemporaine, païenne et surtout juive: 13,13; 1Co5,10-11; 6,9-10; 2Co12,20; Ga5,19-21; Ep4,31; 5,3-5; Col3,5-8; 1Tm1,9-10; 6,4; 2Tm3,2-5; Tt3,3. cf. Encore Mt15,19p; 1P4,3; Ap21,8;22,15. L'humanité apprendra réellement à prier et à adorer Dieu de manière obligatoire le jour où elle aura conscience et féra connaissance d'un Dieu unique et personnel. Ce qui est dit de l'humanité est aussi réel pour le chrétien, le ministre de Dieu et de l’Église. Selon Saint Paul, l'Esprit-Saint porte un jugement de foi

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    sur l'usage du préservatif dans les rapports entre homme et femme. Ce jugement le voici: l'usage de préservatif est contre nature et porte atteinte aux rapports naturels (R1,26). L'homosexualité et l'état de lesbienne demeurent une infamie et un égarement au regard du jugement de foi porté par l'Esprit-Saint et éclairé par la foi selon saint Paul (R1,27). L’esprit-saint demeure un pouvoir, une force, une puissance et une grâce de conversion de tous les vices, de l'usage de préservatif, de l'homosexualité et de l'état de lesbienne. Cette conversion profonde touche au dépassement et à la libération de l'idéologie, de l'idole, du mensonge d'adorer, de servir et de préférer la créature au détriment du Créateur en prenant sa place pour la construction du sens, des valeurs, des repères, des normes et la croissance en dignité, en liberté, en humanité et en spiritualité. Cette nourriture que Saint Paul donne à boire est considérée comme du lait donné à un tout petit enfant et non une nourriture solide réservée aux spirituels portés au discernement moral entre le bien et le mal (1Co3,1-3; He5,12-14; 1P2,2), enracinée dans les oracles de Dieu, la Sainte Écriture, cf. 2Tm3,16, ou la doctrine toute entière. Vivre de l'Esprit Saint c'est agir pour amplifier la charité, la paix, la longanimité, la serviabilité, la bonté, la confiance dans les autres, la douceur, la maitrise de soi pour correspondre au Christ, lui appartenir et marcher à sa suite. (Ga5,22-24). Témoigner de l'Esprit-Saint c'est aussi agir pour résister, lutter, éviter, rejeter la fornication, l'impureté, la débauche, l’idolâtrie, la magie, les haines, la discorde, la jalousie, les emportements, les disputes, les dissensions, les scissions, les sentiments d'envie, les orgies, les ripailles, l'orgueil, la vaine gloire, la provocation et l'envie.(Ga5,19-21,26). Le disciple de Jésus-Christ qui vit sa foi, sa célébration et son témoignage dans l'Esprit-Saint manifeste la gloire de Dieu en Jésus-Christ. Il vit dans la constance et la foi (2Th1,4), la foi et l'amour (1Th3,6; 2Th1,3; Phm5), la charité et la constance (2Th3,5.cf.2Co13,13), la foi, l'espérance et la charité (1Co13,13). // 1Th1,3; 1Th5,8; 1Co13,7,13; Ga5,5s; Rm5,1-5;12,6-12; Col1,4-5;Ep1,15-18;4,2-5;1Tm6,11;Tt2,2.cf.He6,10-12;10,22-24;1P1,3-9,21.s.

     

    C'est une rare faveur divine d'être ami de Dieu, de contempler sa gloire et de la rayonner dans sa vie de foi, d'espérance et de charité par des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains. Ce rayonnement patriarcal, prophétique, apostolique, ecclésial, ministériel et chrétien de la gloire de Dieu est témoigné également dans les regards, les perceptions, les représentations, les attitudes, les conduites, les comportements, les manières de vivre, de penser, de parler, d'agir, de s’émouvoir, de s’émerveiller, de souffrir, de jouir et de jubiler. Il peut être vécu aussi à travers les médiations des savoirs, des savoirs-faire, des savoirs-être et des savoirs-devenir dans le compagnonnage de la nuée lumineuse et de la voix divine intérieure appelant l'appelé au service de Dieu et des hommes, de l'humanité et de la Création toute entière. «  La nuée couvrit la montagne. La gloire de Yahvé s'établit sur le mont Sinaï, et la nuée le couvrit pendant six jours. Le septième jour, Yahvé appela Moïse du milieu de la nuée ».(Ex24,16).//Ex19,9. La « gloire de Yahvé » est dans la tradition sacerdotale, 13,22+, la manifestation de la présence divine. C'est un feu, bien distingué, ici et 40,34-35, de la nuée qui l'accompagne et l'enveloppe. Ces traits sont empruntés aux grandes théophanies qui se déroulent dans le cadre d'un orage, 19,16+, mais ils se chargent d'un sens supérieur: cette lumière éclatante, dont le reflet irradiera la face de moïse, 34,29, exprime la majesté inaccessible et redoutable de Dieu, et elle peut paraître en dehors d'un orage, 33,22. Elle emplit la Tente nouvellement dressée, 40,34-35, comme elle prendra possession du Temple de Salomon, 1R8,10-11. Ézéchiel la voit quitter Jérusalem à la veille de sa destruction, Ez9,3;1O,4,18-19; 11,22-23, et revenir dans le nouveau sanctuaire, Ez43,1s, mais cette « gloire » est pour lui une lumineuse apparence humaine, Ez1,26-28. Dans d'autres textes, spécialement dans les Psaumes, la gloire de Yahvé exprime seulement la majesté de Dieu ou l'honneur qu'on lui doit, souvent avec une nuance eschatologique; ou encore, Ex15,7, sa puissance miraculeuse, cf. La « gloire » de Jésus, Jn2,11;11,40.

     

    Lorsqu'on entre dans une prière d'adoration, de contemplation et de louange et qu'on s'y installe dans le silence pendant sept jour dans la sphère de la spiritualité, l'on peut faire l'expérience

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    spirituelle d'une élévation dans les sphères de la transcendance. Par une grâce spéciale on peut aussi être surpris dans la contemplation et l'adoration, voir dans la louange à entrer dans une vision béatifiante où la flamme dévorante consume l'âme mystique qui ouvre son intériorité à une voix indicible qui l'appelle, murmure, lui donne une mission spécifique au service de la famille, de la paroisse, de la communauté, de l’Église, de la société, des peuples, des cultures, des civilisations et de l'humanité. Cette expérience d'une communication en direct au sommet de l'inaccessible et redoutable transcendance peut durer jour et nuit pendant quarante jours. (Ex24,17-18). «  Moïse entra dans la nuée et monta sur la montagne. Et Moïse demeura sur la montagne quarante jours et quarante nuits « (Ex24,18). Comparer les quarante jours du voyage d’Élie vers le Sinaï, 1R19,8 et les quarante jours du Christ au désert, Mt4,2p. L'expérience de la gloire de Dieu vécue par Moïse et Élie trouve sa totale complétude dans l'incarnation pour enflammer l'histoire du salut, de l'humanité et de la Création toute entière par la médiation plurielle de la contemplation et des actes d'action, d'engagement et d'agir véridique, authentique, cohérent à la suite du Christ. (Jn1,14).// Is40,5; Jn17,5+; 1Jn1,1-3. Des tels actes pluriels sont des signes, des prodiges, des miracles, des énigmes, de présence de Dieu, notamment sur le visage lumineux et rayonnant. Cf 1Jn4,2; 2Jn7; Rm1,3. -La « chair » désigne l'humanité dans sa condition de faiblesse et de mortalité, Gn6,3; Ps56,5; Is40,6-8; Jn3,6; 17,2. En revêtant notre humanité, le Verbe de Dieu en a assumé toutes les faiblesses, y compris la mort, Ph2,6-8. «  Il a campé parmi nous ». Verbe grec eskénôsen, cf. Skènè, « tente ». Allusion à la Tente « mishakân » qui, lors de l'Exode, symbolisait la présence de Dieu, Ex26,1+, présence rendue manifeste par l'irruption de la gloire de Dieu en elle lors de son inauguration, Ex40,34-35. Le Verbe, Unique-Engendré du Père, en qui réside le Nom redoutable « Je suis », Ex 4,14-15; Jn8,24+, resplendissant de cette gloire qu'il tient du Père, réalise dans l'Alliance nouvelle cette présence divine qui doit assurer le salut du peuple de Dieu, Ex34,9. Il est vraiment l'Emmanuel, « Dieu avec nous », annoncé par Is7,14; Mt1,23.

     

    La gloire était le gage de la présence de Dieu, Ex24,16+. Il était impossible de la voir en elle-même, Ex33,20+, mais elle se manifestait grâce aux prodiges accomplis par Dieu en faveur de son peuple. Ex15,7; 16,7. Il en sera de même du Verbe incarné dont les « signes » manifestent la gloire, 2,11+; 11,40, en attendant le « signe » par excellence de la Résurrection, 2, 18-19; 17,5. De même aussi que la gloire de Dieu se reflétait sur le visage de Moïse après la théophanie du Sinaï, Ex34,29,35, ainsi le visage du Christ resplendit lors de la Transfiguration (analogue à la théophanie du Sinaï;cf.Mt17,1+) et ses disciples ont pu ainsi voir le reflet de sa gloire. Lc9,32;2P1,16-18. « Plein de grâce et de vérité ». La formule correspond à celle de Ex34,6+: « riche en grâce et en fidélité », dans la définition que Dieu donne de lui-même à Moïse. Au régime de la Loi succède celui de l'amour indéfectible de Dieu, qui se manifeste dans le Christ, 1,17. Jésus-Christ riche en gloire, en fidélité et en amour est l'exégèse du Père. « Jésus lui dit: Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi » (Jn14,6). He10,19-20. Ces trois titres sont dits du Christ en référence aux biens que nous obtenons grâce à lui. Parce qu'il nous enseigne la vérité concernant notre vie morale, il est la Vérité, 8,32+. Parce qu'il nous enseigne comment marcher sur la route qui mène au Père 8,12;11,9-10;12,35, nous donnant lui-même l'exemple, 1Jn2,6; Jn13,15, il est le Chemin. Parce que, en suivant ce chemin, nous obtiendrons la vie, 12,50, il est la Vie. Ceux et celles qui prennent leur ventre pour leur Dieu c’est-à-dire les plaisirs, les désirs, les besoins de la chair, la culture de consommation, de surconsommation, le matérialisme exacerbé ont du mal à laisser briller dans leurs propres vies, dans leurs familles, dans leurs lieux privés et publics, dans leurs paroisses, dans leurs activités l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu. Ils ont tendance à l'incroyance, à l'incrédulité, à la moquerie, à l'humiliation, au syncrétisme, aux persécutions, au rejet de la foi chrétienne, à la banalisation de celle-ci, à la sécularisation, à l'athéisme matérialiste et consommatrice, voir consumériste intra et extra ecclésial.(2Co4,4,6).// 2Th2,10; Rm8,29+.

     

    « Car ce n'est pas nous que nous prêchons mais le Christ Jésus, Seigneur; nous ne sommes,

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    nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus » (2Co4,5). « En effet le Dieu qui a dit: Que des ténèbres resplendisse la lumière est celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ » (2Co4,6).// Gn1,3; Jos9,2; Jb37,15; Jn8,12+; Ep1,18;Rm3,23+;He1,3. Quand Dieu frappe à la porte de nos cœurs pour le laisser entre et l'entendre, il allume un feu intérieur qui brille en nous et qui nous pousse à contempler le Crucifié et le Ressuscité pour le suivre et parler de lui au monde. A cet instant là nous prenons conscience de notre propre immense fragilité et de nos déficiences personnelles, de nos péchés, de nos hésitations, de nos peurs, de nos révoltes pour lui confier tout cela dans une totale confiance. C'est dans une profonde humilité doublée de simplicité et de gratitude à l'appel de Dieu sans aucun mérite de notre part que nous nous mettons à confesser la toute puissance divine d'amour, sa surabondance et sa transcendance (2Co4,7). Nous comprenons à cet instant prédis ces paroles de saint Paul: « Nous sommes aux prises, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; harcelés, mais non abandonnés; terrassés, mais non vaincus » (2Co4,8-9). Telle est la réalité de notre ministère apostolique, sacerdotal et ecclésial en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance. Pour trouver une telle grâce particulière, nous sommes appelés à suivre Jésus car lui seul a contemplé Dieu son Père. La prière de contemplation ou d'adoration est la porte d'entrée et de sortie au témoignage d'une mystique d'action contemplée, contemplative, nourrie par la contemplation christologique. Le Fils Unique-Engendré est l'exégèse du Père (Jn1,18).// Ex33,20+; Si43,31; Jn6,46; 1Jn4,12; Jn3,11+; Jn17,6+; Jn7,29.

     

    Dans la Bible, l'expression « fils de Dieu » n'avait pas un sens transcendant et pouvait désigner: soit des membres du peuple de Dieu, Os2,1, soit son roi, Ps2,7; 2sm7,14, soit le juste persécuté qui attend le secours de Dieu, Sg2,16-18; Mt4,3+. Jean l'admet aussi, 10,32-36, et c'est pourquoi il adopte l'expression « Unique-Engendré »,1,14,18;3,16,18;1Jn4,9, qui n'offre aucune équivoque,cf.Pr8,24;-var.: « un Dieu Unique-Engendré ». La vision béatifiante du Ciel est l'objet de l'espérance humaine. Dans l'expérience spirituelle de la prière, se voiler la face comme Moïse, Élie et les Séraphins (Is6,2) est une manière concrète de confesser la sainteté de Dieu devant l'indignité de l'homme pécheur dans sa traversée du doute, du trouble et de l'abîme. C'est une manière de rester émerveillé, étonné et reconnaissant devant la transcendance de Dieu car on ne peut voir Dieu sans mourir. Les témoins de la transfiguration du Christ (Mt17,3p) font une expérience spirituelle emprunte d'une rare faveur divine à l'exemple de Moïse et d’Élie pour contempler dans la prière christologique transformatrice de son visage lumineux, la gloire de Dieu, le prélude de sa résurrection lumineuse après la traversée de sa passion, de sa crucifixion, de sa mort et de son ensevelissement. L'adoration et la contemplation de Dieu dans la prière met l'adorant et le priant dans une situation d'extrême humilité confiante en face de la transcendance qui lui révèle la rare faveur divine de la prévenance du don en dehors de tout mérite humain (Si43,31).

     

    Dieu seul est responsable de la grâce sanctifiante, béatifiante qui pacifie, convertit et libère le cœur humain et le rend ouvert et accueillant à la glorification pour le devenir de l'homme vivant qui marche sur la voie de la sagesse et de piété et se consume dans les plus grands mystères divins (Si43,32-33), par la force et la grâce de l'Esprit-Saint. Le Christ appelle le disciple devenu son vrai ami à la suivre dans la connaissance, l'amour et la contemplation du Père par la médiation d'une expérience spirituelle rare ouverte à la vision béatifiante du Père (Jn6,46) magnifiée par des actes pluriels lumineux de portée planétaire au service de la Création toute entière et de la construction du Royaume de Dieu. Ces actes pluriels témoignent de la profusion de l'amour fraternel, ecclésial et sociétal consumé dans la contemplation et qui contribuent à la construction du sens, du vivre ensemble, à la croissance en humanité et en spiritualité en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance au niveau local, familial, entrepreneurial, financier, privé, public, marchand, non marchand, social, économique, politique, culturel, religieux, régional, communautaire, national, supra-national, international, mondial et planétaire pour la promotion du bien commun temporel et spirituel (1Jn4,12). Ijn 4,12 est une pointe polémique contre les « spirituels » qui se flattaient

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    d'atteindre Dieu par une intuition directe, cf. Jn1,18;3,13;5,37;6,46. La communion, 1,3+, et la vision,3,2 sont liées à la charité. Le Verbe Incarné (Jn1,14,18) est la plénitude de la charité dans la communion et la vision du Royaume de Dieu, du Mystère de la Sainte Trinité, de la Nouvelle Alliance et qui révèle le Père dans sa vérité, sa parole et son attestation cosmique, historique et eschatologique, tout en invitant chaque personne à prendre position par rapport à lui en toute liberté et responsabilité.(Jn3,11). « J'ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as données et ils ont gardé ta parole » (Jn17,6).// Jn17,26; Ex3,13; Jn3,35+; Jn3,11+. Jésus, comme Moïse, Ex3,14-15, nous a révélé le Nom de Dieu qui est celui de « Père »,17,1+, impliquant un amour indéfectible 17,23,26; 3,14+. « Moi, je le connais, parce que je viens d’au près de lui et c'est lui qui m'a envoyé » (Jn17,29). Pour apprendre à prier le Père, le priant est appelé à contempler Jésus-Christ priant son Père et à se laisser remplir par la présence du Christ. Le Christ initie à entrer dans une relation d'amour indéfectible à l'égard de son Père par la médiation du pain de la parole et du pain de l'eucharistie mais aussi par l'entremise des autres sacrements, des énigmes, signes,,œuvres qui magnifient la révélation cosmique, historique et eschatologique et la construction ecclésiale et sociétale du Royaume de Dieu que terre au niveau local et planétaire. Connaissance et amour du Père passe par la connaissance et l'amour du Christ, mais aussi par la connaissance et l'amour du Saint-Esprit. Cette connaissance et cet amour Trinitaire contribuent à la connaissance et à l'amour de tout être humain, de toute personne crée à l'image et à la ressemblance de Dieu dans la construction du sens, la croissance en humanité et en spiritualité au niveau individuel, privé, familial, public, sociétal, entrepreneurial, ecclésial, local, marchand, non marchand, des indépendants, au niveau financier, banquier, boursier, politique, économique, culturel, religieux, environnemental, régional, communautaire, national; supra-national, international, mondial, planétaire.(Jn17,26).

     

    Le Dieu de l'histoire et notamment de l'histoire du salut (Ex3,13-15) est l’Éternel et le Créateur qui appelle et envoie en mission ses prophètes en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance pour contribuer à la construction du sens, à la croissance en humanité et en spiritualité et à la construction du Royaume de Dieu. Par la volonté du Père, tout est « en la main » en la puissance du Fils 3,35;10,28,29;13,3;17,2;cf.6,37-39;Mt11,27;28,18; c'est là le fondement de sa royauté, 12,13-15; 18,36-37, qu'il inaugurera au jour de son « exaltation » 12,32+; 19,19; Ac2,33;Ep4,8, tandis que le règne du Prince de ce monde prendra fin 12,31.//Jn3,35. La Résurrection du Christ inaugure les fondamentaux du Royaume de Dieu par la médiation de la Nouvelle Alliance. Celle-ci s'ouvre aux dimensions locales et planétaires de la construction du sens, de la croissance en humanité, en spiritualité, en temporalité, en ecclésialité , en sociabilité et en citoyenneté. Une telle ouverture plurielle requièrela médiation de la Pentecôte dans ses fondamentaux missiologiques du témoignage missionnaire pour l'annonce du KKérygme la célébration et la vie de ll’Évangile en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance au niveau planétaire.

    Mais avant d'entrer dans l'expérience spirituelle de la Pentecôte, l’Église primitive portée par l'expérience spirituelle de l'Ascension et au prise avec son premier défi majeur au regard de la volonté initiale christologique de la collégialité apostolique fondatrice constituée des douze apôtres est appelée à remplacer Judas Iscariote après sa pendaison ou son suicide. L'élection organisée pour ce remplacement par la médiation du mode du tirage au sort portera son dévolu sur Matthias.

     

    Le geste de tirer au sort parmi deux candidats pour choisir celui qui répond et correspond à la volonté de Dieu afin de remplacer Judas Iscariote rappel le momentum du dialogue face à face entre Moïse et Dieu, Yahvé dans la Tente du Rendez-vous loin du camp et le regard des peuples en prière, fascinés par la colonne de nuée qui descendait et se tenait à l'entrée de la Tente (Ex33,7) pour marquer la présence de Dieu parlant face à face avec Moïse. La Tente du désert que Moïse avait planté pour Lui, Yahvé et l'Arche était le sanctuaire de l'arche et Josué y était attaché d'après le v.11 (Ex34,34; Ex33,20+; Nb12,8; Dt34,10; Jn15,15; Jos11+. Quiconque avait à consulter Yahvé (sortait vers la Tente du Rendez-vous qui se trouvait hors du camp, c'est-à-dire quiconque aller demander

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    un oracle, par l'intermédiaire de Moïse qui dans la Tente, s'entretient seul avec Dieu; sur ce rôle de Moïse, cf. Déjà 18,15. Plus tard, on « consultera » Yahvé auprès d'un homme de Dieu ou d'un prophète, 1R14,5; 22,5,8; 2R3,11; 8,8, etc., ou bien par le moyen des sorts sacrés; cf. 1S2,28+; 14,41+. Dieu Yahvé se rend présent par la médiation de la prière d'invocation, de convocation et la médiation du geste, de l'acte collégial apostolique permettant de tirer au sort parmi les candidats présentés pour choisir lui-même le remplaçant de Judas Iscariot et pour le réinstaller dans l'unité, la communion et la collégialité apostolique de douze en faisant preuve d'une ouverture même à l’étranger pour le joindre et l'associer aux membres initiaux. (Is14,1). Yahvé suscite au bon moment le libérateur qui convient selon son cœur pour délivrer son peuple dans la lignée figurative de Cyrus, instrument de Yahvé (Is41), l'oint de Yahvé qui préfigure le Juste, le Messie, le Christ. Comme le Fils de l'homme est maître du sabbat, celui qui sera et est choisi pour remplace Judas Iscariot dans le collège apostolique des douze devra non seulement respecter les lois, la liturgie mais surtout croire, célébrer et vivre de la fraternité apostolique, ecclésiale et humaine réelle en ayant un profond respect pour la dignité de toute personne humaine et en devenant co-instrument de sa propre libération pour la construction du sens et la croissance en humanité et en spiritualité au niveau planétaire (Lc6,3-6).

     

    Être désigné par le sort était une coutume sacerdotale, une mode d’élection sacerdotale pour assumer les fonctions, les services et les ministères liés au sacerdoce, à la liturgie, à la célébration, aux prières, à la faculté de brûler l'encens dans le sanctuaire du Seigneur, comme par exemple l'a été et fait Jean-Baptiste (Lc1,9). Dieu regarde les âmes des fidèles qui se repentent, se convertissent devant lui dans la sincérité de leur cœur, pensées et actions pour correspondre à sa divine volonté.(Lc13,2-3). Jésus-Christ appelle à lui qui il veut et comme il veut pour l'instituer à son service. Le résultat de l'élection de Matthias par la médiation des frères apostoliques qui ouvrirent la collégialité pour la circonstance électorale aux témoins oculaires de Jésus-Christ depuis son baptême par Jean-Baptiste jusqu'à son ascension au ciel est l’œuvre réellement de Jésus-Christ lui-même. Il appelle, institue et envoi en mission les douze dans l'intelligence de son compagnonnage avec le pouvoir planétaire d'évangélisation, de relèvement et de libération des gens, des peuples, des familles, des individus, des sociétés, des civilisations, des personnes, des institutions. Une telle libération est faite par rapport à des pouvoirs ténébreux. Elle désarticule et déconstruit les puissances démoniaques, obscures, aveugles, ténébreuses, sataniques, diaboliques, dictatoriales. Elle contribue à promouvoir la construction du sens, la croissance en humanité et en spiritualité de chacun et de tous dans la liberté, l'égale dignité, la justice, la paix, le pardon, la réconciliation, la foi, la charité et l'espérance.(Mc3,14). Les nouveaux chefs du peuple élu doivent être au nombre de douze comme jadis les tribus d'Israël. Ce chiffre sera rétabli après la défection du Judas, Ac1,26, pour être conservé éternellement dans le ciel, Mt19,28p; Ac21,12-14+.

     

    Voici la reconstitution du collège apostolique des douze: (Mc3,16-19).

    1. Simon : Pierre (nom donné par Jésus-Christ).

    2. Jacques, le fils de Zébédée.

    3. Jean, le frère de Jacques: Boanergès (nom donné par Jésus-Christ), càd fils du tonnerre.

    4. André.

    5. Philippe.

    6. Barthélemy.

    7. Matthieu.

    8. Thomas.

    9. Jacques, fils d'Alphée.

    10. Thaddée.

    11. Simon le Zélé

    12. Matthias qui fut mis au nombre des douze apôtres (Ac1,26); qui a remplacé Judas Iscariot, celui-là même qui livra Jésus-Christ.

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      La Pentecôte: Ac 2. ( A suivre ).

      Source:- LA  BIBLE  DE  JERUSALEM.

      Hubert Adelain MAYITUKA  MANGANGULA. Desservant. Curé de la Paroisse St Lambert à ORBAIS. Doyenné de PERWEZ. Belgique.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • LA rentrée pastorale 2013-2014 à ORBAIS: caté, 2014-2015 et messes des familles.

    PAROISSE SAINT LAMBERT d'ORBAIS.

    1. Messes des familles.

    Dates des messes des familles en 2013-2014. Heure: 11h00.

    1. Dimanche 29 septembre 2013. Heure: 11h00.

    2. Dimanche 20 octobre 2013. Heure: 11h00.

    3. Dimanche 10 novembre 2013. Heure: 11h00.

    4. Dimanche 24 novembre 2013. Heure: 11h00.

    5. Dimanche 8 décembre 2013. Heure: 11h00.

    6. Dimanche 22 décembre 2013 Heure: 11h00.

    7. Mardi 24 Décembre 2013: 18h00: Messe de NOËL.

    8. Dimanche 19 janvier 2014. Heure: 11h00.

    9. Dimanche 2 février 2014 Heure: 11h00.

    10. Dimanche 16 février 2014 Heure: 11h00.

    11. Dimanche 9 mars 2014 Heure: 11h00.

    12. Dimanche 23 mars 2014 Heure: 11h00.

    13. Dimanche 6 avril 2014 Heure: 11h00.

    14. Jeudi saint 17 avril 2014 Heure: 19h00.

    15. Dimanche 20 avril 2014: PÂQUES. Heure 11h00.

    16. Dimanche 27 avril 2014 Heure: 11h00.

    17. Dimanche 11 mai 2014 Heure: 11h00.

    18. Dimanche 25 mai 2014 Heure: 11h00.

    19. Jeudi 29 mai 2014: ASCENSION.-Premières communions. Messe à 11h00.

    20. Dimanche 8 juin 2014: PENTECÔTE.-Profession de foi 2014. Messe à 11h00.

     

      1. Profession de foi 1. (2015) et Profession de foi 2. (2014).

        Calendrier de la 1ere année; (et) Calendrier de la 2ème année.

    Catéchisme: mercredi de 18H00 à 19H00 à l'église.

    1. Mercredi 25 septembre 2013.

    2. Mercredi 16 octobre 2013.

    3. Mercredi 6 novembre 2013.

    4. Mercredi 20 novembre 2013.

    5. Mercredi 4 décembre 2013.

    6. Mercredi 18 décembre 2013.

    7. Mercredi 15 janvier 2014.

    8. Mercredi 29 janvier 2014.

    9. Mercredi 12 février 2014.

    10. Mercredi 26 février 2014.

    11. Mercredi 19 mars 2014.

    12. Mercredi 2 avril 2014.

    13. Mercredi 30 avril 2014.

    14. Mercredi 14 mai 2014.

    15. Mercredi 4 juin 2014.

     

      1. Premières communions 2014.

        CALENDRIER CATECHISME 2013-2014.

        Petites communions.

        Catéchisme: Dimanche de 9h45 à 10h45 à l'église.

    1. Dimanche 29 septembre 2013.

    2. Dimanche 20 octobre 2013.

    3. Dimanche 10 novembre 2013.

    4. Dimanche 24 novembre 2013.

       

    5. Dimanche 8 décembre 2013.

    6. Dimanche 22 décembre 2013.

       

    7. Dimanche 19 janvier 2014.

    8. Dimanche 2 février 2014.

    9. Dimanche 16 février 2014.

    10. Dimanche 9 mars 2014.

    11. Dimanche 23 mars 2014.

    12. Dimanche 6 avril 2014.

    13. Dimanche 27 avril 2014.

    14. Dimanche 11 mai 2014.

    15. Dimanche 25 mai 2014.

     

    Autres dates à retenir: (Rappel):

    a-Mardi 24 Décembre 2013: 18H00 Messe de NOËL.

    B-Mercredi 25 Décembre 2013: NOËL-Nativité du Seigneur.

    (Messe à 11H00).

    C-Jeudi saint: 17 avril 2014: 19H00 Messe.

    D-Vendredi saint: 18 avril 2014: 20H00 Passion du Seigneur.

    e- Samedi saint: 19 avril 2014: 19H00 Messe de la Résurrection.

    f- Dimanche 20 avril 2014: PÂQUES.

    (Messe à 11H00).

    g- Jeudi 29 Mai 2014: ASCENSION.- Premières communions.

    (Messe à 11H00).

    h- Dimanche 8 Juin 2014: PENTECÔTE.- Profession de foi 2014.

    (Messe à 11H00).

     

      1. Catéchiste de profession de foi (1) 2015 et de profession de foi 2 (2014).

        -Hubert Adelain MAYITUKA MANGANGULA. Desservant-Curé d'Orbais.

        Encadrement disciplinaire:

        - Pascale VIELVOYE

        -.................................... ( à pourvoir).

     

      1. Catéchiste de premières communions 2014.

        Hubert Adelain MAYITUKA MANGANGULA. Desservant-Curé d'Orbais.

    Encadrement disciplinaire:

    -WOUTERS Marie- Laurence.

    -BERWART Catherine.

    -LEMENSE  BEA

    PIEKUNKO Michael.

     

      1. Documentations: -cfr documentations du Vicariat du Brabant Wallon et autres .

      2. Méthodologie: -Interactivité et participation des parents avec des initiatives éducatrices et catéchétiques qui renforcent la confiance en soi, l'autonomie, la communion ecclésiale, la construction du sens et la croissance en humanité.

     

      1. Je fais un appel solennel aux parents qui veulent nous rejoindre pour donner une opportunité à leurs enfants et jeunes de découvrir les merveilles de Dieu dans le cheminement catéchétique de venir sans tarder aux heures indiquées pour amplifier les groupes concernés. Si d'autres veulent tenter une expérience post-catéchétique avec des jeunes ils ne peuvent pas hésiter de nous contacter en toute simplicité, humilité, convivialité et de manière naturelle. N'ayez pas peur de croire, de célébrer et de vivre de l'Evangile au quotidien en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance notamment celle offerte par la catéchèse paroissiale.

    Que le Seigneur accomplisse lui-même dans le coeur de chacun ce qu'il a lui-même commencé par sa grâce, sa prévenance et sa surabondance.

    Fait à Orbais, à l'issue de la réunion du vendredi 13 septembre 2013 à l'église(réunion qui a eu lieu dès 19h00...)

    Hubert Adelain MAYITUKA MANGANGULA.

    Desservant-Curé de la Paroisse St Lambert à ORBAIS.

    Rue Trémouroux, N°107.

    1360 ORBAIS.

    Gsm: 0472.41.09.71

    Email: hubert.mayituka@voo.be