• Les conséquences de Vatican II sur les prêtres des paroisses

    Monseigneur Jean-Luc insiste sur la mission des prêtres qui sont dans leurs ensembles des collaborateurs de l'évêque. On est ordonné individuellement, précise-t-il mais au service de l'Eglise en communion avec l'évêque. Les expériences des unités pastorales nous permettent de découvrir la dimension du presbyterium qui nous permet de travailler ensemble. Il s'agit pour chacun des prêtres de contribuer à faire avancer la confraternité pour mieux travailler ensemble dans le respect des charismes de chacun car aujourd'hui aussi la pastorale demande plus d'engagements et plus des compétences. C'est ensemble qu'on est sacrement. Que les prêtres travaillent ensemble en équipe. La fraternité entre prêtres est constituée concrètement par des expériences communes portant sur les offices, les repas, les partages des joies, des difficultés, la préparation des homélies en presbyterium et cela pourrait être précieux car les gens sont très demandeurs, ils sont en manque. Comment nous aider les uns les autres à pouvoir dire en dix minutes quelque chose qui peut nourrir les chrétiens? Les prêtres habités ensemble de l'intérieur par le Christ, seront beaucoup plus motivés pour travailler dans le presbyterium ensemble avec l'évêque. On est au service du peuple de Dieu, lui qui est tout ensemble sacerdotal en prenant au sérieux le baptême de tous. Comment garder l'esprit de Vatican II sur la répartition des ministères? Qui est un chrétien engagé, c'est-à-dire un ferment de l'évangile dans le monde? Comment nourrir les engagements des chrétiens dans le monde? Comment faire en sorte que les chrétiens engagés dans le monde se sentent soutenus dans leur vie familiale, sociale, économique, professionnelle, politique, culturelle? L'évangile est une bonne nouvelle dans leur vie à eux aussi par la médiation de leurs engagements pluriels. Il faut beaucoup parler avec les laïcs de leur foi réelle, avec ses hauts et ses bats, et de leur vie réelle. Comment rejoindre les gens sur leurs attentes, leurs questions, leurs vie réelle pour les entendre, pour lire les revues, les journaux, la croix, les débats télévisé portant aussi sur les questions de société? Comment promouvoir la proximité et le dialogue avec les laïcs:-de quoi veulent-ils être sauvé? -En quoi le Christ veut-il les rejoindre?  Comment promouvoir des espaces et des lieux d'écoute pour écouter les expériences des gens qui prennent le temps de se parler en paroisse de ce que vivent les gens eux-mêmes. Comment soutenir les parents dans leurs missions d'éducateurs? Etre parents aujourd'hui c'est éprouvant: comment être porteur de soutien, de sens dans la traversée des échecs dans les familles réelles pour que chacun se  sente appelé et nourri dans sa vocation? Nous devons accompagner la fraternité entre les catéchistes, entre eux et la fraternité entre les prêtres, mais surtout entre les catéchistes et les prêtres. Nous devons cultiver la joie de partage consistant à trouver la joie en rendant service et en recevant les services de manière à aller au delà de la réciprocité et de s'élever dans le registre logique de la gratuité.

    Beaucoup des laïcs se sentent appelés et utilisés mais pas accompagnés, pas nourris dans la foi et dans l'amitié, la fraternité pour savoir ce que les gens vivent réellement. Le rite crée une conscience. Il faut apprendre à être attentif dans la ritualité, les gestes. Comment prier ma messe, pour vivre de l'intérieur tout ce que je fais et je célèbre? Comment apprendre à actualiser la parole de Dieu dans l'homélie? En quoi ces lectures sont un salut pour moi , pour ma vie réelle? Qu'est-ce que je veux dire? Comment je peux le dire en invoquant l'Esprit-Saint? Si je touche à l'essentiel pour moi ou pour l'autre,je peut le dire à tous, je deviens universel. Travaillons notre langage de la foi: en quoi ça vient me rejoindre? En quoi c'est source de vie pour moi? Quelle est ma vision de la Bible et de la Révélation? Quand je dis que "Jésus nous sauve ça veut dire quoi? Comment je parle de la croix du Christ aujourd'hui? Ma mission c'est d'éveiller et de réveiller l'autre au Christ. Il n' y a pas d'enseignement sans échange.  Comment parler de contenu, prier et échanger nos expériences pour en parler à Dieu? Comment avoir une écoute priante de la Parole? Comment dans les unités pastorales trouver des espaces de la lecture priante de la Parole de Dieu? Comment apprendre à prier aux chrétiens afin qu'ils prennent le relais? Apprenons aux parents à prier avec les enfants. Apprenons aux parents à vivre de moments de prière intense pour nourrir la foi.  La prière permet de témoigner que Dieu est et soit le plus constant de l'arrière fond de ma pensée. Il faut que chacun apprenne à prier avec la Bible. En quoi ces textes me font parler de Dieu? Dans notre mission d'enseigner, nous devons veiller aussi à envoyer les gens à d'autres lieux d'église et à notre tour être disposé à recevoir d'autres lieux dans ce processus de visitation ecclésiale. Former et annoncer la foi c'est proposer la foi et prendre le risque d'être non accepté, rejeté. Ne jamais dire que ce qu'on fait n'a servi à rien. C'est pas vrai. Dieu travaille de façon souterraine. L'important c'est de proposer la qualité de ce qui est juste aux gens. Comment avons-nous travailler les gens avec une expérience de fraternité en leur offrant une nourriture spirituelle et de foi de qualité? 

    Nous devons ouvrir à la foi, c'est-à-dire nous devons faire découvrir aux gens que tout ce que nous vivons ça concerne le Christ. La foi c'est accepter tôt ou tard que Dieu nous pose des questions et lâcher prise en disant personnellement: j'accepte que c'est Dieu qui me pose des questions qui sont dans la Bible. Comme Dieu a aussi des pourquoi à nous poser, à notre tour de manière personnelle et ecclésiale de laisser Dieu s'en prendre à nous fraternellement et apprenons à basculer dans le consentement. Soyons des portes paroles que Dieu interroge. La parole de Dieu est aussi jugement et promesses qui rejoignent ma liberté. Comment je dois accepter Dieu comme le Tout autre dans ma vie? La mission de gouverner a changé de style. Comment les évêques, les évêques auxiliaires, les prêtres, les diacres rejoignent-ils l'obéissance responsable au Christ, à la Parole de Dieu? Comment les prêtres rejoignent -ils l'obéissance responsable à l'évêque? Les réalités du terrain sont différents et complexes. Dans l'archidiocèse de Malines-Bruxelles et particulièrement dans le Vicariat Général du Brabant Wallon 1/3 des paroisses sont en Unités Pastorales. 44% des paroisses sont dans la Nouvelle démarche de catéchèse. Les dimanches autrement contribuent au rayonnement évangélique des familles et à la convivialité spirituelle et concrète intergénérationnelle. Il faut aussi se lancer dans l'aventure à certains moments et vaincre les résistances légitimes. Dans cette perspective la collaboration avec les les laïcs s'avère impérieuse. Comment braver le paradoxe de la sacralité, vénérée, servie, qui d'origine est païenne et non évangélique pour vivre le sacerdoce ministériel en frère des hommes permettant au sacré d"être évangélisé dans le christianisme par la manière dont le Christ se situe. Qu'est-ce qui est sacré pour le Christ? Ce sont les hommes, temples du Saint-Esprit. Toucher au Christ, à sa sacralité, c'est toucher aux hommes. Comment le Christ vit-il le sacré? Le sacré christique ou christologique, et chrétien est une façon de donner sa vie. Les attitudes qui parlent de Dieu sont des sacrements de Dieu dans un monde indifférent, cruel et contradictoire.

    D'où les exigences d'humilité et de discrétion pour évangéliser ce monde sans en exclure l'engagement tenace et prophétique. Dans la culture occidentale, l'autorité ça se mérite. Si l'on est ministre du Christ à la façon de l'évangile on fait autorité. C'est ça être prêtre aujourd'hui. C'est ça qui doit être changé. C'est jamais acquis. Quelle est la mission du prêtre? Faire grandir la gloire de Dieu et faire avancer les hommes dans leur vie divine, c'est-à-dire les diviniser en Dieu dans la collaboration avec l'évêque. L'extrémisme religieux n'est pas une manière d'exercer les ministères. Les Belges font un peu plus de compromis en discernant l'essentiel et l'accessoire. Par  exemple aujourd'hui défendre le col romain et la soutane c'est trop. Comment internet peut-il être un outil de pastorale dynamique qui permet aux sites des paroisses d'être des lieux d'expression et de témoignage dans le respect des règles et l'exigence de les tenir à jour? Comment les prêtres sont-ils des sauveurs des âmes, du salut au point de trouver dans l'évangile des implications socio-politiques au moment où la voix officielle de l'Eglise n'intéresse personne? Comment recréer une vie spirituelle qui contribue à refaire des chrétiens capable de vivre leur Alliance, leur lien personnel et ecclésial avec le Dieu de Jésus-Christ et de s'engager dialectiquement dans la vie de solidarité pour contribuer à la charité, à la paix, à la justice, au pardon et à la réconciliation? Pourquoi et comment l'ancienne militance n'a pas gardé la spiritualité dans son débat de citoyenneté. Différentes questions susciteés par la complexité du monde et les crises plurielles de sens méritent d'être approfondies comme par exemple celles concernant la vie familiale en corrélation avec la vie sacerdotale dans une approche transversale, approfondissant paradoxalement la spiritualité du prêtre à la lumière de la spiritualité familiale. Pour terminer sa réflexion, monseigneur Jean-Luc HUDSYN, nous a lu un extrait de saint Bernard:" S. Bernard, 18 éme Sermon sur le Cantique des cantiques: Si vous êtes sages, vous serez semblable au bassin d'une fontaine, et non à un simple canal: celui-ci répand l'eau autour de lui presque en même temps qu'il la reçoit, alors que le bassin ne se répand que quand il s'est rempli lui même à la source. Il donne en partage de son trop-plein. Nous en avons aujourd'hui beaucoup dans l'Eglise qui ressemblent au canal, et peu qui ressemblent au bassin. Il ne manque pas de canaux par qui les eaux du ciel découlent sur nous. Ils ont tant de charité... qu'ils veulent répandre la grâce avant d'en être rempli.  Plus disposés à parler qu'à écouter, ils sont pressés d'enseigner ce qu'ils n'ont pas appris, et désirent avec ardeur commander aux autres alors qu'ils ne savent pas encore se gouverner eux-mêmes. (...)

    (Comme un bassin) laissez monter en vous les eaux de la vie, répandez-les, sans vous vider."

     

    Monseigneur André Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles a donné une récollection aux prêtres du Vicariat Général du Brabant Wallon le 17. 02.2015 au Monastère de Bénédictine à Rixansart pour l'entrée en carême en présence de monseigneur Jean-Luc Hudsyn,évêque auxiliaire et d'un de ses adjoints, le chanoine Eric Matheuws. Cette récollection a eu pour titre:"La Bonne Nouvelle de la Famille au regard de deux synodes sur la famille.  Pour parler de l'évangile de la famille, monseigneur l'archevêque a dit ce qui suit: La Bonne Nouvelle de la famille est liée à l'existence humaine. L'homme est un esprit incarné, spirituel et charnel, un être en jonction au coeur de l'univers dans son développement cosmique. Notre corps est le lieu où la pensée habite le monde. " Je suis en quelque sorte mes yeux". On relie ce qui se passe dans le corps avec le je. Notre corps est un instrument de communication. Chaque fois que nous parlons, nous produisons un son qui a un sens où habite le sens. C'est de la métaphysique quotidienne. Nous sommes le cheval de Troie de l'esprit dans la matière. Le corps habité par l'esprit est une merveille. Le cerveau humain est une plus grande merveille. Il n' y pas de famille sans le corps. Le corps humain est sexué. S'appuyant sur le saint Jean Paul II dans sa théologie du corps, monseigneur André Joseph Léonard précise: Les organes sexuels dans le corps humains sont disposés pour la rencontre sexuelle homme et femme, usage contre usage. La sexualité humaine est habitée pour transmettre la vie. Les spermatozoïdes et les ovules sont orientées vers la possibilité de transmettre la vie et la rencontre de l'amour pour y trouver de la tendresse, du plaisir, du bonheur des uns et des autres. Notre corps est un merveilleux lieu de présence de l'esprit dans le monde. Il y a aussi une opacité et des lourdeurs. Comment se fait-il que tu es toi dans ce corps là? On est chacun emmuré dans l'organisme. Notre corps est un instrument d'action, de passion, d'usure, de maladie voué à la mort. "L'enfant qui vient de naître est assez vieux pour mourir à partir de 25 ans où l'urne, la tombe et la pelouse attendent". La sexualité est le lieu de joie, de bonheur, le lieu de la vie mais paradoxalement elle est aussi le lieu de la sauvagerie, le lieu de la mort, de la violence, du viol, de la puissance anarchique. Nous participons à l'aventure dans ce lieu de combat, de souffrance, de péché et de conversion. Tel est le constat anthropologique, philosophique, psychologique du corps.

    Mais quel est le regard de la foi chrétienne sur le corps, sur notre propre corps, sinon un regard d"émerveillement sans renier le regard réaliste paulinien. Ce regard réaliste est perceptible dans l'épître aux Galates: La création toute entière est vouée à la vanité, à l'esclavage de la corruption. Pour Paul, nous aussi nous gémissons en attendant notrev résurrection avenir(recréer jusque dans notre corps). Nous sommes dans un corps.  En quoi consiste le regard le plus positif concernant l'histoire du corps? Il y a une personne divine qui a pour éternité le corps humain. Le corps de Jésus c'est le corps de Dieu dans l'eucharistie. Marie partage sa condition. Nous vénérons une femme qui a engendré Dieu. Nous admirons le corps humain de Jésus durant sa vie terrestre. Le corps de Jésus est source de guérison. Le salut du monde a été acquis à travers les outrages, l'humiliation du corps de Jésus par le sang de la croix (1P2,24-Isaïe 53). Nous avons une immense vénération pour le corps crucifié de Jésus (Rm6). Nous avons de l'émerveillement pour le corps ressuscité de Jésus. Par cette occasion l'assomption de Marie participe déjà à cela, un corps présent parmi nous.  Le corps sur lequel s'est joué le salut du genre humain est présent à travers le Christ sacrement de l'eucharistie. Nous sommes avec le Judaïsme et l'Islam ceux qui pensons que le corps humain a une destinée éternelle. Mais la question pessimiste sur la sexualité demeure car une alliance qui a une forme conjugale, matrimoniale traverse l'ancienne et la nouvelle alliance. La sexualité prend une dimension théologique( "à son image Homme et femme il les créa"). L'amour de Dieu pour son peuple est considéré dans le langage de l'amour conjugal. Le cantique des cantiques est la gloire de l'amour spirituel et humain où l'on fait l'éloge de beautés, de rondeurs, des fantaisies du corps humain . Le cantique de cantique est un poème de l'amour; de l'amour de Dieu pour son peuple. Ce cantique est très commenté par les Pères de l'Eglise et par les auteurs mystiques.

    Dans cette optique, Job se lève avec les chapitres 7 à 10 avec des thèmes blasphématoires pour le mal immérité accompagné des révoltes humaines. Il

    Le Nouveau Testament nous donne l'exemplarité de l'époux pour l'alliance nouvelle et éternelle à travers le noce de Canaan:. L'époux c'est Jésus, l'épouse c'est l'humanité, c'est nous symbolisé par l'épouse, par Marie. Jésus offre par anticipation le vin de la nouvelle et éternelle et intarissable alliance. Isaïe, Paul. Ephesiens 5. Marie, femme idéale, l'Eglise sans tâche, sans ride, sainte et immaculée... Ce mystère est grand car il renvoie à l'union indéfectible entre le Christ et son Eglise. La sexualité humaine est habitée par l'opacité, la dureté, l'exploitation. Quel est le regard chrétien sur la sexualité humaine à la lumière de saint Paul? ( A suivre).

    P. HUBERT  MAYITUKA, Desservant-St HUBERT-Ramillies, st FEUILLIEN-Offus, st SYMPHORIEN-Petit Rosière

  • La parole des nos évêques aux prêtres: Récollections(Gentinnes-Rixensart)Belgique.BW

    Monseigneur Jean-Luc Hudsyn s'adresse aux prêtres le mardi 16 décembre 2014 à Gentinnes lors de la récollection portant sur la vocation sacerdotale. Comment ressourcer notre vocation sacerdotale? Il est nécessaire d'apprendre à intérioriser et à renouveler notre notre capacité et notre engagement à écouter le Seigneur afin de cheminer avec lui. La condition essentielle est celle qui nous permet d'apprendre à ouvrir de manière graduelle nos coeurs des diacres, des prêtres et des évêques en suivant les orientations du concile Vatican II contenues notamment dans Presbyterium Ordinis et dans  Lumen Gentium pour accueillir les options pastorales. Au regard de la dimension pastorale et missionnaire, le prêtre est l'homme d'évangélisation à partir de Dieu et pour Dieu. Le Concile de Trente a bien précisé que le prêtre est l'homme de Dieu et l'homme de l'eucharistie. Dans ce sens l'eucharistie est la source fondamentale et le lieu de ressourcement du prêtre aussi afin de mieux discerner les différentes facettes du ministère sacerdotal ecclésial et ses traits majeurs. Le presbyterat est pertinent dans la mission de l'église à partir du moment où le prêtre est au service de la mission dans tous les secteurs de l'existence ecclésiale et mondiale. AU regard de la tradition, le prêtre est l'homme qui rend le culte à Dieu, annonce l'évangile pour être au service du Christ comme docteur, prêtre, prophète et roi. Rendre présent le christ dans le monde par notre vie sacerdotale dépasse le faire du culte car il s'agit comme ministre du culte, en son nom, c'est-à-dire au nom du Christ, d'annoncer l'évangile, de relier l'humanité à Dieu, de veiller à la venue et à l'avenue du Royaume. Dans ce contexte la mission du prêtre est triple. D'abord que le Christ, la foi, la parole soient annoncés; ensuite établir le lien personnel avec le Père, c'est-à-dire aider concrètement les chrétiens à vivre avec Dieu dans le culte, la prière, les sacrements pour avoir une réelle vie spirituelle cohérente et crédible car il s'agit de vivre tout avec Dieu et en Dieu; Enfin devenir témoins de l'amour, de la miséricorde, de la justice et de la paix pour que toutes ces valeurs évangéliques soient vécues par toute la communauté chrétienne. Il s"agit de faire advenir quelque chose du Royaume là où on est pour chacun, c'est-à-dire où le chacun pour soi prédomine. Le prêtre participe au ministère du Christ qui construit l'Eglise, Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple du Saint Esprit. Dire que l'Eglise est Peuple de Dieu c'est dire non à toute juxtaposition Il s'agit de contribuer à la consolidation de la fraternité, de la solidarité, du soutien mutuel afin de promouvoir l'identité commune, l'héritage commun, le projet commun, le basculement de l'ancienne alliance dans la nouvelle alliance pour marcher ensemble et créer cette communion où on essaie d'avancer ensemble. Il s'agit d'être et de devenir peuple dont l'identité c'est Dieu en cultivant le lien personnel avec Jésus-Christ. Un chrétien vit l'alliance avec Dieu précise Ricoeur. Les valeurs ont besoin de leur source spirituele . D'où la question consistant à nous demander: par quelle manière l'évangile conçoit-elle les valeurs de paix, de justice, de pardon, de réconciliation?

     

    Construire avec le Christ son corps, où on est membre les uns, les autres, où chacun a un service à rendre pour le bien de tous c'est croître en sens et en  humanité mais aussi en spiritualité et en ecclésialité. Que nos communautés fassent comme Jésus dans sa façon de voir, de toucher, de ressentir, de soigner, de relèver car une communauté vivante doit être chaleureuse, accueillante, priante, célèbrante, engagée de manière à favoriser la prise de conscience et de responsabilité de chacun et de tous à la mission ecclésiale et à la mission particulière. Chacun a sa mission. L'Eglise est Temple de l'Esprit, c'est-à-dire signe de la présence de Dieu au milieu de la ville. Les chrétiens sont des signes du Christ au milieu de la vie de chaque paroisse. Dans cette optique, chaque paroisse garde sa mission d'être une présence de proximité du Christ lui-même, une présence de l'esprit du Père et du Fils, même si minime  au regard du nombre des chrétiens. Le prêtre doit veiller à ce que le Peuple soit à Dieu, que le Corps soit du Christ et que le Temple soit de l'Esprit-Saint pour que tout soit décidé et vécu en lien vital avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit.  La paroisse doit vivre en référence au Dieu Trinitaire c'est-à-dire en communion dans le respect du rôle de l'altérité et du rôle de vis à vis. Comment évaluer cette identité, est-ce que notre paroisse est un lieu de communion? Comment notre paroisse est peuple de Dieu, corps du Christ, temple de l'Esprit Saint? Par la présidence de l'eucharistie et de la communauté comment rendons nous présents et réels la présence du Christ, tête de l'Eglise? Les diacres participent au ministère apostolique et sont aussi garants de cette identité chrétienne trinitaire. Nous avons tous été appelés.

    C'est ce qu'affirme le chapitre deux du Presyterium Ordinis. Tous les baptisés dans le Christ participent au sacerdoce du Christ de relier le ciel et la terre. Tous sont appelés à être témoins de cela. Nous sommes les gardiens de la fidélité de l'Alliance. Quelle qualité, comment s'interroger et nourrir cette alliance? Nous sommes les veilleurs de cette identité trinitaire. Nous sommes au service du sacerdoce royal pour que tous les baptisés accomplissent leurs missions et leurs vocations. Certaines personnes sont des sacrements c'est-à-dire source, projet, présence de celui qui nous appelle à marcher à sa suite, Jésus-Christ. Nous sommes tous peuple de Dieu, tous participent à la mission. Mais certains sont identifiés sacramentairement gardien, serviteur de l'inspiration du Christ pour que tous deviennent Peuple de Dieu, Corps du Christ. Comment nous les prêtres vivons la catéchèse, l'expérience de l'unité pastorale,l'accompagnement des jeunes? Que nous prêtres que nous soyons capable de mieux vivre de l'intérieur ce que nous sommes aux yeux du Christ parce qu'il nous a appelé. Chaque matin, le Christ nous appelle à être le sacrement de sa présence pour les communautés auxquelles nous sommes envoyées. Apprenons à vivre notre vie sacerdotale comme une vocation e retrouvons cet ardeur , cette fraîcheur et cet élan, l'enthousiasme. Faisons découvrir à,tous les chrétiens que chacun a une vocation et qu'il est appelé à être accompagné pour mieux accompagner les autres.

    Le Christ me demande chaque matin de veiller à son Eglise. Comment dois-je ranimer la conscience que le Christ m'appelle aujourd'hui à être son prêtre en lui disant OUI de tout mon être afin d'éviter la morosité spirituelle? Je dois travailler mes faiblesses et les limites. Je dois valoriser mes compétences, mes qualités. C'est le Christ qui travaille par sa grâce à travers moi, au delà de moi, à son oeuvre, à sa patience pour autant que j'ai un lien avec le Seigneur. La relation du prêtre avec le Seigneur doit être une relation adulte ( l'aimer et le laisser m'aimer). La vocation à laquelle le Seigneur m'envoie est aussi une manière, une mission, une qualité d'être avec le Seigneur. Etre avec lui c'est l'appel à demeurer auprès de lui, un appel au compagnonnage avec le Christ. Selon Saint Bernard, la spiritualité du prêtre est la condition du salut. Nous devons apprendre à soigner pour nous-mêmes notre propre spiritualité sacerdotale et travailler ce qui nourrit notre propre lien avec le Christ. La spiritualité du prêtre c'est son ministère. En célébrant l'eucharistie, j'entre dans le ministère du Christ sous ses différentes facettes. En écoutant les blessures des autres, en dialoguant, en comprenant on grandit soi-même, on devient un être capable de pardon. C'est dans la croix du ministère qu'on participe à la croix du Christ. C'est en me laissant déranger par les paroissiens que je vis mon ascèse. Vivre ma disponibilité à Dieu et à l'autre est un beau témoignage sacerdotal en acceptant que tout ne réussit pas et que j'apprends l'humilité, la patience et l'espérance. Le terreau de notre croissance en sainteté c'est l'exercice de notre ministère (Les Béatitudes). C'est la que je partage la vie du Christ. Se laisser transformer par le ministère ça ne va pas sans moment d'intériorité, sans moment explicite d'examen de conscience. Tout vivre dans le Christ c'est dans cette conscience progressive que se vit la passion pour Dieu et la passion de Dieu pour moi.

    Quels sont les lieux et les moments d'intériorité qui éveillent ma conscience à la présence de Dieu dans ma vie? Comment consentir à Dieu dans ma vie? C'est un combat. S'arrêter, intercéder, comment être dans les vues de Dieu? Comment Dieu inspire mes sentiments, mes réactions, mes décisions dans la prière? Comment être à Dieu? Le coeur de la prière chrétienne c'est écouter Dieu. L'écoute de Dieu passe par la capacité de relire ma journée, relire ma vie. Comment Dieu est passé dans ma vie à travers qui? Relire mon histoire et celle de mon existence mais aussi celle de mon exercice ministériel. Comment Dieu passe-t-il dans ma vie personnelle et communautaire? Quand nous sommes très actifs, prendre le temps de relire ma journée et m'interroger. Comment apprendre à confier à Dieu ce que je vis y compris les pires de contradictions, y compris le fait de me taire pour accueillir sa puissance transformatrice. Je dois apprendre à intercéder, à sortir de mes  préjugés et de mes résistances à la miséricorde pour mettre les autres entre Dieu et moi, pour éviter de leur faire du tort. Ce regard m'évite de tomber dans le cynisme et le pessimisme mais il me permet de remettre de la communion là où il y a de la peine, de la colère et de la haine. La vie de prière et la gratuité pour Dieu donnent de la cohérence à notre identité (problème, défi, grâce, terreau de la spiritualité sacerdotale, lieu !). comment travailler ce qui freine la croissance de ma relation avec Dieu? Comment convertir ma propre relation avec Dieu? En écoutant la Parole de Dieu, en essayant d'avoir des bons maîtres spirituels et en célébrant Dieu dans la liturgie des heures. Il faut aussi apprendre à respecter les retraites annuelles pour mieux se faire accompagner avec justesse. Dans des moments de morosité, de tension spirituelle, apprendre à mieux se faire accompagné car l'altérité dans la croissance avec Dieu compte beaucoup.

    Nous sommes témoins et sacrements du Christ, époux de l'Eglise. Nous sommes appelés à fiancer les chrétiens à l'époux du Christ (Ephésiens 5). Le Christ aime l'Eglise. Nous prêtre nous devons avoir de la tendresse, de l'amour, de la bonté du Christ pour nos communautés. Nous devons aimer nos communautés, les aimer comme notre propre chair c'est-à-dire en prendre soins. Que les communautés se sentent aimées, qu'elles prennent conscience d'avoir des pasteurs qui les aiment. La passion est que le Christ soit reconnu. Comment aujourd'hui dans mes différentes communautés paroissiales je vis le ministère du prêtre dans les différentes facettes du Christ, source:-Docteur, annonçant la foi et la nourrissant;-Prêtre, qui relie à Dieu et nourrit ce lien; -Roi, qui vient faire advenir un monde, une humanité où règne le désir et le projet de Dieu;-Epoux, qui aime, soutient, se donne à l'Eglise; Tête de l'Eglise, qui veille à ce que le Christ et sa Parole soient au coeur de tout ce qui se vit et se décide dans la communauté, d'où la nécessité de la prière, de la célébration liturgique, de l'eucharistie chaque jour.  Comment aimer l'Eglise, comme le Christ Epoux, en aimant la périphérie. Aujourd'hui par quelle facette je me sens interpellé et appelé à grandir? Le Christ qui m'appelle pour être avec lui et m'envoyer exige que je sois capable de disponibilité pour me laisser bousculer.. Le Christ Serviteur qui est au service sans revendiquer son rang m'invite et m'engage à l'exigence de patience car il faut du temps  pour que les gens me découvrent et que je les découvre. Etre veilleur de l'Eglise comme "Peuple de Dieu": ministre de la communion capable de créer des liens entre les uns et les autres au sein d'une même famille des enfants de Dieu et des liens avec Dieu. Comment être veilleur de l'Eglise comme Corps du Christ si nous n'appelons pas chacun à sa responsabilité? Apprenons à relier les services, à articuler les charismes, à appeler chacun à sa vocation et à nourrir ce corps ecclésial par la Parole de Dieu, les sacrements et les services de charité, de paix et de justice. Comment être veilleur de l'Eglise comme "Temple de l'Esprit": veiller au lien personnel à Dieu, pour être signe de sa présence grâce au discernement de ce que fait et veut l'Esprit-Saint. Quelle tâche difficile d'être la présence de Dieu dans la communauté? C'est difficile et passionnant: comment dans les villages dois-je être la  présence du Christ? Comment dois-je être veilleur de l'Eglise comme Corps du Christ? Comment dans les multiples aspects de la société,je dois retrouver le ministère prophétique de l'espérance, au coeur de l'expérience de l'Exode? Comment dois-je avoir une bonne théologie de la souffrance, de la croix pour soutenir l'espérance et la rendre vivante? Nous devons créer des petits ilôts d'espérance pour soutenir l'espérance, pour avoir des moments de ressourcements ensemble. Soignons entre nous cette qualité d'habitation de la présence du Christ. Que les prêtre prient entre eux, ensemble. Car si un prêtre est réellement nourri de l'intérieur, les gens peuvent dire que ça c'est un homme de Dieu. Soignons la qualité de notre vie spirituelle. Nous devons croire que si nous vivons bien notre ministère de prêtre, la grâce de Dieu y travaille. Cultivons la tendresse du ministère. Oui le prêtre, il y en a en qui et à qui on le croit ou l'on croit. Nous sommes dans un monde difficile, dur où les gens doivent se battre. Ils ont besoin de tendresse et d'affection. Nous devons avoir le souci des personnes. Chacun là où il est, qu'il fasse des avancés pour que le Christ soit reconnu, pressenti par mon style, ma façon d'être, mon comportement: "Qu'ils te connaissent": Cela se construit par d'autres chemins comme celui de l'apprentissage de la gratuité pour Dieu, sans en recevoir des bénéfices au moment même. Méditons, lisons, prions aussi l'intercession de sainte Thérèse d'Avila. Le sacerdoce relie. Comme prêtre, nous devons apprendre à soigner notre relation à Dieu et aux autres et nous devons faire tout pour devenir et être des sacrements, le reste nous sera donné de surcroît sur le chemin de sainteté. L'humilité pastorale nous invite à être à l'écoute des demandes et attentes de nos paroissiens tout en ayant conscience que la paroisse ne peut répondre à toutes les attentes spirituels. Ayons dans ce cas la modestie de savoir envoyer aux mouvements, associations, lieux de ressourcement spirituel dans la pluralité des charismes. Mais quelles sont les conséquences de Vatican II sur les prêtres des paroisses? ( A suivre ).

    P. HUBERT  MAYITUKA, Desservant, Curé de St Hubert-Ramillies-village,st feuillien-Offus, st Symphorien-Petit Rosière.