• La fidélité à l'eucharistie comme exigence et aspiration des engagements et des témoignages chrétiens lumineux et joyeux durables.

    La fidélité à l'eucharistie est une exigence et une aspiration qui permettent aux chrétiens, aux familles, aux paroisses, aux associations, aux peuples, à la société et à l'église d'assumer des engagements et des témoignages chrétiens lumineux durables dans la vie privée, familiale, ecclésiale, sociétale, publique et à travers le monde. Des tels témoignages et engagements contribuent avec ténacité et persévérance à la construction et l'accompagnement pluriel de la fraternité réelle locale, familiale, paroissiale, au sein des unités pastorales, au niveau ecclésial, associatif, privé, public, provincial, régional, communautaire, national, supra-national, international, continental, au niveau des Nations-Unies  et globalement planétaire. Ils visent concrètement à promouvoir le service généreux et la joie mondiale planétaire amplifié par un regard de foi plein de tendresse, de compassion, d'Empathie, de miséricorde qui espère et relève en dépit du tragique de l'existence plurielle.

    Les chrétiens engagés témoignent que l'eucharistie est le lieu privilégié où Dieu les rejoint  dans son Alliance. C'est de cette manière qu'elle est la source de bonheur. Par l'eucharistie, Dieu nous rejoint dans nos cœurs et dans nos vies. Il nous envoi de manière personnelle et ecclésiale en mission dans la société, dans l'église et dans le monde. L'humilité de l'accueil des dons et de la grâce nous amène à nous remettre continuellement en question sur cette expérience de l'émerveillement au regard de la transcendance dans notre propre immanence vitale et sociétale. Comment physiquement et mentalement nous prenons conscience des énergies divines qui coulent à profusion dans l'accueil des sacrements et de manière particulière dans l'eucharistie, et de manière complémentaire dans la liturgie des heures? Comment faisons-nous au quotidien notre expérience plurielle sociétale du jeudi saint, du vendredi saint, du samedi saint et du dimanche de Pâques? Pourquoi, pour qui et comment devenons nous des eucharisties à l'autel de notre humanité, de notre société, de nos peuples, de l'église, de nos paroisses,  de nos cultures, de nos civilisations pour contribuer à la croissance en sens et en humanité dans la manière d'assumer nos responsabilités à l'égard des personnes, des familles, des périphéries, des acteurs de la vie privée et publique qui nous côtoient,  nous sont confiés et dont les visages sont des injonctions à la responsabilité pour les autres à travers leurs dimensions relationnelles courtes, longues et systémiques en vue de construire le vivre ensemble local et planétaire harmonieux?

    Comment nous laissons-nous enseigner par nos prédécesseurs, les plus proches et les plus lointains dans la foi et la citoyenneté pour activer non seulement le devoir de mémoire mais la capitalisation des idéaux, des valeurs, des convictions, des projets achevés, inachevés et des expériences du passé avec beaucoup de respect et de reconnaissance? Les défunts ne peuvent pas être totalement oubliés et ignorés. Ils nous rappellent que ici sur terre nous sommes des pèlerins qui avons pour mission de semer la fraternité réelle universelle pour des générations futures. Les discours, les hommages, les rites et rituels, les adieux, les souvenirs et les devoirs des mémoires viennent rappeler à tout homme , au bon sens, à la rationalité et à la sagesse humaine et sociétale que le respect des expériences intimes et vitales de chaque existence, de chaque structure, de chaque institution, de chaque système est à considérer avec délicatesse, humanité, rigueur et bienveillance pour œuvrer à la réconciliation et à la pacification. Les défunts méritent du respect et de la gratitude mais aussi que nous prions pour eux afin qu'ils reposent en paix.

    Les profanations des tombes, des cimetières sont des actes de déliquescence et d'effondrement systémique des consciences. Nous devons avoir beaucoup de respect non seulement pour les défunts et pour les lieux où ils reposent mais aussi pour ceux et celles qui passent leurs vies à entretenir les cimetières. Pourquoi? Les personnes qui creusent les tombes et entretiennent les cimetières ou travaillent dans des lieux d'incinération ou de crémation côtoient des milliers des gens qui vivent en direct des situations limites, tragiques, dramatiques. Des telles personnes ont besoin d'être soutenus, encadrés, accompagnés dans ces moments difficiles, douloureux. car elles vivent des séparations brutales avec des personnes qu'elles ont aimées, qui leurs ont été proches, lointains, connues ou inconnues mais qui partagent la même et unique humanité que nous. Les personnes décédées nous renvoient tous à notre ultime sort sur cette terre des hommes quelques soient la diversité de nos opinions,convictions, valeurs, besoins, situations et engagements sociétaux, politiques, économiques, culturels, religieux et philosophiques.

    Dans la vie actuelle, la gestion de l'ultime service funéraire coûte parfois et de plus en plus cher dans le contexte de l'économie du marché. La gestion funéraire des morts est source de revenus. Des entreprises de cette gestion se sentent parfois renforcées dans leurs bénéfices et stabilisées tout en évoluant dans un environnement concurrentiel où les difficultés systémiques jaillissent devant les nouveaux défis des fusions, des délocalisations et des exigences sociétales mondiales des services de qualité. La gestion plurielle des actes funéraires est différentielle selon les personnes, les statuts et les moyens dont on dispose dans la vie. Cette différence se remarque lors des funérailles des personnes en fonction des responsabilités assumées et du niveau hiérarchique dans la société, l'Eglise, l'Etat, l'entreprise, les petites et moyennes entreprises, chez les indépendants, dans les services marchands et non marchands.

    L'existence humaine sociétale est structurée par une panoplie de la pluralité de la légalité, de la normalité et des règles de vie. Pour construire le vivre ensemble harmonieux local, familial, paroissial, entrepreneurial, des petites et moyennes entreprises, des service marchands et non marchand et planétaire, mondial nous avons besoin d'un dialogue respectueux, crédible, authentique et de vérité qui prend en compte les dimensions anthropologiques, psychologiques,sociétales, culturelles, civilisationnelles, économiques, politiques, religieuses et systémiques des personnes, des familles, des peuples, des populations, des institutions, des structures, des relations, des rapports , des périphéries. Les chrétiens collaborent de manière efficace à cette construction en témoignant de leur foi, de leur espérance et de leur charité en l'homme, en tout homme et en chaque homme et de manière plus dialectique et paradoxale en Dieu pour affirmer le réalisme de la transcendance dans l'immanence des règles de vie en société en débat avec la réalité et le réalisme de l'incarnation. Pour les chrétiens engagés, les dix paroles de vie (le Décalogue) sont des actes fondateurs de Dieu qu'il donne à son peuple élu en signe d'Alliance avec lui et entre eux et avec l'humanité entière. Ces dix paroles de vie sont complétées et consumées dans le Nouveau-Testament par le commandement d'aimer ses ennemis, comme Jésus-Christ lui-même l'a démontré sur la croix en disant : "Père pardonne-leurs car ils ne savent pas ce qu'ils font". " Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit". "Tout est accompli".

    Dans cette vision contemplative, les chrétiens priants, célébrants et engagés à travers le monde dans la pluralité des domaines d'existence sociétale privée et publique, dans des associations, des organisations non gouvernementales, des entreprises, des petites et moyennes entreprises, des services marchands et non marchands, au niveau familial, ecclésial, politique,économique, culturel, religieux, au niveau national, international et des Nations-Unies collaborent avec toutes les personnes de bonne volonté, d'expérience et d'expertise pour incarner l'amour de Dieu et du prochain mais aussi l'amour des ennemis dans les familles, les relations, les rapports, les structures, les systèmes et les instituions au niveau local et planétaire, mondial en étant très attentifs aux personnes fragilisées, rejetées, exclues, marginalisées, périphériques et à la qualité planétaire de l'environnement mondial, planétaire dans le respect de la révélation cosmique, historique et eschatologique.

    C'est la joie de croire, de célébrer et de vivre de l'évangile que les chrétiens rayonnent et partagent avec les autres à travers le monde par la médiation de leurs actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains. Ce rayonnement ils la témoignent de manière lumineuse et joyeuse à travers leurs attitudes, leurs regards, leurs perceptions, leurs représentations, leurs conduites, leurs comportements et leurs manières plurielles d'être, de vivre, d'agir, de penser, de s'émouvoir, de souffrir, de jouir, et de jubiler. Ils vivent de l'évangile au quotidien avec humilité, audace, clairvoyance, responsabilité, engagement, anticipation, service et sagesse par la médiation de leurs savoirs pluriels, les savoirs, les savoirs-faire, les savoirs-être, les savoirs-devenir pour collaborer et contribuer à la croissance en sens et en humanité des uns et des autres au niveau global et mondial. Une telle contribution valorise le dialogue respectueux avec des autres, des familles, des Eglises, des religions, des sociétés, des entreprises, des petites et moyennes entreprises, des indépendants, des Etats, des secteurs marchands et non marchands, des secteurs économiques, politiques, sociaux, culturels, religieux, philosophiques, des sociétés civiles, des civilisations en vue d'une citoyenneté mondiale responsable.

    La liberté religieuse, le libre examen et l'exigence de citoyenneté sont au service de l'éthique de responsabilité et de la considération de l'égale dignité humaine pour contribuer à la mise en œuvre concrète, existentielle, sociétale des besoins d'ouverture, des règles claires, strictes, de sécurité, de respect, de reconnaissance, de liberté, d'indépendance, d'autonomie, de paix, de calme, de collaboration, de coopération, de cohérence, , de force, du développement durable, de relation, d'unité, de confiance, d'effort, d'amitié, de réconciliation, de rencontre, de changement, de connaissance, de responsabilité, de crédibilité, d'identité et de joie pour le vivre ensemble harmonieux local et mondial.

    L'éthique de responsabilité permet de contribuer à une existence individuelle, personnelle, familiale, privée, publique, paroissiale, ecclésiale, sociétale, politique, économique, culturelle, religieuse qui contribue au bien personnel et au bien commun temporel et spirituel à tous les niveaux de l'existence par la médiation des actes pluriels. Les chrétiens engagés dans les entreprises, dans les petites et moyennes entreprises, dans les services marchands et non marchands, dans les services et ministères au sein de l'Eglise et des Eglises témoignent de la joie de l'évangile et de l'attention aux périphéries et à l'environnement planétaire en contribuant réellement aux bien personnel, familial, sociétal, systémique et au bien commun temporel et spirituel par la médiation du dialogue fraternel réel avec les autres et respectueux de leurs actes pluriels pour accompagner ensemble avec ténacité, patience et audace des changements en vue de la prise de conscience mondiale, de la vision mondiale et de la lutte mondiale contre la pauvreté, l'exclusion, le rejet, l'indifférence, et l'effondrement systémique des consciences, du sens et  l'environnement mondial planétaire. Ce combat commun est à réaliser aux niveaux basiques, sectoriels, systémiques, locaux, provinciaux, régionaux, communautaires, nationaux, supra-nationaux, continentaux, européens, au niveau des Nations-Unies, au niveau mondial, planétaire pour que l'ensemble de l'univers vibre à l'harmonie de la paix perpétuelle et de la joie mondiale temporelle, métaphysique et spirituelle respectueuse de l'identité narrative de nos prédécesseurs, des nos contemporains et de nos successeurs sur cette planète terre.

    Comment gérer les conflits d'interprétations plurielles dans la construction du vivre ensemble planétaire et mondiale? ( A suivre ).

    P. Hubert MAYITUKA,

    Curé des Paroisses st Hubert-Ramillies,  st Feuillien-Offus, st Symphorien-Petit-Rosière

    et professeur de religion catholique.

     

    Père Hubert  Mayituka.

    Curé des Paroisses st Hubert-Ramillies, st Feuillien-Offus, st Symphorien-Petit-Rosière

    et professeur temporaire de religion catholique.

  • Engagement et témoignage chrétiens au service de la croissance en sens et en humanité.

    La spiritualité mariale renforce la prise de conscience chrétienne et citoyenne dans la mission sociétale, ecclésiale planétaire. Elle amplifie la motivation pour collaborer à la construction de la paix par la médiation de l'écoute, de l'éducation, du témoignage, de l'engagement et de l'accompagnement des bébés, des enfants, des jeunes, des adultes, des parents, des couples, des familles, des personnes âgées et très âgées, fragiles  dans le processus de la croissance en sens et en humanité au niveau planétaire. Cette croissance est un processus vital qui nécessite d'adhérer aux valeurs et  de s'engager dans des expériences plurielles afin de témoigner de la disponibilité au service des uns et des autres dans la vie, à l'école, dans la famille, la paroisse, l'Eglise et dans la société. Cette disponibilité au service de l'humanité entière est requise à travers les actes pluriels des chrétiens engagés dans des entreprises, dans les petites et moyennes entreprises, parmi les indépendants. Elle est également une exigence et une demande relayée dans l'engagement et le témoignage chrétien dans les sphères privés et publics, politiques, économiques, culturels, religieux.

    Les chrétiens engagés dans la construction du vivre ensemble planétaire harmonieux, pacifié, réconcilié vivent leurs engagements et leurs témoignages pluriels comme une mission au service de la paix et de la réconciliation. Ils collaborent à l'émergence des systèmes, des structures, des relations, des institutions et des rapports promoteurs de l'égale dignité dans le respect et le consentement à la pluralité qui fondamentalement rejoint fondamentalement l'unité de l'humanité, qui demeure elle-même une tâche et un combat à réaliser. Les chrétiens qui consentent au radicalisme et au réalisme de l'incarnation assument leurs engagements et témoignages avec audace, courage et responsabilité. Ils sont  conscients de marcher sur la route de l'humanité avec d'autres personnes, peuples, cultures, sociétés, religions, convictions et civilisations dans un processus systémique de compagnonnage enraciné fondamentalement dans leurs capacités, leurs engagements et leurs témoignages de l'évangile qui rejailli dans la qualité de leurs confessions, de leurs liturgies ou célébrations et leurs vies dans la paroisse,  la société et dans le monde. Ils vivent sur terre en ayant les deux pieds sur terre et la tête dans les étoiles de manière à transformer leurs existences entières comme une mission plurielle d'évangélisation au quotidien pour la construction de la paix et de la réconciliation planétaire dans le respect de la liberté religieuse, des valeurs, des convictions, des philosophies, des sagesses, d'engagements pluriels assumés avec bon sens, rationalité, raison et expérience d'humanité.

    Une telle expérience d'humanité permet aux chrétiens engagés et témoins de l'évangile d' intérioriser et d' extérioriser les conséquences plurielles du réalisme de l'incarnation pour accompagner les naissances, les souffrances, les crucifixions, les morts et les expériences de relèvement, de résurrection des milliers des gens, des peuples, des familles, des personnes, des sociétés à travers le monde. La naissance, la souffrance, la crucifixion, la mort et la résurrection du Christ, son ascension,  la Pentecôte et l'Eglise deviennent source de vie, d'engagement et de témoignage chrétien au service de la croissance en sens et en humanité au niveau planétaire. Comment l'eucharistie aide-elle les chrétiens à durer dans les engagements et les témoignages lumineux au service de la fraternité réelle planétaire et de la joie mondiale complète? ( A suivre )

    P. HUBERT MAYITUKA.

    Curé des Paroisses St HUBERT-RAMILLIES VILLAGE, St FEUILLIEN-OFFUS, St SYMPHORIEN-PETIT-ROSIERE

    et Professeur de religion catholique.

  • Les chrétiens, acteurs et sacrements du bonheur évangélique et de la joie complète planétaire ou mondialisée.

    Dans notre article précédent nous venons de réfléchir  sur le besoin de justice et de la morale dans la construction de la citoyenneté, de la sociabilité et de l'ecclésialité des personnes handicapées qui sont des sujets des droits et des devoirs au niveau familial, local, provincial, régional, communautaire, national, supra-nationale, continentale et mondial. Comment les chrétiens peuvent-ils être et devenir des acteurs et des sacrements du bonheur et de joie complète planétaire ou mondialisé? C'est en marchant à la suite du Christ au quotidien pour rayonner l'évangile dans leurs actes pluriels qu'ils peuvent être et devenir réellement des serviteurs, des témoins du Christ qui contribuent au bien personnel, privé, public, familial, ecclésial, paroissial, local, communal, provincial, régional, communautaire. Un tel rayonnement évangélique illumine la pluralité de leurs actes au niveau entrepreneurial, des petites et moyennes entreprises, des indépendants pour amplifier la confiance en soi, la responsabilité et l'audace.  Ces chrétiens radieux de foi, d'amour, de charité et d'espérance assument leurs responsabilités au niveau national, supra-national, européen, continental, au niveau des Nations-Unies pour témoigner et rendre contagieux cette joie complète mondiale et planétaire d'une humanité réconciliée, pacifiée promotrice de l'égale dignité et du respect des uns et des autres mais décidée de construire ensemble de façon harmonieuse la croissance en sens et en humanité pour tous sans exclusions.

    Il est acquis que le sens du juste et de l'injuste est inhérent à la conscience humaine et toute personne raisonnable peut l'expérimenter sans porter un jugement. Mais la pratique ou le vécu de ce sens chez l'homme est paradoxalement mis à l'épreuve du conflit d'interprétation des valeurs du bien et du mal aux seins des cultures, des civilisations, des lieux, des systèmes politiques et législatifs. Pour cheminer dialectiquement dans la quête et le besoin du sens la personne lucide consent au principe de l'universalité de la raison pour argumenter à propos de l'exigence de la paix perpétuelle que tous les actes pluriels sont appelés à viser et à concrétiser pour un vivre ensemble harmonieux, joyeux ,pacifié,  réconcilié et engagé pour les générations actuelles et futures en se laissant enseigner par l'expérience historique du déploiement des besoins pluriels de l'humanité, de l'institutionnel, du système et de chaque personne.

    La convergence systémique des principes de l'universalité de la raison et de la paix perpétuelle fonde l'accueil mondial des fondamentaux des droits de l'homme. Ceux-ci donnent à penser à la valorisation pragmatico-systémique des valeurs positives universelles qui éclairent  la pertinence du décalogue, des dix paroles de vie que Dieu donne à son peuple et à l'humanité. Ces dix commandements de Dieu sont un trésor inestimable et un patrimoine commun de l'humanité. Ces dix paroles de vie, bien compris et bien vécu au niveau personnel, familial, privé, public, national et mondial favorisent la construction du sens et la croissance en humanité. Leur compréhension et leur mise en pratique universelle amplifierait et contribuerait au respect de la légalité internationale mondiale et de la normalité mondiale au service de l'égale dignité de l'homme crée à l'image et à la ressemblance de Dieu . Les chrétiens adhèrent à cette perspective ouverte au dialogue avec des acteurs pluriels pour cheminer ensemble sur la longue route de l'histoire et de l'humanité, tout en étant dans le compagnonnage de l'intelligence des Ecritures à travers la triple révélation cosmique, historique et eschatologique.

    L'apprentissage de savoir vivre ensemble commence dès le bas-âge, en famille, à l'école, dans les lieux des loisirs, avec les voisinages en acceptant la pluralité dans la légalité, la normalité et la moralité. Pour les chrétiens, l'amour de Dieu et l'amour du prochain qui résultent de la fidélité à l'Alliance leur permet de s'approprier les sentiments, les attitudes, les actes pluriels du Christ dans les évangiles et des témoins de la foi chrétienne pour les actualiser au quotidien dans les différents secteurs de l'existence privée et publique. Les chrétiens peuvent avoir des ennemis au niveau personnel, privé, public, local, familial, sectoriel, sociétal, ecclésial, politique, économique. Ils peuvent faire l'expérience tragique de l'hostilité et être confronté aux ennemis au niveau culturel, civilisationnel, entrepreneurial, systémique, institutionnel, dans les petites et moyennes entreprises, entre les indépendants. Les chrétiens peuvent vivre l'expérience tragique des inimitiés au niveau communal, provincial, régional, communautaire, national, supra-national, européen, continental, au niveau des Nations-Unies. Des telles inimitiés peuvent se présenter dans la vie chrétienne au niveau mondial, planétaire avec d'autres convictions, philosophies, religions, sagesses, spiritualités à cause des conflits d'interprétations de la pluralité des visions du monde et de la recherche du monopole, de vérité, du pouvoir, du vouloir, du savoir, du valoir , de l'avoir, de la domination et de l'exclusion au nom de Dieu ou au nom des idéologies dangereuses, efficaces et mystificatrices de sens.

    Quelques soient les inimitiés, les persécutions, le pouvoir et la puissance des ennemis avec lesquels ils sont confrontés dans leur vie, dans leur société, dans leur confession, célébration et témoignage évangélique, citoyen et sociétal pluriel, les chrétiens sont appelés à contribuer au vivre ensemble planétaire pacifié, harmonieux, lumineux, joyeux, enthousiaste et lucidement critique, engagé et éclairé. Ils apprennent à pardonner, à aimer et à prier pour leurs ennemis en ayant les yeux fixés sur le Christ en croix, sur sa mise au tombeau, sur sa résurrection, son ascension et la Pentecôte. Telle est la révolution existentielle, concrète, réaliste et spirituelle des chrétiens. Ils expérimentent la foi comme un combat pour le vivre ensemble planétaire lumineux, harmonieux qui respecte et accompagne la considération de la l'égale dignité des enfants de Dieu, de l'homme, de tout homme et de tout l'homme. Les témoins du Christ sont appelés à sa suite à devenir des passeurs d'humanité lumineuse au service du bien commun temporel et spirituel et des relations basées sur la confiance, la cohérence, la crédibilité avec les autres. Les chrétiens s'engagent dans des solidarités plurielles selon les besoins des gens en difficulté à travers le monde pour cheminer avec eux dans la collaboration et la responsabilité des uns et des autres. Des tels propos peuvent paraître insensés aux yeux des beaucoup ou des certains, car le bien, le mal, les valeurs, les anti-valeurs, les jugements dépendent de l'appréciation de chacun selon sa liberté, sa conscience, son éducation, sa famille, sa culture, sa civilisation, ses raisons, ses intérêts, ses choix, ses motivations, ses besoins, son propre bonheur car après tout un adage ne dit-il pas "chacun pour soi ?".

    D'autres disent que nos actes pluriels mentaux, nos actes du langage, nos gestes corporels, nos actes humains peuvent être influencés positivement ou négativement par notre environnement, par les autres, par les groupes, les gens, les institutions, les systèmes, les structures.  Ils peuvent aussi paradoxalement influencer négativement ou positivement chez les autres leurs regards, leurs perceptions, leurs représentations, leurs attitudes, leurs conduites, leurs comportements. Il y a des gens qui mettent leurs savoirs, leurs savoir-faire, leurs savoirs-être, leurs savoirs-devenir au service de la déconstruction, de la division, de la haine, du mépris, de l'exclusion, du rejet, des horreurs au niveau planétaire. Ces personnes deviennent des machines, des usines, des instruments de terreur. Elles apprennent à banaliser la vie humaine, à semer la désolation et la mort des uns et des autres à travers leurs manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de s'émouvoir, de rire, de souffrir, de jouir et de jubiler. Elles sont fascinés par la culture de la mort.

    La promotion de la culture mondiale de paix est assumée par des personnes, des institutions, des systèmes qui contribuent réellement à poser des actes pluriels encourageant la culture du respect, et de la dignité notamment de notre corps humain, de la corporéité. Celle-ci nous aide à communiquer avec les autres personnes, à faire passer des émotions et à faire passer en paroles (actes du langage) et en gestes ( gestes corporels) ou par des paroles et des gestes nos ressentis les plus intérieurs et les plus profonds. Nos corps sont des lieux privilégiés des médiations plurielles du langage et de la communication mais aussi de la compréhension réciproque des nos émotions et surtout de la consolidation de la communion entre partenaire, en famille, en société, dans l'Eglise, dans la paroisse, dans l'institution, dans l'entreprise, dans les petites et moyennes entreprises, chez les indépendants, dans les services marchands et non marchands.

    La beauté du corps humain est source de rayonnement lumineux de la personne lorsque cette beauté extérieure est traversée par la beauté intérieure issue de l'intériorisation des valeurs, de noblesse, de justice, de dignité, d'humanité, de transcendance qui débordent dans la qualité des actes pluriels enracinés dans l'étau historique et réaliste de la vie quotidienne, existentielle, sociétale, ecclésiale. Le croisement de la beauté extérieure et de la beauté intérieure de la personne, du corps humain rend le visage rayonnant de joie. Les visages transfigurés et rayonnant la joie complète évangélique deviennent des médiations du témoignage et de la communication avec les autres, la société et le monde. Une telle communication entière et directe est faite avec authenticité, crédibilité, normalité. Elle brise la peur de montrer et de manifester ses émotions, ses humeurs. Elle permet de résister aux masques de la disculpation, de la culpabilité et d'irresponsabilité.

    Il est intéressant d'admettre et de reconnaître qu'une personne qui porte des masques  au cours des différentes étapes fondateurs de son existence plurielle joue des rôles dans la société. Elle s'engage par le port des masques  à admettre à contrario, de manière dialectique et paradoxale qu'elle est soumise à une élaboration procédurale de neutralité étouffante  de son identité qui est instantanément distordue et ne lui permet d'afficher ni sourire, ni tristesse comme s'il ne ressentait absolument rien. Les personnes qui portent des masques ne veulent pas montrer réellement à quoi elles ressemblent et ce qu'elles ressentent concrètement.

    Les personnes qui résistent à porter des masques qu'elles jugent discriminatoires manifestent leur besoin de liberté, d'indépendance, d'autonomie et valorisent  leur identité personnelle, narrative, authentique, crédible et normale. Elles témoignent par leur manière de vivre un engagement de libération. Elles acceptent la médiation de la danse libératrice et du sport libérateur qui leurs permettent de faire passer le message de cette libération réelle à partir de notre corps qui relève des défis dans le jeu de l'effort excellent, de la confiance en soi et dans les autres et du plaisir de s'amuser. Dans ce contexte, la danse et le sport, les arts martiaux sont des arts qui permettent à des personnes qui les pratiquent d'accepter de lâcher prise et de ressentir quelque chose dans leurs vies, dans leurs environnements. Ils, comme tous les arts d'ailleurs permettent à des personnes qui sont fragiles, coincés, handicapées, timides et qui ont peur de s'engager d'avoir de l'audace. Une telle audace permet de briser la glace de la peur et de la timidité pour s'engager personnellement au jeu des défis mesurés et réalisables pour adopter d'autres façons de s'exprimer et de croître en santé, en science, en sagesse, en sens et en humanité.

    Les chrétiens qui osent prendre l'exemple de la course spirituelle comme le dit saint Paul pour gagner le prix de la fidélité au Christ dans la joie complète au terme de leurs existences terrestres témoignent du bonheur évangélique et de la joie complète planétaire et mondialisée lorsqu'ils deviennent à la suite du Christ des serviteurs inutiles marqués indélébilement par le Christ dans leurs vies sacramentaires, citoyenne et sociétale qui culminent au service de l'humanité toute entière et de la construction du Royaume de Dieu, déjà là mais pas encore pleinement. Cette construction du Royaume de Dieu se poursuit notamment par la médiation ecclésiale, chrétienne, des personnes de bonne volonté et de leurs des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des regards, des perceptions, des représentations, des attitudes, des conduites, des comportements, des manières d'être, de vivre, de penser, d'agir, de s'émouvoir, de souffrir, de jouir et de jubiler dans le Seigneur pour la plus grande gloire de Dieu, notre propre salut et le salut du monde.

    Les chrétiens qui participent et contribuent à la construction du Royaume de Dieu font également l'expérience de croître en sens et en humanité, en spiritualité, en transcendance au cœur de leurs expériences enracinés dans l'immanence. Une telle croissance plurielle, personnelle, familiale, privée, ecclésiale, publique, sociétale, sectorielle et systémique prend en compte la réalité du mal dans tous les secteurs de l'existence. La réalité du mal a ses corolaires et ses défis. Des enfants, des jeunes, des adultes, des personnes âgées, très âgées, fragiles font également des expériences difficiles, douloureuses et tragiques au cours de leurs existences sociétales. Ces expériences négatives sont systémiques et plurielles comme l'exploitation, la prostitution, le travail des enfants, les dopages qui alimentent les actes pluriels qui sont liés aux enjeux du sexe, du pouvoir et de l'argent. Devrait-ton donner de sa personne pour de l'argent? La prostitution est-elle un travail que l'on pourrait faire sans être exploité? Le corps humain mérite-t-il du respect, des soins et une prise en considération promotrice de sa dignité dans la manière de respecter également la légalité et la normalité, les droits de l'enfant, les droits de l'homme, la pluralité des droits systémiques et des devoirs systémiques  pour accompagner un vivre ensemble harmonieux, respectueux de l'égale dignité dans la justice, la paix, la vérité, l'authenticité et la réconciliation? Comment l'homme crée à l'image et à la ressemblance de Dieu, s'il est chrétien et citoyen du monde peut il entrer dans l'intelligence du mystère de l'incarnation pour traverser concrètement les expériences limites de la vie et les défis de l'existence singulière et collective, sociétale, ecclésiale, locale, nationale et mondiale? Comment peut-il marcher sur le pas de Jésus-Christ, Vrai Dieu et Vrai Homme tout en faisant confiance en la force et en l'action du Saint-Esprit dans la vie de l'Eglise, de la paroisse et de la société par la médiation de la sainte Vierge Marie? ( A Suivre ).

    P. HUBERT  MAYITUKA.

    Curé des Paroisses ST HUBERT-RAMILLIES, ST FEUILLIEN-OFFUS, ST SYMPHORIEN-PETIT-ROSIERE.
    et Professeur temporaire de religion catholique.