"En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie " (Luc4,24).

Je veux proposer ici ma méditation sur la manière dont notre Seigneur Jésus-Christ réagi par rapport aux gens de son village natal qui ne l'acceptent pas. Je reprend les textes bibliques du quatrième dimanche ordinaire de l'année C tout en étudiant la Bible. Pourquoi et comment notre Seigneur Jésus-Christ a réagi par rapport aux gens de son village natal qui l'ont rejeté? La réponse à cette question implique une méditation et une interprétation rigoureuse et actualisée de la force et de l'action de l'Esprit-saint dans la vie de Jésus-Christ à la lumière des textes bibliques de Jérémie 1,4-5,17-19; de Psaume 70 (71), de 1 Corinthiens 12,31-13,13 et de l'évangile de saint Luc 4,21-30. "Dans l'évangile nous voyons comment le Christ alors qu'il ne faisait que parler un langage d'amour a été en butte aux attaques de ses auditeurs. En réalité, les compatriotes de Jésus n'ont pas supporté qu'il leur échappe, que ses pouvoirs, que ses pouvoirs de thaumaturges, ses talents de prophète profitent à d'autres qu'à eux-mêmes.

Comme de plus ils sentaient dans l'attitude du Christ et dans ses paroles une remise en question d'eux-mêmes et une invitation à un changement radical, ils ont voulu le supprimer. Ce probablement incohérent, mais cela se comprend: Ne nous est-il pas arrivé de vouloir détruite ce qui nous échappe et que nous aurions voulu posséder? Cette incohérence des Nazaréens qui veulent tuer Jésus est la nôtre. Ce n'est pas manque de foi dans le Christ, ni manque d'espérance en lui de la part de ses compatriotes. C'est plutôt désir d'annexion et agressivité violente dans la déception de ce qui échappe dans le bien convoité. Refuser d'aimer conduit à l'absurde. car c'est détruire, car, de toute façon, le "propriétaire" n'aurait profité de rien. Il prive tous les autres de ce qui leur aurait été nécessaire. Nous n'aimons jamais trop mais souvent nous aimons mal".

Nous accueillons Jésus-Christ dans nos cœurs et dans nos vie de baptisés par des paroles et des actes qui promeuvent concrètement chez les autres et pour les autres une hospitalité de qualité, un accueil chaleureux et respectueux fait d'humilité et de soumission à Dieu, à sa Parole, à ses commandements, à la Tradition apostolique, à l'Eglise mais aussi à notre conscience. Nous portons un contre témoignage évangélique, chrétien, citoyen, familial, ecclésial et sociétal à chaque fois que par nos paroles et nos actes nous encourageons le rejet, l'exclusion, l'indifférence, le racisme à l'égard des autres, des immigrés, des étrangers (Luc4,21-30).

Notre adhésion exclusive au Christ nous permet de demeurer positif, optimiste et de traverser les épreuves du refus, de rejet, de l'exclusion, d'indifférence, de racisme, d'humiliation, de domination avec le Christ, pour le Christ et au nom du Christ et de son évangile. Nous sommes appelés par la force et la grâce de l'Esprit-Saint à revisiter dans nos cœurs et dans notre conscience les trois conditions de l'amour à la manière prophétique de Jérémie à savoir:- notre acceptation du choix de Dieu qui nous appelle, nous sanctifie et nous envoie en mission par sa souveraine volonté;- notre obéissance confiante à Dieu, à sa Parole, à ses promesses; - notre acceptation de la solitude qui nous rend vulnérable vis-à-vis des autres et dont la force du Seigneur peut seule nous garder et nous apprendre à accepter d'aimer.(Jérémie 1,4-5,17-19).

A la lumière de l'hymne à la charité de saint Paul (1C012,31-13,13), notre adhésion au Christ et à la Parole de Dieu, mais aussi à l'Eglise et à la culture contemporaine nous permet de nous remettre en question au niveau de nos connaissances, de nos expériences, de nos réalisations, de nos aspirations, de nos projets, de nos passions et de nos attachements. Car avec tout cela sans l'amour, nous faisons beaucoup de bruit et nous ne construisons pas. Tout ce que nous faisons, tout progrès de civilisation, tout est nocif si ce n'est pas animé par l'amour. Mais l'amour paraît à la fois concret et insaisissable, totalitaire et éphémère, prodigue et égoïste, généreux et possessif.

Le seigneur nous invite à ne rien refuser de l'amour qui nous habite, mais d'en vivre toute la réalité jusqu'à ce que progressivement purifié, il soit accompli en acceptant de supprimer dans nos cœurs tout ce qui nous fait tant souffrir: jalousie, vanité, intérêt, colère, sadisme. Les fruits, comme les lois de l'amour sont par contre: patience, serviabilité, bienveillance, confiance. Nous ne pouvons progresser dans l'amour que si nous nous savons aimer par le Père, source de tout amour. A la fin de notre existence terrestre, le Seigneur ne nous posera qu'une seule question: "Comment  apprends-tu à aimer?" ou encore: Comment vis-tu l'amour qui t'habite?". Est-ce que tu as atteint le sommet de la gratuité?

Comment je lis ma propre vie à la lumière de la Parole de Dieu: Jérémie 1,4-5,17-17; Ps70(71);1Cà12,31-13;Luc4,21-30?  Comment ma contemplation du Christ c'est-à-dire de ses paroles et des actes m'interpelle-t-elle dans mon propre comportement au point d'accepter de me remettre en question personnellement dans mes manières d'être, de penser, de parler, de rêver et d'agir, de souffrir? Quel changement radical le Christ apporte-t-il à ma vie, dans ma vie à moi, du fond de mon cœur et durant toute mon existence de façon progressive?Comment je résiste à la mentalité plurielle de destruction, de déception, de possession, d'annexion, d'agressivité violente, de contrôle et de convoitise dans mes relations avec les autres, avec ma famille, avec mon institution, avec ma société, dans mon lieu de scolarité, de travail, de loisir, de sport, de vacances, à l'école, dans ma paroisse, ou dans mes paroisses, dans les mouvements de jeunesse?

Comment je refuse d'aimer le Christ lorsque j'aime mal les autres à travers mes paroles, mes actes, mon comportement? Comment j'accueille Jésus-Christ dans mon cœur, dans mes paroles et dans mes actes, dans mon comportement, dans mon style de vie? Concrètement, comment je témoigne de mon hospitalité de qualité pour les autres? Est-ce que j'accueille les autres, les étrangers, les immigrés, les voisins de manière chaleureuse et respectueuse? Comment j'accepte de vivre intérieurement mais aussi extérieurement, dans mes actes ma foi, mon espérance et ma charité?

Comment je fais l'expérience d'humilité et de soumission à Dieu, à sa Parole, à ses commandements, à la Tradition Apostolique, à l'Eglise, à ma conscience, à mon institution, à mon intuition, à ma famille? Comment je résiste au rejet, à l'exclusion, à l'indifférence, au racisme, à l'humiliation, aux moqueries, à la domination, à la provocation, à la calomnie, à la médisance, à la violence, à la destruction, à la guerre, à la méchanceté à l'égard des autres et de manière particulière aux plus fragiles d'entre nous, dans mes pensées, mes paroles, mes actes, mes attitudes et mon comportement? Comment mon adhésion au Christ me permet-il d'être positif, optimiste lorsque avec lui, pour lui et par lui je fais l'expérience du refus, du rejet, de l'exclusion, d'indifférence, du racisme, d'injustice, d'humiliation?

Comment j'accepte dans mon cœur le choix que Dieu a fait pour moi et de moi le jour de mon baptême? Comment je vis dans l'obéissance confiante à Dieu, à sa Parole, à l'Eglise? Comment j'expérimente la solitude dans ma vie tout en étant conscient que la solitude est à la fois une expérience de vulnérabilité vis-à-vis des autres et une expérience d'ouverture à la Transcendance, à la force du Seigneur qui m'apprend à mieux aimer à partir du moment où j'accepte que la Parole de Dieu me remette moi-même en question, c'est-à-dire mes pensées, mes projets, mes paroles, mes actes et mon comportement à l'égard de Dieu, des autres, de l'Eglise et de la société?

Comment à la manière de l'hymne à la charité, l'évangile m'interpelle pour me permettre de remettre en question mes connaissances, mes réalisations, mes aspirations, mes projets, mes passions, mes attachements car tout cela sans l'amour, je ne fais que beaucoup de bruit et je ne construis pas? Pourquoi et comment l'amour me paraît à la fois concret et insaisissable, totalitaire et éphémère, prodigue et égoïste, généreux et possessif dans ma vie à moi? Comment le Seigneur m'aide à purifier progressivement cet amour qui m'habite pour résister aux pensées, aux paroles, aux actes et aux comportements qui alimentent la jalousie, la vanité, la recherche effrénée d'intérêt personnel, la colère, le sadisme source de beaucoup de souffrances dans nos relations interpersonnelles, familiales, institutionnelles, professionnelles, sociétales, paroissiales? Comment je progresse dans les expériences de patience, de serviabilité, de bienveillance et de confiance en prenant conscience dans mon cœur que c'est Dieu le Père qui m'aime en premier, qui est source de tout amour, qui me pardonne et me sauve?

HUBERT  MAYITUKA

 

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