La parole symbolique sur la péricope de Luc9,28-36: Propositions des significations

Je poursuis l'étude biblique actualisée dans un langage contemporain pour discerner la créativité symbolique qui fait jaillir les significations  humaines, spirituelles et théologiques de ce récit de la transfiguration chez Luc 9,28-36. Aux disciples qui ne peuvent comprendre le chemin que veut suivre leur maître (Mt16,22), Dieu fait entrevoir la gloire mystérieuse de son fils et exige d'eux qu'ils écoutent son enseignement (Mt17,5). Dieu désigne clairement Jésus comme son Fils et dit à Pierre et à ses compagnons de l'écouter plutôt que d'écouter leurs pensées et leur volonté propres. Ce n'est qu'en croyant que Jésus est le Fils de Dieu et en plaçant toute notre confiance en lui que nous pourrons vraiment le suivre et lui obéir. En tant que Fils de Dieu, Jésus est revêtu de la puissance et de l'autorité divines, ses paroles devraient donc représenter l'autorité suprême pour nous. Si un enseignement est authentique il sera en accord avec les enseignements de Christ. Examinons tout ce que nous entendons à la lumière de la révélation divine, de la tradition ecclésiale et nous ne serons pas induits en erreur. Ne cherchons pas conseil et direction uniquement auprès des hommes, écoutons leur cohérence d'abord avec ce que dit la Bible.

Jésus se rend sur une montagne avec Pierre, Jacques et Jean pour leur montrer qu'il est vraiment: pas un simple prophète, mais le Fils unique de Dieu. Moïse et Elie représentent respectivement la loi et les prophètes. Jésus accomplit à la fois la loi de Dieu et les paroles des prophètes (Mt5,17). Pierre exprime un désir qui montre peut-être qu'il comprend la vraie foi comme fondée sur trois pierres angulaires: la loi, les prophètes et Jésus. Par la suite, progressant dans sa compréhension, il écrira que Jésus est la "pierre angulaire, choisie" de l'Eglise (1P2,6).  Jésus nous interpelle contre les abus et les excès auxquels la loi a donné lieu (Jn1,17). Mais Comment je trouve la parole existentielle qui me concerne dans cette compréhension significative de la parole symbolique? Quel sens je trouve pour moi à partir de ce récit de la transfiguration ou de la prière christologique ardente, transformatrice et libératrice, incarnée?

Les trois disciples vivent un moment merveilleux sur la montagne et ne voudraient probablement plus repartir. Parfois parce que nous vivons une expérience riche à un endroit, comme en retraite spirituelle, nous aimerions y rester, loin de la réalité et des problèmes de la vie courante. Les luttes qui nous attendent dans la vallée nous encouragent à nous attarder sur le sommet de la montagne. Pourtant, rester là nous empêcherait de nous occuper des autres, au lieu de devenir des géants spirituels, nous nous laisserions écraser par notre égocentrisme. des temps de retraite et de ressourcement sont certes nécessaires, mais c'est pour nous permettre de retourner exercer notre service auprès du monde. Notre foi doit garder toute sa signification, que nous soyons au pied de la montagne ou à son sommet.

Comme Pierre, Jean et Jacques, marchons à la suite du Christ sur les pas de ces apôtres pour grandir dans notre foi au Messie crucifié et ressuscité qui est venu et veut instaurer son royaume dans nos cœurs, c'est-à-dire dans le cœur des humains et dans son Eglise. L'Eglise, Corps du Christ est cette montagne eschatologique où afflueront les nations (Es2,2-3; Voir 11,9;Dn9,16). Reconnaissons dans nos vies des baptisés la bonté de Dieu qui accorde ses dons avec une indéfectible générosité à ceux qui l'écoute  et témoignent de sa Parole et de ses promesses et de ses sacrements dans la fidélité à l'Ancien Testament et au Nouveau Testament

Que notre foi soit solide comme celle des témoins oculaires de la de la grandeur de Jésus-Christ. Travaillons à notre propre transformation spirituelle visible par des changements réels et vivons comme des vrais témoins du Ressuscité.  L'idée que le Fils de l'homme glorieux doive passer par la mort et la résurrection m'est-elle choquante à moi aussi? Comme les témoins oculaires de la transfiguration, nous les chrétiens, qui sommes à la fois des prêtres, des prophètes et des rois dans le Seigneur devons être des témoins de la résurrection, de la miséricorde et porter nos croix pluriels pour communier à l'histoire du salut qui trouve à Jérusalem dans la mort et la résurrection du Christ son sens et son centre. Nous constituons tous ensemble, l'Eglise Peuple de Dieu. Et comme Peuple de Dieu, soyons toujours en marche sous la conduite du Seigneur qui réside au milieu de  nous dans nos cœurs, nos vies, nos familles et dans l'Eglise avec le compagnonnage réel de l'eucharistie comme du temps de la nuée pour le peuple juif dans cette histoire du salut. 

Evitons de tomber dans l'idée nationaliste et guerrière du messie attendu pour retrouver notre adhésion au Christ Crucifié et Ressuscité pour nous et pour l'humanité toute entière afin d'accueillir la force et la grâce, la puissance de l'Esprit-Saint qui nous convertit. C'est l'Esprit-Saint qui nous convertit réellement au Christ et transforme notre vie intérieure, nos vies, n os attitudes et nos engagements au service des autres dans la joie de l'évangile et l'accueil de la miséricorde divine en dépit de nos faiblesses, de nos péchés, de nos fragilités et de notre mortalité.

La foi se découvre dans le quotidien de chacun avec ses joies et ses épreuves. Dans toutes nos croix grandes épreuves de la vie ou galères quotidiennes, blessures subies ou désespoir intérieur, Jésus est notre compagnon fidèle de route, notre Berger qui fait que rien ne peux nous manquer. L'aspect du visage de Jésus, ses vêtements blancs comme neige, ainsi que le nuage sont les signes de la rencontre de Dieu.

Dieu indique clairement le lien qui l'unit à Jésus, son Fils. Inutile pour les disciples de monter des tentes pour fixer l'événement. Maintenant, en route avec Jésus. Suivre Jésus, c'est accepter comme disciple le paradoxe de sa mort annoncée et notre propre croix, mais aussi celle des autres, de nos familles, de nos paroisses, de la société, de l'Eglise, du monde et de notre planète. Avec Jésus, la rencontre de l'autre est toujours une aventure nouvelle, à condition de ne pas se refermer sur ses sécurités et son passé. Choisir Jésus nous permet de vivre nos choix. Par exemple prendre du temps de connaître l'autre et ne pas m'arrêter uniquement sur son aspect physique ou sur un événementiel.  Pourquoi l'homme ne prend-il pas la peine de connaître l'autre, c'est-à-dire de plonger son regard approfondi sur l'autre? Il y a toujours l'attitude d'écoute active que nous devons mettre en place dans nos relations courtes et longues pour vivre ensemble.  Le récit de la transfiguration nous permet aussi de reconnaître qu'avant de juger il faut d'abord écouter, savoir ce que l'autre dit et découvrir comme avec les trois disciples que la foi est don gratuit et surprenant de Dieu que Dieu lui même accorde souverainement et miséricordieusement.  aux pauvres des cœurs, aux pauvres de Yahvé.  Comment se fait-il qu'aujourd'hui et comme auparavant la foi n'atteint pas son paroxysme de manière a illuminer positivement c'est-à dire intérieurement mais aussi extérieurement les disciples qui répondent immédiatement ou dans la gradualité à l'appel de Dieu pour travailler à sa mission en tout lieu, en tout temps et en toute circonstance sur le chemin de croissance spirituelle et temporelle, privée, citoyenne, familiale, sociétale, ecclésiale, publique? 

L'étude biblique me fait découvrir d'autres manières d'interpréter le même récit de la transfiguration chez les différents évangélistes à partir des sources herméneutiques que j'étudie ou  je m'appui pour discerner les nuances interprétatives. Comment découvrir des telles nuances? ( A suivre ).

HUBERT MAYITUKA

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