vision

  • L'éducation dans la secte du KIMPASI:Fondamentaux initiatiques de la nuctosophie dans la société ultra-secrète KONGO.

    L' EDUCATION DANS LA SECTE DU KIMPASI: FONDAMENTAUX INITIATIQUES DE LA NUCTOSOPHIE DANS LA SOCIETE ULTRA-SECRETE KONGO.

    Dans la secte de Kimpasi, les néophytes sont initiés à l'art de féticheur, à la Kindoki, à la sorcellerie. Cette initiation à la sorcellerie où l'on accède au sanctuaire nuctosophique d'interdits, au pouvoir et à la science nuctosophique maléfique et bénéfique sur les êtres, les choses, les situations et les événements selon l'usage que l'initié en fait auprès des membres du clan et du village est une première éducation traditionnelle dans l'Ancien Royaume du Kongo.  Une telle éducation rélève de la métaphysique nuctosophique sur la vie, les choses et les êtres dans une vision du monde globale et harmonieuse entre les vivants et les morts sous la responsabilité métaphysique, nuctosophique des ancêtres, des génies, des anciens et des devins qui interagissent dans le monde visible dès qu'ils sont invoqués par les initiés par la médiation des rites celebrés par les membres de la société ultra-secrète.

    La société traditionnelle Kongo a formé et éduqué ses membres jugés compétents, différents, avec une personnalité exceptionnelle aux sciences, aux techniques et à des technologies traditionnelles porteurs des savoir, de savoir faire, de savoir être et de savoir devenir notamment dans les domaines de l'armément traditionnel, de la sculpture traditionnel, de l'art traditionnel, de l'agriculture traditionnel et de la brasserie traditionnelle en exploitant aussi des palmiers producteurs des vins. C'est dans cette perspective que le révérend Père Ndundu Massamba affirme:"Il y a aussi dans l'éducation un apprentissage aux métiers de forgeron, de potier, de tisserand, de vannier et même de tireur de vin de palme"(160). C'est un homme compétent qui initie, instruit et éduque les jeunes aux métiers de forgeron, de potier, de tisserand, de vannier et de tireur de vin de palme.

    Le troisième pôle de l'éducation est celui de l'histoire du clan et de la science des palabres. C'est un ancien quelconque, un chef du village ou ancien du clan qui initie, instruit, enseigne ou éduque les jeunes gens à l'histoire du clan et à la science des palabres. Le jeune qui suit l'initiation, l'instruction et l'éducation paie son instructeur, son éducateur et son initiateur pour suivre ces enseignements traditionnels.

    Dans cette diversité de pôles d'enseignement, l'enseignement de l'histoire du clan et de la science des palabres, ancêtre des sciences politiques sont données de façon occasionnelle par des jeunes qui en expriment la motivation, la curiosité et le goût d'apprendre et qui présentent leurs requêtes aux vieux détenteurs de cette science et savoir historique et de l'art du palabre. Mais les vieux dispensent ces enseignements concernant l'histoire du clan et la science de palabre selon leur bon vouloir et leur propre disponibilité.

    L'éducation de l'enfant Mukongo est caractérisée par l'apport essentiel de la mère qui lui exprime sa tendresse, son attention et sa protection sans faille comme une poule protège ses poussins. Le père aussi aime son enfant et s'en occupe pour accompagner sa femme jusqu'au moment où l'enfant sait de lui-même se prendre en charge. Quand la mort intervient dans la famille c'est souvent Nzambi, Dieu qui reprend les vies qu'il donne à exister avant.

    La mère assume le premier rôle dans l'éducation de l'enfant qui commence par les fondamentaux de son alimentation. " La mère est constamment occupée à nourrir son enfant. Elle le gave littéralement et ne semble satisfaite que quand le petiot n'en peut plus et rend le trop plein. Des têtées autant de fois qu'il crie, jour et nuit. Après quelques mois, on donne à l'enfant de la nourriture solide, des bananes bien mûres, de la chikwange, de la soupe aux arachides"(161).

    La mère continue de porter toute son attention à l'enfant tant qye celui-ci ne sait pas encore courir seul. "Aussi longtemps qu'il ne peut courir seul, le bébé est porté par sa mère presque toute la journée. La nuit il couche à ses côtés. Souvent elle le caresse, le dorlote, l'amuse comme toute mère du monde sait le faire"(162). Le Père reste attentif au bébé, à l'enfant et trouve le moment de le prendre en main et de le caresser surtout après une longue absence du toît familial pour les raisons du travail ou des palabres claniques. "Le père aussi sait cajoler son enfant, par exemple au retour d'un voyage, il le prend dans ses bras et le caresse assez gentillement. Cette habitude de caresser l'enfant dure aussi longtemps que l'allaitement. Une fois qu'ils sont sevrés, garçons et filles sont traités avec moins d'attention"(163).

    L'éducation de l'enfant mukongo à l'âge de 6 ou 7 ans est celui de savoir faire qui concerne soit les femmes, si l'enfant est une fille ou les hommes si l'enfant est un garçon. La fille est éduquée aux tâches ménagères, à la préparation de la nourriture, à la tenue de la maison et aux travaux des champs."Vers l'âge de 6 ou 7 ans, quand elle couche dans "la maison des femmes", la petite fille commence à aider sa maman dans les travaux du ménage et dans les champs; elle la suit partout, et ainsi elle apprend tout ce qu'une femme mukongo sait et doit savoir"(163).

    De 6 à 7 ans, l'enfant qui a du mal à obéir aux parents et surtout à la maman n'est pas frappé, ni puni avec des coups. La maman fait tout d'abord pour la gronder, ensuite le supplier et s'il n'y a pas de changement de comportement, elle le maudit. Écoutons le père NDUNDU MASSAMBA,S.J: "Si elle fait le mal ou n'obéit pas, l'enfant est grondée. Si les reproches ne suffisent pas, la mère touche la corde sensible et supplie son enfant par son "ndumbululu" ou nom de parade:"Oh, mère, femme, mère née dans la douleur". Si par exception l'enfant résiste encore, elle est assaillie d'un flot d'objurgations, de malédictions terribles. Rarement on en arrive aux coups"(164).

    A 10 ans, l'éducation de l'enfant mukongo se focalise sur son développement corporel et sur sa façon de protéger ses parties intimes. "Vers l'âge de 10 ans, la jeune fille retourne à son clan. Si elle est esclave, elle reste avec sa mère jusqu'au mariage. En tout cas, elle reçoit une ceinture d'étoffe pour couvrir les seins et un pagne un peu plus large"(165).  C'est également à l'âge de 10 ans que le jeune enfant, la jeune fille, libre apprend à aller poursuivre son éducation dans son clan, chez son oncle maternel qui lui apprend les durs travaux des champs. La jeune fille esclave, elle reste à 10 ans avec sa mère car son clan c'est celui de son Père. C'est donc son papa qui l'initie aux durs travaux des champs.

    L'éducation des jeunes filles agées de 10 ans est beaucoup plus serieuse. L'oncle maternel leur apprend à être coquette pour se présenter dans des lieux publics comme au marché et de tout faire pour eviter la malpropreté. C'est à dix ans que les jeunes filles son éduquées par leurs oncles maternels ou par leurs papa, si elles sont exclaves pour apprendre à se gerer en vue de seduire et de trouver plutard des maris en restant coquettes, vivantes, enthousiastes, charmantes et dignes, refusant toute malpropreté.

    Le chemin  d'humanisation du garçon(petit homme sevré) à trois ans est celui de la croissance dans la lucidité, la vigilance, l'éveil et l'observation pour qu'il soit au prise avec les réalités en mettant en alerte toutes ses facultés de sens: la vue , l'ouïe, l'odorat et le touché pour communier avec la nature dans ses aspects hospitaliés et inhospitaliés tout en cherchant à le dompter dans son espace propre. Il faut reconnaître que la gymnastique demeure rude pour ce petit garçon habitué à vivre sur la hanche et le dos de sa mère et qui dort également durement sur le sol battu où il trouve sa couchette.

    L'initiation et l'éducation à l'autonomie du petit garçon commence à l'âge de quatre ans où la tendance est celle de la liberté et de l'autonomie dans les possibilités qui sont offertes au petit garçon à suivre sa propre voix. "Il sait déjà faire du feu et à son propre foyer il grille des noix de palme, des chenilles et des grillons comestibles. A six ans il quitte définitivement la hutte maternelle"(166).

    Ce processus d'autonomie s'accélère avec l'expérience d'apprentissage des savoir, de savoir-faire, de savoir être, de savoir devenir par la médiation de l'initiation expérientielle et de l'imitation du père en l'accompagnant dans ses actes pluriels mentaux, les actes du langage, les gestes corporels, les actes humains qui correspondent aux exigences de l'autonomie alimentaire en devenant chasseur, pêcheur pour attraper les gibiers et les poissons. Des tels actes pluriels initiatiques et expérientiels concernent également l'autonomie économique et commerciale qui permet au jeune homme d'adhérer à la logique du marché pour produire des richesses, de l'argent et de l'intérêt à partir de la loi de l'offre et de la demande en allant au marché et en devenant commerçant, vendeur ou acheteur.

    Ces actes pluriels experientiels et initiatiques se poursuivent dans l'art politique de la négociation, du compromis et des palabres  qui font du jeune homme un futur grand orateur à l'écoute des points de vue différents, contradictoirs et opposés et en quête du consensus, du compromis qui permettent de gerer les conflits et de construire le vouloir vivre ensemble de manière harmonieuse. "Ce qu'il voit, entend dans ces circonstances, il le retient et tâche de l'imiter"(167).

    Le jeune homme poursuit son processus d'autonomie dans les actes pluriels des loisirs où les jeux avec des filles lui permettent de croître en sens , en sagesse, en responsabilité et en humanité à travers des risques pluriels, des échecs; des joies, des morts successifs qui l'incite à adhérer à l'égale dignité dans le respect de la légalité et de la différence pour une considération harmonieuse des filles et de leur autonomie privée et collective.

    De 6 à 9 ans, le savoir, le savoir-faire, le savoir être, le savoir devenir du jeune garçon se consolident et se construisent dans des actes pluriels mentaux, dans les actes du langage, dans les gestes corporels, dans les actes humains qui promeuvent la chasse, la fabrication des outils de chasse, la connaissance des différentes espèces comestibles et non comestibles, la fabrication des pièges et des lacets, grâce à la connaissance de la valeur et de l'usage des lianes; la préparation du gibier (fruit de la chasse, la vente du gibier au marché pour avoir de l'argent, l'investissement de cet argent dans l'achat des friandises ou d'un couteau.

    "Quand il a son couteau, il est presque un grand jeune homme. Il se taille des bâtons, fabrique de nouveaux pièges, creuse des arbres, où il trouve de grasses larves de coléoptères, il ouvre des nids de termites comestibles. Mais à mesure qu'il grandit, son père l'emploie davantage pour faire des courses et porter des charges au marché"(168). 

    Le processus d'autonomisation se poursuit à l'âge de 10 ans en changeant de lieu et d'espace initiatique et expérientiel. L'enfant est envoyé au clan de sa mère et est appelé NLEKI, sujet de l'oncle maternel. L'esclave demeure sujet de la maison du Père et est appelé NLEKE.  Tous ces jeunes garçons, NLEKI ou NLEKE sont mis au rude épreuve de la même manière pour apprendre la dureté de la vie en étant exploités pour des services lourds, les travaux, le commerce afin de réaliser uniquement la volonté clanique de l'oncle maternel ou celui de la maison du Père.

    Le processus d'autonomisation de NLEKI ou NLEKE atteint la phase critique avec le surgissement de la capacité et de la possibilité d'engendrer. C'est en mettant au monde un enfant que tout NLELI ou NLEKE accède à la maturité et devient un adulte, même au stade précoce et est sensé et obligé d'assumer son nouvel état avec les responsabilités que cela implique. " En effet Mbuta vient de kubuta, engendrer. L'enfant devenu mbuta est tout heureux et fier. Il n'est nullement troublé. Le lendemain, tous ses camarades connaîtront l'événement; et même s'il ne s'en vante pas devant eux, il le sauront bientôt. Car ils s'observent attentivement entre eux. Le jeune homme sent un grand changement dans sa vie. Il est moins maniable entre les mains des anciens. Il se dispute facilement; il a des excès de colère et de tristesse"(169).

    De douze à seize ans, les jeunes s'observent, travaillent, rencontrent des filles, les courtisent, se bagarent pour elles et sont parfois jugés par des anciens qui interviennent quand tout dégènere et entraîne des conséquences graves. Les coupables sont rudement sanctionnés. "L'ancien intervient, morigène, parfois il frappe, verse du poivre dans les yeux du délinquant ou le fait mettre aux entraves. Les palabres plus grosses sont portées au tribunal du chef et ont des conséquences assez graves"(170).

    Le rite initiatique pour la croissance en sens, en humanité, en spiritualité, en vie religieuse, sociétale, clanique et citoyenne est le rite de la puberté reservé aux jeunes de 12 à 16 ans sous la responsabilité d'un vieux féticheur. "Sous la surveillance d'un vieux féticheur, ils se retirent dans un enclos, à proximité ou au milieu d'un bois, en dehors de tout commerce avec les habitants du village. Ils sont circoncis, soumis à des rites de toute sorte et initiés plus particulièrement à la vie religieuse et sociale du clan"(170).

    Le rite de la puberté tout comme le rite de KIMPASI durent dix mois pendant lesquels les jeunes sont mis à l'écart de la société et vivent une rude initiation pour la croissance en sens, en humanité, en sociabilité clanique et citoyenne pour renaître dans le clan et dans la société comme des personnes adultes, mûres, responsables, visionnaires pour le bien personnel, familial, clanique, communautaire et sociétal.

    "Au bout d'une dizaine de mois, les initiés reviennent au village, comme des hommes nouveaux avec un nouveau nom. Ils sont préparés au mariage. Pour y arriver, ils doivent travailler, satisfaire leur oncle afin d'obtenir de lui ses bons offices pour négocier l'affaire avec les possesseurs de la femme ainsi que la somme d'argent et les cadeaux requis. Ils préparent ce premier établissement en se construisant une belle hutte; et en rêve ils s'en construisent encore d'autres pour les femmes qu'ils espèrent s'adjoindre et qui feront l'honneur et la force de leur lumbu (harem) futur".(171).

    La tradition Kongo, dans l'Ancien Royaume du Kongo, chez les BAKONGO, reconnaît la présence des exceptions, des différences et des personnalités fortes qui se construisent elles-mêmes dans leur autonomie tout en restant respectueux et ouverts aux traditions ancestrales et claniques. Des telles personnalités morales fortes bousculent ces traditions ancestrales et claniques et prennent des risques grâce à l'ouverture et à l'accueil de l'inattendu et de l'imprévisible, dans l'exercice de la liberté de qualité et surtout en exerçant l'imagination créatrice par la médiation de l'attestation des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains fortement lucides, responsables, réalistes, prophétiques, visionnaires, méta-éthiques, métaphysiques et théologiques qui contribuent à la construction anthropologico- politico-économico-socio-culturelle, ecclésiale et religieuse du sens pour grandir en humanité dans une interdépendance planétaire, mondiale.

    Des personnalités exceptionnelles brisent la mentalité du nivellement, du conformisme, de la jalousie, de la kindoki, sorcellerie, du ressemblance au modèle clanique, ancestral perpetré par les Ba Mbuta, les aînés, avec un contrôle clanico-sociétal de proximité qui frise l'exclavagisme, l'exploitation dictatoriale, totalitaire et fasciste.

    "Telle mère, telle fille, dit un proverbe Kongo. Tel mbuta, tel nleke, dit un autre proverbe. Il ya des exceptions, il y a des différences individuelles, il y a parfois des personnalités. Mais en règle générale la société Kongo forme tous ses membres à son modèle et à sa ressemblance. Et toute éducation s'élabore par des chants, des proverbes, des fables, des devinettes. Muana nkongo banlongilanga mu nkunga ye mu bingana. On éduque l'enfant mukongo par des chants et des proverbes."(171).

    Et que dire de la structure onto-théologique de la société Kongo en confrontation avec l'univers moral Kongo relevant le défi des actes pluriels du langage par la médiation de la parole et des actes de Kimpasi qui amplifient la quintescence de la personnalité modale mukongo au regard " des Etudes BAKONGO" du Père VAN WING ? ( A suivre). Père Hubert Adelain MAYITUKA MANGANGULA. Desservant. Curé d'Orbais.(PERWEZ).

    ______________________________

    (160) Ibid.,p156.

    (161).  Ibid.,p157.

    (162). Ibid.

    (163). Ibid.

    (164). Ibid.,p158.

    (165). Ibid.

    (166). Ibid.

    (167). Ibid.,p159.

    (168). Ibid.

    (169). Ibid.,p159-160.

    (170). Ibid.,p160.

    (171). Ibid.

    (172). Ibid.

    (173). Ibid.

  • L'éducation de l'enfant Mukongo chez Van WING selon Ndundu Massamba,s.j

    Pour le révérend Père Ndundu Massamba sj., selon L'oeuvre du révérend Père J. Van Wink que nous étudions,  éduquer un enfant commence par éduquer sa mère lorsque celle-ci est enceinte et cela dès la conception jusqu'à la naissance de l'enfant. Des femmes sages très agées s'occupent d'initier et d'éduquer la mère dans son expérience de mettre au monde un enfant. Dès que l'enfant est né, l'éducation est donnée à cet enfant et à sa mère jusqu'à la sortie de l'enfant pour la première fois du hutte familiale au soleil. Une autre étape de cette éducation concerne le moment fondamental où le père donne le nom à son enfant, voir impose les noms que celui-ci portera. Comme on peut le constater l'éducation traditionnelle Kongo est ponctuée des rites à différents étapes existentielles de la croissance en sens et en humanité de l'enfant , de sa mère et de son papa. Ces rites s'avèrent spéciaux dans le cas où les enfants sont des jumeaux. L'éducation de l'enfant Mukongo continue jusqu'à l'âge de puberté et est ponctuée par des rites et institutions spécifiques. Analysons les différentes étapes constitutives de l'éducation de l'enfant Mukongo dans la tradition africaine Kongo dans l'Ancien Royaume du Kongo.

    I. L'éducation de la femme pendant la grossesse.

    Le révérend Père Ndundu Massamba s.j analyse le chapître IX des Études Bakongo du révérend Père Van Wink (128) portant sur la grossesse, la naissance et l'éducation pour présenter la vision de l'éducation de l'enfant Mukongo au régard de Père J; Van Wink. L'éducation est un processus qui commence par les acquis de la construction en sens et de la croissance en humanité des parents eux mêmes, c'est-à-dire du père et de la mère qui se sont rencontrés et ont célébré leur mariage coutumier, civil, religieux ou non, voir ont célébré et consommé leurs rapports, leurs unions avant le mariage en donnant lieu à la grossesse et à la naissance.

    Les fondamentaux de l'éducation de l'enfant à naître se jouent déjà lors de la formation du foetus et dans la manière dont durant neuf mois la grossesse se déploie à travers les médiations de la pensée, des comportements et des émotions de la femme enceinte, c'est-à-dire de l'épouse. Les fondamentaux de l'enfant à naître se déploient aussi à travers la médiation des actes pluriels mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des actes humains, des conduites, comportements, attitudes, regards, perceptions, représentations, manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de savoir, de savoir faire, de savoir être, de savoir devenir, de savoir souffrir, de savoir jouïr, de savoir jubiler des époux-eux-mêmes, c'est-à-dire du Père et de la Mère. Cette pluralité des actes et des savoirs des époux ou des parents contribuent à l'accueil de l'enfant à naître et à son accompagnement dans le processus décisionnel de sa maturation et de sa croissance en sens et en humanité dans une société pacifiée, économiquement fiable et utile à l'exercice de la citoyenneté responsable et au déploiement de l'emploi pour subvenir aux besoins fondamentaux, vitaux, sociétaux et culturels de la famille et de la croissance en sens et en humanité de l'enfant à naître, du bébé, de l'enfant, de l'adolescent, du jeune et de l'adulte en mettant l'humain au centre de la joie lumineuse de l'élan vital, de la force vitale intergénérationnelle, planétaire et de la vie.

    Une telle approche est très loin du transhumanisme techno-scientifique dévolue à la singularité du surhomme Nietschien appliqué systémiquement dans une perspective ultra, techno-scientifique et idéologique libérale d'un impératif catégorique propulsé par l'économie du marché dans une logique de rapport de force prédominant pour la gloire de la singularité dominatrice liberée de la fragilité au profit de l'efficacité performante robbotisée en vue de l'immortalité et de l'institutionnalisation de l'exclusion de la masse au niveau intergénérationnelle et planétaire.

    Pour le révérend Père Ndundu Massamba, s.j le révérend Père J. Van Wing reconnaît la place capitale et essentielle à donner à l'hygiène par la femme enceinte et ou par les femmes enceintes deux ou trois mois après l'arrêt des règles dès la grossesse. Dans la Tradition Kongo l'éducation de l'enfant à naître commence par l'éducation de sa mère à la pratique de l'hygiène et à l'observation de certaines prescriptions dès le deuxième mois et le troisième mois de la grossesse. Les vieilles femmes du village, les femmes sages et agées, accoucheuses sont celles qui leur apportent cette première éducation à l'hygiène et à l'abservance des prescriptions pour le développement harmonieux de l'enfant à naître.

    Elles leur inculquent le respect de la parole normée à travers la systémique contraignante dite "kuyina n'longo", respect contraignant des interdits. "Pour éviter à l'enfant toute difformité, la future maman prendra des précautions: elle évitera par exemple la présence de tout homme difforme et s'abstiendra de la chair de tout animal qui a un vilain défaut, tels les oiseaux jaseurs: nsudi, solokoto, kikutu-kutu (l'oiseau de malheur), nkewa( le singe gris, très laid), zundu(une grenouille géante aux yeux énormes)"(129).

    Le contact de la mère avec les êtres peuplant le règne minéral, végétal, aquatique, animal et humain, voir stéllaire peut influencer positivement ou négativement directement la croissance en sens et en humanité de l'enfant à naître sans oublier les influences du monde invisible, celui des ancêtres.  Ainsi l'alimentation de la femme enceinte doit elle être exigeante.

    La deuxième étape de l'éducation traditionnelle de la femme enceinte consiste à accéder au rite initiatique qui le prépare à faire le choix de la modalité d'accouchement lorsqu'elle arrive à terme. En lieu et place de choisir la naissance par césarienne, qui n'existait pas et qui rélève de la techno-science et du progrès des sciences médicales et des sociétés contemporaines, la femme traditionnelle Kongo choisit d'accoucher par la systémique initiatique fétichiste "Kubuta mu nkisi" où le féticheur appelait Nganga Nkisi, Nganga nkwa mpiata offre à la femme qui veut accoucher différentes apportunités. La femme est amenée à choisir entre différents fétiches qui favorisent un accouchement réussi à travers lequel la douleur d'enfantement est transfigurée en joie lorsqu'elle met au monde et devient créatrice de l'être humain et parachève la co-création en harmonie avec la systémique des lois naturels, biologiques, physique, physiologiques, cosmiques qui répondent à une systémique harmonieuse et évolutive.

    Le choix du fétiche est determiné par les exigences des traditions claniques et les circonstances de l'accouchement. Mais c'est le féticheur qui dialogue avec le fétiche pour savoir quel est le fétiche qui correspond le mieux à telle ou telle autre circonstance dans le respect de la tradition clanique. Le respect de la systémique du rite de l'initiation fétichiste propice à l'accouchement est considéré comme une expérience à vivre par la femme enceinte qui est à terme pour collaborer à la croissance en sens et en humanité de l'enfant à naître dans des bonnes conditions qui contribuent à son éducation future.

    "Parmi les différents nkisi qui font naître les enfants, nous retenons comme principaux: mbudi, gumba, nzinga, nkengo yanga, kimpi, kidia kinkala, mansansa, mumpasa, yala, nkondi, nsona"(130). Avant l'accouchement, la femme traditionnelle Kongo doit se devoiler, dire tout ce qu'elle a fait de bien ou de mal devant le féticheur, c'est la confession traditionnelle. Les autres personnes ont également le droit et le devoir de l'accuser auprès du féticheur qui l'aide à mettre au monde le bébé pour tout ce qu'elle a fait de mal et qui est contraire à la tradition clanique, aux interdits, à la vie en couple et en société organisée. C'est le processus de la délation culpabilisante.

    On pourrait accuser une femme enceinte qui est à terme d'être par exemple sorcière, car elle ensorcelle les gens, jette un mauvais sort à leurs plantations, à leurs bétails, à leurs progénitures... On pourrait accuser une femme enceinte qui est à terme d'être également adultère, d'avoir trompé son mari et d'être enceinte d'une autre personne alors qu'elle est mariée selon la coutume au au civil, voir selon les religions traditionnelles avec son mari.

    Pour les femmes enceintes qui étaient épargnées de toute accusation et qui avaient une conduite et un comportement exemplaire mais aussi qui n'avaient jamais été traitées par et avec d'autres fétiches, le féticheur leur appliquait le fetiche appelé "Kodi di Kinzenzi" pour accoucher de façon normale. Mais que signifie ce fétiche? "Littéralement "coquille du petit cri-cri", le kodi di Kinzenzi est un gros coquillage rempli de mpemba(terre blanche), de nsadi(terre rouge), de poussière de feuille de kitundibila,(une espèce de gingembe sauvage), de pépins de courges(mbika malengi) et de poussière de kinzenzi"(131).

    C'est le mari qui fait la demarche auprès du feticheur quand sa femme est à terme d'abord pour savoir le type du fetiche qui convient à l'accouchement dans telle circonstance et selon telle tradition clanique. Le feticheur interroge à son tour les différents fétiches à travers une systémique rituelle incantatoire et incantatrice où il communie avec le monde invisible et fait participer le mari de la femme enceinte dans ce saut méta-culturel, méta-éthique et métaphysique.

    Dès que le féticheur reçoit la réponse ou le message du fétiche qu'il interroge, il est à mesure de prononcer l'oracle et de désigner le fétiche, c'est-à-dire le nkisi qui correspond à la circonstance selon la tradition clanique pour l'accouchement au cas par cas.

    Le mari de la femme enceinte va implorer le féticheur qui détient le fétiche en question pour lui demander de l'appliquer à sa femme qui est à terme pour un accouchement harmonieux. Il paie les honoraires à ce féticheur appelé "nganga nkwa mpiata" qui va utiliser normalement le "kodi di kinzenzi" pour permettre à une femme enceinte qui a une conduite irréprochable d'accoucher harmonieusement. Le féticheur est à la fois expert, guérisseur et prêtre traditionnel qui déploie ses charismes, son expertise, ses compétences au service de l'élan vital et de la force vitale. Il contribue à la croissance en sens et en humanité de l'enfant à naître, du bébé, de l'enfant, de l'adolescent, du jeune, de l'adulte et jette les fondamentaux de son éducation harmonieuse.

    Mais quel est le contenu spécifique de la portion qu'il administre à la femme qui est à terme? Où et comment prépare-t-il cette portion? Dans quel cadre systémique, rituel et initiatique pratique-t-il ce fétiche? Avec quels actes mentaux, quels actes du langage, quels gestes corporels, quelles conduites, quels comportements, quels regards, quelles perceptions, quelles représentations, quelles attitudes, quelles manières d'être, de penser, de vivre, d'agir, de souffrir, de jouïr, de jubiler, quel savoir, quel savoir faire, quel savoir être, quel savoir devenir appliquent-il ce fétiche?

    Écoutons le révérend Père Ndundu Masamba nous éclairer dans sa réponse: "Dès que le Nganga arrive devant la hutte de la femme enceinte, il prépare une sorte de drogue faite de terre blanche, de farine de maïs grillé et de sel et la fait avaler à la femme et à son mari. Il agite son kodi di kinzenzi et par une prière invoque le kinzenzi à faciliter la naissance de l'enfant dans de bonnes conditions. puis lors celle-ci s'abstiendra de divers aliments, tels les pépins de courges (mbika malengi), le porc, etc. et de certaines pratiques, telles celles de ne pas s'asseoir sur la pierre de meule"(132).

    La femme enceinte est appelée à respecter religieusement les prescriptions que le féticheur vient de lui faire lors du choix du fétiche qui l'accompagne jusqu'à un accouchement normal. L'éducation de la femme enceinte se poursuit durant la grossesse par le respect des interdits émis par le féticheur, par le fait d'eviter de prendre des remèdes qui peuvent provoquer l'avortement. Lorsqu'elle a des malaises ou des derangements, la femme enceinte est appelée à avoir des remèdes appropriés ou à prendre le fétiche qui lui convient sous la direction du feticheur attitré qui contribue au bien de l'enfant à naître.

    L'éducation du mari lors de la grossesse de sa femme consiste à veiller sur elle pour qu'elle respecte les prescriptions du féticheur, à l'assister en cas des malaises et des dérangements pour qu'elle prenne des remèdes appropriés et au besoin des fétiches ad hoc, en évitant tout remède qui entraînerait l'avortement.

    Le mari est éduqué, voir initié à comprendre qu'une femme enceinte devient à certains moments trop capricieuse et acquiert des humeurs insupportables. Elle peut avoir des désirs, des besoins, des demandes déraisonnables, voir des goûts dépravés. Le mari est éduqué et initié à accompagner sa femme enceinte qui traverse tous ces états afin d'éviter les palabres et le divorce par absence de dialogue, d'adaptation, de curiosité, de compréhension et d'accompagnement responsable.

    La femme enceinte est éduquée, voir initiée à redoubler les efforts de vigilance dans ses actes mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses actes humains, ses attitudes, regards, perceptions, représentations, conduites, comportements, manières d'être, d'avoir, de devenir, d'agir, de savoir, de savoir avoir, de savoir faire, de savoir être, de savoir devenir, de savoir souffrir, de savoir vivre, de savoir jubiler, de savoir jouïr dans la société au sixième et huitième mois afin d'eviter tout avortement.

    "Au sixième et huitième mois, la femme sachant que ses mois ne sont pas complets se surveille davantage. Elle craint les accidents susceptibles d'avortement; elle s'empêche de danser, de parcourir de longues distances pour ne pas se fatiguer"(133).

    L'éducation de la femme enceinte au neuvième mois consiste à lui apprendre à vivre dans la serenité tous ses actes pluriels  mentaux, ses actes du langage, ses gestes corporels, ses attitudes, regards, perceptions, représentations, conduites, comportements, manières d'être, d'avoir, de penser, de juger, d'agir, de vivre, de souffrir, de jouïr, de jubiler, de savoir, de savoir-faire, de savoir avoir, de savoir être, de savoir devenir au sein de son individualité, de sa singularité,  de la famille, du clan et de la société pour contribuer à un accouchement harmonieux qui favorise la croissance en sens et en humanité de l'enfant à naître et des parents, du clan et de la société.

    "Elle (la femme enceinte) est plus ou moins tranquille au neuvième mois, car elle estime que les mois étant complets, même s'il y a accident, l'enfant naîtra viable" (133). Que se passe-t-il à la naissance de l'enfant? Qui éduque la femme lorsqu'elle expérimente le fait de mettre au monde en direct un enfant pour la première fois, voir à chaque accouchement, à chaque naissance? Pourquoi et comment se fait cette éducation expérientielle en direct? (A suivre). Père Hubert Adelain MAYITUKA  MANGANGULA. Desservant, curé d'Orbais (Perwez).

    ---------------------------------------------------------------------

    (128) R.P VAN WING,s.J, Études Bakongo. Histoire et Sociologie. Préface par ED.DE JONCHE (Bibliothèque-Congo,n3). Bruxelles, Goemaere,1921,pp.239-264.

    (129) NDUNDU  MASSAMBA,L'éducation de l'enfant Mukongo dans Actualité et inactualité des "Études Bakongo" du Père J. VAN WING. Actes du Colloque de Mayidi du 10 au 12 avril 1980. Kisantu, Inkisi, Mayidi,1983,p149.

    (130). Ibid.,p.150.

    (131). Ibid.

    (132). Ibid.

    (133). Ibid.,p.150-151.

  • Les dix étapes du deuxième moment de l'heure de Jésus:LA PASSION.StJean

    I.1. L'arrestation de Jésus: Jn18,1-11: Le deuxième moment de l'heure de Jésus, appelé sa passion débute par un événement difficile qui lui touche personnellement au coeur de sa confrontation avec le pouvoir et l'ordre public. Il s'agit de son arrestation qui permet aux responsables du pouvoir temporel de l'époque de mettre un coup d'arret à la prétention du pouvoir spirituel transcendant le sociétal, l'ordre public et la logique temporelle plurielle du pouvoir politique dans la gestion de la cité. Jésus est paradoxalement conscient de l'aboutissement de ses actes,gestes, paroles et comportements qui dérangent l'ordre établi. Sa clairvoyance lui permet de prendre concrètement la mesure du basculement de la situation pour ses disciples et de choisir une alternative de l'espace et du lieu où ils les met tous en sécurité dans cette marche vers l'heure ultime de Jésus pour les préparer à affronter le réalisme tragique et dramatique de la suite du Christ à travers un jardin, situé de l'autre coté du torrent du cédron (Jn18,1). Saint Matthieu quand à lui précise que le choix de l'alternative du chemin, de l'espace et du lieu de sécurisation, d'intériorisation et de prière des disciples autour de Jésus et à la suite de celui-ci se fait après avoir chanté les psaumes(Mt26,30,36). Une façon d'assumer le réalisme tragique et dramatique de la foi, de la vie, de la proclamation, de l'annonce, de la célébration et du témoignange chrétien et ecclésial, évangélique est d'offrir en choeur la louange des psautiers pluriels en louange, en adoration, en demande, en contemplation, en action de grâce au creuset de la vie existentielle réelle et du vécu quotidien pluriel des priants bibliques dans des situations et des circonstances diverses et complexes, voir ciblées. Cette offrande liturgique personnelle et ecclésiale permet de confronter les expériences présentes à celles veçues dans la foi par des personnages bibliques pour trouver des forces nouvelles, la grâce et l'energie qui permettent de persévérer sur le chemin de la vérité, de la justice, de la fidélité et du témoignage crédible, transparent et authentique même dans des situations tragiques, horribles et dramatiques. Jésus chante les psaumes avec ses disciples après le repas. Les psaumes du Halle, Ps113-118, dont la récitation clôturait le repas pascal...mettent en marche les disciples et Jésus sur des chemins alternatifs pour des espaces et des lieux autrement déterminants. Saint Matthieu parle lui du mont des oliviers. Saint Matthieu précise également le jardin qui serait le théâtre de la première étape de l'heure de Jésus, c'est-à-dire de sa passion à savoir le domaine appelé Gethsémani (Mt26,32). Le nom signifie "pressoir à l'huile". Lieu situé dans la valée du Cédron, au pied du Mont des Oliviers. Toujours en Saint Matthieu, Jésus amène ses disciples à Gethsémani pour les mettre à l'abri et leur offrir un espace, un lieu de sécurisation au moment où lui-même préfère aller encore beaucoup plus loin, dans un autre endroit, une autre alternative d'espace et de lieu, une élévation transcendantale, spirituelle pour un autre agir, d'autres actes mentaux, d'autres actes du langage, d'autres gestes corporels, d'autres comportements, d'autres conduites, d'autres attitudes, d'autres actes humains couronnés par l'expérience personnelle de la prière de Jésus pressentant l'irruption du moment tragique et dramatique, de l'horreur en bonne intelligence avec les psaumes chantés à la fin du repas pascal, qui inaugure l'alliance nouvelle, l'eucharistie, pour s'engager dans cette marche de vérité à l'heure de Jésus. " Restez ici, tandis que je m'en irai prier là-bas"(Mt26,36). Saint Marc parle également des chants de psaume qui précèdent le départ de Jésus au Mont des Oliviers et leur arrivé au domaine du nom de Gethsémani où Jésus invite ses disciples à demeurer sur place, unis, pour leur propre sécurité et pour se préparer à affronter le réalisme de la suite exclusive de Jésus-Christ dans l'ecclésialité et en étant eux-mêmes appuyé par l'initiative de Jésus et sa promesse de prier(Mt26,30,36) pour affronter cette heure de vérité. Saint Luc affirme que le lieu où Jésus se rend après la célébration du repas pascal où il inaugure l'eucharistie qui termine par la louange des psaumes est un lieu fortement connu et frequenté regulièrement par Jésus seul pour aller y prier.(Luc22,39). Mais cette fois-ci, précise-t-il ses disciples le suivent au Mont des Oliviers où Jésus leur donne des consignes, il leur dit:"Priez, pour ne pas entrer en tentation". Au Mont des Oliviers, dans le domaine de Gethsémani, Jésus invite ses disciples à l'acart, à quitter la quotidienneté surtout au moment de l'expérience des choix décisifs et difficiles de la vie. Ce moment est souvent celui du basculement de la situation, des itinéraires, des chemins, des situations, des institutions, des choses, des objets, des chiffres, des affaires, des pouvoirs, du savoir, de l'avoir, du paraître, de valoir, d'être et de direction. Jésus permet à ses disciples de faire cette expérience de la confrontation du réalisme de la foi proclamée, célébrée, témoignée avec sa désarticulation sociétale, privée et publique, voir politique, économique, culturelle, boursière, bancaire, pour persévérer dans l'expérience autrement transcendante et réaliste de la prière, de la spiritualité et de l'engagement conséquent, crédible et cohérent. Il s'agit de mieux affronter et de mieux traverser les exigences du temporel qui s'opposent à l'idéal, à la manière de penser, de parler, de vivre et d'être de Jésus-Christ et de ses disciples à travers la médiation des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des comportements, des conduites, des attitudes, des actes humains promoteurs d'une alternative christique, évangélique, chrétienne, citoyenne, sociétale crédible, transparente de la gestion plurielle, complexe du vouloir vivre ensemble au service de la vérité, de la justice, de la paix et de la fraternité, familiale, paroissiale, ecclésiale, villageoise, communale, locale, entrepreneuriale, des PME, des indépendants, provinciale,communautaire,régionale, nationale, internationale, mondiale et planétaire. Saint Jean affirme que la connaissance du lieu, de l'espace et de l'itineraire porteur d'alternative crédible où la confrontation se joue entre l'heure de Jésus et son activité quotidienne personnelle et ecclésiale n'est pas un secret pour Judas. Judas, comme disciple est l'un des douze qui participaient regulièrement avec les autres disciples sous la direction de Jésus à cette expérience ecclésiale de proclamation, de célébration et du témoignage pour se ressourcer spirituellement. Un tel ressourcement leur permettait à tous et à chacun de trouver des énergies nouvelles pour poursuivre la mission ecclésiale de manière cohérente, crédible et authentique à la suite de Jésus-Christ, en allant se ressourcer dans cet espace et dans ce lieu connu de tous au terme de leur marche(Jn18,2). La logique de la destruction systémique ne peut provenir et venir que de l'intérieur du système par la médiation de ses éléments constitutifs ou l'un des éléments change des convictions, des actes mentaux, des actes du langage, des gestes corporels, des  actes humains, des comportements, des conduites, des attitudes avec le concours des médiations externes et extérieures au registre systémique. Ces médiations extérieures identifient l'élément propice du système qui est voué à la manipulation idéologique, à la fourberie, au mensonge, à l'espionage à l'intérieur du système pour le partage des informations essentielles, stratégique et extrêmement sensibles qui permettent de donner vie au système initial et de signer paradoxalement sa propre désintégration de l'intérieur. "Judas donc, menant la cohorte et des gardes détachés par les grands prêtres et les pharisiens, vient là avec des lanternes, des torches et des armes" (Jn18,3). Le renversement d'un système initial exige des moyens considérables en ressources humaines, en ressources financières, en ressources techniques, en armements de pointe et en stratégies complexes et plurielles porteures de la maîtrise. Cette maîtrise est celle de la logique interne du système, de ses élements, de ses contours, de ses espaces, de son noyau, de ses capacités, de ses faiblesses, de sa vie systémique et de ses influences positives et négatives extra-systémiques. La direction de l'operation qui consiste à désintégrer un système determiné ne peut être donné qu'à l'élement systémique rebelle, manipulé de l'interieur par des forces occultes externes et paradoxalement qui se met totalement à leur service pour mettre fin au système. Pour arriver à cet objectif, il suffirait de permettre à la cohorte, aux gardes detachés de la garnison externe initiatrice de l'effondrement du système initial pour des operations les amenant à decapiter la tête du noyau systémique, dans un processus lent, long, difficile et réalisable soit par un événement electrochoc immédiat, différé, soit par des pointillés, soit à long terme. D'où l'exigence de la vigilance lucide, critique et intransigeante à toute manipulation idéologique extra-systémique et à l'exigence interne de la véracité, de la crédibilité, de la coherence, de la justice, de la transparence pour denoncer la corruption, le mensonge et la manipulation idéologique, signe de manque de personnalité eprise des grands idéaux, des grandes valeurs, de visionnaires responsables et realistes. La présence des armements et des munitions ne suffit pas pour dementeler un système clos. Il faudrait également de l'intelligence lumineuse au sein des personnalités qui conçoivent la programmation de la mise en deroute du système et au sein des personnalités engagées dans l'accomplissement de la mission. Ces personnalités engagés devraient apprendre à gerer dans les faits, dans l'exécution tous les details prévisibles et imprévisibles dans une logique de confrontation guerrière ou diplomatique, avec des pointillés, des pas, des étapes, de la logique de gradualité, des logiques des lanternes et de torches pour decéler, identifier, demasquer les obstacles prévisibles,imprévisibles pour maitriser pas à pas les differents secteurs et élements du système jusqu'à son effondrement total. "Judas donc, menant une cohorte et des gardes détachés par les grands prêtres et les Pharisiens, vient là avec des lanternes, des torches et des armes"(Jn18,3). La trahison de Judas signe paradoxalement le basculement de la perception de l'identité de Jésus ramené idéologiquement, à dessein ou non au chef du pouvoir temporel, voir au brigand destabilisateur de l'ordre public, du système initial, et entouré d'une collectivité à la quelle on prête une alternative et une intention de travailler pour et à l'effondrement du système temporel existant et regnant, porteur des rapports de force dissymetriques. Dans sa pericope, Mt26,47-56, Saint Matthieu promeut une monstration de Jésus qui assume de manière consciente, lucide et responsable le baiser de trahison de Judas, un des éléments du système initial, manipulé par des forces occultes et visibles externes qui veulent en finir avec Jésus. Mais cette manière d'affronter librement la trahison et l'heure de Jésus est précédée par la traversée de l'angoisse, de la peur, du doute, du trouble et de l'abîme de Jésus au coeur de son expérience tragique de prière où il s'adresse trois fois à son Père, en préfiguration des trois reniements de Pierre à son égard pour ne pas lui-même succomber paradoxalement à ce triple tentation de reniement à l'endroit de son Père."Mon Père dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite!"(Mt26,42). Mais qu'à généré la recontre de vérité entre Jésus et son ancien disciple et ami devenu traitre à l'heure de la passion?(A suivre). Père Hubert Adelain Mayituka Mangangula.Desservant. Curé d'Orbais.(Perwez).